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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Les politiques et le divertissement t&#233;l&#233;visuel (extrait de La politique sur un plateau, de Ph. Riutort et P. Leroux)</title>
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		<dc:date>2014-10-14T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Riutort, Pierre Leroux</dc:creator>


		<dc:subject>Lire - &#233;couter - voir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment, au cours des trente derni&#232;res ann&#233;es, les responsables politiques sont devenus des invit&#233;s permanents d'&#233;missions de divertissement o&#249; il n'est jamais question&#8230; de politique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Lire-ecouter-voir-+" rel="tag"&gt;Lire - &#233;couter - voir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous avec l'autorisation des auteurs, un extrait du livre de Philippe Riutort et Pierre Leroux, &lt;i&gt;La politique sur un plateau. Ce que la t&#233;l&#233;vision fait &#224; la repr&#233;sentation&lt;/i&gt;, paru aux Presses universitaires de France en 2013. Un ouvrage que Philippe Riutort pr&#233;sentera en d&#233;tail &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4450.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; la Bourse du travail ce jeudi 16 octobre, lors du premier &#171; Jeudi d'Acrimed &#187; 2014-2015&lt;/a&gt;. L'extrait qui suit (p. 23-28) est issu du premier chapitre, qui traite de &#171; l'&#233;mergence de nouveaux espaces m&#233;diatico-politiques &#187;, et pr&#233;sente les grandes &#233;tapes qui ont conduit, au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es, les responsables politiques jusqu'au c&#339;ur d'&#233;missions de divertissement o&#249; il n'est jamais question&#8230; de politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les politiques dans le &#171; pur &#187; divertissement (vari&#233;t&#233;s, jeux, t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233;)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage d'une t&#233;l&#233;vision marqu&#233;e par un certain volontarisme de l'offre &#224; celle de la recherche du public cible de la t&#233;l&#233;vision commerciale (symbolis&#233; par la &#171; m&#233;nag&#232;re de moins de 50 ans &#187;) s'accompagne pour les cha&#238;nes g&#233;n&#233;ralistes de la volont&#233; toujours plus forte d'anticiper les attentes en abandonnant les objectifs initiaux de la t&#233;l&#233;vision de monopole de service public (le fameux triptyque &#171; informer, &#233;duquer, divertir &#187;), et consacre, en premier lieu, le divertissement qui se voit octroyer une place croissante dans les grilles de programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution est fortement accentu&#233;e en France par la cr&#233;ation en 1985, de La Cinq, sur le mod&#232;le de son homonyme italienne, et TF1, avant m&#234;me sa privatisation en 1986, sous la direction d'Herv&#233; Bourges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un t&#233;moignage, Herv&#233; Bourges, Une cha&#238;ne sur les bras, Paris, Seuil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'inscrit dans ce mouvement de fluidification des grilles, caract&#233;ristique de la &#171; n&#233;ot&#233;l&#233;vision &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francesco Cassetti, Roger Odin, &#171; De la pal&#233;o- &#224; la n&#233;ot&#233;l&#233;vision &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en recourant au principe du &#171; m&#233;lange des genres &#187;. C'est le cas notamment dans le cadre de talk-shows, comme &lt;i&gt;Ambition&lt;/i&gt;, confi&#233; en 1986, au jeune chef d'entreprise, symbole de la r&#233;ussite &#233;conomique, Bernard Tapie, qui r&#233;unit face &#224; des &#171; experts &#187; et &#224; un vaste public un entrepreneur en herbe charg&#233; de tester la viabilit&#233; de son projet. L'aust&#232;re &#233;mission &#233;conomique se m&#233;tamorphose ainsi en &lt;i&gt;show&lt;/i&gt; d&#233;crivant l'&#233;preuve sem&#233;e d'emb&#251;ches de l'entrepreneur sous les yeux de t&#233;l&#233;spectateurs cens&#233;s l'accompagner dans son r&#234;ve&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les mutations de l'&#233;mission &#233;conomique t&#233;l&#233;vis&#233;e, Philippe Riutort, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La cons&#233;cration des vari&#233;t&#233;s pr&#233;sentes trois &#224; quatre fois par semaine en d&#233;but de soir&#233;e sur TF1 apr&#232;s sa privatisation conduit certains animateurs &#224; convier dans leurs &#233;missions des responsables politiques avec l'intention de les faire sortir de leur r&#244;le. L'animateur et imitateur Patrick S&#233;bastien convie dans &lt;i&gt;Carnaval&lt;/i&gt; (TF1, 1984-1987) le ministre de la culture Jack Lang pour interpr&#233;ter avec une actrice le sketch de la &#171; drague &#187; cr&#233;&#233; par Guy Bedos et Sophie Daumier. Fran&#231;ois L&#233;otard et Lionel Jospin y chantent une chanson et Jacques Chirac est interview&#233; par une marionnette. Avant m&#234;me que le terme &#8211; ambigu &#8211; ne rencontre un franc succ&#232;s, il est clairement question ici de &#171; peopolisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Djamil Dakhia, Politique people, Paris, Br&#233;al, 2008.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, au sens o&#249; la pr&#233;sence du responsable politique se justifie uniquement par sa notori&#233;t&#233;, ce qui n'autorise cette m&#233;diatisation qu'aux figures de premier plan du champ politique consentant &#224; entrer pleinement et sans contrepartie directement politique dans la sph&#232;re du divertissement. Les condamnations fortes de la presse et de l'univers politique auxquelles ces exp&#233;riences vont donner lieu et le faible nombre d'invit&#233;s potentiels conduisent le genre &#224; demeurer balbutiant tout en ayant contribu&#233; symboliquement &#224; faire franchir aux politiques un pas vers le divertissement. La pr&#233;sence d'invit&#233;s t&#233;l&#233;vis&#233;s s'observe aussi dans quelques jeux t&#233;l&#233;vis&#233;s comme &lt;i&gt;L'Acad&#233;mie des neuf&lt;/i&gt; (Antenne 2, 1982-1987, pr&#233;sent&#233;e par Jean-Pierre Foucault) ou &lt;i&gt;Tournez man&#232;ge&lt;/i&gt; sur TF1, o&#249; le ministre de la culture Jack Lang et le d&#233;put&#233; UDF Andr&#233; Santini&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le d&#233;put&#233;-maire d'Issy-les-Moulineaux, Andr&#233; Santini, assure ainsi sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont convi&#233;s. Le glissement vers le d&#233;voilement de soi se retrouve encore dans l'apparition d'&#233;missions de t&#233;moignages qui invitent &#224; la confidence et &#224; la confession essentiellement des anonymes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Dominique Mehl, La t&#233;l&#233;vision de l'intimit&#233;, Paris Seuil, 1996.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mais aussi parfois des c&#233;l&#233;brit&#233;s. Le critique cin&#233;matographique Henri Chapier, avec &lt;i&gt;Le Divan&lt;/i&gt; (France 3, 1987-1994), interviewe une personnalit&#233; en parodiant une s&#233;ance chez le psychanalyste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Divan a accueilli plus de 300 invit&#233;s, essentiellement de l'univers du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec &lt;i&gt;Qu'avez-vous fait de vos 20 ans ?&lt;/i&gt; (1990-1992), la journaliste Christine Ockrent propose le retour nostalgique sur les ann&#233;es de jeunesse de personnalit&#233;s dont bon nombre appartiennent &#224; l'univers politique. Le d&#233;voilement de la face priv&#233;e de l'homme public ne constitue pas v&#233;ritablement une nouveaut&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'a fait d&#232;s l'origine l'hebdomadaire Paris Match pour la mise en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; puisque certaines &#233;missions y ont d&#233;j&#224; contribu&#233; &#8211;, mais le cadre de la prise de parole a &#233;volu&#233; : le responsable politique n'est plus convi&#233; pour ce qu'il a &#224; dire (il respecte d'ailleurs la consigne et n'utilise pas cet espace comme une tribune politique) mais pour ce qu'il est, un personnage public amen&#233; &#224; faire d&#233;couvrir sa personnalit&#233;. Il existe cependant des limites &#224; ce d&#233;voilement tr&#232;s contr&#244;l&#233; du personnage politique, comme l'attestent les &#233;checs des quelques tentatives des &#233;missions de r&#233;alit&#233; politique en France&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2003, TF1 avait un projet d'&#233;mission de t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; politique, 36 heures, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en d&#233;pit de quelques timides incursions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le ministre de la culture, Fr&#233;d&#233;ric Mitterrand, saisissant le pr&#233;texte de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La profusion des espaces mixtes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 2000 sont marqu&#233;es par la multiplication d'&#171; espaces mixtes &#187; t&#233;l&#233;visuels int&#233;grant &#224; un programme ludique une tonalit&#233; plus ou moins clairement orient&#233;e vers l'actualit&#233;. Ce ph&#233;nom&#232;ne r&#233;sulte en grande partie de l'apparition de nouvelles cha&#238;nes sur le c&#226;ble (Paris Premi&#232;re, Jimmy&#8230;) puis sur la TNT (les cha&#238;nes d'information en continu), et de la croissance du volume de programmes offerts. La g&#233;n&#233;ralisation des &#233;missions de plateau s'explique en grande partie par leurs faibles co&#251;ts de production et la souplesse de leur formule qui les rend tr&#232;s r&#233;actives (r&#233;unir des invit&#233;s autour d'une table et les faire r&#233;agir &#224; l'actualit&#233; &#171; people &#187;, culturelle, &#233;conomique ou politique), caract&#233;ristique des &#171; &#233;missions de flux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la diff&#233;rence des &#233;missions de stock (dramatiques, t&#233;l&#233;films, s&#233;ries&#8230;), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Cette &#233;volution, qui se retrouve pleinement &#224; la radio &#224; l'image de l'&#233;mission &lt;i&gt;On va s'g&#234;ner&lt;/i&gt; de Laurent Ruquier sur Europe 1, diffus&#233;e l'apr&#232;s-midi et repr&#233;sentant l'un des pics d'audience de la station, r&#233;unit autour de l'animateur une &#171; bande &#187; de chroniqueurs (humoristes, com&#233;diens, mais aussi &#233;crivains ou journalistes) cens&#233;s apporter un regard amus&#233; et d&#233;cal&#233; sur l'actualit&#233; du jour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut remarquer au passage que le succ&#232;s d'audience de l'&#233;mission a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les nouvelles cha&#238;nes du c&#226;ble et de la TNT ont pu &#233;galement se livrer &#224; certaines audaces ainsi que Canal Plus l'avait quasiment institutionnalis&#233; lors de sa cr&#233;ation dans ses programmes diffus&#233;s en clair. L'&#233;mission &lt;i&gt;Nulle part ailleurs&lt;/i&gt; (diffus&#233;e de 1987 &#224; 2001) multipliait la succession des rubriques humoristiques et informatives (m&#234;me si la politique est, &#224; l'exception du court journal index&#233; &#224; l'&#233;mission, quasiment exclue du programme) en adoptant volontairement un ton tranchant nettement avec celui des autres cha&#238;nes. Diff&#233;rentes tentatives de modernisation du talk-show ont ainsi &#233;t&#233; entreprises, visant &#224; faire &#233;merger une parole insolite en faisant sortir de leur cadre habituel les personnages publics, selon le sch&#233;ma devenu classique. En 1999, l'&#233;mission de la cha&#238;ne du c&#226;ble, Canal Jimmy, &lt;i&gt;La route&lt;/i&gt;, r&#233;unissait deux personnalit&#233;s qui ne se connaissaient pas, pour partager un trajet en voiture enti&#232;rement film&#233;. La d&#233;put&#233; RPR Roselyne Bachelot y &#233;voque ses go&#251;ts musicaux (Puccini et Iggy Pop), sa d&#233;couverte des camps naturistes&#8230; en compagnie du com&#233;dien et militant &#233;cologiste Marc Jolivet. Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;, invit&#233; de l'&#233;mission &lt;i&gt;93 Faubourg Saint-Honor&#233;&lt;/i&gt; (Paris Premi&#232;re, 2003-2007)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les invit&#233;s sont convi&#233;s &#224; un d&#238;ner au domicile de l'animateur Thierry (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est amen&#233; &#224; &#233;voquer, &#224; la table qui regroupe quelques uns de ses anciens condisciples de Sciences Po (les journalistes David Pujadas et Isabelle Giordano, le publicitaire St&#233;phane Fouks, le publicitaire et &#233;crivain Fr&#233;d&#233;ric Beigbeder), son salaire, des anecdotes sur sa scolarit&#233; et ses sorties nocturnes d'&#233;tudiant&#8230; La multiplication des espaces m&#233;diatiques privil&#233;giant la conversation d&#233;tendue entre invit&#233;s issus d'univers diff&#233;rents, voire &#233;loign&#233;s, et le fait d'int&#233;grer et d'alterner s&#233;quences humoristiques et d'information dans le m&#234;me programme constituent autant d'entreprises visant &#224; renouveler aussi bien les &#233;missions de divertissement &#171; classiques &#187; (jeux, vari&#233;t&#233;s&#8230;) que les &#233;missions d'actualit&#233; (journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, &#233;missions politiques, de reportage, de d&#233;bats&#8230;). L'instauration d'espaces t&#233;l&#233;visuels hybrides r&#233;v&#232;le certainement un des principes de la &#171; n&#233;ot&#233;l&#233;vision &#187;, o&#249; le s&#233;rieux et la parodie se c&#244;toient en permanence au nom de la cons&#233;cration d'un second degr&#233; qui invite le t&#233;l&#233;spectateur &#224; entrer dans les coulisses pour avoir acc&#232;s &#224; l'envers du d&#233;cor, &#224; faire la part des choses et &#224; ne pas prendre n&#233;cessairement au s&#233;rieux ce qu'on lui montre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La s&#233;quence de l'&#233;mission Le Petit Journal (diffus&#233;e en clair au sein du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La profusion de ces espaces interm&#233;diaires constitue un v&#233;ritable d&#233;fi pour appr&#233;hender ce qu'il advient de la politique &#224; la t&#233;l&#233;vision. &#192; la question souvent mal pos&#233;e, de savoir s'il y a &#171; plus &#187; ou &#171; moins &#187; de politique &#224; la t&#233;l&#233;vision, il convient en pr&#233;ambule de remarquer que la politique se retrouve aujourd'hui pr&#233;sente un peu partout et non plus cantonn&#233;e &#224; des programmes hautement sacralis&#233;s et solennis&#233;s (qui pourtant demeurent parfois, comme pour l'allocution du chef de l'&#201;tat), et presque nulle part (dans la mesure o&#249; le contenu explicitement politique se trouve souvent rel&#233;gu&#233; au second plan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de talk-shows en est l'une des manifestations les plus exemplaires. Ces &#233;missions apparues au milieu des ann&#233;es 1990, que l'on pr&#233;f&#233;rera nommer tout au long de l'ouvrage &lt;i&gt;conversationnelles&lt;/i&gt;, institu&#233;es en v&#233;ritables tribunes politiques en conviant avec r&#233;gularit&#233; des professionnels de la politique, se pr&#233;sentent, du moins dans un premier temps, comme des entreprises de subversion tant m&#233;diatiques que politiques, prenant pour cible les &#233;missions politiques &#171; classiques &#187;, renvoy&#233;es &#224; un &#226;ge t&#233;l&#233;visuel r&#233;volu et irr&#233;m&#233;diablement d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un t&#233;moignage, Herv&#233; Bourges, &lt;i&gt;Une cha&#238;ne sur les bras&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1987, qui met l'accent sur l'imp&#233;ratif de sa pr&#233;sidence : la reconqu&#234;te de l'audience perdue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Francesco Cassetti, Roger Odin, &#171; De la pal&#233;o- &#224; la n&#233;ot&#233;l&#233;vision &#187;, &lt;i&gt;Communication&lt;/i&gt;s, 1990, p. 9-26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur les mutations de l'&#233;mission &#233;conomique t&#233;l&#233;vis&#233;e, Philippe Riutort, &#171; Les nouveaux habits du journalisme &#233;conomique &#187;, &lt;i&gt;Herm&#232;s&lt;/i&gt;, n&#176;44, 2006, p. 135-141.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Djamil Dakhia, &lt;i&gt;Politique people&lt;/i&gt;, Paris, Br&#233;al, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le d&#233;put&#233;-maire d'Issy-les-Moulineaux, Andr&#233; Santini, assure ainsi sa visibilit&#233; m&#233;diatique par l'interm&#233;diaire du divertissement, qui, de 1985 &#224; 2003, repr&#233;sente 35% de ses invitations en plateau, contre 6% pour les magazines politiques, le reste &#233;tant principalement constitu&#233; des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s et soir&#233;es &#233;lectorales. Voir Carole Smolarski, &lt;i&gt;Les hommes politiques dans les &#233;missions de divertissement : le cas d'Andr&#233; Santini&lt;/i&gt;, DESS de Droit de la vie politique, Universit&#233; Paris X &#8211; Nanterre, 2004, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Dominique Mehl, &lt;i&gt;La t&#233;l&#233;vision de l'intimit&#233;&lt;/i&gt;, Paris Seuil, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Divan&lt;/i&gt; a accueilli plus de 300 invit&#233;s, essentiellement de l'univers du spectacle, dont une vingtaine d'invit&#233;s politiques : notamment Alain Jupp&#233;, Arlette Laguiller, Jacques Toubon, Jean-Marie Le Pen, Simone Veil, Jack Lang, Claude Evin, S&#233;gol&#232;ne Royal. Les conversations partent de donn&#233;es biographiques d&#233;j&#224; connues. Les probl&#233;matiques r&#233;currentes sont l'enfance et les rapports familiaux, comme d&#233;terminant de la &#171; personnalit&#233; &#187;, des &#171; choix &#187; et de la &#171; carri&#232;re &#187; future. Voir &#201;ric Darras, &#171; Espaces priv&#233;s &#224; usages politiques. La &#8220;psychologisation&#8221; de la sc&#232;ne politique &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; CURAPP, &lt;i&gt;Le For int&#233;rieur&lt;/i&gt;, Paris, Puf, 1995, p. 378-397.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme l'a fait d&#232;s l'origine l'hebdomadaire &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt; pour la mise en sc&#232;ne des r&#244;les familiaux des personnalit&#233;s politiques. Voir Christian Restier-Melleray, &#171; La femme du pr&#233;sidentiable. Une figurante engag&#233;e &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Pierre Mazet et Yves Poirmeur (dir.), &lt;i&gt;Le m&#233;tier politique en repr&#233;sentations&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2003, TF1 avait un projet d'&#233;mission de t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; politique, 36 heures, qui consistait &#224; immerger un responsable politique dans une famille fran&#231;aise. Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;, alors secr&#233;taire d'&#201;tat aux relations avec le Parlement, avait donn&#233; son accord pour inaugurer l'&#233;mission, abandonn&#233;e &#224; la suite du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le ministre de la culture, Fr&#233;d&#233;ric Mitterrand, saisissant le pr&#233;texte de la premi&#232;re journ&#233;e nationale de la gastronomie, a particip&#233; (le 23 septembre 2011) &#224; l'&#233;mission de t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; de M6, &lt;i&gt;Un d&#238;ner presque parfait&lt;/i&gt;, alors que le d&#233;put&#233; UMP &#201;ric Raoult s'est retrouv&#233; &#224; endosser le r&#244;le d'aide-soignant dans l'&#233;mission &lt;i&gt;J'aimerais vous y voir&lt;/i&gt; diffus&#233;e sur la Cha&#238;ne parlementaire (en avril 2010).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; la diff&#233;rence des &#233;missions de stock (dramatiques, t&#233;l&#233;films, s&#233;ries&#8230;), les &#233;missions de flux (la plupart du temps en plateau) co&#251;tent nettement moins cher, mais poss&#232;dent une dur&#233;e de vie plus br&#232;ve (moins rediffusables, difficilement commercialisables aupr&#232;s d'autres cha&#238;nes, nationales ou &#233;trang&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On peut remarquer au passage que le succ&#232;s d'audience de l'&#233;mission a contraint l'&#233;mission concurrente de RTL, &lt;i&gt;Les Grosses T&#234;tes&lt;/i&gt;, anim&#233;e par Philippe Bouvard depuis 1976, &#224; adapter sa formule : tout en conservant l'&#171; esprit chansonnier &#187; qui a assur&#233; la long&#233;vit&#233; de l'&#233;mission, des rubriques consistant &#224; traiter &#171; l&#233;g&#232;rement &#187; l'actualit&#233; du jour, y compris politique, ont fait leur apparition avec un invit&#233; principal qui se trouve &#234;tre r&#233;guli&#232;rement un invit&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les invit&#233;s sont convi&#233;s &#224; un d&#238;ner au domicile de l'animateur Thierry Ardisson. Voir l'analyse de l'&#233;mission &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Pierre Leroux, Philippe Riutort, &#171; La ma&#238;trise t&#233;l&#233;visuelle des &#233;motions. De l'intimit&#233; &#224; l'entre-soi. Retour sur un talk-show : &lt;i&gt;93 Faubourg Saint-Honor&#233;&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; David Buxton et Francis James (dir.), &lt;i&gt;Vulgarisateurs, essayistes, animateurs. Interventions et engagements m&#233;diatiques en France depuis les ann&#233;es 1980&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 2009, p. 179-197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La s&#233;quence de l'&#233;mission &lt;i&gt;Le Petit Journal&lt;/i&gt; (diffus&#233;e en clair au sein du &lt;i&gt;Grand Journal&lt;/i&gt; de Canal Plus) de Yann Barth&#232;s illustre cette logique : visant &#224; d&#233;jouer les mises en sc&#232;ne communicationnelles des responsables politiques, elle s'ing&#233;nie &#224; r&#233;v&#233;ler au grand jour les ressorts de la communication politique, au risque de ne plus envisager l'activit&#233; politique qu'&#224; travers son prisme communicationnel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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