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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title> &#171; Secrets d'Histoire &#187; sur France 2 : de Gaulle couronn&#233;, de Gaulle sanctifi&#233;, de Gaulle peopolis&#233;</title>
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		<dc:date>2014-09-22T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>R&#233;mi L&#233;pinay</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Documentaires</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De Gaulle, le dernier roi de France ? Comment faire l'apologie d'un homme d'&#201;tat pendant 1h30 en ne faisant qu'effleurer son action politique&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-et-histoire-" rel="directory"&gt;M&#233;dias et histoire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Documentaires-+" rel="tag"&gt;Documentaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Stephane-Bern-+" rel="tag"&gt;St&#233;phane Bern&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 28 ao&#251;t dernier sur France 2, St&#233;phane Bern pr&#233;sentait un nouveau num&#233;ro de l'&#233;mission &#171; Secrets d'Histoire &#187;. Ce programme, sous couvert de vulgarisation historique, n'est pour l'essentiel qu'un assemblage de sujets st&#233;r&#233;otyp&#233;s m&#234;lant anecdotes superficielles et parti pris simplistes, et se pr&#233;sente &#233;galement, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4409.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme nous l'avions relev&#233; dans un pr&#233;c&#233;dent article, comme le magazine royaliste de France 2&lt;/a&gt;. Le num&#233;ro du 28 ao&#251;t, intitul&#233; &#171; De Gaulle, le dernier des g&#233;ants &#187;, n'a pas d&#233;rog&#233; &#224; la r&#232;gle. De Gaulle, le dernier des rois de France ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'embl&#233;e, le titre choisi annonce un parti pris &#233;vident que la liste des intervenants ne peut que renforcer : sur les quatorze personnes sollicit&#233;es par St&#233;phane Bern, sept sont d'anciens proches du g&#233;n&#233;ral de Gaulle, collaborateurs ou membres de la famille. Un choix qui interdit presque &#224; coup s&#251;r que soit port&#233; un regard distanci&#233; sur la personne du g&#233;n&#233;ral, et moins encore une r&#233;flexion critique sur son &#339;uvre politique&#8230; Si au moins les sept autres intervenants avaient &#233;t&#233; choisis pour faire contrepoint. Il n'en fut rien, &#233;videmment. Nous retrouvons par exemple Jean-Louis Debr&#233;, dont le p&#232;re fut Premier ministre de de Gaulle (ce qui n'est jamais pr&#233;cis&#233; dans de l'&#233;mission), et dont on se doute que les interventions n'&#233;reinteront pas trop le grand homme... Bref, ce qui &#233;tait &#224; craindre d&#232;s le d&#233;but de l'&#233;mission se confirme par la suite : ce n'est pas &#224; un documentaire de vulgarisation historique que nous avons affaire mais &#224; une v&#233;ritable hagiographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La naissance d'une b&#234;te m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien en phase avec le journalisme politique tel qu'il se pratique aujourd'hui, l'&#233;mission appr&#233;hende la politique essentiellement sous l'angle du spectacle et des petites phrases. Ainsi, apr&#232;s une premi&#232;re visite de la Boisserie o&#249; l'on apprend, d&#233;tail essentiel, que le t&#233;l&#233;phone est cach&#233; &#171; dans le cagibi, sous l'escalier &#187;, la voix off annonce sur fond de musique th&#233;&#226;trale : &#171; &lt;i&gt;Rebelle, insoumis, sarcastique, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle est &lt;strong&gt;le premier homme politique fran&#231;ais &#224; faire de la communication une arme de persuasion massive pour changer le cours de l'histoire&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; (sic). Pour tenter d'appuyer cette affirmation p&#233;remptoire, une premi&#232;re s&#233;rie d'intervenants nous vante les talents de communicant du g&#233;n&#233;ral de Gaulle. Que m&#233;rite d'&#234;tre abord&#233;e la mani&#232;re dont de Gaulle utilise les outils de communications modernes pour construire sa propre image, notamment pendant ses deux mandats pr&#233;sidentiels, cela ne fait pas de doute. Mais cette question n'est jamais &#233;voqu&#233;e, et la ma&#238;trise de sa communication par de Gaulle n'est abord&#233;e que pour mieux vanter la grandeur du personnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis, les grandes &#233;tapes de son parcours sont revues sous le seul angle du potentiel m&#233;diatique. Ainsi, la Seconde Guerre mondiale est principalement per&#231;ue comme un premier essai concluant de de Gaulle sous les feux des projecteurs. Des d&#233;buts qui ont &#233;t&#233; rendus possible par l'impr&#233;sario de circonstance du g&#233;n&#233;ral, un certain&#8230;Winston Churchill qui souhaite &#171; &lt;i&gt;lui donner les moyens de ses ambitions &lt;/i&gt; &#187; et d&#233;cide de &#171; &lt;i&gt;tout miser sur cet illustre inconnu &lt;/i&gt; &#187;. Il s'en suit une s&#233;rie d'interventions, photographies d'&#233;poque &#224; l'appui, sur les campagnes m&#233;diatiques que de Gaulle effectue dans le but de conqu&#233;rir le c&#339;ur du public. Une bien belle histoire, dont on ignore trop souvent le versant show-business !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On encha&#238;ne ensuite sur le retour en France en 1944 et la descente triomphale des Champs-&#201;lys&#233;es, au cours de laquelle &#171; &lt;i&gt;toutes les cam&#233;ras sont braqu&#233;es sur l'homme providentiel&lt;/i&gt; &#187; (on notera au passage l'anachronisme, &#224; une &#233;poque ou les principaux m&#233;dias sont encore la presse &#233;crite et la radio). Le temps de passer un extrait du fameux discours &#224; la Mairie de Paris et c'en est fini de la guerre. Ainsi, vu par &#171; Secrets d'Histoire &#187;, la place de de Gaulle dans la Seconde Guerre mondiale se r&#233;sume pour l'essentiel &#224; celle d'un produit m&#233;diatique cr&#233;&#233; de toute pi&#232;ce et dont le succ&#232;s serait m&#234;me devenu incontr&#244;lable : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;La cr&#233;ature m&#233;diatique finit cependant par &#233;chapper &#224; son cr&#233;ateur&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gaulle r&#232;gne sur la politique fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapide passage sur le gouvernement provisoire permet d'encha&#238;ner sur la &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;travers&#233;e du d&#233;sert m&#233;diatique&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; et le &#171; &lt;i&gt;retour fracassant&lt;/i&gt; &#187; de 1958. Inutile de dire que la mani&#232;re dont sont trait&#233;es les onze ann&#233;es de pr&#233;sidence de de Gaulle sont du m&#234;me acabit que ce qui a pr&#233;c&#233;d&#233;. Sans surprise, les conf&#233;rences de presse constituent le premier point sur lequel l'&#233;mission s'attarde sans aucune distance critique. Seulement des commentaires d'intervenants b&#233;ats : &#171; &lt;i&gt;Les gens se battaient pour aller &#224; la conf&#233;rence de presse du g&#233;n&#233;ral De Gaulle. &lt;strong&gt;C'est un show !&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187; raconte Jacques Vendroux, journaliste sportif et accessoirement&#8230; petit neveu de de Gaulle. Pour Alain Duhamel, &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;c'est un com&#233;dien prodigieux &lt;/strong&gt; ! Mais vraiment prodigieux ! Mais qui travaillait beaucoup... Ses discours, il les pronon&#231;ait sans note. Mais il les m&#233;morisait. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux &#233;v&#233;nements survenus au cours des deux mandats pr&#233;sidentiels sont bien &#233;voqu&#233;s. Mais lorsqu'ils ne sont pas pr&#233;sent&#233;s sous le seul angle de la vie priv&#233;e, ils en deviennent si sch&#233;matiques et anecdotiques qu'ils en perdent toute substance politique. Ainsi, sur la Guerre d'Alg&#233;rie, on serait tent&#233; de croire que le fait de dire &#171; Je vous ai compris &#187; a permis &#224; de Gaulle de se faire admettre unanimement comme le seul recours possible ; que sa rencontre avec le Chancelier Adenauer en 1963 se r&#233;sume pour l'essentiel &#224; un conflit familial pour savoir si ce dernier doit coucher &#224; la Boisserie ; ou que la &#171; Troisi&#232;me voie &#187; voulue comme alternative aux mod&#232;les am&#233;ricain et sovi&#233;tique, n'est qu'une mani&#232;re de &#171; &lt;i&gt;faire de la France l'arbitre de ce combat de titans &lt;/i&gt; &#187; ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la politique int&#233;rieure, ce n'est pas mieux. D'abord, alors qu'il &#233;voque la conception qu'avait de Gaulle de la France, St&#233;phane Bern ne peut s'emp&#234;cher de nous servir ses propres emballements monarchistes. Choisissant de se rendre &#224; Versailles pour nous faire visiter le Trianon-sous-Bois, r&#233;am&#233;nag&#233; en lieu de r&#233;sidence pr&#233;sidentielle &#224; la demande de De Gaulle, il introduit le sujet d'une dr&#244;le de mani&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Restaurer la grandeur de la France. Mais pas seulement : le g&#233;n&#233;ral de Gaulle veut aussi la r&#233;concilier avec son pass&#233; et souvenez-vous : son p&#232;re est monarchiste&lt;/i&gt; &#187; &#8230; Avant d'insister, quelques minutes plus tard : &#171; &lt;i&gt;Le g&#233;n&#233;ral de Gaulle a voulu restaurer la place de la France dans l'histoire en faisant de ce lieu le symbole d'une grandeur recouvr&#233;e &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre aspect incontournable de la personnalit&#233; de de Gaulle sur laquelle l'&#233;mission s'appesantit : ses rapports avec les artistes du show business et les sportifs. Pas d'inqui&#233;tude, ces rapports sont excellents, nous dit-on. Et s'agissant des sportifs, nous assistons &#224; une dr&#244;le de d&#233;monstration, consistant &#224; reprendre sans aucune distance un extrait des actualit&#233;s film&#233;es de l'&#233;t&#233; 1960 relatant le passage du Tour de France &#224; Colombey-les-Deux-&#201;glises, fief de la famille de Gaulle. Le journaliste de l'&#233;poque annonce que, &#171; grande surprise &#187;, de Gaulle est apparu &#171; au milieu des villageois de Colombey &#187; pour assister au passage du tour incognito. Si le caract&#232;re spontan&#233; de cette sc&#232;ne telle que rapport&#233;e par le reportage d'&#233;poque est plus que douteux, il est pourtant corrobor&#233; par le grand t&#233;moin convoqu&#233; par St&#233;phane Bern, Jacques Vendroux, qui pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Lui, il y a &#233;t&#233; tranquillement avec ses lunettes, comme un supporter... &#231;a a mis une pagaille, mais une pagaille ! Mais il y a des coureurs, des coureurs, mais des grands coureurs de l'&#233;poque hein, ils se sont arr&#234;t&#233;s, parce que c'&#233;tait le g&#233;n&#233;ral, mais leur seul souci c'&#233;tait de faire une photo en pleine comp&#233;tition avec le g&#233;n&#233;ral de Gaulle. C'&#233;tait extraordinaire.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s une telle d&#233;monstration, comment reprocher au reportage de conclure ce chapitre en faisant le constat que le g&#233;n&#233;ral de Gaulle &#233;tait adul&#233; des sportifs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gaulle au c&#339;ur de Mai 68&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus aberrant encore, le passage de l'&#233;mission consacr&#233; aux &#233;v&#233;nements de Mai 68. Alain Duhamel commence par expliquer doctement que &#171; &lt;i&gt;&#231;a faisait dix ans qu'il &#233;tait au pouvoir et les Fran&#231;ais sont les Fran&#231;ais, dix ans pour eux c'est toujours tr&#232;s long, m&#234;me si on a affaire au plus grand homme fran&#231;ais du XX&#232;me si&#232;cle &lt;/i&gt; &#187;. Les Fran&#231;ais, donc, en plus d'&#234;tre versatiles et incapables de reconna&#238;tre un &#171; grand homme &#187; quand ils en tiennent un, seraient des ingrats, ajoute l'historien &#8211; ou &#224; la lecture de ce qui suit, pr&#233;tendu tel &#8211; et chroniqueur au Point, Fran&#231;ois Kersaudy : &#171; &lt;i&gt;Il a quand m&#234;me redonn&#233; une extraordinaire prosp&#233;rit&#233; &#224; la France et d'un seul coup, il se fait traiter de dictateur par des gamins qui sont des gosses de riches en plus &lt;/i&gt; &#187;. Voil&#224; pour l'origine des &#233;v&#233;nements : une r&#233;bellion d'&#233;tudiants friqu&#233;s, bas du front et indignes du g&#233;n&#233;ral !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'issue de la crise, &#171; Secrets d'histoire &#187; n'y voit qu'une explication : le &#171; coup de comm' &#187; g&#233;nial de de Gaulle lors de sa &#171; disparition &#187; &#224; Baden-Baden&#8230; Jacques Vendroux, encore lui, nous donne la cl&#233; de la psych&#233; des Fran&#231;aises et des Fran&#231;ais face &#224; l'&#233;v&#233;nement : &#171; &lt;i&gt;Tout le monde s'inqui&#232;te, tout le monde s'affole, et tout le monde se dit : &#8220;Ben finalement le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, c'est pas si mal que &#231;a&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. Et la voix off d'approuver : &#171; &lt;i&gt;Une disparition de deux heures qui va renverser la situation : le 30 mai, 500 000 personnes d&#233;filent sur les Champs-&#201;lys&#233;es aux cris de &#8220;Vive de Gaulle&#8221; ! &lt;/i&gt; &#187;. Plusieurs interventions viennent par la suite exalter encore les talents de de Gaulle pour les coups de poker m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sentation des choses est doublement simpliste, pour ne pas dire absurde. D'une part, la personnalisation atteint ici son paroxysme en ramenant le vaste bouillonnement social, culturel et politique, doubl&#233; de la plus grande gr&#232;ve ouvri&#232;re du XXe si&#232;cle en France, que fut mai 68, &#224; la seule question du maintien au pouvoir de de Gaulle. D'autre part, celle focalisation sur &#171; la communication &#187; et les &#171; strat&#233;gies m&#233;diatiques &#187;, d&#232;s qu'il s'agit de son action politique, ainsi que le r&#233;cit presque heure par heure de leur d&#233;roulement et de leurs effets, sont pour le moins excessifs, &#224; une &#233;poque o&#249; ni les sondages, ni les cha&#238;nes d'info en continu ne scandaient la vie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Gaulle intime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission de St&#233;phane Bern ne serait pas ce qu'elle est sans cette avalanche d'anecdotes insignifiantes concernant la vie priv&#233;e et sentimentale de ceux dont il est question. Dans ce num&#233;ro, le ton est tout de suite donn&#233; : &#171; &lt;i&gt;On conna&#238;t l'homme public, moins l'homme priv&#233;, profond&#233;ment &#233;pris de sa femme Yvonne &lt;/i&gt; &#187;. Sur l'homme priv&#233;, l'&#233;mission tient effectivement toutes ses promesses, avec toute l'emphase m&#226;tin&#233;e de fausse pudeur qui fait le charme de l'exercice : &#171; &lt;i&gt;L'histoire de ce couple est indissociable de celle de la France&lt;/i&gt; &#187; ; les trois enfants de Charles et Yvonne de Gaulle sont le &#171; &lt;i&gt;ciment de cet amour&lt;/i&gt; &#187;, et tout particuli&#232;rement Anne, &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;leur fille trisomique &lt;/strong&gt;n&#233;e en 1928&lt;/i&gt; &#187;, dont nous apprendrons que la mort &#224; l'&#226;ge de 20 ans ne fera &#171; &lt;i&gt;que renforcer &lt;strong&gt;l'affection profonde qui unit ce couple de l&#233;gende&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, apr&#232;s avoir assist&#233; &#224; l'&#233;talage complet de ses infirmit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout : &#171; &lt;i&gt;Si Charles est visiblement tr&#232;s &#233;pris de son &#233;pouse, il n'en est pas pour autant insensible au charme de la gente f&#233;minine. Yvonne ne semble pas avoir de motif de jalousie, m&#234;me si parfois, elle peut montrer quelques signes d'agacement &lt;/i&gt; &#187; ose la voix off. L'honneur est sauf, semble-t-il, puisque, selon Alexandre Duval-Stalla, &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;la seule ma&#238;tresse qu'on conna&#238;t au g&#233;n&#233;ral de Gaulle, c'est la France&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le documentaire s'aventure ainsi tr&#232;s, trop longuement sur le terrain de la vie conjugale des de Gaulle et de la psychologie intime des deux protagonistes : &#171; &lt;i&gt;D'abord ils s'installent dans un petit appartement &#224; Paris, o&#249; c'est moche hein, c'est petit, il y a le m&#233;tro qui passe tout le temps, elle fait les courses, elle fait la cuisine, elle cire le plancher, [&#8230;], lui il est constamment en exp&#233;dition dans le d&#233;sert, elle est seule avec les enfants, &lt;strong&gt;jamais elle ne se plaint &lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, explique Christine Clerc. &#192; l'endurance d'Yvonne r&#233;pondent les failles cach&#233;es de Charles : &#171; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le g&#233;n&#233;ral de Gaulle a toujours &#233;t&#233; un m&#233;lancolique&lt;/strong&gt;. Et peut-&#234;tre un peu un d&#233;pressif, un d&#233;pressif intermittent. &#199;a n'est pas un homme gai et &#231;a n'est pas un homme positif&lt;/i&gt; &#187; explique Alain Duhamel, avant que Christine Clerc ne revienne &#224; la charge : &#171; &lt;i&gt;Elle (Yvonne) conna&#238;t cette sensibilit&#233; cach&#233;e qu'il ne faut pas montrer, &lt;strong&gt;elle sait &#224; quel point il a souffert de ses &#233;checs&lt;/strong&gt;, de la naissance, du d&#233;veloppement et des crises de la petite Anne, &lt;strong&gt;elle voit &#224; quel point il souffre et elle ne le supporte pas&lt;/strong&gt; pour lui, elle cherche &#224; le prot&#233;ger &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;mission se termine par une critique &#224; mots couverts de certains aspects de l'action de de Gaulle, comme le m&#233;pris qu'il vouait &#224; ses opposants du fait d'une conception excessive de son propre r&#244;le politique, ou sa rencontre avec Franco en 1970, ces quelques objections, empil&#233;es dans les dix derni&#232;res minutes de l'&#233;mission, n'entament en rien le ton apolog&#233;tique qui pr&#233;vaut dans l'ensemble du film.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; l'accoutum&#233;e, l'&#233;mission de St&#233;phane Bern ne nous &#233;pargne donc pas les d&#233;tails futiles sur la vie intime de celui auquel elle se consacre, d&#233;tails que l'on tente na&#239;vement de faire passer pour les r&#233;sultats d'une investigation historique. Ce go&#251;t pour les anecdotes insignifiantes r&#233;v&#232;le surtout une extraordinaire confusion entre la vie collective d'une soci&#233;t&#233; &#224; une certaine &#233;poque et la vie intime de ceux qui en sont les acteurs les plus en vue. Pis, cette personnalisation extr&#234;me sugg&#232;re implicitement que l'histoire n'est que le produit de la volont&#233; et des d&#233;cisions de ceux qui gouvernent, de leur g&#233;nie, de leur clairvoyance et de leur charisme&#8230; Personnalisation et peopolisation : tel est le secret de &#171; Secrets d'histoire &#187;. C'est aussi la recette du journalisme politique du temps pr&#233;sent. Co&#239;ncidence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;mi L&#233;pinay (avec Blaise Magnin)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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