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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Reportage stigmatisant : la Villeneuve d&#233;bout&#233;e, &#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187; d&#233;masqu&#233; </title>
		<link>https://www.acrimed.org/Reportage-stigmatisant-la-Villeneuve-deboutee-Envoye-special-demasque</link>
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		<dc:date>2014-07-28T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Bradford </dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Bidonnages&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Quartiers populaires</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce que le proc&#232;s contre France 2 a r&#233;v&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-medias-et-les-quartiers-populaires-" rel="directory"&gt;Les m&#233;dias et les quartiers populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bidonnages-+" rel="tag"&gt;&#034;Bidonnages&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quartiers-populaires-+" rel="tag"&gt;Quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Envoye-special-1361-+" rel="tag"&gt;&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous mettons en ligne, avec l'autorisation du site Terrain de luttes, qui l'a publi&#233; le 21 juillet, un &lt;a href=&#034;http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3721&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article revenant sur le verdict du proc&#232;s opposant une association d'habitants du quartier de La Villeneuve &#224; Grenoble et France 2&lt;/a&gt;. &lt;br/ &gt;
&lt;br/ &gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; affaire &#187; que &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4239.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nous avions d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;e sur notre site&lt;/a&gt;, qui fait suite &#224; &lt;i&gt;&#171; la diffusion, dans l'&#233;mission &#034;Envoy&#233; Sp&#233;cial&#034; du 26 septembre, d'un reportage intitul&#233; &#034;La Villeneuve le r&#234;ve bris&#233;&#034;, reprenant tous les st&#233;r&#233;otypes m&#233;diatiques, mis&#233;rabilistes et obnubil&#233;s par &#034;la violence &#034;, sur les quartiers populaires &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le tribunal de Grenoble a d&#233;bout&#233;, le 26 juin dernier, l'association d'habitants du quartier de La Villeneuve qui avait d&#233;pos&#233; plainte pour diffamation contre France 2 apr&#232;s la diffusion du reportage &#171; La Villeneuve : le r&#234;ve bris&#233; &#187; dans l'&#233;mission Envoy&#233; sp&#233;cial, en septembre 2013 (&lt;a href=&#034;http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/?p=3506&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire la pr&#233;sentation du reportage et de la mobilisation&lt;/a&gt;). Malgr&#233; la d&#233;ception, le proc&#232;s a toutefois rempli deux objectifs majeurs : m&#233;diatiser le point de vue de ces habitants mobilis&#233;s depuis 8 mois pour obtenir un droit de r&#233;ponse, et mettre &#224; jour le fonctionnement de l'univers journalistique qui a conduit &#224; la production de ce reportage &#171; stigmatisant &#187;, selon les propres termes du CSA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bout&#233;s. Comme ils le craignaient, les habitants de La Villeneuve (Grenoble) ont appris le 26 juin 2014 que l' &#171; Association des Habitants de la Crique Sud &#187; qui avait d&#233;pos&#233; la plainte en diffamation contre France 2 n'&#233;tait pas fond&#233;e &#224; le faire. Le jugement stipule en effet que les associations (ou syndicats) ne peuvent engager des poursuites lorsqu'elles ne sont pas vis&#233;es &#171; personnellement &#187;, m&#234;me si elles se sont donn&#233;es pour objectif dans leurs statuts de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des habitants. Le tribunal n'a donc pas eu &#224; se prononcer sur le fond du dossier, c'est-&#224;-dire sur le caract&#232;re effectivement diffamatoire (ou non) de certains extraits du reportage d'Amandine Chambelland, &#171; La Villeneuve, le r&#234;ve bris&#233; &#187;, diffus&#233; le 28 septembre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Frustration judiciaire, revanche m&#233;diatique
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision de justice, les habitants s'y &#233;taient pr&#233;par&#233;s mais elle reste n&#233;anmoins difficile &#224; encaisser d'autant que son annonce a &#233;t&#233; vite exp&#233;di&#233;e : &lt;i&gt;&#171; &#231;a a dur&#233; 28 secondes &#187;&lt;/i&gt; se d&#233;sole Alain Manac'h, l'un des principaux animateurs de la mobilisation, venu &#233;couter le jugement. L'exp&#233;rience de l'ar&#232;ne judiciaire s'est av&#233;r&#233;e d&#233;cid&#233;ment rude pour la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord parce que, le 15 mai dernier, sur les quelques 200 habitants venus entendre leur avocat plaider leur cause, seulement une quarantaine ont pu entrer dans la petite salle d'audience o&#249; se d&#233;roulaient les d&#233;bats. &lt;i&gt;&#171; C'est quand m&#234;me du m&#233;pris, &#231;a devrait &#234;tre la transparence, la justice devrait se rendre devant nous car c'est la justice de la r&#233;publique ! &#187;&lt;/i&gt;, peste une habitante retrait&#233;e, rest&#233;e debout devant la porte. Ceux qui ont pu entrer dans la salle d'audience constatent, eux, que les deux pr&#233;sentatrices Ghislaine Chenu et Fran&#231;oise Joly &#224; qui ils r&#233;clament un droit de r&#233;ponse depuis huit mois, ne se sont toujours pas d&#233;plac&#233;es. La journaliste Amandine Chambelland est &#233;galement absente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les habitants, trois personnes &#8211; la pr&#233;sidente de l'association, l'ancien premier adjoint &#224; la mairie de Grenoble et une femme interview&#233;e dans le reportage &#8211; ont t&#233;moign&#233; &#224; la barre, d'une part, du d&#233;calage ressenti entre le projet de reportage pr&#233;sent&#233; pendant le tournage par la journaliste et le reportage effectivement diffus&#233; (&lt;i&gt;&#171; une trahison &#187;&lt;/i&gt;), et, d'autre part, du pr&#233;judice subi par le quartier. L'avocat de la cha&#238;ne s'est quant &#224; lui attach&#233; &#224; d&#233;montrer que la plainte n'&#233;tait recevable ni dans sa forme juridique, ni sur le fond, en pointant notamment le &lt;i&gt;&#171; s&#233;rieux de l'enqu&#234;te journalistique &#187;&lt;/i&gt;. Des arguments souvent difficiles &#224; entendre pour des habitants qui secouent la t&#234;te en signe de consternation. Alors que l'avocat de France 2 souligne qu'un policier est vis&#233; &#224; l'image &lt;i&gt;&#171; par un caillou &#187;&lt;/i&gt;, un habitant ne peut s'emp&#234;cher de rectifier en criant dans la salle que &lt;i&gt;&#171; c'&#233;tait une pomme de terre &#187;&lt;/i&gt;. Mais plut&#244;t que de conc&#233;der un manque de nuance dans le tableau apocalyptique dress&#233; sur le quartier, le d&#233;fenseur de la cha&#238;ne n'h&#233;site pas &#224; invoquer le droit &#224; l'information pour justifier une production d'Envoy&#233; sp&#233;cial que m&#234;me le Conseil Sup&#233;rieur de l'Audiovisuel (CSA) a critiqu&#233; pour son manque de respect des principes d&#233;ontologiques : &lt;i&gt;&#171; on vous demande de dire en 2014 comment on doit faire un reportage, mais il y a des r&#232;gles &#224; respecter sur la libert&#233; de la presse en France. Si on s'en &#233;carte, la soci&#233;t&#233; en p&#226;tira &#187;&lt;/i&gt;, ass&#232;ne-t-il. Il va m&#234;me jusqu'&#224; inverser le pr&#233;judice subi en mati&#232;re de stigmatisation, en regrettant qu'on ne puisse &lt;i&gt;&#171; aller dans un quartier pour filmer des actes de violences sans se faire stigmatiser devant un tribunal correctionnel ! &#187;&lt;/i&gt;. Il d&#233;nonce enfin que l'association utilise le &lt;i&gt;&#171; pr&#233;toire correctionnel &#187;&lt;/i&gt; pour assouvir &lt;i&gt;&#171; le d&#233;sir de s'exprimer sur un reportage &#187;&lt;/i&gt;. A ce titre, il conclut sa plaidoirie en demandant non seulement que l'association soit &lt;i&gt;&#171; d&#233;bout&#233;e de ses demandes &#187;&lt;/i&gt;, mais qu'elle soit &#233;galement condamn&#233;e &#224; payer la somme de 5000 euros pour proc&#233;dure abusive. Une demande que le tribunal ne satisfera heureusement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les habitants n'ont pas r&#233;ussi &#224; faire rectifier, par voie de justice, l'image qui a &#233;t&#233; diffus&#233;e sur la Villeneuve par France 2, ils ont gagn&#233; en revanche la 2&#232;me manche m&#233;diatique. La mobilisation qui a &#233;merg&#233; apr&#232;s la diffusion du reportage en septembre de 2013 et la longue marche vers le proc&#232;s ont permis de f&#233;d&#233;rer des centaines de riverains, et de faire lire et entendre dans la presse imprim&#233;e, web et audiovisuelle leur point de vue sur le reportage de France 2 et plus largement sur la vie &#224; La Villeneuve. De nombreux journalistes &#233;taient d'ailleurs pr&#233;sents &#224; l'audience du 15 mai, et lui ont accord&#233; un compte rendu : l'AFP, &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Vie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Dauphin&#233; Lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt;, T&#233;l&#233;grenoble,&#8230; M&#234;me France 3 Is&#232;re qui appartient, comme France 2, au groupe France T&#233;l&#233;visions s'est fait l'&#233;cho du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout, le proc&#232;s a &#233;galement apport&#233; des r&#233;ponses aux questions que se posaient les habitants mobilis&#233;s sur les logiques m&#233;diatiques qui conduisent &#224; la fabrication de discours journalistiques si r&#233;ducteurs sur leur quotidien. Il a notamment permis de porter &#224; la connaissance des juges et de la partie civile le contrat de production qui liait France 2 et la soci&#233;t&#233; de production Ligne de Mire qui a confectionn&#233; le reportage. Les termes de cette relation intriguaient depuis longtemps &#224; La Villeneuve. Le contrat &#233;voqu&#233; &#224; l'audience r&#233;v&#232;le ainsi combien le contenu du reportage &#233;tait pr&#233;-&#233;tabli avant le d&#233;but de l'enqu&#234;te de terrain et combien la soci&#233;t&#233; de production &#233;tait soumise aux exigences de la cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une &#171; vraie enqu&#234;te &#187;&#8230; aux conclusions pr&#233;-&#233;tablies
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233; fin d&#233;cembre 2012, ce contrat de production pr&#233;voit un titre de reportage qui fixe d&#233;j&#224; la conclusion de l'enqu&#234;te journalistique avant que celle-ci ne commence : &#171; La Villeneuve : de l'Utopie &#224; l'Enfer &#187;. Car &#171; l'enqu&#234;te &#187; dans le quartier n'a en effet d&#233;but&#233; qu'en 2013 comme l'explique Ghislaine Chenu sur la radio France Bleu Is&#232;re en octobre 2013 : &lt;i&gt;&#171; Amandine, elle y est all&#233;e 3 fois. Elle a fait un premier rep&#233;rage de 5 ou 6 jours, sans cam&#233;ra, d&#233;but 2013, pour parler aux gens et pour se pr&#233;senter, pr&#233;senter son projet. Elle y est retourn&#233;e deux fois au printemps, pour tourner, chaque fois 5 jours, donc vous voyez, c'est quand m&#234;me un reportage (pour lequel) on a pris du temps, c'est une vraie enqu&#234;te &#187;&lt;/i&gt;, se d&#233;fend alors la pr&#233;sentatrice de l'&#233;mission qui pr&#233;cise un peu plus tard dans cette interview radiophonique : &lt;i&gt;&#171; en janvier lorsque Amandine Chambelland commence son enqu&#234;te&#8230; &#187;&lt;/i&gt;. Cette chronologie atteste ainsi que la pr&#233;sentation journalistique du quartier de La Villeneuve s'est d&#233;cid&#233;e en amont de la venue de la reporter, dans les locaux de la cha&#238;ne, dans le 15e arrondissement &#224; Paris. Sur quoi les responsables de l'&#233;mission et la reporter s'appuient-elles donc pour forger cette commande de reportage, si ce n'est sur une enqu&#234;te de terrain pr&#233;alable ? L&#224; encore, la plaidoirie de l'avocat de la cha&#238;ne a apport&#233;, &#224; son insu, des pistes de r&#233;ponses. A l'audience, pour justifier la repr&#233;sentation criminog&#232;ne de La Villeneuve, il sugg&#232;re aux juges de se reporter au &lt;i&gt;&#171; dossier de presse du minist&#232;re (de l'int&#233;rieur) &#187;&lt;/i&gt; sur le classement du quartier de La Villeneuve parmi les &#171; nouvelles zones de s&#233;curit&#233; prioritaires &#187; cr&#233;&#233;es en novembre 2012 par le gouvernement. Cet argument rappelle ici, apr&#232;s de nombreuses &#233;tudes de sociologie des m&#233;dias, l'emprise des discours politiques et administratifs sur la perception qu'ont les journalistiques des milieux populaires. Plut&#244;t que de chercher &#224; questionner, par leurs propres investigations, ces cat&#233;gories d'&#233;tat, les grands m&#233;dias s'y r&#233;f&#233;rent et les diffusent. De la m&#234;me mani&#232;re, Laurent Bonelli avait montr&#233; comment la cat&#233;gorie &#171; violences urbaines &#187;, forg&#233;e par les services des Renseignements g&#233;n&#233;raux au tournant des ann&#233;es 90, s'&#233;tait av&#233;r&#233;e &#234;tre un&lt;i&gt; &#171; pr&#234;t-&#224;-penser &#187; &#171; particuli&#232;rement adapt&#233; au questionnement journalistique &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurent Bonelli, &#171; Renseignements g&#233;n&#233;raux et violences urbaines &#187;, Actes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les cinq productions journalistiques sur La Villeneuve avanc&#233;es par la d&#233;fense de France 2 pour attester du bien fond&#233; de &#171; l'angle du reportage &#187; d'Envoy&#233; sp&#233;cial sont plus encore r&#233;v&#233;latrices des logiques de fonctionnement journalistique. Sont ainsi invoqu&#233;s un reportage intitul&#233; &#171; Enqu&#234;te au c&#339;ur de l'ultraviolence &#187; diffus&#233; sur France 3 dans l'&#233;mission Pi&#232;ces &#224; conviction, en octobre 2010, et quatre articles de presse &#233;crite parus en 2012 et d&#233;but 2013 : &#171; La Villeneuve : les plaies d'un quartier &#187; (&lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, 9 octobre 2012), &#171; Grenoble : de l'utopie &#224; l'horreur &#187; (&lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, 11 octobre 2012), &#171; Drame d'Echirolles : qui sont ces nouveaux barbares ? &#187; (&lt;i&gt;VSD&lt;/i&gt;, 11 octobre 2012), et &#171; Une utopie bien abim&#233;e &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 30 mars 2013). Si le reportage d'Amandine Chambelland semble confirmer le diagnostic pos&#233; par d'autres journalistes avant elle&#8230; c'est surtout que ces productions semblent avoir constitu&#233; de v&#233;ritables mod&#232;les &#224; son travail. La lecture et le visionnage de ces &#171; enqu&#234;tes &#187; sont en effet troublants tant les proc&#233;d&#233;s et les discours sont tr&#232;s souvent identiques. Ainsi, le reportage d'Amandine Chambelland commence par une sc&#232;ne de patrouille de la police dans le quartier&#8230; comme le reportage de France 3 et l'article de Valeurs actuelles. De m&#234;me, comme le font les journalistes dans ces deux reportages, elle se met en sc&#232;ne, bravant le danger (&lt;i&gt;&#171; de bienveillants contacts nous mettent en garde &#187;&lt;/i&gt;, dans &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Malgr&#233; les mises en garde, trop dangereux, trop compliqu&#233;, je passerai du temps dans ce quartier &#187;&lt;/i&gt;, Amandine Chambelland / France 2).&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, mod&#232;le de reportage du service public ?
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plus que tous les autres articles, celui de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, publi&#233; environ trois mois avant la signature du contrat de production liant France 2 &#224; Ligne de Mire, semble avoir fortement inspir&#233; la reporter d'Envoy&#233; sp&#233;cial. Alors que cet hebdomadaire pr&#233;cise que &lt;i&gt;&#171; pour circuler dans la cit&#233;, il faut recourir &#224; un protecteur, comme en zone de conflit, (&#8230;) le notre est un g&#233;ant noir &#187;&lt;/i&gt;, Amandine Chambelland choisit aussi de mettre en sc&#232;ne &lt;i&gt;&#171; son interm&#233;diaire &#187;&lt;/i&gt; sans qui &lt;i&gt;&#171; il est impossible de les filmer (les jeunes qui font r&#233;gner leur loi). Mon guide s'appelle Nabil &#187;&lt;/i&gt; pr&#233;vient-elle. Avant de filmer un homme cagoul&#233; qui s'appr&#234;te &#224; tirer en pleine nuit sur une pancarte devant les immeubles, elle pr&#233;cise que &lt;i&gt;&#171; r&#233;guli&#232;rement me dit-il, il tire pour s'entra&#238;ner ou s'amuser dans la cit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. L'article de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, s'achevait, lui, sur cette phrase : &lt;i&gt;&#171; les tireurs ont dit qu'ils voulaient s'amuser &#187;&lt;/i&gt;. Entre ces deux &#171; enqu&#234;tes &#187;, il en est des similitudes jusqu'&#224; leur titre : &#171; Grenoble : de l'utopie &#224; l'horreur &#187; pour l'article de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt; publi&#233; en octobre 2012, &#171; La Villeneuve : de l'Utopie &#224; l'Enfer &#187; dans le contrat de production sign&#233; par France 2 en d&#233;cembre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le reportage d'Envoy&#233; sp&#233;cial s'apparente &#224; une redite du reportage de France 3 de 2010 (jusque dans la reprise des m&#234;mes images d'archives sur les premi&#232;res ann&#233;es du quartier), et plus encore &#224; une mise en image de l'article du journal Valeurs actuelles. Qu'un reportage diffus&#233; &#224; une heure de grande &#233;coute dans une &#233;mission consid&#233;r&#233;e comme embl&#233;matique de l'information de service public puisse &#234;tre ainsi rapproch&#233; d'un magazine class&#233; &#224; &#171; droite &#187; et souvent assimil&#233; &#224; l'extr&#234;me droite, atteste du glissement continu des grandes cha&#238;nes, y compris publiques, vers une ligne &#233;ditoriale accordant toujours plus de place aux faits divers et &#224; la mise en sc&#232;ne des d&#233;viances. Certes, le reportage d'Amandine Chambelland ne formule pas explicitement de lien de causalit&#233; entre immigration et ins&#233;curit&#233; comme l'article de Valeurs actuelles, mais l'association est faite indirectement, quand la journaliste rappelle que les &lt;i&gt;&#171; 315 &#233;l&#232;ves &#187;&lt;/i&gt; du coll&#232;ge sont &lt;i&gt;&#171; de 24 nationalit&#233;s diff&#233;rentes &#187;&lt;/i&gt; avant de poursuivre &lt;i&gt;&#171; Absence de mixit&#233; sociale et violences &#187;&lt;/i&gt;. De m&#234;me, insiste-t-elle &#224; deux reprises sur la nationalit&#233; &lt;i&gt;&#171; angolaise &#187;&lt;/i&gt; de l'un des protagonistes du reportage particuli&#232;rement violents (&lt;i&gt;&#171; la rage aux ventre &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; incontr&#244;lable &#187;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire des trois autres articles cit&#233;s en r&#233;f&#233;rence par la d&#233;fense de France 2 ? L'article de &lt;i&gt;VSD&lt;/i&gt;, magazine sp&#233;cialis&#233; dans l'actualit&#233; &#171; people &#187; et les reportages &#171; chocs &#187;, d&#233;peint aussi un quartier habit&#233; par de &lt;i&gt;&#171; nouveaux barbares &#187;&lt;/i&gt; et une &lt;i&gt;&#171; jeunesse capable de basculer dans l'ultra-violence &#187;&lt;/i&gt;. Notons toutefois qu'Envoy&#233; sp&#233;cial s'av&#232;re parfois capable de se d&#233;marquer des conclusions des enqu&#234;tes journalistiques invoqu&#233;es. C'est surtout le cas avec celle publi&#233;e dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;. De m&#234;me qu'aucun des habitants mobilis&#233;s &#224; La Villeneuve ne contestent la r&#233;alit&#233; des violences (certains participent m&#234;me aux r&#233;unions sur la pr&#233;vention dans le quartier), l'article de L'Humanit&#233; retrace, comme ses confr&#232;res, les derniers drames qui ont secou&#233; La Villeneuve et d&#233;crit l'ampleur du &lt;i&gt;&#171; trafic de stup&#233;fiants et des braquages &#187;&lt;/i&gt;. Il y est m&#234;me question d'un quartier &lt;i&gt;&#171; qui change de visage &#187;&lt;/i&gt; la nuit. Toutefois, l'article insiste &#233;galement longuement sur les causes sociales de la situation locale (ch&#244;mage, pr&#233;carit&#233;) et notamment sur les licenciements et les mobilisations successives des enseignants et des &#233;ducateurs contre la suppression de postes dans les services publics du quartier. Un &#233;tat des lieux des besoins d'encadrement des &#171; jeunes &#187; compl&#232;tement absent d'Envoy&#233; sp&#233;cial. Quand Amandine Chambelland se rend, elle, au coll&#232;ge de La Villeneuve, c'est pour filmer un &lt;i&gt;&#171; groupe de parole &#187;&lt;/i&gt; r&#233;unissant des psychologues et des &#233;l&#232;ves &lt;i&gt;&#171; qui ont des probl&#232;mes avec la violence &#187;&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;&#171; comprendre &#187;&lt;/i&gt; ainsi que &lt;i&gt;&#171; tr&#232;s t&#244;t les jeunes ne connaissent que la loi du quartier &#187;&lt;/i&gt;. De m&#234;me, quand &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; tire un bilan pourtant inquiet du projet d'urbanisme &#224; l'origine de La Villeneuve et parle d'un &lt;i&gt;&#171; quartier fatigu&#233; &#187;&lt;/i&gt; et d'une &lt;i&gt;&#171; utopie abim&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, La Villeneuve n'est plus, dans Envoy&#233; sp&#233;cial, qu'un &lt;i&gt;&#171; r&#234;ve bris&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Une surench&#232;re par rapport &#224; l'analyse d'un quotidien incarnant pourtant &#171; l'excellence journalistique &#187; dans la profession, qui r&#233;v&#232;le encore les options prises par France 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats du proc&#232;s ont ainsi confirm&#233; les effets du processus de &#171; circulation circulaire de l'information &#187; mis au jour par Pierre Bourdieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, Sur la t&#233;l&#233;vision, Raisons d'agir, 1996, p. 22-29.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, autrement dit le fait que les journalistes se lisent et se regardent (et au final se copient) les uns les autres, engendrant une &#171; homog&#233;n&#233;it&#233; des produits (m&#233;diatiques) propos&#233;s &#187;. Dans le cas d'Envoy&#233; sp&#233;cial, c'est le diagnostic pos&#233; sur La Villeneuve par les autorit&#233;s (minist&#232;re de l'Int&#233;rieur) et les autres journaux qui conditionnent plus que tout la d&#233;finition initiale du contenu du reportage, avant m&#234;me le d&#233;but de &#171; l'enqu&#234;te &#187; de la journaliste sur le terrain. Bien qu'ils disposent d'un temps de production plus cons&#233;quent, les professionnels des &#233;missions de &#171; grand reportage &#187; tendent ainsi &#224; pr&#233;-d&#233;finir en amont &lt;i&gt;&#171; une banlieue hors-sol &#187;&lt;/i&gt;, comme le font leurs coll&#232;gues du journal t&#233;l&#233;vis&#233; de France 2 &#233;tudi&#233;s par J&#233;r&#244;me Berthaut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Berthaut, La Banlieue du &#171; 20 heures &#187;. Ethnographie de la production (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cet exemple d&#233;montre aussi que les productions journalistiques pr&#233;-existantes ont une influence in&#233;gale sur les journalistes travaillant pour l'&#233;mission, puisque la &#171; vraie enqu&#234;te &#187; d'Envoy&#233; sp&#233;cial para&#238;t surtout align&#233;e sur les reportages produits dans les m&#233;dias situ&#233;s au pole commercial (&lt;i&gt;VSD&lt;/i&gt;) et &#233;tiquet&#233; &#8211; tr&#232;s &#8211; &#224; droite du paysage m&#233;diatique (&lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le proc&#232;s indirect des logiques &#233;conomiques
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un dernier enseignement majeur peut &#234;tre tir&#233; du proc&#232;s. En r&#233;clamant la condamnation de la soci&#233;t&#233; de production Ligne de Mire, en cas de condamnation de France 2, conform&#233;ment au contrat de production sign&#233; entre les deux parties, l'avocat de la cha&#238;ne donne aussi &#224; voir la double soumission &#233;conomique et juridique dans laquelle les sous-traitants de l'audiovisuel sont plac&#233;s vis &#224; vis des cha&#238;nes. Dans ce type de contrat de production, les soci&#233;t&#233;s de productions s'engagent en effet &#224; respecter le projet de reportage valid&#233; en amont avec la cha&#238;ne, &#224; faire visionner par cette derni&#232;re le montage final, et &#224; int&#233;grer toutes les demandes de modifications du diffuseur avant diffusion. Pourtant, on le voit, la cha&#238;ne se r&#233;serve encore le droit de se d&#233;solidariser de ce prestataire &#224; qui elle a pu imposer, &#224; chaque &#233;tape, ses attentes sur le fond du reportage. Si la relation entre diffuseurs et soci&#233;t&#233;s de production (qui emploient les journalistes) peut &#234;tre aussi d&#233;s&#233;quilibr&#233;e, c'est que la concurrence est vive entre les seconds pour d&#233;crocher les commandes des cha&#238;nes qui permettent &#224; ces entreprises de vivre. Le proc&#232;s r&#233;v&#232;le ainsi de mani&#232;re criante les logiques &#233;conomiques qui p&#232;sent sur la production de ces &#171; vraies enqu&#234;tes &#187;, puisqu'au moment de l'audience au tribunal, la soci&#233;t&#233; Ligne de Mire venait d'&#234;tre plac&#233;e&#8230; en liquidation judiciaire. Dans les luttes pour les parts d'audimat que se livrent les grandes cha&#238;nes, et celles que se livrent les soci&#233;t&#233;s de production pour commercialiser leurs reportages et assurer leur survie &#233;conomique, la m&#233;diatisation de d&#233;viances, notamment dans les quartiers populaires, semble donc constituer plus que jamais l'une des solutions privil&#233;gi&#233;es par les professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sur le service public, on n'ose plus esp&#233;rer que le temps et les moyens accord&#233;s &#224; ces productions standardis&#233;es soient consacr&#233;s &#224; des enqu&#234;tes qui analyseraient plut&#244;t la transformation locale du march&#233; de l'emploi et les conditions d'existence des habitants dans toutes leurs dimensions. Pour cela, il faudrait d'abord rompre avec les logiques de productivit&#233; et de sous-traitance qui pr&#233;valent dans les programmes de France T&#233;l&#233;visions. Pour l'heure, le collectif des habitants de La Villeneuve entend tirer ses propres enseignements de cette m&#233;saventure m&#233;diatique et judiciaire en organisant des d&#233;bats en octobre prochain, un an apr&#232;s la diffusion du reportage. D&#233;bout&#233;e de sa plainte collective en diffamation par la justice face &#224; une cha&#238;ne du service public qui s'appr&#234;tait &#224; se retourner contre une soci&#233;t&#233; de production&#8230; d&#233;sormais repr&#233;sent&#233;e par un liquidateur judiciaire (!), la mobilisation devrait relancer une r&#233;flexion sur les moyens efficaces de contester les discours des m&#233;dias dominants, en croisant les retours d'exp&#233;riences d'autres quartiers populaires ayant eu &#224; subir le m&#234;me traumatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albert Bradford&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin : &lt;i&gt;J&#233;r&#244;me Berthaut, La Banlieue du &#171; 20 heures &#187;. Ethnographie de la production d'un lieu commun journalistique&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site &lt;a href=&#034;http://terrainsdeluttes.ouvaton.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Terrains de luttes &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurent Bonelli, &#171; Renseignements g&#233;n&#233;raux et violences urbaines &#187;, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt; 1/2001 (n&#176; 136-137), p. 95-103.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Sur la t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 1996, p. 22-29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Berthaut, &lt;i&gt;La Banlieue du &#171; 20 heures &#187;. Ethnographie de la production d'un lieu commun journalistique&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, 2013, p. 106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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