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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>D&#233;c&#232;s d'Andr&#233; Schiffrin ; un extrait en guise d'hommage</title>
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		<dc:date>2013-12-03T13:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Schiffrin</dc:creator>


		<dc:subject>Audience, diffusion</dc:subject>
		<dc:subject>Lire - &#233;couter - voir</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un &#233;diteur contre l'&#233;dition dominante.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Audience-diffusion-+" rel="tag"&gt;Audience, diffusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Lire-ecouter-voir-+" rel="tag"&gt;Lire - &#233;couter - voir&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Schiffrin, &#233;diteur franco-am&#233;ricain, est mort &#224; Paris le dimanche 1er d&#233;cembre. Il est connu en France (et dans le monde) pour ses ouvrages critiques sur l'&#233;volution de l'&#233;dition vers toujours plus de rentabilit&#233; au d&#233;triment des livres de qualit&#233;. Il est notamment l'auteur, en fran&#231;ais, de plusieurs ouvrages publi&#233;s aux &#233;ditions La Fabrique : &lt;i&gt;L'&#233;dition sans &#233;diteurs &lt;/i&gt;(1999), &lt;i&gt;Le contr&#244;le de la parole&lt;/i&gt; (2005) et &lt;i&gt;L'argent et les mots &lt;/i&gt;(2010).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Son histoire personnelle est marqu&#233;e notamment par deux &#233;v&#233;nements &#233;loign&#233;s de 50 ans : en 1940, sa famille doit &#233;migrer aux &#201;tats-Unis apr&#232;s que son p&#232;re, Jacques Schiffrin, l'inventeur de &#171; La Pl&#233;iade &#187;, eut &#233;t&#233; licenci&#233; par Gaston Gallimard en application des lois anti-juives. M&#234;me apr&#232;s la guerre, Jacques Schiffrin ne fut jamais d&#233;dommag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1990, c'est Andr&#233; Schiffrin qui est contraint de d&#233;missionner, avec toute son &#233;quipe, de la maison d'&#233;dition Pantheon Books, qu'il dirigeait, sur injonction de la maison m&#232;re, Random House, suite &#224; son opposition &#224; une politique &#233;ditoriale tourn&#233;e exclusivement vers le profit. D&#232;s lors, Andr&#233; Schiffrin, parall&#232;lement &#224; son activit&#233; d'&#233;diteur dans la soci&#233;t&#233; d'&#233;dition sans but lucratif qu'il a cr&#233;&#233;e, The New Press, publiera en France des &#339;uvres &#8211; cit&#233;es plus haut &#8211; tourn&#233;es r&#233;solument contre l'&#233;dition dominante, &#224; l'exception partielle de son autobiographie : &#171; Allers-retours &#187; publi&#233;e chez Liana Levi (2007). On peut &#233;galement signaler son article dans la revue fond&#233;e et alors dirig&#233;e par Pierre Bourdieu : &lt;a href=&#034;http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/arss_0335-5322_1999_num_130_1_3313&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les presses universitaires am&#233;ricaines et la logique du profit &#187;, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt;, 1999, n&#176; 130, p. 77-80&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son dernier ouvrage &#8211; &lt;i&gt;L'argent et les mots &lt;/i&gt;&#8211; a fait l'objet d'une pr&#233;sentation &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3418.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par Acrimed&lt;/a&gt;. On pourra &#233;galement consulter notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3395.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pour une critique de l'&#233;dition dominante &#187;&lt;/a&gt;, qui se r&#233;f&#232;re largement &#224; l'&#339;uvre de Schiffrin. Nous remercions les &#233;ditions La Fabrique de nous permettre de publier une partie du chapitre de ce dernier livre consacr&#233; &#224; la crise de la presse. Pour rendre le texte plus accessible &#224; nos lecteurs, nous avons pris le parti d'ins&#233;rer quelques intertitres, de supprimer les notes ainsi que quelques passages qui n'&#233;taient pas indispensables pour la compr&#233;hension de l'argumentation de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La presse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, le d&#233;clin des journaux et celui des magazines &#224; un moindre degr&#233; ont fait l'objet d'un large d&#233;bat tant aux &#201;tats-Unis qu'en France. Les journaux peuvent-ils survivre en tant qu'activit&#233; lucrative ? Avec l'Internet et autres nouveaux m&#233;dias, sommes-nous &#224; la fin d'une &#232;re qui a commenc&#233; au XVIIIe si&#232;cle ? Dans les deux pays, il ne fait aucun doute que le lectorat des journaux a plong&#233; en m&#234;me temps que leurs recettes publicitaires, ce qui conduit certains analystes &#224; pr&#233;dire leur mort prochaine. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux &#201;tats-Unis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est assur&#233;ment plus dramatique aux &#201;tats-Unis qu'en France. Parmi les journaux r&#233;gionaux importants, plusieurs ont fait faillite ces derni&#232;res ann&#233;es &#8211; comme le &lt;i&gt;Chicago Tribune&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Los Angeles Times &lt;/i&gt;(tous deux rachet&#233;s par un c&#233;l&#232;bre sp&#233;culateur immobilier de Chicago, Samuel Zell) ou encore le &lt;i&gt;Minneapolis Star Tribune &lt;/i&gt;ou le &lt;i&gt;Philadelphia Inquirer&lt;/i&gt;. L'achat par Zell des deux journaux les plus importants en dehors de la c&#244;te Est montre de fa&#231;on d&#233;sesp&#233;rante certains effets de la finance. Zell a construit sa fortune en achetant de l'immobilier cribl&#233; de dettes et en utilisant des montages extr&#234;mement complexes pour en tirer de l'argent, ce qui lui a valu le sobriquet de &lt;i&gt;Grave Dancer&lt;/i&gt;, celui qui danse sur les tombes. Ken Aueletta, le sp&#233;cialiste des m&#233;dias du &lt;i&gt;New Yorker&lt;/i&gt;, a trac&#233; de lui un long portrait dans ce journal, que tout observateur ext&#233;rieur pouvait interpr&#233;ter comme une mise en garde contre son achat des deux journaux. Mais bizarrement, Aueletta donnait un tour favorable aux aventures de Zell en faisant l'&#233;loge de ses tours de magie financiers. Cependant, comme on pouvait s'y attendre, les tentatives de Zell cherchant &#224; tirer parti des dettes des journaux pour les refinancer ne tard&#232;rent pas &#224; &#233;chouer. Les r&#233;ductions r&#233;p&#233;t&#233;es d'effectifs ne servirent qu'&#224; d&#233;moraliser les &#233;quipes sans parvenir &#224; masquer la faiblesse sous-jacente de la situation financi&#232;re. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les journaux qui se portent relativement bien ont fait des coupes sombres dans leurs &#233;quipes. Au &lt;i&gt;Los Angeles Times&lt;/i&gt;, avant m&#234;me le rachat par Zell, plusieurs responsables de la r&#233;daction avaient pr&#233;f&#233;r&#233; d&#233;missionner plut&#244;t que d'avaliser les licenciements que l'on attendait d'eux. Pour finir, sur les 1100 journalistes, il n'en restait plus que 600, suite &#224; ces pressions auxquelles sont venues s'ajouter les exigences de Zell. Le &lt;i&gt;Baltimore Sun &lt;/i&gt;est pass&#233; de 400 journalistes &#224; 150, le &lt;i&gt;Philadelphia Inquirer &lt;/i&gt;de 600 &#224; 300, le &lt;i&gt;San Francisco Chronicle &lt;/i&gt;de 500 &#224; 200. Les r&#233;ductions d'effectifs portent aussi bien sur les correspondants &#233;trangers que sur la couverture des questions locales &#8211; en particulier on trouve de moins en moins d'informations sur les d&#233;bats parlementaires &#224; l'&#233;chelon des &#201;tats, domaine connu pour son haut niveau de corruption, et o&#249; la presse locale avait un r&#244;le crucial de critique et de contre-pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de la presse am&#233;ricaine est &#233;videmment critique, mais c'est le r&#233;sultat d'un processus qui &#233;volue depuis des ann&#233;es. C'est depuis 1950 que les recettes publicitaires sont en baisse : les annonceurs se sont tourn&#233;s vers la t&#233;l&#233;vision bien avant l'apparition d'Internet. La part des journaux dans la publicit&#233;, tous m&#233;dias confondus, est pass&#233;e de 26 % en 1990 &#224; 10 % environ en 2009&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt;La circulation des journaux a connu une &#233;volution similaire : Bernard Poulet cite un travail de Richard G. Picard d'apr&#232;s lequel en 1950, il se vendait quelque 54 millions d'exemplaires de journaux quotidiens. En 2004, le chiffre &#233;tait &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me, soit 54 600 000 pour une population qui avait doubl&#233; &#8211; ce qui correspond &#224; une baisse de 48 % par personne, bien avant la crise actuelle. (&#192; noter que ce chiffre correspond &#224; peu pr&#232;s &#224; celui des ventes quotidiennes au Japon, dont la population est le tiers de celle des &#201;tats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hebdomadaires, les &lt;i&gt;news &lt;/i&gt;&#8211; &lt;i&gt;Time&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Newsweek&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;US News &lt;/i&gt;&#8211; nagu&#232;re le refuge de ceux qui ne lisent pas de quotidien, sont eux aussi en baisse, pass&#233;s de 42 millions d'exemplaires achet&#233;s en 1988 &#224; 31 millions en 2004. Cette diminution, on y reviendra, n'est pas sans lien avec une perte progressive de contenu. On notera que &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, hebdomadaire anglais, reste stable avec une diffusion d'un million d'exemplaires dont beaucoup sont vendus en Am&#233;rique. Ses pages offrent bien plus d'informations que celles de ses concurrents am&#233;ricains qui, influenc&#233;s par le succ&#232;s du magazine &lt;i&gt;People&lt;/i&gt;, comptent de plus en plus sur les photos couleur et les paillettes pour retenir leurs lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation en France n'est gu&#232;re meilleure : les ventes et les recettes publicitaires ont plong&#233; de fa&#231;on spectaculaire. &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, longtemps le journal le plus prosp&#232;re, a perdu le tiers de sa publicit&#233; entre 2003 et 2007 (de 120 &#224; 80 millions d'euros), et les recettes de ses c&#233;l&#232;bres petites annonces sont pass&#233;es dans la m&#234;me p&#233;riode de 97 millions d'euros &#224; 25. De m&#234;me, les recettes publicitaires du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;sont pass&#233;es de 100 millions en 2001 &#224; tout juste la moiti&#233; en 2008. Dans les ann&#233;es 1970, la publicit&#233; repr&#233;sentait 60 % des recettes des journaux ; elle en constitue aujourd'hui &#224; peine 20 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diffusion des quotidiens nationaux &#8211; c'est-&#224;-dire parisiens &#8211; a chut&#233; dans les m&#234;mes proportions. Aucun de ces grands quotidiens n'arrive &#224; un tirage de 400 000 exemplaires (&lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;tire &#224; 340 000, &lt;i&gt;Le Figaro &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Le Parisien &lt;/i&gt;vers 330 000, alors que dans les ann&#233;es 1960, &lt;i&gt;France Soir &lt;/i&gt;tirait &#224; plus d'un million. &#192; noter que &lt;i&gt;La Croix &lt;/i&gt;parvient &#224; l'&#233;quilibre avec seulement 100 000 fid&#232;les acheteurs). Le tirage total de la presse nationale est pass&#233; de 3,8 millions en 1974 &#224; la moiti&#233; exactement (1,9 million) en 2007. Toutefois, si l'on prend en compte la totalit&#233; de la presse r&#233;gionale, on parvient au chiffre plus rassurant de 7 millions environ. Mais les co&#251;ts de production ont augment&#233;, et les points de vente de presse sont en diminution &#8211; ils sont trois fois moins nombreux qu'en Allemagne. Le nombre de jeunes lecteurs diminue r&#233;guli&#232;rement : en 1967, 59 % des jeunes de plus de 15 ans lisaient un journal tandis qu'en 2005 ils ne sont plus que 34 %, ph&#233;nom&#232;ne que l'on retrouve dans la plupart des pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Allemagne et en Angleterre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conjoncture en Allemagne est un peu meilleure, mais le g&#233;ant Bertelsmann a vu la diffusion de ses quotidiens passer de 31,4 millions en 1997 &#224; 26 millions dix ans plus tard. En Angleterre, le d&#233;clin touche surtout les tablo&#239;ds, ces journaux qui n'ont gu&#232;re d'&#233;quivalents sur le continent, avec leurs manchettes &#233;normes et leurs photos en couleur &#224; la une, en comparaison desquelles les journaux europ&#233;ens sont d'un s&#233;rieux qui &#233;voque quasiment le XIXe si&#232;cle. [&#8230;] Les journaux de bon niveau, le &lt;i&gt;Guardian &lt;/i&gt;et l'&lt;i&gt;Independant &lt;/i&gt;sont en situation aussi difficile que leurs &#233;quivalents parisiens &#8211; sauf le tr&#232;s rentable &lt;i&gt;Daily Telegraph&lt;/i&gt;. Fait int&#233;ressant, le &lt;i&gt;Financial Times &lt;/i&gt;fait exception, avec des ventes de 450 000 exemplaires, en augmentation de 2,5 % en 2008. La moiti&#233; de ses ventes se font &#224; l'&#233;tranger, succ&#232;s parall&#232;le &#224; celui de &lt;i&gt;The Economist &lt;/i&gt;aux &#201;tats-Unis et dans le monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des erreurs strat&#233;giques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les difficult&#233;s de la presse &#233;crite en Europe de l'Ouest et aux &#201;tats-Unis ne datent donc pas d'hier et leurs causes ne se limitent pas &#224; la concurrence d'Internet. Ce qui est &#233;tonnant, c'est que ce d&#233;clin progressif n'ait pas suscit&#233; d'inqui&#233;tude plus t&#244;t. Au contraire, jusqu'&#224; une date r&#233;cente, les financiers am&#233;ricains attendaient un retour de 26 % sur leurs investissements dans la presse : on faisait maigrir les &#233;quipes et r&#233;duire la couverture &#233;ditoriale pour aboutir &#224; cette rentabilit&#233;, sans penser que ces mesures allaient faire perdre des lecteurs. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, les propri&#233;taires de journaux, ne se rendant pas compte qu'ils &#233;taient au bord du pr&#233;cipice, se sont lanc&#233;s dans de co&#251;teuses acquisitions dans les m&#233;dias. C'est ainsi que le &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt;s'est retrouv&#233; avec des dettes s'&#233;levant &#224; 1,1 milliard de dollars, ce qui repr&#233;sente plus que la valeur totale de la soci&#233;t&#233; &#8211; li&#233;es pour une bonne part &#224; la d&#233;cision de se faire construire par Renzo Piano un nouveau gratte-ciel pour 600 millions de dollars alors que l'ancien si&#232;ge, m&#234;me passablement d&#233;labr&#233;, aurait pu encore servir pendant des ann&#233;es. Le nouveau b&#226;timent a d'ailleurs &#233;t&#233; en partie lou&#233; &#224; d'autres soci&#233;t&#233;s pour r&#233;cup&#233;rer une partie de ce malencontreux investissement. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, l'exemple le plus spectaculaire d'acquisition imprudente est celui d'&lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt;, dont les dettes sont &#233;valu&#233;es &#224; plus de 2 milliards d'euros apr&#232;s l'achat de cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision espagnoles. Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, suivant la politique d'Alain Minc, a acquis plusieurs journaux de province, qu'il a &#233;t&#233; depuis oblig&#233; de revendre. Il reste endett&#233; et d&#233;ficitaire, malgr&#233; la bonne sant&#233; de son acquisition la plus rentable, l'hebdomadaire culturel &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tiolement soul&#232;ve une question : s'agit-il l&#224; du destin inexorable des journaux du monde entier ? Curieusement, elle est rarement pos&#233;e, bien que la comparaison entre ce qui se passe en Europe et la situation en Asie soit des plus frappante. Au Japon, cas exemplaire, les ventes du &lt;i&gt;Yumori Shinbun&lt;/i&gt;, le plus grand quotidien, s'&#233;l&#232;vent &#224; 14 millions d'exemplaires par jour. Son concurrent principal, le &lt;i&gt;Asahi Shinbun&lt;/i&gt;, en vend 12 millions. Quatre autres quotidiens ont des ventes de l'ordre de 4-5 millions d'exemplaires par jour. Les ventes totales des quotidiens se montaient &#224; 53 millions en 2004, contre 52,8 millions l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les 100 plus grands quotidiens du monde, 74 sont publi&#233;s en Asie. C'est la Chine qui a connu la plus forte croissance (107 millions d'exemplaires vendus quotidiennement en 2007) et l'Inde (99 millions). On peut &#233;videmment penser que dans ces deux pays la presse b&#233;n&#233;ficie de l'&#233;mergence d'une classe moyenne, mais cet argument ne tient pas pour le Japon, qui est au contraire enfonc&#233; dans une r&#233;cession de longue dur&#233;e, et o&#249; depuis longtemps le public est intoxiqu&#233; par les jeux vid&#233;os et autres divertissements &#233;lectroniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu penser que ces chiffres int&#233;resseraient les sp&#233;cialistes des m&#233;dias, fran&#231;ais et am&#233;ricains entre autres. [&#8230;] Mais les r&#233;dactions sont trop occup&#233;es de leur propre situation pour s'enqu&#233;rir de ce qu'il y aurait &#224; apprendre au loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, l'une des cons&#233;quences des difficult&#233;s &#233;conomiques de la presse am&#233;ricaine et de la recherche du profit &#224; tout prix est que le domaine &#233;tranger est moins bien couvert, avec moins de pages et moins de correspondants : leur nombre total est pass&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es de 2500 &#224; 250. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, lorsque les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ont d&#233;cid&#233; il y a quelques ann&#233;es que les &#233;missions d'information devaient &#234;tre des centres de profit comme les autres, elles ont r&#233;duit leur couverture &#224; l'&#233;tranger. Le r&#233;sultat de ces coupes est apparu de fa&#231;on spectaculaire lors de la guerre d'Irak : comme je l'ai indiqu&#233; dans &lt;i&gt;Le Contr&#244;le de la parole&lt;/i&gt;, le gouvernement &#233;tait d'autant plus &#224; l'aise pour raconter des mensonges &#224; la presse am&#233;ricaine qu'il y avait moins de reporters pour r&#233;percuter ce qui se disait dans les autres pays. Bien qu'il n'existe pas de donn&#233;es chiffr&#233;es sur le sujet, je pense que la baisse du lectorat en Am&#233;rique est en partie li&#233;e &#224; cet &#233;chec et &#224; la d&#233;sillusion qu'il a entra&#238;n&#233;e. Pendant la guerre du Vietnam, qui fut largement et honn&#234;tement couverte, je ne sache pas que la presse ait perdu des lecteurs ni la t&#233;l&#233;vision des spectateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre carence, non li&#233;e cette fois &#224; la pression gouvernementale : l'incapacit&#233; de la presse dans son ensemble &#224; pr&#233;voir la crise &#233;conomique actuelle. Certains &#233;conomistes de renom pointaient le danger mais les journalistes ne les &#233;coutaient pas : l'id&#233;ologie de Milton Friedman &#8211; le march&#233; ne peut pas se tromper &#8211; avait force de loi dans la presse comme dans les universit&#233;s. S'il y avait eu dans le &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt;ou ailleurs des signaux d'alerte, la politique gouvernementale aurait peut-&#234;tre &#233;t&#233; diff&#233;rente, et en tout cas les lecteurs auraient eu le sentiment que la presse pouvait avoir un r&#244;le de critique ind&#233;pendant sur ces sujets cruciaux. &#192; mon sens, cet &#233;chec a lui aussi fait perdre &#224; la presse bien des lecteurs d&#233;&#231;us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cercle vicieux du m&#234;me ordre est &#224; l'&#339;uvre en France, o&#249; les difficult&#233;s financi&#232;res obligent les journaux &#224; licencier de plus en plus de journalistes, ce qui conduit &#224; r&#233;duire le nombre de pages et le niveau de l'information offerte. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, par exemple, n'a pas de correspondant permanent &#224; Kaboul et sa couverture asiatique est mince, alors que c'est l&#224; que se passe une part essentielle de l'actualit&#233;. De plus, la tradition fran&#231;aise de l'autocensure est fortement enracin&#233;e : la presse &#233;vite d'exploiter des fuites sur le pouvoir qui feraient les choux gras des journaux am&#233;ricains. C'est ce qui explique le succ&#232;s du &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, dont les ventes se montent chaque semaine &#224; 550 000 exemplaires : le journal est bien rentable sans aucune publicit&#233; et se permet de recruter certain(e)s des journalistes mis(es) &#224; la porte par des journaux r&#233;put&#233;s plus s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un lectorat n&#233;glig&#233; : les jeunes et les minorit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'Internet dont il est question plus loin, l'une des raisons invoqu&#233;es pour expliquer le d&#233;clin de la presse en Occident est le d&#233;veloppement des journaux gratuits, qui sont lus par la masse des jeunes. En France, l'un des principaux gratuits, &lt;i&gt;20 minutes&lt;/i&gt;, a une diffusion de 800 000 exemplaires, soit le double du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, m&#234;me si la notion de diffusion n'est pas la m&#234;me, beaucoup de journaux gratuits &#233;tant jet&#233;s sans &#234;tre lus. Si ces journaux sont eux aussi en crise du fait de la r&#233;duction g&#233;n&#233;rale des recettes publicitaires, il n'en demeure pas moins que leur succ&#232;s a &#233;t&#233; &#233;norme, ce qui montre que les jeunes sont capables de lire des journaux sur papier, dont les articles sont certes plus courts et plus percutants que dans la presse traditionnelle. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, l'exp&#233;rience de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;n'est gu&#232;re encourageante : le journal a tent&#233; d&#233;sesp&#233;r&#233;ment d'atteindre un lectorat plus jeune en consacrant beaucoup d'espace &#224; des sujets touchant &#224; la culture populaire. Ces efforts n'ont pas d&#233;velopp&#233; la diffusion du journal qui continue &#224; tourner &#224; perte malgr&#233; le licenciement d'un bon nombre de ses journalistes. Peut-&#234;tre est-il illusoire de chercher &#224; recruter des lecteurs parmi une jeunesse habitu&#233;e &#224; des informations gratuites sur Internet ou sur ses t&#233;l&#233;phones portables ? Peut-&#234;tre, mais on n'a gu&#232;re vu d'efforts convaincants de la part des grands journaux pour traiter non pas des distractions de cette jeunesse mais des sujets qui conditionnent sa vie. Si les journaux traitaient r&#233;guli&#232;rement et concr&#232;tement des questions d'enseignement, d'emploi, de logement des jeunes, des effets de la politique gouvernementale sur leur vie quotidienne, on peut penser qu'ils recruteraient des lecteurs dans cette classe d'&#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est pas sans rapport avec celle des minorit&#233;s ethniques, de plus en plus nombreuses en Occident. Aux &#201;tats-Unis, la presse &#233;crite et les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ont su recruter des journalistes parmi les minorit&#233;s. En Grande-Bretagne, la BBC offre un contraste frappant avec la plupart des pays occidentaux : on peut y voir les nouvelles financi&#232;res pr&#233;sent&#233;es par des journalistes noirs, etc. En France, les r&#233;dactions sont solidement blanches. Lors des &#233;meutes en banlieues &#224; l'hiver 2005, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;a d&#251; faire venir de Lyon son unique journaliste d'origine alg&#233;rienne pour couvrir les &#233;v&#233;nements &#8211; trop peu, trop tard. [&#8230;] Cette s&#233;gr&#233;gation m&#233;diatique contribue &#224; la s&#233;gr&#233;gation des nouveaux immigrants, et m&#234;me des anciens, ceux qu'on d&#233;signe parfois en France par l'incroyable expression d'&#171; immigr&#233;s de la deuxi&#232;me &#8211; voire troisi&#232;me &#8211; g&#233;n&#233;ration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La concurrence d'Internet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait toutefois soutenir que m&#234;me si les journaux &#233;taient meilleurs, si leur couverture &#233;tait plus large, ils souffriraient malgr&#233; tout de la concurrence d'Internet. Il ne fait gu&#232;re de doute que les recettes publicitaires d'Internet sont &#233;normes et en croissance rapide. Bernard Poulet cite une enqu&#234;te am&#233;ricaine selon laquelle ces recettes vont augmenter de 20 % par an jusqu'en 2011, o&#249; elles atteindront 62 milliards de dollars &#8211; contre 60 pour la presse papier (avec une partie minime pour les sites des journaux) et 86 pour la radio et la t&#233;l&#233;vision. En France, les chiffres sont inf&#233;rieurs mais n&#233;anmoins impressionnants : 10 % du total de la publicit&#233; se fait sur Internet, soit 1,6 milliard d'euros en 2006, pour 7 milliards dans la presse &#233;crite, 6,3 &#224; la t&#233;l&#233;vision et 3,3 &#224; la radio. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fait gu&#232;re de doute qu'Internet est l'une des grandes causes du d&#233;clin des ventes de la presse &#233;crite dans les pays dont j'ai parl&#233;. Certains journaux, en particulier en Angleterre, ont pu attirer des lecteurs en nombre sur leurs sites Internet, mais rares sont ceux qui ont vu cro&#238;tre leurs recettes publicitaires sur ces sites &#224; un niveau suffisant pour compenser les pertes de la version papier. [&#8230;] Le &lt;i&gt;New York Times &lt;/i&gt;a estim&#233; que les recettes de l'abonnement internet payant seraient moindres que les recettes publicitaires actuellement obtenues avec un public plus &#233;tendu. En France, des journalistes venant du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;ont cr&#233;&#233; un site payant, &lt;i&gt;M&#233;diapart&lt;/i&gt;, qui fait &#233;tat de 15 000 abonnements au bout de deux ans, soit le tiers du chiffre n&#233;cessaire pour aboutir &#224; l'&#233;quilibre financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de lecteurs ont pris l'habitude de lire les nouvelles sur leur ordinateur, sur Google ou ailleurs. Pour l'essentiel, ces nouvelles proviennent de la presse &#233;crite ou des d&#233;p&#234;ches d'agences. Le patron de Google affirme que cela aide les journaux &#224; construire leur audience sur Internet et am&#233;liore donc leurs recettes publicitaires. M&#234;me si cet argument peut avoir une certaine validit&#233;, il reste que les sites internet des journaux ne permettent d'amortir qu'une minime partie des co&#251;ts li&#233;s &#224; la collecte de l'information. Le fait est qu'Internet cannibalise les journaux papier et contribue &#224; changer les m&#339;urs en poussant les lecteurs &#224; se satisfaire des gros titres de la page d'accueil sur leur ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toutefois indiscutable qu'Internet joue un r&#244;le important en diffusant des nouvelles dans des domaines que les journaux papier ignorent, censurent ou renoncent de plus en plus &#224; couvrir. Il suffit de rappeler son importance lors des &#233;v&#233;nements qui ont suivi les &#233;lections en Iran, o&#249; Internet et les t&#233;l&#233;phones portables ont &#233;t&#233; la grande source d'information, contournant les obstacles oppos&#233;s aux journalistes professionnels. (Souvenir ironique, le renversement du Chah avait &#233;t&#233; pr&#233;cipit&#233; par une autre technologie, la diffusion des cassettes de l'ayatollah Khomeini import&#233;es clandestinement de France.) Le r&#244;le d'Internet a &#233;t&#233; &#233;galement essentiel lors de l'invasion de l'Irak : c'est le r&#233;seau qui a assur&#233; la couverture non officielle des &#233;v&#233;nements en reprenant les articles de la presse europ&#233;enne, qui payait des correspondants pour rendre compte de ce qui se passait. On ne saurait non plus assez souligner les potentialit&#233;s d'Internet dans le domaine des actions citoyennes, comme lors de la mobilisation en faveur d'Obama lors des derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles, suivant l'exemple de &lt;i&gt;Move On &lt;/i&gt;et d'autres groupes qui avaient men&#233; l'action contre la politique de Bush en Irak. Enfin, Internet est de plus en plus utilis&#233; pour couvrir la politique locale et m&#234;me ce qui se passe dans les quartiers. De plus en plus de journaux am&#233;ricains utilisent le contenu des sites internet pour rendre compte de ce type de nouvelles, ce qui leur permet de ne plus avoir de journalistes pour traiter de la politique des &#201;tats et des communaut&#233;s locales, domaine qui a &#233;t&#233; la premi&#232;re victime des suppressions de postes. (En novembre 2009, le &lt;i&gt;Washington Post &lt;/i&gt;lui-m&#234;me a annonc&#233; la fermeture de tous ses bureaux locaux, sauf celui de Washington.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux d&#233;veloppements posent malgr&#233; tout un probl&#232;me qui va croissant : l'apparition de sites de plus en plus nombreux place l'internaute devant des choix sans fin, parfois futiles. L'un de ces sites a m&#234;me entrepris de donner des cam&#233;ras &#224; des jeunes pour couvrir les &#233;v&#233;nements dans leur &#233;cole. La fronti&#232;re entre &lt;i&gt;Facebook &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;Youtube &lt;/i&gt;et les sites d'information est de plus en plus floue ; l'&#233;norme quantit&#233; d'informations et de distractions sur Internet finit par &#234;tre contreproductive. Le besoin se fait sentir des capacit&#233;s de filtrage de la presse traditionnelle, m&#234;me s'il a souvent &#233;t&#233; utilis&#233; &#224; de mauvaises fins. Comme l'a dit Eric Schmidt, le PDG de Google, l'essentiel de l'information sur Internet est &#171; un cloaque de d&#233;sinformation &#187; (&lt;i&gt;a cesspool of misinformation&lt;/i&gt;). Parfois c'est &#224; dessein, comme dans la diffusion de fausses donn&#233;es dans le d&#233;bat am&#233;ricain sur le syst&#232;me de sant&#233; : il est impossible de dire qui &#233;crit quoi, et avec quels motifs. Le fameux &lt;i&gt;Wikipedia &lt;/i&gt;laisse les gens &#233;crire leurs propres biographies &#8211; et c'est un faible argument que de pr&#233;tendre qu'elles ne comportent pas plus d'erreurs que l'&lt;i&gt;Encyclopedia Britannica&lt;/i&gt;, laquelle ne peut gu&#232;re passer pour un mod&#232;le d'exactitude. Bref, ce qu'Internet d&#233;montre &lt;i&gt;a contrario&lt;/i&gt;, c'est la n&#233;cessit&#233; de distance, d'analyse, de commentaires fond&#233;s &#8211; ce qui est de plus en plus rare. En d'autres termes, nous avons encore besoin des activit&#233;s traditionnelles de la presse. Mais les moyens pour r&#233;pondre aux d&#233;fis actuels sont tout sauf clairs. [&#8230;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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