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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Illusionnisme &#233;conomique sur France 2</title>
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		<dc:date>2013-10-22T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey, Mathias Reymond</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde diplomatique</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Lenglet</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;P&#233;dagogie lib&#233;rale en p&#233;riode de crise.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Francois-Lenglet-+" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Lenglet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, avec l'accord des auteurs et de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;, un article paru &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/GADREY/48815&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans le num&#233;ro de mars 2013&lt;/a&gt;. (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les chiffres ne mentent pas, mais les menteurs adorent les chiffres&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Figures don't lie, but liars do figure &#187;, une citation parfois contest&#233;e.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#187;,&lt;/i&gt; aurait en substance r&#233;sum&#233; l'&#233;crivain am&#233;ricain Mark Twain. Si deux et deux font toujours quatre, il existe en effet plusieurs fa&#231;ons de manier l'arithm&#233;tique. La premi&#232;re rel&#232;ve d'une d&#233;marche scientifique : on avance une hypoth&#232;se, on rassemble des donn&#233;es, et on parvient soit &#224; la validation de l'hypoth&#232;se, soit &#224; une ind&#233;termination &#8212; auquel cas la r&#233;flexion doit &#234;tre affin&#233;e. L'autre m&#233;thode consiste &#224; partir d'une id&#233;e pr&#233;con&#231;ue, et &#224; organiser les donn&#233;es de fa&#231;on &#224; en sugg&#233;rer la confirmation par les &#171; faits &#187;. Ce type d'acrobatie statistique a d&#233;sormais un expert : Fran&#231;ois Lenglet, directeur du service &#171; France &#187; de France 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ses airs de Monsieur Loyal, l'ancien professeur de litt&#233;rature, pass&#233; par plusieurs r&#233;dactions de m&#233;dias &#233;conomiques (&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Tribune&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;, BFM) avant de devenir le chroniqueur-vedette de l'&#233;mission &#171; Des paroles et des actes &#187;, sur France 2, durant la campagne pr&#233;sidentielle de 2012, incarne la capacit&#233; du pouvoir &#224; se r&#233;g&#233;n&#233;rer en donnant l'illusion du changement. Finie l'&#233;poque o&#249; Jean-Marc Sylvestre d&#233;bitait des sermons lib&#233;raux dont le dogmatisme indisposait jusqu'aux partisans du libre march&#233;. Chiffres, courbes, b&#226;tons et camemberts exhib&#233;s &#224; l'antenne &#8212; un exercice de p&#233;dagogie audiovisuelle inaugur&#233; par le journaliste Fran&#231;ois de Closets au d&#233;but des ann&#233;es 1980 &#8212; apportent d&#233;sormais un vernis scientifique &#224; l'id&#233;e que, pour sortir de la crise du lib&#233;ralisme, il n'y a de solutions que lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 12 janvier 2012, Lenglet &#171; d&#233;montre &#187; &#8212; deux graphiques &#224; l'appui &#8212; que &lt;i&gt;&#171; les pays qui ont le moins d&#233;pens&#233; sont ceux qui s'en sortent le mieux&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le blog de M. Jean-Luc M&#233;lenchon reproduit les documents dans &#171; Les 4 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt; Le ressort du th&#233;or&#232;me ? Le choix arbitraire de trois pays &#8212; la France, l'Allemagne et les &#201;tats-Unis &#8212; et d'une p&#233;riode &#8212; de 2006 &#224; 2011. Le premier graphique illustre les d&#233;penses publiques en pourcentage du produit int&#233;rieur brut (PIB) en 2011 : 41,9 % pour les &#201;tats-Unis, 45,5 % pour l'Allemagne, 56,2 % pour la France. Le second repr&#233;sente la croissance des trois pays entre 2006 et 2011. Au cours de ces cinq ann&#233;es, le PIB a progress&#233; de 5,5 % en Allemagne, de 2,7 % aux &#201;tats-Unis et de 2,3 % en France. &lt;i&gt;&#171; La d&#233;pense publique, &#231;a ne cr&#233;e pas de croissance, c'est ce que montrent ces chiffres &#187;&lt;/i&gt;, conclut Lenglet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la d&#233;monstration s'effondre si l'on choisit une autre p&#233;riode ou un autre groupe de pays. Observer la France et l'Allemagne sur une p&#233;riode plus longue, de 1991 &#224; 2011, par exemple, conduit ainsi &#224; conclure que le pays qui a le plus d&#233;pens&#233; &#8212; la France &#8212; affiche le taux de croissance annuel moyen le plus &#233;lev&#233; (1,58 %, contre 1,35 %outre-Rhin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Base de donn&#233;es &#233;conomiques de la Banque mondiale.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les d&#233;penses publiques, Lenglet &#8212; dont l'un des adverbes pr&#233;f&#233;r&#233;s est &#171; &#233;videmment &#187; &#8212; entonne r&#233;guli&#232;rement le m&#234;me refrain. Le 13 novembre 2012, il s'enthousiasme pour le discours de M. Fran&#231;ois Hollande : &lt;i&gt;&#171; Pour la premi&#232;re fois, il dit clairement : &#8220;&lt;/i&gt;Le niveau des d&#233;penses publiques en France, 57 % du PIB, est trop &#233;lev&#233;, et il faut r&#233;former cela.&lt;i&gt;&#8221; Il a d'ailleurs annonc&#233; une r&#233;forme de l'&#201;tat, qui est la seule fa&#231;on cr&#233;dible d'arriver &#224; r&#233;duire la d&#233;pense publique de 60 milliards d'euros en cinq ans. &#187;&lt;/i&gt; En soutenant ainsi le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, le chroniqueur reprend &#224; son compte l'id&#233;e (lib&#233;rale) selon laquelle la r&#233;duction de la d&#233;pense publique, source de croissance, serait la seule voie de ma&#238;trise des finances publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, pas d'autre r&#233;sultat statistiquement s&#233;rieux que le suivant : pour l'ensemble des pays de l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE), et sur des p&#233;riodes non limit&#233;es &#224; quelques ann&#233;es troubl&#233;es, il n'y a aucune relation (entendre aucune corr&#233;lation statistique significative) entre le poids des d&#233;penses publiques dans le PIB et le taux de croissance annuel moyen. Ni &#171; loi de Lenglet &#187; ni loi inverse : pas de loi du tout. Ce qui se comprend finalement fort bien puisque les d&#233;penses publiques participent tout autant que les d&#233;penses priv&#233;es &#224; l'activit&#233; &#233;conomique, &#224; travers la distribution de pouvoir d'achat et les commandes publiques. La principale diff&#233;rence entre investissements publics et priv&#233;s ne r&#233;side pas dans le montant ou dans la croissance du PIB, mais dans son contenu plus ou moins riche en biens publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; l'&#233;mission du 12 janvier 2012, au cours de laquelle Lenglet n'h&#233;site pas &#224; se transformer en illusionniste quand il exhibe un second graphique pr&#233;sentant l'&#233;volution de la part de la richesse produite (la valeur ajout&#233;e) revenant aux salaires en France entre 1950 et 2010. La conclusion de sa lecture des courbes qu'il a pr&#233;par&#233;es : &lt;i&gt;&#171; La part des salaires dans la valeur ajout&#233;e a peu chang&#233; depuis 1950. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;La ficelle est un peu grosse. D'abord, il existe plusieurs fa&#231;ons de d&#233;finir et de mesurer la part des salaires dans la valeur ajout&#233;e. On peut &#233;valuer cette part pour les seules &#171; soci&#233;t&#233;s non financi&#232;res &#187; (les entreprises produisant des biens et des services) ou pour l'ensemble de l'&#233;conomie ; on peut aussi tenir compte ou non d'une &#171; correction de salarisation croissante &#187; (plus de salari&#233;s et moins d'ind&#233;pendants fait m&#233;caniquement monter la part des salaires)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; Le paradoxe de la part salariale &#187;, La pompe &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lenglet a choisi, bien entendu, celle qui minimise la chute. S'il avait retenu les donn&#233;es de la Commission europ&#233;enne reprises par l'OCDE, il aurait obtenu une d&#233;gringolade de dix points de PIB pour la part des salaires depuis 1981, et de six &#224; huit points depuis les ann&#233;es 1960&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le graphique qu'il pr&#233;sente appara&#238;t par ailleurs singuli&#232;rement aplati &#224; l'&#233;cran. L'astuce est classique : il suffit d'allonger ou au contraire de raccourcir l'axe vertical pour produire des impressions visuelles oppos&#233;es (des variations semblant faibles ou au contraire &#233;normes), surtout &#8212; et c'est le cas ici &#8212; quand on &#233;vite de graduer l'axe vertical pour fournir des points de rep&#232;re. Avec de telles ruses, on passe vite de la p&#233;dagogie &#224; la magie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, et surtout, m&#234;me avec ce graphique aplati, on se rend compte que la part des salaires a baiss&#233; entre les ann&#233;es 1960 et les ann&#233;es 1990-2000, d'au moins cinq points : 100 milliards d'euros actuels sont pass&#233;s des salaires aux profits dans l'estimation la plus basse possible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Fran&#231;ois Ruffin, &#171; Partage des richesses, la question taboue &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Peu chang&#233; &#187;, vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prestidigitateur commet &#233;galement des erreurs factuelles &#8212; jamais relev&#233;es par ses confr&#232;res &#8212; qui, elles aussi, semblent &#233;tayer son propos : il suffit parfois pour convaincre que l'assurance soit aussi &#233;norme que la bourde. C'est ainsi que le 26 octobre 2012, au journal t&#233;l&#233;vis&#233; de France 2, Lenglet explique qu'en mati&#232;re de croissance &lt;i&gt;&#171; le soleil se l&#232;ve toujours &#224; l'Ouest &#187;,&lt;/i&gt; parce que &lt;i&gt;&#171; les &#201;tats-Unis repr&#233;sentent un tiers de l'&#233;conomie mondiale &#187;.&lt;/i&gt; Selon les chiffres du Fonds mon&#233;taire international, le PIB am&#233;ricain constitue pourtant un cinqui&#232;me du PIB mondial : 19,1 % en 2011, contre 20,1 % pour l'Union europ&#233;enne. &#192; trop regarder le soleil, on s'ab&#238;me la r&#233;tine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur France 2, le 11 avril 2011, le chroniqueur affirme que &lt;i&gt;&#171; les &#201;tats-Unis ne font pas marcher la planche &#224; billets &#187;.&lt;/i&gt; Il sera pourtant difficile de trouver un &#233;conomiste pour affirmer que les trois vagues de &lt;i&gt;quantitative easing&lt;/i&gt; (QE) de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale n'&#233;quivalent pas &#224; une simple activation de la proverbiale &#171; planche &#224; billets &#187; (car il n'y a d&#233;sormais presque plus de billets et encore moins de planche...). Une r&#233;alit&#233; qui n'a &#233;chapp&#233; ni au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#8212; &lt;i&gt;&#171; Le QE est une man&#339;uvre bien connue des banques centrales&lt;/i&gt; [qui] &lt;i&gt;consiste simplement &#224; faire tourner la planche &#224; billets et &#224; racheter (entre autres) des bons du Tr&#233;sor &#187;&lt;/i&gt;, 3 novembre 2010 &#8212; ni aux &lt;i&gt;Echos&lt;/i&gt; &#8212; &lt;i&gt;&#171; R&#233;sumons-nous : les Am&#233;ricains font marcher la planche &#224; billets ! On appelle &#231;a, quand on est poli, le&lt;/i&gt; quantitative easing &lt;i&gt; ! &#187;,&lt;/i&gt; 11 janvier 2011. Cette b&#233;vue en cache une autre, puisque notre expert ajoute que &lt;i&gt;&#171; tous les pays qui font marcher la planche &#224; billets ont des taux d'inflation qui se sont emball&#233;s &#187;.&lt;/i&gt; L'absence de tension inflationniste aux &#201;tats-Unis en d&#233;pit de l'injection massive de liquidit&#233;s au cours des trois QE de mars 2009, novembre 2010 et septembre 2012 ruine n&#233;anmoins la th&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lenglet ne peut pas &#234;tre sp&#233;cialiste de tout. Cela l'am&#232;ne parfois &#224; s'autoriser quelques libert&#233;s avec la v&#233;rit&#233;, et &#224; reprendre &#224; son compte des id&#233;es re&#231;ues erron&#233;es. Sur BFM TV, le 6 avril 2011, il s'interroge sur les difficult&#233;s que rencontrent les entreprises &#224; trouver des employ&#233;s peu qualifi&#233;s : &lt;i&gt;&#171; Le personnel peu qualifi&#233; peut &#234;tre dissuad&#233; par les niveaux de salaire, qui ne sont pas tr&#232;s diff&#233;rents des niveaux des aides sociales. Malheureusement, c'est aussi &#231;a, le mod&#232;le fran&#231;ais. &#187;&lt;/i&gt; Ce lien entre assistance et emploi a toujours &#233;t&#233; un argument des lib&#233;raux pour &#233;voquer l'existence d'une &#171; trappe &#224; inactivit&#233; &#187;. Pourtant, de nombreuses &#233;tudes statistiques ont d&#233;mont&#233; cette id&#233;e re&#231;ue. Ainsi, selon une enqu&#234;te men&#233;e en 2009 par le Tr&#233;sor aupr&#232;s de sept mille allocataires du revenu minimum d'insertion (RMI), du revenu minimum d'activit&#233; (RSA), de l'allocation parent isol&#233; et de l'allocation de solidarit&#233; sp&#233;cifique, seuls 4 % des sond&#233;s donnent comme raison de leur inactivit&#233; la non-rentabilit&#233; financi&#232;re d'un retour &#224; l'emploi. Selon la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), ils ne sont m&#234;me que 1 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple : la r&#233;duction du temps de travail. Entre 2000 et 2007, &#233;crit Lenglet dans son dernier ouvrage, &lt;i&gt;Qui va payer la crise ?&lt;/i&gt; (Fayard, septembre 2012), la conjoncture favorable a conduit chacun des pays de la zone euro &#224; &lt;i&gt;&#171; suivre sa pente naturelle &#187;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Les Espagnols ont construit des cimenteries et des villes fant&#244;mes, les Fran&#231;ais ont r&#233;duit le temps de travail&#8230; Et pendant ce temps-l&#224;, les Allemands travaillent. &#187;&lt;/i&gt; Nul doute que les Allemands travaillent. Mais 8 % de moins que les Fran&#231;ais en dur&#233;e moyenne annuelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La dur&#233;e annuelle moyenne du travail est de 1 559 heures en France, contre 1 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et, selon l'organisme patronal COE-Rexecode, avec une productivit&#233; horaire inf&#233;rieure de&#8230; 17 %&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La productivit&#233; plut&#244;t &#233;lev&#233;e de la France est un atout &#187;, Coe-Rexecode, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion, l'illusionniste se fait proph&#232;te. Dans un article publi&#233; dans &lt;i&gt;L'Expansion,&lt;/i&gt; le 30 mai 1995, il pavoisait : &#171; Croissance : pr&#233;parez-vous &#224; trente ans de bonheur &#187;. Extrait : &lt;i&gt;&#171; L'&#233;conomie mondiale serait &#224; l'aube d'un retournement spectaculaire qui devrait lui apporter deux ou trois d&#233;cennies de croissance d'intensit&#233; comparable &#224; celle des &#8220;trente glorieuses&#8221;. &#187;&lt;/i&gt; Douze ans plus tard, en 2007, Lenglet publie un livre titr&#233; &lt;i&gt;La crise des ann&#233;es 30 est devant nous&lt;/i&gt; (Perrin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il arrive &#233;galement que notre homme surprenne, comme lorsqu'il appelle &#224; &lt;i&gt;&#171; l'euthanasie des rentiers &#187;&lt;/i&gt; sur le site du &lt;i&gt;Figaro,&lt;/i&gt; le 27 septembre 2012. Car Lenglet n'est pas Sylvestre. Contrairement au second, le premier conc&#232;de volontiers qu'il existe un &lt;i&gt;&#171; conflit entre le contribuable &#8212; qu'on charge &#224; mort &#8212; et le d&#233;tenteur de capital, qui jusqu'ici a &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233; et &#231;a n'est pas normal&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;TV5 Monde, 2 octobre 2012.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt; Sa conclusion n'en aurait pas moins &#233;lectris&#233; son a&#238;n&#233; : &lt;i&gt;&#171; Vouloir lutter contre le ch&#244;mage sans s'attaquer &#224; l'&#233;l&#233;ment-cl&#233; qu'est la comp&#233;titivit&#233;, c'est un peu comme vouloir abattre un ours avec un fusil en plastique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;France 2, 27 ao&#251;t 2012.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; Morig&#233;ner les rentiers et baisser les salaires ? C'est un peu &#231;a, la recette Lenglet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Gadrey et Mathias Reymond&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&#201;conomistes. Mathias Reymond est &#233;galement coanimateur de l'association Action-Critique-M&#233;dias (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Figures don't lie, but liars do figure &#187;,&lt;/i&gt; une citation parfois contest&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le blog de M. Jean-Luc M&#233;lenchon reproduit les documents dans &#171; &lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/des-paroles-et-des-actes-les-4-mensonges-de-monsieur-lenglet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les 4 mensonges de Monsieur Lenglet sur France 2&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Base de donn&#233;es &#233;conomiques de la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; &lt;a href=&#034;http://blog.mondediplo.net/2009-02-25-Le-paradoxe-de-la-part-salariale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le paradoxe de la part salariale&lt;/a&gt; &#187;, La pompe &#224; phynance, 25 f&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Fran&#231;ois Ruffin, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2008/01/RUFFIN/15507&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Partage des richesses, la question taboue&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, janvier 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La dur&#233;e annuelle moyenne du travail est de 1 559 heures en France, contre 1 432 en Allemagne (Institut national de la statistique et des &#233;tudes &#233;conomiques, Insee), parce que les Allemands ont beaucoup plus recours au temps partiel que les Fran&#231;ais : 21,7 %, contre 13,6 % (&lt;i&gt;Le Monde,&lt;/i&gt; 24 novembre 2011).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.coe-rexecode.fr/public/Analyses-et-previsions/Etudes/Faiblesses-et-atouts-de-la-France-dans-la-zone-euro-le-defi-de-la-reconvergence/La-productivite-plutot-elevee-de-la-France-est-un-atout&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La productivit&#233; plut&#244;t &#233;lev&#233;e de la France est un atout&lt;/a&gt; &#187;, Coe-Rexecode, 22 mars 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;TV5 Monde, 2 octobre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;France 2, 27 ao&#251;t 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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