<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
	<link>https://www.acrimed.org/</link>
	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.acrimed.org/spip.php?id_auteur=4&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
		<url>https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-505bf.png?1776672965</url>
		<link>https://www.acrimed.org/</link>
		<height>69</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Quinze mois de conflit au Journal du Qu&#233;bec : libert&#233; d'informer contre libert&#233; d'exploiter</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Quinze-mois-de-conflit-au-Journal-du-Quebec-liberte-d-informer-contre-liberte-d</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Quinze-mois-de-conflit-au-Journal-du-Quebec-liberte-d-informer-contre-liberte-d</guid>
		<dc:date>2008-06-30T05:51:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Br&#233;ville</dc:creator>


		<dc:subject>Canada (m&#233;dias du)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le conflit le plus long de l'histoire de la presse francophone en Am&#233;rique du Nord&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Au-Canada-au-Quebec-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Canada, au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Canada-medias-du-+" rel="tag"&gt;Canada (m&#233;dias du)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quinze mois, les salari&#233;s du &lt;i&gt;Journal du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, en conflit avec leur direction &#224; la solde du groupe Qu&#233;becor, r&#233;sistent en publiant un quotidien gratuit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. : R&#233;unis en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale le mercredi 2 juillet, les syndiqu&#233;s ont vot&#233; en faveur de l'entente de principe intervenue la nuit pr&#233;c&#233;dente entre la partie patronale et l'ex&#233;cutif syndical du quotidien de Quebecor. D'autres informations &#224; suivre. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;, le 3 juillet 2008)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant le d&#233;but du conflit, &lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;se pr&#233;sente sous la forme d'un tablo&#239;d ob&#232;se (il atteint le record de 252 pages le 4 f&#233;vrier 2006), gav&#233; de publicit&#233;s, dont la majeure partie des pages est occup&#233;e par des r&#233;clames, des informations sportives et des faits divers. Comme tout quotidien qui se respecte, le journal a ses cumulards, au nombre desquels on retrouve par exemple le &#171; journaliste &#187; bavard Richard Martineau, qui s&#233;vit &lt;i&gt;au Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; avec qui il est li&#233; par contrat, mais dont les articles sont repris dans &lt;i&gt;le Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; et qui officie &#233;galement &#224; la t&#233;l&#233;vision sur LCN et TVA etc. &lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Filiale de &lt;i&gt;Corporate Sun Media, &lt;/i&gt;elle-m&#234;me succursale du g&#233;ant Quebecor, ce journal d&#233;gage des profits annuels nets qui atteignent les 25 millions de dollars. Depuis dix ans, ses recettes publicitaires n'ont cess&#233; d'augmenter. Mais cela ne suffit pas &#224; Pierre-Karl P&#233;ladeau, dirigeant de Quebecor, fils de Pierre P&#233;ladeau le fondateur du groupe, qui veut ajuster son journal &#224; la &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution du num&#233;rique &#187; &lt;/i&gt;[AFP, 15 juin 2008]&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;c'est-&#224;-dire maximiser la concentration pour satisfaire les actionnaires, aux d&#233;pens de la qualit&#233; et de la diversit&#233; de l'information. D&#233;j&#224; en situation de forte concentration verticale &#8211; les livres publi&#233;s par les maisons d'&#233;dition de Quebecor Media Inc., imprim&#233;s par Quebecor World, re&#231;oivent des critiques &#233;logieuses sur la cha&#238;ne de Quebecor, TVA, ou dans les colonnes du &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al, &lt;/i&gt;puis sont mis de l'avant dans les vitrines de la cha&#238;ne de librairies Archamabault, propri&#233;t&#233; de Quebecor&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; L'empire Quebecor : Concentration verticale dans l'&#233;dition qu&#233;b&#233;coise &#187;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; - le groupe de Pierre-Karl P&#233;ladeau veut &#233;galement profiter du ph&#233;nom&#232;ne de concentration horizontale pour r&#233;duire les co&#251;ts de production de ses journaux. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plan de Qu&#233;becor&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche de la n&#233;gociation de la convention collective des employ&#233;s du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; lui permet de poser les jalons de sa nouvelle gestion qui s'appuierait sur une &#171; multi-plateforme &#187; d'&#233;changes de contenus r&#233;dactionnels entre les divers m&#233;dias du groupe. Au moment des premi&#232;res rencontres avec les syndicats, en septembre 2006, la direction d&#233;pose ses exigences qui sont autant de reculs dans les conditions de travail des employ&#233;s du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;et dans la qualit&#233; de l'information fournie&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Quebecor veut imposer une augmentation de la dur&#233;e de travail hebdomadaire, de 32h30 en 4 jours (ce qui est la norme dans les autres grands journaux francophones du Qu&#233;bec, tels que &lt;i&gt;La Presse, Le Journal de Montr&#233;al &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;Le Soleil)&lt;/i&gt; &#224; 37h30 en cinq sans compensation salariale, soit un recul des salaires de plus de 17%. L'employeur d&#233;sire &#233;galement hausser de 600% la part pay&#233;e par les salari&#233;s pour les assurances collectives. Pour les employ&#233;s de la r&#233;daction, le plan de Quebecor pr&#233;voit l'ajout de t&#226;ches aux journalistes comme la prise de photos, d'extraits sonores et le tournage d'images, destin&#233;s &#224; alimenter le futur site internet et les autres supports du groupe. Il pr&#233;conise la fusion des &#171; pupitres &#187; Sport et G&#233;n&#233;ral, et demande le droit pour la direction de reprendre le contenu du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;pour alimenter tous les m&#233;dias de Quebecor et inversement. Ce qui se traduirait par un gel des embauches de journalistes (alors m&#234;me que le &lt;i&gt;Journal du Qu&#233;bec&lt;/i&gt; se battait d&#233;j&#224; avec moins de journalistes que son concurrent direct, &lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt;) et aurait pour cons&#233;quence l'uniformisation d'une information d&#233;j&#224; peu diversifi&#233;e. Les employ&#233;s de bureau sont eux aussi particuli&#232;rement g&#226;t&#233;s puisque la direction veut &#233;liminer de leur convention collective les restrictions sur la sous-traitance, afin de transf&#233;rer, par exemple, le service des petites annonces de Qu&#233;bec &#224; Kanata, dans la banlieue d'Ottawa. Cette modification entra&#238;nerait la suppression de 39 emplois sur 68, soit 57% des effectifs de bureau. Enfin, les travailleurs de l'imprimerie voient certaines de leurs t&#226;ches transf&#233;rer &#224; la r&#233;daction (comme la mise en page des pages r&#233;dactionnelles) et doivent accepter la sous-traitance d'une partie du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#224; d'autres imprimeries moins co&#251;teuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pr&#233;paratifs de Qu&#233;becor&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois syndicats concern&#233;s (r&#233;daction, bureau, imprimerie) rejettent ce &#171; &lt;i&gt;plan de terrorisme &#233;conomique &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Denis Bolduc, porte-parole des trois syndicats, MediaMatinQu&#233;bec, f&#233;vrier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;quand, le 24 f&#233;vrier 2007, 98% du personnel de bureau, 99% des employ&#233;s de l'imprimerie et 100% de la r&#233;daction refusent les &#171; propositions &#187; patronales. Quelques semaines plus tard, ils d&#233;posent une contre-offre globale &#224; laquelle la direction ne daigne pas r&#233;pondre. L'hostilit&#233; des employ&#233;s &#224; cette nouvelle convention collective n'est certes pas une surprise pour Quebecor qui, depuis des mois, pr&#233;pare ses arri&#232;res en pr&#233;vision d'un conflit. Ainsi, d&#232;s septembre 2006, le &lt;i&gt;Journal &lt;/i&gt;embauche 14 cadres, quelques jours avant la date limite pour qu'ils ne soient pas consid&#233;r&#233;s comme des briseurs de gr&#232;ve &lt;i&gt;(&lt;/i&gt;des &lt;i&gt;scabs)&lt;/i&gt;, advenant un conflit. Le 14 d&#233;cembre 2006, le quotidien &lt;i&gt;La Presse &lt;/i&gt;rend compte d'un courriel d'une responsable du &#171; contenu r&#233;daction &#187; des hebdomadaires du groupe Quebecor ; dat&#233;e du 17 novembre, cette missive secr&#232;te vise &#224; recruter des chefs de service qui s'implanteraient &#224; Toronto pour produire le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;une fois le conflit d&#233;clench&#233;. Une salle de presse fant&#244;me est alors mont&#233;e au troisi&#232;me &#233;tage du &lt;i&gt;Toronto Sun &lt;/i&gt;et des contacts sont nou&#233;s avec une imprimerie du nord de Montr&#233;al. Ces menues pr&#233;cautions prises, le terrain est balis&#233; pour lancer les hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lock-out&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 avril 2007 au matin, une compagnie de s&#233;curit&#233; installe des barri&#232;res anti-&#233;meutes autour de l'&#233;difice du journal et appose un panneau devant la porte d'entr&#233;e pour annoncer que la direction de l'entreprise d&#233;cr&#232;te le lock-out des employ&#233;s de bureau et de la r&#233;daction. Quelques heures plus tard, par solidarit&#233; avec leurs coll&#232;gues, le personnel de l'imprimerie vote la gr&#232;ve dans une proportion de 97%. Le &#171; lock-out &#187; est le jouet pr&#233;f&#233;r&#233; de Pierre-Karl qui en a fait son principal instrument de gestion des salari&#233;s de Quebecor Media. Entre 1994 et 2007, pas moins de 12 lock-out ont &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;s par le groupe : Videotron en 2002, TVA Montr&#233;al en juillet 2003, le &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al, &lt;/i&gt;en 2004 et 2006 etc. La m&#233;thode est simple : elle consiste &#224; mettre les employ&#233;s &#224; la rue au moment des n&#233;gociations des conventions collectives pour les forcer &#224; faire des concessions. Au total, le 22 avril au soir, ce sont 252 salari&#233;s du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;qui sont lock-out&#233;s ou en gr&#232;ve (68 employ&#233;s au bureau, 115 &#224; l'imprimerie et 69 &#224; la r&#233;daction). Quebecor esp&#232;re avoir ses salari&#233;s &#224; l'usure et il faut dire que l'histoire des conflits du travail au &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec, &lt;/i&gt;lui permet de nourrir quelques espoirs en ce sens : en 40 ans d'existence, le quotidien n'avait pas connu le moindre jour de gr&#232;ve. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;contre le &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt; &lt;/i&gt;	&lt;br /&gt;
Mais cette fois, les salari&#233;s sont d&#233;cid&#233;s &#224; tenir t&#234;te &#224; leur patron et optent pour un moyen de pression original, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre d'une efficacit&#233; absolue. Le 24 avril, le personnel prend la direction par surprise en lan&#231;ant &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec, &lt;/i&gt;un quotidien gratuit tir&#233; &#224; 40 000 exemplaires, afin de concurrencer le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;qui continue de para&#238;tre malgr&#233; le lock-out et la gr&#232;ve. Tandis que l'impression est confi&#233;e &#224; une entreprise install&#233;e &#224; Mirabel, dans le nord de Montr&#233;al, des cadres install&#233;s &#224; Toronto en assurent le contenu r&#233;dactionnel. Ils sont assist&#233;s par des salari&#233;s des agences de presse Nomade et Keystone que le syndicat consid&#232;re comme des &lt;i&gt;scabs&lt;/i&gt; (Briseurs de gr&#232;ve)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commission des relations du travail doit se prononcer bient&#244;t sur ce point.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est insolite : depuis plus d'un an, &lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec, &lt;/i&gt;&#171; Made in Toronto &#187;, imprim&#233; &#224; Mirabel, affronte &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec, &lt;/i&gt;quotidien gratuit&lt;i&gt; &lt;/i&gt;publi&#233; par le personnel du &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec, &lt;/i&gt;sur fond de combats judiciaires. D&#232;s le 26 avril 2007, Quebecor saisit la Cour Sup&#233;rieur du Qu&#233;bec pour faire interdire la publication du quotidien gratuit. L'entreprise est d&#233;bout&#233;e. A leur tour, les syndicats ripostent en accusant le g&#233;ant qu&#233;b&#233;cois de bafouer la &#171; loi &lt;i&gt;anti-scabs &#187;&lt;/i&gt; de 1977 qui interdit aux employeurs d'avoir recourt &#224; des travailleurs de remplacement en p&#233;riode de conflit du travail. Ils d&#233;posent une plainte en novembre 2007 contre 17 personnes qui ne travaillaient pas avec le &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;avant le lock-out. Le jugement est attendu dans les semaines &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec &lt;/i&gt;d&#233;tient d&#233;sormais plusieurs records : celui du conflit le plus long de l'histoire de la presse francophone en Am&#233;rique du Nord ; celui du journal le plus longtemps publi&#233; sans journalistes (ou presque&#8230;) au Qu&#233;bec. L'accueil favorable r&#233;serv&#233; par la population de Qu&#233;bec &#224; M&#233;diaMatinQu&#233;bec met en avant la crainte largement partag&#233;e d'une &#233;rosion de l'information locale et r&#233;gionale. La publication du quotidien gratuit a permis de modifier le rapport de force entre patrons de presse et salari&#233;s. Il reste que les recettes d&#233;gag&#233;es par le gratuit ne permettent pas de payer les employ&#233;s lock-out&#233;s ou gr&#233;vistes qui continuent de vivre des prestations de leur syndicat et de la solidarit&#233; des autres syndicats canadiens, comme le Syndicats des M&#233;tallos qui leur a accord&#233; un pr&#234;t de 700 000$ &#224; taux z&#233;ro. De surcro&#238;t, lutter contre la marchandisation de l'information en publiant un journal gratuit, certes surtout financ&#233; par le syndicat, mais aussi par la publicit&#233; est, pour le moins, paradoxal. Mais surtout l'impact financier (perte de lecteurs, perte de recettes publicitaires pour &lt;i&gt;Le Journal de Qu&#233;bec&#8230;&lt;/i&gt;) de &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec &lt;/i&gt;n'est pas suffisant pour faire vaciller un g&#233;ant comme Quebecor Media. Apr&#232;s quinze mois de conflit, la direction n'a toujours pas entreb&#226;ill&#233; de porte de sortie et s'appr&#234;terait m&#234;me &#224; lancer un quotidien gratuit &#224; Qu&#233;bec destin&#233; &#224; couler le journal des lock-out&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Soleil, 13 juin 2008&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; qui, de leur c&#244;t&#233;, n'ont pas baiss&#233; les bras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une le&#231;on adress&#233;e &#224; tous ceux qui, en France comme au Qu&#233;bec, r&#234;vent d'harmonie entre la libert&#233; d&#233;mocratique d'informer et la libert&#233; capitaliste d'entreprendre et d'exploiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Br&#233;ville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. : R&#233;unis en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale le mercredi 2 juillet, les syndiqu&#233;s ont vot&#233; en faveur de l'entente de principe intervenue la nuit pr&#233;c&#233;dente entre la partie patronale et l'ex&#233;cutif syndical du quotidien de Quebecor. D'autres infrormations &#224; suivre. (Acrimed, le 3 juillet 2008)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2420.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'empire Quebecor : Concentration verticale dans l'&#233;dition qu&#233;b&#233;coise &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Denis Bolduc, porte-parole des trois syndicats, &lt;i&gt;MediaMatinQu&#233;bec, &lt;/i&gt;f&#233;vrier 2008, &#171; cahier sp&#233;cial &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Commission des relations du travail doit se prononcer bient&#244;t sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Soleil, &lt;/i&gt;13 juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>JT de France 3 : gr&#232;ve de l'information sur une gr&#232;ve &#224; la SNCF</title>
		<link>https://www.acrimed.org/JT-de-France-3-greve-de-l-information-sur-une-greve-a-la-SNCF</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/JT-de-France-3-greve-de-l-information-sur-une-greve-a-la-SNCF</guid>
		<dc:date>2006-12-18T07:17:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Br&#233;ville</dc:creator>


		<dc:subject>France 3</dc:subject>
		<dc:subject>Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Micro-trottoirs</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ves</dc:subject>
		<dc:subject>Sur le vif</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un cas banal, un cas d'&#233;cole.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mouvements-de-2004-a-2006-" rel="directory"&gt;Mouvements de 2004 &#224; 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-3-+" rel="tag"&gt;France 3&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journaux-televises-114-+" rel="tag"&gt;Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Micro-trottoirs-+" rel="tag"&gt;Micro-trottoirs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Greves-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sur-le-vif-+" rel="tag"&gt;Sur le vif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;JT r&#233;gional Paris IDF de France 3. 19/20. 15 d&#233;cembre 2006. Reportage de 1'39'' sur la gr&#232;ve SNCF de la gare Saint-Lazare. Un cas banal, un cas d'&#233;cole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le reportage s'ouvre sur une voix off : &lt;i&gt;&#171; La mine des usagers en dit long sur leur quotidien : cinqui&#232;me jour de gr&#232;ve &#224; la SNCF, cinqui&#232;me jour de gal&#232;re pour les usagers franciliens &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, d'embl&#233;e, le traditionnel micro-trottoir des usagers m&#233;contents : &lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Un usager :&lt;i&gt;&#171; &#199;a suffit, y'en a marre. Mais bon, on fait comme tout le monde quoi &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Une usag&#232;re :&lt;i&gt; &#171; On en a ras-le-bol. On pense qu'ils sont super privil&#233;gi&#233;s et que nous on a pas autant de privil&#232;ges qu'eux et on voit pas pourquoi c'est &#224; nous qu'on s'en prend &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Un autre : &lt;i&gt;&#171; On est solidaires des gr&#233;vistes. Mais l&#224;, on d&#233;passe les limites. Franchement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voix off : &lt;i&gt;&#171; Hier, les cheminots emmen&#233;s par le syndicat Sud Rail ont vot&#233; la reconduction de la gr&#232;ve. Alors que la situation est revenue &#224; la normale sur la quasi-totalit&#233; du territoire, &#224; Saint-Lazare le blocage persiste. Ce matin, 65% du trafic est assur&#233; mais les usagers ont de plus en plus le sentiment d'&#234;tre ignor&#233;s &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis nouveau micro-trottoir :&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Une usag&#232;re : &#171; &lt;i&gt;C'est vrai qu'on comprend pas forc&#233;ment pourquoi la gr&#232;ve dure si longtemps. On se demande aussi pourquoi on ne met pas en place le service minimum &#187; &lt;/i&gt;[alors que tout de m&#234;me 65% du trafic est assur&#233;. Qu'est-ce que le service minimum pour France 3 ? 90% ? L'interdiction de la gr&#232;ve ?]&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Un usager : &lt;i&gt;&#171; Le truc, c'est qu'on sait m&#234;me pas pourquoi ils font la gr&#232;ve. On n'est pas au courant et je trouve &#231;a un peu du n'importe quoi &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas gr&#226;ce &#224; ce reportage qu'il va comprendre les raisons de la gr&#232;ve puisque le journaliste s'av&#232;re incapable de recueillir des informations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voix off : &#171; &lt;i&gt; &#192; l'origine du conflit, les changements de service li&#233;s au passage aux heures d'hiver. Les agents r&#233;clament 20 minutes de pause syst&#233;matique toutes les deux heures.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Pour le reste, difficile d'en savoir plus : les syndicats se refusent &#224; tout commentaire.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Quant &#224; la direction de la SNCF, elle craint de jeter de l'huile sur le feu. Le mouvement a &#233;t&#233; reconduit jusqu'&#224; lundi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&#171; Difficile d'en savoir plus &#187; ? Un alibi commode pour n'avoir rien &#224; expliquer. &#171; Les syndicats se refusent &#224; tout commentaire &#187; ? Et m&#234;me &#224; toute explication ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En v&#233;rit&#233;, la gr&#232;ve de l'information sur les motifs de la gr&#232;ve se double opportun&#233;ment d'une gr&#232;ve du z&#232;le sur les r&#233;actions d'usagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur 1 minute et 39 secondes de reportage, 9 secondes, soit deux phrases, ont &#233;t&#233; consacr&#233;es aux revendications des gr&#233;vistes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Br&#233;ville&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
