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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Devenir journalistes : introductions au d&#233;bat</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Devenir-journalistes-introductions-au-debat</link>
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		<dc:date>2001-12-31T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Ruellan, Dominique Marchetti</dc:creator>


		<dc:subject>Formation de journalistes</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;bats d'Acrimed</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les conditions d'entr&#233;e dans la profession&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Formations-au-journalisme-" rel="directory"&gt;Formations au journalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Formation-de-journalistes-+" rel="tag"&gt;Formation de journalistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats d'Acrimed&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Jeudi 6 d&#233;cembre 2001, Acrimed organisait un d&#233;bat introduit par Dominique Marchetti et Denis Ruellan, &lt;br class='autobr' /&gt;
auteurs de &#034;Devenir journalistes. Sociologie de l'entr&#233;e sur le march&#233; du travail&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, La Documentation fran&#231;aise-DDM-CRAP, septembre 2001, 167 p., 131,19 F (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourra lire ici successivement les contributions de Denis Ruellan et de Dominique Marchetti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation de Denis Ruellan &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Professeur &#224; l'IUT de Lannion et chercheur au Centre de recherches (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re partie de l'ouvrage analyse le profil professionnel des nouveaux titulaires de la carte. La base de donn&#233;es informatis&#233;es de la Commission de la carte ne m&#233;morise pas d'informations sur l'origine des journalistes (&#233;tudes, parcours). Il a donc fallu choisir deux cohortes (1990 et 1998), &#233;tablir des &#233;chantillons (tirage au cinqui&#232;me) et consulter les dossiers individuels pour appliquer une grille d'extraction de donn&#233;es. L'&#233;tude r&#233;v&#232;le combien devenir journaliste peut &#234;tre difficile et &#224; quel point les bagages pour y parvenir sont divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Hommes et femmes : des clivages d&#232;s le d&#233;but&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#224; peu pr&#232;s autant d'hommes et des femmes entrant dans la profession (51,9 % contre 48,1 %). On ne note pas de diff&#233;rence tr&#232;s marqu&#233;e en ce qui concerne l'&#226;ge, les revenus ou le statut de pigiste. En revanche, des clivages apparaissent &#224; trois niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, celui de la formation. Les cohortes f&#233;minines sont plus dipl&#244;m&#233;es que leurs homologues masculines. Bien que l'&#233;cart entre les deux se r&#233;duise un peu, les femmes ont en moyenne en 1998, 3,3 ann&#233;es d'&#233;tudes apr&#232;s le bac contre 2,5 ann&#233;es pour les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite celui de la division des m&#233;tiers. Les femmes sont plus souvent secr&#233;taires de r&#233;dactions alors que les hommes occupent majoritairement les emplois de reporters et de JRI (journaliste reporter d'image).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, celui de la r&#233;partition par m&#233;dia. Les femmes sont plus nombreuses dans les m&#233;dias sp&#233;cialis&#233;s (qui offrent pr&#232;s de 47 % emplois au total) des tandis que les hommes sont plus pr&#233;sents dans les m&#233;dias r&#233;gionaux et dans l'audiovisuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Vari&#233;t&#233; des fili&#232;res et des niveaux d'&#233;tude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;l&#233;vation du niveau moyen de formation est r&#233;elle, mais malgr&#233; tout modeste : on passe de Bac +2,6 &#224; Bac +2,9 entre 1990 et 1998. Les non titulaires du baccalaur&#233;at se rar&#233;fient et ceux qui poss&#232;dent un dipl&#244;me inf&#233;rieur ou &#233;gal &#224; Bac +2 repr&#233;sentent d&#233;sormais deux journalistes sur cinq. Les journalistes ayant un niveau &#233;gal ou sup&#233;rieur &#224; Bac+3 constituent, quant &#224; eux, 61 % de la cohorte de 1998. Globalement, le niveau de formation est plus &#233;lev&#233; en Ile-de-France (o&#249; il est stable) qu'en province (o&#249; l'&#233;l&#233;vation est nette entre 1990 et 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possession d'un dipl&#244;me de niveau &#233;lev&#233; ne constitue pas une garantie de carri&#232;re, ni de meilleure r&#233;mun&#233;ration (sauf pour les tr&#232;s dipl&#244;m&#233;s). N&#233;anmoins, elle pr&#233;dispose &#224; occuper un emploi dans les m&#233;dias nationaux d'information g&#233;n&#233;rale (presse quotidienne et magazine, audiovisuel) et dans la presse technico-professionnelle (qui recherche les profils les plus &#233;lev&#233;s et qui r&#233;mun&#232;re le mieux). Inversement, une moindre formation conduit &#224; int&#233;grer plus fr&#233;quemment les m&#233;dias de proximit&#233; (presses quotidienne et hebdomadaire r&#233;gionales ; radios et t&#233;l&#233;visions locales) ; les bas salaires y sont aussi plus nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cursus suivis sont tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes. Dominent ceux qui sont en information-communication (dont les formations publiques au journalisme) pour pr&#232;s d'un quart des nouveaux entrants ainsi que ceux en lettres et en langues pour pr&#232;s d'un cinqui&#232;me. Se distinguent ensuite quatre ensembles, regroupant chacun entre 10 &#224; 15 % des dipl&#244;m&#233;s : les sciences humaines et sociales ; le droit et la science politique ; l'&#233;conomie-gestion et le commerce et enfin les formations en sciences de la vie et de la mati&#232;re, en sant&#233; et les formations techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La formation professionnelle toujours rare&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disposer d'une formation professionnelle initiale longue (de une &#224; trois ann&#233;es) est encore assez peu fr&#233;quent : 16,2 % en 1990 ; 22,9 % en 1998, toutes &#233;coles confondues, agr&#233;&#233;es ou non (en moyenne, les &#233;coles agr&#233;&#233;es ne fournissent que 12 % des emplois, ce qui explique la lenteur de la progression de ces dipl&#244;m&#233;s dans la population g&#233;n&#233;rale) et pr&#233;destine &#224; des emplois dans des m&#233;dias qui varient selon la notori&#233;t&#233; de l'&#233;cole. Les formations les plus r&#233;put&#233;es conduisent plut&#244;t vers les m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes nationaux et audiovisuels &#224; forte visibilit&#233; tandis que les formations les plus r&#233;centes ouvrent plut&#244;t sur la presse r&#233;gionale et sp&#233;cialis&#233;e. Certaines entreprises, &#224; forte notori&#233;t&#233;, ne recrutent presque plus que des dipl&#244;m&#233;s des &#233;coles agr&#233;&#233;es, alors des secteurs entiers n'y ont presque jamais recours (la presse sp&#233;cialis&#233;e, pourtant premier secteur de recrutement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une forte pr&#233;carit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans la population g&#233;n&#233;rale des journalistes, le taux de salari&#233;s &#224; la pige s'est probablement accru, passant de 27,7 % &#224; 31,2 %. L'absence de dipl&#244;me universitaire semble induire une pr&#233;carit&#233; plus grande. Cependant, dans certains secteurs &#224; forte notori&#233;t&#233; et donc plus recherch&#233;s, on peut disposer d'une solide formation, universitaire et professionnelle, et &#234;tre pigiste durant plusieurs ann&#233;es. C'est le cas dans l'audiovisuel et dans les m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes. Il est en effet n&#233;cessaire d'int&#233;grer un &#034; vivier &#034; constitu&#233; de jeunes en position pr&#233;caire (stages, piges, CDD, statuts impropres) avant de trouver ensuite un emploi stable, ran&#231;on de l'acceptation de cette phase qui permet aux employeurs d'observer les qualit&#233;s de jeunes journalistes (comp&#233;tences et adaptation &#224; l'entreprise). Les revenus des salari&#233;s &#224; la pige sont plus modestes et ont l&#233;g&#232;rement r&#233;gress&#233; en moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;carit&#233; durant la phase d'entr&#233;e dans la profession explique l'un des constats les plus surprenants de l'&#233;tude : l'&#226;ge &#233;lev&#233; au moment de l'acquisition de la carte. Il est de 31 ans en moyenne et a paru augmenter au cours de la d&#233;cennie ; par contre, avoir suivi une formation professionnelle longue permet d'entrer beaucoup plus t&#244;t (en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale entre 25 et 27 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation de Dominique Marchetti &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sociologue CNRS au Centre de recherches administratives et politiques (CRAP, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;sentation s'appuie sur une enqu&#234;te collective r&#233;alis&#233;e en 1999 et 2000 avec plusieurs coll&#232;gues et principalement sur notre contribution consacr&#233;e aux conditions d'entr&#233;e sur les march&#233;s du travail journalistique publi&#233;e dans l'ouvrage &lt;i&gt;Devenir journalistes. Sociologie de l'entr&#233;e sur le march&#233; du travail journalistique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le volet de l'ouvrage s'est appuy&#233; sur une s&#233;rie de quarante entretiens avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'id&#233;e &#233;tait tout d'abord d'apporter un &#034; plus &#034; par rapport aux enqu&#234;tes traditionnelles sur les statistiques de la Commission de la carte. C'&#233;tait aussi comprendre les transformations r&#233;centes du journalisme en consid&#233;rant les journalistes avant tout comme des travailleurs &#034; comme les autres &#034; au sens o&#249; ils sont des employ&#233;s d'entreprises ou &#224; leur compte. Cet aspect n'a jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement trait&#233; par les sociologues qui se sont int&#233;ress&#233;s &#224; ce terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des enseignements majeurs de ce travail est la grande diversit&#233; qui caract&#233;rise non seulement le groupe professionnel, comme le montrent les analyses des caract&#233;ristiques sociod&#233;mographiques et des parcours des nouveaux entrants, mais aussi le march&#233; du travail, notamment tel qu'il se pr&#233;sente pour les jeunes journalistes. Celle-ci renvoie aux restructurations du march&#233; &#233;conomique des m&#233;dias, du fait principalement de la mont&#233;e des m&#233;dias audiovisuels et des m&#233;dias sp&#233;cialis&#233;s, et plus largement des changements qui ont affect&#233; les diff&#233;rents espaces sociaux dont les m&#233;dias rendent compte. L'espace journalistique fran&#231;ais n'est pas &#034; &#233;clat&#233; &#034; au sens o&#249; il s'agit d'un champ, c'est-&#224;-dire qu'il a une unit&#233; - ses propres logiques, enjeux, rapports de force, sa propre histoire, etc. - et que les diff&#233;rents sous univers qui le composent sont en relation les uns avec les autres. Par exemple, ce qui se passe dans certains m&#233;dias sp&#233;cialis&#233;s en &#233;conomie peut avoir des effets sur des m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes au travers de leurs rubriques &#233;conomiques. Mais en m&#234;me temps, il n'en demeure pas moins que ces sous espaces ont des caract&#233;ristiques diverses, des logiques de fonctionnement relativement autonomes. Ainsi, les sous espaces de presses sp&#233;cialis&#233;es sont tr&#232;s diff&#233;rents sous plusieurs rapports de celui des m&#233;dias nationaux d'information g&#233;n&#233;rale et politique. A travers cette enqu&#234;te, il ne s'agissait donc pas de pr&#233;tendre rendre compte du champ journalistique dans son ensemble mais seulement d'apporter une contribution &#224; son analyse en se focalisant sur les march&#233;s du travail. Il est bien &#233;vident que certains d'entre eux - les m&#233;dias nationaux d'information g&#233;n&#233;rale ou politique ou certains types de presse sp&#233;cialis&#233;e notamment - ont &#233;t&#233; privil&#233;gi&#233;s au d&#233;triment d'autres, notamment locaux qui demanderaient des enqu&#234;tes sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rompant avec les expressions trop vagues et trop g&#233;n&#233;rales de &#034; journalisme &#034;, de &#034; presse &#034; ou de &#034; m&#233;dias &#034;, cette recherche permet en premier lieu de mieux caract&#233;riser certains principes g&#233;n&#233;raux de structuration des march&#233;s du travail : les lieux de production, montrant la forte centralisation des emplois &#224; Paris ; les publics auxquels s'adressent les m&#233;dias, qu'ils soient g&#233;n&#233;ralistes ou sp&#233;cialis&#233;s, nationaux ou locaux ; les types de m&#233;dias, qui repr&#233;sentent autant de march&#233;s ayant des tailles tr&#232;s variables, la mobilit&#233; de l'un &#224; l'autre (par exemple entre les m&#233;dias audiovisuels et la presse &#233;crite) &#233;tant par ailleurs tr&#232;s relative. L'&#233;tude du march&#233; des entreprises de presse donne aussi &#224; voir l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des r&#233;dactions. La taille, la pyramide des &#226;ges, le taux de rotation des effectifs, la r&#233;partition par statuts (stagiaires, piges, CDD, contrats de qualification, CDI) ou encore les m&#233;tiers sont autant de variables permettant de distinguer les r&#233;dactions les unes par rapport aux autres. Les changements de l'&#233;conomie g&#233;n&#233;rale du secteur des m&#233;dias (concentration des entreprises, diversification et externalisation des activit&#233;s notamment), l'arriv&#233;e de nouvelles technologies ou encore par exemple des transformations de la population g&#233;n&#233;rale des journalistes (augmentation sans pr&#233;c&#233;dent du nombre de professionnels, notamment des pigistes, rajeunissement, f&#233;minisation, &#233;l&#233;vation du niveau d'&#233;tudes, etc.) ont consid&#233;rablement modifi&#233; en l'espace de vingt ans les march&#233;s du travail. L'un des traits les plus remarquables est probablement l'intensification de la concurrence &#224; la fois entre les journalistes, notamment les nouveaux entrants, et bien &#233;videmment entre les entreprises. La mont&#233;e de la pr&#233;carit&#233; et la s&#233;lectivit&#233; de plus en plus forte des concours des principales &#233;coles professionnelles sont deux indicateurs qui r&#233;v&#232;lent bien ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette enqu&#234;te montre en deuxi&#232;me lieu les transformations des conditions d'entr&#233;e sur ce march&#233; sous plusieurs aspects. Elle met tout particuli&#232;rement en &#233;vidence le renforcement des &#034; sas &#034; d'entr&#233;e (stages, piges, etc.), qui constituent tout &#224; la fois des exp&#233;riences et des mises &#224; l'&#233;preuves obligatoires - synonymes bien souvent de pr&#233;carit&#233; - pour les jeunes journalistes, avant d'esp&#233;rer l'acquisition d'un emploi plus stable. Ce constat vient d'ailleurs d&#233;montrer une fois encore que si la formation professionnelle est un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant dans l'acc&#232;s &#224; certains emplois, la socialisation en entreprise ou la formation &#034; sur le tas &#034; demeure essentielle aux yeux des cadres dirigeants charg&#233;s de recruter. Les r&#233;dactions &#034; locales &#034; ou certains services (tout particuli&#232;rement celui dit des &#034; Informations g&#233;n&#233;rales &#034; dans le cas de la presse quotidienne nationale) constituent pour eux des &#034; centres de formation &#034;. Par ailleurs, l'analyse met au jour la mont&#233;e en puissance concomitante des logiques professionnelles et &#233;conomiques. En effet, la mise en place de proc&#233;dures de recrutement de plus en plus organis&#233;es et s&#233;lectives, qui peut aller parfois, notamment dans certains grands groupes &#224; l'importation de m&#233;thodes de gestion du personnel nouvelles pour cet univers professionnel, met en lumi&#232;re ce double processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, cette enqu&#234;te par entretiens permet de d&#233;gager les &#034; attentes &#034; des employeurs r&#233;v&#233;lant &#224; la fois leur unit&#233; et leur diversit&#233;. Le niveau ou le type de formation (notamment professionnelle), les exp&#233;riences ant&#233;rieures, les affinit&#233;s entre le nouvel entrant et l'entreprise dans laquelle il postule ou encore l'affirmation de &#034; valeurs &#034; professionnelles (la &#034; passion &#034;, la &#034; motivation &#034; par exemple) sont des crit&#232;res jug&#233;s majeurs. S'agissant des comp&#233;tences professionnelles attendues par les employeurs, on voit bien comment elles varient entre un p&#244;le sp&#233;cialis&#233; et un p&#244;le g&#233;n&#233;raliste selon les m&#233;dias. De surcro&#238;t, l'analyse des entretiens fait &#233;merger les difficult&#233;s de certaines entreprises - notamment les m&#233;dias nationaux d'information g&#233;n&#233;rale et politique - &#224; trouver, du fait d'une relative homog&#233;n&#233;isation de leur recrutement, une plus grande diversit&#233; des origines et des trajectoires parmi les jeunes journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on observe les relations entre les march&#233;s des formations professionnelles et de l'emploi, on voit bien comment les &#233;coles de journalisme agr&#233;&#233;es constituent &#224; des degr&#233;s divers un des march&#233;s privil&#233;gi&#233;s pour les m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes mais beaucoup moins pour les m&#233;dias sp&#233;cialis&#233;s en plein d&#233;veloppement. Par ailleurs, si la part des journalistes ayant suivi des formations professionnelles agr&#233;&#233;es peut para&#238;tre faible, elle cache en fait une mont&#233;e croissante des jeunes entrants pass&#233;s par des formations initiales ou continues au journalisme et une adaptation croissante de ses formations &#224; une partie de la demande des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de s'en tenir &#224; la seule entr&#233;e sur le march&#233; professionnel, cette enqu&#234;te donne &#224; voir en dernier lieu la difficile &#034; gestion des carri&#232;res &#034; des journalistes, qui repr&#233;sente l'un des probl&#232;mes majeurs des entreprises m&#233;diatiques aujourd'hui. Certains cadres dirigeants interrog&#233;s mettent en m&#234;me temps en exergue leurs difficult&#233;s &#224; trouver des &#034; encadrants &#034; - auxquels il est demand&#233; d'autres types de comp&#233;tences, tout particuli&#232;rement des capacit&#233;s &#224; &#034; animer &#034; des &#233;quipes r&#233;dactionnelles - et &#224; r&#233;pondre aux &#034; attentes &#034; d'&#233;volutions de carri&#232;re de leurs journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la lecture de ces diff&#233;rents constats, il reste maintenant &#224; comprendre quelles sont les sp&#233;cificit&#233;s du march&#233; du travail journalistique par rapport &#224; d'autres et quels sont les effets de ses transformations r&#233;centes sur la production de l'information.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paris, La Documentation fran&#231;aise-DDM-CRAP, septembre 2001, 167 p., 131,19 F - 20 Euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Professeur &#224; l'IUT de Lannion et chercheur au Centre de recherches administratives et politiques (CRAP, Rennes).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sociologue CNRS au Centre de recherches administratives et politiques (CRAP, Rennes).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le volet de l'ouvrage s'est appuy&#233; sur une s&#233;rie de quarante entretiens avec des cadres dirigeants, charg&#233;s du recrutement au sein des entreprises m&#233;diatiques, et des responsables de formations au journalisme. Une partie des entretiens utilis&#233;s tir&#233;s de cette enqu&#234;te ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s par Val&#233;rie Devillard, Marie-Fran&#231;oise Lafosse et par nos soins. Christine Leteinturier, Remy Rieffel et Denis Ruellan ont &#233;galement particip&#233; &#224; cette s&#233;rie d'interviews. Qu'ils en soient ici remerci&#233;s. Nous tenons &#233;galement &#224; remercier la Commission la carte d'identit&#233; professionnelle des journalistes pour sa collaboration, la Direction du d&#233;veloppement des m&#233;dias (DDM) pour son concours et l'ensemble des journalistes qui ont bien voulu r&#233;pondre &#224; nos questions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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