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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Comment la finance contr&#244;le le d&#233;bat &#233;conomique</title>
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		<dc:date>2011-11-28T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertrand Roth&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Connivences</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Experts&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Daniel Cohen</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#201;conomistes ou banquiers ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Connivences-+" rel="tag"&gt;Connivences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Experts-+" rel="tag"&gt;&#034;Experts&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Daniel-Cohen-+" rel="tag"&gt;Daniel Cohen&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune et avec l'accord de son auteur, un article paru le 16 novembre sur &lt;a href=&#034;http://www.marianne2.fr/BertrandRothe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le blog de Bertrand Roth&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise fait rage, mais le d&#233;bat n'avance pas. La seule solution qui &#233;merge, se serrer la ceinture pour payer les banques. Mais n'est ce pas la d&#233;finition m&#234;me de la crise : &lt;i&gt;&#171; quand le vieux se meurt et que le jeune h&#233;site &#224; na&#238;tre &#187;&lt;/i&gt; ? Sauf que cette fois la formule d'Antonio Gramsci ne fonctionne pas : les &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes, les Lordon, Sapir, Gr&#233;au&#8230; ont des solutions. Le vrai probl&#232;me : ils ne sont pas entendus. Est-ce surprenant ? La finance contr&#244;le le d&#233;bat &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y en a que pour les banquiers&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Qui nous a inform&#233; sur la crise cet &#233;t&#233; ? Essentiellement des banquiers. En ao&#251;t, dix articles du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; traitent du fond du probl&#232;me dans les pages d&#233;bat. Sur ces 10 articles, 16 citations proviennent d'individus li&#233;s aux institutions financi&#232;res, et 6 d'individus non li&#233;s directement &#224; la finance. 76,6 % de citations pour les financiers, c'est beaucoup pour les responsables de la crise. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; n'est pas le seul. Le 11 ao&#251;t, &lt;i&gt;Le Nouvel Obs&lt;/i&gt; titre sur : &lt;i&gt;&#171; Les incendiaires. Comment ils nous plong&#233; dans la crise &#187;&lt;/i&gt;. L&#224; encore les banquiers ne sont pas les incendiaires, mais les experts ! Anton Brender, autrefois r&#233;put&#233; de gauche, directeur des &#233;tudes &#233;conomiques de Dexia Asset Management &#8211; vu les performances de son entreprise, on s'attendrait &#224; davantage d'humilit&#233; &#8211;, dispose de deux pages pour clamer que : &lt;i&gt;&#171; Ce ne sont pas les march&#233;s qui sont en cause mais l'impuissance politique &#187;&lt;/i&gt;. G&#233;niale novlangue : les march&#233;s remplacent les banques, car ce sont elles qui sp&#233;culent contre l'euro. Mais comment un &#233;conomiste pourrait-il cracher dans la main qui le nourrit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les journalistes sont-ils si prompts &#224; gober pareilles mystifications ? Leur r&#233;ponse est invariable : &#171; On n'a pas le temps &#187;. Et c'est le g&#233;nie des banques de l'avoir compris, comme l'explique une journaliste de &lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Les banquiers savent r&#233;pondre vite, ils sont pay&#233;s pour &#231;a. Ce qui n'est pas le cas des universitaires qui r&#233;fl&#233;chissent, et dont les nuances sont difficiles &#224; retranscrire &#187;&lt;/i&gt;. Et c'est vrai, la pression est importante. Au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, une journaliste &#233;conomique a sign&#233; 29 articles au mois d'ao&#251;t, soit plus d'un par jour travaill&#233;, une autre en a sign&#233; 18, et ce n'est pas le journal le plus mal dot&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Sapir pense diff&#233;remment. Il distingue les journaux grand public, charg&#233;s de faire la p&#233;dagogie du lib&#233;ralisme, et les m&#233;dias &#233;conomiques pour lesquels l'information a une vraie valeur marchande et qui, paradoxalement, sont plus ouverts : en pleine crise, &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt; ont ainsi &#233;dit&#233; un suppl&#233;ment tr&#232;s int&#233;ressant sur le &#171; bon &#187; capitalisme. Comme le signale le journaliste Fran&#231;ois Ruffin (&lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;), &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, qui pose une &#8211; bonne &#8211; question : &lt;i&gt;&#171; L'inflation peut-elle r&#233;sorber les dettes publiques ? &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;ussit &#224; publier&#8230; six experts qui condamnent l'inflation, sans m&#234;me un autre son de cloche. La &lt;i&gt;Pravda&lt;/i&gt; n'aurait pas os&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus les banques ont compris que la presse est le m&#233;dia de r&#233;f&#233;rence. Les t&#233;l&#233;visions et les radios viennent y puiser leur inspiration. Ainsi, la t&#233;l&#233; permet aux banques de faire entendre leurs voix bien plus loin que le simple cercle des lecteurs. Une pierre, deux coups.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un enseignant peut cacher un suppl&#233;tif du syst&#232;me financier&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le syst&#232;me peut &#234;tre un peu plus complexe. Le 12 ao&#251;t, en pleine d&#233;route financi&#232;re, l'Autorit&#233; des march&#233;s financiers interdit la vente &#224; d&#233;couvert pendant quinze jours, pour v&#233;rifier si la d&#233;cision r&#233;duit la volatilit&#233; des march&#233;s. &#192; mi-parcours &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; enqu&#234;te. Verdict publi&#233; le 20 ao&#251;t : &lt;i&gt;&#171; La suspension des &#8220;ventes &#224; d&#233;couvert&#8221; ne permet par d'&#233;viter de lourdes chutes en Bourse &#187;&lt;/i&gt;. Cette fois-ci, c'est du s&#233;rieux, seul un banquier juge que l'&lt;i&gt;&#171; on ne peut pas arr&#234;ter tous les bandits &#187;&lt;/i&gt;. Chapeau ! La journaliste a interrog&#233; deux professeurs de l'Edhec, une des plus c&#233;l&#232;bres &#233;coles de gestion fran&#231;aises. Interdire les ventes &#224; d&#233;couvert est &lt;i&gt;&#171; au mieux d&#233;magogique, au pire dangereux &#187;&lt;/i&gt;. La messe est dite. Sauf que l'on d&#233;couvre, moyennant deux clics sur Google, que le laboratoire de ces deux sp&#233;cialistes est financ&#233; par la banque Rothschild. Et l&#224;, de clics en clics, on apprend que le m&#234;me labo vend de la formation aux professionnels&#8230; 2 000 &#8364; pour deux jours et par participant, logement non compris. Excusez du peu. Si vous avez dix &#233;l&#232;ves&#8230; &#192; ce prix-l&#224;, mieux vaut &#233;viter de se f&#226;cher avec ses clients. Les ventes &#224; d&#233;couvert sont tr&#232;s r&#233;mun&#233;ratrices pour les institutions financi&#232;res. On reste sur la Toile et l'on d&#233;couvre que l'un des experts est aussi le patron de l'Edhec, No&#235;l Armenc, pour lequel &lt;i&gt;&#171; le d&#233;bat entre march&#233; et science n'a pas lieu d'&#234;tre dans une grande &#233;cole de commerce ! &#187;&lt;/i&gt;. Circulez, pas de d&#233;bat. Dommage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Aucun n'est directement corrompu, mais la plupart sont pay&#233;s par les banques&#8230; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Reste la t&#233;l&#233;vision et la radio... L&#224; pas d'experts inconnus, pas de seconds couteaux, seules les stars sont invit&#233;es, comme Elie Cohen, que les cha&#238;nes se disputent, lui qui, en juin, nous expliquait que la crise &#233;tait derri&#232;re nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de ce genre de fantaisiste, pour avoir acc&#232;s &#224; ces m&#233;dias les banques prennent comme consultants des professeurs d'&#233;cole prestigieuses : Ulm, Sciences Po Paris, Dauphine et Polytechnique. Difficile de r&#233;sister. M&#234;me les plus grands ont accept&#233; cette compromission. Michel Aglietta, par exemple, conseille Groupama Asset Management. Lequel pr&#233;cise &#224; la fin de ses livres qu'il est r&#233;mun&#233;r&#233; par cette institution. Tout le monde ne le fait pas. Daniel Cohen, par exemple, signale tr&#232;s rarement qu'il travaille pour la banque Lazard. Il pr&#233;f&#232;re rappeler qu'il forme les futurs Jean-Paul Sartre de la rue d'Ulm, r&#233;servant son engagement chez Lazard aux lecteurs de &lt;i&gt;Challenges&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi se cacher quand on est entre amis ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour l'ordinaire, les institutions financi&#232;res embauchent des seconds r&#244;les. Anton Brender s'est retrouv&#233; directeur des &#233;tudes &#233;conomiques de Dexia, Jean Paul Betb&#232;ze s&#233;vit au Cr&#233;dit lyonnais, puis au Cr&#233;dit agricole. En choisissant de passer du c&#244;t&#233; obscur de la force, nos hommes sont moins demand&#233;s pour les grands m&#233;dias, mais ils vont pouvoir porter la bonne parole parmi les importants. Jean-Luc Gr&#233;au, qui a &#339;uvr&#233; pour le Medef, rappelle que le d&#233;bat &#233;conomique sert aussi &#224; prendre des d&#233;cisions politiques. Et l&#224; aussi les banquiers ont souhait&#233; &#234;tre pr&#233;sents. Sur les trois &#233;conomistes qui si&#232;gent au prestigieux Si&#232;cle, deux, Christian de Boissieu et Daniel Cohen, sont li&#233;s &#224; des banques et si&#232;gent au Conseil d'analyse &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Conseil d'analyse &#233;conomique, cr&#233;&#233; par Lionel Jospin, est aussi une citadelle imprenable de la plan&#232;te finance. L'enjeu est de taille. Le CAE conseille le Premier ministre. La finance monopolise cet acc&#232;s &#224; l'oreille du gouvernement. Sur les 28 membres, 19 sont directement ou indirectement li&#233;s &#224; la finance. La Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, le Cr&#233;dit agricole, HSBC et Natixis sont ainsi repr&#233;sent&#233;s directement par leurs subordonn&#233;s. On d&#233;couvre &#224; la lecture des CV des membres que l'on peut &#234;tre professeur &#224; Dauphine et conseiller du directoire de la Compagnie financi&#232;re Rothschild, comme Jean-Herv&#233; Lorenzi. Les jeunes ne sont pas en reste. Augustin Landier enseigne &#224; la Toulouse School of Economics, mais a aussi cr&#233;&#233; un hedge fund. &#192; Claire Derville, qui lui demandait si on avait raison de penser que les fonds sp&#233;culatifs avait foment&#233; cette crise, il r&#233;torque : &lt;i&gt;&#171; Non... Au contraire, en corrigeant les exc&#232;s des march&#233;s, ils contribuent &#224; les assainir. Mais c'est vrai qu'en &#233;tant oblig&#233; de liquider leurs positions&#8230;, ils ont amplifi&#233; la spirale baissi&#232;re. Ce sont les victimes collat&#233;rales de la crise du cr&#233;dit &#187;&lt;/i&gt;. Il fallait oser pr&#233;senter les fonds sp&#233;culatifs comme des victimes de la crise... Le pr&#233;sident du conseil a aussi ses pudeurs, et on le comprend, notre homme est gourmand, il ne mange pas &#224; un seul r&#226;telier. Le CV de Christian de Boissieu, qui affiche ses titres universitaires, ferait rougir de jalousie n'importe quel colonel de retour d'Afghanistan : &#233;conomiste de l'ann&#233;e, laur&#233;at &#224; deux reprises, puis des titres en anglais non traduits, total respect&#8230; Mais notre pr&#233;sident oublie de pr&#233;ciser qu'il conseille aussi un hedge fund, excusez du peu, du Cr&#233;dit agricole, qu'il si&#232;ge au conseil de surveillance d'une banque priv&#233;e, une paille, et la liste est encore plus longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on interroge les membres de cette institution sur les d&#233;rives que peut g&#233;n&#233;rer ce quasi monopole de la finance dans le CAE, la r&#233;ponse fuse : &lt;i&gt;&#171; On est libre, Patrick Artus propose par exemple d'augmenter les salaires depuis longtemps &#187;&lt;/i&gt;. L'institution accepte un ou deux trublions &#224; condition qu'ils ne mettent rien en cause d'essentiel. Au CAE et au Cercle des &#233;conomistes, c'est la fonction de Patrick Artus. L'homme est sans danger. Il a de nombreux fils &#224; la patte. Le directeur des &#233;tudes de la banque Natixis &#8211; aussi administrateur de Total, g&#233;n&#233;reusement pay&#233; 55 000 &#8364; par an pour sept r&#233;unions &#8211; ne se pr&#233;cipitera pas pour inviter &#224; la r&#233;volution, ni pour augmenter la fiscalit&#233; du CAC 40. Il s'est aussi vant&#233; de conseiller les dirigeants chinois dans des cercles priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#192; la soupe &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les banques sont les premiers employeurs d'&#233;conomistes. Les d&#233;bouch&#233;s pour les &#233;conomistes sont tr&#232;s r&#233;duits. Traditionnellement, l'enseignement arrivait en t&#234;te, et il existe quelques postes dans la fonction publique. Aujourd'hui, les banques ont &#233;norm&#233;ment augment&#233; leurs effectifs : dans les salles de march&#233;, les risques pays, les services marketing&#8230; Il est fr&#233;quent de passer du public au priv&#233;. Les conditions de travail sont meilleures, les salaires aussi, entre 4 000 &#8364; par mois pour un &#233;conomiste confirm&#233; et 15 000 &#8364; pour une star, bien plus qu'un agr&#233;g&#233; d'&#233;conomie en fin de carri&#232;re. Et voil&#224; nos &#233;conomistes dans le toboggan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, quand ils passent au priv&#233;, ils se jurent bien de ne pas changer. Sauf que Philippe Labarde, dans sa longue et belle carri&#232;re qui l'a men&#233; du service &#233;conomique du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; &#224; France Inter, se souvient d'&#233;volutions : &lt;i&gt;&#171; Quand celui&#8211;l&#224; travaillait dans un organisme public, il n'avait pas le m&#234;me discours que depuis qu'il dirige le service d'une grande banque &#187;&lt;/i&gt;. &#201;videmment personne n'a envie de revenir en arri&#232;re. Le paradoxe de cette histoire c'est que les &#233;conomistes ont invent&#233; un terme pour expliquer cette &#171; laisse &#187; qui n'annonce pas son nom. C'est &#224; Joseph Stiglitz que l'on doit le &#171; salaire d'efficience &#187;. Sa description est relativement simple : comment s'assurer de la fid&#233;lit&#233; de ses salari&#233;s ? Il suffit de les payer un peu au-dessus du march&#233;, et par peur de perdre ce petit avantage, ils fourniront un maximum d'efforts et se comporteront en chiens fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme d'habitude, c'est ceinture et bretelles, il est &#233;videmment interdit de dire du mal de son employeur, voire des clients de son employeur, &#233;tats ou autres. Le chemin est &#233;troit. Antoine Brunet, un ancien de chez HBC, nous affirme avoir sign&#233; une clause qui lui interdisait de publier des livres sans l'autorisation de sa hi&#233;rarchie. Il existe des cas de licenciements. Un &#233;conomiste que nous avons rencontr&#233; nous a expliqu&#233; sa situation : sa banque s'est s&#233;par&#233;e de lui pour avoir dit du mal de la Chine. Comme il a n&#233;goci&#233; son d&#233;part, il refuse que l'on cite son nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertrand Roth&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je tiens &#224; remercier Antoine Brunet, ancien &#233;conomiste de HSBC, Google, Philippe Labarde, ancien membre du Conseil sup&#233;rieur de l'audiovisuel, Fr&#233;d&#233;ric Lordon, du CNRS, Fran&#231;ois Ruffin de &lt;i&gt;Fakir&lt;/i&gt;, Jacques Sapir, de l'EHESS, Jean-Luc Gr&#233;au et ceux qui ont accept&#233; de me parler &#224; condition que je ne les cite pas pour &lt;i&gt;&#171; continuer &#224; &#234;tre invit&#233; dans les colloques &#187;&lt;/i&gt;, voire d'int&#233;grer un jour une banque. Sans eux, je n'aurais pas pu &#233;crire cet article.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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