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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Le viol dans les m&#233;dias : un fait divers</title>
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		<dc:date>2011-11-21T02:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Audrey Guiller, Nolwenn Weiler</dc:creator>


		<dc:subject>Sexisme</dc:subject>
		<dc:subject>Faits divers</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; De tristes anecdotes qui n'arrivent qu'aux autres. &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Sexisme-et-journalisme-" rel="directory"&gt;Sexisme et journalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sexisme-+" rel="tag"&gt;Sexisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Faits-divers-+" rel="tag"&gt;Faits divers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions, avec l'accord de ses auteures, un extrait de l'ouvrage &lt;i&gt;Le Viol, un crime presque ordinaire&lt;/i&gt;, paru en octobre dernier aux &#233;ditions Le Cherche-midi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Audrey Guiller et Nolwenn Weiler, Le viol, un crime presque ordinaire, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le texte qui suit est tir&#233; du chapitre 5 du livre (et reprend son titre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1986, pour la premi&#232;re fois, une victime d'inceste t&#233;moigne &#224; visage d&#233;couvert &#224; la t&#233;l&#233;vision. Eva Thomas, qui vient de publier &lt;i&gt;Le viol du silence&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aubier, 1986.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est l'invit&#233;e de l'&#233;mission &#171; Les dossiers de l'&#233;cran &#187;. C'est une r&#233;v&#233;lation. Les Fran&#231;ais d&#233;couvrent un crime. Et des millions de victimes r&#233;alisent qu'elles ne sont pas seules &#224; avoir v&#233;cu un enfer. Les m&#233;dias participent &#224; dissiper le tabou. Apr&#232;s la diffusion d'un reportage ou la publication d'un article, le nombre d'appels aux associations d'aide aux victimes monte en fl&#232;che. Ce fut aussi le cas en 1989, apr&#232;s l'&#233;mission &#171; M&#233;diations &#187; que Fran&#231;ois de Closet consacra aux abus sexuels sur les enfants. Puis en 1995, quand Mireille Dumas d&#233;dia un num&#233;ro sp&#233;cial de &#171; Bas les masques &#187; &#224; &#171; L'enfance viol&#233;e &#187;. M&#234;me chose en mai 2011, dans le tourbillon de l'affaire DSK. Le num&#233;ro Viols Femmes Informations re&#231;oit alors 40% d'appels de plus qu'&#224; l'habitude. &lt;i&gt;&#171; Ces &#233;missions engagent les t&#233;l&#233;spectateurs &#224; la vigilance et &#224; l'action&lt;/i&gt;, analyse l'historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, sp&#233;cialiste de criminologie et de l'histoire des m&#233;dias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auteure de &#171; Un si&#232;cle de p&#233;dophilie dans la presse (1880-2000) : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;On entend et on voit les victimes, qui disent leur mal &#234;tre, leur incapacit&#233; &#224; oublier, &#224; se construire une vie &#233;quilibr&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Les m&#233;dias sont un r&#233;v&#233;lateur. Mais ils participent aussi &#224; la construction de pr&#233;jug&#233;s et &#224; leur installation dans le paysage social.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une v&#233;rit&#233; tronqu&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les journalistes parlent surtout de viol dans deux cas : lors de l'enqu&#234;te qui suit un d&#233;p&#244;t de plainte et au moment du proc&#232;s d'un agresseur pr&#233;sum&#233;. Or, les viols qui parviennent jusqu'au tribunal repr&#233;sentent moins de 10% de la totalit&#233; des cas. Silence sur tous les autres. On per&#231;oit la r&#233;alit&#233; du crime par le petit bout de la lorgnette. Et le traitement sous forme de fait divers ou de compte-rendu d'audiences les pr&#233;sente comme une somme d'histoires individuelles. De tristes anecdotes qui n'arrivent qu'aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'espace m&#233;diatique, le violeur en s&#233;rie est largement plus pr&#233;sent que le grand-p&#232;re agresseur de ses petits-enfants. L'exceptionnel a plus de poids. &lt;i&gt;&#171; Le traitement m&#233;diatique du viol ne pourra pas &#234;tre satisfaisant tant que l'on valorisera les informations les plus spectaculaires et les plus inhabituelles, qui ne sont pas les plus repr&#233;sentatives&lt;/i&gt;, pr&#233;voit Laurent Mucchielli, chercheur au CNRS et directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions p&#233;nales (Cesdip). &lt;i&gt;Quand une jeune femme est viol&#233;e dans un bois en allant faire son footing, tout le monde en parle. Un inceste, presque tout le monde s'en fiche. Les drames &#224; bas bruit, habituels mais invisibles, n'int&#233;ressent pas les m&#233;dias. Parce que ce qui est cach&#233;, par la sph&#232;re familiale, par exemple, est un objet d'enqu&#234;te difficile. Les journalistes n'ont pas le temps et se pr&#233;cipitent sur ce qui va vite &#187;&lt;/i&gt;. Comment pourrait-il en &#234;tre autrement ? r&#233;torquent des journalistes. &lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias parlent de ce qui arrive, de la rupture normale de l'ordre des choses &#187;&lt;/i&gt;, soutient Anne-Claude Ambroise-Rendu. &lt;i&gt;&#171; La banalit&#233;, d'un point de vue journalistique, &#231;a n'est pas int&#233;ressant,&lt;/i&gt; poursuit Brigitte Vital-Durand, chef du service Informations g&#233;n&#233;rales de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; jusqu'en 2007 et auteure de &lt;i&gt;J'ai menti&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Virginie Madeira, Brigitte Vital-Durand, Stock, 2006. T&#233;moignage d'une jeune (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;&#199;a devient le champ de la sociologie. Les journalistes ne sont qu'un reflet de ce qui agite une soci&#233;t&#233; &#224; un moment donn&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Le biais du fait divers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce genre journalistique a ses codes. Les pages &#171; Faits divers &#187; sont peupl&#233;es de r&#233;cits de crimes ou de catastrophes. Cette fa&#231;on de rendre compte du viol influe sur la fa&#231;on dont nous le percevons. &lt;i&gt;&#171; Pour donner envie de lire ces pages, il faut informer, divertir et faire pleurer madame Michu,&lt;/i&gt; l&#226;che la journaliste Natacha Henry, auteure de &lt;i&gt;Les filles faciles n'existent pas&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Michalon, 2008.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;Il faut cr&#233;er de bons personnages : la tra&#238;n&#233;e, le barbare, le mec paum&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Le r&#233;cit en devient plus lisible, mais aussi plus caricatural. &lt;i&gt;&#171; Le probl&#232;me du viol,&lt;/i&gt; selon le chroniqueur judiciaire Paul Lef&#232;vre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment pour l'&#233;mission &#171; Enqu&#234;tes criminelles &#187;, diffus&#233;e sur W9.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;c'est que c'est une bonne histoire qui fait vendre. Je me rappelle des coll&#232;gues de presse &#233;crite, &#224; qui les chefs disaient : &#034;pour les d&#233;tails, je te laisse juge, mais si tu peux avoir la marque de la culotte...&#034; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confusion entre agression et sexualit&#233; peut conf&#233;rer au traitement du viol un caract&#232;re &#233;rotique, d&#233;cal&#233; de la r&#233;alit&#233; de l'agression. &lt;i&gt;&#171; Certains lecteurs s'attendent &#224; trouver des d&#233;tails, il ne faut pas se leurrer. Ils lisent les faits divers pour &#231;a&lt;/i&gt;, admet Brigitte Vital-Durand. &lt;i&gt;Mais on peut &#233;crire un bon fait divers en satisfaisant uniquement un besoin d'information. Les mots doivent &#234;tre pr&#233;cis et pes&#233;s pour n'&#234;tre ni graveleux, ni voyeurs et &#233;viter l'euph&#233;misme &#187;&lt;/i&gt;. Publicit&#233; est faite davantage &#224; l'agression qu'&#224; la sanction envers l'agresseur, d&#233;plorent les f&#233;ministes. &lt;i&gt;&#171; On nous dit qu'on fait trop long sur les histoires, mais c'est pourtant ce qui est racont&#233; au proc&#232;s&lt;/i&gt;, objecte Paul Lef&#232;vre. &lt;i&gt;Sur la sentence, que voulez-vous dire de plus que &lt;/i&gt;&#034;le mec a pris dix ans ?&#034;&lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;crire son article, le journaliste n'interviewe, la plupart du temps, ni la victime, ni l'accus&#233;. Il rapporte ce qui se passe au proc&#232;s ou ce que lui disent les policiers, les gendarmes ou le procureur de la R&#233;publique. Les assises sont aussi un jeu de communication pour les avocats, qui peuvent se servir de la presse pour faire passer tel ou tel message sur un client. Le journaliste doit se faire une id&#233;e sur un cas en quelques heures, pour b&#226;tir un texte qui sera lu en quelques minutes. La pol&#233;mique fait aussi partie du jeu, selon l'historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu : &lt;i&gt;&#171; Ce qui va pr&#233;valoir, c'est le scandale : par exemple, le notable respect&#233; dont on d&#233;couvre l'horreur des pratiques. Finalement, les journalistes traitent les viols davantage comme des affaires &#224; sensation que comme des dossiers judiciaires. On va d&#233;signer l'agresseur comme un p&#233;dophile, par exemple, m&#234;me si c'est une notion qui n'existe absolument pas dans le code p&#233;nal. &#187;&lt;/i&gt; Et les mythes se renforcent. Car peu d'agresseurs souffrent d'une perversion telle qu'elle est sous-entendue dans le terme p&#233;dophile.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Faire exister la victime est difficile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement, l'agresseur est le centre de l'article. &lt;i&gt;&#171; C'est vrai, mais c'est normal&lt;/i&gt;, commente Brigitte Vital-Durand. &lt;i&gt;C'est le proc&#232;s de l'accus&#233;. C'est lui qu'on juge. On dresse son portait, on raconte son parcours. Cela ne veut pas dire qu'on doive lui chercher des excuses. &#187;&lt;/i&gt; Faire exister m&#233;diatiquement les victimes est compliqu&#233;. Longtemps, elles sont rest&#233;es compl&#232;tement invisibles. &lt;i&gt;&#171; En chronique judiciaire, au d&#233;part, on ne parlait pas du viol,&lt;/i&gt; confirme Paul Lef&#232;vre. &lt;i&gt;On estimait que la fille avait d&#233;j&#224; assez souffert et qu'en parler, ce serait en remettre une couche, de fa&#231;on ind&#233;cente. Puis, les associations nous ont convaincus du besoin des victimes d'&#234;tre reconnues publiquement. &#187;&lt;/i&gt; Beaucoup ne le souhaitent toujours pas. &lt;i&gt;&#171; Un bon nombre de proc&#232;s se d&#233;roulent &#224; huis clos &#224; leur demande&lt;/i&gt;, explique Brigitte Vital-Durand. &lt;i&gt;Je les comprends. Si elles n'avaient pas cette possibilit&#233;, le nombre de plaintes d&#233;pos&#233;es serait encore plus faible. C'est un droit protecteur, mais qui rend la t&#226;che du journaliste difficile et les victimes invisibles. Il faudrait imaginer un proc&#233;d&#233; qui maintiendrait l'anonymat des victimes tout en permettant aux journalistes de parler de ces audiences actuellement inaccessibles. &#187;&lt;/i&gt; Il est difficile pour les m&#233;dias de mettre en mots et en images ce que l'on tient cach&#233;. &lt;i&gt;&#171; La violence conjugale int&#233;resse plus les journalistes&lt;/i&gt;, constate Natacha Henry. &lt;i&gt;Parce qu'elle implique des histoires d'argent, d'enfants, d'appartements, des probl&#232;mes administratifs qui n&#233;cessitent un s&#233;rieux coup de main social. Tout cela est visible. &#187;&lt;/i&gt; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la t&#233;l&#233;vision, les images de victimes sont rares. Comme lors de l'exceptionnelle affaire d'Outreau. On se souvient bien que treize des dix-sept accus&#233;s ont &#233;t&#233; acquitt&#233;s par la justice. Mais pas que cette m&#234;me justice a reconnu douze des quinze enfants victimes de viols ou d'agressions sexuelles. Dans son ouvrage &lt;i&gt;Outreau, la v&#233;rit&#233; abus&#233;e&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hugo &amp; Cie, 2011.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la psychologue Marie-Christine Gryson-Dejehansart, experte au proc&#232;s, analyse comment les douze enfants sont devenus des fant&#244;mes. &lt;i&gt;&#171; C'est l'effet pervers de l'absence d'images d'enfants. On les a &#233;voqu&#233;s par des jouets, des plans immobiles d'aires de jeux d&#233;sert&#233;es&lt;/i&gt;, d&#233;crit-elle. &lt;i&gt;L'espace victimaire a &#233;t&#233; rempli par les accus&#233;s en souffrance. Mais celle des enfants n'a jamais &#233;t&#233; montr&#233;e &#224; l'image. Aucun parent pour venir pleurer devant les cam&#233;ras, aucune interview de travailleurs sociaux, de ma&#238;tresse ou de voisine, aucune silhouette pour peupler l'imaginaire compatissant et protecteur. Les enfants sont devenus des &#234;tres virtuels. &#187;&lt;/i&gt; C'est une difficult&#233; m&#233;diatique complexe li&#233;e, surtout, au traitement t&#233;l&#233;visuel de l'information. &#192; laquelle il n'existe pas de r&#233;ponse toute trouv&#233;e. Il est normal que des victimes n'aient pas envie d'&#234;tre m&#233;diatis&#233;es. D'autres en sont frustr&#233;es. &lt;i&gt;&#171; Il y a un c&#244;t&#233; malsain &#224; banaliser la violence par les r&#233;cits d'horreur, &#224; parler de l'agresseur comme quelqu'un de fascinant&lt;/i&gt;, avance Fanny, victime. &lt;i&gt;Alors que l'h&#233;ro&#239;ne, c'est la survivante ! Elle s'en est sortie et elle a eu le courage de venir au proc&#232;s ! &#187;&lt;/i&gt; (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de ce qui ne se voit pas est probl&#233;matique. Surtout quand semble r&#233;gner la plus grande confusion, chez certains journalistes, entre ce qui rel&#232;ve de la vie priv&#233;e et de l'information sur un crime pr&#233;sum&#233; ou av&#233;r&#233;. &lt;i&gt;&#171; Les t&#233;nors des m&#233;dias fran&#231;ais multiplient les amalgames&lt;/i&gt;, &#233;crit la journaliste Isabelle Germain sur le site d'information &#171; Les nouvelles news &#187;, au d&#233;but de la couverture de l'affaire DSK. &lt;i&gt;Infid&#233;lit&#233;, orientation sexuelle, fr&#233;quentation de clubs &#233;changistes, pratiques diverses&#8230; Tout cela ne concerne que les principaux int&#233;ress&#233;s et les m&#233;dias n'ont pas &#224; s'en emparer. Tant qu'il y a consentement entre les protagonistes, c'est du domaine de la vie priv&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Le 18 mai 2011, Nicolas Demorand &#233;crit dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; Lib&#233;ration &lt;i&gt;continuera, premier principe, &#224; respecter la vie priv&#233;e des hommes et des femmes politiques. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Le Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; appuie : &lt;i&gt;&#171; L'information s'arr&#234;te toujours &#224; la porte de la chambre &#224; coucher &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si des viols se produisent derri&#232;re la porte ? &#187;&lt;/i&gt;, questionne la journaliste. Un crime n'est pas une affaire priv&#233;e. C'est sur ce m&#234;me fond de confusion entre agression et sexualit&#233; que &lt;i&gt;Sud-Ouest&lt;/i&gt; a pu titrer, au sujet de l'affaire DSK : &lt;i&gt;&#171; L'homme qui aime les femmes sans mod&#233;ration &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Du fait divers au fait de soci&#233;t&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est arriv&#233; que le viol investisse les pages soci&#233;t&#233;, d&#233;bat et courrier des lecteurs des quotidiens et des magazines, ou les &#233;missions de radio et de t&#233;l&#233;vision, &#224; des heures de grande &#233;coute. &lt;i&gt;&#171; Lorsqu'il r&#233;v&#232;le un ph&#233;nom&#232;ne longtemps occult&#233;, le fait divers se transforme en fait de soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, explique Anne-Claude Ambroise-Rendu. &lt;i&gt;Il cesse d'&#234;tre un fait divers, &#233;v&#233;nement inclassable, individuel et insignifiant et devient un ph&#233;nom&#232;ne social et collectif. &#187;&lt;/i&gt; Mais on compte sur les doigts des mains les fois o&#249; il s'est install&#233; dans l'actualit&#233;, en investissant de fa&#231;on durable d'autres horizons que les rubriques de faits divers. Lors de proc&#232;s de violeurs en s&#233;rie ; &#224; la fin des ann&#233;es 1970 ; au moment de la red&#233;finition criminelle du viol (en 1980) ; pendant le scandale des &#171; tournantes &#187; et dans le contexte de viols pr&#233;sum&#233;s ou av&#233;r&#233;s commis par des c&#233;l&#233;brit&#233;s : Roman Polanski, Julian Assange et Dominique Strauss-Kahn. Observer de plus pr&#232;s ces moments-cl&#233;s est plein d'enseignements. On s'aper&#231;oit qu'au moment m&#234;me o&#249; le traitement du viol ne se fait plus sous l'angle du fait divers, et qu'il ouvre un d&#233;bat, celui-ci vient parfois renforcer nos pr&#233;jug&#233;s sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin des ann&#233;es 1970 : revirement dans le traitement m&#233;diatique du viol d'enfants. &lt;i&gt;&#171; Pour la premi&#232;re fois, l'abus sexuel sur enfant est exhum&#233; de la rubrique des faits divers et entre dans celle des d&#233;bats de soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;, signale Anne-Claude Ambroise-Rendu. Dans les ann&#233;es de l'apr&#232;s mai 1968, la presse l&#232;ve le voile qu'elle tenait pudiquement &#233;tendu sur le viol d'enfants et l'inceste. Pas n'importe comment. C'est aux d&#233;fenseurs de la &#171; p&#233;dophilie &#187; que l'on doit la transformation du genre. Le premier d&#233;bat de soci&#233;t&#233; m&#233;diatique autour du viol na&#238;t donc autour de cette question : les enfants de moins de 15 ans ont-ils droit &#224; une sexualit&#233; ? Certains journaux d&#233;noncent le viol d'enfants, d'autres tentent de lui conf&#233;rer une certaine dignit&#233; en l'inscrivant dans une remise en question globale et radicale de l'ordre social et moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Tout commence, pourrait-on dire, en janvier 1979, avec la r&#233;v&#233;lation faite par l'hebdomadaire&lt;/i&gt; Minute &lt;i&gt;de l'arrestation &#224; Saint-Ouen d'un moniteur sportif, Jacques Dugu&#233;&lt;/i&gt;, retrace Anne-Claude Ambroise Rendu. &lt;i&gt;Il livrait des enfants &#224; la prostitution et organisait un trafic de photographies de leurs &#233;bats sexuels. Dans certains journaux, dont&lt;/i&gt; Lib&#233;ration&lt;i&gt; et&lt;/i&gt; Le Monde&lt;i&gt;, on assiste &#224; l'&#233;mergence d'un personnage in&#233;dit, loin du monstre de jadis. Un homme qui aime les rapports sexuels avec les enfants, mais d&#233;nonce toute violence et se d&#233;finit lui-m&#234;me comme p&#233;dophile. &#187;&lt;/i&gt; Le 21 janvier 1979, une lettre &#233;crite par Jacques Dugu&#233; depuis sa prison est publi&#233;e par &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Un enfant qui aime un adulte sait tr&#232;s bien qu'il ne peut pas encore donner, aussi il comprend et il accepte tr&#232;s bien de recevoir&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;ce fut le comportement avec moi des gar&#231;ons que j'ai sodomis&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, affirme celui que le quotidien loue pour &lt;i&gt;&#171; sa franchise quant &#224; la sodomie &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; Le viol d'enfant, au m&#234;me titre que les amours libres, les couples informels, l'homosexualit&#233; ou la zoophilie devient une manifestation d'un droit &#224; la diff&#233;rence, qui constitue une nouvelle forme de revendication &#224; la fois culturelle et politique &#187;&lt;/i&gt;, poursuit l'historienne. En revanche, on ne donne pas la parole aux mineurs, on parle en leur nom. Voil&#224; donc dans quel contexte se joue ce premier d&#233;bat m&#233;diatique sur les agressions sexuelles : pour ou contre le viol d'enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#233;pisode pivot : le scandale des viols collectifs, rebaptis&#233;s &#171; tournantes &#187;. Entre 2001 et 2003, le th&#232;me envahit brutalement les m&#233;dias. &#192; l'instar d'autres manifestations de &#171; l'ins&#233;curit&#233; &#187;, qui domine alors tous les d&#233;bats, ces comportements ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s comme un ph&#233;nom&#232;ne nouveau, en pleine expansion. Le viol sort, l&#224; encore, des pages faits divers. Mais... &lt;i&gt;&#171; le traitement des tournantes dans le d&#233;bat public a imput&#233; ce ph&#233;nom&#232;ne &#224; la barbarie suppos&#233;e des jeunes issus de l'immigration &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;crit le sociologue Laurent Mucchielli. Le violeur c'est l'autre. L'Arabe de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph&#233;rique. Dans son ouvrage &lt;i&gt;Le scandale des &#171; tournantes &#187;, d&#233;rives m&#233;diatiques, contre-enqu&#234;te sociologique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;couverte, 2005.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'universitaire d&#233;monte les affirmations m&#233;diatiques d'alors : &lt;i&gt;&#171; Ces pratiques ne sont pas nouvelles. Des observations comparables ont &#233;t&#233; faites dans les quartiers populaires des ann&#233;es 1960&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;Les violeurs &#233;taient des hommes bien blancs de peau. Et rien n'indique par ailleurs qu'il y ait eu une augmentation de ces crimes. La seule statistique disponible, celle de la justice, indique une stabilit&#233; globale sur les vingt derni&#232;res ann&#233;es. &#187;&lt;/i&gt; Cet incendie m&#233;diatique intervient en pleine campagne &#233;lectorale centr&#233;e sur le th&#232;me de l'ins&#233;curit&#233;, des violences urbaines, de la peur de l'Islam et des violences faites aux femmes. &lt;i&gt;&#171; Le discours m&#233;diatique est venu d&#233;culpabiliser les mesures r&#233;pressives qui seront prises en lieu et place du r&#233;examen des causes r&#233;elles de ces viols. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Mucchielli montre comment des d&#233;p&#234;ches d'agence signalent des proc&#232;s pour viols collectifs depuis de nombreuses ann&#233;es. Mais, avant 2001, ces d&#233;p&#234;ches ne suscitent pas l'int&#233;r&#234;t de la presse. Elles ne produisent pas de sens : ce sont des faits divers. &lt;i&gt;&#171; Inversement, &#224; partir de l&#224;, les journalistes vont se pr&#233;cipiter dans les cours d'assises pour &#171; couvrir &#187; les proc&#232;s pour viols collectifs. D&#233;sormais, ce sont des faits de soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire qu'ils deviennent des symboles de quelque chose de plus g&#233;n&#233;ral : le &#034;mal des banlieues&#034;, la &#034;crise de l'int&#233;gration&#034;, la jeunesse &#034;de plus en plus violente&#034;, &#034;qui n'a plus aucune valeur&#034; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;rement, l'int&#233;r&#234;t m&#233;diatique pour les agressions sexuelles s'est cristallis&#233; autour des &#171; affaires &#187; Roman Polanski, Julian Assange, Georges Tron et Dominique Strauss-Kahn. (&#8230;) Parler du viol via des affaires touchant les puissants entra&#238;ne un double effet. L'un n&#233;gatif : une m&#233;diatisation de type sensationnaliste, une surench&#232;re d'informations &#171; people &#187;, qui emp&#234;chent que l'on se pose les vraies questions. L'autre positif. (&#8230;) Cl&#233;mentine Autain d&#233;crit, en mai 2011, dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, la sid&#233;ration du grand public et des journalistes &#224; l'annonce de l'accusation de Dominique Strauss-Kahn. &lt;i&gt;&#171; Personne, &#224; part les deux protagonistes, ne sait ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233; dans la suite du Sofitel new-yorkais&lt;/i&gt;, commente-t-elle. &lt;i&gt;Mais la r&#233;ception de l'&#233;v&#233;nement raconte quelque chose de profond sur nos repr&#233;sentations. Depuis la r&#233;v&#233;lation, la France est en &#233;tat de choc. Ce que l'on n'arrive pas &#224; croire, c'est qu'un homme de pouvoir aussi haut plac&#233; ait pu violer une femme de chambre. &#187;&lt;/i&gt; Cette incr&#233;dulit&#233; affich&#233;e par bon nombre d'&#233;ditorialistes ne choque pas les sociologues, qui expliquent comment les journalistes n'ont jamais int&#233;gr&#233; que des viols se produisaient aussi dans les milieux sociaux favoris&#233;s. Habitu&#233;s &#224; traiter d'affaires d'assises, o&#249; sont condamn&#233;s, nous le verrons plus tard, une majorit&#233; de pauvres. &lt;i&gt;&#171; Le monde politique et m&#233;diatique parisien est compos&#233; de classes sup&#233;rieures qui n'entendent que ce qui ne vient pas les d&#233;ranger,&lt;/i&gt; &#233;nonce Laurent Mucchielli. &lt;i&gt;Souvent, quand ils s'expriment sur le viol, c'est l'&#233;lite dirigeante qui s'inqui&#232;te de l'&#233;tat d&#233;prav&#233; des m&#339;urs des pauvres. Tout cela pour ne pas voir ce qui se passe dans leur rue. &#187;&lt;/i&gt; Pour Natacha Henry, l'affaire DSK pourrait changer la donne. &lt;i&gt;&#171; Elle a permis de mettre en avant la ringardise de certains intellectuels fran&#231;ais totalement sexistes, &#224; qui les m&#233;dias donnent largement la parole. Et, de fa&#231;on nouvelle, le grand public a &#233;t&#233; d'accord avec les f&#233;ministes pour dire qu'il y en avait assez de ces propos ! &#187;&lt;/i&gt; (&#8230;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Audrey Guiller et Nolwenn Weiler, &lt;i&gt;Le viol, un crime presque ordinaire&lt;/i&gt;, Le Cherche-midi, collection &#171; Documents &#187;, Paris, octobre 2011, 208 pages, 14,90 euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aubier, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Auteure de &#171; Un si&#232;cle de p&#233;dophilie dans la presse (1880-2000) : accusation, plaidoirie, condamnation &#187;, &lt;i&gt;Le Temps des M&#233;dias&lt;/i&gt; n&#176;1, automne 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Virginie Madeira, Brigitte Vital-Durand, Stock, 2006. T&#233;moignage d'une jeune fille qui a faussement accus&#233; son p&#232;re d'inceste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ditions Michalon, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment pour l'&#233;mission &#171; Enqu&#234;tes criminelles &#187;, diffus&#233;e sur W9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hugo &amp; Cie, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La D&#233;couverte, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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