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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Christine Ockrent, le passe-droit permanent</title>
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		<dc:date>2010-11-10T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ren&#233; Naba</dc:creator>


		<dc:subject>Christine Ockrent</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un &#233;loquent portrait.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Le-journalisme-d-elite-" rel="directory"&gt;Le journalisme d'&#233;lite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christine-Ockrent-+" rel="tag"&gt;Christine Ockrent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une contribution qui trace un &#233;loquent portrait de Christine Ockrent (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) La reine Christine&#8230; Reine de qui ? De quoi ? De comment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Ockrent, directrice d&#233;l&#233;gu&#233;e de France 24, a longtemps &#233;t&#233; d&#233;nomm&#233;e &lt;i&gt;&#171; la reine Christine &#187;&lt;/i&gt; sans qu'il soit possible de d&#233;terminer les origines de ce royaume, son fondement et sa l&#233;gitimit&#233;, sauf &#224; y voir une discr&#232;te allusion &#224; son pays d'origine, la Belgique, un royaume, et la fonction de son p&#232;re, ambassadeur du roi des Belges. &#192; moins qu'il ne s'agisse d'une r&#233;f&#233;rence &#224; l'une de ses principales activit&#233;s, &lt;i&gt;&#171; le m&#233;nage &#187;&lt;/i&gt;, les prestations de parapublicit&#233;, au point d'&#234;tre d&#233;sign&#233;e du vocable d&#233;sobligeant de &lt;i&gt;&#171; reine des m&#233;nages &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notre rubrique &#171; Christine Ockrent, Reine des &#034;m&#233;nages&#034; &#187; (note d'Acrimed).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; moins encore qu'il ne s'agisse &#224; proprement parler d'une usurpation, tant il est vrai que toutes ses &#233;missions, toutes, &#233;taient poussives, de faible audience, sans le moindre &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son parcours professionnel est un passe-droit permanent. Son recours abusif aux publi-reportages surtarif&#233;s, en contradiction avec la d&#233;ontologie, son opportunisme &#224; tout crin, illustr&#233; par l'affaire Hoveyda et sa magistrale culbute de la &lt;i&gt;dream team&lt;/i&gt; de Jean-Luc Lagard&#232;re vers Francis Bouygues lors de la privatisation de TF1, en 1987, ont accr&#233;dit&#233; l'image d'une ambitieuse mue par l'app&#226;t du gain, sans &#233;tat d'&#226;me particulier d&#232;s lors qu'il s'agit de satisfaire une ambition sans limite. Son cursus pourrait d'ailleurs figurer au programme d'enseignement des novices de la profession au chapitre du journalisme parasitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste belge, n&#233;e &#224; Bruxelles le 24 avril 1944, Christine Ockrent est la fille de Roger Ockrent, ancien chef de cabinet du Premier ministre Paul Henri Spaak, ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Otan &#224; l'apog&#233;e de la guerre froide sovi&#233;to-am&#233;ricaine, et surtout, administrateur du plan Marshall, un poste de ventilation financi&#232;re &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, qui permet de nouer de solides relations, de forger la reconnaissance des uns et la gratitude des autres. Sa naissance sous bonne &#233;toile ne lui sera pourtant pas d'un grand secours pour pr&#233;venir des d&#233;bordements qui entacheront irr&#233;m&#233;diablement la r&#233;putation du personnage. Sous la bonne &#233;ducation, les mauvaises mani&#232;res. Une des cartes ma&#238;tresses de l'&#233;curie du vendeur d'armes dans la comp&#233;tition l'opposant au b&#233;tonneur, d&#233;sign&#233;e d'ailleurs pour &#234;tre la directrice de la future cha&#238;ne privatis&#233;e, elle tournera casaque apr&#232;s l'&#233;chec de son parrain pour s'offrir au gagnant d&#232;s l'attribution de l'appel d'offres, sans le moindre &lt;i&gt;&#171; d&#233;lai de viduit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, le d&#233;lai de d&#233;cence que s'imposent les grandes &#226;mes avant de franchir le Rubicon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) L'affaire Amir Abbas Hoveyda&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus d'informations sur &#171; Hoveyda's Tragic Fate &#187;.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Wikip&#233;dia, l'encyclop&#233;die &#233;lectronique nullement r&#233;put&#233;e pour ses exc&#232;s de langage, usera d'un euph&#233;misme pour qualifier son comportement dans une affaire qui plombera sa carri&#232;re, l'interview de l'ancien Premier ministre du chah d'Iran, Amir Abbas Hoveyda, assurant que &lt;i&gt;&#171; l'orientation des questions et la rigueur du ton adopt&#233; par Christine Ockrent ont suscit&#233; une vive controverse au sein du monde du journalisme, au vu de la situation de l'ancien dirigeant iranien, ex&#233;cut&#233; le surlendemain d'une balle dans la nuque &#224; l'issue d'un proc&#232;s exp&#233;ditif men&#233; par l'ayatollah Sadeq Khalkhali &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire sur Wikip&#233;dia.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne saurait mieux dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette auditrice assidue du Forum de Bilderberg&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article publi&#233; sur le site de Ren&#233; Naba.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le grand prescripteur sur le plan mondial de la strat&#233;gie occidentale, est ainsi pass&#233;e &#224; la post&#233;rit&#233; pour son interview d'un condamn&#233; &#224; mort, la veille de son ex&#233;cution. &lt;i&gt;&#171; Une loi non &#233;crite prescrit au journaliste de ne jamais poser de questions &#224; un homme priv&#233; de libert&#233;. Une loi d&#233;rog&#233;e par Christine Ockrent, jadis, en Iran, et aujourd'hui par Renaud Bernard, journaliste &#224; France 2 &#187;&lt;/i&gt;, rel&#232;ve Jacques-Marie Bourget, l'ancien correspondant de guerre de &lt;i&gt;Paris Match,&lt;/i&gt; gri&#232;vement bless&#233; par des tirs isra&#233;liens lors d'un reportage en Cisjordanie, dans un rappel &#224; l'ordre m&#233;morable intitul&#233; &#171; Quand Christine Ockrent filmait les prisonniers &#187;, sur le site internet Bakchich en date du 23 mars 2009&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire l'article publi&#233; sur Bakchich.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Filmer un homme priv&#233; de libert&#233; est une chose interdite. Tant pis, France 2 donne quand m&#234;me gloire et travail &#224; un reporter qui fait des interviews dans une prison. Les plus vieux ou les mieux inform&#233;s vont me dire qu'il y a belle lurette que Christine Ockrent l'a fait ! C'est vrai, et c'est en 1979 que la femme de Bernard Kouchner a r&#233;alis&#233; ce type d'entretien carc&#233;ral, &#034;tr&#232;s controvers&#233;&#034; &#187;&lt;/i&gt;, poursuit le journaliste qui relate ainsi, en homme de terrain, le r&#233;cit de ce scoop :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait dans l'Iran des fous de Dieu d&#233;butants. Dans les prisons du Guide supr&#234;me tout nouveau tout beau, Amir Abbas Hoveyda se morfond un brin. Ancien Premier ministre du shah, il n'a pu se sauver &#224; temps du paradis qu'il ne gouverne plus. En un coup de fourgon cellulaire, Hoveyda est pass&#233; du caviar aux lentilles. Dans le grand bastringue de T&#233;h&#233;ran passe alors une petite blonde teigneuse avec une cam&#233;ra : Christine Ockrent. Les barbus lui ouvrent la porte de la prison d'Erevan, la terrible maison d'arr&#234;t de la capitale. Le scoop est l&#224; au bout d'un couloir, enferm&#233; dans l'infirmerie de la taule o&#249; on a am&#233;nag&#233; une cellule. C'est un petit bonhomme &#224; t&#234;te ronde qui s'appelle Hoveyda. Moteur ! La cam&#233;ra de Christine tourne et les questions pleuvent, cruelles mais justes. Du genre &#231;a ne vous fait pas un peu mal au bide de ne pas avoir &#233;t&#233; un d&#233;mocrate mod&#232;le ? Puis d'autres interrogations sur la qualit&#233; de la soupe. Hoveyda fait le rassur&#233;. &#192; la recherche du temps perdu, il parle de Proust et ne se plaint pas de ses gentils gardiens, de ces merveilleux &#034;juges&#034;. Quelques jours plus tard, paf ! Les amis de l'ayatollah Sadeq Khalkhali massent l'homme du shah d'une balle dans la nuque. Et qui, maintenant, a l'air idiot et m&#234;me un peu d&#233;gueulasse ? Christine Ockrent et sa &#034;Troisi&#232;me cha&#238;ne&#034; (France 3) qui l'emploie. En effet, il existe alors une loi non &#233;crite qui prescrit au journaliste de ne jamais poser de questions &#224; un homme priv&#233; de libert&#233;. Une r&#232;gle renforc&#233;e apr&#232;s que des chasseurs de scoops aient cuisin&#233; des prisonniers boucl&#233;s au Vietnam. Les images de Hoveyda, chahut&#233; sur un ton que personne n'applique &#224; Sarkozy, sont dures &#224; avaler. R&#233;sultat premier, les journalistes gueulent contre Ockrent. R&#233;sultat second, dans toutes les &#233;coles de journalisme on enseigne aux &#233;tudiants &#224; ne jamais poser de questions &#224; un homme qui n'est pas libre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle qui avait bassin&#233; les tympans de la plan&#232;te de son faux scoop iranien sanctionnera quelques ann&#233;es plus tard, curieusement, l'unique journaliste rapporteur de scoop de sa cha&#238;ne (France 24), Richard Lab&#233;vi&#232;re, auteur d'une interview exclusive du pr&#233;sident Bachar el Assad, &#224; la veille de sa participation au premier et unique sommet de l'Union pour la M&#233;diterran&#233;e, en juin 2008, au terme d'une rupture de trois ans avec la France. Une d&#233;marche qui &#233;chappe &#224; l'entendement, qui demeure encore de nos jours inexpliqu&#233;e, sauf &#224; y voir la marque d'une forte antipathie affirm&#233;e &#224; l'&#233;gard du monde arabe. Plaiderait en faveur de cette th&#232;se la journ&#233;e sp&#233;ciale de soutien consacr&#233;e par la cha&#238;ne fran&#231;aise, le 25 juin 2010, non pas aux deux journalistes fran&#231;ais captifs en Afghanistan, mais &#224; Gilad Shalit, ce soldat de l'arm&#233;e isra&#233;lienne prisonnier du Hamas. &#201;mission sp&#233;ciale qui n'aura pas mentionn&#233; le sort tragique de la population palestinienne de Gaza sous blocus depuis cinq ans, ni le sort d'un autre otage binational, franco-palestinien cette fois, Salah Hamouri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Un cacheton &#224; 18 000 &#8364; la demi journ&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notre article &#171; &#034;M&#233;nages&#034; : Ockrent pour 18 000 euros la demi-journ&#233;e &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout autre que la reine Christine aurait &#233;t&#233; carbonis&#233; &#224; vie, mais en France o&#249; l'endogamie entre presse et politique est la plus exacerb&#233;e de la sph&#232;re occidentale, sa bonne naissance, la carri&#232;re de son p&#232;re, l'aile protectrice de Pierre Hunt, ambassadeur de France au Maroc, son amiti&#233; avec un compatriote belge, Fran&#231;ois Heisbourg, conseiller strat&#233;gique du ministre socialiste de la D&#233;fense Charles Hernu, (1981-1984), employeur de la s&#339;ur de Christine, lui &#233;pargneront les mines de sel. &#201;pargn&#233;e, Christine, mais nullement immunis&#233;e, se vivra en &#233;tat d'immunit&#233; et d'impunit&#233;, engageant une course effr&#233;n&#233;e vers le cacheton&#8230; et le ridicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; M&#233;nages : Ockrent pour 18 000 &#8364;, la demi-journ&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, assure le publiciste Guy Birenbaum, qui narre en ces termes ce genre de pratique : &lt;i&gt;&#171; Dans le jargon des m&#233;dias, les &#034;m&#233;nages&#034; d&#233;signent des prestations &#034;free lance&#034; de &#034;professionnels&#034;. Ils interviennent dans des &#034;&#233;v&#233;nements&#034; en tous genres (congr&#232;s, conventions, s&#233;minaires, etc.), contre une r&#233;mun&#233;ration en g&#233;n&#233;ral proportionnelle &#224; leur notori&#233;t&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;f&#233;renc&#233; comme elle, bien que je ne sois pas journaliste, dans une agence qui accueille les nombreux journalistes soucieux d'am&#233;liorer leurs fins de mois (l'agence encaisse une commission), j'ai r&#233;ussi &#224; me procurer le tarif des prestations de Christine Ockrent. Pour ma part, lorsque j'effectue l'un de ces services, je gagne environ 1 500 &#8364; par jour et je trouve cela tr&#232;s correct. En ce qui concerne Christine Ockrent, le tarif propos&#233; par cette agence, qui pr&#233;sente volontiers le&lt;/i&gt; curriculum vitae &lt;i&gt;de l'int&#233;ress&#233;e &#224; ses clients, est de 18 000 &#8364; (plus un assistant &#224; pr&#233;voir) &#034;&lt;/i&gt;pour l'animation d'une r&#233;union d'une demi-journ&#233;e&#034; &#187;, soutient l'&#233;crivain dans son ouvrage &#171; Nos d&#233;lits d'initi&#233;s &#187;, concluant par cette sentence d'une rare s&#233;v&#233;rit&#233; : &lt;i&gt;&#171; La journaliste, qui donna, on l'esp&#232;re, son image &#224; Reporters sans fronti&#232;res dans le cadre d'une spectaculaire campagne sur la libert&#233; de la presse (cherchez l'erreur), est coutumi&#232;re du fait. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Ockrent r&#233;cidivera, en effet, &#224; la le&#231;on inaugurale de l'&#201;cole sup&#233;rieure de journalisme de Lille, en r&#233;clamant 5 000 &#8364; pour sa prestation d'une heure, alors que tous ses confr&#232;res se contentaient d'une intervention gracieuse aupr&#232;s des jeunes pousses de la profession&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire sur le site de L'Express :&#171; Enqu&#234;te sur le couple Kouchner-Ockrent &#187;.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plagiaire ? Auteur prolixe, la journaliste aurait puis&#233; dans les travaux d'autres auteurs pour sa biographie de Hillary Clinton, &lt;i&gt;La double vie de Hillary Clinton&lt;/i&gt;, la secr&#233;taire d'&#201;tat am&#233;ricaine, o&#249; neuf cas de plagiat auraient &#233;t&#233; recens&#233;s, sans susciter le moindre scandale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire sur le site lalibre.be : &#171; Nouveau dictionnaire des plagiaires &#187;.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Son comportement s'inspire, il est vrai, d'exemples d'illustres pr&#233;d&#233;cesseurs plagiaires de la Nomenklatura intellectuelle fran&#231;aise, Alain Minc, le th&#233;oricien d&#233;masqu&#233; de Spinoza, et le roman-enqu&#234;teur Bernard Henry L&#233;vy, le th&#233;oricien du botulisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4) La cacophonie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier et non moindre de ses exploits, Christine Ockrent se proposait, en tant que directrice g&#233;n&#233;rale de France 24, de faire de ce vecteur &lt;i&gt;&#171; Le m&#233;dia de la Francophonie &#187;&lt;/i&gt;. Il sera d&#233;sign&#233; sous son mandat &#171; Le m&#233;dia de la Cacophonie &#187; et la directrice rel&#233;gu&#233;e en cons&#233;quence au rang de directrice d&#233;l&#233;gu&#233;e. &lt;i&gt;&#171; France 24 vient de traverser encore un &#233;pisode agit&#233; de sa jeune mais d&#233;j&#224; tumultueuse existence : une cha&#238;ne d'infos vue comme une vitrine de la France et pr&#233;sid&#233;e par un ancien publicitaire, ce n'est pas terrible. Mais dirig&#233;e par la compagne du ministre des Affaires &#233;trang&#232;res, Bernard Kouchner, &#231;a fait carr&#233;ment mauvais genre. &#187;&lt;/i&gt; Du c&#244;t&#233; de la direction, on temp&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Ils sont compl&#233;mentaires : l'un est financier, l'autre est journaliste.&lt;/i&gt; &#187; Sauf que les r&#244;les se m&#233;langent et se confondent. &#171; &lt;i&gt;On attendait de Christine Ockrent qu'elle vienne faire du journalisme&lt;/i&gt; &#187;, souligne un journaliste, &#171; &lt;i&gt;elle n'a fait que de la politique&lt;/i&gt; &#187;, rapportent les journalistes Rapha&#235;l Garrigos et Isabelle Roberts, dans le journal &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; en date du 30 ao&#251;t 2010 dans un papier intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/medias/0101655055-france-24-la-chaine-de-la-cacophonie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; France 24 : la cha&#238;ne de la cacophonie &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit pour les duettistes, avec un salaire unitaire de 300 000 &#8364; par an, plus important que celui du pr&#233;sident des &#201;tats-Unis, infiniment plus important que celui de son propre promoteur, le pr&#233;sident de la R&#233;publique fran&#231;aise, Nicolas Sarkozy, un spectacle &#224; 600 000 &#8364; par an. Dans un pays en &#233;tat de faillite, un p&#244;le audiovisuel en &#233;tat de d&#233;confiture, alors que le Quai d'Orsay fait l'objet de drastiques mesures de compression budg&#233;taire, faisant planer la menace de licenciement sur pr&#232;s d'un millier d'emplois, le prix de la chicane vaut son pesant d'or et l'exception fran&#231;aise son pesant de cacahu&#232;tes, pour un r&#233;sultat d&#233;risoire sur l'audience, mais un taux record de rotation du personnel, le tiers des effectifs licenci&#233; ou se d&#233;mettant de son propre chef, en un an, soit une centaine de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Ockrent, sa morgue et son m&#233;pris, constitue-t-elle un sp&#233;cimen de ce que le journalisme fran&#231;ais comporte de plus sordide, avec ses connivences avec les puissants, sa passion pour l'argent, sa passion pour le patronat et sa passion pour l'arm&#233;e am&#233;ricaine ? Non, pas vraiment. La reine Christine reproduit, en fait, &#224; la caricature les travers de la bulle politico-m&#233;diatique, &#224; l'instar de son confr&#232;re Patrick Poivre d'Arvor, un des plus c&#233;l&#232;bres bidonneurs de l'histoire de la t&#233;l&#233;vision contemporaine, avec la fausse interview du dirigeant cubain Fidel Castro, ou de Jean-Pierre Elkabbach, le plus strict &lt;i&gt;factotum&lt;/i&gt; du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy. En un mot, Christine Ockrent repr&#233;sente en fait la figure la plus authentique, l'image la plus moderne des m&#339;urs fran&#231;aises contemporaines. Cet exploit, son unique exploit, est &#224; mettre au cr&#233;dit de cette belge de naissance, fran&#231;aise d'adoption, si bien adapt&#233;e aux m&#339;urs fran&#231;aises, l'expression la plus raffin&#233;e du narcissisme &#224; la fran&#231;aise, de nos jours le meilleur produit d'exportation sur le march&#233; international du ridicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Naba&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voir &lt;a href=&#034;http://www.renenaba.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site de l'auteur&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notre rubrique &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique294.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Christine Ockrent, Reine des &#034;m&#233;nages&#034; &#187;&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;note d'Acrimed&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Plus d'informations &lt;a href=&#034;http://www.hoveyda.net/ck-ldn.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur &lt;i&gt;&#171; Hoveyda's Tragic Fate &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Christine_Ockrent&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur Wikip&#233;dia&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'article publi&#233; &lt;a href=&#034;http://www.renenaba.com/?p=1159&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de Ren&#233; Naba&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire l'article publi&#233; &lt;a href=&#034;http://www.bakchich.info/Quand-Christine-Ockrent-filmait,07135.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur Bakchich&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1243.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#034;M&#233;nages&#034; : Ockrent pour 18 000 euros la demi-journ&#233;e &#187;&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;note d'Acrimed&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire sur le site de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; :&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/actualite/politique/enquete-sur-le-couple-kouchner-ockrent_832985.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Enqu&#234;te sur le couple Kouchner-Ockrent &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire sur le site lalibre.be : &lt;a href=&#034;http://www.lalibre.be/culture/livres/article/17470/nouveau-dictionnaire-des-plagiaires.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Nouveau dictionnaire des plagiaires &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En hommage aux soutiers de l'information : les agenciers ou journalistes d'agence</title>
		<link>https://www.acrimed.org/En-hommage-aux-soutiers-de-l-information-les-agenciers-ou-journalistes-d-agence</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/En-hommage-aux-soutiers-de-l-information-les-agenciers-ou-journalistes-d-agence</guid>
		<dc:date>2009-12-07T05:09:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; Naba</dc:creator>


		<dc:subject>AFP</dc:subject>
		<dc:subject>Agencier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur un m&#233;tier et son histoire au moment o&#249; l'avenir de l'AFP est plus incertain que jamais, par un ancien agencier.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Que-sont-les-journalistes-Ou-va-le-journalisme-" rel="directory"&gt;Que sont les journalistes ? O&#249; va le journalisme ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-AFP-+" rel="tag"&gt;AFP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Agencier-+" rel="tag"&gt;Agencier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Agence France Presse (AFP) est la doyenne des agences de presse, premi&#232;re agence francophone et troisi&#232;me agence mondiale derri&#232;re l'am&#233;ricaine Associated Press (AP) et la britannique Reuters. Elle est pr&#233;sente dans 165 pays et compte pr&#232;s de 4 000 collaborateurs &#224; travers le monde. Elle fournit en continu, &#224; plus de 7 000 clients, un contenu pr&#234;t &#224; l'emploi (d&#233;p&#234;ches, photos, infographies et vid&#233;os), r&#233;dig&#233; et hi&#233;rarchis&#233; dans un souci de qualit&#233; &#233;ditoriale et d'objectivit&#233;. Son statut fait l'objet d'un d&#233;bat qui pourrait remettre en question son ind&#233;pendance.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de &#171; tribune &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un article r&#233;dig&#233;, selon son auteur, ancien agencier lui-m&#234;me, &lt;i&gt;&#171; en hommage aux soutiers de l'information &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce texte d'hommage est tir&#233; du prologue du dernier ouvrage de Ren&#233; Naba De (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;A la m&#233;moire de Jean Marin, Bernard Cabanes, Boni de Torhout et Jean Vincent&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Marin a &#233;t&#233; le premier pr&#233;sident de l'Agence France Presse de l'apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plante sauvage qui pousse dans des lieux d&#233;sertiques, la figue de Barbarie correspond parfaitement &#224; l'image de l'agencier, le journaliste d'agence, &#233;pineux d'apparence, savoureux de substance. Premier arriv&#233; sur les lieux, dernier parti, observateur permanent et m&#233;ticuleux de l'actualit&#233;, loin des ph&#233;nom&#232;nes de mode, l'agencier est un historien de l'instant, non un rapporteur factuel des &#233;v&#232;nements, c'est-&#224;-dire un &#234;tre d&#233;pourvu de r&#233;flexion comme se sont plus &#224; le pr&#233;senter longtemps de faux confr&#232;res envieux de sa position, encore moins un retransmetteur passif de communiqu&#233;s comme projettent de le r&#233;duire des fossoyeurs de la d&#233;mocratie en mal de notori&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de l'agencier, invariablement, se d&#233;compose selon un rituel immuable : comme une partition en trois temps, l'entr&#233;e en sc&#232;ne se fait &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt;, le factuel, la description des faits &#224; l'&#233;tat brut, puis la mise en perspective, &#171; la contextualisation &#187;, selon le jargon moderne, enfin l'&#233;clairage, o&#249; se glisse parfois un zeste d'analyse politique. Vigile solitaire, son travail est rythm&#233; par les fuseaux et les contraintes horaires et son lexique emprunte parfois au langage guerrier : &lt;i&gt;Deadline&lt;/i&gt;, le d&#233;lai imp&#233;ratif au-del&#224; duquel un papier est d&#233;cr&#233;t&#233; caduc et &#171; poubellis&#233; &#187; en cons&#233;quence. Cauchemar des journalistes en panne d'information ou tributaires des al&#233;as des transmissions, le deadline &#233;quivaut &#224; une mort subite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agencier, c'est aussi une discipline et une rigueur qui ne s'encombrent pas de fioritures : les faits bruts imp&#233;rativement &#171; sourc&#233;s &#187;. L'anonymat est une donn&#233;e inh&#233;rente &#224; sa fonction et &lt;i&gt;&#171; le quart d'heure de c&#233;l&#233;brit&#233; m&#233;diatique &#187;,&lt;/i&gt; selon l'expression ch&#232;re &#224; Andy Warhol, ne constitue pas son obsession de vie. Longtemps anonymes, ses papiers, souvent reproduits quasi int&#233;gralement par les journaux clients, ne seront rev&#234;tus de sa signature que tr&#232;s tardivement vers la fin du XX&#232;me si&#232;cle, plus exactement dans la d&#233;cennie 1980. Auparavant, leur signalement r&#233;sidait dans les initiales de l'auteur en bas de texte de la d&#233;p&#234;che que les sp&#233;cialistes d&#233;cryptaient avec le plus grand soin pour juger de la valeur d'un papier et jauger son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsque parut l'informatique&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moment charni&#232;re de l'histoire des m&#233;dias, l'av&#232;nement de l'informatique va provoquer un bouleversement radical dans la conception de l'information, dans la cha&#238;ne de production et l'&#233;conomie du secteur de l'information. Le passage de la machine &#224; &#233;crire, et son prolongement le couple t&#233;lex perforatrice, &#224; l'ordinateur va ainsi s'accompagner, parall&#232;lement, d'un bouleversement psychologique et structurel de la profession, signant au passage l'arr&#234;t de mort des deux symboles s&#233;culaires du travail d'agencier, le t&#233;lex et le &#171; pneumatique &#187;, ce module &#224; compression couvant en son sein un message propuls&#233; dans des boyaux souterrains sp&#233;cialement am&#233;nag&#233;s dans le ventre de Paris et les &#233;tages de l'AFP. Tonitruant mais efficace messager, plus discret et moins on&#233;reux en tout cas que les coursiers contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la d&#233;cennie 1970, la vitesse d'&#233;coulement de la copie par t&#233;lex &#233;tait de 70 bauds par minute, soit pour un papier journ&#233;e (le &lt;i&gt;Lead&lt;/i&gt;), une moyenne de trois minutes&#8230; Une lenteur bienvenue en ce qu'elle pr&#233;venait d'&#233;ventuelles erreurs de pr&#233;cipitation. Une d&#233;cennie plus tard, l'introduction de l'informatique va induire un ph&#233;nom&#232;ne d'acc&#233;l&#233;ration des particules, triplant la vitesse d'&#233;jection de la copie, propulsant une d&#233;p&#234;che de 1.000 mots en une minute, contre trois minutes pour un papier moindre de 600 mots dix ans auparavant. La f&#233;brilit&#233;, l'&#233;tat naturel de l'agencier en temps normal, c&#232;de alors la place &#224; la fr&#233;n&#233;sie, l'information &#224; la communication, la c&#233;l&#233;rit&#233; &#224; la pr&#233;cipitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concomitante de la mondialisation, l'informatique va acc&#233;l&#233;rer la circulation de l'information et d&#233;multiplier les sources d'information par le d&#233;veloppement de la diffusion satellitaire, la multiplication des cha&#238;nes transfronti&#232;res et d'autres canaux de diffusion tels l'Internet (Web), le courrier &#233;lectronique, le blog ou encore le fax ou le mobile (t&#233;l&#233;phone portable). Au point que les sociologues et analystes politiques viendront &#224; c&#233;l&#233;brer l'av&#232;nement d'une &#171; soci&#233;t&#233; de l'information &#187; comme la marque caract&#233;ristique du XXI me si&#232;cle, l'&#233;chec du totalitarisme et le terme ultime de la d&#233;mocratie n&#233;o-lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ph&#233;nom&#232;ne va, par contrecoup, impulser un processus de concentration capitalistique, donnant naissance &#224; des groupes multim&#233;dia agr&#233;geant contenant et contenu, producteur et distributeur de flux et favoriser la mise des principaux vecteurs d'information sous la coupe des conglom&#233;rats financiers, assurant la constitution d'une nouvelle &#171; caste m&#233;diatique &#187; technologique propuls&#233;e par des promotions fulgurantes avec ses codes, son langage et ses usages. La prolif&#233;ration des bases de donn&#233;es et des moteurs de recherches va, de surcro&#238;t, atrophier quelque peu la m&#233;moire vive au sein d'une large fraction de la corporation, le v&#233;ritable centre de documentation humain, constitu&#233; par l'effet cumulatif de l'exp&#233;rience, l'antidote au risque de d&#233;sinformation g&#233;n&#233;r&#233; par la surinformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais dans l'histoire de l'humanit&#233;, en effet, l'information n'a &#233;t&#233; si abondante et si instantan&#233;e et sa diffusion si g&#233;n&#233;rale. Cette information mondialis&#233;e a certes aboli les fronti&#232;res physiques et linguistiques et transform&#233; la plan&#232;te en un &#171; village plan&#233;taire &#187;. Mais cette concentration m&#233;diatique va poser d'une mani&#232;re r&#233;currente le probl&#232;me de la pr&#233;servation du r&#244;le de la presse, et partant de l'am&#233;lioration de l'information du citoyen et du d&#233;bat d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Selon une &#233;tude de John Stauber et Sheldon Rampton, qui passent pour &#234;tre les meilleurs sp&#233;cialistes de la profession et co-auteurs d'un remarquable ouvrage sur la question (&lt;i&gt;Toxic sludge is good for you&lt;/i&gt;- Common Courage presse, 1995), le nombre des salari&#233;s des agences des relations publiques (150.000) d&#233;passait &#224; partir de la d&#233;cennie 1990 celui des journalistes (130.000).]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, 40 pour cent de ce qui est publi&#233; dans la presse est directement reproduit, sans alt&#233;ration, des communiqu&#233;s des &#171; Public relations &#187; soutient Paul Moreira, producteur de l'&#233;mission de r&#233;f&#233;rence de Canal + et auteur d'un ouvrage document&#233; sur &lt;i&gt;Les nouvelles censures- dans les coulisses de la manipulation de l'information&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Editions Robert Laffont f&#233;vrier 2007.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tragique retour de choses : la communication a tendu ainsi &#224; se substituer &#224; l'information, et ses d&#233;rives avec les &#171; spin doctor's &#187;, ont tendu &#224; renvoyer &#224; la propagande de base des r&#233;gimes totalitaires que les pays d&#233;mocratiques &#233;taient cens&#233;s combattre, comme ce fut le cas notamment lors de l'invasion am&#233;ricaine de l'Irak, en 2003&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la nouvelle probl&#233;matique des m&#233;dias &#224; l'&#232;re de la mondialisation et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187;, le garant de la d&#233;mocratie, est apparu alors comme le vecteur d'une id&#233;ologie dominante et le langage de ses op&#233;rateurs comme un marqueur d'une d'identit&#233; culturelle avec les enjeux &#233;conomiques que sous tendait la guerre s&#233;mantique qu'elle impliquait (pr&#233;carit&#233; versus flexibilit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pis, le contr&#244;le accru des grands conglom&#233;rats industriels sur les vecteurs d'information, l'importance prise par ailleurs par les strat&#233;gies de communication, au d&#233;triment de l'information proprement dite, l'endogamie croissante au sein du couple m&#233;dia et politique, de m&#234;me que l'interactivit&#233; des divers acteurs au sein de ce m&#234;me couple, vont poser dans toute son acuit&#233; le probl&#232;me du rapport entre M&#233;dia et d&#233;mocratie, et d'une mani&#232;re sous jacente la question de la viabilit&#233; d'un d&#233;bat d&#233;mocratique dans une soci&#233;t&#233; o&#249; les principaux vecteurs d'information sont domin&#233;s par les puissances d'argent et la promotion des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la phagocytose des entreprises de presse par le complexe militaro industriel a eu pour curieux r&#233;sultat de placer les grands quotidiens nationaux et les grands vecteurs audio visuels sous la coupe des grands conglom&#233;rats adoss&#233;s aux commandes de l'&#233;tat : TFI Bouygues (B&#226;timent et t&#233;l&#233;phonie mobile), Le Figaro Dassault aviation, Lib&#233;ration-Edouard de Rothschild (Banque) ainsi que Lagard&#232;re armement et &#233;dition (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt;, Europe 1, &lt;i&gt;VSD&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le journal de dimanch&lt;/i&gt;e). Autrement dit, l'Etat et partant le contribuable ont nourri de grands groupes qui se sont empar&#233;s de vecteurs pour formater l'opinion publique au service de la satisfaction des objectifs particuliers des entreprises priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un tel d&#233;ferlement, l'AFP appara&#238;tra comme un &#238;lot isol&#233; d'ind&#233;pendance. L'agencier sera ainsi relativement pr&#233;serv&#233; de ce chamboulement par son mode op&#233;ratoire et son statut hydride, vot&#233; en 1957 &#224; l'initiative du ministre de la justice de l'&#233;poque Fran&#231;ois Mitterrand, garde fou contre une d&#233;rive collaborationniste du type de la presse fran&#231;aise du temps de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que fut l'agencier de l'AFP&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant l'apparition des nouvelles technologies de la net &#233;conomie, l'agencier se devait d'&#234;tre, en effet, par choix et par n&#233;cessit&#233;, concis et &#233;conome tant de ses mots que de son argent. La carte bancaire de paiement n'existait pas alors. L'agencier &#233;tait comptable de ses mots, payant rubis sur ongle chaque terme de sa d&#233;p&#234;che au t&#233;l&#233;graphiste de la poste. Une retenue qui le pr&#233;servera ult&#233;rieurement de l'inflation verbale, amplifi&#233;e par l'exacerbation de la concurrence et le nouveau proc&#233;d&#233; technologique du &#171; copi&#233; coll&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Flash ne devait en aucun cas d&#233;passer cinq mots source comprise, un imp&#233;ratif cat&#233;gorique qui d&#233;clenchait instantan&#233;ment un branle bas du combat &#224; tous les &#233;tages, mettant en route un m&#233;canisme qui r&#233;percutait l'info en trois secondes aux quatre coins du monde sur fond d'un joyeux tintamarre r&#233;jouissant... mais anxiog&#232;ne pour la suite de l'&#233;v&#233;nement. Le bulletin, lui, avait droit &#224; un paragraphe de trois lignes et le fameux Lead journ&#233;e jamais plus de trois feuillets, six cents mots, le m&#234;me calibre que l'Editorial du journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, identifiable, tel un logo, par sa localisation en premi&#232;re page, en colonne de gauche pour le lecteur, son orientation politique du temps o&#249; le quotidien vesp&#233;ral &#233;tait le journal de r&#233;f&#233;rence intellectuelle et morale de la classe politique et de la jeunesse &#233;tudiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me pouvait para&#238;tre r&#233;trograde mais demeure encore de nous jour le meilleur antidote &#224; la sialorrh&#233;e, le moins propice &#224; la manipulation et &#224; la d&#233;sinformation. A ce titre, l'Agence France Presse, bien avant la floraison des &#233;coles de journalisme, aura &#233;t&#233; &#224; sa fa&#231;on une &#233;cole de journalisme, le principal vivier du journalisme fran&#231;ais, le pourvoyeur des grands quotidiens en grande plume, y compris Le Monde, surtout Le Monde, dont l'organigramme foisonne de ses transfuges, &#224; commencer par Pierre Vianson Pont&#233;, son prestigieux chef du service politique du temps du G&#233;n&#233;ral de Gaulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on se rassure toutefois : L'agencier ne frise pas constamment l'apoplexie. Il est des r&#234;veries r&#233;g&#233;n&#233;ratrices aux lueurs de l'aube, lors du &#171; Curtain raiser &#187;, litt&#233;ralement, le lever de rideau, le papier d'ouverture sur le lendemain, bouquet final d'une production journali&#232;re particuli&#232;rement harassante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les grands coups, l'agencier commence sa journ&#233;e par un &#171; Morning Lead &#187;, le papier directeur de la matin&#233;e, celui qui donne le ton pour la tranche matinale (06h00-12h00). Il embraye ensuite pour le &#034;Lead journ&#233;e&#034; destin&#233; au bouclage des grands journaux d'Europe et de la province fran&#231;aise de m&#234;me que pour les bulletins de d&#233;but de soir&#233;e des cha&#238;nes de radio et de t&#233;l&#233;vision. Le &#034;Night Lead&#034; prend le relais pour les destinations plus lointaines (18h00-24h00) notamment le continent am&#233;ricain et l'extr&#234;me orient, suivi de &#171; l'Overnighter &#187;, l'au-del&#224; de la nuit, qui assure la jonction, le passage vers le lendemain, avant que ne reprenne ses droits le &#034;curtain raiser&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agencier, convenons-en, n'est pas un adepte des RTT (r&#233;duction du temps du travail) propre &#224; la civilisation des loisirs ou des trente-cinq heures, ni m&#234;me des trois rotations journali&#232;res, les fameuses brigades 3x6 propres &#224; l'industrie lourde, mais des vacations de quatre fois six heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soutier de l'information en somme, condamn&#233; de surcro&#238;t &#224; &#234;tre jug&#233; sur pi&#232;ce, &#224; chaque &#233;v&#232;nement, sans qu'il lui soit possible d'op&#233;rer la moindre retouche, de se sortir par une clause de style ou par une pirouette d'une situation quelque peu complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De m&#233;morables erreurs&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agencier n'est toutefois pas cet &#234;tre parfait, le &#171; Bayard du journalisme sans peur et sans reproche &#187;. Faillible, il l'est, mais pas trop souvent quand m&#234;me. Beaucoup de g&#233;n&#233;rations de journalistes se gaussent encore, &#224; son &#233;vocation, de cette bourde monumentale annon&#231;ant, dans l'&#233;motion, le d&#233;c&#232;s du Mar&#233;chal Josep Broz Tito, dirigeant de la F&#233;d&#233;ration de Yougoslavie. Il a fallu se prendre &#224; trois reprises pour que les choses se passent dans l'ordre naturel des choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le virtuose du clavier qui se trouvait de fonction n'avait pas, ce jour-l&#224;, le doigt heureux... preuve de l'humanit&#233; de la fonction du journalisme d'agence. Le premier flash qui a cr&#233;pit&#233; sur les t&#233;l&#233;scripteurs du monde entier annon&#231;ait &#034;Titi est mort&#034;, suivi trois secondes plus tard d'un nouveau Flash rectificatif &#034;Toto est mort&#034;, pour finalement se stabiliser avec ce flash comminatoire, superbe de d&#233;solation, &#034;merci bien lire partout Tito (bien Tito) est mort&#034;. Tout le monde avait compris. Mais il fallait que les choses soient dites dans les normes. Cela a &#233;t&#233; fait dans les formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une soir&#233;e arros&#233;e pouvait sauver l'Italie d'un d&#233;sastre &#233;cologique, mais non du ridicule. Ainsi cette nuit o&#249; un journaliste du desk anglais, de retour de la c&#233;l&#233;bration de la r&#233;gion vinicole du Beaujolais, un certain jeudi soir de Novembre, traitant un effondrement de terrain dans la r&#233;gion italienne des Pouilles, r&#233;percutera ainsi l'information par l'annonce d'un &lt;i&gt;&#171; collapsus at balls area &#187;&lt;/i&gt;, ce qui se traduit pudiquement en langue fran&#231;aise par un effondrement &lt;i&gt;&#171; dans la zone p&#233;rin&#233;ale &#187;&lt;/i&gt;. L'affaire s'est jou&#233;e sur une syllabe. Fruit d'un journaliste spiritueux, la d&#233;p&#234;che, spirituelle, resta sans cons&#233;quence pour la hi&#233;rarchie. Ce qui n'a pas &#233;t&#233; toujours le cas.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intemp&#233;ries pouvaient jouer un mauvais tour, m&#234;me &#224; l'agencier le plus perspicace. Ainsi lors de la r&#233;ouverture du Canal de Suez, un cargo empruntant la voie d'eau, a eu droit &#224; un tonnage variable en fonction de son lieu de passage. C'est d'ailleurs le seul cas de l'histoire de la navigation qu'un cargo change&#226;t autant de fois de tonnage en fonction du lieu de son court passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque les d&#233;p&#234;ches &#233;taient exp&#233;di&#233;es en morse, le langage cod&#233; des chiffres et des lettres, et l'&#233;mission &#233;tait tributaire de la m&#233;t&#233;orologie, si capricieuse en Orient, particuli&#232;rement lors des temp&#234;tes de sable, fr&#233;quentes le long du Sina&#239;. Ainsi le cargo a emprunt&#233; le Canal avec un chargement de d&#233;part officiellement annonc&#233; de 35.000 tonnes. A mi chemin, au cours d'une halte, le correspondant r&#233;gional a annonc&#233; l'escale du b&#226;timent pr&#233;cisant le tonnage correct, mais c'&#233;tait sans compter avec le vent qui en a troubl&#233; la r&#233;ception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le desk, et, par contrecoup ses destinataires, ont eu droit &#224; une d&#233;p&#234;che &#224; la mi-journ&#233;e annon&#231;ant l'escale du cargo avec un chargement de 3.500 tonnes, soit une r&#233;duction drastique du chargement. En fin de journ&#233;e, le cargo atteignait le port d'Aden et le correspondant au Y&#233;men du Sud relatait le fait dans sa simplicit&#233;, mais c'&#233;tait sans compter l&#224; aussi sur l'intervention du vent. Via Londres, le journaliste de service cette nuit-l&#224; &#224; Paris d&#233;cryptait la d&#233;p&#234;che pour annoncer finalement l'arriv&#233;e du cargo avec un chargement de 350.000 tonnes, soit une consid&#233;rable inflation du poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit de synth&#232;se &#233;tant une vertu cardinale de l&#8216;agencier, le journaliste de permanence reprenant les trois messages de la journ&#233;e narrant la travers&#233;e, en fit une synth&#232;se &#233;blouissante pour r&#233;percuter sur les fils la d&#233;p&#234;che dans les termes suivants : &lt;i&gt;&#171; Le cargo qui change de tonnage &#224; chaque escale est arriv&#233; &#224; Aden cette nuit, au terme d'une travers&#233;e du canal de Suez marqu&#233;e par un constant changement de tonnage de sa cargaison &#224; chaque escale. Parti de Suez avec une cargaison de 35.000 tonnes, il s'est retrouv&#233; &#224; Aden avec 350.000 tonnes, apr&#232;s une escale &#224; mi-parcours o&#249; il se r&#233;v&#233;lait charger 3.500 tonnes. &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque n'&#233;tait pas encore au vid&#233;o-gag. L'agencier impertinent a &#233;t&#233; licenci&#233; sur le champ, sans la moindre consid&#233;ration pour son humour irr&#233;v&#233;rencieux, qui &#233;tait grand, ni pour son talent, qui &#233;tait tout aussi grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un passeur, un t&#233;moin&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, l'agencier &#233;tait l'interlocuteur oblig&#233;, l'interm&#233;diaire n&#233;cessaire entre l'actualit&#233; et les m&#233;dias, un passeur de nouvelles. Depuis la confuse profusion des moyens de communication et leur sophistication avec les journalistes &#171; &lt;i&gt;embedded&lt;/i&gt; &#187;, les SMS (short message system), Facebook et autres Twitter, son r&#244;le a pu para&#238;tre sinon d&#233;class&#233; du moins d&#233;cal&#233;. Il demeure n&#233;anmoins un intercesseur indispensable, toujours sur le terrain, irr&#233;m&#233;diablement soumis aux contraintes de l'&#233;criture agenci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Observateur avis&#233;, il a pu ainsi relever la lente &#233;rosion de la langue fran&#231;aise par simple ph&#233;nom&#232;ne de mim&#233;tisme de l'anglicisme qui fait qu'il est d&#233;sormais de bon chic de parler des &#171; Qataris et Kowe&#239;tis &#187; alors que les d&#233;p&#234;ches r&#233;dig&#233;es &#224; l'&#233;poque o&#249; l'auteur de ces lignes commen&#231;ait sa carri&#232;re, il &#233;tait jug&#233; plus conforme &#224; la puret&#233; de la langue fran&#231;aise de dire et d'&#233;crire, les Qatariotes et les Kowe&#239;tiens. De m&#234;me l'Irak s'&#233;crivait avec un K et non avec un Q, plus conforme, celle l&#224;, &#224; l'orthographe anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une personne &#233;tait &#171; discr&#233;dit&#233;e &#187; du fait de ses actes r&#233;pr&#233;hensibles et non &#171; d&#233;cr&#233;dibilis&#233;e &#187;, de m&#234;me un homme assumait &#171; la responsabilit&#233; de ses propos &#187; et non &#171; assumait ses propos &#187;, son comportement &#233;tait &#171; r&#233;prouv&#233; &#187; et non &#171; d&#233;sapprouv&#233; &#187;, tout comme les nouvelles se r&#233;pandaient &#171; comme un feu sur une tra&#238;n&#233;e de poudre &#187; et non comme une &#171; tra&#238;n&#233;e de poudre &#187;, tant il est vrai qu'une tra&#238;n&#233;e peut tra&#238;ner longtemps s'il n'y a feu qui l'enflamme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative s'articulait autour des deux termes, car il a toujours exist&#233; depuis les temps les plus anciens deux termes &#224; une alternative et non deux alternatives ce qui en faisait quatre termes donc quatre possibilit&#233;s. Il &#233;tait &#233;galement plus conforme &#224; la puret&#233; de la langue d'annoncer un entretien d'une personnalit&#233; avec une autre personnalit&#233; et non un entretien entre deux personnalit&#233;s, ce qui constituait une redondance dans la mesure o&#249; dans le terme entretien, &#171; l'entre &#8211; tien &#187; &#233;tait sugg&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, tout le monde &#224; l'&#233;poque travaillait &#224; Paris ou au Popocat&#233;petl ou ailleurs et non sur Paris ou sur les cimes du Mexique, &#224; moins d'y &#234;tre parachut&#233; ou qu'il ne s'agisse d'un dossier sur la r&#233;gion parisienne ou sur la zone montagneuse mexicaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque se livrait &#224; de telles incorrections de langage &#233;tait accus&#233; de parler le fran&#231;ais comme un &#171; basque espagnol &#187; et non comme une &#171; vache espagnole &#187;, tant il est vrai que de m&#233;moire d'homme jamais vache n'a pu emprunter le langage humain pour exprimer une pens&#233;e probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agencier d&#233;butant dans les ann&#233;es 1970 s'amusera de constater l'ampleur prise ult&#233;rieurement par la nouvelle g&#233;n&#233;ration politique de la &#171; gauche mutante &#187;, inconcevable &#224; l'&#233;poque, ph&#233;nom&#232;ne marquant de l&#8216;&#233;poque contemporaine, le plus important vivier de transfuges du militantisme r&#233;volutionnaire vers le conservatisme contemporain le plus rigide. Ce ph&#233;nom&#232;ne frappe aussi bien le monde arabe que le monde occidental. Il s'amusera de constater aussi la permanence de la stigmatisation de la figure du croquemitaine dans la construction de l'imaginaire occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Gamal Abdel Nasser (&#201;gypte) &#224; Mohammad Mossadegh, &#224; l'Ayatollah Ruhollah Khomeiny et Mahmoud Ahmadinejad (Iran) en passant par Yasser Arafat et Cheikh Ahmad Yassine (Palestine), &#224; Moqtada Sadr (Irak) et Hassan Nasrallah (Liban), tous ont eu l'honneur d'assumer cette fonction sans que jamais personne n'ait song&#233; &#224; &#233;tablir un lien entre l'arrogance occidentale et la radicalisation des contestataires de sa supr&#233;matie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En trois d&#233;cennies, la carte g&#233;ostrat&#233;gique du monde a connu une modification radicale, mais le lexique diplomatique international demeure inchang&#233; sur un seul fait : &#171; l'Arabe isra&#233;lien &#187;, une expression forg&#233;e pour d&#233;signer un Palestinien porteur de la nationalit&#233; isra&#233;lienne, mais l'occultation du fait national palestinien, fait majeur de la diplomatie internationale de la seconde moiti&#233; du XX&#232;me si&#232;cle, a conduit les strat&#232;ges de la communication &#224; forger cet &#234;tre hybride par excellence, comme si l'Arabe isra&#233;lien n'&#233;tait pas un Palestinien, comme si le Palestinien et la Palestine ne se situaient pas au c&#339;ur du monde arabe et au c&#339;ur des conflits du XX&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Epilogue&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur de ces lignes a v&#233;cu cet &#233;tat pendant vingt ans sur les &#171; points chauds &#187; de l'actualit&#233; internationale, d'abord, en tant que correspondant tournant au bureau r&#233;gional de l'Agence France Presse &#224; Beyrouth (1969 &#224; 1979) o&#249; il a notamment couvert la guerre civile jordano palestinienne, le &#171; Septembre noir &#187; de 1970, la nationalisation des installations p&#233;troli&#232;res d'Irak et de Libye (1972), une dizaine de coups d'Etat et de d&#233;tournements d'avion, ainsi que la guerre du Liban (1975-1990), la guerre d'octobre (1973), les premi&#232;res n&#233;gociations de paix &#233;gypto isra&#233;liennes de Mena House Le Caire (1979).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis en tant que responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l'Agence France presse (1978-1989) o&#249; il a couvert, &#224; ce titre, la guerre irako iranienne (1979-1988), la guerre alg&#233;ro-marocaine, la guerre tchado-liby&#233;enne (1982-1987), le conflit am&#233;ricano-libyen (1986-1987), l'assassinat du pr&#233;sident &#233;gyptien Anouar El-Sadate (1981), le raid contre la centrale nucl&#233;aire irakienne de Tammouz (1980), les sommets des Non-align&#233;s de New Delhi (1983) et de Harare (1987), les sommets arabes de F&#232;s (1981 et 1982) de Rabat et d'Alger (1988), les sommets islamique de Lahore (1974), de Kuala Lumpur (1975) et de Ryad (affaire Salman Rushdie 1989) ainsi que l'affaire des otages occidentaux au Liban (1984-1988), la guerre des ambassades entre Paris et T&#233;h&#233;ran (1987) et la perc&#233;e diplomatique de Yasser Arafat &#224; Paris (1989) et en Europe occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ais d'origine libanaise, jouissant d'une double culture franco arabe, natif d'Afrique, juriste de formation et journaliste de profession ayant op&#233;r&#233; pendant quarante ans au Moyen Orient, en Afrique du Nord et en Europe, l'auteur de ces lignes dont l'exp&#233;rience internationale s'articule sur trois continents (Afrique &#8211; Europe Asie) a &#233;t&#233; la premi&#232;re personne d'origine arabe &#224; exercer, bien avant la diversit&#233;, des responsabilit&#233;s journalistiques sur le monde arabo-musulman au sein d'une grande entreprise de presse fran&#231;aise de dimension mondiale. Le m&#233;rite en revient &#224; l'AFP, qui a eu, en la mati&#232;re, un r&#244;le pr&#233;curseur, bien avant que les concepts de &#171; discrimination positive &#187; ou de &#171; quotas ethniques &#187; ne viennent polluer le d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de cette s&#233;quence, l'AFP a veill&#233; &#224; maintenir une visibilit&#233; pluraliste de l'actualit&#233;, comme lors de la guerre du Vietnam ou le conflit du Liban, for&#231;ant le respect de ses usagers, gage de sa p&#233;rennit&#233;, compensant quelque peu sa conqu&#234;te tardive du march&#233; de l'Information &#233;conomique. L'auteur de ces lignes a exerc&#233; ses fonctions sans la moindre interf&#233;rence &#233;ditoriale de sa hi&#233;rarchie ou des pouvoirs publics, ce qui est loin d'&#234;tre le cas dans l'audiovisuel public. Il a souhait&#233; en donner publiquement acte et porter t&#233;moignage en ce moment particulier de l'histoire de l'AFP, en hommage &#224; l'esprit d'ind&#233;pendance forg&#233; par des g&#233;n&#233;rations d'agenciers, alors que le d&#233;bat sur le statut de l'Agence France Presse m&#232;ne cette prestigieuse entreprise vers un avenir incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Cabanes, r&#233;dacteur en chef &#224; l'AFP, - tu&#233; le 13 juin 1975 par erreur dans un attentat &#224; la bombe contre son appartement en banlieue parisienne -, a &#233;t&#233; le premier &#224; rep&#233;rer &#171; le saute ruisseau &#187; que le signataire de ce texte devait sans doute &#234;tre &#224; l'&#233;poque, le faisant venir depuis Beyrouth en stage de familiarisation avec le desk central &#224; Paris, en juin 1975, pr&#233;lude &#224; sa titularisation. Boni de Torhout, Chef du service diplomatique de l'AFP, a &#233;t&#233; le premier envoy&#233; sp&#233;cial de l'AFP en Cisjordanie occup&#233;e en 1967, correspondant de guerre en Irlande du nord, puis &#224; Beyrouth. Grand sp&#233;cialiste de l'Asie, Jean Vincent a &#233;t&#233; l'interlocuteur du premier ministre chinois Chou En Lai et du G&#233;n&#233;ral Nguyen Van Giap, ministre vietnamien de la d&#233;fense, vainqueur de la bataille de DIEN BIEN PHU. L'auteur de ces lignes a eu le d&#233;licieux privil&#232;ge de servir sous leur autorit&#233; au sein du service diplomatique de l'AFP (1980-1990), du temps de son prestige avant son d&#233;mant&#232;lement. En leur d&#233;diant ce papier, il a souhait&#233; s'acquitter de sa dette de gratitude &#224; leur &#233;gard, rendant ce t&#233;moignage posthume &#224; ces trois grands seigneurs du journalisme, au-del&#224; &#224; l'AFP, et, &#224; travers l'AFP, &#224; tous les agenciers &#224; travers le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Naba&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce texte d'hommage est tir&#233; du prologue du dernier ouvrage de Ren&#233; Naba &lt;i&gt;De notre envoy&#233; sp&#233;cial&#8230; Un correspondant sur le th&#233;&#226;tre du monde (1969-2009)&lt;/i&gt;, Editions l'Harmattan, mai 2009&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean Marin a &#233;t&#233; le premier pr&#233;sident de l'Agence France Presse de l'apr&#232;s guerre, de 1957 &#224; 1975. De son vrai nom Yves Morvan, il &#233;tait un journaliste et r&#233;sistant fran&#231;ais, n&#233; &#224; Douarnenez le 24 f&#233;vrier 1909, mort &#224; Paris le 30 juin 1995. En 1940, il entre dans la R&#233;sistance alors qu'il est correspondant pour l'agence Havas &#224; Londres depuis un an. Il sera, jusqu'en 1943, l'une des voix de la France Libre sur l'antenne de la BBC, dans la c&#233;l&#232;bre &#233;mission &#233;cout&#233;e clandestinement de l'autre c&#244;t&#233; de la manche Les Fran&#231;ais parlent aux Fran&#231;ais &#187;. En 1944, il int&#232;gre la deuxi&#232;me division blind&#233;e du Mar&#233;chal Leclerc qui lib&#232;re Paris le 25 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Editions Robert Laffont f&#233;vrier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur la nouvelle probl&#233;matique des m&#233;dias &#224; l'&#232;re de la mondialisation et de la net-&#233;conomie, sur le site de Ren&#233; Naba, auteur de cet article : &#171; M&#233;dia et d&#233;mocratie 1&#232;re partie : &lt;a href=&#034;http://www.renenaba.com/?p=524&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; De l'endogamie entre M&#233;dia et Politique en France, l'embedded &#224; la fran&#231;aise &#187;&lt;/a&gt; , &#171; M&#233;dia et d&#233;mocratie 2eme partie - &lt;a href=&#034;http://www.renenaba.com/?p=520&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les m&#233;dias comme v&#233;hicule d'&#8216;une id&#233;ologie dominante &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.renenaba.com/?p=1159&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; M&#233;dia et Diplomatie : Les journalistes, nouveaux acteurs des relations internationales &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A l'occasion du lancement de France 24 : un bilan du p&#244;le audiovisuel ext&#233;rieur </title>
		<link>https://www.acrimed.org/A-l-occasion-du-lancement-de-France-24-un-bilan-du-pole-audiovisuel-exterieur</link>
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		<dc:date>2006-12-06T05:06:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; Naba</dc:creator>


		<dc:subject>RFI</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Paul Cluzel</dc:subject>
		<dc:subject>France 24 (ex CFII)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un parcours cahoteux doubl&#233; d'un dispositif chaotique&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-572-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Radio-France-International-+" rel="tag"&gt;RFI&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Paul-Cluzel-+" rel="tag"&gt;Jean-Paul Cluzel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-24-ex-CFII-+" rel="tag"&gt;France 24 (ex CFII)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249;, sous le nom de &#171; France 24 &#187;, la cha&#238;ne d'information internationale voulue par Jacques Chirac est lanc&#233;e, nous publions ci-dessous sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; une contribution de Ren&#233; Naba, extraite de son dernier livre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Origines de la trag&#233;die arabe -Editions Bachari, Juin 2006.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sur les errements de Radio France Internationale (RFI), contribution qui permet de s'interroger sur l'avenir du p&#244;le audiovisuel ext&#233;rieur fran&#231;ais... en fonction de son pass&#233;. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;T&#233;moins impuissants du naufrage du dispositif fran&#231;ais, op&#233;rateurs et auditeurs francophones ou francophiles devraient pouvoir puiser avec le lancement de France 24 sinon un sentiment de fiert&#233;, du moins un motif de consolation.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les guerres d'Afghanistan (2001) et d'Irak (2003) les Etats-Unis ont lanc&#233; deux vecteurs transr&#233;gionaux &#171; Radio Sawa &#187; et la cha&#238;ne TV &#171; Al-Hurra &#187; se superposant aux grands vecteur transfrontaliers CNN, ABC, NBC, CBS, Fox News etc, alors que la cha&#238;ne panarabe &#171; Al-Jazeera &#187;, leader m&#233;diatique incontest&#233; de la sph&#232;re arabo-musulmane, entreprenait, en novembre 2006, dix ans apr&#232;s son lancement r&#233;ussi, la deuxi&#232;me phase de son d&#233;veloppement avec la mise en route d'une cha&#238;ne anglophone.&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de dix ans de tribulations m&#233;diatiques, le p&#244;le audiovisuel ext&#233;rieur fran&#231;ais pr&#233;sente un parcours cahoteux doubl&#233; d'un dispositif chaotique reposant, dans son volet radiophonique, sur un recrutement fond&#233; sur une vision ethniciste. A en juger d'ailleurs par le pr&#233;c&#233;dent reprofilage, le volet radiophonique, r&#233;alis&#233; il y a dix ans, en 1996 par le rattachement de RMC-Moyen orient &#224; RFI et son int&#233;gration immobili&#232;re dans le giron de &#171; la Maison de la Radio &#187;, la prudence sinon la circonspection devrait &#234;tre de r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise de mutation strat&#233;gique, le volet radiophonique du p&#244;le audiovisuel a eu droit, en fait, &#224; un &#171; ravalement cosm&#233;tique &#187; de fa&#231;ade. Au pr&#233;-positionnement d'un vecteur du XXI&#232;me si&#232;cle, l'on a substitu&#233; le formatage d'une radio des ann&#233;es 1970. La superposition des pesanteurs bureaucratiques de RFI et du sectarisme clanique de RMC MO ne saurait en effet tenir lieu de r&#233;forme, encore moins conf&#233;rer une dimension mondiale &#224; l'unique radio fran&#231;aise &#224; vocation internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Op&#233;r&#233;e au m&#233;pris du contexte audiovisuel et politique r&#233;gional, dans la plus pure tradition bureaucratique et de l'improvisation, sans la moindre audace novatrice, la restructuration a officialis&#233; le cloisonnement traditionnel de la station et a consacr&#233; un &#233;tat de fait longtemps pr&#233;judiciable &#224; l'image de la radio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la t&#234;te du module arabophone restructur&#233; il y a tout juste dix ans se sont ainsi succ&#233;d&#233;s en trois ans, deux directeurs g&#233;n&#233;raux, deux directeurs de l'information, deux r&#233;gies publicitaires (HMI et Tihama), deux responsables de l'administration g&#233;n&#233;rale et des relations humaines, alors que l'organigramme de la station affichait le score impressionnant de seize responsables pour une trentaine de journalistes, soit 50 pour cent des effectifs, record mondial absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le plus grand risque qui plane en effet sur la France n'est pas tant sa marginalisation - du fait d'une diplomatie suppos&#233;e fonder une nouvelle relation avec la sph&#232;re arabo-musulmane au terme d'un si&#232;cle de politique coloniale calamiteuse - mais sa mise &#224; l'&#233;cart du fait d'un comportement erratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un comportement erratique&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nouvelle guerre d'Irak, le principal op&#233;rateur radiophonique fran&#231;ais Radio France Internationale (RFI) a &#233;t&#233; le principal diffuseur d'&#233;missions religieuses anglo-saxonnes &#224; destination du monde arabo-musulman, le principal relais des th&#232;ses de la coalition anglo-saxonne et leur principal prestataire de service au niveau r&#233;gional. Triple record difficilement &#233;galable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RFI a ainsi b&#233;n&#233;fici&#233; d'un financement am&#233;ricain de l'ordre de 2,2 millions d'euro par an pour ses prestations de service &#224; des vecteurs am&#233;ricains notamment Trans World Radio (961.971, 33 euro) et Broadcasting Board of Gouvernors (BBG, l'autorit&#233; de tutelle des vecteurs am&#233;ricains) (1.249.961, 04 euro), repr&#233;sentant pr&#232;s de la moiti&#233; de la subvention du Quai d'Orsay &#224; la radio fran&#231;aise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport du Conseil d'administration &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des actionnaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard des enjeux, la contribution financi&#232;re am&#233;ricaine est apparue ali&#233;nante pour une radio de souverainet&#233; et au-del&#224; pour la France, le chantre d'un monde multipolaire r&#233;duit en la circonstance au simple r&#244;le de &#171; passeurs de plats &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord franco-am&#233;ricain constitue un contresens diplomatique. Il d&#233;nature l'essence m&#234;me de la radio fran&#231;aise dont il fait au m&#233;pris du principe de la la&#239;cit&#233; et de la neutralit&#233; de l'&#201;tat, le principal relais du pros&#233;lytisme religieux anglo-saxon &#224; destination de la sph&#232;re arabo-musulmane &#224; un moment critique de l'histoire des relations arabo-occidentales, au paroxysme de l'offensive des pr&#233;dicateurs n&#233;o-conservateurs de l'administration r&#233;publicaine contre l'ensemble arabo-musulman. Une offensive mat&#233;rialis&#233;e par la guerre d'Afghanistan, en 2001, et la guerre d'Irak, en 2003, ainsi que par la d&#233;finition d'un axe du mal articul&#233; autour de l'Iran et de la Syrie, deux pays musulmans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La licence accord&#233;e aux pr&#233;dicateurs anglo-saxons sur les ondes fran&#231;aises et la sous-traitance technique de VOA (Voice of America) accr&#233;ditent l'id&#233;e d'un vecteur fran&#231;ais faisant office de cheval de Troie de la politique am&#233;ricaine dans la zone. Nonobstant les cons&#233;quences dommageables de cette politique, la hi&#233;rarchie du p&#244;le radiophonique ext&#233;rieur (RFI RMC Moyen orient) se f&#233;licitera publiquement de l'exclusivit&#233; d'une interview du Premier ministre britannique Tony Blair, dans une claironnade qui illustre sa tragique m&#233;connaissance des r&#233;alit&#233;s r&#233;gionales : &#224; savoir que le choix de Londres de faire transiter par un relais fran&#231;ais - et non par le prestigieux service arabophone de la BBC -, son message politique vers l'Irak, son ancienne chasse gard&#233;e ravie par les Fran&#231;ais &#224; la chute de la monarchie en 1958, de m&#234;me que le choix des Am&#233;ricains de faire transiter par un diffuseur fran&#231;ais leur pr&#233;dication religieuse semblent principalement destiner &#224; frapper du sceau de la complicit&#233; et de la duplicit&#233; leurs partenaires adversaires Fran&#231;ais. Tant de na&#239;vet&#233;, voire de vanit&#233;, laisse d'autant plus pantois que l'une des cons&#233;quences imm&#233;diates du succ&#232;s de l'offensive anglo-am&#233;ricaine a &#233;t&#233; l'&#233;viction de la France de l'Irak, un pays qui constitue, historiquement, la perc&#233;e majeure de la diplomatie gaullienne de la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une attitude pass&#233;iste, &#224; connotation x&#233;nophobe&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur fond d'une offensive anglo-am&#233;ricaine contre la sph&#232;re arabo-musulmane, alors que les m&#233;dias anglais et am&#233;ricains achevaient leur red&#233;ploiement g&#233;ostrat&#233;gique dans la zone, la France persiste ainsi dans le domaine de la communication, principalement dans l'audiovisuel, dans une attitude pass&#233;iste, &#224; connotation x&#233;nophobe. Depuis le sommet de la Francophonie tenu le 19 octobre 2002 &#224; Beyrouth, la hi&#233;rarchie radiophonique a proc&#233;d&#233;, en deux temps, le 29 octobre 2002, puis en f&#233;vrier mars 2003, &#224; la mise &#224; l'&#233;cart d'une vingtaine de personnes visant dans leur quasi-totalit&#233; des collaborateurs de confession musulmane de la station, dans une d&#233;marche qui s'inscrit en contradiction avec le &#171; dialogue des civilisations &#187; pr&#244;n&#233; par le pr&#233;sident Jacques Chirac aux assises de Beyrouth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier d&#233;gagement, survenu le 29 octobre 2002, soit une semaine apr&#232;s le Sommet de la Francophonie, a priv&#233; le principal vecteur arabophone de la France de la collaboration de certaines des plus prestigieuses signatures du monde arabe, en m&#234;me temps qu'il a port&#233; atteinte &#224; la cr&#233;dibilit&#233; de la station. Parmi les intellectuels arabes priv&#233;s des ondes arabophones figuraient notamment Mme Nawal Saadawi (Egypte), une &#233;crivaine r&#233;put&#233;e pour ses combats pour la promotion des Droits des femmes et le po&#232;te palestinien Samir Al-Qassem. Ceux-l&#224; m&#234;me qui seront &#224; nouveau sollicit&#233;s sur les ondes de Monte-Carlo pour lancer des appels &#224; la lib&#233;ration de Florence Aubenas, la journaliste fran&#231;aise prise en otage en Janvier 2005 en Irak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me d&#233;gagement est intervenu, en f&#233;vrier 2003, en plein d&#233;bat du Conseil de S&#233;curit&#233; sur l'Irak. Cette op&#233;ration a parachev&#233; la d&#233;capitation &#233;ditoriale de la station avec le licenciement du r&#233;dacteur en chef central, Riad Mouassass, et son adjoint, tous deux de nationalit&#233; syrienne, ainsi que celui de l'unique collaborateur irakien de la station&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt; L'Irakien est licenci&#233; au motif fallacieux qu'il avait qualifi&#233; Jacques Chirac du &#171; chef du Front de Refus &#224; la guerre d'Irak &#187; et le r&#233;dacteur en chef au motif tout aussi fallacieux qu'il a sollicit&#233; de la hi&#233;rarchie l'autorisation de participer &#224; un d&#233;bat t&#233;l&#233;visuel&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce chamboulement s'est accompagn&#233; curieusement d'un renforcement concomitant de la pr&#233;sence maronite au sein de la hi&#233;rarchie arabophone, qui raflait ainsi cinq sur sept des postes de responsabilit&#233;, dont le poste de Directeur d'antenne et de Directeur des programmes et le tiers des effectifs. En c&#233;dant au tropisme maronite, la hi&#233;rarchie accentue l'h&#233;g&#233;monie de ce clan au sein de la radio et enfonce la station fran&#231;aise dans l'orni&#232;re confessionnelle libanaise, la transformant quasiment en radio communautaire. Ce faisant, elle ach&#232;ve d'accr&#233;diter l'id&#233;e que la France continue de cultiver le jeu des minorit&#233;s au Moyen-Orient et qu'&#224; l'exclusion des Maronites aucune autre confession ne trouve gr&#226;ce &#224; ses yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est l&#233;gitime pour une direction de s'entourer de collaborateurs sinon &#224; sa d&#233;votion &#224; tout le moins loyaux, il est tout aussi judicieux pour un responsable de retenir la comp&#233;tence comme l'un des crit&#232;res de son recrutement, tant il est imp&#233;ratif pour un vecteur international de disposer d'une &#233;quipe fiable au regard de son auditoire qu'une &#233;quipe pleine de d&#233;votion &#224; l'&#233;gard de sa propre hi&#233;rarchie. La comp&#233;tence n'est pas antinomique de la loyaut&#233; et l'appartenance religieuse ne constitue pas un gage absolu d'aptitude professionnelle encore moins de francophilie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bunk&#233;risation du p&#244;le radiophonique arabophone autour d'un fort noyau maronite (la plus importante minorit&#233; chr&#233;tienne libanaise) expliquerait les d&#233;boires de la station dans sa tentative de prendre pied &#224; Beyrouth, malgr&#233; la grande amiti&#233; du Premier ministre libanais Rafic Hariri pour le pr&#233;sident Jacques Chirac. La bunk&#233;risation a ob&#233;r&#233; la cr&#233;dibilit&#233; de la posture gaullienne de la diplomatie fran&#231;aise et provoqu&#233; un effondrement de l'audience de la radio. Un sondage de 2003 place en effet la radio fran&#231;aise en queue de peloton des grandes stations internationales avec un score d&#233;risoire dans les principaux points d'articulation de la pr&#233;sence fran&#231;aise au Moyen-Orient, y compris au Liban o&#249; elle se place en 16&#232;me position avec un taux d'audience de 5,5%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport du conseil d'administration sur l'exercice 2003, en date de juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hi&#233;rarchie a ainsi proc&#233;d&#233; au plus fort taux de rotation d'une &#233;quipe &#233;ditoriale dans l'histoire de l'audiovisuel ext&#233;rieur avec pas moins de treize cadres de direction rien qu'au sein du module arabophone (trois R&#233;dacteurs en chef, sept R&#233;dacteurs en chef adjoints et trois responsables de programme) ont &#233;t&#233; licenci&#233;s sous le mandat du premier pr&#233;sident du p&#244;le radiophonique ext&#233;rieur. Un communiqu&#233; de l'intersyndicale du personnel de RMC Moyen-Orient en date du 6 d&#233;cembre 2004 adress&#233; aux autorit&#233;s de tutelle accuse la hi&#233;rarchie d'avoir pratiqu&#233; &#171; une politique d'irresponsabilit&#233;, d'arbitraire et de client&#233;lisme &#187; en se livrant &#224; des &#171; licenciements orient&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la France se pose en protectrice des minorit&#233;s opprim&#233;es est en soi &#233;minemment louable et honorable mais qu'elle s'&#233;rige en parrain exclusif des Maronites est r&#233;v&#233;lateur du r&#233;tr&#233;cissement du champ de ses ambitions dans la sph&#232;re arabe. Sauf &#224; consid&#233;rer cette tol&#233;rance comme un gage d&#233;guis&#233; donn&#233; &#224; cette communaut&#233; en compensation du trop grand soutien accord&#233; par le pr&#233;sident Chirac &#224; son ami l'ancien &lt;strong&gt;P&lt;/strong&gt;remier ministre musulman sunnite libanais Rafic Hariri, assassin&#233; le 14 f&#233;vrier 2005 &#224; Beyrouth&lt;strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un clan&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Plut&#244;t que de se pencher s&#233;rieusement sur les raisons de ses d&#233;boires, d'assumer la responsabilit&#233; de ces d&#233;cisions et de leurs cons&#233;quences d&#233;sastreuses tant pour la radio que pour l'image de la France dans le monde arabe, la hi&#233;rarchie de RFI rejette sur une hypoth&#233;tique &#171; cinqui&#232;me colonne &#187; la responsabilit&#233; de son &#233;chec &#224; obtenir une fr&#233;quence &#224; Beyrouth&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;clarations de Jean Paul Cluzel, PDG de RFI, au journal libanais &#171; An-Nahar (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt; Apr&#232;s les &#171; emplois fictifs &#187;, les hi&#233;rarques auront innov&#233; avec la notion de &#171; responsabilit&#233; fictive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arch&#233;type des &#171; Jupp&#233;'s boys &#187; qui peupl&#232;rent la Haute administration durant le bref passage de l'ancien maire de Bordeaux au gouvernement (1995-1997), Jean-Paul Cluzel, nomm&#233; en janvier 1996 &#224; la t&#234;te du holding, a battu un record de long&#233;vit&#233; &#224; la faveur de la cohabitation socialo-gaulliste. Mais &#224; l'approche de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2002 alors que l'issue du scrutin paraissait incertaine, il a multipli&#233; sa candidature aux divers postes audiovisuels (AFP, CSA, TV5), dans une &#233;vidente tentative de se trouver un point de chute &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malvenue d&#233;ontologiquement, cette boulimie candidaturale a desservi dans l'opinion l'image de la haute fonction publique, accr&#233;ditant l'id&#233;e que le vecteur que ce fonctionnaire est cens&#233; servir constitue tout au plus un pis aller, un marche-pied vers des positions plus valorisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malvenu psychologiquement et socialement, le parachutage fr&#233;quent d'&#233;narques parfois sans rapport avec l'information voire avec la communication au sommet du dispositif international audiovisuel s'est apparent&#233; au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie &#224; une valse de nantis sur fond de fracture sociale, justifiant a posteriori le m&#233;contentement populaire contre la collision &#233;narchique des &#233;lites fran&#231;aises et leur c&#233;cit&#233; politique, expliquant pour une part le camouflet &#233;lectoral du pouvoir chiraquien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malvenue enfin strat&#233;giquement, cette agitation de nature carri&#233;riste est intervenue f&#226;cheusement alors que les grands concurrents anglo-saxons et arabes proc&#233;daient &#224; leur repositionnement cons&#233;cutif aux attentats anti-am&#233;ricains de septembre 2001 recrutant au prix fort des journalistes confirm&#233;s sans que le crit&#232;re ethnico-confessionnel soit le facteur d&#233;terminant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant la BBC que les m&#233;dias am&#233;ricains d'ailleurs de m&#234;me que les prestigieuses cha&#238;nes transfronti&#232;res arabes (Al-Jazeera, Al-Arabia) recourent abondamment &#224; des collaborateurs de confession musulmane ou &#224; des chr&#233;tiens pas n&#233;cessairement maronites sans que cette appartenance religieuse n'entrave ni leur comp&#233;titivit&#233;, ni leur cr&#233;dibilit&#233;, ni non plus leur loyaut&#233; &#224; l'&#233;gard de leur entreprise ou de leur pays d'adoption. Force est de constater dans cette optique que le recrutement sur une base ethnico-communataire para&#238;t bien &#234;tre une sp&#233;cificit&#233; fran&#231;aise, la marque de la survivance d'une mentalit&#233; coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'un vecteur ayant vocation &#224; servir de tremplin au rayonnement culturel de la France dans le Monde arabe fasse l'objet, par un incroyable d&#233;voiement, d'une captation de la part d'un clan familial, qu'un tel dispositif mercantilo-clanique perdure pendant trois d&#233;cennies, se transformant parfois en tribune politique &#224; des protagonistes du conflit libanais ou &#224; des transactions commerciales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme en t&#233;moignent les documents joints en annexe de mon ouvrage Aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qu'une telle excroissance enfin ait pu &#233;chapper &#224; la vigilance de l'autorit&#233; de tutelle suffisent &#224; expliquer la r&#233;gression m&#233;diatique fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier rang des pays au d&#233;but des ann&#233;es 1970 dans le domaine des m&#233;dias dans la sph&#232;re euro-m&#233;diterran&#233;enne, la France, en d&#233;pit de son incontestable atout repr&#233;sent&#233; par l'h&#233;ritage gaulliste, se retrouve trente ans plus tard paradoxalement &#224; l'arri&#232;re ban des grands pays occidentaux, supplant&#233;e m&#234;me par les nouvelles puissances r&#233;gionales, telle l'Arabie Saoudite, ou encore le petit &#201;tat du Qatar avec la cha&#238;ne transfronti&#232;re &#171; Al-Jazeera &#187;. Alors que la concurrence internationale se met en ordre de bataille dans les ann&#233;es 1980-1990 avec la mise sur orbite de grands vecteurs transcontinentaux &#224; diffusion satellitaire, l'audiovisuel ext&#233;rieur fran&#231;ais, &#224; l'image de sa classe politico-administrative, sombre dans deux d&#233;cennies de frime et de fric, de gabegie, de copinage, de client&#233;lisme et de n&#233;potisme. La France ne s'est jamais remise de cette folle p&#233;riode sanctionn&#233;e par de retentissants scandales judiciaires et le collapsus de son dispositif audiovisuel ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un retard d'un quart de si&#232;cle sur son a&#238;n&#233;e am&#233;ricaine, la France lance sa propre cha&#238;ne d'information continue sur le mod&#232;le de la cha&#238;ne plan&#233;taire CNN, alors que l'espace euro-m&#233;diterran&#233;en est stri&#233; de grands vecteurs transfronti&#232;res anglo-saxons ou arabes. Vingt ans apr&#232;s la mise en route de ce projet, la r&#233;forme du dispositif audiovisuel ext&#233;rieur fran&#231;ais marque le pas, ballott&#233;e entre les restrictions budg&#233;taires, l'incertitude des politiques et l'ind&#233;cision de leurs conseillers, tous pourtant engag&#233;s dans une qu&#234;te &#233;perdue d'une mythique &#171; cha&#238;ne vitrine &#187; qui redonnerait &#224; la France son lustre d'antan. Pis. Le reprofilage de l'appareil ext&#233;rieur qui se voulait une des grandes r&#233;alisations de la pr&#233;sidence chiraquienne, d&#233;bouche sur un dispositif anachronique en contradiction avec le &#171; dialogue des cultures &#187; que la France se proposait de lancer au sommet de la Francophonie &#224; Beyrouth : un module arabophone &#224; structure ethno&lt;strong&gt;-&lt;/strong&gt;communautariste d&#233;cri&#233;&lt;strong&gt;e&lt;/strong&gt; pour son clanisme, et, en tant que support de la radio m&#233;thodiste am&#233;ricaine Trans World Radio, d&#233;cri&#233; aussi pour son pros&#233;lytisme religieux am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre toute attente, le p&#244;le radiophonique ext&#233;rieur se pr&#233;sente m&#234;me comme parti&lt;strong&gt;e&lt;/strong&gt; prenante &#224; la lutte men&#233;e par les groupes fondamentalistes am&#233;ricains en vue de promouvoir une spiritualisation du monde selon le sch&#233;ma occidental contribuant ainsi &#224; imposer les valeurs am&#233;ricaines &#224; travers la mondialisation, au d&#233;triment des propres int&#233;r&#234;ts de la France et de sa sp&#233;cificit&#233; culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf &#224; se r&#233;soudre &#224; une marginalisation durable, la perc&#233;e anglo-saxonne doit conduire la France &#224; une s&#233;rieuse remise &#224; plat de sa politique audiovisuelle, tant il est vrai que l'enjeu de la comp&#233;tition n'est rien moins que la d&#233;termination de la nouvelle hi&#233;rarchie de puissance au sein des futurs &#233;quilibres r&#233;gionaux r&#233;sultant de la recomposition du paysage r&#233;gional dans le domaine de l'information et partant dans l'ordre culturel. Jacques Chirac aborde la derni&#232;re ligne droite de sa carri&#232;re avec un bilan sujet &#224; caution : Sa responsabilit&#233; est clairement engag&#233;e dans le naufrage du p&#244;le audiovisuel ext&#233;rieur dont il a assur&#233; le pilotage &#224; distance avec des cons&#233;quences d&#233;sastreuses comparables par leur impact au sabordage de la flotte fran&#231;aise &#224; Toulon en 1942. Son projet phare d'une cha&#238;ne d'information continue est tourn&#233; en d&#233;rision pour ses multiples rebondissements et ses pannes multiples sous forme d'une &#233;quation corrosive &#171; CII=Compl&#233;ment inutile et infaisable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; CII, la CNN &#224; la fran&#231;aise en panne, un compl&#233;ment inutile et infaisable (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; Naba&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journaliste-&#233;crivain, auteur de Aux origines de la trag&#233;die arabe -Editions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; 6 d&#233;cembre 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Origines de la trag&#233;die arabe&lt;/i&gt; -Editions Bachari, Juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport du Conseil d'administration &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des actionnaires sur l'exercice 2003, en date de juin 2004 page 4) : RFI loue &#224; Trans World Radio (TWR), radio de l'&#233;glise m&#233;thodiste am&#233;ricaine de surcro&#238;t &#224; une heure de grande &#233;coute les antennes ondes moyennes de RMC-MO pour la diffusion d'&#233;missions religieuses &#224; destination du monde arabo-musulman. Ces &#233;missions quotidiennes d'une dur&#233;e moyenne de 1h30 sont faites en anglais et en arabe, &#224; destination d'une zone qui abrite les plus hauts lieux de l'Islam, La Mecque (Arabie saoudite), Qom (Iran), Al-Azhar (Egypte), Nadjaf et Karbala (Irak), c'est &#224; dire dans une zone qui abrite le plus important foyer d'int&#233;grisme en dehors du secteur Pakistan-Afghanistan. Depuis juin 2002, alors que se profilait la campagne d'Irak, RMC MO a &#233;toff&#233; sa prestation aux m&#233;dias am&#233;ricains en assurant la maintenance des &#233;quipements n&#233;cessaires &#224; la diffusion des vecteurs am&#233;ricains depuis le relais de Chypre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport du conseil d'administration sur l'exercice 2003, en date de juin 2004, op. cit&#233; page 2. En Jordanie, RMC se situe en 6&#232;me position (5%d'audience, malgr&#233; sa pr&#233;sence sur la bande FM) et en Syrie 5&#232;me position (9,7 % d'audience)&lt;strong&gt;. &lt;/strong&gt;Le rapport signale enfin d'une fa&#231;on sibylline qu'&#171; une &#233;tude quantitative a &#233;t&#233; effectu&#233;e au Qatar &#187; sans mentionner ni la position ni le taux d'audience. Une telle pudeur s'explique, semble-t-il, par le fait que RMC ne se trouvait pas plac&#233;e en t&#234;te du hit parade du classement au Qatar, mais plut&#244;t vers le bas du tableau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;clarations de Jean Paul Cluzel, PDG de RFI, au journal libanais &#171; An-Nahar &#187; en date du 21 octobre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme en t&#233;moignent les documents joints en annexe de mon ouvrage&lt;i&gt; Aux origines de la trag&#233;die arabe &#187;, Editions Bachari, 2006&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; CII, la CNN &#224; la fran&#231;aise en panne, un compl&#233;ment inutile et infaisable &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; 25 juillet 2005 de Rapha&#235;l Garrigos et Isabelle Robert. La derni&#232;re mouture du projet pr&#233;voit une duplexion du dispositif en deux cha&#238;nes : une cha&#238;ne internationale (fran&#231;ais et Anglais) et une cha&#238;ne arabophone &#224; capitaux mixtes franco-marocains &#233;mettant depuis Tanger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Journaliste-&#233;crivain, auteur de Aux origines de la trag&#233;die arabe -Editions Bachari, Juin 2006. Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l'AFP (1980-1990), ancien conseiller du Directeur g&#233;n&#233;ral de l'Information de RMC-Moyen Orient (1989-1994), Ren&#233; Naba est, en outre, l'auteur des ouvrages suivants : &lt;i&gt;Guerre des ondes, Guerre des religions, la bataille hertzienne dans le ciel m&#233;diterran&#233;en&lt;/i&gt;, Harmattan 1998 ; &lt;i&gt;Rafic Hariri, un homme d'affaires premier ministre&lt;/i&gt;, Harmattan 2000 ; &lt;i&gt;Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Harmattan 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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