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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Le&#231;ons d'&#233;mancipation : l'exemple du mouvement des logiciels libres</title>
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		<dc:date>2009-08-02T22:04:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herv&#233; Le Crosnier</dc:creator>


		<dc:subject>Logiciels libres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le mouvement des logiciels libres - Un mouvement symbole - Les nouveaux mouvements du num&#233;rique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Internet-et-libertes-" rel="directory"&gt;Internet et libert&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Logiciels-libres-+" rel="tag"&gt;Logiciels libres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous forme de &#171; tribune &#187;, nous publions ci-dessous, avec l'autorisation de l'auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte diffus&#233; sous licence Creative Commons by-nc.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un article d'Herv&#233; Le Crosnier, initialement paru &lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/spip.php?article9864&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site d'Attac&lt;/a&gt;, le 27 avril 2009. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un mouvement ne parle que rarement de lui-m&#234;me. Il agit, propose, th&#233;orise parfois sa propre pratique, mais ne se m&#234;le qu'exceptionnellement de la descendance de son action dans les autres domaines, qu'ils soient analogues, tels ici les autres mouvements dans le cadre de la propri&#233;t&#233; immat&#233;rielle, ou qu'ils soient plus globalement anti-syst&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les incises sur le r&#244;le politique du mouvement du logiciel libre dans la phase actuelle et sa puissance d'&#233;mancipation ne sont donc que mes propres interpr&#233;tations... m&#234;me si une large partie du mouvement en partage, si ce n'est l'expression, du moins le substrat. Mais d'autres, pourtant membres du m&#234;me mouvement, et construisant eux aussi le bien commun du logiciel libre pourraient penser que leur motifs d'adh&#233;sion et leur objectifs restent largement diff&#233;rents, consid&#233;rant l'&#233;laboration de logiciels libres comme une autre approche de l'activit&#233; capitalistique et de march&#233;, mais qui leur semble plus adapt&#233;e au travail immat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Approche &#171; pragmatique &#187; et approche &#171; philosophique &#187; ne sont pas incompatibles, c'est du moins la principale le&#231;on politique que je pense tirer de ce mouvement et de son impact plus global sur toute la soci&#233;t&#233;. Car si un mouvement ne parle pas de lui-m&#234;me, il &#171; fait parler &#187; et exprime autant qu'il ne s'exprime. Le mouvement des logiciels libres, et ses diverses tendances, est plus encore dans ce cas de figure, car son initiateur, Richard M. Stallman, n'h&#233;site pour sa part jamais &#224; placer les fondements philosophiques au c&#339;ur de l'action du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour saisir la gen&#232;se du mouvement des logiciels libres, mais aussi son r&#233;el impact lib&#233;rateur pour toute la soci&#233;t&#233;, il convient de revenir &#224; la question m&#234;me du logiciel. Le n&#233;ophyte a souvent tendance &#224; assimiler le logiciel aux outils de productivit&#233;, tels les traitements de texte ou les navigateurs. Mais il convient de comprendre que le logiciel intervient d&#232;s qu'une machine, un microprocesseur, sait &#171; traiter l'information &#187;, i.e. transformer des signaux d'entr&#233;e (souris, clavier, r&#233;seau, mais aussi capteurs les plus divers) en signaux de sortie exploitables, soit directement par les humains (&#233;cran, impression&#8230;), soit utilis&#233;s en entr&#233;e par une autre machine de &#171; traitement de l'information &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le logiciel est partout dans le monde informatique :&lt;br class='manualbr' /&gt;- c'est l'outil essentiel d'acc&#232;s aux connaissances et informations stock&#233;es dans les m&#233;moires num&#233;riques ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- il est lui-m&#234;me une forme d'enregistrement de la connaissance et des mod&#232;les du monde produits par les informaticiens ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- enfin chaque logiciel est une brique n&#233;cessaire au fonctionnement des ordinateurs (syst&#232;me d'exploitation), des r&#233;seaux et, de plus en plus, de tous les appareils techniques qui incorporent une part de &#171; traitement de l'information &#187;, depuis les machines-outils de l'industrie jusqu'aux outils communicants de &#171; l'Internet des objets &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le logiciel est donc tout &#224; la fois un &#171; produit &#187; (un bien que l'on acquiert afin de lui faire tenir un r&#244;le dans l'activit&#233; priv&#233;e ou industrielle), un service (un syst&#232;me, certes automatis&#233;, auquel un usager va faire remplir des t&#226;ches) et une m&#233;thode (une fa&#231;on de repr&#233;senter le monde et les actions possibles). Ce statut ubiquitaire du logiciel est essentiel pour comprendre certaines des revendications de libert&#233; des acteurs du mouvement : il ne s'agit pas simplement d'un outil (un produit de type &#171; machine-outil &#187;), mais d'un syst&#232;me-monde dans lequel se glissent peu &#224; peu la majeure partie des activit&#233;s humaines, dans tous les domaines, de la production industrielle &#224; la culture, de la communication &#224; l'&#233;ducation,... Andr&#233; Gorz parle d'une &#171; logiciarisation de toutes les activit&#233;s humaines &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'immat&#233;riel, Andr&#233; Gorz, Galil&#233;e, 2004.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception des logiciels s'en trouve affect&#233;e, ainsi que sa cat&#233;gorisation, qui lui dessine une place sp&#233;cifique dans le cadre m&#234;me du &#171; march&#233; &#187;. Le logiciel est &#224; la fois :&lt;br class='manualbr' /&gt;- une &lt;strong&gt;&#339;uvre de cr&#233;ation&lt;/strong&gt; : on peut r&#233;ellement parler d'un &#171; auteur &#187; de logiciel, au moins collectif gr&#226;ce au d&#233;veloppement de techniques de partage de code et de maintenance (g&#233;nie logiciel et programmation par objets). Chaque logiciel porte la trace des raisonnements de celui qui l'a programm&#233; ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- un &lt;strong&gt;travail incr&#233;mental&lt;/strong&gt; : un logiciel comporte des &#171; bugs &#187;, qui ne peuvent &#234;tre corrig&#233;s qu'au travers de l'exp&#233;rience utilisateur, et un logiciel doit suivre l'&#233;volution de son environnement informatique (les autres logiciels). Ceci implique la coop&#233;ration comme base de la construction de logiciels fiables, &#233;volutifs, et adaptables aux divers besoins ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- une &lt;strong&gt;production de connaissances&lt;/strong&gt; (les &#171; algorithmes &#187;), qui pourraient devenir privatis&#233;es si les m&#233;thodes de raisonnement et les formes du calcul ne pouvaient &#234;tre reprises par d'autres programmeurs (cette question est au c&#339;ur du refus par le mouvement des logiciels libres des brevets de logiciels et de m&#233;thodes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'informatique, et l'extension du r&#233;seau et du num&#233;rique &#224; tous les aspects de la production, de la consommation et des relations interpersonnelles (au niveau priv&#233; comme au niveau public), cr&#233;e un v&#233;ritable &#171; &#233;cosyst&#232;me &#187; dans lequel : &lt;br class='manualbr' /&gt;- chaque programme doit s'appuyer sur des couches &#171; inf&#233;rieures &#187; (des applications d&#233;j&#224; existantes jusqu'aux pilotes des machines &#233;lectroniques dites &#171; p&#233;riph&#233;riques &#187;) et rendre des informations &#224; d'autres logiciels. La d&#233;finition des &#171; interfaces &#187; entre programmes devient essentielle, et la normalisation de ces &#233;changes une n&#233;cessit&#233; vitale ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- les programmes peuvent lire ou &#233;crire des donn&#233;es provenant d'autres programmes ou outils. C'est l'interop&#233;rabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ces &#233;changes soient &#171; ouverts &#187; ou &#171; &#224; discr&#233;tion d'un propri&#233;taire &#187; devient une question d&#233;terminante. Dans le premier cas, l'innovation s'appuie sur ce qui existe, et peut rester concurrentielle (nouveaux entrants, mais aussi nouvelles id&#233;es) ; dans le second, tout concourt &#224; la monopolisation (au sens de monopoles industriels, mais aussi de voie balis&#233;e limitant la cr&#233;ativit&#233;). D'autant qu'un &#171; effet de r&#233;seau &#187; (privil&#232;ge au premier arriv&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;[Effet de r&#233;seau, wikipedia&gt;]) vient renforcer ce ph&#233;nom&#232;ne.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces points techniques forment un faisceau de contraintes et d'opportunit&#233;s pour les industries du logiciel comme pour les programmeurs individuels : &lt;br class='manualbr' /&gt;- la capacit&#233; &#224; &#171; rendre des services aux usagers &#187; sans devoir ma&#238;triser une cha&#238;ne compl&#232;te. Ce qui entra&#238;ne la cr&#233;ation d'un &#171; march&#233; du service &#187; et la capacit&#233; de d&#233;tournement social de tout syst&#232;me num&#233;rique : innovation ascendante, usage de masse, relations ambigu&#235;s entre les facilitateurs -producteurs de logiciels ouverts ou de services interop&#233;rables &#8211; et les usagers&#8230; ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- la mise en place d'un espace d'investissement personnel pour les programmeurs (autor&#233;alisation de soi, expression de la cr&#233;ativit&#233;, capacit&#233; &#224; rendre des services associatifs et coop&#233;ratifs). On rencontre ici un changement &#233;mancipateur plus g&#233;n&#233;ral que Charles Leadbeater et l'institut Demos a nomm&#233; &#171; &lt;i&gt;the pro-am r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Pro-Am revolution, How enthusiasts are changing our economy and society, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement des logiciels libres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les logiciels libres partent de cette intrication du logiciel, de la connaissance et du contenu : tout ce qui limite l'acc&#232;s au code source des programmes va :&lt;br class='manualbr' /&gt;- limiter la diffusion de la connaissance ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- privatiser les contenus (avec les dangers que cela peut repr&#233;senter pour les individus, mais aussi les structures publiques, des universit&#233;s aux Etats) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- brider la cr&#233;ativit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; code source &#187; est la version lisible par un &#171; homme de l'art &#187; d'un logiciel. L'acc&#232;s &#224; ce code est un moyen de comprendre, d'apprendre, de modifier, de v&#233;rifier, de faire &#233;voluer un logiciel. C'est de cette libert&#233;-l&#224; qu'il est question dans le mouvement des logiciels libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de construire la &#171; &lt;i&gt;libert&#233; de coop&#233;rer&lt;/i&gt; &#187; entre les programmeurs. Un logiciel libre respecte quatre libert&#233;s : &lt;br class='manualbr' /&gt;- la &lt;i&gt;libert&#233; d'ex&#233;cuter&lt;/i&gt; le programme, pour tous les usages (libert&#233; 0.) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- la &lt;i&gt;libert&#233; d'&#233;tudier&lt;/i&gt; le fonctionnement du programme et de l'adapter &#224; ses besoins (libert&#233; 1) ; pour cela, l'acc&#232;s au code source est n&#233;cessaire ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- la &lt;i&gt;libert&#233; de redistribuer&lt;/i&gt; des copies, donc d'aider son voisin, (libert&#233; 2) ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- la &lt;i&gt;libert&#233; d'am&#233;liorer&lt;/i&gt; le programme et de publier ses am&#233;liorations, pour en faire profiter toute la communaut&#233; (libert&#233; 3) ; pour cela, l'acc&#232;s au code source est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera que cet ensemble de &#171; libert&#233;s &#187; constitue une nouvelle &#171; libert&#233; de coop&#233;rer &#187;, et non un &#171; droit &#187; au sens o&#249; la responsabilit&#233; de la continuit&#233; de cette libert&#233; reposerait sur des structures et des forces ext&#233;rieures aux communaut&#233;s concern&#233;es. C'est parce qu'ils ont besoin de coop&#233;rer pour lib&#233;rer leur cr&#233;ativit&#233; (et aussi, souvent, pour gagner leur vie avec cette cr&#233;ation de logiciel) que les d&#233;veloppeurs ont install&#233;, dans le champ de mines des entreprises du logiciel et de l'informatique, les espaces de libert&#233; dont ils pouvaient avoir besoin. Le maintien de cet espace de libert&#233; peut &#233;videmment demander l'intervention de la &#171; puissance publique &#187; : proc&#232;s, respect des contrats de licence, mais aussi financement de nouveaux logiciels libres ou am&#233;lioration/adaptation de logiciels libres existants&#8230; Mais &#224; tout moment, c'est la capacit&#233; &#224; &#233;largir et faire vivre les outils, m&#233;thodes, normes et r&#233;flexions par la communaut&#233; des d&#233;veloppeurs du libre elle-m&#234;me qui d&#233;termine l'espace de cette &#171; libert&#233; de coop&#233;rer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des cons&#233;quences, souvent marquante pour le grand public, au point d'occulter le reste, vient de la capacit&#233; de tout programmeur &#224; reconstruire le programme fonctionnel (le logiciel &#171; objet &#187;) &#224; partir du &#171; code source &#187;... Si le &#171; code source &#187; est accessible, pour toutes les raisons &#233;num&#233;r&#233;es ci-dessus, il existera donc toujours une version &#171; gratuite &#187; du logiciel. Mais ce n'est qu'une cons&#233;quence : un logiciel libre peut &#234;tre payant, c'est d'ailleurs souvent le cas : mais les copies seront &#224; la discr&#233;tion de celui qui aura achet&#233; un logiciel. S'il le souhaite, il peut redistribuer gratuitement. Le produit payant, s'il veut avoir une &#171; raison d'&#234;tre &#187;, y compris dans le mod&#232;le du march&#233;, doit donc incorporer du service compl&#233;mentaire. On passe d'un mod&#232;le &#171; produit &#187; &#224; un mod&#232;le &#171; service &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question &#233;conomique, pour la communaut&#233; des d&#233;veloppeurs de logiciels libres, tourne alors autour du ph&#233;nom&#232;ne de &#171; passager clandestin &#187;, celui qui va profiter des logiciels libres produits par d'autres, sans lui-m&#234;me participer &#224; l'&#233;volution de l'&#233;cosyst&#232;me. Pire, celui qui va privatiser la connaissance inscrite dans les logiciels libres. Par exemple, le syst&#232;me priv&#233; Mac OS X s'appuie sur l'Unix de Berkeley. Apple profite du choix des concepteurs de ce dernier, dans la pure tradition universitaire, de consid&#233;rer leur logiciel comme une &#171; connaissance &#187; construite &#224; l'Universit&#233; et donc d&#233;livr&#233;e par elle pour tous les usages, sans r&#232;gles et sans contraintes... une subtile question de gouvernance au sein du mouvement des logiciels libres, mais qui a des cons&#233;quences sociales d'ampleur... Dans la th&#233;orie des biens communs, la maintenance de la capacit&#233; des communaut&#233;s &#224; continuer d'acc&#233;der aux biens communs qu'elles ont produite est centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; mouvement des logiciels libres &#187; part de cette double contrainte :&lt;br class='manualbr' /&gt;- favoriser la coop&#233;ration autour du code informatique pour &#233;tendre l'&#233;cosyst&#232;me ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- laisser fonctionner un &#171; march&#233; de l'informatique &#187; (tout service m&#233;rite r&#233;tribution).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invention de la GPL (&lt;a href=&#034;http://www.gnu.org/licenses/licenses.fr.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;General Public Licence&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;), en 1989, par Richard Stallman et Eben Moglen, va marquer un tournant :&lt;br class='manualbr' /&gt;- auparavant le mod&#232;le &#171; universitaire &#187; produisait des biens de connaissance dont les usagers (&#233;tudiants, mais aussi industries) pouvaient disposer sans contraintes. Ceci permettait le d&#233;veloppement de plusieurs produits construits sur les m&#234;mes connaissances (vision positive), mais aussi la privatisation par les entreprises associ&#233;es aux centres de recherche universitaires ou publics ; &lt;br class='manualbr' /&gt;- &#233;crite pour prot&#233;ger une construction communautaire, celle du projet GNU (GNU's Not Unix), la GPL produit une forme de gouvernance adapt&#233;e &#224; un type de bien, &#224; une s&#233;rie de r&#232;gles et normes communautaires, et &#224; un projet politique (repr&#233;sent&#233; par la &lt;i&gt;Free Software Foundation&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La GPL s'appuie sur le &#171; droit d'auteur &#187; pour compl&#233;ter celui-ci par un &#171; contrat priv&#233; &#187; (une &#171; licence &#187;) qui autorise tout usage (donc offre les quatre libert&#233;s du logiciel libre), mais contraint celui qui s'appuie sur du code libre &#224; rendre &#224; la communaut&#233; les ajouts et corrections qu'il aura pu apporter. On parle d'une &#171; &lt;i&gt;licence virale&lt;/i&gt; &#187; : tout logiciel qui utilise du logiciel libre doit lui aussi rester un logiciel libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette invention juridique est fondatrice, non seulement du mouvement des logiciels libres, et du maintien et extension de cet espace alternatif de libert&#233;, mais aussi fondatrice pour d'autres mouvements qui vont exploiter la capacit&#233; des d&#233;tenteurs de connaissance (ou les producteurs de culture) &#224; d&#233;cider volontairement de construire de nouveaux espaces de coop&#233;ration et de libert&#233;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement symbole&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des logiciels libre repr&#233;sente une exp&#233;rience sociale de grande ampleur, qui a profond&#233;ment boulevers&#233; le monde de l'informatique. Il suffit d'imaginer un monde dans lequel seul l'achat d'un logiciel permettrait de tester des produits et services informatiques : dans ce monde il n'y aurait pas d'Internet (les r&#232;gles de l'organisme technique qui &#233;labore les normes, l'IETF, imposent l'existence d'au moins un logiciel libre pour valider un protocole), pas d'&#233;change de musique num&#233;rique, l'&#233;volution des sites Web serait soumise &#224; la d&#233;cision d'opportunit&#233; &#233;conomique des g&#233;ants oligopolistiques qui se seraient install&#233;s sur l'outil de communication, l'apprentissage des m&#233;thodes de d&#233;veloppement informatique dans les universit&#233;s seraient soumises &#224; la &#171; certification &#187; de tel ou tel B&#233;h&#233;moth du logiciel ou des r&#233;seaux,...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'ayons pas peur de dire la m&#234;me chose avec d'autres mots qui parleront peut-&#234;tre plus clairement aux h&#233;ritiers du mouvement social et ouvrier : le mouvement des logiciels libre a fait la r&#233;volution, cr&#233;&#233; de nouveaux espaces de libert&#233;, assur&#233; un basculement des pouvoirs et lib&#233;r&#233; plus largement autour de lui ce qui aurait pu devenir un ordre nouveau, balis&#233; par les d&#233;cisions de quelques entreprises. Comme toute r&#233;volution, elle est fragile, comporte des zones d'ombres, des &#171; risques &#187; de d&#233;rapages ou de r&#233;cup&#233;ration. Mais avant tout, comme les r&#233;volutions sociales, elle est un formidable espoir qui va ouvrir &#224; la joie du monde non seulement les acteurs, mais tous les autres courants entra&#238;n&#233;s dans la dynamique, comme nous le verrons plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des logiciels libres met en avant la notion de &#171; biens communs &#187; : cr&#233;&#233;s par des communaut&#233;s, prot&#233;g&#233;s par ces communaut&#233;s (licence GPL, activit&#233; de veille permanente pour &#233;viter les intrusions logicielles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est par exemple par ce type d'analyse des logiciels propri&#233;taires que l'on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et favorisant l'&#233;largissement des communaut&#233;s b&#233;n&#233;ficiaires. La gouvernance des biens communs, surtout quand ils sont dispers&#233;s &#224; l'&#233;chelle du monde et de milliards d'usagers, est une question centrale pour la red&#233;finition de l'&#233;mancipation. Le mouvement des logiciels libres montre que cela est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un mouvement qui construit de &#171; nouvelles alliances &#187;. Les clivages face au logiciel libre ne recouvrent pas les clivages sociaux traditionnels. Par exemple, le souverainisme ne sait pas comment se situer face &#224; des biens communs mondiaux : il n'y a plus de capacit&#233; &#224; d&#233;fendre des &#171; industries nationales &#187;. Seuls les services peuvent localiser l'&#233;nergie &#233;conomique ouverte par de tels biens. Le mouvement des logiciels libres ne se d&#233;finit pas en tant que tel &#171; anticapitaliste &#187;, car nombre d'entreprises, parmi les plus importantes et dominatrices (IBM en t&#234;te), ont compris que l'&#233;cosyst&#232;me informatique ne pouvait fonctionner sans une innovation r&#233;partie, et donc des capacit&#233;s d'acc&#232;s et de cr&#233;ation &#224; partir des bases communes (le fonctionnement de l'Internet et les normes d'interop&#233;rabilit&#233;). Il est plut&#244;t &#171; post-capitaliste &#187;, au sens o&#249; il s'inscrit dans le mod&#232;le g&#233;n&#233;ral du &#171; capitalisme cognitif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le capitalisme cognitif : la nouvelle grande transformation, Yann (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui est oblig&#233; de produire des externalit&#233;s positives pour se d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, c'est un mouvement social qui s'est inscrit d&#232;s sa formation dans la sph&#232;re politique en produisant une utilisation juridique innovante (la GPL) comme moyen de constituer la communaut&#233; et prot&#233;ger ses biens communs. Ce faisant, ce mouvement agit en &#171; parasite &#187; sur l'industrie qui le porte. On retrouve des &#233;l&#233;ments du socialisme du XIXe si&#232;cle : ne plus attendre pour organiser des &#171; coop&#233;ratives &#187; et des &#171; bourses du travail &#187;. Une logique qui est aussi pass&#233;e par l'exp&#233;rience des mouvements dits alternatifs (&#171; californiens &#187;) : construire ici et maintenant le monde dans lequel nous avons envie de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette symbiose entre le mouvement, son radicalisme (c'est quand m&#234;me un des rares mouvements sociaux qui a produit et gagn&#233; une r&#233;volution dans les trente derni&#232;res ann&#233;es) et les &#233;volutions du capital montrent qu'il existe une autre voie d'&#233;mancipation que &#171; la prise du Palais d'Hiver &#187;, surtout dans un monde globalis&#233; et multipolaire, dans lequel le &#171; quartier g&#233;n&#233;ral &#187; n'existe plus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces deux r&#233;f&#233;rences renvoient &#224; l'imagerie du mouvement communiste de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le mouvement des logiciels libres a construit une strat&#233;gie d'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; aupr&#232;s de ses membres. La &#171; communaut&#233; &#187; prot&#232;ge ses membres. Il y a &#233;videmment les r&#232;gles juridiques de la GPL d'une part, mais pensons aussi &#224; la capacit&#233; &#224; &#171; offrir &#187; du code en coop&#233;ration pour que chaque membre puisse s'appuyer sur un &#233;cosyst&#232;me en &#233;largissement permanent afin de trouver les outils dont il a besoin ou d'adapter les outils existants &#224; ses besoins. C'est une des raisons de la force du mouvement : en rendant plus solides et confiants ses membres, il leur permet d'habiter la noosph&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Homesteading the noosphere, Eric Raymond. Une traduction fran&#231;aise est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cet &lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; doit beaucoup au mouvement f&#233;ministe (m&#234;me si, paradoxalement, il y a peu de femmes et qu'elles sont souvent trait&#233;es avec d&#233;dain parmi les activistes du logiciel libre). Comme dans l'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; du mouvement f&#233;ministe, c'est la vie quotidienne et l'activit&#233; humaine cr&#233;atrice qui est au c&#339;ur de la r&#233;flexion du mouvement social. La &#171; concurrence &#187; entre programmeurs libres se joue sur le terrain de &#171; l'excellence &#187; au sens des communaut&#233;s scientifiques : il s'agit de donner du code &#171; propre &#187;, de qualit&#233;, rendant les meilleurs services, autant que de permettre aux d&#233;butants de s'inscrire dans la logique globale, par leurs initiatives et activit&#233;s particuli&#232;res, sans la n&#233;cessit&#233; d'&#234;tre un &#233;l&#233;ment dans un &#171; plan d'ensemble &#187;. C'est un mouvement qui pratique l'auto&#233;ducation de ses membres (nombreux tutoriels sur le Web, ouverture des d&#233;bats, usage des forums ouverts&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, m&#234;me si de nombreuses structures associatives organisent et repr&#233;sentent le mouvement, la structuration de celui-ci comme mouvement social mondial est beaucoup plus floue. C'est au travers de l'usage des produits du mouvement que l'on devient &#171; membre &#187; du mouvement, et non au travers de la production d'un discours ou d'une activit&#233; de lobbyisme ou de conscientisation. On retrouve les formes d'adh&#233;sion &#171; &#224; la carte &#187; des autres mouvements sociaux. On s'aper&#231;oit aussi que les mouvements parlent toujours au-del&#224; des discours de leurs membres, individus ou organisations...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extension : les nouveaux mouvements du num&#233;rique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment essentiel pour comprendre l'importance et l'enjeu du mouvement des logiciels libres est de voir sa descendance dans d'autres mouvements li&#233;s &#224; la sph&#232;re du num&#233;rique. Comme tout mouvement, les acteurs des logiciels libres ne sont pas tous conscients de l'&#233;tendue strat&#233;gique de leur actions. Nombre des membres se contentent des r&#232;gles et normes &#171; techniques &#187; &#233;tablies par le mouvement et se reconnaissent dans l'aspect pratique des r&#233;sultats. Mais pourtant, les r&#232;gles et les m&#233;thodes mises en place par le mouvement des logiciels libres se retrouvent dans d'autres sph&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle d'une &#171; soci&#233;t&#233; de la connaissance &#187; ou &#171; de l'information &#187;, ce qui est une expression ambigu&#235;, qu'il conviendrait de mettre en perspective&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soci&#233;t&#233; de l'information/soci&#233;t&#233; de la connaissance, Sally Burch : In : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais pour r&#233;sum&#233;e qu'elle soit, l'expression souligne que la propri&#233;t&#233; sur la connaissance, la capacit&#233; &#224; mobiliser &#171; l'intelligence collective &#187; sont des questions organisatrices essentielles de l'&#233;conomie du monde &#224; venir. Et que ces questions renouv&#232;lent autant les formes de domination (par exemple la mont&#233;e des grands &#171; vecteurs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tentative de d&#233;finition du vectorialisme, In : Traitements et pratiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur l'internet, comme Google, Yahoo !, Orange, Adobe&#8230; qui souvent s'appuient sur les logiciels libres) que les formes de l'&#233;mancipation et la notion de contournement, de situation (au sens du situationnisme) et de symbiose parasitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc appara&#238;tre de nouvelles lignes de faille dans les oppositions &#171; de classe &#187; li&#233;es au capitalisme mondialis&#233; et technicis&#233;. Et en cons&#233;quence de nouveaux regroupements des &#171; r&#233;sistants &#187; ou des &#171; innovateurs sociaux &#187;. Plusieurs tentatives de th&#233;orisation de cette situation existent, depuis la th&#233;orie des multitudes de Toni Negri et Michael Hardt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Multitude : Guerre et d&#233;mocratie &#224; l'&#226;ge de l'Empire, Michael Hardt et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; celle de la &lt;i&gt;Hacker Class&lt;/i&gt; de MacKenzie Wark&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un Manifeste Hacker : &#034;a Hacker Manifesto&#034;, McKenzie Wark, Ed. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui d&#233;crivent des facettes de ce monde nouveau qui &#233;merge. Toutefois, ces interpr&#233;tations ne savent pas encore r&#233;pondre &#224; deux questions centrales. D'abord celle dite traditionnellement des &#171; alliances de classes &#187;, notamment la relation entre ces mouvements sociaux et les mouvements de lib&#233;ration issus de l'&#232;re industrielle. Des &#171; alliances &#187; pos&#233;es non en termes &#171; tactiques &#187; (unit&#233; de fa&#231;ade ou d'objectifs), mais bien en termes programmatiques (quelle soci&#233;t&#233; voulons-nous construire ? quelle utopie nous guide ? quelle articulation entre l'&#233;galit&#233; &#8211; objectif social - et l'&#233;litisme &#8211; au sens fort des communaut&#233;s scientifiques ou des compagnons : &#234;tre un &#171; grand &#187; dans son propre domaine de comp&#233;tence ?). Ensuite, celle dite de la transition, particuli&#232;rement en ce qu'elle porte sur les relations entre les sc&#232;nes alternatives et les sc&#232;nes politiques. Le capitalisme, comme forme de sorcellerie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La sorcellerie capitaliste : Pratiques de d&#233;senvo&#251;tement, Philippe Pignarre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ne peut pas s'effondrer de lui-m&#234;me sous le poids de ses contradictions internes. Le politique, avec toutes les transformations n&#233;cessaires des sc&#232;nes o&#249; il se donne en spectacle (m&#233;dias, &#233;lections, institutions&#8230;), garde une place dans l'agencement global des divers dispositifs alternatifs &#8211; ou internalis&#233;s et r&#233;cup&#233;r&#233;s &#8211; qui se mettent en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions peuvent avancer quand on regarde l'&#233;volution du mouvement des logiciels libres, qui est n&#233; d'une innovation juridique (la GPL) et qui d&#233;fend aujourd'hui son espace alternatif au travers de multiples actions contre les tentatives, souvent d&#233;tourn&#233;es et perverses, de mettre en place des enclosures sur le savoir et la culture. La place du mouvement des logiciels libres en France, avec notamment &lt;a href=&#034;http://april.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'association April&lt;/a&gt;, au c&#244;t&#233; du mouvement sp&#233;cialis&#233; dit [&#171; La quadrature du Net &#187;-&lt;a href=&#034;http://laquadrature.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://laquadrature.net&lt;/a&gt;], sur les derni&#232;res lois concernant la propri&#233;t&#233; immat&#233;rielle (lois dites DADVSI et Hadopi) en est un exemple. L'approche de la politique n'est plus &#171; frontale &#187;, mais part de la d&#233;fense des espaces de libert&#233;s, des &#171; biens communs &#187; cr&#233;&#233;s, et leur reconnaissance comme forme essentielle de la vie collective. On retrouve les logiques du socialisme du XIXe si&#232;cle, des coop&#233;ratives et de la Ire Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des logiciels libres, s'il est le plus abouti et le plus puissant de ces nouveaux mouvements, n'est plus seul. C'est dans le domaine de la connaissance et de l'immat&#233;riel, dont la &#171; propri&#233;t&#233; &#187; que l'image de la GPL et des logiciels libres a connu une descendance abondante et pugnace. Les questions de la propri&#233;t&#233; sur la connaissance et de la construction, maintenance et gouvernance des biens communs cr&#233;&#233;s par les communaut&#233;s concern&#233;es sont deux &#233;l&#233;ments cl&#233;s de ces nouveaux mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- le mouvement des cr&#233;ations ouvertes (&lt;a href=&#034;http://fr.creativecommons.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Creative commons&lt;/a&gt;, Licence Art Libre&#8230;) est construit autour de r&#232;gles juridiques qui permettent aux auteurs d'autoriser des usages pour mieux faire circuler leurs id&#233;es, musiques, travaux divers. Ce mouvement emprunte directement &#224; la &#171; r&#233;volution douce &#187; de la GPL pour son c&#244;t&#233; subversif, et &#224; la fluidification du march&#233; culturel comme cons&#233;quence de l'extension des communs de la culture. Une mani&#232;re pragmatique de poser les probl&#232;mes qui &#233;vite l'enfermement dans des alternatives infernales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Construire le libre-acc&#232;s &#224; la connaissance, Herv&#233; Le Crosnier, In : Entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le mouvement des malades qui veulent partager les connaissances avec leurs m&#233;decins. Avec une participation politique forte des malades de sida dans l'opposition aux ADPIC, qui s'est traduite par l'adoption des exceptions pour les m&#233;dicaments dans les accords de Doha&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sida : comment rattraper le temps perdu, Gernan Velasquez, In : Pouvoir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le mouvement des chercheurs pour le libre acc&#232;s aux publications scientifiques et aux donn&#233;es scientifiques ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le renouveau des mouvements paysans autour du refus de l'appropriation des semences par les trusts multinationaux (contre les OGM, pour le statut de biens communs des &#171; semences fermi&#232;res &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les paysans sont-ils les protecteurs des semences locales, Guy Kastler, &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; un exemple symptomatique en est la r&#233;alisation d'un num&#233;ro de &#171; &lt;i&gt;Campagnes solidaires&lt;/i&gt; &#187;, journal de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne avec Richard Stallman)&lt;br class='manualbr' /&gt;- le mouvement pour un nouveau mode de financement de la recherche pharmaceutique (notamment les propositions de James Love pour l'association KEI &#8211; Knowledge Ecology International&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Prizes to stimulate innovation, James Love, KEI International [, lien cass&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et pour l'utilisation de nouveaux r&#233;gimes de propri&#233;t&#233; afin de permettre le d&#233;veloppement de m&#233;dicaments adapt&#233;s aux &#171; maladies n&#233;glig&#233;es &#187; (M&#233;decins sans fronti&#232;res, DNDi)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Relancer la recherche et d&#233;veloppement de m&#233;dicaments contre les maladies (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;,...)&lt;br class='manualbr' /&gt;- le mouvement mondial pour le libre-acc&#232;s &#224; la connaissance (a2k : access to knowledge) qui r&#233;unit des institutions (&#201;tats, notamment pour l'Agenda du d&#233;veloppement &#224; l'OMPI, constitution du bloc des &#171; like-minded countries &#187;), des r&#233;seaux d'associations (IFLA, association internationale des biblioth&#233;caires, Third World Network,...) ou des universitaires (il est int&#233;ressant de penser que ce mouvement a tenu sa premi&#232;re conf&#233;rence mondiale &#224; l'Universit&#233; de Yale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Acc&#232;s &#224; la connaissance : Access to Knowledge, Compte-rendu de la conf&#233;rence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230;) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le mouvement OER (Open Educational Ressources&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cape Town Open Education Declaration : Unlocking the promise of open (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) qui r&#233;unit autant des grandes institutions (MIT, ParisTech) que des enseignants souhaitant partager leurs cours, avec le parrainage de l'Unesco... et de HP !&lt;br class='manualbr' /&gt;- le mouvement dit &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Relieurs, Premi&#232;re phase du Sommet mondial de la soci&#233;t&#233; de l'information - (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; lors du SMSI (Sommet mondial sur la soci&#233;t&#233; de l'information, sous l'&#233;gide de l'Onu en 2003 et 2005) ou du Forum pour la Gouvernance de l'Internet, et tous les mouvements qui s'interrogent sur l'&#233;volution des r&#233;seaux, combattent l'ir&#233;nisme technologique autant que le refus pass&#233;iste des nouveaux modes de communication ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- les mouvements portant sur le &#171; pr&#233;cariat intellectuel &#187;, depuis les intermittents du spectacle jusqu'&#224; l'irruption d'une &#171; hacker class &#187; (MacKenzie Wark) pratiquant le piratage comme valeur de r&#233;sistance ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- les mouvements de refus de la mainmise publicitaire sur l'espace mental collectif, qui organisent la d&#233;nonciation et le rejet de l'industrie de l'influence (&lt;a href=&#034;http://www.antipub.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;sistance &#224; l'agression publicitaire&lt;/a&gt; AdBusters&#8230;)]] ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- le &lt;a href=&#034;http://fm-sciences.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Forum mondial Sciences &amp; D&#233;mocratie&lt;/a&gt;, dont la premi&#232;re &#233;dition s'est tenue &#224; Bel&#232;m en janvier 2009. Ce mouvement introduit la question des biens communs de la connaissance au c&#339;ur d'une nouvelle alliance entre les producteurs scientifiques et techniques et les mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes de politisation au travers de l'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; des membres et des &#171; usagers &#187; de ces mouvements sont largement diff&#233;rentes de celles de la vague pr&#233;c&#233;dente des mouvements sociaux du XXe si&#232;cle. La capacit&#233; de ces mouvements &#224; s'inscrire directement dans la sph&#232;re politique est aussi une particularit&#233;. Il ne s'agit pas seulement de &#171; faire pression &#187; sur les d&#233;cideurs politiques, mais d'imposer &#224; la soci&#233;t&#233; politique la prise en compte de biens communs d&#233;j&#224; &#233;tablis et d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probl&#233;matique des biens communs n'a pas fini de produire une remise en mouvement de la conception d'une r&#233;volution &#233;mancipatrice, des rythmes de l'activit&#233; militante et de la relation entre les communaut&#233;s de choix et les communaut&#233;s de destin. Un &#233;l&#233;ment moteur de la r&#233;flexion th&#233;orique en cours reste la dialectique entre l'&lt;i&gt;empowerment &lt;/i&gt;individuel et coop&#233;ratif/communautaire par la cr&#233;ation et la maintenance de biens communs, et la d&#233;fense des plus fragiles (financi&#232;rement, mais aussi juridiquement par des droits leur permettant une nouvelle gouvernance, l'acc&#232;s &#224; la connaissance ou de respect de leurs formes de connaissances, cf les mouvements &#171; indig&#232;nes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Forum social mondial : un appel pour &#171; bien vivre &#187; plut&#244;t que vivre mieux, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il faudra bien trouver des articulations th&#233;oriques, pratiques et politiques entre les diverses formes de r&#233;sistance aux soci&#233;t&#233;s de contr&#244;le, de militarisme, d'influence et de manipulation qui se mettent en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, les pratiques, les r&#233;flexions et les succ&#232;s sur le terrain du mouvement des logiciels libres sont &#224; la fois un encouragement et une premi&#232;re pierre d'une r&#233;flexion par l'action. Ici et maintenant. En osant s'opposer aux nouveaux pouvoirs et aux franges les plus avanc&#233;es des dominants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Le Crosnier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte diffus&#233; sous licence Creative Commons by-nc&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Texte diffus&#233; sous licence Creative Commons by-nc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'immat&#233;riel&lt;/i&gt;, Andr&#233; Gorz, Galil&#233;e, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;[Effet de r&#233;seau, wikipedia&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_de_r&#233;seau&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_de_r&#233;seau&lt;/a&gt;]) vient renforcer ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;The Pro-Am revolution, How enthusiasts are changing our economy and society, Charles Leadbeater, Paul Miller, Pamphlet, 24th November 2004. ISBN : 1841801364 (&lt;a href=&#034;http://www.demos.co.uk/publications/proameconomy&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site &#233;tatsunien &#171; Demos &#187;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est par exemple par ce type d'analyse des logiciels propri&#233;taires que l'on a trouv&#233; le &#171; rootkit &#187; (logiciel espion) install&#233; par Sony &#224; chaque fois qu'on lisait un CD de cette entreprise sur un ordinateur. Les logiciels libres, en permanence sous l'&#339;il des usagers et des membres de la communaut&#233;, comportent beaucoup moins de failles et de risques d'infections par des virus ou autres &#171; badware &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le capitalisme cognitif : la nouvelle grande transformation&lt;/i&gt;, Yann Moulier-Boutang, Ed. Amsterdam, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces deux r&#233;f&#233;rences renvoient &#224; l'imagerie du mouvement communiste de lib&#233;ration (bien distinct du stalinisme de pouvoir). La prise du Palais d'Hiver de Saint-P&#233;tersbourg signait le d&#233;but de la r&#233;volution de 1917 et l'&#233;croulement de la dictature tsariste ; le texte de Mao Zedong &#171; Feu sur le quartier g&#233;n&#233;ral &#187; &#233;tait un appel &#224; la r&#233;volte contre l'installation bureaucratique &#171; par en haut &#187;, qui allait ouvrir la p&#233;riode dite de la &#171; R&#233;volution culturelle &#187;. L'histoire a fini par avoir raison des mouvements de lib&#233;ration, ce qui n'enl&#232;ve rien &#224; leur force de contestation, mais montre que la vision d'un monde centralis&#233;, avec des n&#339;uds de pouvoir centraux &#224; d&#233;faire, reste en de&#231;&#224; des formes exactes du pouvoir... et donc des besoins des r&#233;volutions &#233;mancipatrices.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://catb.org/~esr/writings/homesteading/homesteading/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Homesteading the noosphere&lt;/i&gt;, Eric Raymond&lt;/a&gt;. Une traduction fran&#231;aise est disponible dans le livre &lt;i&gt;Libres enfants du num&#233;riques&lt;/i&gt;, Florent Latrive et Olivier Blondeau, Ed. De l'Eclat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; de l'information/soci&#233;t&#233; de la connaissance&lt;/i&gt;, Sally Burch : In : Enjeux de mots, sous la direction de Val&#233;rie Peugeot, Alain Ambrosi et Daniel Pimienta, C&amp;F &#233;ditions, 2005. En ligne sur le &lt;a href=&#034;http://vecam.org/article516.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de l'association Vecam&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; Tentative de d&#233;finition du vectorialisme&lt;/i&gt;, In : Traitements et pratiques documentaires : vers un changement de paradigme ? Actes de la deuxi&#232;me conf&#233;rence Document num&#233;rique et Soci&#233;t&#233;, 2008, sous la direction d'Evelyne Broudoux et Ghislaine Chartron. Ed. ADBS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Multitude : Guerre et d&#233;mocratie &#224; l'&#226;ge de l'Empire&lt;/i&gt;, Michael Hardt et Antonio Negri, La D&#233;couverte, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un Manifeste Hacker : &#034;a Hacker Manifesto&#034;, McKenzie Wark, Ed. Criticalsecret, 2006 (traduction fran&#231;aise).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La sorcellerie capitaliste : Pratiques de d&#233;senvo&#251;tement&lt;/i&gt;, Philippe Pignarre et Isabelle Stengers, La D&#233;couverte, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Construire le libre-acc&#232;s &#224; la connaissance&lt;/i&gt;, Herv&#233; Le Crosnier, In : Entre public et priv&#233;, les biens communs de l'information. Colloque, Universit&#233; de Lyon 2, 20 octobre 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sida : comment rattraper le temps perdu, Gernan Velasquez, In : &lt;i&gt;Pouvoir Savoir : Le d&#233;veloppement face aux biens communs de l'information et &#224; la propri&#233;t&#233; intellectuelle&lt;/i&gt;, C&amp;F &#233;ditions, 2005. En ligne sur le &lt;a href=&#034;http://vecam.org/article1035.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de l'association Vecam&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les paysans sont-ils les protecteurs des semences locales, Guy Kastler, &#224; para&#238;tre (version en ligne sur le &lt;a href=&#034;http://vecam.org/article1075.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de l'association Vecam&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Prizes to stimulate innovation&lt;/i&gt;, James Love, KEI International [&lt;a href=&#034;http://www.keionline.org/content/view/4/1/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.keionline.org/content/view/4/1/&lt;/a&gt;, lien cass&#233; (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;).]&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Relancer la recherche et d&#233;veloppement de m&#233;dicaments contre les maladies n&#233;glig&#233;es&lt;/i&gt;, Bernard Pecoul et Jean-Fran&#231;ois Alesandrini In : Pouvoir Savoir, op. cit. (sur le &lt;a href=&#034;http://vecam.org/article1033.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de l'association Vecam&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Acc&#232;s &#224; la connaissance : Access to Knowledge&lt;/i&gt;, Compte-rendu de la conf&#233;rence Access to knowledge qui s'est tenue &#224; l'Universit&#233; de Yale du 21 au 23 avril 2006, par Herv&#233; Le Crosnier[[ Le lien indiqu&#233; est d&#233;sormais p&#233;rim&#233; (septembre 2013)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cape Town Open Education Declaration : Unlocking the promise of open educational ressources&lt;/i&gt;. (lien p&#233;rim&#233;, mars 2010)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; Relieurs&lt;/i&gt;, Premi&#232;re phase du Sommet mondial de la soci&#233;t&#233; de l'information - SMSI 2002/2003, Note de synth&#232;se, Octobre 2004 par Val&#233;rie Peugeot (&lt;a href=&#034;http://vecam.org/article364.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de l'association VECAM&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt; Forum social mondial : un appel pour &#171; bien vivre &#187; plut&#244;t que vivre mieux&lt;/i&gt;, Christophe Aguiton, &lt;a href=&#034;http://www.cetri.be/spip.php?article1037&amp;lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publi&#233; sur le site du Centre tricontinental (Cetri)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ouest-France et les faillites</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Ouest-France-et-les-faillites</link>
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		<dc:date>2003-07-31T15:52:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herv&#233; Le Crosnier</dc:creator>


		<dc:subject>Ouest-France</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Deux informations sur les faillites que &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; ne parvient (ne se r&#233;sout pas ?) pas &#224; rapprocher&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-PQR-Presse-quotidienne-regionale-" rel="directory"&gt;PQR : Presse quotidienne r&#233;gionale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ouest-France-+" rel="tag"&gt;Ouest-France&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Une information chasse l'autre &#187;, dit-on. Un exemple ? Deux informations sur les faillites que &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt; ne parvient (ne se r&#233;sout pas ?) pas &#224; rapprocher. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bonjour,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin (31 juillet 2003), en ouvrant mon quotidien pr&#233;f&#233;r&#233;, je tombe sur cette nouvelle &#233;patante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Un d&#233;cret pass&#233; discr&#232;tement dans le Journal officiel de dimanche : le gouvernement n'a pas voulu faire grande publicit&#233; de sa d&#233;cision, r&#233;clam&#233;e par le Medef, d'abaisser les montants maximums d'indemnisation vers&#233;e aux salari&#233;s d'entreprises en proc&#233;dure de redressement ou de liquidation. Avec la multiplication des restructurations et des faillites, les effets devraient pourtant &#234;tre rapidement visibles&lt;/i&gt; &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fort bien, que ne voil&#224;-t-y pas un journaliste qui nous informe de la soumission du gouvernement &#224; ce bon baron Seilli&#232;res.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent ensuite les explications. Que voulez-vous : &#171; &lt;i&gt;La r&#233;forme doit permettre de soulager l'organisme qui avance ces indemnit&#233;s, l'Association de garantie des salaires (AGS), cr&#233;&#233;e en 1973. Car cette derni&#232;re, qui aide les salari&#233;s des entreprises en d&#233;p&#244;t de bilan, l'est presque elle-m&#234;me&lt;/i&gt;.&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens, comme la s&#233;cu, le ch&#244;mage des intermittents, les caisses de retraite : les organismes doivent payer plus et recevoir moins... faut bien que les salari&#233;s trinquent un peu, pour faire de l'&#233;quit&#233;, &#233;videmment.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que notre bon journaliste explicateur a la m&#233;moire courte.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait juste la semaine derni&#232;re, toujours dans son propre journal, &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;. On y d&#233;crivait la loi sur &#034;l'initiative &#233;conomique&#034; qui venait d'&#234;tre vot&#233;e le 21 juillet par le Parlement. Et on y disait que en cas de faillite, les patrons ne pourraient plus se voir saisir leur maison d'habitation. Un encouragement &#224; la relance &#233;conomique, &#233;videmment.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, si les journalistes lisaient leur propre journal dans la partie information plut&#244;t que de se limiter aux sermons id&#233;ologiques des &#233;ditorialistes. Ah si les journalistes pouvaient croire que l'actualit&#233; ne se fait pas en un jour, un seul jour au quotidien, mais que chaque d&#233;cision renvoie &#224; autre chose... Ah si les journalistes nous donnaient les cl&#233;s et les moyens de comprendre le monde au lieu de seriner les discours de soumission au monde du &#171; y'a pas moyen, y'a pu d'argent dans les caisses &#187;...
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'occurrence, donner les moyens de comprendre, c'est mettre c&#244;te &#224; c&#244;te ces deux informations sur les &#171; faillites d'entreprises &#187;. Le lecteur peut se faire une id&#233;e. Le&lt;br class='autobr' /&gt;
journal remplit alors son r&#244;le de &#171; place publique &#187;, d' &#171; espace communicationnel &#187;, substance m&#234;me de la d&#233;mocratie.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la d&#233;mocratie, ce n'est pas de &#171; dire &#187; (les deux infos sont bien pass&#233;es dans le journal), mais de permettre de comprendre. C'est l'organisation de l'information, la juxtaposition des&lt;br class='autobr' /&gt;
nouvelles, la m&#233;moire des &#233;v&#233;nements qui fait du journal un outil essentiel de la d&#233;mocratie.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une occasion perdue pour &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fait, et si les travailleurs licenci&#233;s pour cause de faillite de leur entreprise pouvaient ne pas se voir saisir leur maison d'habitation principale ?
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? Le patron est innocent des faillites, alors que bien &#233;videmment l'ouvrier en est coupable... Ce que je suis oublieux de la marche r&#233;elle du monde tout de m&#234;me. Et moi qui croyais que le &#171; risque &#187; &#233;tait la substance m&#234;me du capitalisme, ce qui distinguait &#171; l'entrepreneur &#187; du commun des mortels.... Le seul risque il est pour le salari&#233;, voil&#224; ce qu'&#233;crit la loi du Medef sign&#233;e par Raffarin. Ils vivent donc dans un &#233;tat providence&lt;br class='autobr' /&gt;
ces patrons... Faudrait voir &#224; voir ! Tiens, et si Alain Touraine faisait un &#233;dito dans &lt;i&gt;Ouest France&lt;/i&gt; sur &#231;a, lui qui sait si bien fustiger la protection sociale en page un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herv&#233; Le Crosnier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En bref : en lisant Ouest-France</title>
		<link>https://www.acrimed.org/En-bref-en-lisant-Ouest-France</link>
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		<dc:date>2003-05-28T09:16:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herv&#233; Le Crosnier</dc:creator>


		<dc:subject>Ouest-France</dc:subject>
		<dc:subject>Editorial</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans le courrier d'Acrimed, le 28 mai 2003 &#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Contre-reformes-et-mobilisations-de-2003-" rel="directory"&gt;Contre-r&#233;formes et mobilisations de 2003&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ouest-France-+" rel="tag"&gt;Ouest-France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Editorial-+" rel="tag"&gt;Editorial&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le courrier d'Acrimed, le 28 mai 2003&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bonjour,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque matin, &#224; l'heure du caf&#233;, je descends chercher &lt;i&gt;l'Ouest&lt;/i&gt; dans ma bo&#238;te aux lettres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque matin je bouille, je transpire, je me dis qu'il faudrait un &#034;ombdusman&#034;, quelqu'un qui simplement remet les pendules &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas tant dans le traitement de l'actualit&#233; locale... apr&#232;s tout, &#224; chaque fois que je lis un compte-rendu d'une activit&#233; &#224; laquelle j'ai particip&#233; je suis globalement d'accord avec le journaliste (ou plus souvent le (la) pigiste, eh oui, il y a aussi de l'emploi pr&#233;caire dans le secteur intellectuel). Bien &#233;videmment je peste sur la hi&#233;rarchisation des th&#232;mes, sur les choix de couvrir ou de faire silence... mais bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce qui provoque des bulles dans mon sang c'est plut&#244;t la fa&#231;on dont des choix politiques sont pr&#233;sent&#233;s comme des &#233;vidences. C'est cela, la v&#233;ritable id&#233;ologie : rendre naturel ce qui est largement le produit de choix politiques, culturels....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin encore, ce titre en une : &#034;&lt;strong&gt;Raffarin pr&#234;t &#224; discuter mais sans rien l&#226;cher&lt;/strong&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attendez, &#224; quoi &#231;a sert une &#034;discussion&#034; avec des &#034;partenaires sociaux&#034; si on d&#233;cide d'avance de &#034;ne rien l&#226;cher&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Yves Boulic (lui, il fait toujours monter ma tension, &#224; moins que se soit le caf&#233; ? ), dans son &#233;ditorial, d&#233;crypte : &#034;&lt;i&gt;C'est devenu si rare, qu'aujourd'hui, quand un gouvernement affiche d&#233;termination et fermet&#233;, on le taxe d'arrogance. Pour faire face &#224; la faillite programm&#233;e des retraites, il n'y a que des solutions d&#233;sagr&#233;ables&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie consiste &#224; r&#233;p&#233;ter &#034;faillite programm&#233;e&#034; quand il existe plein d'autres solutions &#224; une faillite qui n'est certainement pas aussi catastrophique. Rappelons qu'&#224; court terme le r&#233;gime des retraites est encore positif, ce qui laisse le temps de discuter... du moins tant qu'on est dans la logique des retraites par r&#233;partition, c'est-&#224;-dire quand les actifs d'aujourd'hui payent les retraites d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie, c'est aussi de dire que les solutions sont &#034;d&#233;sagr&#233;ables&#034;... la question est &#034;pour qui ?&#034; Par exemple, l'argent qui a &#233;t&#233; donn&#233; en cadeau l'an pass&#233; aux riches en baissant l'imp&#244;t dans les tranches sup&#233;rieures est-il sup&#233;rieur &#224; celui qui est n&#233;cessaire pour garder une retraite &#224; taux plein &#224; 60 ans... Une question qui d&#233;range ? Une question pratique pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En politique, dans l'histoire, enfin, dans toutes ces &#034;sciences&#034; qui traitent du fait que les humains vivent ensemble, et que tant qu'ils vivent il y a des solutions qui &#233;mergent... rien n'est &#034;obligatoire&#034;, on ne peut jamais dire &#034;il n'y a pas d'alternative&#034;. Car c'est justement la capacit&#233; &#224; trouver des alternatives qui donne tout son sens &#224; la Politique....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Herv&#233; Le Crosnier&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS : je voulais aussi parler d'un autre article dans le m&#234;me num&#233;ro de &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;, mais ce serait trop long... alors je vous livre juste la phrase. A vous de mettre des ressorts sur votre chaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'interview du directeur de la Croix-Rouge qui justifie la fermeture du centre de soin de la Gu&#233;rini&#232;re et de la Gr&#226;ce de Dieu : &#034;&lt;i&gt;Cette fermeture est regrettable, c'est s&#251;r, surtout pour les habitants les plus d&#233;favoris&#233;s. Mais on allait &#224; la catastrophe financi&#232;re&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, une &#034;catastrophe pr&#233;visible&#034; &#224; laquelle la seule solution est de &#034;faire payer les plus d&#233;favoris&#233;s&#034;... Croix-Rouge ou Raffarin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croix-Rouge !!!!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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