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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Est-il permis de critiquer le journalisme dans une &#233;cole de journalisme ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Est-il-permis-de-critiquer-le-journalisme-dans</link>
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		<dc:date>2016-12-14T16:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Brygo, Nina Faure</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;ontologie</dc:subject>
		<dc:subject>Ecoles de journalisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le&#231;on de tragi-com&#233;die dans la filiale &#171; alternance professionnelle &#187; de la &#171; meilleure &#233;cole de journalisme de France &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Formations-au-journalisme-" rel="directory"&gt;Formations au journalisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Deontologie-+" rel="tag"&gt;D&#233;ontologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ecoles-de-journalisme-+" rel="tag"&gt;Ecoles de journalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton5408-eeab6.jpg?1776737022' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fin novembre, Julien Brygo et Nina Faure &#233;taient invit&#233;s par une &#233;cole de journalisme de Montpellier &#224; pr&#233;senter leur &lt;i&gt;Quatre Petits Films contre le grand capital&lt;/i&gt; et &#224; d&#233;battre de leur pratique des m&#233;tiers de journaliste et de r&#233;alisatrice de documentaires. L'exp&#233;rience aurait pu &#234;tre assommante, elle a donn&#233; lieu &#224; une tr&#232;s instructive le&#231;on de tragi-com&#233;die dans la filiale &#171; alternance professionnelle &#187; de la &#171; meilleure &#233;cole de journalisme de France &#187;, l'ESJ Lille. T&#233;moignage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme les &#171; tribunes &#187;, les &#171; t&#233;moignages &#187; que nous publions sur notre site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s notre arriv&#233;e, il y a comme quelque chose qui cloche. La t&#233;l&#233;vision France info qui braille dans l'entr&#233;e, des journaux &#171; gratuits &#187; &#224; disposition des &#233;l&#232;ves, une biblioth&#232;que en verre o&#249; sont enferm&#233;s p&#234;le-m&#234;le des livres poussi&#233;reux qui r&#244;tissent au soleil. On est &#224; l'ESJ Pro, filiale &#171; alternance professionnelle &#187; de l'une des quatorze &#233;coles de journalisme (sur une centaine de formations en France) reconnues par l'&#201;tat, l'ESJ Lille. La cr&#232;me de la cr&#232;me, donc. Il est 10h05 ce 25 novembre 2016. On nous invite &#224; s'installer dans une salle de classe. Beno&#238;t Califano, le directeur de l'&#233;cole, nous explique que les deux &#233;tudiants assis &#224; notre droite, Fabien et Louis, ont planch&#233; sur la rencontre et animeront le d&#233;bat. La veille, toute la classe ou presque a assist&#233; &#224; la projection-d&#233;bat de nos courts-m&#233;trages &lt;i&gt;Quatre Petits Films contre le grand capital&lt;/i&gt; au cin&#233;ma Le Diagonal.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_9128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L442xH662/capture_d_e_cran_2016-12-14_a_16.38.03-3b834.png?1776737023' width='442' height='662' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Les quatre films sont assez diff&#233;rents sur la forme : deux enqu&#234;tes en immersion dans le monde des emplois pr&#233;caires r&#233;alis&#233;s par Nina (&lt;a href=&#034;http://www.cp-productions.fr/rien-a-foutre/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rien &#224; foutre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.cp-productions.fr/dans-la-boite/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Dans la bo&#238;te&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), deux films photographiques de Julien (&lt;a href=&#034;http://www.cp-productions.fr/profession-domestique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Profession, domestique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.cp-productions.fr/glasgow-contre-glasgow/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Glasgow contre Glasgow&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;) tir&#233;s d'enqu&#234;tes publi&#233;es dans &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;. Ils racontent cependant une m&#234;me histoire : le triomphe du lib&#233;ralisme et ses variantes. Les reporters y montrent les effets d'un capitalisme qui s'en est pris &#224; ses berceaux (Glasgow, embl&#232;me de la r&#233;volution industrielle), la traite des travailleurs domestiques, la casse organis&#233;e du code du travail ou le pr&#233;cariat ordinaire fait de petits grignotages toujours vol&#233;s aux salari&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Des forts &#224; qui le monde appartient, des faibles qui serrent les dents &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Serge Halimi dans le livret du DVD&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quatre films, une m&#234;me histoire, Serge Halimi, livret accompagnant l'&#233;dition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pas de scoop, donc, mais un travail journalistique s&#233;rieux, v&#233;rifi&#233;, document&#233;, sur des ph&#233;nom&#232;nes sociaux aussi invisibles que spectaculaires.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;La t&#234;te du chef des dealers de Glasgow&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est 10h10. C'est Fabien, &#233;tudiant en radio, qui introduit la s&#233;ance. &lt;i&gt;&#171; On est contents de vous recevoir aujourd'hui. On a tous beaucoup aim&#233; les films mais on s'est dit qu'il nous manquait quelque chose&#8230; Pour certains on s'est dit qu'on aurait aim&#233; avoir plus les causes, peut-&#234;tre, des probl&#232;mes qui &#233;taient montr&#233;s. On a tous appr&#233;ci&#233; de d&#233;couvrir des situations qui &#233;taient d&#233;rangeantes, mais par exemple, dans &lt;/i&gt;Glasgow contre Glasgow&lt;i&gt;, on se demandait pourquoi il n'y avait pas un angle plus sur le trafic de drogue, sur les causes de cette pauvret&#233; &#224; Glasgow plut&#244;t que sur la situation finale &#224; savoir qu'il y a des pauvres et des riches. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nez dans notre gobelet de caf&#233;, on est un peu &#233;tonn&#233;s de cette question. La drogue glasw&#233;gienne, tout comme les overdoses de &lt;i&gt;Fish n'chips&lt;/i&gt;, ne sont pas la raison de l'&#233;cart ph&#233;nom&#233;nal de 28 ans d'esp&#233;rance de vie entre riches et pauvres de la ville - c'est d'ailleurs tout le propos du film. Dans &lt;i&gt;Glasgow contre Glasgow&lt;/i&gt;, on montre comment les in&#233;galit&#233;s sociales et le cadre structurel capitaliste sont autrement plus responsables de la mort pr&#233;matur&#233;e dans les quartiers populaires que les comportements individuels, comme la consommation de drogue. On aurait peut-&#234;tre d&#251; imm&#233;diatement s'inqui&#233;ter de la premi&#232;re question, celle qui a fait l'objet d'un travail pr&#233;paratoire s&#233;rieux de la part des &#233;tudiants pour cette rencontre et qui d&#233;place d'embl&#233;e le curseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de rentrer dans le vif du sujet et pour que les &#233;tudiants nous situent, on raconte nos parcours. Nina a fait de la science politique et est entr&#233;e dans le journalisme par le documentaire jusqu'&#224; devenir r&#233;alisatrice. Julien renseigne le nom de ses anciens tauliers un &#224; un&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il a travaill&#233; pour diff&#233;rents journaux de presse quotidienne r&#233;gionale, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et raconte &#234;tre pass&#233; par une &#233;cole priv&#233;e de journalisme, l'ESJ Paris, qu'il consid&#232;re &lt;i&gt;&#171; peu recommandable &#187;&lt;/i&gt; car consistant essentiellement &#224; &lt;i&gt;&#171; faire recopier aux &#233;l&#232;ves les reportages du &lt;/i&gt;Parisien&lt;i&gt;, de BFM, de RTL, sans se poser de questions sur le sens de cette production journalistique, sur les cadres impos&#233;s, sur la r&#233;currence des sujets et leur &#233;ventuelle vacuit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Pour poursuivre notre r&#233;cit, t&#233;moignage de deux longues ann&#233;es dans cette pouponni&#232;re &#224; copistes pr&#234;ts-&#224;-l'emploi, on prend l'exemple des reportages rituels sur le march&#233; de No&#235;l, ces papiers sur la consommation ou encore ceux sur les soldes&#8230; Des reportages qui devraient &#234;tre &lt;i&gt;&#171; bannis &#187;&lt;/i&gt; de l'&#233;ducation au journalisme (ou alors en contre-mod&#232;le). Que n'avions-nous pas dit l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme habill&#233; d'une veste noire, au fond de la salle, se tient debout et l&#232;ve le doigt comme s'il voulait toucher le plafond. C'est le prof d'&#233;conomie, selon des dires ult&#233;rieurs. Mais il ne se pr&#233;sente pas. &lt;i&gt;&#171; Je suis surpris d'une chose, c'est que l'un des premiers mots qui a &#233;t&#233; prononc&#233; par monsieur est un mot d'exclusion, c'est-&#224;-dire que vous avez dit que les reportages sur le march&#233; de No&#235;l sont &#224; bannir ! Je voudrais savoir en quoi ce reportage doit &#234;tre &#034;banni&#034;. &#187;&lt;/i&gt; Le sujet est visiblement grave. Il s'agit du socle de la presse locale, des radios locales, des chambres de commerce locales, un v&#233;ritable carrefour d'int&#233;r&#234;ts bien compris entre consommateurs, producteurs&#8230; et journalistes, donc. Julien se saisit de la question avec des gants clout&#233;s : &lt;i&gt;&#171; Le march&#233; de No&#235;l, c'est ce qu'on appelle un marronnier, un sujet qui revient tous les ans et qui permet de remplir des pages &#224; bon compte&#8230; Il s'agit de raconter quoi ? La bonne vie du commerce ? D'un point de vue journalistique, cela n'a aucun int&#233;r&#234;t. &#187;&lt;/i&gt; Le professeur : &lt;i&gt;&#171; Et donc c'est pour cela qu'il faut les BANNIR ? &#187;&lt;/i&gt; Il souligne lourdement le mot en lan&#231;ant un regard &#224; la fois accusateur et interrogateur pour bien faire prendre conscience &#224; toute la classe de la gravit&#233; de nos propos. Les pieds dans le plat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants sont en alternance, ils devront probablement, d'ici quelques semaines, r&#233;diger des reportages sur les &#171; Hivernales &#187;, le nom classieux que la municipalit&#233; de Montpellier a donn&#233; &#224; son march&#233; de No&#235;l, en y ajoutant quelques concerts et des &#171; nocturnes &#187;. C'est peut-&#234;tre tout le programme d'hiver des TD de l'ESJ Pro qui est en jeu ! Les visages des &#233;tudiants expriment davantage la m&#233;fiance que l'enthousiasme. Le professeur d'&#233;conomie se tient en position de combat. Nous sommes assis, comme les &#233;l&#232;ves, et on ne se doute pas de la m&#232;che qu'on vient d'allumer.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Moi j'aime bien aller me promener sur le march&#233; de No&#235;l &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si monsieur le professeur s'&#233;tait pr&#233;sent&#233;, nous aurions appris que quand il ne d&#233;fend pas la libert&#233; qu'a la presse de tester la qualit&#233; du gla&#231;age des marrons, il n'est autre que le directeur adjoint de la r&#233;daction de RTL. Nous aurions ainsi pu demander &#224; Jean-Daniel Colom, c'est son nom, de nous expliquer pourquoi cela ne le d&#233;range pas que la radio dont il co-dirige la r&#233;daction en chef &#171; bannisse &#187; certains sujets, c'est-&#224;-dire, les &#171; tienne &#233;loign&#233;s &#187;, voire les &#171; rejette &#187; (Larousse, 2016). On aurait pris un exemple au hasard : la visite en France d'un pr&#233;sident de la R&#233;publique qui est parvenu &#224; tourner le dos au FMI, &#224; la banque mondiale et au remboursement de la dette, le pr&#233;sident &#233;quatorien Rafael Correa. Il se trouve que Nina a particip&#233; &#224; la r&#233;alisation de deux films sur le sujet. Dans le premier &#233;pisode d'&lt;i&gt;Op&#233;ration Correa (Les &#226;nes ont soif)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op&#233;ration Correa : &#233;pisode 1 Les &#226;nes ont soif, de Pierre Carles. Visible en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la journaliste Aurore Van Opstal a m&#234;me interview&#233; deux &#233;minents confr&#232;res de RTL&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(&#192; partir de 13'10'').&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; au sujet du manque d'int&#233;r&#234;t de la v&#233;n&#233;rable radio pour l'exp&#233;rience anti-lib&#233;rale &#233;quatorienne. Concours de mauvaise foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; l'invective du professeur masqu&#233;, plusieurs &#233;tudiants se lancent dans la d&#233;fense des reportages sur le march&#233; de No&#235;l, qui permettent d'&#234;tre &lt;i&gt;&#171; proches de la population &#187;&lt;/i&gt;, de voir &lt;i&gt;&#171; comment les gens vivent &#187;&lt;/i&gt;, ce qui constitue &lt;i&gt;&#171; une autre forme de journalisme &#224; c&#244;t&#233; de l'investigation &#187;&lt;/i&gt;. On la trouverait &lt;i&gt;&#171; pas assez noble, c'est &#231;a ? &#187;&lt;/i&gt;, demande ainsi l'&#233;tudiante P. On essaie de dire qu'il faudrait commencer par questionner l'id&#233;e selon laquelle lorsqu'on est journaliste local, on est fatalement un suppl&#233;tif de la chambre de commerce ou de la pr&#233;fecture de police ; puis qu'il ne peut pas faire de mal de questionner des &#233;vidences, comme celle qui consid&#232;re la consommation comme forc&#233;ment positive. Louis, notre animateur, bondit : &lt;i&gt;&#171; R&#233;fl&#233;chir &#224; quel est le meilleur mode de vie, est-ce vraiment notre travail &#224; nous journalistes ? Il y a des intellectuels qui&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Un &#233;tudiant qui d&#233;crivait apr&#232;s la s&#233;ance de la veille son &#233;cole comme &lt;i&gt;&#171; la meilleure de France &#187;&lt;/i&gt; cabriole : &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s, tous les journaux ne sont pas pareils&#8230; Le web, &#231;a sert &#224; &#231;a ! &#187;&lt;/i&gt; Habitu&#233;s &#224; cette question qui revient presque &#224; chaque d&#233;bat, on tente de montrer rapidement qu'Internet est certes le lieu d'un r&#233;el pluralisme, mais qu'au moins 16 millions de personnes regardent encore les JT des &#171; grandes cha&#238;nes &#187; chaque soir et que ce m&#234;me Internet a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pris d'assaut par les m&#234;mes groupes de presse (il faudrait des heures pour d&#233;rouler cette bobine). C'est Nina qui s'en charge bri&#232;vement : &lt;i&gt;&#171; Oui mais le web, alors je suis d&#233;sol&#233;e mais je vais vous arr&#234;ter tout de suite, parce que sur Internet, la hi&#233;rarchie est la m&#234;me dans la presse et les m&#233;dias audiovisuels. Mais, pour revenir &#224; la question autour des reportages sur la consommation, le probl&#232;me du march&#233; de No&#235;l, c'est qu'on pourrait imaginer d'aller l&#224;-bas pour savoir quelles sont les conditions de travail des gens qui tiennent les cahuttes&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Des reportages sur les conditions de travail sur les march&#233;s de No&#235;l ? C'en est trop pour l'&#233;tudiant T. : &lt;i&gt;&#171; Mais c'est plus militant, &#231;a ! Ce que vous faites, vous, c'est du militantisme, nous, on fait du journalisme ! &#187;&lt;/i&gt; Nina r&#233;pond sans ambages : &lt;i&gt;&#171; Crevons l'abc&#232;s tout de suite. Tout point de vue est militant, tout point de vue est engag&#233;. &#187;&lt;/i&gt; L'&#233;tudiant T : &lt;i&gt;&#171; Mais, si j'ai pas&#8230; Moi j'ai pas forc&#233;ment de point de vue engag&#233;&#8230; Moi j'aime bien aller me promener sur le march&#233; de No&#235;l, j'aime bien savoir qui il y a, ce qu'elles vont vendre, tout &#231;a&#8230; &#199;a peut &#234;tre des gens qui sont super riches et qui vendent des choses que vous jugerez peut-&#234;tre comme ultralib&#233;rales ou capitalistes, comme &#231;a peut &#234;tre des petits artisans qui fabriquent des choses tranquillement chez eux, et qui vont vendre &#231;a &#224; la population&#8230; &#187;&lt;/i&gt; On aurait bien pris un peu de vin chaud &#224; l'orange, mais on reste sur la caf&#233;ine, drogue la plus efficace pour rester vigilant en toute situation.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Je vous arr&#234;te tout de suite &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors que la &lt;i&gt;&#171; discussion &#187;&lt;/i&gt; prend forme, que des &lt;i&gt;&#171; points de vue &#187;&lt;/i&gt; s'affirment, le chefaillon de RTL tente de s'interf&#233;rer &#224; nouveau. Comme il a d&#233;j&#224; parl&#233; (pour nous ranger dans la case des vilains militants agressifs et excluants) et que plusieurs &#233;tudiants l&#232;vent la main depuis plusieurs minutes, on tente de s'opposer. &lt;i&gt;&#171; Alors, monsieur, non&lt;/i&gt;, lui dit Julien, &lt;i&gt;vous avez d&#233;j&#224; parl&#233;. On va plut&#244;t privil&#233;gier les &#233;tudiants, franchement&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Nina lui rappelle les r&#232;gles de base de la communication en collectif : &lt;i&gt;&#171; Il y a un tour de parole &#224; avoir, il me semble qu'un &#233;tudiant l&#232;ve la main depuis longtemps. &#187;&lt;/i&gt; Il se cabre, gonfle son torse, agite ses bras, prend un air indign&#233;, puis, courageusement, prend la parole malgr&#233; notre refus, nous accusant de ne pas vouloir r&#233;pondre &#224; sa question. Les &#233;tudiants baissent leurs doigts et laissent l'Albert Londres des caisses enregistreuses donner de la voix. &lt;i&gt;&#171; Je poursuis sur mon sujet&#8230; Je reviens sur l'exclusion, il y a les reportages &#224;&lt;/i&gt; &#034;bannir&#034;&lt;i&gt;, et ensuite la premi&#232;re question que pose un &#233;tudiant en journalisme, votre r&#233;ponse, c'est&lt;/i&gt; &#034;je vous arr&#234;te tout de suite&#034;&lt;i&gt;&#8230; &#187;&lt;/i&gt; On attend la suite, il n'y en a pas. Il s'arr&#234;te, visiblement content d'avoir d&#233;montr&#233; aux &#233;tudiants &#224; quel point nous &#233;tions obtus et ferm&#233;s &#224; la discussion. Nous tentons de la reprendre malgr&#233; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;tudiant revient &#224; la charge sur la question de la drogue &#224; Glasgow. Pourquoi Julien n'en a pas plus parl&#233;, pourquoi n'est-il pas all&#233; interviewer &lt;i&gt;le chef des dealers&lt;/i&gt; ? Julien r&#233;pond que les philanthropes, ceux qui appellent &#224; la fin des imp&#244;ts et au transfert du partage des richesses vers le syst&#232;me de la charit&#233;, sont &lt;i&gt;&#171; autrement plus responsables &#187;&lt;/i&gt; de cette situation. Deuxi&#232;me ligne rouge franchie. Le c&#339;ur de l'&#233;tudiante R. saigne et elle d&#233;cide de s'en ouvrir &#224; toute l'assembl&#233;e : &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas d&#233;noncer une pratique en tombant dans la m&#234;me pratique, c'est-&#224;-dire que vous d&#233;noncez le fait qu'il y a des gens qui ont des pratiques dont vous estimez qu'elles sont&#8230; extr&#234;mes&#8230; Bon, moi c'est pareil, j'ai &#233;t&#233; salari&#233;e, je me suis oppos&#233; &#224; certains de mes patrons&#8230; J'ai aussi un p&#232;re qui a &#233;t&#233; patron, agent d'assurances pendant vingt ans, je tutoie les secr&#233;taires, on va faire des balades ensemble... Les grands patrons ne sont pas tous les salauds, hein, je tiens quand m&#234;me &#224; le dire ! &#187;&lt;/i&gt; Nina r&#233;sume cette prise de position : &lt;i&gt;&#171; Tutoyer les secr&#233;taires et faire des balades ensemble, je vois pas quel est le rapport avec les conditions mat&#233;rielles de travail, enfin c'est pas &#231;a la question, c'est pas &#034;est-ce qu'on peut &#234;tre patron et gentil ?&#034; &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Julien encha&#238;ne &#224; la serpette : &lt;i&gt;&#171; Il faut &#234;tre malhonn&#234;te avec les gens malhonn&#234;tes. &#187;&lt;/i&gt; Et l'&#233;tudiante R. de revenir &#224; la charge : &lt;i&gt;&#171; Personnellement pour ce qui est de l'honn&#234;tet&#233; et de mettre les gens en confiance, c'est pas l'&#233;cole de journalisme qui nous dit &#231;a, ce sont nos valeurs et nos &#233;ducations. Moi, le mensonge, excusez-moi, je peux pas. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; &#199;a, en tant que journalistes, on nous apprend &#224; ne pas le faire &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;tudiant C. de monter sur l'ar&#232;ne, la morale et les valeurs en guise de brassard de presse : &lt;i&gt;&#171; Vous dites que vous &#234;tes journalistes, donc, on est d'accord, mais&#8230; moi y'a un truc qui m'a fait tiquer dans le reportage, c'&#233;tait : vous faire passer pour une journaliste des&lt;/i&gt; &#201;chos&lt;i&gt; [pour interviewer Matthias Bauland, directeur adjoint d'Adrexo &#224; l'&#233;poque], et &#231;a, en tant que journalistes, on nous apprend &#224; ne pas le faire, &#224; &#234;tre assez honn&#234;te ! &#187;&lt;/i&gt; Nina r&#233;pond qu'elle sait bien que &lt;i&gt;&#171; c'est interdit dans la Charte de d&#233;ontologie des journalistes &#187;&lt;/i&gt; et pr&#233;cise qu'utiliser des cam&#233;ras cach&#233;es &lt;i&gt;&#171; est pourtant massivement pratiqu&#233; &#224; la t&#233;l&#233;, avec les petits dealers justement&#8230; [et on aurait pu ajouter : sans que &#231;a ne vous pose probl&#232;me]. Second point : C'est l&#233;gitime, de mon point de vue, quand c'est envers des gens qui ont des postes de pouvoir. D'une part, ils refusent les interviews, vous l'avez vu avec la direction g&#233;n&#233;rale du travail : il ne veut pas r&#233;pondre &#224; une question sur Adrexo alors qu'il veut bien se faire mousser devant une jeune &#233;tudiante &#224; Sciences-Po. &#199;a me para&#238;t tout &#224; fait l&#233;gitime de r&#233;v&#233;ler &#231;a. C'est d'autant plus l&#233;gitime avec des personnes comme les grands &#233;ditorialistes qui ont la parole publique tout le temps et qui refusent de r&#233;pondre aux questions sur leur travail. Quand on a autant d'espace m&#233;diatique, on se doit de r&#233;pondre aux questions qui d&#233;rangent&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Une &#233;tudiante : &lt;i&gt;&#171; Donc vous avez d&#233;cid&#233; que certaines personnes m&#233;ritaient quelque chose et d'autres ne m&#233;ritent pas&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Nina conclut : &lt;i&gt;&#171; Parce qu'elles occupent un r&#244;le social et que cela a des cons&#233;quences pour des milliers de personnes, oui. Je consid&#232;re que Jean-Denis Combrexelle, qui fait des d&#233;crets sur mesure pour le patronat du prospectus publicitaire, qui leur permet de payer les gens une heure sur deux et que &#231;a touche 40 000 personnes sans compter le turnover, soit des centaines de milliers de personnes en France, oui, &#224; un moment, on a le doit d'&#234;tre malhonn&#234;te avec lui, pour aller lui demander des comptes, oui. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait c'est un vieux d&#233;bat qui se joue ici. On le conna&#238;t bien, puisque c'est ce qui est reproch&#233; &#224; Pierre Carles depuis &lt;a href=&#034;http://pierrecarles.org/-rubrique11-#.WFCC15I-Y4M&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pas vu pas pris&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; en 1998. On aurait d&#251; commencer cette discussion (c'est m&#234;me un s&#233;minaire qu'il aurait fallu organiser, et non pas un speed dating &#171; une heure pour convaincre &#187;) par des extraits de ces films, montrer comment certaines connivences et collusions sont impossibles &#224; r&#233;v&#233;ler sans le recours &#224; certaines m&#233;thodes. Qui plus est, dans nos films, nous y avons recours en toute transparence puisque c'est mis &#224; l'image. Pourquoi d&#232;s lors dire que c'est de la manipulation ? Les &#233;tudiants sont en mesure de juger de nos m&#233;thodes justement parce que nous les mettons &#224; l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous inqui&#232;te le plus, c'est qu'on dirait que dans leur cursus, ils n'ont jamais entendu critiquer les m&#233;dias. &#192; travers ces questions, nous avons l'impression qu'ici comme dans l'&#233;crasante majorit&#233; des &#233;coles de journalisme fran&#231;aises, les h&#233;ros sont David Pujadas, L&#233;a Salam&#233;, Jean-Michel Aphatie ou Nicolas Demorand. Jamais G&#252;nter Wallraff, Florence Aubenas (ou alors l'otage plut&#244;t que l'aide &#224; domicile), Ryszard Kapuscinski ou Jean-Baptiste Malet.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;&#171; Ne pas prendre le risque de f&#226;cher d'&#233;ventuels annonceurs &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;change est arr&#234;t&#233; au bout de 63 minutes alors que plusieurs mains sont encore lev&#233;es. L'&#233;tudiante P demande : &lt;i&gt;&#171; Pourquoi on ne continue pas, en fait ? C'est la question que tout le monde se pose ! &#187;&lt;/i&gt; Il faut dire que la rencontre a &#233;t&#233; rabot&#233;e d'une demi-heure &#224; l'initiative du directeur de l'&#233;cole, qui estimait qu'on avait &lt;i&gt;&#171; d&#233;j&#224; assez parl&#233; [la veille] &#187;&lt;/i&gt;. On remet nos blousons, et on sort de la salle, assaillis par des dizaines d'&#233;tudiants en proie au doute. On pensait qu'on aurait l'occasion d'&#233;changer sur le fond de nos films, d'expliquer comment nous en sommes arriv&#233;s &#224; travailler de fa&#231;on &#171; ind&#233;pendante &#187;, c'est-&#224;-dire sans le sou mais avec une grande libert&#233; de ton. Mais la majorit&#233; de l'&#233;change se concentrera sur nos &lt;i&gt;&#171; m&#233;thodes &#187;&lt;/i&gt; jug&#233;es &lt;i&gt;&#171; malhonn&#234;tes &#187;&lt;/i&gt;, nos discours jug&#233;s &lt;i&gt;&#171; militants &#187;&lt;/i&gt; et nos mots, &lt;i&gt;&#171; excluants &#187;&lt;/i&gt;. On a sans doute incarn&#233; malgr&#233; nous une certaine violence symbolique avec notre rejet des sujets sur le march&#233; de No&#235;l, que les &#233;tudiants seront bien oblig&#233;s de se farcir et sans marge de man&#339;uvre pour le coup. Car l'ESJ Pro, nous l'avons d&#233;couvert en r&#233;digeant ce texte, forme &#233;videmment aux &#171; sujets conso &#187;, pardi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole porte m&#234;me une attention toute particuli&#232;re &#224; faire rentrer dans le cr&#226;ne des journalistes l'id&#233;e selon laquelle il faut &lt;i&gt;&#171; bien border ses sujets &#187;&lt;/i&gt; pour &lt;i&gt;&#171; ne pas prendre le risque de f&#226;cher d'&#233;ventuels annonceurs. &#187;&lt;/i&gt; Quelques jours plus tard aura lieu &lt;a href=&#034;http://esj-pro.fr/formations-journalisme/sujets-conso-les-pieges-a-eviter-et-les-bonnes-idees-de-traitement/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une formation payante sur les &#171; sujets conso &#187;&lt;/a&gt;, pr&#233;sent&#233;s comme &lt;i&gt;&#171; des sujets &#8220;concernants&#8221;, f&#233;d&#233;rateurs, pas forc&#233;ment compliqu&#233;s &#224; traiter ni chers &#224; r&#233;aliser [&#8230;] Bien parler de consommation, c'est se rapprocher de ses lecteurs. Mais c'est aussi prendre le risque de f&#226;cher d'&#233;ventuels annonceurs, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de bien &#8220;border&#8221; son travail. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_9131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/png/capture_d_e_cran_2016-12-14_a_16.53.14.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH244/capture_d_e_cran_2016-12-14_a_16.53.14-a2502.png?1776737023' width='500' height='244' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;Cette &lt;i&gt;&#171; formation th&#233;orique &#187;&lt;/i&gt; de deux jours (14 heures), factur&#233;e la somme rondelette de 1000 euros, proposait ni plus ni moins de &lt;i&gt;&#171; chercher les erreurs, de d&#233;coder les perles des fausses promos, &#233;tiquettes incongrues, prix trompeurs, termes ambigus... &#187;&lt;/i&gt; ou d'identifier &lt;i&gt;&#171; les principaux pi&#232;ges &#224; &#233;viter : tour d'horizon des principales erreurs susceptibles de faire rater un sujet consum&#233;riste, mais aussi de nuire &#224; l'image du titre de presse &#187;&lt;/i&gt;. &#199;a serait dommage, en effet, de nuire davantage &#224; la renomm&#233;e de ces grands titres qui &#339;uvrent quotidiennement, dans l'ombre, &#224; la croissance du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant de l'&#233;cole, certains &#233;tudiants viendront nous dire qu'&lt;i&gt;&#171; on en parlera longtemps, de cette rencontre &#187;&lt;/i&gt;. Un &#233;l&#232;ve vient nous souffler qu'il est &lt;i&gt;&#171; d'accord avec nous sur toute la ligne &#187;&lt;/i&gt;. Califano s'&#233;clipse, aussi g&#234;n&#233; qu'&#224; l'arriv&#233;e. Le co-chef de RTL nous tourne le dos, passe un coup de fil &#233;nerv&#233;, se place &#224; bonne distance de nous pour entendre nos conversations avec les &#233;tudiants puis part taper le ballon avec quelques &#233;tudiants. Il ne daignera m&#234;me pas nous saluer, de peur d'&#234;tre contamin&#233; peut-&#234;tre. Louis, l'&#233;l&#232;ve qui a pr&#233;par&#233; la rencontre, nous apprend qu'il va devoir &#233;crire un article sur notre venue. On lui demande de pouvoir lire cet article un jour. &lt;i&gt;&#171; Ah non, non, on n'a pas le droit. &#187;&lt;/i&gt; Bon. On lui proposerait bien un titre lisible de tous (&lt;i&gt;&#171; Les commer&#231;ants sont d&#233;&#231;us &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Les enfants avaient des &#233;toiles dans les yeux &#187;&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;&#171; Le vin chaud a un go&#251;t de cannelle &#187;&lt;/i&gt;, &#231;a ne pourra que faire avancer la cause d'un journalisme non-complaisant - et faire plaisir &#224; leur professeur.) Pendant ce temps, non loin de l&#224;, dans la m&#234;me ville de Montpellier, on condamne les journalistes libres &#224; des peines de prison ferme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jules Panetier, journaliste au magazine Montpelli&#233;rain Le Poing, a pass&#233; six (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Julien Brygo&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Nina Faure&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;alisateurs de Quatre petits films contre le grand capital (C-P (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Post-Scriptum&lt;/strong&gt; : Au-del&#224; de l'agressivit&#233; du cadre, de la grande violence exprim&#233;e par le corps enseignant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La veille, au cin&#233;ma, un journaliste invit&#233; travaillant &#224; l'&#233;cole dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui est en jeu, c'est la capacit&#233; &#224; enseigner le corporatisme de la profession dans l'&#233;cole qui nous a impressionn&#233;s. On y apprend &#224; se d&#233;fendre aussi contre la grande m&#233;fiance qu'expriment les citoyens envers les journalistes. On leur conseillerait bien de graver sur la devanture de l'&#233;cole cette phrase, pondue dix jours plus tard : &lt;i&gt;&#171; Ce ne sont pas les journalistes qui se sont coup&#233;s du monde, mais le monde qui s'est coup&#233; des journalistes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pourquoi il faut ha&#239;r les journalistes &#187;, Guillaume Erner, Charlie Hebdo, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme les &#171; tribunes &#187;, les &#171; t&#233;moignages &#187; que nous publions sur notre site n'engagent pas collectivement l'association Acrimed.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Quatre films, une m&#234;me histoire&lt;/i&gt;, Serge Halimi, livret accompagnant l'&#233;dition DVD de &lt;i&gt;4 petits films contre le grand capital&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il a travaill&#233; pour diff&#233;rents journaux de presse quotidienne r&#233;gionale, &lt;i&gt;La Voix du Nord&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Journal de Sa&#244;ne-et-Loire&lt;/i&gt;, &#224; l'hebdomadaire &lt;i&gt;T&#233;moignage Chr&#233;tien&lt;/i&gt;, un vieux journal fran&#231;ais portant une attention particuli&#232;re au reportage, puis en tant que pigiste pour &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, pour &lt;i&gt;Le Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, pour &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt; ou encore &#171; L&#224;-bas si j'y suis &#187;, sur France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Op&#233;ration Correa : &#233;pisode 1 Les &#226;nes ont soif&lt;/i&gt;, de Pierre Carles. &lt;a href=&#034;http://www.cp-productions.fr/operation-correa-episode-1-les-anes-ont-soif/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Visible en int&#233;gralit&#233; ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(&#192; partir de 13'10'').&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jules Panetier, journaliste au magazine Montpelli&#233;rain &lt;i&gt;Le Poing&lt;/i&gt;, a pass&#233; &lt;a href=&#034;http://www.revolutionpermanente.fr/Jules-Panetier-Petite-mise-au-poing-concernant-mon-incarceration&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;six semaines &#224; la prison de Villeneuve-l&#232;s-Maguelone cet &#233;t&#233;&lt;/a&gt;, puis est retourn&#233; en garde &#224; vue, accus&#233; d'avoir insult&#233; un policier&#8230; lors d'une manifestation contre les violences polici&#232;res. &lt;a href=&#034;https://lepressoir-info.org/spip.php?article630&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire son t&#233;moignage ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;alisateurs de &lt;i&gt;Quatre petits films contre le grand capital&lt;/i&gt; (C-P Productions, d&#233;cembre 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La veille, au cin&#233;ma, un journaliste invit&#233; travaillant &#224; l'&#233;cole dans le cadre d'un s&#233;minaire sur &#171; le digital &#187; s'est lev&#233; en plein d&#233;bat avec trois &#233;tudiantes et nous a fait transmettre ce message par le biais de la programmatrice : &lt;i&gt;&#171; Dites-lui de bien se pr&#233;parer, sur le fond et sur la forme, parce que demain, c'est nous qui allons le pi&#233;ger. &#187;&lt;/i&gt; Le lendemain, alors que nous signalons notre surprise face &#224; ces menaces, un homme l&#232;ve la main au milieu de l'assembl&#233;e et marmonne : &lt;i&gt;&#171; Non, non, non, c'est pas des menaces&#8230; &#187;&lt;/i&gt; On tient &#224; pr&#233;ciser qu'on vient &lt;i&gt;&#171; en toute bienveillance &#187;&lt;/i&gt;, qu'on s'estime &lt;i&gt;&#171; hyper-heureux d'&#234;tre l&#224; &#187;&lt;/i&gt; pr&#233;cisant toutefois ne pas se sentir tr&#232;s &#224; l'aise suite &#224; ces propos. Le journaliste ne prendra plus la parole, ni pour expliquer pourquoi il avait dit &#231;a, ni pour dire comment il aurait appel&#233; le fait de dire &lt;i&gt;&#171; c'est nous qui allons le pi&#233;ger &#187;&lt;/i&gt;. Il partira imm&#233;diatement apr&#232;s la &#171; rencontre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Pourquoi il faut ha&#239;r les journalistes &#187;, Guillaume Erner, &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, 5/11/2016&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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