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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe : France 2 comme TF1 ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Greve-generale-en-Guadeloupe-France-2-comme-TF1</link>
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		<dc:date>2009-03-02T07:10:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Serg&#232;re, Ugo Palheta</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>David Pujadas</dc:subject>
		<dc:subject>Elise Lucet</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent Delahousse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D'un conflit invisible &#224; ses effets, ou : comment passer sous silence les conditions d'existence de la population et les mobiles des acteurs de la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-sociales-en-France-2009-2012-" rel="directory"&gt;Mobilisations sociales en France (2009-2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journaux-televises-114-+" rel="tag"&gt;Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-David-Pujadas-+" rel="tag"&gt;David Pujadas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Elise-Lucet-+" rel="tag"&gt;Elise Lucet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Delahousse-+" rel="tag"&gt;Laurent Delahousse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3083.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe : TF1 en panne d'essence, et priv&#233;e de shopping &#187;&lt;/a&gt;, &#233;crivions-nous ici m&#234;me, en guise de titre d'un article consacr&#233; &#224; la &#171; couverture &#187; du conflit. France 2 a-t-elle fait entendre une voix propre et permis de s'informer v&#233;ritablement sur les causes de ce mouvement, massif et durable, de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et les raisons d'agir des gr&#233;vistes ? Force est de constater qu'il n'en est rien et que, s'il est abusif d'affirmer que rien ne distingue en g&#233;n&#233;ral les programmes de France 2 de ceux de TF1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; TF1 et France 2 : Regarder les diff&#233;rences ?.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s des deux cha&#238;nes, particuli&#232;rement de 20 heures, pr&#233;sentent de p&#233;nibles similitudes. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe, puis &#224; la Martinique, a permis h&#233;las de le v&#233;rifier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant les trois premi&#232;res semaines de ce conflit social exceptionnel, l'information sur TF1, livr&#233;e au compte-goutte, a surtout &#233;t&#233; l'occasion de ressasser la p&#233;nurie de carburant et les tourments de l'industrie du tourisme. Qu'en a-t-il &#233;t&#233; sur le service public d'information, et plus pr&#233;cis&#233;ment dans les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s &#8211; de 13h et de 20h &#8211; de France 2 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. 20 janvier-1er f&#233;vrier : Dix jours de tourisme m&#233;diatique &lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Journalisme de carte postale &lt;i&gt;&#171; un peu g&#226;ch&#233;e &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au 26 janvier, TF1 n'avait consacr&#233; &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qu'1 minute 23 d'information, avant de ne s'int&#233;resser jusqu'au 1er f&#233;vrier qu'aux effets de la gr&#232;ve. Or, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, pendant ces dix jours n'a pas plus int&#233;ress&#233; la r&#233;daction du &#171; 20h &#187; de France 2 que celle de TF1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re semaine donne ainsi lieu &#224; une unique remarque de 15 secondes (le 21 janvier) : David Pujadas &#233;voque &lt;i&gt;&#171; une amorce de durcissement au 2nd jour de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe &#187;&lt;/i&gt;, sans qu'on nous dise d'ailleurs quoi que ce soit de la situation initiale par rapport &#224; laquelle la gr&#232;ve se serait &#171; durci e &#187;. La temp&#234;te dans le sud de la France ayant pris la suite de l'&#233;lection d'Obama comme &#233;v&#233;nement m&#233;diatique &#171; incontournable &#187; (tellement &#171; incontournable &#187; qu'on en oublie tout le reste), on notera le mutisme total du &#171; 20h &#187; sur la manifestation guadeloup&#233;enne du 24 janvier. Celle-ci ayant rassembl&#233; 25 000 personnes dans une &#238;le en comptant 410 000, elle a pourtant ouvert un cycle de manifestations de plus en plus suivies ; mais les t&#233;l&#233;spectateurs de France 2 n'en sauront &#233;videmment rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jours suivants, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ne s'attire pas un suivi m&#233;diatique plus vigoureux puisque seulement deux &#171; sujets &#187; (le 28 et le 31 janvier), respectivement de 20 et 15 secondes, lui sont consacr&#233;s. De ce mouvement social qui s'approfondit depuis pr&#232;s de 2 semaines, les t&#233;l&#233;spectateurs du &#171; 20h &#187; de France 2 ne sauront d&#232;s lors que deux choses : &lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;&#171; Les files d'attentes, vous le voyez, sont impressionnantes. Se d&#233;placer est devenu presque impossible &#187; &lt;/i&gt; (28/01). &lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;&#171; L'&#238;le reste paralys&#233;e alors que les syndicats viennent de rejeter la proposition d'une enveloppe de 54 millions d'euros pour sortir de la crise &#187; &lt;/i&gt; (31/01).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut sans doute parler ici d'un v&#233;ritable travail d'&lt;i&gt;invisibilisation m&#233;diatique &lt;/i&gt;du conflit social dont s'acquittent les journalistes, volontairement ou pas, ; un travail dont les effets sont loin d'&#234;tre n&#233;gligeables tant il est vrai que la force symbolique d'un mouvement social d&#233;pend en partie de sa capacit&#233; &#224; rendre publiques les revendications qu'il porte et &#224; faire reconna&#238;tre sa l&#233;gitimit&#233;. Si Nicolas Sarkozy peut affirmer que &#171; &lt;i&gt;quand il y a une gr&#232;ve aujourd'hui, personne ne s'en aper&#231;oit &#187;&lt;/i&gt;, les grands m&#233;dias &#8211; dont France 2 &#8211; n'y sont certainement pas pour rien. Ce n'est d'ailleurs pas la moindre des victoires remport&#233;s par cette mobilisation que d'avoir contraints les grands m&#233;dias &#224; s'y int&#233;resser ou, du moins, &#224; en parler. Mais comment en ont-ils parl&#233; ? Quels aspects du mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;s et mis en avant par les journalistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal de &#171; 13h &#187; nous offre quelques premiers &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse dans la mesure o&#249; la r&#233;daction s'est davantage pench&#233;e sur cette gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Mais d'embl&#233;e, &#224; visionner les sujets propos&#233;s aux t&#233;l&#233;spectateurs, il semble qu'on ait moins affaire &#224; un mouvement de gr&#232;ve qu'&#224; une vaste p&#233;nurie d'essence, n&#233;faste au tourisme. Deux exemples !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le reportage du 23 janvier s'ouvre de la mani&#232;re suivante : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les touristes semblent un peu d&#233;sempar&#233;s&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Si leurs h&#244;tels restent ouverts, le service n'y est plus forc&#233;ment assur&#233;, et de nombreux restaurants et boutiques ont baiss&#233; le rideau [&#8230;] &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La carte postale risque d'&#234;tre g&#226;ch&#233;e encore plusieurs jours pour les vacanciers &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;. &lt;/i&gt;Et dans une sorte de proc&#232;s o&#249; les gr&#233;vistes n'ont pas leur mot &#224; dire, le journaliste de France 2 pointe indirectement leur responsabilit&#233; pr&#233;sum&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Le conflit semble se durcir&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;. Les manifestants refusent les r&#233;unions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; propos&#233;es par le conseil r&#233;gional. Ils exigent de n&#233;gocier avec le pr&#233;fet &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- De m&#234;me, le 29 janvier, c'est l'approvisionnement en essence devenu &lt;i&gt;&#171; impossible &#187;&lt;/i&gt; qui inqui&#232;te le journaliste sur place : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Une file d'attente longue d'1 kilom&#232;tre 100&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, et vu d'en haut c'est sans doute encore plus impressionnant. Le sc&#233;nario reste &#224; quelques voitures pr&#232;s le m&#234;me dans les 13 stations r&#233;quisitionn&#233;es pour les usagers prioritaires et c'est pr&#233;cis&#233;ment sur ce point que des tensions naissent &#231;a et l&#224; &#187;.&lt;/i&gt; Du mouvement de gr&#232;ve et du collectif contre l'exploitation outranci&#232;re (LKP) &#8211; devenu &#171; collectif contre la vie ch&#232;re &#187; dans les m&#233;dias de m&#233;tropole &#8211;, nous ne saurons rien : ni l'analyse de la situation, ni les revendications. Il est bien entendu plus urgent de r&#233;aliser de beaux plans larges sur les files d'attente aux abords des stations-service et d'interroger les automobilistes concernant leurs d&#233;boires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er f&#233;vrier, l'arriv&#233;e d'Yves J&#233;go en Guadeloupe change la donne : France 2 d&#233;cide d'envoyer une &#233;quipe sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exquis menu du jour nous est annonc&#233; par l'in&#233;narrable David Pujadas : &lt;i&gt;&#171; Sur place, notre &#233;quipe a pu &#233;galement constater que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;l'activit&#233; touristique est bel et bien paralys&#233;e&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;. Tel un Tintin en Guadeloupe, l'envoy&#233; sp&#233;cial plante le d&#233;cor&lt;i&gt; : &#171; La chaleur et les palmiers sont bien l&#224;. Le s&#233;jour des touristes aura un petit go&#251;t d'aventure &#187;.&lt;/i&gt; Apr&#232;s l'interview rituelle de touristes un brin d&#233;sempar&#233;s, l'&#233;minent reporter nous livre quelques informations de premi&#232;re importance sur son arriv&#233;e en Guadeloupe, qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e plus difficile que pr&#233;vue : &lt;i&gt;&#171; Premi&#232;re &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;surprise chez les loueurs de voitures&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; : plusieurs sont ferm&#233;s ; chez les autres les parcs sont pleins mais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les r&#233;servoirs presque vides&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Effac&#233; de la photo depuis pr&#232;s de 10 jours, le mouvement social r&#233;appara&#238;t magiquement, mais, une fois encore, pour en d&#233;plorer les formes et les effets : &lt;i&gt;&#171; Les commer&#231;ants sont pri&#233;s de baisser le rideau par &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;quelques manifestants intimidants&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt; De m&#234;me notre journaliste se fait-il le porte-voix des inqui&#233;tudes propres &#224; l'industrie du tourisme : &lt;i&gt;&#171; La saison avait pourtant tr&#232;s bien d&#233;but&#233; ici &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;pour les h&#244;teliers&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Ils sont inquiets maintenant des cons&#233;quences financi&#232;res qu'aura cette gr&#232;ve. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les professionnels du tourisme esp&#232;rent&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; que l'arriv&#233;e ce soir en Guadeloupe d'Yves J&#233;go, le secr&#233;taire d'Etat &#224; l'Outre-mer, permettra de d&#233;bloquer rapidement la situation &#187;. &lt;/i&gt;Mais le journaliste de France 2 sait &#233;galement montrer de la compassion&#8230; pour les vacanciers : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les touristes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;sont un peu d&#233;s&#339;uvr&#233;s&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Le ramassage des ordures n'est plus assur&#233; partout. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;La carte postale est un peu g&#226;ch&#233;e&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;. &lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Du 2 au 14 f&#233;vrier : Douze jours d'informations rar&#233;fi&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Journalisme en panne de carburant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'envoi d'une &#233;quipe de journalistes pour suivre au plus pr&#232;s la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe, on pouvait esp&#233;rer un autre traitement de l'information, faisant une plus large place aux causes du conflit social et &#224; la parole des gr&#233;vistes. Comme on va le voir, ces espoirs vont &#234;tre largement d&#233;&#231;us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le reportage du 2 f&#233;vrier concerne d'abord une coiffeuse&#8230; non-gr&#233;viste : &lt;i&gt;&#171; Je ne peux pas me permettre de ne pas travailler, j'ai mon fils, j'ai des choses &#224; payer &lt;/i&gt; &#187;, puis met en avant la r&#233;action d'un livreur de boissons fra&#238;ches, lui aussi non-gr&#233;viste, contraint d'acheter son essence au march&#233; noir,&lt;i&gt; &#171; comme pendant la Guerre &#187;. &lt;/i&gt;S'il nous est pr&#233;cis&#233; pour finir que &lt;i&gt;&#171; la gr&#232;ve reste assez populaire ici &#187;&lt;/i&gt;, le t&#233;l&#233;spectateur de France 2 serait bien en peine de dire pourquoi, tant les reportages de la cha&#238;ne font peu de place aux revendications du mouvement et &#224; son ancrage dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; 20h &#187; donne &#224; voir la m&#234;me r&#233;duction de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; la &lt;i&gt;&#171; gal&#232;re &#187;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Gal&#232;re pour se rendre au travail, gal&#232;re aussi pour remplir son chariot&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; dans certaines parties de l'&#238;le. Plusieurs supermarch&#233;s sont &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;somm&#233;s de fermer par les gr&#233;vistes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et les sup&#233;rettes ne sont plus ravitaill&#233;es. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;R&#233;sultat : des rayons d&#233;sesp&#233;r&#233;ment vides&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Difficile d'y trouver son bonheur. Faute de stocks, beaucoup de boutiques ont pr&#233;f&#233;r&#233; le rideau &#187;. &lt;/i&gt;Mais le journaliste, par une tr&#232;s subtile touche d'ironie, sait remonter le moral de ceux qui l'&#233;coutent &lt;i&gt;&#171; Seul produit toujours disponible, &#233;videmment : le rhum &#187;.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 f&#233;vrier voit &#233;galement, dans le &#171; 13h &#187;, la premi&#232;re interview t&#233;l&#233;phonique d'Elie Domota, un des porte-parole du LKP. Pr&#233;sent&#233; comme le &lt;i&gt;&#171; leader du mouvement contre la vie ch&#232;re &#187; &lt;/i&gt;il&lt;i&gt; &lt;/i&gt;est invit&#233; non &#224; pr&#233;ciser les revendications du LKP ou &#224; en justifier les actions mais &#224; satisfaire les pr&#233;occupations de la journaliste : &lt;i&gt;&#171; Tout est vide, les &#233;coles sont ferm&#233;s, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;combien de temps vous pouvez tenir comme &#231;a ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187; Quand le syndicaliste r&#233;pond que la question n'est pas de &lt;i&gt;&#171; tenir &#187;&lt;/i&gt; mais d'obtenir des r&#233;ponses sur la plate-forme de revendications port&#233;e par le LKP, la journaliste prend son courage &#224; deux mains pour demander : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Combien co&#251;te le prix d'une baguette en Guadeloupe ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;. &lt;/i&gt;On n'en saura gu&#232;re plus sur les raisons de la gr&#232;ve&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au 9 f&#233;vrier, les reportages du &#171; 13h &#187; montrent en boucle les images de r&#233;ouvertures de stations-service gr&#226;ce aux &lt;i&gt;&#171; g&#233;rants qui arr&#234;tent la gr&#232;ve &#187;&lt;/i&gt;. Elise Lucet se r&#233;jouit ainsi de l'&lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;espoir de d&#233;blocage&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; avec l'ouverture de stations services et la baisse de quelques produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; &#187; &lt;/i&gt;et m&#234;me d'un &lt;i&gt;&#171; signe de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;retour &#224; la normale&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;. &lt;/i&gt;Mais pourquoi le mouvement social continue-t-il &#224; s'&#233;tendre ? Mise &#224; part quelques allusions &#224; la vie ch&#232;re, le spectateur de France 2 ne sait toujours pas ce qu'est le LKP et quelles sont ses revendications. Tout juste apprend-on au d&#233;tour d'un reportage, le 3 f&#233;vrier, que la Guadeloupe compte &lt;i&gt;&#171; 23% de ch&#244;meurs &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, s'il nous est dit que &lt;i&gt;&#171; la Martinique s'est mise en gr&#232;ve &#187; &lt;/i&gt;le 7 f&#233;vrier, c'est seulement deux jours apr&#232;s que la r&#233;daction de France 2 daigne nous informer sur ce que les grands m&#233;dias qualifient de &lt;i&gt;&#171; contagion &#187;&lt;/i&gt;. Mais l&#224; encore, il semble que le mouvement de gr&#232;ve se r&#233;duise &#224; des fermetures forc&#233;es de magasins par des syndicalistes. La r&#233;action d'une acheteuse est ainsi mise en avant : &lt;i&gt;&#171; Je trouve &#231;a inacceptable, ma fille a peur, regardez-la, elle va pleurer &#187;. &lt;/i&gt;Puis c'est au tour de patrons d'&#234;tre interview&#233;s pour nous dire tout le mal que fait la gr&#232;ve naissante &#224; l'&#233;conomie de l'&#238;le. Pour les revendications des gr&#233;vistes ou les conditions d'existence de la population, il faudra repasser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le conflit dure depuis pr&#232;s de 3 semaines en Guadeloupe, le retour pr&#233;cipit&#233; d'Yves J&#233;go &#224; Paris et l'arr&#234;t des n&#233;gociations semble enfin contraindre la r&#233;daction de France 2 &#224; se poser quelques questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christiane Taubira est ainsi invit&#233;e le 10 f&#233;vrier lors du &#171; 13h &#187;. Mais il s'agit semble-t-il moins pour Elise Lucet de l'interroger sur les raisons d'un conflit social que de transposer, dans des questions apparemment irr&#233;prochables, ses propres inqui&#233;tudes &#224; l'id&#233;e d'une extension du mouvement : &lt;i&gt;&#171; Les d&#233;clarations de Fran&#231;ois Fillon ne vont pas &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;calmer la col&#232;re &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ? &#187;, &#171; Que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;craignez-vous&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ? On parle d'un &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;nouveau mai 68 ! &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;, &#171; Est-ce que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;vous avez peur que &#231;a&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;d&#233;g&#233;n&#232;re&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; ? &#187;, &#171; Est-ce que &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;vous craignez une contagion&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#224; la Guyane, chez vous, et &#224; la R&#233;union pourquoi pas ? &#187;. &lt;/i&gt;De &lt;i&gt;&#171; l'espoir d'un d&#233;blocage &#187;&lt;/i&gt; (voir plus haut) &#224; la &lt;i&gt;&#171; crainte d'une contagion &#187;&lt;/i&gt;, les propos d'Elise Lucet nous informent davantage des pr&#233;occupations m&#233;diatiques que de la situation sociale en Guadeloupe. Christine Taubira aura beau rappeler que ce mouvement &lt;i&gt;&#171; n'est pas une maladie &#187;&lt;/i&gt; et que l'extension de la gr&#232;ve est un signe de &lt;i&gt;&#171; solidarit&#233; &#187;, &lt;/i&gt;la question des causes de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale sera soigneusement pass&#233;e sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux &#171; 20h &#187;, pendant la m&#234;me p&#233;riode, ils ne valent pas beaucoup mieux.. Pourtant, apr&#232;s quelques jours d'oubli (du 4 au 8 f&#233;vrier) durant lesquels la Guadeloupe n'est &#233;voqu&#233;e qu'une seule fois (et seulement vingt secondes), la r&#233;daction du JT d&#233;cide le 10 f&#233;vrier de s'arr&#234;ter, une fois n'est pas coutume, sur la question de la r&#233;partition des richesses &#224; travers le cas des B&#233;k&#233;s (ces grands propri&#233;taires blancs qui d&#233;tiennent une bonne part des entreprises et des terres aux Antilles). Mais l&#224; encore, les gr&#233;vistes n'ont pas voix au chapitre, et c'est au contraire un B&#233;k&#233; qui est invit&#233; &#224; se justifier : &lt;i&gt;&#171; Entendre parler de ''B&#233;k&#233;'', entendre parler de ceci, non ! Pour moi nous sommes des &#234;tres humains, nous sommes tous des hommes. Y a des patrons, y a des employ&#233;s, mais &#231;a y a toujours eu &#231;a. Dans une arm&#233;e y a &#231;a, y aura toujours &#231;a ! &#187;. &lt;/i&gt;Reconnaissons tout de m&#234;me la volont&#233;, pour la premi&#232;re fois manifest&#233;e par le journaliste sur place, de comprendre ce conflit social : &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ce n'est pas un hasard&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; si les stations-service ou les grandes surfaces sont les 1&#232;res cibles bloqu&#233;es par les manifestants : les familles qui les d&#233;tiennent sont devenus &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;le symbole de la domination et de l'exploitation&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; d&#233;nonc&#233;es par les Guadeloup&#233;ens &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette volont&#233; d'expliquer s'&#233;mousse vite et la caricature d'information reprend rapidement ses droits et son cours normal. Le blocage des n&#233;gociations en Guadeloupe r&#233;introduit les images de files d'attente dans les stations-service et son lot d'effets &lt;i&gt;&#171; dramatiques &#187;&lt;/i&gt; sur le tourisme local. On apprend ainsi le 11 f&#233;vrier que les &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;voyagistes &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;devraient perdre 10 millions d'Euros &lt;/i&gt; &#187; et un professionnel du tourisme menace d'une&lt;i&gt; &#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;perte du capital-confiance sur la destination&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;. &lt;/i&gt;Mais comment expliquer alors que &lt;i&gt;&#171; le mouvement risque de se propager &#224; la R&#233;union &#187;,&lt;/i&gt; et surtout que &lt;i&gt;&#171; Le LKP [soit] de plus en plus populaire &#187; &lt;/i&gt;(13 f&#233;vrier)&lt;i&gt; &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;but de r&#233;ponse nous est tout de m&#234;me apport&#233; dans le &#171; 13h &#187; du 14 f&#233;vrier quand Laurent Delahousse nous annonce le portrait d'une gr&#233;viste. Le t&#233;l&#233;spectateur de France 2 apprend enfin la signification du P de LKP (&lt;i&gt;&#171; Pwofitasyon &#187;&lt;/i&gt;)&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;mais &#233;galement que les salaires en dessous du SMIC sont monnaie courante dans l'&#238;le. Evoquant des ouvriers gr&#233;vistes tu&#233;s par la Gendarmerie fran&#231;aise dans les ann&#233;es 1960, il est tout de m&#234;me symptomatique que le journaliste parle, non pas des revendications quant au partage des terres ou des richesses, mais des &lt;i&gt;&#171; vieilles rancoeurs &#187;&lt;/i&gt; des guadeloup&#233;ens envers la m&#233;tropole. Sans doute &#233;mu d'en avoir tant dit, la r&#233;daction de France 2 reprend ses bonnes habitudes le soir m&#234;me lors du &#171; 20h &#187;, et ce sont de nouveau les stations-service et les magasins clos qui sont &#224; l'honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura donc fallu plus de trois semaines de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour que le mouvement social guadeloup&#233;en m&#233;rite, aux yeux de la r&#233;daction de France 2, quelques reportages sur ses causes profondes, reportages d'ailleurs noy&#233;s dans une masse indigeste de sujets sur les stations-service et les magasins ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Du 15 au 21 f&#233;vrier : une semaine de journalisme anti-&#233;meute ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 f&#233;vrier est l'occasion pour le service public de revenir sur le massacre du 14 f&#233;vrier 1952, au cours duquel une gr&#232;ve des coupeurs de canne avait fait 4 morts et 14 bless&#233;s sous les tirs des CRS. Un rappel historique lourd de signification et de port&#233;e. Pour le journaliste, &lt;i&gt;&#171; cette tuerie nourrit encore la col&#232;re actuelle des guadeloup&#233;ens comme d'autres &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;vieilles rancoeurs &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Mais on ne saura gu&#232;re ce que sont ces &lt;i&gt;&#171; autres vieilles rancoeurs &#187; &lt;/i&gt;et leur lien avec le mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que, d&#232;s le lendemain, Elise Lucet retourne &#224; ses pr&#233;dilections quotidiennes et s'alarme du devenir du tourisme sur l'&#238;le : &lt;i&gt;&#171; Pas de tr&#232;ve du mouvement pendant les vacances scolaires et c'est assez &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;catastrophique pour le tourisme&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Les professionnels tirent la &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;sonnette d'alarme&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, plus de 10 000 personnes ont d&#233;j&#224; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;annul&#233; leur s&#233;jour&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le manque &#224; gagner serait de 10 Millions d'euros/semaine&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. Sur place, certaines &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;structures h&#244;teli&#232;res ont tout simplement ferm&#233; leurs portes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, d'autres accueillent quelques rares touristes parfois &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;sans eau et sans &#233;lectricit&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;. &lt;/i&gt;M&#234;me son de cloche chez un patron du tourisme : &lt;i&gt;&#171; en mer, la quasi totalit&#233; des paquebots de croisi&#232;re ont fuit la Guadeloupe. Avec la gr&#232;ve, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;20 escales ont &#233;t&#233; annul&#233;s &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt; Le journaliste enfonce le clou en fin de reportage : &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;En 2002, la gr&#232;ve avait d&#233;j&#224; malmen&#233; l'&#233;conomie touristique&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de Guadeloupe. Suite au conflit, le groupe Accor a revendu tous ses h&#244;tels dans les Antilles &#187;. &lt;/i&gt;France 2, attach&#233; de presse des patrons du tourisme en Guadeloupe ou cha&#238;ne de service public ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#232;s le 17 f&#233;vrier commence un cours nouveau sur le front m&#233;diatique puisque les violences en marge du mouvement vont devenir la pr&#233;occupation principale, pour ne pas dire unique, des JT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que nous ne savons toujours rien ou presque des gr&#233;vistes et du mouvement de gr&#232;ve, l'envoy&#233; sp&#233;cial de France 2 nous livre une description d&#233;taill&#233;e de cette nuit de violences : &lt;i&gt;&#171; toute la nuit, des groupes de jeunes ont affront&#233; les forces de l'ordre, des rues barr&#233;es par les flammes et surveill&#233;es par l'h&#233;licopt&#232;re de la gendarmerie. [&#8230;] Jets de pierre et cocktails molotov contre tirs de grenades lacrymog&#232;nes. [&#8230;] 3 gendarmes bless&#233;s. &#187;. &lt;/i&gt;Heureusement, le journaliste sur place nous &#233;claire en direct sur les causes de ces violences&#8230; ou plut&#244;t nous raconte sa nuit ou celle de ses confr&#232;res. En effet, &lt;i&gt;&#171; ce qui fonctionnait encore hier ne marche plus aujourd'hui faute de salari&#233;s ayant pu rejoindre leur travail. [&#8230;] Les vacanciers qui sont &#224; l'h&#244;tel ne peuvent plus en sortir. [&#8230;] Ceux qui ne sont pas rentr&#233;s suffisamment t&#244;t dans leur h&#244;tel, h&#233; bien, ont d&#251; loger ailleurs. Et c'est effectivement le cas de nombreux journalistes &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de ces &#171; morceaux de vie &#187;, il est significatif qu'il ait fallu patienter jusqu'au 17 f&#233;vrier pour obtenir quelques donn&#233;es fondamentales sur la situation sociale en Guadeloupe, et notamment les chiffres de l'emploi dans les DOM. Presqu'un mois apr&#232;s le d&#233;but de la gr&#232;ve, on apprend donc sur France 2 que non seulement &lt;i&gt;&#171; les 4 DOM fran&#231;ais ont eu en 2007 les plus forts taux de ch&#244;mage de l'UE : de 21 &#224; 25,2%, 3 fois plus que la moyenne europ&#233;enne et la moyenne fran&#231;aise &#187;, &lt;/i&gt;mais que&lt;i&gt; &#171; la richesse par habitant &#233;tait en 2007 de 17069 euros dans les DOM contre 30140E en m&#233;tropole &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort de Jacques Bino, syndicaliste de la CGTG, va recentrer les reportages sur la question des violences en Guadeloupe. Le 18 f&#233;vrier, Elise Lucet et l'envoy&#233; sp&#233;cial Val&#233;ry Lerouge reprennent, certes avec prudence, la version du pr&#233;fet, &#224; savoir l'assassinat du syndicaliste par des jeunes &#224; un barrage : &lt;i&gt;&#171; le syndicaliste d'une cinquantaine d'ann&#233;e est mort tu&#233; d'une balle qui venait apparemment d'un barrage tenu par des jeunes &#187;. &lt;/i&gt;Cette suggestion vaut accusation, avant toute enqu&#234;te, d'un groupe anonyme : &lt;i&gt;&#171; des jeunes &#187;.&lt;/i&gt; Face &#224; cette violence pr&#233;sum&#233;e sans raison et exerc&#233;e par une masse indistincte, Elise Lucet demande &#224; son envoy&#233; sp&#233;cial&lt;i&gt; : &#171; D'autres manifs pr&#233;vues ? &#187;.&lt;/i&gt; Puis, &#224; une &#233;lue PS m&#233;dus&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Que va-t-il se passer apr&#232;s ce d&#233;c&#232;s ? Apaisement, col&#232;re ? &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, 19 f&#233;vrier, ce sont encore des &lt;i&gt;&#171; sc&#232;nes de gu&#233;rilla urbaine, [des] incendies, [des] pillages &#187; &lt;/i&gt;que propose le reportage. S'il est fait &#233;tat d'une marche pacifique, et s'il est pr&#233;cis&#233; que&lt;i&gt; &#171; le d&#233;fil&#233; est rest&#233; digne sans d&#233;bordements &#187;, &lt;/i&gt;la parole est donn&#233;e non aux manifestants mais au pr&#233;sident socialiste du Conseil G&#233;n&#233;ral de Guadeloupe, Victorin Lurel, qui nous met en garde contre &lt;i&gt;&#171; la mont&#233;e des extr&#234;mes [et] la radicalisation &#187;. &lt;/i&gt;Bien entendu, ces violences ne seront jamais mises en lien avec le ch&#244;mage de masse des 15-25 ans, qui touche pr&#232;s de 50% des jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 et le 21 f&#233;vrier, c'est une habitante exc&#233;d&#233;e qui est interview&#233;e de fa&#231;on anonyme : &lt;i&gt;&#171; Ils veulent foutre l'&#238;le dans le caca, ils parlent de pays alors qu'on est une &#238;le. Ils veulent foutre le d&#233;partement dans le caca, aucun distributeur n'est approvisionn&#233;, pas de nourriture, pas de boissons &#187;. &lt;/i&gt;Mais ces &#171; jeunes &#187;, qui sont-ils ? Pourquoi organisent-ils des barrages ? Nous n'en saurons rien, tant le st&#233;r&#233;otype m&#233;diatique des &#171; jeunes encagoul&#233;s &#187; permet par avance de se dispenser de toute analyse et de toute enqu&#234;te journalistique.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Si France 2 n'est pas TF1, le traitement du mouvement social en Guadeloupe donne &#224; voir des logiques m&#233;diatiques que partage largement le service public avec son concurrent du priv&#233;. Il est vrai qu'on ne peut pas tout dire sur tout, et que le journalisme consiste en bonne partie &#224; s&#233;lectionner et hi&#233;rarchiser l'information au nom de crit&#232;res et de visions du monde qui, g&#233;n&#233;ralement, n'apparaissent pas explicitement. Mais comment expliquer que les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de service public aient fait aussi longtemps silence, depuis le d&#233;but de ce mouvement de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale aux Antilles, sur les conditions d'existence de la population antillaise ? Comment se fait-il qu'ils n'aient, jamais ou presque, cherch&#233; &#224; &#233;clairer les t&#233;l&#233;spectateurs sur les causes d'un conflit social d'une telle ampleur et les mobiles des gr&#233;vistes ? Un tel aveuglement r&#233;v&#232;le une &#233;trange conception du journalisme, o&#249; les conflits sociaux et les conditions de vie de la majorit&#233; de la population sont presque totalement rendus invisibles au nom de pr&#233;occupations (des stations-service &#224; l'industrie du tourisme) et au profit de st&#233;r&#233;otypes (des manifestants &#171; intimidants &#187; aux jeunes casseurs &#171; encagoul&#233;s &#187;) bien faits pour produire des formes larv&#233;es de consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ugo Palheta et Julien Serg&#232;re,&lt;/strong&gt; le 24 f&#233;vrier 2009.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Gr&#226;ce &#224; la documentation r&#233;unie avec Jamel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB. Au moment o&#249; nous publions cet article (matin du 2 mars 2009,) on ne peut manquer de s'interroger sur la complaisance m&#233;diatique (observable aussi bien sur France 2 que sur TF1) envers un MEDEF guadeloup&#233;en refusant de signer tout accord et jouant le pourrissement du conflit, quand le LKP et les gr&#233;vistes se voient rituellement accus&#233;s depuis un mois de bloquer le processus de &#171; n&#233;gociation &#187; et d'intimider la population par la violence. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Post-scriptum&lt;/strong&gt; (30 mars 2009)- Nous avons &#233;t&#233; alert&#233;s par un journaliste de France 2&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme celui-ci ne nous a pas encore r&#233;pondu, nous pr&#233;f&#233;rons ne pas citer son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui nous reproche, en substance, des &lt;i&gt;&#171; mensonges et erreurs &#187;&lt;/i&gt; qui alt&#232;rent le sens de notre analyse. Apr&#232;s avoir v&#233;rifi&#233; nos informations, nous devons reconna&#238;tre l'existence effective, dans notre article, d'approximations, d'omissions et de biais qui, sans changer radicalement le sens de notre analyse, incitent &#224; la nuancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, contrairement &#224; ce que nous affirmons, l'&#233;quipe de France 2 est arriv&#233;e en Guadeloupe, non pas le jour de la venue d'Yves J&#233;go, mais deux jours auparavant, m&#234;me s'il reste vrai que les reportages diffus&#233;es avant l'arriv&#233;e du secr&#233;taire d'Etat et les jours suivants n'&#233;clairent pas vraiment le conflit et ne prennent gu&#232;re pour objet les conditions d'existence de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que, le 3 f&#233;vrier, deux reportages (&#224; 13h et 20h) s'arr&#234;tent, bri&#232;vement, sur le niveau de prix et sur le m&#233;canisme de leur formation. Nous est en particulier propos&#233; un test sur les prix des produits dans les supermarch&#233;s permettant de constater une diff&#233;rence de &#171; &lt;i&gt;28 &#224; 60% avec ceux qui sont pratiqu&#233;s en m&#233;tropole &#187;. &lt;/i&gt;Il est donc un peu rapide et brutal de notre part d'affirmer qu' &lt;i&gt;&#171; &#224; part quelques allusions &#224; la vie ch&#232;re, le spectateur de France 2 ne sait toujours pas ce qu'est le LKP et quelles sont ses revendications &#187;&lt;/i&gt;. Ce n'est toutefois qu'au d&#233;tour d'un reportage que l'on apprend que la Guadeloupe compte &lt;i&gt;&#171; 23% de ch&#244;meurs &#187;. &lt;/i&gt;De m&#234;me, si la parole est effectivement donn&#233;e au LKP lors de reportages sur les n&#233;gociations (notamment le 7 f&#233;vrier), il faut bien reconna&#238;tre que les revendications, pr&#233;cises et d&#233;taill&#233;es, port&#233;es par le LKP n'ont gu&#232;re &#233;t&#233; expos&#233;es par la r&#233;daction de France 2. &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evoquant le reportage diffus&#233; le 10 f&#233;vrier, nous &#233;crivions que la question de la r&#233;partition des richesses y &#233;tait &#233;voqu&#233;e &#224; travers le cas des B&#233;k&#233;s (ces grands propri&#233;taires blancs qui d&#233;tiennent une bonne part des entreprises et des terres aux Antilles) mais que, l&#224; encore, les gr&#233;vistes n'avaient pas voix au chapitre. Nous aurions d&#251; pr&#233;ciser que l'un des trois t&#233;moignages propos&#233;s au t&#233;l&#233;spectateur &#233;tait celui d'Erik Edinval, &#233;conomiste, sympathisant du LKP. De m&#234;me aurions-nous pu mentionner que Val&#233;ry Lerouge, &#224; l'occasion d'un duplex le 16 f&#233;vrier, avait clairement, pour une fois, pris ses distances face aux patrons locaux en soulignant que ceux-ci &lt;i&gt;&#171; n'ont pas daign&#233; venir au rendez-vous propos&#233; par les m&#233;diateurs, se contentant d'envoyer leurs propositions par fax &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces pr&#233;cisions suffisent &#224; expliquer pourquoi le titre de notre article est d&#233;sormais flanqu&#233; d'un point d'interrogation. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2724.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; TF1 et France 2 : Regarder les diff&#233;rences ?&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme celui-ci ne nous a pas encore r&#233;pondu, nous pr&#233;f&#233;rons ne pas citer son courrier et ne pas mentionner son nom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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