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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Critique des m&#233;dias, critique dans les m&#233;dias</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Critique-des-medias-critique-dans-les-medias</link>
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		<dc:date>2009-08-24T07:01:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lordon</dc:creator>


		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;ponse de Fr&#233;d&#233;ric Lordon &#224; Nicolas Cori&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Leurs-critiques-et-la-notre-" rel="directory"&gt;Leurs critiques et la n&#244;tre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, avec l'autorisation de son auteur, un article de Fr&#233;d&#233;ric Lordon, paru &lt;a href=&#034;http://blog.mondediplo.net/2009-08-17-Critique-des-medias-critique-dans-les-medias&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son blog&lt;/a&gt; &#8211; &#171; La pompe &#224; phynances &#187; - h&#233;berg&#233; par &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;. Il est suivi de r&#233;f&#233;rences compl&#233;mentaires qui n'engagent que notre association (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme on pouvait l'attendre d'un &#233;v&#233;nement de cette magnitude, la crise fait des d&#233;g&#226;ts bien au-del&#224; des limites de son ordre, et si les agents de l'&#233;conomie sont &#233;videmment les premiers &#224; souffrir, l'onde de choc atteint des lieux d'une autre nature, et menace de faire des victimes d'une autre sorte. Ainsi, par exemple, l'univers confin&#233; et soigneusement verrouill&#233; des &#233;conomistes acad&#233;miques est-il devenu un champ de tir o&#249; les noms d'oiseau volent bas. Il est vrai que, &#224; l'exemple de Robert Lucas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Lucas est &#171; prix Nobel &#187; d'&#233;conomie. &#171; In defence of the dismal (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont on ne tirera pas un mot de regret quelle que soit l'ampleur des destructions, il faut un moral de vainqueur pour continuer de soutenir les hypoth&#232;ses de parfaite rationalit&#233; des agents et d'efficience des march&#233;s qui, ayant fait depuis tant d'ann&#233;es le charme particulier de la th&#233;orie n&#233;oclassique (dominante), ont d&#233;sormais &#224; peu pr&#232;s autant d'attrait qu'une m&#233;duse au milieu d'une baignoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est plus g&#233;n&#233;ralement tout le &#171; commentariat &#187; &#8211; &#171; experts &#187;, &#233;ditorialistes, m&#233;dias &#8211; qui d&#233;guste &#224; des degr&#233;s divers, et non sans raison si l'on veut bien se souvenir des laudes &#8211; au march&#233;, &#224; la libert&#233; d'&#234;tre flexible et &#224; la modernit&#233; financi&#232;re &#8211; dont, quelques minoritaires mis &#224; part, il nous a bassin&#233; sans rel&#226;che pendant deux d&#233;cennies&#8230; jusqu'&#224; ce que l'&#233;tat du monde si constamment c&#233;l&#233;br&#233; finisse par partir en morceaux. Quitte &#224; lui r&#233;server le creux de l'&#233;t&#233;, interroger le traitement de la crise par les m&#233;dias sans oublier, par l&#224; m&#234;me, de questionner leur r&#244;le avant la crise, n'est d&#233;cid&#233;ment pas du luxe. C'&#233;tait le th&#232;me d'une &lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2152&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;mission d'&lt;i&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, anim&#233;e par Maja Neskovic, &#224; laquelle j'ai &#233;t&#233; invit&#233;, et &#224; laquelle Nicolas Cori qui, invit&#233; &#233;galement mais n'ayant pu y participer pour des raisons de calendrier, r&#233;agit dans un &lt;a href=&#034;http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2009/08/le-traitement-de-la-crise-financi%C3%A8re-dans-les-m%C3%A9dias-pourquoi-fr%C3%A9d%C3%A9ric-lordon-a-strat%C3%A9giquement-tord.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;texte publi&#233; sur son blog&lt;/a&gt; (&lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2233&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;repris sur le site d'&lt;i&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les positions vis-&#224;-vis des m&#233;dias, celle de la participation (tr&#232;s) s&#233;lective, &#233;loign&#233;e aussi bien de l'abstention radicale que de l'empressement indiscrimin&#233;, est sans doute vou&#233;e &#224; la plus grande incompr&#233;hension et expos&#233;e aux reproches sym&#233;triques les plus oppos&#233;s. Pour les uns, peu est encore trop ; pour les autres, c'est presque rien, avec au surplus le double inconv&#233;nient non seulement de ne donner aucune audience &#224; des id&#233;es dissonantes mais &#233;galement d'abandonner le terrain &#171; aux m&#234;mes &#187; dans des conditions qui rendraient parfaitement ill&#233;gitime, ayant &#171; d&#233;sert&#233; &#187;, de se plaindre ensuite qu'on n'entende qu'&#171; eux &#187;. La question de la participation, cependant, m&#233;rite mieux que l'antinomie de la trahison et de la d&#233;sertion, pourvu qu'on y entre avec quelques crit&#232;res et un peu d'analyse &#8211; dont, par parenth&#232;ses, il faudrait aller chercher l'essentiel ailleurs qu'ici, aupr&#232;s de v&#233;ritables sp&#233;cialistes de la sociologie critique des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La diversit&#233; interne des m&#233;dias, ou la critique r&#233;duite aux interstices&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Cori a &#233;videmment raison de rappeler la diversit&#233; interne des m&#233;dias et leur capacit&#233; &#224; publier des informations qui semblent contredire la th&#232;se de l'asservissement id&#233;ologique aux r&#233;quisits du capital. Mais la port&#233;e r&#233;elle de ces cas ne prend la consistance d'une v&#233;ritable infirmation de la &#171; critique des m&#233;dias &#187; qu'au prix d'en donner une lecture r&#233;ductrice, au terme de laquelle le rapport des m&#233;dias aux puissances dominantes (&#233;conomiques et politiques) serait d'inf&#233;odation sans reste et d'ob&#233;issance caporalis&#233;e. Le fait est, et c'est le propre d'une &#233;poque d&#233;cid&#233;ment formidable, que l'appropriation capitalistique directe de nombreux titres, de presse &#233;crite comme audiovisuelle, par des groupes industriels op&#232;re un saisissant court-circuit de tout ce qu'une critique un peu plus fine des m&#233;dias avait tent&#233; d'&#233;laborer, pour rendre &#224; nouveau op&#233;ratoires les interpr&#233;tations les plus rustiques qui n'auraient pas besoin d'autre instrument conceptuel que le sch&#232;me de la &#171; courroie de transmission &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Cori rappelle cependant que, hors des effets du contr&#244;le capitalistique, une analyse de la logique intrins&#232;que des m&#233;dias ne perd pas tous ses droits, et il est exact que leur diversit&#233; interne interdit de les consid&#233;rer comme des ensembles monolithiques tout entiers aux ordres. Mais Nicolas Cori est bien plac&#233; pour savoir que cette diversit&#233; n'a rien de d&#233;mocratique et que, enti&#232;rement prise dans des rapports de domination, elle est condamn&#233;e, pour sa part critique, &#224; la minorit&#233; et aux interstices. On peut penser que les r&#233;dactions en chef sont les premi&#232;res conscientes de cet &#233;tat de fait et qu'elles le tol&#232;rent au nom d'un compromis doublement avantageux puisqu'il est producteur aussi bien de stabilit&#233; politique &#224; l'int&#233;rieur que d'affichage de pluralisme &#224; l'ext&#233;rieur. Nicolas Cori ne m'en voudra pas de lui faire remarquer ce qu'il sait sans doute d&#233;j&#224;, &#224; savoir que sa mise au jour des bonus de la BNP est bien utile &#224; Laurent Joffrin, aussi bien pour tenir la toute nouvelle posture de critique de la finance que pour ouvrir avec l'AFP une pol&#233;mique ostentatoire, peu co&#251;teuse et riche en profits symboliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y en a pas moins une logique absolument d&#233;fendable pour ceux qui sont dans les institutions, et qui n'y occupent pas les positions dominantes, &#224; faire de n&#233;cessit&#233; vertu et &#224; trouver une justification bien fond&#233;e &#224; des compromis qu'ils n'ont pas le choix de ne pas accepter (sauf &#224; faire d&#233;fection) en tentant d'en tirer le meilleur parti : que paraisse la r&#233;v&#233;lation des bonus de la BNP, ou d'autres informations de m&#234;me nature, est un gain objectif, m&#234;me si l'on demeure conscient du contexte de libert&#233; surveill&#233;e dans lequel il a &#233;t&#233; acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Minoritaires sous h&#233;g&#233;monie &#233;ditoriale &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour l&#233;gitime qu'il soit, le point de vue de l'&lt;i&gt;insider&lt;/i&gt;, sauf &#224; revendiquer une universalit&#233; qu'il n'a pas, ne peut sauter &#224; la conclusion g&#233;n&#233;rale, induite de ses propres &#171; gains de compromis &#187; et reflet de sa position singuli&#232;re, que pour tout le monde et en toutes circonstances &#171; il faudrait y aller &#187;. Aussi le point de vue de la critique externe demeure-t-il enti&#232;rement fond&#233; &#224; dire que les acquis des strat&#233;gies interstitielles ne rach&#232;tent pas une logique d'ensemble &#8211; et &#224; en tirer d'autres conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, il devrait &#234;tre assez clair que la publication d'informations &#171; critiques &#187; a pour strictes conditions de possibilit&#233; : 1) d'&#234;tre suffisamment &#233;parpill&#233;es au sein du journal pour ne jamais acqu&#233;rir la consistance d'une ligne &#233;ditoriale ni entamer celle de la ligne en vigueur ; et 2) de rencontrer les r&#233;quisits de la grammaire m&#233;diatique dans ce qu'elle a de plus autonome, ceux auxquels un r&#233;dacteur en chef d&#233;f&#233;rera &#224; coup presque s&#251;r (sauf censure capitalistique manifeste), &#224; savoir la grammaire du scoop, de la r&#233;v&#233;lation, du scandale ou du montage fait-diversier spectaculaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'on pense, dans ce dernier ordre d'id&#233;e, au traitement des &#171; affaires &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le filtre de la deuxi&#232;me condition est le plus apparent, le travail chronique de la premi&#232;re est le plus pernicieux. On pourrait recenser &#224; loisir les articles parus dans la presse de fausse gauche (et de vrai lib&#233;ralisme, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Nouvel Obs&lt;/i&gt;, etc.) sur des conflits sociaux, des d&#233;localisations crapoteuses, des suicides au travail et tous ces &#233;v&#233;nements ordinaires du capitalisme d'aujourd'hui, articles produits le plus g&#233;n&#233;ralement par des soutiers et remont&#233;s jusqu'au jour &#224; force de t&#233;nacit&#233; et d'habilet&#233; man&#339;uvri&#232;re par les anfractuosit&#233;s de la r&#233;daction, sans pourtant que l'ensemble de ces contributions, condamn&#233;es &#224; la pulv&#233;risation, soit jamais rassembl&#233;es de mani&#232;re syst&#233;matis&#233;e, pour qu'il s'en d&#233;gage une vision du monde capitaliste articul&#233;e, logiquement mise en ordre d'apr&#232;s la coh&#233;rence m&#234;me des choses rapport&#233;es, et qu'en soit tir&#233;e, par simple &lt;i&gt;cons&#233;quence&lt;/i&gt;, une analyse globale, un sens d'ensemble qui serait celui du journal et de son regard sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc bien multiplier les cas d'articles de cette sorte, il reste qu'au moment de hi&#233;rarchiser l'information, d'organiser le journal et, bien s&#251;r, d'&#233;ditorialiser, c'est l'engagement id&#233;ologique de la r&#233;daction en chef qui reprend le dessus et renvoie tous ces efforts &#224; leur condition minoritaire &#8211; exactement ce que vise l'id&#233;e des compromis interstitiels, en tant que, vus cette fois du c&#244;t&#233; des dominants, ils leur permettent de penser gagner sur les deux tableaux : &#224; la fois, pour entretenir l'identit&#233; &#171; de gauche &#187;, s'acquitter d'un devoir de restitution des indignations sociales, mais d'une mani&#232;re qui en op&#232;re proprement la &lt;i&gt;n&#233;gation politique&lt;/i&gt; et maintient la ligne &lt;i&gt;ne varietur&lt;/i&gt; &#8211; on mesurera la force de cette n&#233;gation politique &#224; la fa&#231;on dont les annonces annuelles des profits monstrueux du CAC 40 sont devenues un marronnier (de printemps), bien fait et bien mont&#233; pour mobiliser tous les effets (vendeurs) du sensationnalisme, mais sans qu'il s'ensuive jamais la moindre mise en cause s&#233;rieuse, par voie d'&#171; analyse &#187; ou d'&#233;ditorial, des structures de l'hyper-profitabilit&#233;, c'est-&#224;-dire du capitalisme actionnarial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je dois &#224; l'honn&#234;tet&#233; de reconna&#238;tre que, &#224; l'occasion des annonces de 2007, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au travers de ce cas, particuli&#232;rement &#233;difiant, de neutralisation politique d'un fait (massif) que les m&#233;dias se targueront pourtant d'avoir fid&#232;lement restitu&#233;, mais, et c'est peut-&#234;tre pire, non seulement en n'en ayant rien fait mais en l'ayant comme vid&#233; de sa substance politique, on reconna&#238;tra l'&#233;quivalent fonctionnel de la man&#339;uvre qu'op&#232;rent pour leur propre compte les partis sociaux-d&#233;mocrates en demeurant strictement dans le registre de la d&#233;ploration sans suite &#8211; les in&#233;galit&#233;s, la pr&#233;carit&#233;, les d&#233;gradations des conditions de vie salariale &#8211;, sans jamais vouloir rapporter les choses d&#233;plor&#233;es &#224; leurs causes &#8211; il appara&#238;trait assez vite qu'elles ont toutes pour origine les grandes transformations structurelles dont ils ont &#233;t&#233; les ing&#233;nieurs (concurrence, financiarisation, Europe lib&#233;rale), et qu'ils n'ont pour l'heure aucun d&#233;sir d'y changer quoi que ce soit. Mais il y aurait beaucoup &#224; dire sur ces rapports d'homologie qui unissent grands m&#233;dias et partis, par une implication presque directe, quoique syst&#233;matiquement d&#233;ni&#233;e, des premiers dans les mouvements strat&#233;giques des seconds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque respectables qu'ils soient, les compromis qu'imposent aux &lt;i&gt;insiders&lt;/i&gt; les n&#233;cessit&#233;s de leur vie professionnelle n'ont pas &#224; &#234;tre souscrits tels quels par les outsiders &#171; critiques &#187; pour lesquels la question de l'efficacit&#233; se pose en des termes diff&#233;rents et que leur situation propre conduit &#224; dresser d'autres bilans, aussi bien politiques que personnels, de leurs possibles interventions m&#233;diatiques.&lt;br /&gt;
Sauf &#224; leur pr&#234;ter une &#233;paisse b&#234;tise, il devrait &#234;tre possible de les cr&#233;diter d'avoir conscience de tout ce &#224; quoi ils renoncent en faisant le choix de la participation rare, et notamment d'abandonner le terrain &#224; tous les &#171; experts &#187; formellement et id&#233;ologiquement ajust&#233;s. Contrairement &#224; ce que pensent spontan&#233;ment beaucoup de personnes, et que le texte de Nicolas Cori laisse d'ailleurs transpara&#238;tre, la logique du chercheur &#171; engag&#233; &#187; ne peut pas &#234;tre celle de la &#171; puret&#233; &#187; &#8211; par construction puisque, dans sa mesure &#224; lui, il &#171; y va &#187; ! &#8211;, et lui aussi tente de stabiliser des compromis pratiques &#8211; mais pas les m&#234;mes. Car il est difficile de ne pas avoir &lt;i&gt;a minima&lt;/i&gt; conscience de se trouver collaborer objectivement aux strat&#233;gies de la duplicit&#233; des m&#233;dias dominants &#8211; en clair, fournir des alibis de pluralisme &#224; une machine dont tous les fonctionnements &#339;uvrent en fait &#224; la reconduction du m&#234;me. Bilan : un suppl&#233;ment de (fausse) l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique pour des organes qui se seront employ&#233;s &#224; minoriser les id&#233;es g&#233;n&#233;reusement &#171; accueillies &#187; et &#224; en faire des propos de passage sans cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'o&#249; est-il enviable de jouer &#224; ce jeu ? Refuser la position du refus de principe &#233;quivaut &#224; r&#233;pondre que, oui, il y a une utilit&#233;, entendre quelques profits &#224; saisir, mais la question en fait est celle de l'utilit&#233; &lt;i&gt;nette&lt;/i&gt; &#8211; nette des co&#251;ts. Pour le coup, il y a bien l&#224; une sorte d'appr&#233;ciation pratique qui &#233;chappe aux calculs explicites de l'&#233;conomie et ressortit plut&#244;t d'une prudence, gouvern&#233;e par quelques crit&#232;res, et toujours expos&#233;e au risque de l'incoh&#233;rence. Pour un outsider &#171; critique &#187;, l'un de ces crit&#232;res tient &#224; la question de savoir ce que les conditions de prise de parole font &#224; sa parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normalisation &#8211; les nouveaux entrants dig&#233;r&#233;s par le &#171; club &#187; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, celle-ci court tous les risques, de la normalisation &#224; la d&#233;cr&#233;pitude. Je ne reviens que bri&#232;vement sur ceux de la normalisation, dont j'ai parl&#233; lors de l'&#233;mission d'&lt;i&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/i&gt;, pour redire combien l'entr&#233;e dans le cercle des &#171; bons clients &#187; est lourde d'insidieuses d&#233;rives. Car il est probable que l'app&#233;tit m&#233;diatique vienne en mangeant et que, d'activit&#233; occasionnelle, la pr&#233;sence dans les m&#233;dias, avec tous ses profits symboliques puis institutionnels, devienne rapidement une finalit&#233; &#224; laquelle on soit pr&#234;t, de plus en plus, &#224; sacrifier. Mais sacrifier quoi au juste ? Le peu d'originalit&#233; et de libert&#233; dont on disposait avant d'y entrer, et qui va se trouver implacablement rabot&#233; par les contraintes d'un univers dont on acceptera de plus en plus les injonctions pour continuer d'y &#234;tre invit&#233; &#8211; &#224; commencer, bien s&#251;r, par celle de s'interdire de mettre en cause les logiques de l'univers lui-m&#234;me ; il ferait beau voir qu'invit&#233; des m&#233;dias on se mette &#224; critiquer les m&#233;dias...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les incitations de l'int&#233;r&#234;t individuel se joignent aux pressions sociales d'un groupe qui, comme tout groupe, socialise les nouveaux entrants selon ses normes propres, avec d'ailleurs l'active complicit&#233; de l'imp&#233;trant puisque, et ce pourrait &#234;tre une proposition d'une th&#233;orie sommaire de la socialisation, on n'entre jamais dans un groupe avec le propos d&#233;lib&#233;r&#233; de s'y faire d&#233;tester, sachant que pour s'y faire aimer il suffit de se conformer &#224; ses m&#339;urs. Nul besoin de calcul strat&#233;gique pour ce faire, les ajustements affectifs de la qu&#234;te d'int&#233;gration et de reconnaissance se font d'eux-m&#234;mes ; aussi, sans m&#234;me s'en rendre compte, les nouveaux entrants s'adaptent-ils &#224; toute une s&#233;rie d'injonctions infinit&#233;simales, d'ailleurs jamais &#233;nonc&#233;es comme telles par personne, et rectifient-ils insensiblement leur comportement pour se conformer compl&#232;tement aux normes locales de la biens&#233;ance, des choses &#224; dire et &#224; ne pas dire, du ton sur lequel on les dit, des mises en question possibles et de celles qui ne le sont pas, du degr&#233; admissible d'intercritique au sein du groupe, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai en t&#234;te un d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; entre Bernard Maris, Elie Cohen et Jean Peyrelevade o&#249; le premier ne cesse de donner aux deux autres du &#171; cher Elie &#187; et du &#171; cher Jean &#187;, cordialit&#233; qui n'a rien de r&#233;pr&#233;hensible en soi mais se trouve confirm&#233;e par le quasi-consensus dont elle est le sympt&#244;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A ceux qui feraient observer que l'&#233;mission d'Arr&#234;t sur images anim&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et qui offre, par le raccourci de quelques plans, une le&#231;on compl&#232;te de sociologie des &#171; &#233;lites &#187; et des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire tient sans doute au fait que ces micro-ajustements sont insensibles au sujet lui-m&#234;me qui, &#224; chaque instant peut certifier &#171; &#234;tre rest&#233; le m&#234;me &#187; et n'avoir ni vari&#233; ni conc&#233;d&#233;. C'est que les variations et les concessions demandent &#224; &#234;tre observ&#233;es sur le moyen et le long terme &#8211; mais alors, mazette, quels &#233;carts ! Cette puissance normalisatrice, qui d'ailleurs n'est pas propre qu'aux m&#233;dias mais qu'on retrouverait &#224; l'identique dans la fr&#233;quentation suivie de tous les lieux de pouvoir, est plus forte que n'importe quel libre-arbitre individuel, et il suffit pour s'en convaincre de consid&#233;rer le triste destin de quelques jadis &#171; critiques &#187; entr&#233;s dans le syst&#232;me&#8230; et jamais ressortis. Malax&#233;s, dig&#233;r&#233;s, attendris, comme on dit de la viande trop dure, ils comptent d&#233;sormais parmi les oblats les plus intransigeants du syst&#232;me qui les a accueillis avec tant de g&#233;n&#233;rosit&#233; en passant l'&#233;ponge sur leurs &#171; erreurs de jeunesse &#187; &#8211; Philippe Val dans un &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt; respectabilis&#233; jusqu'au trognon, justement r&#233;compens&#233; &#224; France Inter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Le despotisme des &#233;clair&#233;s &#187;, par Pierre Rimbert, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Michel Field &#224; LCI et bien d'autres encore, auxquels il faudrait ajouter, dans leur genre &#224; eux, tous ces &#233;conomistes qui, &#233;merveill&#233;s de se voir conseillers du prince, ont parfois commenc&#233; marxistes pour finir en disant bien des choses ad&#233;quates &#224; ce que les pouvoirs voulaient entendre &#8211; mais &#233;videmment sans jamais se sentir sous influence ni avoir eu le sentiment de conc&#233;der quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire cela n'est pas incriminer les personnes mais souligner la force des situations, incomparablement plus puissantes que les individus, et qui ne laissent &#224; ces derniers pour seule libert&#233; que l'alternative de ne pas y mettre le doigt ou bien de finir enti&#232;rement happ&#233;s. Faire le choix de la participation m&#233;diatique rar&#233;fi&#233;e, c'est donc d'abord mesurer ces forces, ne pas se croire au-dessus d'elles, et anticiper l'auto-infirmation que risque de s'infliger immanquablement l'outsider critique qui, entrant avec le ferme projet de faire entendre &#171; un autre son de cloche &#187;, finira par faire ding-ding comme tous les autres autour de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;ception &#8211; l'inanit&#233; des formats en miettes &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si encore la normalisation politique &#233;tait la seule avanie pr&#233;visible&#8230; Mais il faut compter avec les d&#233;ceptions &#224; r&#233;p&#233;tition que promet au chercheur h&#233;t&#233;rodoxe le jeu du coup d'&#233;clat m&#233;diatique. Il n'est pas certain que l'interview imaginaire de Nicolas Cori fasse un mod&#232;le g&#233;n&#233;ral et si, exceptionnellement, un ou deux coups fumants de cette sorte peuvent &#234;tre r&#233;ussis, il faut d'abord s'interroger sur la dur&#233;e des traces qu'ils laisseront, et ensuite bien voir que la plupart des situations o&#249; sont convi&#233;s &#224; intervenir les &#171; experts &#187; ne sont pas de cette nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hormis les dix secondes de rigueur de tout passage dans un JT, la situation standard est plut&#244;t celle d'un plateau &#224; plusieurs invit&#233;s, cette parodie de &#171; d&#233;bat &#187; o&#249; les m&#233;dias aiment &#224; trouver la confirmation de leur essence d&#233;mocratique, alors qu'aussi bien le d&#233;s&#233;quilibre des forces contradictoires en pr&#233;sence (quand les forces sont v&#233;ritablement contradictoires, c'est-&#224;-dire que tous les experts ne disent pas &#224; quelques variantes pr&#232;s la m&#234;me chose), la complicit&#233; active de l'animateur, g&#233;n&#233;ralement un de ces &#171; grands &#187; des m&#233;dias dont on sait de quel c&#244;t&#233; ils penchent, l'indigence des formats, c'est-&#224;-dire des temps allou&#233;s &#224; la parole, et le climat de demi-foire d'empoigne avec interruptions permanentes, conspirent pour rendre absolument impossible de d&#233;velopper un point de vue h&#233;t&#233;rodoxe, d'embl&#233;e priv&#233; de tout l'arri&#232;re-plan de (fausses) &#233;vidences, de cela-va-de-soi (&#171; on ne peut pas augmenter les imp&#244;ts &#187;, &#171; la flexibilit&#233; est n&#233;cessaire &#187;, &#171; comment peut-on envisager le protectionnisme dans une &#233;conomie mondialis&#233;e &#187;) accumul&#233;s pendant deux d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; l'expert modal peut se contenter de parler par demi-phrases et de convoquer tout ce fonds d'&#171; &#233;vidences &#187; par la mobilisation d'un simple mot, l'outsider h&#233;t&#233;rodoxe doit entreprendre de construire de z&#233;ro des arguments qui ont contre eux tout un sens commun m&#233;diatique, et ceci sans la moindre chance ou presque de pouvoir aller au bout et de ne pas &#234;tre interrompu par l'&#171; impartial animateur &#187;, ou par un contradicteur, qui d'une seule remarque laissera le raisonnement en plan, fera bifurquer la discussion vers un tout autre sujet, laissant le pauvre type emberlificot&#233; dans son laborieux d&#233;veloppement au milieu du gu&#233; et grosjean comme devant &#8211; on n'est pas forc&#233; d'aller se mettre dans des situations perdues d'avance ; pour la cause qu'on d&#233;fend, on aurait m&#234;me plut&#244;t int&#233;r&#234;t &#224; les &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appara&#238;t malheureusement que l'intervention h&#233;t&#233;rodoxe soit condamn&#233;e au dilemme de l'&#171; interview Pujadas &#187;, mais sous une forme sloganis&#233;e qui, dans l'opinion, renverra in&#233;vitablement l'intervenant au registre de l'&#171; extr&#233;misme &#187; &#8211; &#171; c'est du Besancenot &#187;, &#171; ils n'ont rien &#224; proposer &#187; &#8211; ou bien du discours argument&#233;, mais priv&#233; de ses conditions de possibilit&#233;, et certain de finir en torche. &#199;a s'appelle la condition de minoritaire, minoritaire pas seulement au sens du nombre mais au sens du d&#233;savantage syst&#233;mique, et il n'y a pas de myst&#232;re : on n'en sort que par le temps long d'une somme d'actions individuelles, sans espoir en temps r&#233;el, et dont nul n'est d'ailleurs assur&#233; de voir le bout&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cr&#233;pitude &#8211; les pentes fatales de la facilit&#233; m&#233;diatique &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a la d&#233;cr&#233;pitude intellectuelle. Car il y a pire, parce que plus insidieux, que les d&#233;convenues instantan&#233;es de ces exp&#233;riences n&#233;cessairement d&#233;sastreuses. Au chercheur qui se hasarderait &#224; jouer ce jeu et qui, d&#233;sirant le jouer avec quelque succ&#232;s, se plierait aux formats impos&#233;s pour y faire entrer son discours, il faut surtout craindre les effets de long terme d'un genre qui ne laisse pas la pens&#233;e indemne. Si la mis&#232;re du format condamne &#224; la pauvret&#233; du discours, r&#233;duit &#224; une s&#233;rie de slogans et blind&#233; dans le registre de l'assertorique, c'est-&#224;-dire des affirmations-coups de force, coup&#233;es de leurs vrais arguments puisque le temps n'est pas offert &#224; la pr&#233;sentation de ceux-ci, il ne faut surtout pas esp&#233;rer qu'il n'y aurait l&#224; qu'une suite d'inconv&#233;nients instantan&#233;s sans cons&#233;quence sur le reste de l'activit&#233; intellectuelle de l'int&#233;ress&#233;. Ce sont les illusions du sujet souverain qui conduisent certains &#224; s'imaginer qu'ils sont les garants de leur propre int&#233;grit&#233; intellectuelle et que, sortis du studio o&#249; ils se sont octroy&#233;s quelques libert&#233;s avec la rigueur argumentative, ils redeviennent exactement les m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a sans doute pas plus grand risque pour un intellectuel que l'habitude de la facilit&#233; intellectuelle &#8211; o&#249; le pousse irr&#233;sistiblement l'exercice m&#233;diatique. Car d'&#171; entorse &#187; en &#171; licence &#187;, d'&#171; &#233;cart &#187; en &#171; tol&#233;rance &#187;, toujours ponctuels &#231;a va sans dire, c'est tout un habitus, celui de l'exigence analytique, du raisonnement bien articul&#233;, qui progressivement et silencieusement part en lambeaux. La fr&#233;quence des sollicitations, ne laissant plus le temps de travailler, condamne alors au recyclage des m&#234;mes questions et des m&#234;mes r&#233;ponses, vite glan&#233;es&#8230; dans la presse, seul fournisseur d'informations dans la temporalit&#233;&#8230; qui lui soit ad&#233;quate, l&#224; o&#249; le travail intellectuel vise d'abord au renouvellement de sa pens&#233;e et aussi (surtout) &#224; la formulation d'autres questions que celles que les m&#233;dias s'obstinent &#224; mettre &#224; leur agenda, en g&#233;n&#233;ral toutes plus mal b&#226;ties les unes que les autres. Il ne s'agit pas de dire ici que &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les &#233;conomistes pr&#233;sents dans les m&#233;dias subissent cette fatale d&#233;gradation, mais qu'il est un seuil, et aussi un mode, de pr&#233;sence, dont j'ai l'impression que Nicolas Cori voudrait me le voir franchir, au-del&#224; duquel on n'y &#233;chappe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre la philosophie h&#233;ro&#239;que de l'intellectuel d&#233;miurge, la division du travail &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;f&#233;rences &#224; la &#171; puret&#233; &#187;, au souci des universitaires de la pr&#233;server, de ne pas se &#171; compromettre &#187;, auraient du sens s'adressant &#224; ceux qui n'ont aucun d&#233;sir de quelque engagement que ce soit et pr&#233;f&#232;rent jouer le jeu du champ acad&#233;mique sans prendre le moindre risque &#224; l'ext&#233;rieur. Le fait est que le grand renfermement acad&#233;mique des intellectuels en deux d&#233;cennies est impressionnant. On ne saurait pour autant en tirer la conclusion oppos&#233;e qu'il leur faudrait maintenant aller partout et y faire n'importe quoi. Je pourrais bien accepter de m'entendre dire que derri&#232;re tous ces arguments, il y a aussi une sorte d'amour-propre d'intellectuel (ou d'aspirant intellectuel) inquiet de d&#233;choir &#224; ses propres yeux. Mais je demande qu'on me pr&#233;sente un seul professionnel, quel que soit son m&#233;tier, qui n'ait pas ses normes et ses points d'honneur, et qui n'y regarde &#224; deux fois au moment o&#249; on lui intime d'envoyer balader tout &#231;a et d'accepter de faire autrement &#8211; c'est-&#224;-dire mal &#8211; ce qu'il essaye d'habitude de faire &#171; bien &#187;, et ceci au nom de n&#233;cessit&#233;s sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question en fait est tout autre : elle est de savoir o&#249; on est le plus utile et &#224; quoi faire. Un chercheur est-il plus utile &#224; prendre le temps de ses recherches, &#224; cultiver autant que possible les exigences qui lui sont propres, ou bien &#224; faire le pitre multim&#233;dia avec la quasi-certitude de s'y ab&#238;mer irr&#233;versiblement &#8211; il suffit de voir l'&#233;tat intellectuel pitoyable de bon nombre de ceux qui s'y sont risqu&#233;s ? C'est probablement en ce point que se situe la faiblesse principale de l'argument de Nicolas Cori : dans une certaine philosophie h&#233;ro&#239;que de l'individu et la m&#233;sestimation corr&#233;lative des avantages de la division du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas au pouvoir d'un seul individu d'int&#233;grer en lui seul tous les maillons de la cha&#238;ne de production d'id&#233;es, depuis l'&#233;laboration la plus th&#233;orique-scientifique jusqu'&#224; l'action politique de propagande en passant par tous les interm&#233;diaires m&#233;diatiques. Certes, on peut ne pas &#234;tre insensible &#224; l'injonction de Nicolas Cori, consid&#233;rant que &lt;i&gt;&#171; la plus grande plaie aujourd'hui s'appelle le capitalisme financier &#187;&lt;/i&gt;, &#224; &lt;i&gt;&#171; faire tout ce qui est en son pouvoir pour le supprimer &#187;&lt;/i&gt;. Mais c'est que, pour ce qui me concerne, mon pouvoir, &#224; supposer que j'en aie le moindre, est tr&#232;s tr&#232;s petit, et qu'au surplus il risque de s'autod&#233;truire dans l'abus de son emploi m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est que la destruction du capitalisme financier est une entreprise collective et que chacun y prend sa part &#224; sa place ! Par un argument ricardien que les &#233;conomistes connaissent bien, chacun devrait &#234;tre l&#224; o&#249; son avantage comparatif est le plus grand : les chercheurs &#224; la production d'id&#233;es, d'autres &#224; leur adaptation et &#224; leur diffusion. Me pr&#234;tant des capacit&#233;s que je n'ai pas, Nicolas Cori me demande m&#234;me de penser &#224; la r&#233;forme des m&#233;dias ! Mais je n'ai rigoureusement aucune comp&#233;tence pour ce faire !, m&#234;me s'il m'arrive d'avoir une ou deux id&#233;es que je mets au pot commun quand elles me traversent l'esprit (c'est-&#224;-dire rarement)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors d'une conf&#233;rence faite &#224; l'un des jeudis d'Acrimed, j'ai sugg&#233;r&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule chose que je pourrais dire en cette mati&#232;re invoquerait une nouvelle fois l'argument de la division du travail et sugg&#233;rerait que, la production-diffusion des id&#233;es &#233;tant une cha&#238;ne, il faut n&#233;cessairement qu'elle ait une pluralit&#233; de maillons. De ce point de vue, et pour peu qu'on requalifie positivement le mot auquel Bourdieu avait donn&#233; une coloration plut&#244;t n&#233;gative, je dirais que ce dont nous manquons le plus, ce sont des doxosophes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bourdieu appelait doxosophes (de doxa, l'opinion, et sophia, la sagesse) ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de gauche (je veux dire vraiment de gauche), c'est-&#224;-dire des gens qui, n'appartenant pas eux-m&#234;mes au monde des producteurs intellectuels directs, en seraient cependant suffisamment proches pour conna&#238;tre les travaux qui s'y &#233;laborent, les adapter et les faire conna&#238;tre, &#233;ventuellement avec les r&#233;ductions et les approximations assum&#233;es que suppose le passage par les m&#233;dias, mais non sans efficacit&#233;. Mais, &#224; la question &#171; pourquoi y a-t-il tant de doxosophes lib&#233;raux et si peu, ou pas du tout de gauche ? &#187;, la r&#233;ponse renvoie comme toujours &#224; la s&#233;lectivit&#233; orient&#233;e des m&#233;dias qui, trahissant la vocation inscrite dans leur nom m&#234;me de m&#233;dias, c'est-&#224;-dire de m&#233;diateurs, livrant acc&#232;s &#224; l'espace du d&#233;bat public dont ils sont les &lt;i&gt;gate-keepers&lt;/i&gt; monopolistiques, ne donnent la parole que dans un seul sens (&#224; quelques alibis marginaux pr&#232;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puisque Nicolas Cori me pose la question, je lui dirai que, de tous les interm&#233;diaires appel&#233;s &#224; prendre leur part dans la cha&#238;ne de production-diffusion des id&#233;es, les journalistes ne sont pas les moindres. N'est-ce pas &#224; eux qu'il appartiendrait en principe de &lt;i&gt;faire conna&#238;tre&lt;/i&gt; au public les travaux, les analyses, les positions et les propositions &#233;labor&#233;es par les chercheurs, et pr&#233;cis&#233;ment par ceux qu'on entend le moins ? Faire conna&#238;tre : voil&#224; une t&#226;che en apparence toute simple ; il suffit de dire : &#171; Sur ce sujet, X pense ceci, Y a &#233;crit cela, Z a une analyse un peu inhabituelle et deux propositions en stock, et je porte tout &#231;a &#224; votre connaissance &#187; &#8211; une t&#226;che extraordinairement prosa&#239;que, puisque finalement il n'est question que de restituer en adaptant un peu, mais pourquoi ne restituerait-on que des &#171; faits &#187; et jamais des id&#233;es, et ne voit-on pas que dans le moyen ou long terme, cette simple restitution pourrait significativement contribuer &#224; modifier le paysage id&#233;ologique, bien davantage qu'en confiant &#224; quelques pauvres types un peu d&#233;pass&#233;s par l'ampleur de la t&#226;che et surtout (l&#233;gitimement) inquiets de s'y perdre, le soin de tout faire eux-m&#234;mes, depuis la production jusqu'&#224; la vente et l'apr&#232;s vente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira qu'il y a parfois des interviews qui font cela, mais d'abord avec toujours le m&#234;me probl&#232;me de l'acc&#232;s s&#233;lectif, et puis surtout, pourquoi aurait-on syst&#233;matiquement besoin de la bobine et de la mise en sc&#232;ne de l'interview&#233; ? &#199;a n'est pas qu'il ne soit pas parfois int&#233;ressant de lui donner la parole, mais si les conditions qui lui sont offertes n'y sont pas propices, ses travaux ne peuvent-ils pas tout autant &#234;tre restitu&#233;s au style indirect et par d'autres qui ne s'estiment pas sujets aux m&#234;mes contraintes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La compl&#233;mentarit&#233; &#8211; ici celle des registres et des contraintes relatives &#224; ces registres &#8211; est l'essence de la division du travail. C'est elle le v&#233;ritable sujet &#8211; collectif &#8211; de la production sociale et de la transformation politique des id&#233;es &#8211; et non quelques individus particuliers dont les forces propres sont risibles compar&#233;es &#224; celle d'un syst&#232;me hostile qu'ils n'ont aucune chance de bousculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de dire, comme s'y pr&#233;cipiteront vraisemblablement quelques lectures malveillantes, que le discours dans les m&#233;dias &#171; rend b&#234;te &#187; et que l'intellectuel, tr&#232;s pr&#233;occup&#233; de lui-m&#234;me, ne veut pas de cette b&#234;tise et pr&#233;f&#232;re la laisser &#224; d'autres &#8211; les interm&#233;diaires. Il est juste question de faire remarquer que ces interventions &#224; r&#233;p&#233;tition, avec tout ce qu'elles charrient insidieusement de pressions &#224; la normalisation et d'incitations &#224; la facilit&#233;, sont vou&#233;es &#224; rapidement faire de lui un &lt;i&gt;mauvais&lt;/i&gt; intellectuel et, &#224; la fin des fins, un &#171; plus intellectuel du tout &#187;, refermement tragique de cette boucle fatale qui aura conduit un individu &#224; s'engager au nom d'une sp&#233;cificit&#233; &#8211; son intellectualit&#233; &#8211;, mais selon des modalit&#233;s d'engagement qui la d&#233;truiront &#224; coup presque s&#251;r, et le feront, lui, tout autre qu'il n'&#233;tait, en particulier tout autre que ce pour quoi il lui avait &#233;t&#233; demand&#233; initialement de s'engager &#8211; il faut s'imaginer ce que deviendrait, et en combien de temps il le deviendrait, un chercheur en physique &#224; qui l'on demanderait, au nom des enjeux sup&#233;rieurs de l'&#233;ducation scientifique de la jeunesse, de laisser son laboratoire pour consacrer le plus clair de son temps &#224; la tourn&#233;e des lyc&#233;es. L'immense avantage de la division du travail (au milieu de tant de servitudes), c'est d'autoriser les agents &#224; ne pas &#234;tre ou &#224; ne pas devenir ce qu'ils ne sont pas : un chercheur n'a pas &#224; se faire doxosophe, ou alors avec parcimonie ; et inversement un doxosophe peut pleinement s'autoriser de son registre propre puisqu'il n'a pas &#224; s'imposer les contraintes de l'intellectuel &#8211; prendre du temps, s'accorder d'&#234;tre parfois obscur et long car la r&#233;flexion qui s'efforce de progresser n'est pas imm&#233;diatement claire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que chacun fasse donc ce qu'il croit lui incomber l&#224; o&#249; il est, selon ce qu'il est le plus apte &#224; faire et l&#224; o&#249; les conditions sont les meilleures pour qu'il le fasse, tel serait finalement le sens de ma r&#233;ponse &#224; Nicolas Cori. Renon&#231;ant aux chim&#232;res de l'intervenant h&#233;ro&#239;que, on s'apercevra d'ailleurs qu'il est une multitude de canaux de diffusion des id&#233;es qui, loin des m&#233;dias standard, s'offrent aux interventions des producteurs directs, depuis les livres non pas acad&#233;miques mais &#224; destination d'un plus large public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N'est-ce pas exactement le sens de la collection Raisons d'agir, cr&#233;&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tout de m&#234;me les plus ad&#233;quats &#224; l'exposition des id&#233;es &#8211; mais qui en parle ? qui les &lt;i&gt;fait conna&#238;tre&lt;/i&gt; ? &#8211;, la publication de textes sur Internet, les interventions dans les niches de l'espace m&#233;diatique, petits journaux mais qui ne comptent pas le nombre de signes, petites radios mais qui ne comptent pas les minutes, jusqu'aux d&#233;bats dans des arri&#232;re-salles de caf&#233;, des librairies ou des salles de projection, rencontres qualitativement les plus gratifiantes et quantitativement les plus mis&#233;rables, toutes choses qui passent sous les &#233;crans radars et, aux observateurs les plus superficiels, sont renvoy&#233;es &#224; l'inexistence pure et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est exact qu'on y regarde &#224; deux fois avant de se d&#233;tourner des m&#233;dias de masse et de leur capacit&#233; de diffusion &#8211; j'ai eu l'occasion d'exp&#233;rimenter, lors de la campagne sur le Trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, en 2005, tout ce qui s&#233;pare la publication confidentielle de textes sur Internet d'un simple passage &#224; &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt; (qui est tout de m&#234;me le moins massif des m&#233;dias de masse&#8230;). On ne fait pas ce genre d'exp&#233;rience sans en &#234;tre impressionn&#233; ni garder quelque regret de ce que l'on pourrait faire &#224; nouveau si&#8230; Mais ce regret n'a pas grand sens. Il n'est que le souvenir d'une exp&#233;rience limit&#233;e et l'imagination d'une chim&#232;re : la chim&#232;re de m&#233;dias autres que ce qu'ils sont. Il ne s'en suit pas que nulle intervention n'y soit possible, mais que les lieux o&#249; sont offertes des conditions de parole ad&#233;quates &#224; l'exposition convenable d'une r&#233;flexion sont compt&#233;s. Hors de ces lieux exceptionnels, il y a moins &#224; gagner qu'&#224; perdre &#224; trop fr&#233;quenter les m&#233;dias &#8211; politiquement, en rel&#233;gitimation &#224; moindre frais d'organes lib&#233;raux, et personnellement en d&#233;t&#233;rioration progressive de sa capacit&#233; de pens&#233;e critique : car on oublie que ce n'est pas le tout d'aller dans les m&#233;dias ; encore faut-il avoir quelque chose &#224; y dire, et quelque chose de significativement diff&#233;rent de ce qui sourd de la ronde des d&#233;vots &#8211; qu'on n'est pas forc&#233; d'aller grossir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon, 17 ao&#251;t 2009.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/strong&gt; (Acrimed)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette question, nous avons publi&#233; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/mot218.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;de tr&#232;s nombreux articles&lt;/a&gt;. Elle concerne, &#224; des titres divers, les chercheurs et les intellectuels, d'une part, les associations, les syndicats et les formations politiques, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Sur les premiers &#8211; chercheurs et intellectuels -, seuls concern&#233;s par la contribution de Fr&#233;d&#233;ric Lordon, on pourra se reporter au r&#233;sum&#233; d'une intervention d'Henri Maler lors d'un Jeudi d'Acrimed de 1997 : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article191.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Des intellectuels pour petit &#233;cran &#187;&lt;/a&gt; et, douze ans plus tard, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3115.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Lettre ouverte &#224; nos amis des Universit&#233;s &#187;&lt;/a&gt;, avril 2009. Voir &#233;galement : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1809.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la rubrique &#171; Les rapports entre journalistes et intellectuels : cul et chemise ? &#187;&lt;/a&gt;, par Pierre Rimbert, novembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Sur les seconds - associations syndicats et formations politiques - on pourra lire, notamment, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2741.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Se servir des m&#233;dias dominants sans leur &#234;tre asservis ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s l'article d'Henri Maler, &#171; La critique des m&#233;dias et le mouvement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi qu'&#224; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1309.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Contestation des m&#233;dias ou contestation pour les m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;, intervention de Serge Halimi au Forum social Europ&#233;en de 2003&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reprise dans une version plus d&#233;taill&#233;e, r&#233;dig&#233;e avec Pierre Rimbert, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et, s'agissant de notre Association, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2752.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Acrimed dans les m&#233;dias ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Lucas est &#171; prix Nobel &#187; d'&#233;conomie. &#171; &lt;a href=&#034;http://www.economist.com/businessfinance/displayStory.cfm?story_id=14165405&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;In defence of the dismal science&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, 8 ao&#251;t 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qu'on pense, dans ce dernier ordre d'id&#233;e, au traitement des &#171; affaires &#187; Kerviel, Madoff, Stanford &amp; Co&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je dois &#224; l'honn&#234;tet&#233; de reconna&#238;tre que, &#224; l'occasion des annonces de 2007, Nicolas Cori m'avait offert de m'exprimer sous la forme d'une interview qui esquissait cette analyse et aussi une proposition (le SLAM, voir &lt;i&gt;La crise de trop&lt;/i&gt;, Fayard, 2009, chapitre 5) visant &#224; mettre des bornes &#224; la capture actionnariale (lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/02/LORDON/14458&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Enfin une mesure contre la d&#233;mesure de la finance, le SLAM !&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, f&#233;vrier 2007). Mais Nicolas Cori aura compris que, au-del&#224; de son cas propre et de quelques autres exceptions de son genre, je mets en cause ici une pratique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A ceux qui feraient observer que l'&#233;mission d'&lt;i&gt;Arr&#234;t sur images&lt;/i&gt; anim&#233;e par Maja Neskovic pr&#233;sente formellement les m&#234;mes caract&#233;ristiques de connivence et de pr&#233;-accord, il faudrait simplement faire remarquer que, non seulement les cartes sont d'embl&#233;e sur la table en cette mati&#232;re, mais qu'il n'a jamais &#233;t&#233; question de la donner pour un &#171; d&#233;bat contradictoire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2009/06/RIMBERT/17210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le despotisme des &#233;clair&#233;s&lt;/a&gt; &#187;, par Pierre Rimbert, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lors d'une &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3075.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;conf&#233;rence&lt;/a&gt; faite &#224; l'un des jeudis d'Acrimed, j'ai sugg&#233;r&#233; par exemple, pour &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3090.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;gler le probl&#232;me de l'incrustation des &#233;ternels chroniqueurs radio&lt;/a&gt; (je pense surtout &#224; ceux de France Inter et de France Culture) et de leur fossilisation intellectuelle, de les remplacer, chacun dans leur sp&#233;cialit&#233;, par un pool d'une trentaine ou d'une quarantaine d'intellectuels, de chercheurs ou d'intervenants qualifi&#233;s (apr&#232;s tout, des syndicalistes et des salari&#233;s sont parfois aussi bien inform&#233;s et arm&#233;s pour traiter de certains sujets de l'&#233;conomie, par exemple), avec le double avantage d'organiser une rotation longue, permettant &#224; chacun d'avoir le temps de travailler et de se renouveler, et de permettre une r&#233;elle diversit&#233; en lieu et place du r&#233;gime de l'intervenant-unique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bourdieu appelait doxosophes (de &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt;, l'opinion, et &lt;i&gt;sophia&lt;/i&gt;, la sagesse) ces faux philosophes &#224; la remorque de l'opinion, et plus g&#233;n&#233;ralement ces intellectuels parodiques, aujourd'hui connus sous l'appellation &#171; d'intellectuels m&#233;diatiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;N'est-ce pas exactement le sens de la collection &lt;i&gt;Raisons d'agir&lt;/i&gt;, cr&#233;&#233;e par Pierre Bourdieu, que de mettre &#224; disposition d'un public aussi large que possible les r&#233;sultats de travaux &#233;labor&#233;s en amont selon les logiques de la recherche scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'apr&#232;s l'article d'Henri Maler, &#171; La critique des m&#233;dias et le mouvement syndical &#187;, paru dans &lt;i&gt;Nouveaux Regards&lt;/i&gt; n&#176;33, avril-juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Reprise dans une version plus d&#233;taill&#233;e, r&#233;dig&#233;e avec Pierre Rimbert, dans &lt;i&gt;M&#233;dias et censure : figures de l'orthodoxie&lt;/i&gt; (dir. Pascal Durand), Universit&#233; de Li&#232;ge, janvier 2004 (actuellement indisponible).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Acc&#233;der aux m&#233;dias dominants ? &#192; quelles conditions ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Acceder-aux-medias-dominants-A-quelles-conditions</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Acceder-aux-medias-dominants-A-quelles-conditions</guid>
		<dc:date>2009-04-21T04:27:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lordon</dc:creator>


		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une exp&#233;rience, quelques le&#231;ons, quelques interrogations plus g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Que-faire-face-aux-medias-" rel="directory"&gt;Que faire face aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ces temps de crise &#233;conomique, il arrive, plus souvent qu'&#224; l'accoutum&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici m&#234;me : &#171; Les voix enchanteresses de l'&#233;conomie sur France Inter &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (mais pas trop souvent, on s'en doute&#8230;) que des &#233;conomistes critiques soient invit&#233;s &#224; s'exprimer dans les m&#233;dias dominants. Que doivent-ils faire ? Comment, plus g&#233;n&#233;ralement, les contestataires peuvent-ils envisager leurs relations avec ces m&#233;dias ?
&lt;br/ &gt;
&lt;br/ &gt;
Le Jeudi 5 f&#233;vrier 2009, invit&#233; dans le cadre des &#171; Jeudis d'Acrimed &#187;, Fr&#233;d&#233;ric Lordon, apr&#232;s une intervention sur &#171; Les m&#233;dias et la crise &#187; (que l'on peut d&#233;couvrir ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3075.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en vid&#233;o&lt;/a&gt;) r&#233;pondait aux questions de l'assistance. &lt;br/ &gt;
&lt;br/ &gt;
En prenant pour exemple son exp&#233;rience, en tirant quelques le&#231;ons de celle-ci, en s'interrogeant de fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale sur l'opportunit&#233; de chercher &#224; acc&#233;der aux m&#233;dias dominants (et sur les conditions &#224; poser pour r&#233;pondre positivement &#224; des invitations), il proposait quelques r&#233;flexions &#224; partager (Acrimed)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la question &#171; comment r&#233;agissent les m&#233;dias &#224; vos critiques ? &#187;, il est possible de r&#233;pondre par l'exp&#233;rience de quelques invitations et d'en tirer une premi&#232;re le&#231;on : savoir refuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_4510 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center player&#034;&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors la question &#171; Comment acc&#233;der aux m&#233;dias dominants &#187; ? s'efface devant celle-ci : &#171; Faut-il acc&#233;der aux m&#233;dias dominants ? &#187; Et dans la mesure o&#249; la r&#233;ponse peut &#234;tre positive : &#171; A quelles conditions ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_4539 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-4539 &#034; data-id=&#034;816644c792afaa5ef322e88a5c209c75&#034; src=&#034;IMG/mp3/Lordonrapportauxmedias.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;/ br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2908.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les voix enchanteresses de l'&#233;conomie sur France Inter &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3110.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les voix enchanteresses de l'&#233;conomie sur France Culture &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que faire des chroniqueurs ? Une proposition de Fr&#233;d&#233;ric Lordon</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Que-faire-des-chroniqueurs-Une-proposition-de-Frederic-Lordon</link>
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		<dc:date>2009-03-10T09:37:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lordon</dc:creator>


		<dc:subject>Chroniques</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Experts&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>Quelles propositions ?</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pourquoi pas des chroniqueurs tournants ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalismes-de-microcosme-" rel="directory"&gt;Journalismes de microcosme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Chroniques-+" rel="tag"&gt;Chroniques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Experts-+" rel="tag"&gt;&#034;Experts&#034;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quelles-propositions-+" rel="tag"&gt;Quelles propositions ?&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cercle des experts attitr&#233;s &#8211; v&#233;ritable club d'abonn&#233;s aux m&#233;dias qui les accueillent &#8211; et des chroniqueurs patent&#233;s (ainsi que des &#233;ditorialistes tous terrains) est, comme nous l'avons plusieurs fois relev&#233;, particuli&#232;rement &#233;troit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, &#224; titre d'exemples, &#171; &#8220;L'Expert Acad&#233;mie&#8221; et ses sergents recruteurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chroniqueurs en particulier, notamment quand ils se pr&#233;sentent comme des sp&#233;cialistes des questions &#233;conomiques, politiques ou internationales, font entendre, &#224; plusieurs voix, des opinions souvent similaires. Parce qu'ils commentent, jour apr&#232;s jour, l'actualit&#233;, ils n'en retiennent le plus souvent que l'&#233;cume et sont condamn&#233;s, &#171; &#224; leur insu de leur plein gr&#233; &#187;, &#224; r&#233;p&#233;ter en toutes occasions, les m&#234;mes musiques st&#233;r&#233;otyp&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire ? Comment d&#233;livrer de leur lourde charge ceux qui donnent et se donnent l'illusion qu'ils peuvent, quotidiennement, proposer des id&#233;es nouvelles ? Faut-il et comment &#233;largir le cercle des chroniqueurs pour en diversifier les voix et pour leur laisser le temps de r&#233;fl&#233;chir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Jeudi 5 f&#233;vrier 2009, invit&#233; dans le cadre des &#171; Jeudis d'Acrimed &#187;, Fr&#233;d&#233;ric Lordon, apr&#232;s une intervention sur &#171; Les m&#233;dias et la crise &#187; (que l'on peut d&#233;couvrir ici m&#234;me &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3075.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en vid&#233;o&lt;/a&gt;) r&#233;pondait aux questions de l'assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evoquant les chroniqueurs qui, notamment quand ils traitent des questions d'&#233;conomie (mais pas seulement), font entendre, sur une lancinante petite musique, des voix souvent proches de l'unisson - des voix qui, parce qu'elles chantent chaque jour, se condamnent &#224; &#234;tre superficielles - Fr&#233;d&#233;ric Lordon se risqua &#224; formuler une proposition originale&#8230; Une proposition qui a peu de chances d'&#234;tre reprise. Mais la voici : &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;/object&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, &#224; titre d'exemples, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3027.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#8220;L'Expert Acad&#233;mie&#8221; et ses sergents recruteurs &#187;&lt;/a&gt;, d&#233;cembre 2008, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2908.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les voix enchanteresses de l'&#233;conomie sur France Inter&lt;/a&gt;, juin 2008, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2002.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les matins du &#8220;oui&#8221; sur France Culture &#187;&lt;/a&gt;, avril 2005 et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1290.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Lancinante petite musique des chroniques &#233;conomiques &#187;&lt;/a&gt;, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>&#171; Les m&#233;dias et la crise &#187;, par Fr&#233;d&#233;ric Lordon (&#171; Jeudi d'Acrimed &#187;, vid&#233;o)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-medias-et-la-crise-par-Frederic-Lordon-Jeudi-d-Acrimed-video</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-medias-et-la-crise-par-Frederic-Lordon-Jeudi-d-Acrimed-video</guid>
		<dc:date>2009-02-15T23:13:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lordon</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;bats d'Acrimed</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Discours et pratiques des &#171; faiseurs d'opinion &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Economie-" rel="directory"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Debats-d-Acrimed-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats d'Acrimed&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Jeudi 5 f&#233;vrier 2009, invit&#233; dans le cadre des &#171; Jeudis d'Acrimed &#187;, Fr&#233;d&#233;ric Lordon , &#233;conomiste, auteur de &lt;i&gt;Jusqu'&#224; quand ? Pour en finir avec les crises financi&#232;res&lt;/i&gt; (Raisons d'agir, 2008), intervenait &#224; la Bourse du travail de Paris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la pr&#233;sentation du d&#233;bat.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;capsule-video&#034;&gt;&lt;div class=&#034;mini_capsule-video&#034;&gt; &lt;iframe title=&#034;&#171; Les m&#233;dias et la crise &#187;, par Fr&#233;d&#233;ric Lordon&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;//www.youtube-nocookie.com/embed/LHhwdnBqQ5c?hd=1&amp;wmode=opaque&amp;autoplay=0&amp;rel=0&amp;showinfo=0&#034; allowfullscreen class=&#034;youtube-player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt; &lt;!-- .capsule-video .mini_capsule-video --&gt;
&lt;p&gt;En cas de probl&#232;me de visionnage, merci de bien vouloir &lt;a href=&#034;http://www.dailymotion.com/user/acrimed/video/x8e1mf_frederic-lordon-jeudi-dacrimed-12_news&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;&lt;strong&gt;cliquer sur ce lien&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3014.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;sentation du d&#233;bat&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La procession des fulminants</title>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Lordon</dc:creator>


		<dc:subject>Laurent Joffrin</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Marie Colombani</dc:subject>
		<dc:subject>Serge July</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Experts&#034;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Vedettes mineures, stars patent&#233;es du journalisme, &#171; experts &#187; pour m&#233;dias : ritournelles et impr&#233;cations.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Apres-le-scrutin-du-29-mai-2005-" rel="directory"&gt;Apr&#232;s le scrutin du 29 mai 2005 [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurent-Joffrin-+" rel="tag"&gt;Laurent Joffrin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Marie-Colombani-+" rel="tag"&gt;Jean-Marie Colombani&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Serge-July-+" rel="tag"&gt;Serge July&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Experts-+" rel="tag"&gt;&#034;Experts&#034;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les pr&#233;tentions intellectuelles, voire th&#233;oriques, des &#171; stars &#187; patent&#233;es du journalisme et des &#171; experts &#187; labellis&#233;s par les m&#233;dias valent, &#224; leurs propres yeux, attestation de la l&#233;gitimit&#233; de leurs fulminations et de la position h&#233;g&#233;monique que celles-ci occupent dans les &#171; grands m&#233;dias &#187;. Raison suffisante de publier ici, sous forme de tribune libre, la critique sans complaisance de Fr&#233;d&#233;ric Lordon, chercheur, &#233;conomiste (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que se passe-t-il dans les t&#234;tes journalistes ? Comme si les capacit&#233;s d'accommodation mentale s'&#233;taient trouv&#233;es satur&#233;es par l'ampleur du choc &#224; assimiler, l'&#233;v&#233;nement qui aurait d&#251; produire le plus d'impact n'en a produit aucun : par l'effet d'une combinaison d'inertie et de stupeur, l'appareil m&#233;diatique continue sur sa lanc&#233;e, et ressasse en boucle les m&#234;mes consternantes ritournelles, apr&#232;s comme avant le r&#233;f&#233;rendum. A la v&#233;rit&#233;, on sait bien qu'il devrait &#234;tre davantage question, dans cette affaire, de sociologie, et m&#234;me de sociologie politique, que de sciences cognitives, quoiqu'il faille ne s'interdire aucune sorte d'explication pour rendre compte dans toute sa diversit&#233; d'un ph&#233;nom&#232;ne d'aberration discursive g&#233;n&#233;ralis&#233;e o&#249; l'on trouve aussi bien l'&#233;cholalie compulsive que la fulmination &#233;cumante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour les vedettes mineures du journalisme audiovisuel&lt;/br &gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;Pour les vedettes mineures du journalisme audiovisuel, celles qui ont leur part de micro ou d'&#233;cran, l'hypoth&#232;se de la malignit&#233;, en aucun des sens du terme, n'est la plus pertinente. Quand Maryse Burgot (JT, France 2, 30 mai), envoy&#233;e tr&#232;s peu sp&#233;ciale, s'en va sonder l'opinion hollandaise en se demandant gravement si celle-ci &#233;galement se prononcera &lt;i&gt;&#171; contre l'Europe &#187;&lt;/i&gt;, elle ne fait probablement que rejoindre dans les automatismes de l'incurie ordinaire sa coll&#232;gue du 13h qui, reprenant les m&#234;mes mots, tend aux passagers d'un train de banlieue un micro les sommant de r&#233;pondre &#224; la question de savoir s'ils ont vot&#233; &lt;i&gt;&#171; &#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;cause de la situation sociale &#187; &lt;/i&gt;ou bien &lt;i&gt;&#171; pour ou contre l'Europe &#187;&lt;/i&gt;. Incapables de faire la diff&#233;rence &#233;l&#233;mentaire entre &#171; l'Europe &#187; et le trait&#233; constitutionnel, c'est-&#224;-dire entre l'Europe en g&#233;n&#233;ral et l'Europe particuli&#232;re propos&#233;e &#224; notre suffrage, l'une comme l'autre - mais on pourrait leur ajouter bon nombre de leurs coll&#232;gues afflig&#233;s de la m&#234;me paresse intellectuelle - travaillent, probablement avec plus d'inconscience que de rouerie, &#224; faire p&#233;n&#233;trer chaque jour un peu plus profond&#233;ment l'id&#233;e que refuser cette Constitution et refuser la construction europ&#233;enne c'est tout un. L'extraordinaire r&#233;sistance du corps social &#224; ces formes les plus insidieuses du matraquage n'en rend pas moins insupportables ces glissements et ces manquements, qui pour devoir davantage aux d&#233;sastreuses insuffisances intellectuelles du journalisme ordinaire qu'&#224; la manipulation orchestr&#233;e, finissent par composer un tableau id&#233;ologique d'ensemble d'une grande coh&#233;rence. Si les contributions passives de ces troupiers du journalisme, laiss&#233;es aux automatismes de sch&#232;mes mentaux parfaitement irr&#233;fl&#233;chis et aux tropismes de la facilit&#233;, finissent toutefois par dessiner un motif ordonn&#233;, c'est parce que, la superficialit&#233; ne pr&#233;d&#233;terminant &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;aucun message particulier, elles se trouvent ici orient&#233;es et &#171; coordonn&#233;es &#187; par les directives &#233;ditoriales g&#233;n&#233;rales auxquelles elles sont asservies. Dans une r&#233;daction o&#249; le parti pris veut la Constitution et sa ratification, la vigilance discursive n'est pas n&#233;cessaire puisque les &#224; peu pr&#232;s fonctionneront tous dans le m&#234;me sens qui est le bon sens. On veut bien croire qu'il demeure encore dans les m&#233;dias, le plus probablement bien au fond des soutes, quelques journalistes qui n'ont pas compl&#232;tement perdu la boule, qui conservent quelques r&#233;flexes intellectuels et sont vou&#233;s &#224; souffrir en silence. Mais combien de cette esp&#232;ce face &#224; tous les autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se de l'innocence ne suffit d&#233;j&#224; plus &#224; faire le compte &#224; elle seule dans le cas de J&#233;r&#244;me Bony (JT 13h, France 2, 30 mai), autre exemple, tr&#232;s repr&#233;sentatif dans son genre, qui, lui, se pr&#233;occupe du divorce de &#171; la France &#187; et de &#171; l'Allemagne &#187;, mais sans s'interroger un seul instant sur la signification v&#233;ritable de ces cat&#233;gories dont son commentaire est pourtant farci. Il y aurait pourtant lieu de le faire, car la r&#233;ponse &#224; la question de savoir qui divorce, et m&#234;me s'il y a vraiment divorce, n'est &#233;vidente que dans l'esprit du journaliste. On ne sache pas en effet que les gouvernements fran&#231;ais et allemands soient au bord de la rupture : ils ont fait campagne commune ! Ce sont donc les corps sociaux qui se d&#233;chirent ? Difficile &#224; dire &#233;galement : Bony interroge un d&#233;put&#233; allemand, Peter Altmaier, qui a l'honn&#234;tet&#233; de reconna&#238;tre qu'un referendum e&#251;t-il &#233;t&#233; organis&#233; en Allemagne, le r&#233;sultat aurait probablement &#233;t&#233; le m&#234;me qu'en France... Mais l'interview&#233; peut bien parler, l'intervieweur n'entend rien, son id&#233;e &#233;tait faite de tout fa&#231;on : &lt;i&gt;&#171; la France et l'Allemagne se&lt;/i&gt; &lt;i&gt;s&#233;parent &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition est invalid&#233;e quelle que soit la d&#233;finition - gouvernementale ou nationale - qu'on se donne de &#171; la France &#187; et de &#171; l'Allemagne &#187; mais, dans la t&#234;te de Bony, il y a un non ici et un oui l&#224;, et c'est assez pour prononcer le divorce. Divorce imaginaire contre divorce r&#233;el : car celui qui s&#233;pare, et pour de bon, les repr&#233;sentants et les repr&#233;sent&#233;s, les premiers votant oui &#224; 90% et les seconds non - et ceci identiquement en France et en Allemagne ! o&#249; les m&#234;mes causes produisent les m&#234;mes effets - ce divorce-l&#224;, Bony passe &#224; travers quand bien m&#234;me l'un de ses interview&#233;s lui en met l'&#233;vidence entre les mains ! Mais les puissances de la d&#233;n&#233;gation ont pli&#233; tous les entendements journalistiques qui ont choisi de ne pas voir ce qu'ils ne voulaient pas voir. Les corps sociaux disent non ? On leur fera dire oui. Bony, d'ailleurs, a trouv&#233; sa d&#233;finition ad&#233;quate de &#171; l'Allemagne &#187; : elle prend la forme d'un &#233;tudiant chr&#233;tien-d&#233;mocrate, parfaitement francophone, le pauvre est effondr&#233; du r&#233;sultat fran&#231;ais. L'&#233;tudiant Erasmus est effondr&#233;, donc &#171; l'Allemagne &#187; est effondr&#233;e. Bony ne doit pas savoir qu'il y a des salari&#233;s en Allemagne, les m&#234;mes qu'en France, souffrant des m&#234;mes difficult&#233;s, enclins &#224; en faire la m&#234;me analyse de leurs malheurs et &#224; les manifester de la m&#234;me mani&#232;re. Mais Bony n'en a rencontr&#233; aucun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment se fabrique en France l'image de &#171; la France vue de l'&#233;tranger &#187;, entre d&#233;ni radical de la r&#233;alit&#233; politique et choix orient&#233; des &#171; incarnations &#187; de l'&#233;tranger. Mais le comble est sans doute atteint quand les journalistes fran&#231;ais interrogent leurs semblables anglais, italiens, espagnols, allemands... qui lisent leurs coll&#232;gues fran&#231;ais pour savoir ce qui se passe en France ! et y ajoutent leur propre inclination pro-Constitution, laquelle a d'ailleurs justifi&#233; qu'on les choisisse comme &#171; grands t&#233;moins &#187; du d&#233;bat fran&#231;ais - n&#233;cessairement &#171; objectifs &#187;... puisqu'ils ne sont pas fran&#231;ais. Quelle surprise, ils disent tous la m&#234;me chose ! &#171; L'Europe est constern&#233;e par le vote fran&#231;ais &#187;, glapissent &#224; l'unisson &#233;ditorialistes de tous les pays, sans voir que cette &#171; Europe &#187; dont ils parlent est une construction qui n'a pas d'autre r&#233;alit&#233; que leur cercle d'intimes. &#171; La France &#187;, &#171; l'Allemagne &#187;, &#171; l'Europe &#187;, g&#233;n&#233;ralit&#233;s sans signification, cat&#233;gories sans d&#233;finition, bouillie conceptuelle pour tous ceux qui ont avantage &#224; ne pas savoir trop exactement de quoi l'on parle, ressources qui se laisseront accommoder &#224; volont&#233; pour satisfaire les n&#233;cessit&#233;s interpr&#233;tatives du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et plus l'on monte dans la hi&#233;rarchie...&lt;/br &gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;Et plus l'on monte dans la hi&#233;rarchie, plus la divagation intellectuelle est prononc&#233;e, mais pour d'autres raisons. A la carence intellectuelle chronique des journalistes de base, qui tiennent &#171; Europe &#187; et &#171; Constitution &#187; pour identiques, qui d&#233;signent indiff&#233;remment &#224; l'aide d'un m&#234;me nom de pays un gouvernement, tel groupe social ou la population enti&#232;re, se substituent de tout autres principes de d&#233;figuration de la r&#233;alit&#233; politique, qui doivent davantage &#224; la hargne, pour ne pas dire &#224; la haine, en tout cas &#224; une forme de fulmination intellectuelle qui sait davantage, sinon ce qu'elle fait, du moins o&#249; elle veut en venir. Pour ces t&#233;nors de la parole autoris&#233;e, emport&#233;s par la rage d'&#234;tre contredits par le peuple, l'effondrement intellectuel est total, le d&#233;bondage sans retenue. Si le proc&#233;d&#233; de la d&#233;qualification maximale r&#233;side dans l'imputation fascisto&#239;de, qu'il en soit ainsi : le non est d'extr&#234;me droite tout entier ! &lt;i&gt;&#171; Par nationalisme, par x&#233;nophobie, par dogmatisme ou par&lt;/i&gt; &lt;i&gt;nostalgie, [les tenants du non] voulaient se d&#233;barrasser de cette Europe qui barre l'horizon &#187;&lt;/i&gt; (Jean-Marie Colombani, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 31 mai 2005). La signification du non est sans ambigu&#239;t&#233; : &lt;i&gt;&#171; un appel d'air nationaliste et protectionniste &#187; &lt;/i&gt;(J.-M. Colombani, &lt;i&gt;id.&lt;/i&gt;) ; &lt;i&gt;&#171; le refus du projet&lt;/i&gt; &lt;i&gt;constitutionnel &#187; &lt;/i&gt;n'a-t-il pas &lt;i&gt;&#171; rejet&#233; la critique sociale de l'Union du c&#244;t&#233; de la crispation&lt;/i&gt; &lt;i&gt;nationaliste &#187; &lt;/i&gt;(ibid.) ? Le non de gauche se clame europ&#233;en et internationaliste ? Il ment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Colombani conna&#238;t les replis de l'&#226;me de gauche, elle est noire. Le non de gauche porte t-shirt, jeans et baskets ? C'est faux ! Chemise brune, pantalon de golf et bottes &#224; clous, Jean-Marie les a vus. Le monde entier est dans l'erreur, Jean-Marie va dire la v&#233;rit&#233;. Il a un peu d'&#233;cume au coin des l&#232;vres mais c'est l'urgence qui le tourmente et la cause de la r&#233;v&#233;lation qui n'attend pas. Il doit avoir raison, car Serge July voit les m&#234;mes choses : &lt;i&gt;&#171; Le&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Pen x&#233;nophobe, c'est son fonds de commerce, mais que les dirigeants de gauche fassent campagne sur ce terrain [...], on croyait cette x&#233;nophobie-l&#224; impensable &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 30&lt;i&gt; &lt;/i&gt;mai 2005). Et Philippe Val aussi ! &lt;i&gt;&#171; Lors de la grande manifestation de la droite, &#224; la fin du mois de mai 1968 [...] on a entendu clamer &#8220;Les Juifs au four !&#8221; Seul Fran&#231;ois Mauriac s'en &#233;tait indign&#233; [...] Mais c'&#233;tait un &#233;ditorialiste de l'&#233;lite, et il para&#238;t que le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum, c'est aussi le rejet des &#233;ditorialistes de l'&#233;lite &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, 1er juin, 2005).&lt;/i&gt;Tout est donc vrai. Science et pr&#233;-science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;July voit sit&#244;t le 30 mai &lt;i&gt;&#171; le duo bien connu de toutes les p&#233;riodes populistes : [la France d'en haut et la France d'en bas] &#187; &lt;/i&gt; ; mais&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Colombani a d&#233;livr&#233; son oracle fr&#233;missant d&#232;s le 26 : &lt;i&gt;&#171; [Laurent Fabius] qui s'&#233;tait distingu&#233; en assurant que Le Pen posait &#8220;les bonnes questions&#8221; fini[t] par donner sur un sujet d&#233;cisif la m&#234;me r&#233;ponse que Le Pen &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 27 mai 2005). Il faut donc s'en convaincre : &lt;i&gt;&#171; En r&#233;alit&#233;, le d&#233;bat a conduit &#224; une r&#233;pudiation de l'Union europ&#233;enne. Le non fran&#231;ais est un non nationaliste, isolationniste &#187; &lt;/i&gt;(Arnaud Leparmentier, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 31 mai 2005). C'est&lt;i&gt; &lt;/i&gt;l'&#233;vidence, le non de gauche veut sortir la France de l'Europe, il &#233;tait contre le TCE qui&lt;i&gt; &lt;/i&gt;interdit les aides d'Etat et nous emp&#234;che par l&#224; de reconstruire la ligne Maginot, il ne veut&lt;i&gt; &lt;/i&gt;plus aucun &#233;change avec l'&#233;tranger, il veut l'isolement et l'isolation, les deux, au cas o&#249; l'un&lt;i&gt; &lt;/i&gt;fuirait plus que l'autre. &lt;i&gt;&#171; En r&#233;alit&#233; &#187; &lt;/i&gt;dit-il... Mais que peut la &#171; r&#233;alit&#233; &#187; l&#224; o&#249; les Esprits ont&lt;i&gt; &lt;/i&gt;d&#233;cid&#233; ? &lt;i&gt;&#171; Le rejet du trait&#233; constitutionnel r&#233;v&#232;le d'abord qu'une majorit&#233; de Fran&#231;ais n'a pas ou n'a plus envie de l'Europe &#187; &lt;/i&gt;(J.-M. Colombani, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;31 mai 2005). Sondage&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Ipsos sortie des urnes : 72% des Fran&#231;ais se d&#233;clarent &#171; tout &#224; fait &#187; et &#171; plut&#244;t favorables &#187; &#224; la poursuite de la construction europ&#233;enne... &lt;i&gt;&#171; Ceux qui l'emportent vraiment parce qu'ils&lt;/i&gt; &lt;i&gt;forment, quoi qu'on en dise, la majorit&#233; des non, sont ceux qui ne veulent pas de l'Europe &#187;&lt;/i&gt; (Laurent Joffrin, &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 2 juin 2005). 72% des Fran&#231;ais... parmi lesquels 56% des communistes...&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fusion des circuits ou d&#233;compensation g&#233;n&#233;rale, l'hallucination du &#171; oui de gauche &#187; n'a plus de r&#233;gulation, plus de force de rappel - pas m&#234;me au sein de ses r&#233;dactions. July voit &lt;i&gt;&#171; une &#233;pid&#233;mie de populisme &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 30 mai 2005). Une &#233;pid&#233;mie, c'en est une en effet, mais de &lt;i&gt;delirium&lt;/i&gt;, et les frapp&#233;s ne sont pas ceux qu'on croit. Formidable naufrage mental. Le monde r&#233;el contredit le monde voulu, et cet attentat au d&#233;sir des Grands est un choc si insupportable que le monde lui-m&#234;me est d&#233;clar&#233; abominable. Le comble de l'abominable c'est le fascisme ; le non est donc fasciste. C'est &#233;vident, c'est math&#233;matique, c'est psychotique. En tout cas c'est n&#233;cessaire, parce que sinon c'est incompr&#233;hensible. Ce qui a &#233;t&#233; si ardemment, si raisonnablement voulu par les Grands ne peut &#234;tre rejet&#233; que par les pulsions les plus basses, la part la plus mauvaise du monde, le Mal en personne(s). Ces Fran&#231;ais qui disent non sont &#224; peine des hommes, presque des animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Le &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;delirium &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;est lanc&#233;, on ne l'arr&#234;tera plus.&lt;/br &gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;Le &lt;i&gt;delirium &lt;/i&gt;est lanc&#233;, on ne l'arr&#234;tera plus. Il cesse d'&#234;tre ignoble pour redevenir simplement risible quand il tente d'&#234;tre analytique de nouveau. Car le rejet du trait&#233; ne fait pas que mettre en marche l'extr&#234;me droite, il r&#233;veille &#233;galement Staline. July, qui en conna&#238;t un rayon en la mati&#232;re, voit des moustaches partout : &lt;i&gt;&#171; Le socialisme dans un seul pays est pour&lt;/i&gt; &lt;i&gt;bient&#244;t &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 30 mai 2005), tel est bien en effet le programme du non de gauche. Colombani a eu une jeunesse moins tumultueuse, mais il a &#233;tudi&#233; &#233;galement : &lt;i&gt;&#171; Ceux qui, &#224; gauche, n'ont pas accept&#233; le tournant de 1983, celui de l'acceptation par la gauche de l'&#233;conomie de march&#233; [...] oublient simplement que le handicap &#233;conomique des pays europ&#233;ens de l'ex-Empire sovi&#233;tique r&#233;sulte pr&#233;cis&#233;ment de ce qu'ils ont &#233;t&#233; priv&#233;s de l'&#233;conomie de march&#233; pendant la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 27 mai 2005). El&#233;vation de la pens&#233;e et puissance de l'analyse, th&#233;orie &#233;conomique et mobilisation de l'histoire longue. L'&#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; &#224; laquelle la gauche s'est ralli&#233;e en 1983 est celle-l&#224; m&#234;me dont les pays de l'Est ont &#233;t&#233; priv&#233;s. Car la France d'avant 1983 &#233;tait une &#233;conomie centralement planifi&#233;e, les livres sont formels - et la France elle-m&#234;me membre du Pacte de Varsovie &#224; l'&#233;poque. Avant 1983, les travailleurs fran&#231;ais rejoignaient chaque matin leur kolkhoze ou leur usine d'Etat. Le directeur, sous la surveillance d'un commissaire politique veillait comme il pouvait &#224; la r&#233;alisation des objectifs du plan quinquennal. Des patrons ont connu le goulag. Mais 1983 nous a tir&#233; des t&#233;n&#232;bres du Gosplan. Jean-Marie nous le dit : il ne faut pas y retourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#226;neries de force 10, qui vaudraient &#224; un &#233;tudiant de premi&#232;re ann&#233;e de sciences &#233;conomiques un s&#233;rieux conseil de r&#233;orientation, s'&#233;crivent sans faiblir dans un &#233;ditorial du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;o&#249; il appara&#238;t que les doxogogues, ces conducteurs &#233;clair&#233;s de l'opinion, sont en fait des sortes de n&#233;cessiteux dans leur genre. Et pire encore, voil&#224; que les &#171; plumes invit&#233;es &#187;, celles dont on peut &#234;tre s&#251;r qu'elles sont soigneusement filtr&#233;es &#224; l'entr&#233;e, viennent donner &#224; ces inepties la caution de la Facult&#233;. Le politologue Yves M&#233;ny, qui est &#233;conomiste comme l'Abb&#233; Pierre est go-go boy, n'h&#233;site pas &#224; engager toute son autorit&#233; universitaire pour certifier &lt;i&gt;&#171; qu'on ne peut interdire [les d&#233;localisations] par d&#233;cret sauf &#224; instaurer une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#233;conomie sovi&#233;tis&#233;e &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 1er juin 2005). Car &#224; l'&#233;vidence, un monde sans d&#233;localisation ne peut-&#234;tre que sovi&#233;tique - la France sans d&#233;localisation des ann&#233;es 50-80 n'&#233;tait-elle pas sovi&#233;tique ? Du m&#234;me, au m&#234;me endroit : &lt;i&gt;&#171; Le lib&#233;ralisme est devenu un&lt;/i&gt; &lt;i&gt;p&#233;ch&#233; mortel, comme si nous ne vivions pas [...] dans une &#233;conomie de march&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Marc Lazar, politologue-&#233;conomiste de la m&#234;me farine, ne dit pas autre chose. Lui aussi se plaint de &lt;i&gt;&#171; la France, cet &#233;trange pays [...] impliqu&#233; dans la mondialisation, mais qui [...] refuse&lt;/i&gt; &lt;i&gt;l'&#233;conomie de march&#233; &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 1er juin 2005). Et pas une h&#233;sitation, pas un tremblement de la plume au moment de l&#226;cher ces sol&#233;cismes th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont universitaires, rev&#234;tus de tous les attributs de l'autorit&#233; cath&#233;drale, ils nous expliquent doctement ce qu'il faut penser des confusions &#233;conomiques du non &#171; sovi&#233;tique &#187;, mais ne connaissent pas eux-m&#234;mes la diff&#233;rence entre &#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; et &#171; &#233;conomie de concurrence libre &#187;. Il faut leur dire comme &#224; des &#233;tudiants que la premi&#232;re signifie &#171; &#233;conomie d&#233;centralis&#233;e &#187; - c'est-&#224;-dire sans principe de coordination g&#233;n&#233;rale centralis&#233;e - et autonomie de d&#233;cision des centres producteurs ; et que la seconde d&#233;signe une certaine intensit&#233; (&#233;lev&#233;e) de la comp&#233;tition de ces centres entre eux, notamment du fait de la suppression des entraves &#224; la circulation des marchandises et des services. Ils n'ont pas compris que la premi&#232;re est une cat&#233;gorie plus g&#233;n&#233;rale que la seconde, que la seconde n'est que l'&lt;i&gt;une &lt;/i&gt;des modalit&#233;s possibles de la premi&#232;re. Il faut les avertir que les &#233;conomistes se sont pr&#233;cis&#233;ment cass&#233; la margoulette (mais pas trop quand m&#234;me) pour qualifier ces &lt;i&gt;diff&#233;rents degr&#233;s &lt;/i&gt;de la concurrence &lt;i&gt;dans une&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#233;conomie de march&#233; &lt;/i&gt; : concurrence &#171; pure et parfaite &#187;, concurrence &#171; oligopolistique &#187;, concurrence &#171; monopolistique &#187;. Ils ne se souviennent pas que la France fordienne, ou le Japon des ann&#233;es 70-80, ont &#233;t&#233; d'indiscutables &#233;conomies de march&#233;, mais de concurrence notoirement restreinte - et qu'elles ne s'en sont d'ailleurs pas si mal port&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peuvent comprendre blanc et noir, mais rien entre les deux. Capitalisme, lib&#233;ralisme, &#233;conomie de march&#233;, &#233;conomie concurrentielle, tout pareil : blanc. Socialisme, planification, soviets, goulags : noir (au d&#233;but c'&#233;tait rouge ; une petite difficult&#233; avec la lecture des couleurs, mais vite pass&#233;e). Et si jamais le soup&#231;on de la boulette intellectuelle leur venait, on peut parier qu'ils se replieraient sur la d&#233;nonciation de toutes les &#171; nostalgies &#187;, de tous les &#171; pass&#233;ismes &#187; - on peut le faire &#224; leur place, ils sont tellement pr&#233;visibles. Il faudra leur expliquer cette fois que dire tout cela n'est pas en appeler &#224; la r&#233;surrection de pass&#233;s d&#233;pass&#233;s, mais demander simplement, si c'est possible, un peu de rigueur conceptuelle, et aussi l'effort intellectuel de sortir le d&#233;bat de ces antinomies indigentes qui ne laissent pas d'autre choix que la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; de l'Europe d'aujourd'hui ou le retour au goulag. Mais pourquoi faire rigoureux quand on peut faire &#224; la louche et, mieux encore, effrayant ? Et pourquoi faudrait-il maintenant s'&#234;tre donn&#233; du mal &#224; &#233;tudier de pr&#232;s ce dont on a quand m&#234;me une grosse envie de parler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une de ces vacheries dont il avait le secret, Pierre Bourdieu, avait qualifi&#233; la population des doxogogues de &#171; suffisants et insuffisants &#187;. Signe d'une &#233;poque qui tient h&#233;las toutes ses promesses, les &#171; intellectuels &#187; qui se prennent pour des &#233;ditorialistes ont rejoint dans le terrible oxymore les &#233;ditorialistes qui se prennent pour des intellectuels. Jean- Marie leur ouvre grand ses portes, ils seront toujours les bienvenus. La grande convergence est maintenant achev&#233;e, les uns parlent comme les autres et r&#233;ciproquement. &lt;i&gt;&#171; Que les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;r&#233;formes soient difficiles et comportent des sacrifices, nul n'en doute &#187; &lt;/i&gt;dit Yves M&#233;ny temporairement (?) transform&#233; en Raffarin - car c'est &#224; peu pr&#232;s du m&#234;me niveau. &lt;i&gt;&#171; La&lt;/i&gt; &lt;i&gt;jacquerie fran&#231;aise t&#233;moigne d'une crise d'identit&#233; majeure &#187;&lt;/i&gt;, ou la tambouille psychologisante avec des vrais morceaux de lieux communs de Sciences-Po dedans. Mais c'est July, Crassus Imperator, qui r&#232;gle tout le monde au sprint et d&#233;croche la palme du plus grand nombre d'occurrences de &#171; populisme &#187; (et de ses d&#233;riv&#233;s) au paragraphe - &#171; populisme &#187;, cet asile du racisme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces effrayantes aberrations intellectuelles qui avaient d&#233;j&#224; constern&#233; la campagne et, loin de s'&#233;vanouir, explosent sans limite apr&#232;s le scrutin, donnent une id&#233;e de l'&#233;tat de fureur sacr&#233;e qui habite la procession des fulminants, et dont Serge July donne, plus pr&#233;cis&#233;ment qu'il ne le pense, le fin mot : le rejet du trait&#233; est &lt;i&gt;&#171; difficile &#224; avaler &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 31 mai 2005). C'est donc une question d'estomac, et m&#234;me de tripoux. On croyait la probl&#233;matique du boyau r&#233;serv&#233;e aux partisans du non - c'est le oui qui jugeait avec la t&#234;te. Finalement les difficult&#233;s de p&#233;ristaltisme semblent mieux distribu&#233;es qu'on pouvait penser. On comprend d'ailleurs ais&#233;ment pourquoi. Ce r&#234;ve de soci&#233;t&#233;, adorablement moderne et flexible, peupl&#233; d'&#233;lites sveltes et mobiles, excitant et concurrentiel, technologique et r&#233;mun&#233;rateur, que les pr&#233;cepteurs du oui travaillent &#224; nous faire aimer depuis deux d&#233;cennies, depuis qu'ils se sont exclam&#233;s &#171; vive la crise ! &#187;, g&#238;t fracass&#233; par des lourdauds immobilistes et archa&#239;ques, frileux et frigides, repli&#233;s et apeur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut sans doute tenir pour un indice de l'indigence de la pens&#233;e, la prolif&#233;ration des cat&#233;gories morales qui tiennent lieu d'analyse &#224; nos Ravis d'hier et &#224; nos Enrag&#233;s d'aujourd'hui. Incapables de faire la diff&#233;rence entre comprendre et juger, ou plut&#244;t tenant syst&#233;matiquement une proposition morale pour un acte d'intelligence du monde, leur d&#233;testation de la d&#233;mocratie-qui-les-contredit se trouve pour seul &#233;monctoire la fureur accusatrice et pour seule analyse la d&#233;nonciation de la d&#233;cadence morale. Le bas peuple, &#233;videmment, est aux premi&#232;res loges pour recevoir la le&#231;on : il est &lt;i&gt;&#171; social-pleurnichard &#187;&lt;/i&gt; (Fr&#233;d&#233;ric Filloux, &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt;, 30 mai 2005), a l'avarice chevill&#233;e au corps - &lt;i&gt;&#171; l'&#233;pid&#233;mie de populisme emporte tout sur son passage [...] m&#234;me la g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; &lt;/i&gt;(Serge July, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 30 mai 2005) - et tant d'autres choses d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;es encore. Mais puisque apr&#232;s tout deux objets&lt;i&gt; &lt;/i&gt;sur lesquels passer sa col&#232;re valent mieux qu'un, la classe politique &#233;galement en prendra&lt;i&gt; &lt;/i&gt;pour son grade : &lt;i&gt;&#171; par son &#233;go&#239;sme, par son insuffisance, la classe dirigeante fran&#231;aise a pav&#233; la route de l'&#233;chec &#187;&lt;/i&gt;, pontifie Laurent Joffrin (&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 2 juin 2005) qui&lt;i&gt; &lt;/i&gt;soudain ne veut plus rien avoir &#224; voir avec ladite classe. Jupit&#233;rien, Serge July d&#233;livre ses&lt;i&gt; &lt;/i&gt;verdicts : &lt;i&gt;&#171; La qualit&#233; des hommes est &#233;videmment en question, la m&#233;diocrit&#233; affleure l&#224; o&#249; les plus talentueux n'ont pas r&#233;sist&#233; &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 31 mai 2005) - le plus dr&#244;le c'est que pour&lt;i&gt; &lt;/i&gt;le coup on pourrait &#234;tre assez d'accord avec lui...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans le registre combin&#233; de la hauteur de&lt;i&gt; &lt;/i&gt;vue sentencieuse, de l'antiphrase et du comique involontaire, c'est enfin Jean-Marie&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Colombani, &#224; tout seigneur tout honneur, qui a le dernier mot : &lt;i&gt;&#171; Faisons sans complaisance et sans aveuglement, l'inventaire ce qui ne va pas, de ce qui ne va plus &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 31 mai2005). Ah mais &#231;a c'est une id&#233;e !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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