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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>La pauvret&#233; de Lib&#233;ration, analyste de la pauvret&#233;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-pauvrete-de-Liberation-analyste-de-la-pauvrete</link>
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		<dc:date>2008-10-01T07:42:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Barnier</dc:creator>


		<dc:subject>Lib&#233;ration</dc:subject>
		<dc:subject>Sondages</dc:subject>
		<dc:subject>Sur le vif</dc:subject>
		<dc:subject>Salaires, pouvoir d'achat</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;commente et transforme les r&#233;sultats d'un sondage sur la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Sondologie-et-sondomanie-Sondages-en-tous-genres-" rel="directory"&gt;Sondologie et sondomanie : Sondages en tous genres&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liberation-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sur-le-vif-+" rel="tag"&gt;Sur le vif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Salaires-pouvoir-d-achat-+" rel="tag"&gt;Salaires, pouvoir d'achat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Encore un sondage ? Il est vrai que les commentaires des commentaires de sondages commencent &#224; devenir &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=40'&gt;un exercice presque aussi courant sur Acrimed&lt;/a&gt; que les commentaires des sondages dans la presse. Une petite piq&#251;re de rappel p&#233;riodique peut cependant &#234;tre utile pour rappeler que les chiffres, d&#233;j&#224; critiquables dans leurs conditions de production, n'ont pas la port&#233;e scientifique que les sondeurs leur accordent ni le sens que trop souvent les commentaires leur donnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois c'est un article de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; du 29 septembre titr&#233; &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/societe/0101119101-la-pauvrete-effraie-davantage-les-francais&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La pauvret&#233; effraie davantage les Fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; qui retient notre attention.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le ciel est gris et en plus, il y a des nuages, &lt;/i&gt;commence po&#233;tiquement l'auteur de l'article de&lt;i&gt; Lib&#233;ration. Non seulement le pouvoir d'achat n'augmente pas, mais les Fran&#231;ais ont de plus en plus peur de la pr&#233;carit&#233; qui pourrait les menacer. A l'occasion de la publication du barom&#232;tre de la pauvret&#233;, une &#233;tude de l'Ipsos souligne cette inqui&#233;tude et montre qu'elle est de plus en plus partag&#233;e, atteignant toutes les classes sociales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commenter un sondage, et &#224; plus forte raison pour commenter le commentaire d'un sondage, il est n&#233;cessaire de revenir aux r&#233;sultats les plus bruts possibles. En l'occurrence on les trouvera sur le site d'Ipsos dans un diaporama (lien p&#233;rim&#233;, janvier 2011) pr&#233;sentant les questions pos&#233;es et la r&#233;partition des r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question centrale du sondage est formul&#233;e ainsi : &lt;i&gt;&#171; D'apr&#232;s vous, les risques que vos enfants connaissent un jour une situation de pauvret&#233; sont-ils beaucoup plus, un peu plus, un peu moins ou beaucoup moins &#233;lev&#233;s que pour votre g&#233;n&#233;ration ? &#187;&lt;/i&gt;. La conclusion qu'on pourrait tirer des r&#233;ponses &#224; cette question n'est donc pas &#171; les Fran&#231;ais ont de plus en plus peur de la pr&#233;carit&#233; qui pourrait les menacer &#187;, mais bien plut&#244;t &#171; les Fran&#231;ais se sentent de plus en plus menac&#233;s par la pauvret&#233; &#187;. Nuance qui peut sembler subtile mais qui est r&#233;v&#233;latrice du sens que les commentaires vont donner aux r&#233;sultats, surtout quand la question elle-m&#234;me ne permet pas de savoir quel sens, &#233;videment variable selon les cat&#233;gories sociales, les sond&#233;s accordent aux notions de &#171; risques &#187; et de &#171; pauvret&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ainsi, pour 85 % des personnes interrog&#233;es, - elles &#233;taient 80 % il y a un an -, les risques que leurs enfants connaissent un jour une situation de pauvret&#233; sont &#8220;plus &#233;lev&#233;s&#8221; que pour leur g&#233;n&#233;ration. Une crainte qui semble bien ancr&#233;e, si l'on en juge par la proportion de Fran&#231;ais qui estiment ces risques &#8220;beaucoup plus &#233;lev&#233;s&#8221; : 55 % cette ann&#233;e, contre 47 % l'an dernier. &#8220;Plus des deux tiers des employ&#233;s et des ouvriers jugent cette &#233;ventualit&#233; tr&#232;s &#233;lev&#233;e pour leurs enfants, souligne l'&#233;tude. Mais le fait que cette crainte s'accro&#238;t aussi chez les cadres et professions interm&#233;diaires - o&#249; elle atteint 45 % - indique que la hausse de l'inqui&#233;tude est g&#233;n&#233;rale&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on regarde le d&#233;tail des r&#233;ponses &#224; la question, on remarque que le pourcentage de personnes jugeant le risque &#171; beaucoup plus &#233;lev&#233; &#187; est certes pass&#233; de 40 &#224; 45 % (+ 5 points) chez les cadres et professions interm&#233;diaires, mais surtout de 53 &#224; 67 % (+ 14 points) chez les ouvriers et employ&#233;s. S'il y a une information &#224; retenir, &#231;a n'est donc pas tant que &#171; la hausse de l'inqui&#233;tude est g&#233;n&#233;rale &#187;, ou qu'elle &#171; [atteint] toutes les classes sociales &#187; (c'&#233;tait d&#233;j&#224; le cas), mais c'est surtout qu'elle a fortement augment&#233; dans les cat&#233;gories les plus populaires ! &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, face &#224; un tel constat, le commentateur de sondage, avide d'&#233;clairer son lectorat, part imm&#233;diatement &#224; la recherche d'explications. Mais leurs formulations ne manquent pas d'&#234;tre&#8230; &#233;tonnante.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Comment l'expliquer ? Est-ce parce que les Fran&#231;ais situent le seuil de pauvret&#233; au-dessus du seuil officiel &#233;tabli pour l'obtention du Revenu de solidarit&#233; active (RSA) &#224; 880 euros pour une personne seule ? Un seuil qui est loin du niveau de revenus en dessous duquel les Fran&#231;ais consid&#232;rent une personne pauvre dans un pays comme la France. Ces derniers situent le seuil de pauvret&#233; &#224; 1 006 euros net par mois pour une personne seule, soit exactement le niveau du Smic net mensuel. &#8220;Le salaire minimum reste dans l'esprit des Fran&#231;ais comme la barri&#232;re en dessous de laquelle ils consid&#232;rent une personne comme pauvre&#8221;, notent les chercheurs. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Fran&#231;ais &#187; en question n'existent pas : ce terme recouvre simplement, il faut le pr&#233;ciser, la moyenne de leur agr&#233;gation statistique. Et, si l'on en croit (avec prudence&#8230;) les chiffres du sondage, les ouvriers et employ&#233;s situent le seuil de pauvret&#233; pour une personne seule &#224; 934 euros par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au premier &#233;l&#233;ment d'explication des raisons pour lesquelles &#171; les fran&#231;ais &#187; se sentent de plus en plus menac&#233;s par la pauvret&#233;, ce n'est pas, &#224; en croire le commentaire de &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt;, parce qu'ils auraient des raisons objectives de le penser. Non : c'est tout simplement qu'ils &#171; situent &#187; le seuil de pauvret&#233; en de&#231;&#224; du chiffre officiel (et scientifique, lui aussi ?) d'un seuil de pauvret&#233; &#224; 880 euros mensuels. Et si le salaire minimum est consid&#233;r&#233; comme le seuil en dessous duquel les conditions de vie deviennent vraiment difficiles, &#231;a n'est pas parce que les personnes interrog&#233;es ont peut-&#234;tre un avis bien inform&#233; sur la question (13 % des salari&#233;s gagnent le SMIC), mais bien parce que celui-ci agit, selon les &lt;i&gt;&#171; chercheurs &#187;&lt;/i&gt; (synonyme avantageux de sondologues&#8230;), comme une &lt;i&gt;&#171; barri&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. On connaissait d&#233;j&#224; le frein &#224; l'embauche, voici maintenant le salaire minimum comme barri&#232;re psychologique emp&#234;chant la masse des salari&#233;s de s'apercevoir que 900 euros mensuels suffisent largement pour se loger, se nourrir, et partir en vacances sur le yacht d'un copain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Allant toujours dans le m&#234;me sens, &lt;/i&gt;poursuit l'article de &lt;i&gt;Lib&#233;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt; la perception de la pauvret&#233; se modifie. La pauvret&#233;, ce n'est pas seulement le fait d'&#234;tre dans le d&#233;nuement, c'est aussi ne pas pouvoir acc&#233;der &#224; la culture, aux loisirs ou aux soins. Pour la quasi-totalit&#233; (92 %), &#8220;ne pas r&#233;ussir &#224; se procurer une alimentation saine et &#233;quilibr&#233;e est un signe de pauvret&#233;&#8221;. La conception de la pauvret&#233; est donc aussi qualitative que quantitative. Pour un peu moins de trois Fran&#231;ais sur quatre (74 %), &#8220;une personne est pauvre lorsqu'elle a du mal &#224; envoyer ses enfants en vacances au moins une fois par an&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On notera d'abord que l'affirmation &lt;i&gt;&#171; la perception de la pauvret&#233; se modifie &#187;&lt;/i&gt;, une fois confront&#233;e aux r&#233;sultats du sondage, est parfaitement infond&#233;e. Parmi les trois questions cit&#233;es dans ce paragraphe, les r&#233;ponses sont quasiment identiques (&#224; 1 point pr&#232;s) &#224; celles de l'enqu&#234;te pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait-ce donc la perception de la perception de la pauvret&#233; qui se modifie ? On n'ose croire que les commentateurs ont &#233;t&#233; stup&#233;faits par cette d&#233;couverte : ainsi, les Fran&#231;ais consid&#232;rent que ne pas pouvoir se payer une place de cin&#233;ma ou offrir des vacances &#224; leurs enfants serait un signe de pauvret&#233; ! Le choc a d&#251; &#234;tre encore plus rude quand ils se sont aper&#231;us que m&#234;me les ouvriers et les employ&#233;s aspiraient &#224; manger convenablement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Et cette crainte n'est pas sans cons&#233;quence. Elle se vit au quotidien, impose des choix : de plus en plus de Fran&#231;ais rechignent ainsi &#224; se faire soigner, ou ils le font au dernier moment. &#8220;A cause de leur co&#251;t, pr&#232;s de deux Fran&#231;ais sur cinq ont d&#233;j&#224; retard&#233; ou renonc&#233; &#224; des soins. Cette proportion montant &#224; 52 % dans les foyers les plus pauvres.&#8221; Ce renoncement est encore plus sensible quand il s'agit d'aller voir un m&#233;decin sp&#233;cialiste. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les mots ont un sens, ce serait donc &#171; la crainte &#187; de la pauvret&#233;, et non la pauvret&#233; elle-m&#234;me, qui impose &#224; nombre de personnes interrog&#233;es de ne pas aller chez l'ophtalmologiste ou se faire poser des proth&#232;ses dentaires aussi souvent que n&#233;cessaire. Et si ces personnes h&#233;sitent &#224; se faire soigner, c'est parce qu'elles &#171; &lt;i&gt;rechignent &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, on ne tiendra pas rigueur au journaliste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt;de la pauvret&#233; de ses commentaires de la pauvret&#233; selon les sondages : la sondologie, invariablement pr&#233;tentieuse, n'est pas une science, et la sondomanie, in&#233;vitablement r&#233;ductrice, ne peut &#234;tre que son ombre&#8230; appauvrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'emp&#234;che qu'une fois encore, la r&#233;alit&#233; a &#233;t&#233; retourn&#233;e comme une cr&#234;pe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Barnier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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