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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Les m&#233;dias, auxiliaires de la communication des forces de l'ordre ?</title>
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		<dc:date>2014-06-11T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Serge Dassault</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;linquances</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pr&#232;s de 2000 reportages et documentaires sont tourn&#233;s chaque ann&#233;e dans les commissariats et les gendarmeries !&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Les-pyromanes-de-l-insecurite-" rel="directory"&gt;Les pyromanes de l'ins&#233;curit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Serge-Dassault-+" rel="tag"&gt;Serge Dassault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Delinquances-+" rel="tag"&gt;D&#233;linquances&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il fut un temps, pas si lointain, o&#249; TF1 &#233;tait per&#231;ue par beaucoup comme LA voix de la police, multipliant les sujets d'ordre s&#233;curitaire et relayant syst&#233;matiquement le point de vue des forces de l'ordre. Force est de constater aujourd'hui que la premi&#232;re cha&#238;ne n'a plus (si elle l'a jamais eu) l'apanage de cette position, tant les reportages tourn&#233;s aux c&#244;t&#233;s de brigades de police ou de gendarmerie ont envahi le petit &#233;cran. Un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Pourquoi les flics jouent le jeu de la t&#233;l&#233;&lt;/i&gt; &#187;, paru dans &lt;i&gt;TV Magazine&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;dit&#233; par le groupe Le Figaro, TV magazine est le premier magazine t&#233;l&#233; en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du 25 mai 2014, nous en dit un peu plus sur ce ph&#233;nom&#232;ne&#8230; sans jamais le remettre en cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur l'omnipr&#233;sence de ces reportages, d'abord. Le journaliste fait le constat &#8211; enthousiaste &#8211; qu'il &#171; &lt;i&gt;ne s'&#233;coule pas une semaine sans qu'une cha&#238;ne de t&#233;l&#233; ne nous propose de suivre une brigade de police ou de gendarmerie&lt;/i&gt; &#187;. Mais on d&#233;couvre vite qu'il s'agit bien plus de quelques &#233;missions hebdomadaires, comme la phrase pr&#233;c&#233;demment cit&#233;e pourrait le laisser croire. On apprend en effet que la police re&#231;oit &#171; &lt;i&gt;plus de deux mille demandes de reportage en tout genre chaque ann&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, et la gendarmerie &#171; &lt;i&gt;pr&#232;s de mille deux cents dossiers &#233;manant de soci&#233;t&#233;s de production et de journalistes. Environ 60 % des demandes re&#231;oivent une r&#233;ponse favorable des deux autorit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, nous est-il &#233;galement pr&#233;cis&#233;. Un rapide calcul nous am&#232;ne donc au chiffre faramineux de 1920 reportages et documentaires tourn&#233;s chaque ann&#233;e aupr&#232;s des forces de l'ordre, soit plus de&#8230; cinq par jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout sur l'aspect qualitatif du rapport entre les m&#233;dias et les autorit&#233;s que cet article m&#233;rite notre attention. Tout est dit dans le sous-titre : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Le petit &#233;cran est devenu un outil de communication pour la police et la gendarmerie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un outil de communication utile : &#171; &lt;i&gt;Il est important de montrer tout ce qui met en valeur notre expertise et notre int&#233;grit&#233; &lt;/i&gt; &#187;, explique un commissaire. Un outil de communication fiable : &#171; &lt;i&gt;gendarmes, policiers et soci&#233;t&#233;s de production travaillent d'abord dans la confiance&lt;/i&gt; &#187;. Un outil de communication docile, m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;Il ne suffit pas de recevoir un oui [&#224; la demande de reportage] pour tourner ce qu'on veut&lt;/i&gt; &#187;, indique l'auteur du papier. &#171; &lt;i&gt;Par exemple, gendarmes comme policiers ne tiennent pas vraiment &#224; ce que l'on ne diffuse que des reportages de ce qu'ils nomment &lt;strong&gt;la police &#8220;pin-pon&#8221; : (&#8230;) peu d'images int&#233;ressantes (&#8230;). Pas d'int&#233;r&#234;t&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t dont il est question ici n'&#233;tant aucunement, on l'aura compris, celui des t&#233;l&#233;spectateurs, mais bien celui des forces de l'ordre. Et pour que cet int&#233;r&#234;t soit garanti, les brigadiers s'improvisent m&#234;me sc&#233;naristes : &#171; &lt;i&gt;Il nous arrive souvent de proposer une vision plus innovante que celle voulue par une production car &lt;strong&gt;elle correspond davantage &#224; ce que nous recherchons&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt; &#187;, nous explique ainsi beno&#238;tement un lieutenant-colonel. Bref, on finit par se demander si les &#233;missions dont il est question ici m&#233;ritent encore le nom de reportages, et non plut&#244;t celui de spots publicitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend facilement, &#224; la lecture de ce qui pr&#233;c&#232;de, d'o&#249; vient la &#171; &lt;i&gt;r&#233;elle volont&#233; de la police et de la gendarmerie d'ouvrir leurs portes aux cam&#233;ras&lt;/i&gt; &#187;. On pourrait en revanche se demander &#8211; un peu na&#239;vement il est vrai &#8211; quel int&#233;r&#234;t peuvent trouver les journalistes &#224; jouer les attach&#233;s de presse des &#171; hommes en bleu &#187;. Les r&#233;ponses sont multiples, mais toutes trivialement mat&#233;rialistes, et sont encore donn&#233;es candidement par l'article de TV Magazine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, &#171; &lt;i&gt;police et gendarmerie sont &#034;gratuites&#034;. &#034;Nos effectifs de police ne co&#251;tent rien aux producteurs, ont beaucoup de choses &#224; montrer pas tr&#232;s loin de Paris, ce qui co&#251;te moins cher en d&#233;placement et repr&#233;sente une certaine facilit&#233;&#034;&lt;/i&gt; &#187;, s'enorgueillit un commissaire. Ensuite et surtout, la police fait vendre, et les bonnes audiences sont assur&#233;es. &#171; &lt;i&gt;On montre les aspects d'un m&#233;tier passionnant, pour lequel le public se sent tr&#232;s concern&#233; parce qu'il fait partie de son quotidien&lt;/i&gt; &#187;, tente d'analyser Carole Rousseau, pr&#233;sentatrice de l'&#233;mission &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4328.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; 90' Enqu&#234;tes &#187;, sur TMC, une des r&#233;f&#233;rences en mati&#232;re de racolages s&#233;curitaires et spectaculaires&lt;/a&gt;... Un propos qui ne soul&#232;ve aucune r&#233;action du reporter de TV Magazine, sur qui il ne faut pas compter pour demander &#224; Carole Rousseau pourquoi les cha&#238;nes de t&#233;l&#233; ne t&#233;moignent pas du m&#234;me engouement pour les facteurs ou les enseignants, par exemple, auxquels la plupart d'entre nous ont tout de m&#234;me affaire, plus quotidiennement qu'aux gardiens de la paix. Mais toute pseudo-analyse sociologique dispara&#238;t &#224; la fin de l'article, pour laisser la place &#224; la v&#233;rit&#233; toute nue et aux arguments les plus triviaux : ces reportages visent avant tout &#224; &#171; &lt;i&gt;exploiter le filon police-gendarmerie qui n'est pas pr&#232;s de s'&#233;puiser&lt;/i&gt; &#187;. Car comme le dit Carole Rousseau, en guise de conclusion : &lt;i&gt;&#171; Il n'y a ni lassitude ni &#233;puisement du sujet. Ces magazines ont de beaux jours devant eux&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des reportages sur la police et la gendarmerie qui ont litt&#233;ralement submerg&#233; les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ; des &#233;quipes de journalistes qui se comportent comme les services comm' des forces de l'ordre ; un magazine t&#233;l&#233;, propri&#233;t&#233; de Dassault, qui, loin de s'offusquer du ph&#233;nom&#232;ne, semble au contraire s'en enthousiasmer&#8230; Rien de tout cela, finalement, ne devrait nous surprendre : il suffit de zapper n'importe quel soir sur la TNT pour en faire l'exp&#233;rience. Mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette banalisation qui pose question, car l'on finit par s'habituer &#224; une programmation t&#233;l&#233;visuelle qui instille aupr&#232;s du public, &#224; son insu, une vision s&#233;curitaire de la soci&#233;t&#233;. Et comme le dit notre lieutenant-colonel qui, d&#233;cid&#233;ment, a bien compris l'int&#233;r&#234;t que peuvent repr&#233;senter les m&#233;dias pour les forces de l'ordre : &#171; &lt;i&gt;Avoir &#034;du bleu&#034; dans les &#233;missions, c'est faire passer un message&lt;/i&gt; &#187;. Un &#171; message &#187; qui, abondamment et complaisamment repris, finit par valoir &#233;loge indiscut&#233; et indiscutable de politiques fort peu alternatives et, notamment, de la pire des politiques (comme nous l'avons relev&#233; tr&#232;s r&#233;cemment dans un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4368.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article sur les m&#233;dias et le Front National&lt;/a&gt;)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;dit&#233; par le groupe Le Figaro, &lt;i&gt;TV magazine&lt;/i&gt; est le premier magazine t&#233;l&#233; en France et fait office de suppl&#233;ment de plus de cinquante titres de la presse quotidienne r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#201;gypte : les incantations du Point</title>
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		<dc:date>2011-02-25T01:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>Le Point</dc:subject>
		<dc:subject>Claude Imbert</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des certitudes successives&#8230; de plus en plus dubitatives.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2010-2011-Revolutions-arabes-guerre-de-Libye-" rel="directory"&gt;Depuis 2010-2011 : R&#233;volutions arabes, guerre de Libye, guerre en Syrie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-Point-+" rel="tag"&gt;Le Point&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Claude-Imbert-+" rel="tag"&gt;Claude Imbert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Egypte-+" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des certitudes successives&#8230; de plus en plus dubitatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les m&#233;dias pouvaient-ils pr&#233;voir les &#233;v&#233;nements qui secouent actuellement un grand nombre de pays arabes ? &#192; l'&#233;vidence, la r&#233;ponse est non. Et pour cause : m&#234;me pour les sp&#233;cialistes les plus s&#233;rieux de cette partie du monde, le renversement des pouvoirs en place par des r&#233;volutions populaires, en Tunisie et en &#201;gypte, &#233;tait encore, il y a quelques mois, &#224; peu pr&#232;s aussi improbable que l'instauration de comit&#233;s de salut public en principaut&#233; de Monaco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, lorsque &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; publie, sur &lt;a href=&#034;http://www.lepoint.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son site Internet&lt;/a&gt;, le 27 novembre 2010, un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Bras de fer avec les Fr&#232;res musulmans&lt;/i&gt; &#187; dans lequel son envoy&#233;e sp&#233;ciale, Mireille Duteil, d&#233;clare que &#171; &lt;i&gt;l'&#233;lection pr&#233;sidentielle (novembre 2011) &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; verra Hosni Moubarak se succ&#233;der &#224; lui-m&#234;me ou probablement &#234;tre remplac&#233; par son fils Gamal&lt;/i&gt; &#187;, on ne peut pas trop lui en vouloir. M&#234;me si la rigueur journalistique aurait pr&#233;f&#233;r&#233; une formule du style &#171; verra tr&#232;s certainement Hosni Moubarak se succ&#233;der &#224; lui-m&#234;me &#187;, ou &#171; devrait voir Hosni Moubarak se succ&#233;der &#224; lui-m&#234;me &#187;&#8230; Mais, le r&#233;gime du ra&#239;s semblant &#224; l'&#233;poque tellement solide, &#224; quoi bon laisser la porte ouverte &#224; une &#233;ventualit&#233; jug&#233;e alors hautement improbable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mois plus tard, le contexte a quelque peu chang&#233;. Le soul&#232;vement tunisien est pass&#233; par l&#224;, et la chute spectaculaire et tout &#224; fait inattendue de Ben Ali devrait &#8211; aurait d&#251; &#8211; inciter les journalistes &#224; un minimum de prudence. La correspondante du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; au Caire, Denise Ammoun, ne s'embarrasse pourtant pas de conditionnel. Dans un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Hosni Moubarak n'est pas Ben Ali&#8230;&lt;/i&gt; &#187; (lepoint.fr, 26/01/2011), elle t&#233;moigne de sa confiance in&#233;branlable dans le r&#233;gime &#233;gyptien : &#171; &lt;i&gt;Il est difficile d'imaginer qu'Hosni Moubarak connaisse le sort de Ben Ali, explique-t-elle ainsi. D'abord parce que le r&#233;gime &#233;gyptien est beaucoup plus fort que le tunisien. Le ra&#239;s est soutenu par une arm&#233;e tr&#232;s loyale, dont sont issus tous les chefs d'&#201;tat depuis la r&#233;volution de 1952. Il est &#233;galement soutenu par un syst&#232;me s&#233;curitaire tr&#232;s puissant&lt;/i&gt; &#187;. Et elle enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;De toute &#233;vidence, Hosni Moubarak ne sera pas forc&#233; d'abandonner le pouvoir&lt;/i&gt; &#187;. On sait ce qu'il en est advenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de proc&#232;s d'intention : &#224; cette date, il &#233;tait encore impossible de pr&#233;voir avec certitude l'issue du mouvement de contestation &#233;gyptien, qui commen&#231;ait seulement, tant il est vrai que les soubresauts de l'histoire sont capricieux. Ce qui est en cause ici, ce n'est donc pas le manque de vision de Denise Ammoun, c'est au contraire son incapacit&#233; &#224; reconna&#238;tre qu'elle n'&#233;tait pas en mesure d'en avoir une &#8211; de vision &#8211; bien claire de l'avenir, m&#234;me proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins d'une semaine plus tard, l'&#233;volution de la situation est telle que &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; admet enfin s'&#234;tre un peu trop aventur&#233; dans ses pronostics. Mireille Duteil, qui ne r&#233;it&#232;re pas son erreur du mois de novembre, reconna&#238;t : &#171; &#8220;L'Egypte n'est pas la Tunisie&#8221;, &lt;i&gt;disait-on au d&#233;but de la semaine derni&#232;re &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt;. Pourtant, comme Ben Ali le Tunisien hier, les jours du pr&#233;sident&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Hosni Moubarak semblent compt&#233;s &#187;&lt;/i&gt; (&#171; &#201;gypte, le sc&#233;nario am&#233;ricain &#187;, lepoint.fr, 31/01/2011). Bernard-Henri L&#233;vy, qui lit peut-&#234;tre les articles de ses coll&#232;gues, s'entoure lui aussi de toutes les pr&#233;cautions n&#233;cessaires et explique, le 3 f&#233;vrier, &#171; &lt;i&gt;Pourquoi l'&#201;gypte n'est peut-&#234;tre pas la Tunisie&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 03/02/2011). Sauv&#233; par son &#171; peut-&#234;tre &#187;, BHL reprend peu ou prou les analyses d&#233;velopp&#233;es huit jours plus t&#244;t par Denise Ammoun, analyses qui semblent pourtant de moins en moins r&#233;sister aux faits :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] les situations ne sont pas, pour autant, les m&#234;mes et [&#8230;] les diff&#233;rences, n'en d&#233;plaise &#224; la pens&#233;e toute faite, l'emportent sur les points communs. Moubarak, d'abord, n'est pas tout &#224; fait Ben Ali et, despote pour despote, offrira une r&#233;sistance plus coriace [&#8230;]. L'arm&#233;e &#233;gyptienne, justement, n'est pas l'arm&#233;e tunisienne : [&#8230;] l'imagine-t-on, cette arm&#233;e, poussant Moubarak dans son avion aussi vite que cela se fit avec Ben Ali ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bingo ! Ben Ali fut contraint de quitter le pouvoir apr&#232;s un mois de r&#233;voltes, Moubarak apr&#232;s&#8230; dix-huit jours !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;p&#233;tons-le : ce ne sont pas les erreurs de pronostics qui sont &#224; condamner (surtout en des moments d'incertitude tels que des r&#233;volutions populaires), mais le ton p&#233;remptoire avec lequel ces derniers sont ass&#233;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste une question : cet exc&#232;s de confiance, cette conviction en la solidit&#233; du r&#233;gime &#233;gyptien, outre qu'elle s'affranchit des r&#232;gles de prudence dont un journaliste devrait faire preuve quand il envisage l'avenir politique de pays en situation de troubles, traduit-elle quelque chose de plus profond et de moins avouable ? Quelque chose comme un soutien &#224; peine voil&#233; &#224; Hosni Moubarak, par exemple ? On pourrait le penser, &#224; voir la mani&#232;re dont Denise Ammoun, dans son article du 26 janvier, minimise la r&#233;pression par cette formule assez surr&#233;aliste : &#171; &lt;i&gt;Il y a eu, d'une part comme de l'autre, de la retenue, ce qui n'a certes pas emp&#234;ch&#233; les morts&lt;/i&gt; &#187;. Des assassinats en douceur, en quelque sorte&#8230; On pourrait &#233;galement le penser au vu du choix de certains intitul&#233;s d'articles. Ainsi, le 3 f&#233;vrier, lepoint.fr titre, sans guillemets : &lt;i&gt;Moubarak aimerait d&#233;missionner mais craint le chaos&lt;/i&gt;, suivi de ce chapeau : &#171; &lt;i&gt;Le pr&#233;sident &#233;gyptien souhaite par ailleurs &#233;viter que &#8220;les &#201;gyptiens se battent entre eux&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. Des esprits plus critiques &#8211; plus neutres &#8211; auraient sans doute pr&#233;f&#233;r&#233; dire que &#171; Moubarak invoque le risque de chaos pour justifier sa volont&#233; de se maintenir au pouvoir &#187;, ou toute autre formule ne pr&#233;sentant pas les d&#233;clarations du ra&#239;s comme des faits av&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre titre pour le moins ambigu, le 30 janvier : &#171; &lt;i&gt;Omar Souleymane, le sauveur de Moubarak ?&lt;/i&gt; &#187; L'enjeu important, aux yeux du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, serait-il donc de sauver Moubarak, et non de trouver une solution &#224; la crise &#233;gyptienne et une r&#233;ponse aux aspirations d&#233;mocratiques du peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le titre le plus parlant est sans doute celui du 10 f&#233;vrier, publi&#233; sur lepoint.fr juste apr&#232;s le dernier discours du pr&#233;sident &#233;gyptien : &#171; &lt;i&gt;Moubarak r&#233;siste &#224; la rue &#233;gyptienne&lt;/i&gt; &#187;. &#171; R&#233;sister &#187;&#8230; une mani&#232;re plus positive de pr&#233;senter la position du dictateur que de dire, par exemple, &#171; Moubarak reste sourd aux appels de la rue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, pro-Moubarak ? Pas n&#233;cessairement non plus, mais en tout cas inquiet face aux changements en cours. L'explication, c'est d'abord Bernard-Henri L&#233;vy, puis Claude Imbert, qui nous la donnent de fa&#231;on tr&#232;s explicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Bernard-Henri L&#233;vy (&#171; &lt;i&gt;Pourquoi &#201;gypte n'est peut-&#234;tre pas la Tunisie&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 03/02/2011) : &#171; [Il] &lt;i&gt;p&#232;se enfin sur l'&#201;gypte une hypoth&#232;que&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;qui est celle de l'islamisme radical&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Non n&#233;gligeable, donc, est le risque de les voir&lt;/i&gt; [les Fr&#232;res musulmans] &lt;i&gt;ramasser la mise apr&#232;s la chute de Moubarak (avec la perspective d'une &#201;gypte virant au fondamentalisme d'&#201;tat et devenant au sunnisme ce que l'Iran est au chiisme&#8230;)&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Claude Imbert est encore plus clair. Apr&#232;s avoir pourtant reconnu que &#171; &lt;i&gt;la r&#233;volte, dans son &#233;ruption, aura d&#233;menti le &#8220;th&#233;or&#232;me&#8221; qui veut qu'en pays musulman il n'y ait d'alternative aux vieux potentats que dans un pouvoir islamis&#233;&lt;/i&gt; &#187;, il s'angoisse &#224; nouveau (&#224; moins qu'il ne se rassure ?) : &#171; &lt;i&gt;Est-ce la fin de l'&#233;pouvantail islamiste ? Pas encore ! Ben Ali et Moubarak ont combattu, emprisonn&#233;, exil&#233; les militants de l'int&#233;grisme. La Tunisie et &#201;gypte sont de ces despotismes que l'Occident pr&#233;f&#232;re &#224; l'hypoth&#233;tique r&#233;gression de masses islamis&#233;es&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;D&#233;mocratie halal&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 10/02/2011). L'Occident&#8230; et &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; ! Combattu, emprisonn&#233;, exil&#233;&#8230; Claude Imbert omet d'ajouter &#171; tortur&#233; &#187;. On sait pourtant que c'&#233;tait le cas. Et l'&#233;ditorialiste du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; de fustiger &#171; &lt;i&gt;nos na&#239;fs droits-de-l'hommistes&lt;/i&gt; [qui] &lt;i&gt;ont, chez nous, c&#233;l&#233;br&#233; l'&#233;viction du chah sans voir que, sous leurs yeux, Khomeyni et ses barbus ne faisaient qu'une bouch&#233;e des gentils d&#233;mocrates de la premi&#232;re heure&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille de la chute de Moubarak, Claude Imbert jugeait encore &#171; &lt;i&gt;le changement de r&#233;gime &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; improbable au Caire !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;D&#233;mocratie halal&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 10/02/2011). Est-ce donc pour mieux conjurer le sort que &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; a, par la voix de certains de ses journalistes, pr&#233;sent&#233; jusqu'au dernier jour le r&#233;gime d'Hosni Moubarak comme in&#233;branlable, et montr&#233; une confiance aveugle dans sa capacit&#233; &#224; se maintenir ? Une incantation, en quelque sorte ? La parole &#224; Claude Imbert, une derni&#232;re fois, toujours dans le m&#234;me article : &#171; &lt;i&gt;L'incertitude existe. Elle n'est pas obsc&#232;ne. Seuls nos cabris droits-de-l'hommistes connaissent d&#233;j&#224; l'avenir. Ils fustigent la r&#233;serve des pouvoirs occidentaux. Il faudrait, disent-ils, se prosterner d'avance devant l'avenir radieux de la d&#233;esse R&#233;volution. Notre prudence ferait de nous des couards, des relaps&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommage que cette prudence n'aie pas concern&#233; le r&#233;gime de Moubarak. Claude Imbert avait sans doute oubli&#233; de faire passer le message au sein de la r&#233;daction !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Johann Colin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5222 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/211Egypte_Les_incantations_du_Point.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 83.1 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tapis rouges pour Jacques Chirac</title>
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		<dc:date>2009-11-23T23:52:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>Entretiens en tous genres</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Chirac</dc:subject>
		<dc:subject>Sur le vif</dc:subject>
		<dc:subject>La Montagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8230; Pr&#233;sum&#233; innocent et certifi&#233; m&#233;morialiste.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalistes-et-politiques-" rel="directory"&gt;Journalistes et politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jacques-Chirac-+" rel="tag"&gt;Jacques Chirac&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sur-le-vif-+" rel="tag"&gt;Sur le vif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-La-Montagne-+" rel="tag"&gt;La Montagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 30 octobre 2009, Jacques Chirac &#233;tait renvoy&#233; devant le tribunal correctionnel dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris pour abus de confiance et d&#233;tournements de fonds. C'est la premi&#232;re fois dans l'histoire de la V&#232;me R&#233;publique qu'un ancien chef de l'Etat s'est retrouv&#233; ainsi confront&#233; &#224; la justice. Face &#224; un tel &#233;v&#233;nement politique, les articles de presse &#233;crite et les &#171; sujets &#187; dans l'audiovisuel n'ont pas manqu&#233;. Mais on aurait pu s'attendre &#224; une multiplication des tentatives d' interviews de l'int&#233;ress&#233;, pour recueillir ses r&#233;actions et conna&#238;tre sa ligne de d&#233;fense. Si elles ont eu lieu, la plupart ont &#233;chou&#233;. On aurait pu surtout esp&#233;rer, un peu na&#239;vement peut-&#234;tre, que Jacques Chirac, n'&#233;tant plus Pr&#233;sident de la R&#233;publique, aurait trouv&#233; des journalistes un peu moins complaisants que durant la p&#233;riode 1995-2007. Patience : cela viendra peut-&#234;tre. Mais en attendant, entre &#233;change de bons proc&#233;d&#233;s et &#233;change de bons sentiments, on interrogera surtout l'ex-Pr&#233;sident sur ses m&#233;moires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Echanges de bons proc&#233;d&#233;s audiovisuels &#8230;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait de ligne de d&#233;fense, Jacques Chirac a commenc&#233; par verrouiller ses interviews. &lt;i&gt;Le Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; du 18 novembre nous apprend ainsi que &#171; &lt;i&gt;depuis son renvoi en correctionnelle, les deux seuls (&#8230;) interviouveurs &#224; qui l'ancien pr&#233;sident a bien voulu accorder un entretien sont Philippe Goulliaud, r&#233;dac' chef du service politique du &#171; Figaro &#187; (4/9), (&#8230;) et Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1, 5/9) &lt;/i&gt; &#187;. Point commun entre ces deux journalistes : ils ont tous les deux &#233;t&#233; d&#233;cor&#233;s de la L&#233;gion d'Honneur. Et devinez par qui ? Par Jacques Chirac bien s&#251;r !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas fini : le m&#234;me num&#233;ro du &lt;i&gt;Canard&lt;/i&gt; ajoute que &#171; &lt;i&gt;le 29 novembre, jour de ses 77 piges, Chirac sera l'invit&#233; de &#8220;Vivement dimanche prochain&lt;/i&gt; &#8221; &#187;. Une &#233;mission anim&#233;e par Michel Drucker, &#224; qui Jacques Chirac avait remis&#8230; la L&#233;gion d'Honneur, en 2004 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gageons que ces trois talentueux journalistes ont su ou sauront t&#233;moigner de leur reconnaissance envers celui qui les avait d&#233;cor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; ou de bons sentiments r&#233;gionaux&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cherchant bien, on trouve dans la presse quotidienne r&#233;gionale d'autres interviews de Jacques Chirac publi&#233;s apr&#232;s son renvoi en correctionnelle. Ainsi, celui qui est paru le 6 novembre dans le journal &lt;i&gt;La Montagne&lt;/i&gt;, diffus&#233; sur les sept d&#233;partements d'Auvergne et du Limousin : le Puy De D&#244;me, l'Allier, le Cantal, la Creuse, la Haute Loire, la Haute vienne et ... la Corr&#232;ze&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ici, il semble que &#231;a ne soit pas la reconnaissance du ventre, mais un pur r&#233;gionalisme qui ait parl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corr&#233;zien d'origine, l'ancien pr&#233;sident est venu d&#233;dicacer son livre &#224; la Foire du livre de Brive. L'occasion pour le journal du groupe Centre-France de l'encenser sur pas moins de quatre &#171; Unes &#187; successives :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Vendredi 6 novembre : &#171; JACQUES CHIRAC &#192; LIVRE OUVERT &#192; BRIVE. - CONFIDENCES. Dans un entretien &#224; La Montagne, Jacques Chirac dit son plaisir de retrouver la Corr&#232;ze &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Samedi 7 novembre : &#171; LA FOIRE DE BRIVE &#192; BONNE &#201;COLE. - CORR&#200;ZE. Le 28e chapitre de la Foire du livre de Brive s'est ouvert, hier, pour trois jours, sous la pr&#233;sidence de Laure Adler. Cette premi&#232;re journ&#233;e a fait la part belle aux enfants. - AUJOURD'HUI. &lt;strong&gt;Place aux t&#234;tes d'affiche, au rang desquelles figure Jacques Chirac. L'ancien pr&#233;sident d&#233;dicacera en milieu de matin&#233;e le premier tome de ses m&#233;moires &lt;/strong&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Dimanche 8 novembre : &#171; CHIRAC ET HOLLANDE COMME LARRONS EN FOIRE - BRIVE. Jacques Chirac a bien cr&#233;&#233; l'&#233;v&#233;nement, hier, sur la Foire du livre et a pu mesurer sa cote de popularit&#233;. L'ancien chef de l'Etat a d&#233;dicac&#233; le premier tome de ses m&#233;moires. - RENCONTRE. Jacques Chirac et Fran&#231;ois Hollande ont &#233;chang&#233; leurs livres respectifs. Les deux hommes politiques ont aussi montr&#233; qu'ils s'appr&#233;ciaient &#187;. Ce jour-l&#224;, une page enti&#232;re est consacr&#233;e uniquement &#224; sa venue &#224; la Foire du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Et enfin lundi 9 novembre : &#171; BRIVE. Visit&#233;e par Jacques Chirac, la Foire du livre a battu tous ses records &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; l'interview annonc&#233;e le vendredi 6 novembre. Elle est sign&#233;e Philippe Rousseau et Olivier Bonnichon. Voici l'int&#233;gralit&#233; des questions qui ont &#233;t&#233; pos&#233;es &#224; l'ancien Pr&#233;sident :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Vous n'aimez pas vous retourner sur le pass&#233;. Ce premier tome de vos m&#233;moires a-t-il &#233;t&#233;, pour vous, un travail difficile ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Vous avez, &#233;crivez-vous, &#171; la passion de l'humain &#187;. Est-ce ce qui explique, aujourd'hui, votre popularit&#233; &#233;tonnante ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Quel est votre plus grand regret en mati&#232;re de r&#233;forme ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;En regardant votre parcours politique, o&#249; pensez-vous vous &#234;tre le plus souvent situ&#233; sur l'&#233;chiquier politique ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Dans ces m&#233;moires, vous vous r&#233;v&#233;lez r&#233;solument europ&#233;en. Les Fran&#231;ais vous avaient-ils, sur ce point, mal compris ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;La vie politique doit-elle &#234;tre, comme les rencontres de sumotoris, un combat ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Ces m&#233;moires sont-elles l'occasion de rendre &#224; vos proches ce que vous n'avez pas pu leur donner &#224; l'&#233;preuve du pouvoir ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Pensez-vous avoir &#233;t&#233; le dernier chef de l'&#201;tat &#224; revendiquer ses racines rurales ?&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &lt;i&gt;Quel regard portez-vous sur la Corr&#232;ze d'aujourd'hui ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;Vous qui connaissez bien les hommes politiques de la Corr&#232;ze, pensez-vous que Fran&#231;ois Hollande puisse avoir un destin national ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas impossible que cette interview ait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e avant les nouveaux avatars judiciaires de Jacques Chirac. Le moins que l'on puisse dire est que, quel que soit son contexte, elle est tout sauf impertinente. Surtout, la d&#233;cision de &lt;i&gt;La Montagne&lt;/i&gt; de la publier en l'&#233;tat deux jours &#224; peine apr&#232;s la confirmation du renvoi en correctionnelle n'est pas anodine. Le m&#234;me Philippe Rousseau accompagne son entretien d'un &#233;ditorial intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Retour aux mille sources&lt;/i&gt; &#187; et qui commence en ces termes : &#171; &lt;i&gt;Ceux qui imaginent un Jacques Chirac inquiet ou perturb&#233; par ses soucis judiciaires se trompent &lt;/i&gt; &#187;. Ce n'est en tout cas pas la virulence des m&#233;dias qui risque d'inqui&#233;ter ou de perturber qui que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques flagorneries plus loin (&#171; &lt;i&gt;il donne le change avec une rare ma&#238;trise&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;spectaculaires ballons-sondes pour un retour gagnant &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;L'ouvrage fait mouche&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Tout pour faire du livre un best-seller &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;du Chirac dans le texte, devenu personnalit&#233; politique pr&#233;f&#233;r&#233;e des Fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;, etc.), Philippe Rousseau a cette phrase : &#171; &lt;i&gt;Chirac n'est pas un ingrat. Dans tous les sens du terme&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nous taraude : est-ce une opinion, ou un espoir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lu, vu, entendu : &#171; Questions de morale ? &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Lu-vu-entendu-Questions-de-morale</link>
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		<dc:date>2008-02-19T06:18:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>Edwy Plenel</dc:subject>
		<dc:subject>Christine Ockrent</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Michel Aphatie</dc:subject>
		<dc:subject>Bernard Arnault</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; ... &lt;i&gt;Il n'y a plus de morale... &#187;&lt;/i&gt; a d&#233;clar&#233; Rama Yade, Secr&#233;taire d'Etat aux Droits de l'Homme (et de Sarkozy), a destination des journalistes. V&#233;rifions&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Lu-vu-entendu-" rel="directory"&gt;Lu, vu, entendu&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Edwy-Plenel-+" rel="tag"&gt;Edwy Plenel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Christine-Ockrent-+" rel="tag"&gt;Christine Ockrent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Michel-Aphatie-+" rel="tag"&gt;Jean-Michel Aphatie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Bernard-Arnault-+" rel="tag"&gt;Bernard Arnault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Charognards &#187;. C'est le mot que Rama Yade, Secr&#233;taire d'Etat aux Droits de l'Homme, a utilis&#233; pour qualifier les journalistes. C'&#233;tait sur RTL, le 8 f&#233;vrier &#224; 7h50, au micro de Jean-Michel Aphatie &#8211; qui n'en esp&#233;rait pas tant. Objet de la pol&#233;mique : le traitement m&#233;diatique r&#233;serv&#233; &#224; Nicolas Sarkozy et &#224; sa vie priv&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La m&#234;me semaine, le 7 f&#233;vrier, on lit en &#171; une &#187; des trois news magazines du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au moins, quand Rama Yade d&#233;fend les droits de l'homme, on sait de quel homme il s'agit.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sarkozy, proie des m&#233;dias ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les propos exacts tenus par la Secr&#233;taire d'Etat : &lt;i&gt;&#171; Ce qui me frappe, c'est l'extr&#234;me violence des attaques contre le Pr&#233;sident de la r&#233;publique, des attaques personnelles, cibl&#233;es, que je trouve indignes, inf&#226;mantes. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;On a l'impression de voir des charognards qui ont hum&#233; l'odeur de leur proie et qui fondent sur lui&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, qui s'acharnent, parce que je trouve que c'est une v&#233;ritable chasse &#224; l'homme. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Il n'y a plus de morale, personne ne recule devant aucune bassesse, aucun scrupule, personne n'a rien appris&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, tout oubli&#233; du choix d&#233;mocratique des Fran&#231;ais. Ceux qui veulent la peau de Nicolas Sarkozy sont des gens qui veulent leur revanche parce qu'ils n'ont pas accept&#233; qu'il pr&#233;side aux destin&#233;es de ce pays&lt;/i&gt; &#187;. &lt;strong&gt;&#171; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;On est quand m&#234;me tomb&#233; tr&#232;s bas&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, concluait-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement relay&#233;s par l'ensemble des m&#233;dias, ces propos ont quelque peu g&#234;n&#233; la classe politique, qui s'est empress&#233;e d'enterrer la hache de guerre :&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Ainsi, Fran&#231;ois Fillon, en visite le jour m&#234;me au Kazakhstan : &lt;i&gt;&#171; Je n'ai aucun mot dur &#224; dire aux journalistes, je n'ai que des mots gentils &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Bernard Accoyer, sur radio J, le 10/02 : &lt;i&gt;&#171; Les propos que vous &#233;voquez me paraissent &#234;tre excessifs. Restons raisonnables&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Fadela Amara, sur Canal + : &lt;i&gt;&#171; Ah, moi je ne dirais pas &#231;a ! Je n'utiliserais pas ces mots, pourtant Dieu sait que c'est ma sp&#233;cialit&#233;, les mots &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Mich&#232;le Alliot-Marie, lors du Grand Jury RTL-&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;-LCI du 10/02, assure que ce &lt;i&gt;&#171; sont des mots qu '[elle] n'emploie pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Enfin, Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;, dans un entretien dans le &lt;i&gt;Journal du Dimanche, &lt;/i&gt;d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; il est temps d'appeler au cessez-le-feu&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt; entre la presse et le pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tous, de Fran&#231;ois Hollande &#224; Rachida Dati, d'en appeler &#224; un plus grand respect de la d&#233;ontologie. Le d&#233;faut de d&#233;ontologie lorsqu'il ne porte pas atteinte &#224; la vie priv&#233;e du pr&#233;sident, inqui&#232;te beaucoup moins nos dirigeants. Mais Rama Yade aurait-elle pris le risque de tenir de tels propos s'il n'existait d&#233;j&#224; un sentiment de d&#233;fiance envers les m&#233;dias ? Et d'o&#249; vient cette d&#233;fiance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardons en m&#233;moire les termes utilis&#233;s par la secr&#233;taire d'Etat aux droits de l'Homme et confrontons-les &#224; la r&#233;alit&#233; du monde m&#233;diatique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ... &lt;strong&gt; &lt;i&gt;des charognards qui ont hum&#233; l'odeur de leur proie... &#187;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;S'il vous pla&#238;t, oubliez-moi !&lt;/i&gt; &#187;. C'est ainsi que se termine la lettre ouverte adress&#233;e par Abderrezak Besseghir &#224; Christophe Hondelatte, l'animateur de l'&#233;mission &#171; Faites entrer l'accus&#233; &#187; sur France 2 (&lt;a href=&#034;http://www.rue89.com/2008/01/30/le-bagagiste-de-roissy-a-france2-oubliez-moi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lettre publi&#233;e sur le site Rue89.com&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abderrezak Besseghir, c'est le &#171; bagagiste de Roissy &#187;, accus&#233; &#224; tort de terrorisme en 2002. &lt;i&gt;&#171; &#192; l'&#233;poque, &lt;/i&gt;r&#233;sume-t-il, &lt;i&gt;policiers, magistrats -et journalistes, la chambre d'&#233;cho des deux autres corporations- m'avaient unanimement accus&#233; de pr&#233;parer un attentat terroriste dans l'a&#233;roport o&#249; j'&#233;tais employ&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Au moment de l'affaire, ma famille a d&#251; s'exprimer dans les m&#233;dias pour contredire les inepties &#233;nonc&#233;es par les &#034;enqu&#234;teurs&#034;, et relay&#233;es, sans aucune v&#233;rification, par des journalistes. Nous avons d&#251; laver notre honneur en conc&#233;dant quelques -rares- interviews &#224; des m&#233;dias qui pourtant ne nous avaient pas &#233;pargn&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias n'en ayant jamais assez, voil&#224; qu'aujourd'hui France 2 le sollicite pour participer &#224; l'&#233;mission &#171; Faites entrer l'accus&#233; &#187;. Mais cette fois, Besseghir dit stop. Des micros et des cam&#233;ras, il en a vu trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En ce qui me concerne, c'est un devoir de m&#233;moire malsain. Mais l'&#233;quipe qui travaille sur ce programme n'est pas du m&#234;me avis. Exc&#233;d&#233;s par mes refus cat&#233;goriques, ses journalistes ont hauss&#233; le ton : &#034;Que vous participiez ou pas, nous la ferons, cette &#233;mission !&#034;. Le fait que ni moi ni mes proches ne donnions notre version des faits ne les arr&#234;tera pas. A les entendre, je n'ai pas le choix. Je suis forc&#233; de jouer le jeu des m&#233;dias. Parce que, me dit-on, &#034;tous les protagonistes vont s'exprimer&#034;. Y compris les personnes qui ont plac&#233; des armes de guerre et des explosifs dans le coffre de ma voiture pour me faire accuser. Me voil&#224; cern&#233; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ainsi la calomnie n'aura pas suffi&lt;/i&gt;, poursuit-il. &lt;i&gt;Alors que je commence tout juste &#224; retrouver un semblant d'&#233;quilibre, me voil&#224; somm&#233;, &#224; nouveau, de m'expliquer aux micros de France 2. De me mettre au service de l'audimat. Si je ne contribue pas &#224; l'&#233;mission ? On m'aura pr&#233;venu : les autres, tous les autres, eux, s'exprimeront... On marche sur la t&#234;te. &lt;br /&gt;
Qui osera accuser Christophe Hondelatte de faire du sensationnalisme &#224; peu de frais ? Certainement pas les journalistes sp&#233;cialis&#233;s dans les faits-divers, pourtant les mieux &#224; m&#234;me de comprendre ce que j'ai endur&#233;. Ces derniers sont r&#233;guli&#232;rement invit&#233;s dans l'&#233;mission pour commenter les affaires qu'ils ont -brillamment, cela va sans dire !- couvertes dans leurs propres m&#233;dias. Pourtant, il y aurait beaucoup &#224; dire sur les choix des affaires et les coulisses de la pr&#233;paration de cette &#233;mission que les critiques de t&#233;l&#233; ont d&#233;cid&#233; d'&#233;pargner &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; moi, n'est-ce pas mon droit le plus &#233;l&#233;mentaire que de d&#233;cider de ce qui est bien pour moi et pour mon fils ? Car lorsque Christophe Hondelatte aura remont&#233; le col de sa veste en cuir, que le t&#233;l&#233;spectateur aura &#233;teint son poste, ma famille et moi, nous aurons &#224; nouveau &#224; supporter le regard des autres. Un regard toujours pesant, qu'il soit soup&#231;onneux ou compatissant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que certains font tout pour qu'on parle d'eux, Besseghir aimerait qu'on l'oublie : &#171; &lt;i&gt; Je vous prie de m'oublier et je souhaite que la cha&#238;ne cens&#233;e &#234;tre au service du public (dont je fais partie) ne produise pas et ne diffuse encore moins le reportage qui est fait sur ma vie. &lt;br /&gt;
J'aimerais aussi que l'&#233;diteur Michel Laffont cesse de vouloir faire de ma vie un film en me harcelant pour vendre les droits du livre paru au sujet de mon histoire. Je vous demande sinc&#232;rement quitte &#224; vous supplier le droit &#224; l'oubli, laissez moi vivre en paix ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En introduction de sa lettre, &lt;a href=&#034;http://www.rue89.com/user/abderrezak-besseghir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Abderrezak Besseghir&lt;/a&gt; pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Je ne connais personne. Je n'ai pas de pouvoir particulier et ne suis membre d'aucun r&#233;seau d'influence.&lt;/i&gt; &#187; Dommage, Rama Yade aurait certainement pu lui venir en aide...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; ... Il n'y a plus de morale... &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Ockrent, &#233;pouse du Ministre Bernard Kouchner, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique294.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;reine des m&#233;nages&lt;/a&gt; facturait en 2003 certaines de ses interventions &#224; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1243.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;18 000 euros la demi-journ&#233;e&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire aussi : &#171; Ockrent surmen&#233;e par les &#034; m&#233;nages &#034; &#187; ; &#171; &#034;M&#233;nages&#034; : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . C'est le prix qu'elle faisait payer alors pour ce qu'elle estime &#234;tre sa plus grande r&#233;ussite : &lt;i&gt;&#171; la pr&#233;servation de [son] ind&#233;pendance &#187;&lt;/i&gt;. Elle est d&#233;sormais dans le collimateur de la Soci&#233;t&#233; des journalistes (SDJ) de France 3. Celle-ci a demand&#233;, le 6 f&#233;vrier, &#224; la direction de la cha&#238;ne de sanctionner les &#171; m&#233;nages &#187; auxquels se livre la journaliste, et qui constituent une pratique r&#233;prouv&#233;e par la charte des devoirs professionnels des journalistes fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SDJ de France 3 explique qu'au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es, Christine Ockrent a notamment anim&#233; la soir&#233;e de lancement de Microsoft Windows Vista, pr&#233;sid&#233; un jury des &#171; Troph&#233;es de l'int&#233;gration paysag&#232;re &#187; des antennes relais SFR, anim&#233; &#224; Bordeaux un Forum organis&#233; par la Caisse des d&#233;p&#244;ts, ou anim&#233;, au mois d'ao&#251;t, l'universit&#233; d'&#233;t&#233; du Medef. La SDJ ne pr&#233;cise toutefois pas le montant des honoraires per&#231;us par Christine Ockrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La SDJ demande &#224; la cha&#238;ne de &lt;i&gt;&#171; prendre rapidement les mesures disciplinaires qui s'imposent &#187;&lt;/i&gt; &#224; l'encontre de la journaliste. Elle d&#233;plore une &#171; &lt;i&gt; confusion des genres &#187;&lt;/i&gt; qui &#171; &lt;i&gt; sape notre cr&#233;dibilit&#233;, d&#233;j&#224; entam&#233;e par une promiscuit&#233; affich&#233;e sans retenue par cette journaliste vis-&#224;-vis du pouvoir politique &#187;&lt;/i&gt;. Elle estime que ce comportement jette &lt;i&gt;&#171; un doute sur l'impartialit&#233; &#187;&lt;/i&gt; de France 3. &lt;i&gt;&#171; Nous appelons par ailleurs notre direction &#224; rappeler fermement les r&#232;gles en vigueur &#224; tous les journalistes &#187;&lt;/i&gt;, ajoute la SDJ. La direction de France 3 n'a pas souhait&#233; faire de commentaire. La reine Christine vilipend&#233;e par le menu fretin de la Soci&#233;t&#233; des journalistes ? Il n'y a d&#233;cid&#233;ment plus de morale ! &#8211;(Source : nouvelobs.com, 8 f&#233;vrier 2008).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; &#8230;personne ne recule devant aucune bassesse, aucun scrupule... &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chritine Ockrent, toujours. Apr&#232;s avoir monnay&#233; son talent en 2002 &#224; Orange, puis &#224; M&#233;tro&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire : &#171; Christine Ockrent se recycle en Orange &#187; et &#171; Christine Ockrent &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la &#171; reine &#187; qui a butin&#233; un peu partout depuis, a jet&#233; son d&#233;volu sur France 24. Voici comment &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;&lt;/i&gt;n&#233; du 23 janvier 2008 r&#233;sumait l'information et la situation &lt;i&gt; : &#171; Mercredi 16 [janvier], &lt;/i&gt;Le Point &lt;i&gt; a r&#233;v&#233;l&#233;, sur son site Internet, que la chroniqueuse de luxe de France 24, Christine Ockrent, embauch&#233;e depuis le 1er mars pour un &#8220;billet&#8221; politique hebdomadaire, &#233;marge &#224; une somme rondelette : 120 000 euros par an. Ledit billet ne durant que six minutes chaque semaine (deux fois trois minutes en fran&#231;ais et en anglais), cela met la minute d'Ockrent &#224; 416 euros. Mais c'est la qualit&#233; qui compte... Heureusement, l'info n'a pas eu trop d'&#233;chos dans la presse nationale. La solidarit&#233; de la profession vis-&#224;-vis de la &#8220;reine Christine&#8221; a fait des miracles : cinq lignes dans &lt;/i&gt;Le Parisien&lt;i&gt; (16/1), deux lignes dans &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt; (19/1), rien de plus, et quasi rien sur les t&#233;l&#233;s. Au si&#232;ge de la CNN &#224; la fran&#231;aise, en revanche, la nouvelle a circul&#233; et fait grincer quelques dents. D'autant qu'Ockrent n'y a pas que l'avantage du salaire. Elle y jouit &#233;galement des commodit&#233;s de la fonction : ce n'est pas dans les locaux de France 24, &#224; Issy-les-Moulineaux, o&#249; elle ne met jamais les pieds, que la pacha Ockrent enregistre son billet. Mais dans la tr&#232;s chic &#171; Closerie des Lilas &#187;, brasserie parisienne situ&#233;e &#224; deux pas de son domicile et o&#249; doit se d&#233;placer, chaque semaine, une &#233;quipe de production de France 24&#8230; &#187;.&lt;/i&gt; D&#233;cid&#233;ment &lt;i&gt;Le Canard&lt;/i&gt; ne recule devant aucune bassesse, aucun scrupule&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; ... On est quand m&#234;me tomb&#233; tr&#232;s bas ... &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Nouvelobs.com, Claude Soula nous apprend cette anecdote int&#233;ressante concernant le journal &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;, r&#233;cemment rachet&#233; par Bernard Arnault : &lt;i&gt;&#171; Dans la rubrique &#8220;Cribles&#8221; (&#8230;), un &#233;ditorialiste anonyme a &#233;crit le 25 janvier dernier une analyse qui se voulait iconoclaste -et plut&#244;t n&#233;gative- sur la cession des parfums Saint-Laurent, par le groupe PPR &#224; l'Or&#233;al. Pour les non initi&#233;s, d&#233;cryptons : PPR, c'est le groupe Pinault, et Fran&#231;ois Pinault, c'est l'hyper ennemi de Bernard Arnault. Les journalistes &#233;conomiques ont donc lu &#224; la loupe ce papier, pour voir si &lt;/i&gt;Les&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Echos&lt;i&gt; restaient &lt;/i&gt;Les&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Echos&lt;i&gt;, donc neutres, ou s'ils allaient essayer de faire plaisir &#224; Bernard Arnault, voire au contraire, de le d&#233;fier. Et malheureusement, c'est plut&#244;t la pire des hypoth&#232;ses qui a l'avantage : l'articulet souligne les faiblesses de la vente, et tous les probl&#232;mes du groupe PPR, alors que la bourse avait salu&#233; l'op&#233;ration&#8230; Le titre de l'article est 'Emballement' pour souligner &#224; quel point les march&#233;s et les analystes financiers se sont tromp&#233;s sur l'analyse du deal. C'est simple : l'&#233;ditorialiste est moins critique sur la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale que sur PPR ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point de vue tellement surprenant que Claude Soula en vient &#224; se demander si Bernard Arnault n'a pas &#233;crit l'article lui-m&#234;me. Une chose est s&#251;re en tout cas, selon lui : &#171; &lt;i&gt;D&#233;sormais, &lt;/i&gt;Les&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Echos&lt;i&gt;, qu'ils le m&#233;ritent ou pas, seront toujours suspects aux yeux de leurs lecteurs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance aussi est au plus bas. Tr&#232;s tr&#232;s bas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; &#8230;des gens qui veulent leur revanche... &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bassesse ? Les derniers rebondissements de la crise du journal donnent l'occasion aux anciens dirigeants du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt;de r&#233;gler leurs comptes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un point sur ces rebondissements, lire &#171; Les nouveaux ma&#238;tres du Monde. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et &#231;a n'est pas joli, joli. &lt;i&gt;&#171; Au-del&#224; des questions de personnes, se joue actuellement le dernier acte d'un processus qui a commenc&#233; au moment o&#249; j'ai d&#233;missionn&#233;. Aujourd'hui, la r&#233;daction tente avec courage d'&#233;viter le pire, mais la vraie bataille a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; perdue avec la dilution du quotidien dans le groupe Le Monde. &#187; &lt;/i&gt;Interrog&#233; par &lt;i&gt;Le Journal du dimanche &lt;/i&gt;(le 3 f&#233;vrier 2008) au sujet de la &lt;i&gt;&#171; derni&#232;re crise &#187;&lt;/i&gt; du journal vesp&#233;ral, Edwy Plenel revisite &#8211; de mani&#232;re tr&#232;s personnelle &#8211; l'histoire du titre qu'il a co-dirig&#233; &#224; partir de 1994. Il se d&#233;solidarise ainsi de ses anciens comparses Colombani et Minc et s'exon&#232;re de toute responsabilit&#233; quant aux difficult&#233;s que rencontre &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons quand m&#234;me que Plenel a d&#233;fendu toutes les options de l'ancienne direction et m&#234;me parfois avec grandiloquence. Arguant pour l'introduction du titre en Bourse en 2001, il expliquait ainsi : &lt;i&gt;&#171; Il faut en finir avec cette id&#233;e qu'un journal pur est un journal pauvre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Pr&#233;paratifs pour un Monde boursicot&#233;. (1) Les r&#233;dacteurs. &#187;.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt; Aujourd'hui, en raison des choix du trio Minc-Colombani-Plenel, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; est pauvre et sous contr&#244;le. Le nouveau patron de M&#233;diapart aime penser contre lui-m&#234;me, au risque de la contradiction. Et son go&#251;t des &#171; petits faits vrais &#187; souffre quelques exceptions. Comme l'a relev&#233; Alain Minc dans le discours prononc&#233; pour son d&#233;part de la pr&#233;sidence du conseil de surveillance du &lt;i&gt;Monde &lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Du temps d'Edwy Plenel, le journal &#233;tait chaud et souvent faux. Il est devenu d&#233;sormais froid et toujours vrai&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le discours est en ligne sur le site Nouvelobs.com.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#187; &lt;/i&gt;Une violence inou&#239;e qui laisse Rama Yade de marbre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; ... personne n'a rien appris... &#187;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; la Secr&#233;taire d'&#201;tat aux droits de l'Homme et surtout, &#224; son interviewer. Quelques heures &#224; peine apr&#232;s la &#171; sortie &#187; de Rama Yade, Jean-Michel Aphatie &lt;a href=&#034;http://blog.rtl.fr/aphatie/index.html?date=20080208&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;plique sur son blog&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Sur le fond &#187;&lt;/i&gt;, s'agissant de la pipolisation de la vie politique, il commence par reconna&#238;tre : &lt;i&gt;&#171; Dans l'&#233;chelle de l'importance qu'ont toutes choses, mariage et remariage, divorce et sms, bisous et bijouterie, ont un int&#233;r&#234;t moindre que l'augmentation des petites retraites, la capitulation devant les taxis, la presque capitulation devant les d&#233;bits de tabac, le d&#233;ficit budg&#233;taire ou, fin du fin, la prochaine probable future bombe nucl&#233;aire iranienne. &#187;&lt;/i&gt; Avant d'ajouter : &lt;i&gt;&#171; En m&#234;me temps, le journalisme est un m&#233;tier, pas un passe-temps. Ce qui se produit doit &#234;tre restitu&#233;. Par exemple, quand un pr&#233;sident de la R&#233;publique c&#233;libataire visite Eurodisney au bras d'un top model qui chante, c'est fatalement, indubitablement, une information. En France, un seul organe de presse a choisi de passer ce fait sous silence. Ce n'est pas lui, professionnellement, qui a eu raison. A partir de l&#224;, la machine s'est emball&#233;e. La love story a &#233;t&#233; couverte, largement couverte, d'autant plus largement couverte que le principal acteur lui m&#234;me a encourag&#233; la presse &#224; le faire. Pour ne prendre que des exemples r&#233;cents, quand le pr&#233;sident visite le site sid&#233;rurgique de Gandrange, lundi, il &#233;voque par p&#233;riphrase son mariage survenu deux jours [plus t&#244;t] et quand il est &#224; La Rochelle, le mardi, pour le train supersonique d'Alsthom, il dit son amour de l'Italie. Mettre un sou dans la machine tous les jours n'est pas le meilleur moyen de la calmer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pipolisation de la vie politique est donc une attitude tout &#224; fait professionnelle, le probl&#232;me ne se pose que quand la machine s'emballe. Et si la machine s'emballe, ce n'est pas d&#251; au syst&#232;me m&#233;diatique dans son ensemble, mais c'est que certains font mal leur boulot : &lt;i&gt;&#171; Des journalistes, ici ou l&#224;, ont peut-&#234;tre &#233;crit n'importe quoi, des choses fausses au milieu des choses vraies, des b&#234;tises ou des insanit&#233;s. Mais ici, c'est la responsabilit&#233; individuelle qui doit &#234;tre questionn&#233;e. (...) Parler de mani&#232;re indiff&#233;renci&#233;e de la presse, en revanche, ne para&#238;t pas tout &#224; fait pertinent. (...) La presse n'accepterait donc pas l'&#233;lection de Nicolas Sarkozy et m&#232;nerait contre lui une v&#233;ritable chasse &#224; l'homme. Bon, apr&#232;s tout pourquoi pas. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Il faut juste savoir que la &#8220;presse&#8221; n'existe pas&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Chaque journal travaille dans son coin&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; et il n'existe pas un centre n&#233;vralgique organisant la contre offensive apr&#232;s la d&#233;faite du printemps dernier. Au demeurant, dans ce foutu pays o&#249; tout le monde se divise &#224; propos de tout, la &#8220;presse&#8221; serait bien incapable d'organiser la suite au profit de qui que ce soit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
Ouf, nous voici rassur&#233;s ! Comme il n'existe pas &#8211; il a raison, Aphatie&#8230;- de &#171; centre n&#233;vralgique &#187;, chaque mouton brouterait &#171; dans son coin &#187;, m&#234;me &#171; les moutons noirs &#187; et les &#171; moutons de Panurge &#187;. Car il en va de la vie priv&#233;e de Sarkozy comme du reste : le syst&#232;me m&#233;diatique fonctionne &#224; merveille, tout n'est qu' &#171; emballement &#187; passager. Des emballements comme celui du RER D&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le dossier d'Acrimed sur cette affaire.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou du bagagiste de Roissy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Mon truc, c'est la cuisine &#187;&lt;/i&gt;, proclamait Jean-Michel Aphatie pendant la campagne &#233;lectorale de 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire : &#171; Les grands entretiens de Jean-Michel Aphatie &#187;.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par chance, ce n'est pas encore la chambre &#224; coucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; ... personne n'a rien appris... &#187; (bis)&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Certes, depuis on n'a rien appris ou presque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur la situation au Tchad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le titre &#171; &#034;Tchad : les Fran&#231;ais...&#034; - Les JT sont obnubil&#233;s par le sort des ressortissants &#187; , Samuel Gonthier dans &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama &lt;/i&gt;du 13 f&#233;vrier 2008 rel&#232;ve &#8230; scrupuleusement : &lt;i&gt;&#171; C'est la figure oblig&#233;e de toute crise africaine : le &#8220;ressortissant&#8221;. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Ainsi s'impose le h&#233;ros du journal t&#233;l&#233;vis&#233; quand, le 31 janvier dernier, des &#171; rebelles &#187; attaquent N'Djamena. Dans chaque &#233;dition, sur France 2 comme sur TF1, deux sujets consacr&#233;s au Tchad : l'un d&#233;di&#233; aux ressortissants &#233;vacu&#233;s, l'autre &#224;&lt;/i&gt; &#8220;&lt;i&gt;la situation sur place&#8221;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;C'est-&#224;-dire &#224; l'action de nos soldats en faveur... des ressortissants. &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; Les t&#233;l&#233;s &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; n'ayant pas de reporters sur place, se satisfont des images fournies par les militaires. Elles en indiquent tr&#232;s scrupuleusement la provenance. Mais en tirent d'&#233;tranges conclusions :&lt;/i&gt; &#8220;Ces images tourn&#233;es par l'arm&#233;e fran&#231;aise le prouvent : quand les forces tricolores croisent les rebelles, elles observent une stricte neutralit&#233;.&#8221; (France 2, 3 f&#233;vrier). &#8220;Neutralit&#233;&#8221; &lt;i&gt;de la France,&lt;/i&gt; &#8220;l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique&#8221; &lt;i&gt;d'Idriss D&#233;by, le discours des autorit&#233;s civiles et militaires n'est jamais mis en doute. En une semaine, chacune des deux cha&#238;nes ne consacre qu'un seul sujet d'&#224; peine deux minutes &#224; une sommaire explication de la guerre. &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; En revanche, quand il s'agit des&lt;/i&gt; &#8220;ressortissants&#8221;&lt;i&gt;, les JT rivalisent de pr&#233;cision. &lt;/i&gt;&#8220;397 ressortissants ont quitt&#233; N'Djamena. &#187; &#171; 839 &#233;trangers ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s du Tchad vers le Gabon.&#8221; &#8220;525 ressortissants fran&#231;ais sont arriv&#233;s ce matin &#224; Roissy&#8221;&lt;i&gt;, etc. Et les Tchadiens ? Les Tchadiens ont un sacr&#233; handicap : ils ne sont pas &lt;/i&gt;&#8220;ressortissants&#8221;. &lt;i&gt;Alors, ils sont simplement&lt;/i&gt; &#8220;des centaines&#8221;&lt;i&gt;&#8211; des centaines de bless&#233;s. Ou&lt;/i&gt; &#8220;des milliers&#8221; &lt;i&gt;&#8211; des milliers &#224; fuir les combats, &#224; se r&#233;fugier au Cameroun. Et c'est tout. Pas d'images, pas d'infos. Enfin, au bout de quelques jours, &lt;/i&gt;&#8220;&#231;a semble plut&#244;t se calmer au Tchad&#8221;&lt;i&gt;, annonce Jean-Pierre Pernaut. L'occasion de mieux comprendre ce qui s'est pass&#233; ? Pas le temps &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur les gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales en Gr&#232;ce&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'inqui&#233;tude en revanche sur les &#171; ressortissants fran&#231;ais en Gr&#232;ce &#187;&#8230;Le mercredi 14 f&#233;vrier 2008, &lt;i&gt;&#171; toute l'&#233;conomie grecque &#233;tait paralys&#233;e par une journ&#233;e massive de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la deuxi&#232;me en deux mois. &#187;&lt;/i&gt; rappelle le &lt;a href=&#034;http://lucky.blog.lemonde.fr:80/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lucky.blog&lt;/a&gt; qui rel&#232;ve : &lt;i&gt;&#171; Pas d'article depuis un an dans les archives du journal &lt;/i&gt;Le Monde&lt;i&gt; avec les mots clefs &#8220;gr&#232;ve et Gr&#232;ce&#8221; ou &#8220;gr&#232;ves et Gr&#232;ce&#8221;. M&#234;me recherche infructueuse (sauf erreur de ma part) sur le site de &lt;/i&gt;Lib&#233;ration.&lt;i&gt; Mais voici un extrait de la correspondante de RFI &#224; Ath&#232;nes, Corinne Valois :&lt;/i&gt; &#8220;Comme si le temps avait &#233;t&#233; suspendu, tout le pays a &#233;t&#233; une nouvelle fois paralys&#233; par la seconde gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de vingt-quatre heures du secteur public et priv&#233;, cela deux jours avant l'ouverture des d&#233;bats parlementaires pour la modification du r&#233;gime de s&#233;curit&#233; sociale et des retraites (&#8230;) Un r&#233;gime calqu&#233; sur le mod&#232;le fran&#231;ais.&#8221;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cas, &#224; quoi bon en parler, en effet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- avec la documentation d'Acrimed&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La m&#234;me semaine, le 7 f&#233;vrier, on lit en &#171; une &#187; des trois news magazines du jeudi : &#171; Le Pr&#233;sident qui fait pschitt... &#187; (&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;), &#171; La d&#233;ception &#187; (&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;) et &#171; Ce qui Cloche &#187; (&lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire aussi : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1013.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Ockrent surmen&#233;e par les &#034; m&#233;nages &#034; &#187;&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article897.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#034;M&#233;nages&#034; : Ockrent trahie en direct &#187;&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article131.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Christine Ockrent se recycle en Orange &#187;&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article21.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les &#034; m&#233;nages &#034; des &#034;stars&#034; du journalisme (selon &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt; d'octobre 2001) &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article131.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Christine Ockrent se recycle en Orange &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article133.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Christine Ockrent &#171; peaufine &#187; son sens civique &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour un point sur ces rebondissements, lire &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2830.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les nouveaux ma&#238;tres du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;. En attendant Lagard&#232;re ? &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article263.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pr&#233;paratifs pour un &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; boursicot&#233;. (1) Les r&#233;dacteurs&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le discours est en ligne sur le site &lt;a href=&#034;http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/medias/presse/20080212.OBS0175/le_discours_de_depart_dalain_minc.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nouvelobs.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/rubrique273.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dossier d'Acrimed sur cette affaire&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2564.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les grands entretiens de Jean-Michel Aphatie &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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		<title>Lu, vu, entendu : &#171; Avis de recherche d'un contre-pouvoir ind&#233;pendant &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Lu-vu-entendu-Avis-de-recherche-d-un-contre-pouvoir-independant</link>
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		<dc:date>2007-12-12T06:45:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henri Maler, Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>Etienne Mougeotte</dc:subject>
		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Beytout</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Contes et l&#233;gendes&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Lu-vu-entendu-" rel="directory"&gt;Lu, vu, entendu&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Etienne-Mougeotte-+" rel="tag"&gt;Etienne Mougeotte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Independance-+" rel="tag"&gt;Ind&#233;pendance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Nicolas-Beytout-+" rel="tag"&gt;Nicolas Beytout&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Contes et l&#233;gendes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;strong&gt;
&lt;p&gt;I. En qu&#234;te d'ind&#233;pendance&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etienne Mougeotte, en toute ind&#233;pendance&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sait, Etienne Mougeotte a pris la succession de Nicolas Beytout &#224; la t&#234;te du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;. Interview&#233; par Guillaume Durand sur Europe 1 (A l'Air Libre, Europe 1, 20 novembre 2007), l'ancien directeur de TF1 vend son &#171; produit &#187; : &#171; &lt;i&gt;Je pense que de plus en plus, les marques, les grandes marques : Figaro, Europe 1, TF1, New York Times si on va &#224; l'&#233;tranger, auront une valeur tr&#232;s forte dans un syst&#232;me o&#249; l'information arrive par de multiples canaux &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe des temps, m&#234;me Guillaume Durand, m&#234;me sur Europe 1, se sent oblig&#233; d'&#233;voquer le probl&#232;me de l&#8216;ind&#233;pendance des journalistes qui travaillent pour la &#171; grande marque &#187;.&lt;/ br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guillaume Durand : - &#171; &lt;i&gt;Les journalistes qui travaillent pour vous ils se sont souvent m&#233;fi&#233;s de leur patron, Serge Dassault qui voulait faire passer une sorte d'image politique, ils se m&#233;fient aussi de Nicolas Sarkozy dont on disait que M. Beytout, Nicolas Beytout &#233;tait tr&#232;s proche, est-ce que vous leur garantissez en arrivant une ind&#233;pendance ? &#187;&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Etienne Mougeotte : - &#171; &lt;i&gt;Moi ce que je leur garantis, c'est &#224; la fois l'ind&#233;pendance politique bien s&#251;r et une relation pacifi&#233;e vis-&#224;-vis de l'actionnaire, c'est-&#224;-dire un actionnaire qui fait son m&#233;tier d'actionnaire mais qui ne pr&#233;tend pas intervenir et qui n'interviendra pas dans la ligne &#233;ditoriale du journal. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Etienne Mougeotte se porte garant de l'ind&#233;pendance des journalistes, on est pri&#233; de ne pas sourire. Quand il honore le dur &#171; m&#233;tier &#187; [sic] d'actionnaire, en assurant que celui-ci n'aura pas &#224; &#171; travailler plus pour intervenir davantage &#187;, on se prend &#224; penser qu'Etienne Mougeotte, choisi par l'actionnaire, fera son &#171; m&#233;tier &#187; d'interm&#233;diaire et de &#171; pacificateur &#187;, sans qu'il soit utile que l'actionnaire se charge directement et quotidiennement de la &#171; &lt;i&gt;ligne &#233;ditoriale du journal &#187;&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Guillaume Durand, toujours press&#233; de passer &#224; la question suivante, avant que la pr&#233;c&#233;dente ait &#233;t&#233; vraiment abord&#233;e, est inquiet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guillaume Durand : - &#171; &lt;i&gt;Est-ce que &lt;/i&gt;Le Figaro&lt;i&gt; est un journal de droite ?&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En voil&#224; une question impertinente ! Demander si &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; est un journal de droite, c'est un peu comme demander si Radio Vatican est une radio catholique... Mais Etienne Mougeotte ne se d&#233;robe pas :&lt;/ br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Etienne Mougeotte : - &#171; Le Figaro&lt;i&gt; est un journal lib&#233;ral, il d&#233;fend...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guillaume Durand : - &#171; &lt;i&gt;C'est-&#224;-dire un journal de droite ! (...) Est-ce que tout &#231;a, c'est organis&#233; dans le bureau du Pr&#233;sident de la R&#233;publique ? Parce qu'on a beaucoup parl&#233; d'annonces qu'il aurait fait... &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et hop ! Puisque l'orientation &#233;ditoriale du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; n'est d&#233;termin&#233;e ni dans le bureau du propri&#233;taire de la &#171; marque &#187;, ni dans celui du Pr&#233;sident de la R&#233;publique (et, ajoutons-le : que les journalistes pris individuellement n'ont pas jour apr&#232;s jour un fil &#224; la patte), l'ind&#233;pendance est garantie ! Sous couvert de poser des questions d&#233;rangeantes, Guillaume Durand a lav&#233; &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; de tout soup&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme Europe 1 est suspect&#233; de se pr&#234;ter aux exigences de Sarkozy, Etienne Mougeotte d&#233;fend les deux &#171; marques &#187; en une seule tirade : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Etienne Mougeotte : - &#171; &lt;i&gt;Attendez, attendez, attendez, attendez, Guillaume Durand , est-ce que les journaux d'Europe 1 se font dans le bureau du Pr&#233;sident de la R&#233;publique ? Non ! Est-ce que les journalistes d'Europe 1 sont inf&#233;od&#233;s au Pr&#233;sident de la R&#233;publique ? Non, et bah pour &lt;/i&gt;Le Figaro&lt;i&gt; c'est pareil, c'est pareil et on raconte un certain nombre de choses, (...) en tout cas, moi je n'ai pas vu le Pr&#233;sident, je n'ai pas eu de contact avec lui, je le respecte en tant que Pr&#233;sident, il est le Pr&#233;sident de la R&#233;publique mais ce n'est pas lui qui fera &lt;/i&gt;Le Figaro&lt;i&gt;, croyez-moi, pas plus qu'il ne fait j'en suis s&#251;r Europe 1&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, Sarkozy ne fait pas &lt;i&gt;Le Figaro &lt;/i&gt; ! Evidemment, il ne fait pas Europe 1 ! Pourquoi se donnerait-il cette peine ? L'orientation &#233;ditoriale du quotidien est si bien ajust&#233;e &#224; ses exigences qu'il peut se priver d'intervenir directement. Quant &#224; la station de radio, m&#233;dia de consensus, elle &#233;pouse si bien le consensus dominant qu'il n'est nul besoin d'inf&#233;oder ses journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consensus dominant ? Quelques secondes plus tard, Guillaume Durand pose cette question &#224; son invit&#233; :&lt;/ br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Guillaume Durand - : &#171; &lt;i&gt;Etienne Mougeotte, que diriez-vous &#224; ceux qui nous &#233;coutent qui sont coinc&#233;s aujourd'hui dans les voitures (...) ? Parce que nous sommes dans un pays qui est quand m&#234;me assez coinc&#233; ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des journalistes aussi &#171; d&#233;coinc&#233;s &#187; que Guillaume Durand, Sarkozy n'a nul besoin de museler la presse. De tels journalistes ne risquent pas de mordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Beytout, en toute ind&#233;pendance&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, si Etienne Mougeotte promet d'assurer l'ind&#233;pendance du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; vis-&#224;-vis de ses actionnaires, il devra faire ses preuves. Pour convaincre en particulier son pr&#233;d&#233;cesseur, Nicolas Beytout. Celui-ci assure avoir &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;un grand r&#233;sistant&lt;/i&gt; &#187; face &#224; Serge Dassault, propri&#233;taire du quotidien : &#171; &lt;i&gt;Il m'appelait tous les jours&lt;/i&gt;, dit Beytout, &lt;i&gt;pour m'imposer ses copains ou &#233;crire dans le journal. Ce type est un nul qui ne conna&#238;t rien &#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;la presse. J'ai tenu, mais je ne suis pas s&#251;r que ce sera le cas avec Mougeotte &#187; (Le Canard Encha&#238;n&#233;, &lt;/i&gt;28 novembre 2007). Vu l'ampleur de la r&#233;sistance en question sous Beytout, si celle-ci est encore moins grande sous Mougeotte, cela laisse songeur sur l'avenir du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;. Rappelons que Serge Dassault n'a pas attendu le changement de direction &#224; la t&#234;te de &#171; son &#187; quotidien pour d&#233;clarer qu'un journal &#171; &lt;i&gt;permet de faire passer un certain nombre d'id&#233;es saines&lt;/i&gt; &#187; (entretien accord&#233; au magazine &lt;i&gt;Entreprendre&lt;/i&gt; pour son num&#233;ro de d&#233;cembre 2003, voir notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article1853.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La presse selon Dassault (4) : les &#171; id&#233;es saines &#187;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vincent Bollor&#233;, en toute ind&#233;pendance&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il dit les choses de mani&#232;re plus &#233;l&#233;gante, Philippe Labro, conseiller du prince Vincent Bollor&#233;, est tout &#224; fait d'accord avec l'ami Serge : &#171; &lt;i&gt;Les m&#233;dias, c'est profond&#233;ment contemporain et synonyme d'influence&lt;/i&gt; &#187;, confie-t-il &#224; &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; (Emmanuelle Anizon, &#171; Le raz de mar&#233;e Bollor&#233; &#187;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, n&#176;3016, 31 octobre 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prince en question, propri&#233;taire entre autres de la cha&#238;ne Direct 8 et du journal Direct Soir, est encore plus... direct. C'est que les beaux discours sur l'ind&#233;pendance des m&#233;dias, c'est bon quand on est journaliste, voire m&#234;me directeur. Mais quand on est LE Boss, on peut se l&#226;cher. Toujours dans &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;, on peut lire cet aveu : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas un investisseur financier, je suis un investisseur industriel. Je dois donc avoir le contr&#244;le de l'&#233;ditorial&lt;/i&gt; &#187;. Le client, ajoute-t-il, &#171; &lt;i&gt;ce n'est plus seulement le lecteur, mais l'annonceur&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exactement l'inverse de ce que pr&#233;tendait Mougeotte sur Europe 1. Quelles sont les qualit&#233;s requises pour travailler au service de Bollor&#233; ? L'une de ses anciennes salari&#233;es l'a confi&#233; &#224; &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Ce n'&#233;tait pas d&#233;sagr&#233;able de travailler avec lui&lt;/i&gt;, dit une ancienne salari&#233;e &#224; &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Il est tr&#232;s intelligent, charmant, &#233;l&#233;gant. Simplement, il faut oublier d'&#234;tre journaliste&lt;/i&gt; &#187;. On ose croire que cet oubli puisse gagner des salari&#233;s du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; et d'Europe 1&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. A la recherche du contre-pouvoir&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; est un journal de droite, si les m&#233;dias de Vincent Bollor&#233; lui sont inf&#233;od&#233;s, heureusement il reste des m&#233;dias de gauche rebelles et subversifs, comme... &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt; ! Vous souriez ? Vous avez tort, certains y croient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un contre-pouvoir de fr&#233;quentation ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A commencer par &lt;i&gt;Lib&#233; &lt;/i&gt;lui-m&#234;me. T&#233;moin, cette publicit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div class='spip_document_4338 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L207xH267/PubLiberation_071114_Telerama3018-65a32.jpg?1776738154' width='207' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, le premier des contre-pouvoirs ? Pourtant... Pourtant, interview&#233; sur France Inter dans l'&#233;mission &lt;i&gt;J'ai Mes Sources&lt;/i&gt; (22 octobre 2007), La&#239;d Sammari, journaliste &#224; &lt;i&gt;L'Est R&#233;publicain&lt;/i&gt;, auteur d'un article sur le divorce de Nicolas Sarkozy, a cette r&#233;v&#233;lation : &#171; &lt;i&gt;Quand on est Parisien, on ne peut pas accepter l'id&#233;e que, dans une affaire aussi importante &lt;/i&gt;[le divorce des Sarkozy]&lt;i&gt;, aussi sensible, touchant au Pr&#233;sident de la R&#233;publique, qu'un provincial vienne faire la nique. (...) Moi, &#224; &lt;/i&gt;Lib&#233;ration&lt;i&gt;, on m'a dit : &#034;Mais, tu comprends, c'est pas possible. Nous, on les conna&#238;t tous &#224; l'Elys&#233;e, on les voit tous les jours&#034; &#187;. &lt;/i&gt;Curieux argument (invoqu&#233; &#224; propos d'une question subalterne, il est vrai&#8230;) qui sugg&#232;re que pour certains journalistes de &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt; le journalisme d'investigation se confond avec le journalisme de fr&#233;quentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, contre le pouvoir&#8230; ou tout contre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre les pouvoirs ou tout contre ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Au cours de l'&#233;mission &#034;J'ai mes sources&#034; (France Inter, lundi 22 octobre 2007, Albert Du Roy, auteur de &lt;i&gt;La mort de l'information (Stock), &lt;/i&gt;nous en dit plus sur ce lien entre pouvoir et journalistes. Albert Du Roy est ancien directeur g&#233;n&#233;ral adjoint de France 2 en charge de l'information, ancien r&#233;dacteur en chef du &lt;i&gt;Nouvel Observateur, &lt;/i&gt;ex-journaliste &#224; &lt;i&gt;L'Express,&lt;/i&gt; Europe 1 et France Inter. On pourrait donc s'attendre de sa part &#224; une certaine mansu&#233;tude. Et pourtant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, &lt;/i&gt;explique-t-il,&lt;i&gt; c'est vrai qu'en France, &#224; l'&#233;gard des pouvoirs en g&#233;n&#233;ral, du pouvoir pr&#233;sidentiel en particulier et du pouvoir de ce pr&#233;sident-ci encore plus en particulier, il y a une prudence. Le mot prudence &#233;tant un euph&#233;misme. C'est de la d&#233;f&#233;rence ou c'est de la pr&#233;caution ou c'est du calcul ou c'est de la connivence&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;C'est vrai que, dans le domaine politique, il y a une endogamie entre les journalistes qui couvrent la politique et les &#233;lus qu'ils devraient traiter d'une mani&#232;re distanci&#233;e, que (...) c'est grave. Moi, j'en ai fait partie de ce syst&#232;me et donc je peux &#8211; avec la lucidit&#233;, peut-&#234;tre, que donne le retrait &#8211; je peux dire &#224; quel point c'est quelque chose qui peut aboutir, en mati&#232;re d'information, &#224; des cons&#233;quences graves&lt;/i&gt;. (...) &lt;i&gt;Mais c'est vrai aussi dans tous les autres secteurs de l'information. Les connexions entre industriels et journalistes, entre fabricants de produits touristiques et les journalistes, entre restaurants et les journalistes gastronomiques, les connexions sont tr&#232;s nombreuses &#187;.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est ce syst&#232;me de connivence qu'il faut d&#233;noncer&lt;/i&gt;, rench&#233;rit Pierre Haski, co-fondateur du site Rue89.com, invit&#233; lui aussi ce jour-l&#224;.&lt;i&gt; Ce syst&#232;me de connivence, il est bien ant&#233;rieur &#224; l'apparition de l'internet. Il est &#224; l'int&#233;rieur du syst&#232;me de l'information en France. Il y a plein d'autres exemples, dans son livre &lt;/i&gt;[celui d'Albert Du Roy]&lt;i&gt;, que tout le monde conna&#238;t. Pour essayer une voiture, on ne vous emm&#232;ne pas, comme vous le racontez, dans le terrain d'essai du constructeur, on vous emm&#232;ne aux Cara&#239;bes ou au Mexique ou en Tha&#239;lande, tous frais pay&#233;s. Bon, l'objectivit&#233; du papier &#224; l'arriv&#233;e est &#233;videmment d&#233;licate. Et, tout &#231;a, c'est un syst&#232;me qui touche l'ensemble de la cha&#238;ne de l'information. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Connivence ou connivence ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, et alors ? &#187;, se serait &#233;cri&#233; Eric Zemmour s'il avait &#233;t&#233; l&#224;. Le chroniqueur d'&lt;i&gt;On n'est pas couch&#233; &lt;/i&gt;a en effet expliqu&#233; dans l'&#233;mission de Laurent Ruquier (France 2, 10 novembre 2007) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eric Zemmour &#8211; &#171; &lt;i&gt;En fait, la connivence est un faux probl&#232;me parce que... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Jean-Marc Morandini, invit&#233; ce jour l&#224; : - &#171; &lt;i&gt;Pas dans l'esprit des gens !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marc Morandini reconna&#238;t, lui, qu'il y a un vrai probl&#232;me de connivence, mais seulement dans l'esprit des gens. Zemmour en convient, mais &#224; condition qu'on s'accorde sur le fait que &#171; les gens &#187; sont b&#234;tes et n'ont rien compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eric Zemmour &#8211; &#171; &lt;i&gt;Oui, je sais bien. Mais il faut leur expliquer. En fait, on peut &#234;tre tr&#232;s copain avec un politique, on peut... On est des &#234;tres humains et donc on peut bouffer ensemble, rigoler ensemble, parler du dernier match de foot, etc. et, apr&#232;s, sur un plateau ou dans un journal, poser des vraies questions, s'opposer vraiment. (...) C'est mon exp&#233;rience personnelle ! &#187;. &lt;/i&gt;Comme si cette derni&#232;re phrase pouvait l'aider &#224; nous convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors d'o&#249; vient le probl&#232;me de cr&#233;dibilit&#233; des m&#233;dias selon Zemmour ?&lt;/ br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eric Zemmour &#8211; &#171; &lt;i&gt;Je pense que les journalistes sont responsables de &#231;a. C'est-&#224;-dire qu'ils ont tellement r&#233;duit le champ d'expression (politique, id&#233;ologique), en clair ils sont tellement tous sur la m&#234;me ligne &#224; 90% &#8211; une esp&#232;ce de gauche bien pensante &#8211; et ils disent tous la m&#234;me chose, que les gens ne se reconnaissent plus en ce qu'ils di[sent]. Naulleau &lt;/i&gt;[son complice chroniqueur dans l'&#233;mission] &lt;i&gt;dit tr&#232;s pertinemment : &#034;Ils &lt;/i&gt;[les gens] &lt;i&gt;refusent la m&#233;diation.&#034; Mais parce que la m&#233;diation ne leur ressemble plus. Ce ne sont plus des m&#233;diateurs &lt;/i&gt;[les journalistes &#8211; Zemmour est parfois difficile &#224; suivre] &lt;i&gt;puisqu'ils ne disent pas ce que les gens pensent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le probl&#232;me, &lt;/i&gt;finit-il par r&#233;sumer,&lt;i&gt; c'est quand tout le monde vit dans le m&#234;me monde et qu'en plus on partage tous les m&#234;mes id&#233;es &#187;. &lt;/i&gt;Surtout quand ces id&#233;es sont de gauche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Eric Zemmour, le probl&#232;me ce n'est pas la connivence, mais la connivence ! Ce n'est pas la fr&#233;quentation assidue, mais l'appartenance &#224; un m&#234;me monde. De gauche ? L&#224;, on peut en douter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si on informait ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puisque les citoyens (les &#171; gens &#187;, dirait Zemmour) ne se reconnaissent plus dans les m&#233;dias officiels, en toute bonne logique, ils cr&#233;ent les leurs et prennent en main l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que d&#233;couvre Edwy Plenel, frapp&#233; par un &#233;clair de lucidit&#233;. Dans un document vid&#233;o diffus&#233; &lt;a href=&#034;http://presite.mediapart.fr/atelier-journal/equipe/edwy-plenel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de &#171; M&#233;diapart &#187;&lt;/a&gt;, le futur m&#233;dia qu'il impulse sur Internet, Plenel diagnostique : &#171; &lt;i&gt;L'actuelle r&#233;volution industrielle &#8211; celle que symbolise le Net et qui est marqu&#233;e par l'av&#232;nement du m&#233;dia personnel &#8211;, elle fait descendre le journaliste de son pi&#233;destal. Au fond, nous nous &#233;tions appropri&#233;s un pouvoir indu. Comme si l'opinion, le jugement, l'analyse, le point de vue c'&#233;tait notre privil&#232;ge. Eh bien non ! Les citoyens, l&#224;, maintenant, peuvent nous rappeler que la libert&#233; d'expression, &#231;a appartient &#224; tout le monde. Alors, du coup, nous sommes devant un d&#233;fi : nous sommes somm&#233;s de reconqu&#233;rir un continent que nous avons un peu laiss&#233; en friche : l'information&lt;/i&gt; &#187;. C'est en effet assez f&#226;cheux, pour des journalistes, d'avoir &#171; un peu &#187; laiss&#233; l'information en friche&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si on critiquait les m&#233;dias ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les journalistes pourraient-ils surmonter la m&#233;fiance qu'ils inspirent ? Peut-&#234;tre en &#233;coutant un peu certaines critiques des m&#233;dias&#8230;Daniel Schneidermann, auquel il arrive d'&#234;tre mieux inspir&#233;, a trouv&#233; une autre solution. Adepte des arts martiaux, il pr&#233;conise aux m&#233;dias de se servir de leurs propres faiblesses comme d'une arme. Sur le site d'Arr&#234;t sur Images, le 17 novembre 2007, il explique : &#171; &lt;i&gt;Cette m&#233;fiance des acteurs d'un conflit social &#224; l'&#233;gard des journalistes, toujours accus&#233;s de le caricaturer, de n'en retenir que les slogans et le superficiel, cette m&#233;fiance est vieille comme les conflits sociaux. Elle est parfois justifi&#233;e, parfois non, &#224; chacun de se faire une id&#233;e en...&#233;coutant et en lisant, ce que disent les journalistes, justement&lt;/i&gt; &#187;. Conclusion : si vous faites confiance aux journaux, achetez-les. Si vous ne leur faites pas confiance... achetez-les quand m&#234;me ! L'id&#233;e est s&#233;duisante ! Ecouter et lire les journalistes pour savoir ce qu'il convient de penser de la couverture m&#233;diatique des conflits sociaux ? Eux d'abord ? Eux seulement ? Leur laisser le monopole de la critique des m&#233;dias et renoncer &#224; celle qui, comme dit Plenel qui ne devait pas penser &#224; nous, contribue &#224; faire &#171; &lt;i&gt;descendre le journaliste de son pi&#233;destal &lt;/i&gt; &#187;. &#8230; Du moins &lt;i&gt;les&lt;/i&gt; journalistes qui s'&#233;taient juch&#233;s dessus. Quant aux autres, ils aimeraient peut-&#234;tre faire leur m&#233;tier. En 2008, comme les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, Acrimed aidera les premiers &#224; descendre et soutiendra les seconds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin et Henri Maler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; la banque de donn&#233;es affectueusement recueillies par les associ&#233;s d'Acrimed.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>JT de l'&#233;t&#233; : comparaison fragmentaire entre TF1 et France 2</title>
		<link>https://www.acrimed.org/JT-de-l-ete-comparaison-fragmentaire-entre-TF1-et-France-2</link>
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		<dc:date>2007-09-20T05:35:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jamel Lakhal, Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>TF1</dc:subject>
		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cole, universit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ecouter et regarder la diff&#233;rence ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-TF1-+" rel="tag"&gt;TF1&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journaux-televises-114-+" rel="tag"&gt;Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Travail-+" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Ecole-universite-+" rel="tag"&gt;&#201;cole, universit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelles sont les diff&#233;rences entre les JT de TF1 et les JT de France 2 ? Une comparaison estivale et fragmentaire permet de se faire une premi&#232;re id&#233;e, en attendant les comparaisons plus &#233;tendues que nous allons proposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chaque &#233;t&#233;, en l'absence d'&#233;v&#232;nements majeurs, les JT des deux cha&#238;nes ronronnent doucement pour accompagner les vacanciers dans leur transhumance annuelle et reposer ceux qui ne partent pas : faits divers, infos sensationnelles et promotion du terroir. Vacances certes, mais pas pour tout le monde. Le travail de &#171; p&#233;dagogie &#187;, lui, n'a pas droit au farniente, surtout quand il s'agit d'accompagner les &#171; r&#233;formes &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#233;t&#233; sur France 2 : La course &#224; l'audimat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode Jean-Pierre Pernaut semble faire des &#233;mules (13H - TF1). Ouverture sur la m&#233;t&#233;o, faits divers au kilom&#232;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire : &#171; La tambouille de Jean-Pierre Pernaut sur TF1 (20 et 21 mars) &#187;.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sujets politiques au compte-goutte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour se faire une id&#233;e sur la fa&#231;on dont il tra&#238;te les sujets politiques, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la recette a un franc succ&#232;s en termes d'audience. De quoi susciter la jalousie des responsables de la r&#233;daction de France 2 d&#233;cid&#233;e &#224; rivaliser avec Jean-Pierre Pernaut sur son propre terrain avec ses propres armes. Mais les r&#233;sultats ne suivent pas, comme le souligne le &lt;i&gt;Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; du 5 septembre 2007 : &#171; &lt;i&gt;Ses grand-messes du 13 heures et du 20 heures plafonnent &#224; 22% de part d'audience (avec de jolis plongeons jusqu'&#224; 11% &#224; la mi-journ&#233;e), tandis que celles de TF1 oscillent entre 40% et 56%&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la crise &#224; France 2. La soci&#233;t&#233; des journalistes proteste ouvertement au sujet de la qualit&#233; d&#233;plorable des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de la cha&#238;ne et Laurent Delahousse aurait signifi&#233; son intention d'abandonner la pr&#233;sentation des JT en raison de l'ambiance r&#233;gnant dans la r&#233;daction. Arlette Chabot directrice de l'information, ne se laisse pas atteindre. Elle r&#233;agit en nommant &#171; &lt;i&gt;un nouveau r&#233;dacteur en chef du 20 heures (Thierry Thullier) et promet plein de sujets sur &#034;l'Europe et l'environnement&#034;&lt;/i&gt; &#187; tout en d&#233;clarant au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;D&#233;sormais, nous allons mettre le paquet et cela va se voir tr&#232;s rapidement &#224; l'antenne&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, le 29 ao&#251;t 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est vu pendant tout l'&#233;t&#233; ? Le 30 juillet, la mort de Michel Serrault qui occupe pr&#232;s de 21 minutes du JT, alors que le projet de loi sur le service minimum dans les transports publics doit se contenter de 2 minutes. Les cheminots auraient sans doute d&#251; jouer dans &#171; La cage aux folles &#187;&#8230; &#171; &lt;i&gt;Entre le 11 et le 21 ao&#251;t, par exemple, sur onze heures et demi d'infos, pr&#232;s de trois heures trente (soit un tiers) ont &#233;t&#233; consacr&#233;es aux faits divers, presque syst&#233;matiquement en ouverture.&lt;/i&gt; &#187; Le 14 ao&#251;t, pas un mot sur les mauvais chiffres de la croissance au 20 heures. Le 16 ao&#251;t au 20 heures, Fran&#231;oise Laborde pr&#233;f&#232;re ne pas questionner son invit&#233;e Christine Lagarde, la Ministre de l'Economie, sur la nouvelle du jour : la censure par le Conseil constitutionnel du cr&#233;dit d'imp&#244;t sur les int&#233;r&#234;ts immobiliers. Le &#171; sujet &#187; est exp&#233;di&#233; s&#233;par&#233;ment en 16 secondes. Le 31 ao&#251;t, &#171; &lt;i&gt;plus d'une heure et demi&lt;/i&gt; [est consacr&#233;e &#224; la diffusion en direct] &lt;i&gt;de la messe donn&#233;e en hommage &#224; feu la princesse lady Di&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Canard Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; du 5 septembre). Le 13 heures a d&#251; &#234;tre d&#233;cal&#233; &#224; 14h15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode des vacances une fois termin&#233;e, les responsables de la r&#233;daction de France 2 ont-ils repris leurs esprits ? Pas du tout, ou plut&#244;t pas encore. Le 3 septembre au 20 heures, ouverture sur les inondations en Gr&#232;ce. Le 6 septembre, ouverture sur la mort de Luciano Pavarotti au 13 heures et au 20 heures, &#224; raison de 4 sujets matin et soir, de plus de 7 et de 8 minutes pour chaque traitement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En g&#233;n&#233;ral, les JT font une place &#224; la culture quand des personnalit&#233;s de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les sujets du soir sont suivis des derni&#232;res nouvelles sur les efforts de recherche de Steve Fossett. Le 7 septembre au 20 heures, ouverture sur la Coupe du Monde de rugby avec 4 sujets de plus de 5 minutes&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eh bien, dansez maintenant !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la m&#234;me p&#233;riode, quand France 2 daigne s'int&#233;resser aux questions sociales, la diff&#233;rence de traitement avec la cha&#238;ne du groupe Bouygues n'est pas non plus &#233;vidente. Illustration avec le th&#232;me du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 juillet 2007, une fable nous est cont&#233;e par TF1 dans son journal de 20h pr&#233;sent&#233; par Patrick Poivre D'Arvor. Elle pourrait s'intituler : La Cigale Fran&#231;aise et la Fourmi Norv&#233;gienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier &#233;pisode : la Cigale Fran&#231;aise. A l'occasion de l'examen par le Parlement du projet de loi sur le travail, l'emploi, et le pouvoir d'achat, un sujet est consacr&#233; aux heures suppl&#233;mentaires en France. Denis Cadeau, reporter, pr&#233;sente ainsi les choses : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait l'une des promesses phares de la campagne de Nicolas Sarkozy : permettre aux salari&#233;s de travailler plus pour gagner plus. Un slogan qui va devenir r&#233;alit&#233; &#224; partir du 1er octobre avec des heures suppl&#233;mentaires exon&#233;r&#233;es de charges sociales, et qui ne seront pas soumises &#224; l'imp&#244;t sur le revenu. C'est une fa&#231;on d'inciter les fran&#231;ais &#224; travailler un peu plus longtemps sans toucher aux 35 heures. Car aujourd'hui, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;37 % seulement des salari&#233;s font des heures suppl&#233;mentaires&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(...) Mais en moyenne, les salari&#233;s fran&#231;ais &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;ne font que 55 heures&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; d'heures (sic) suppl&#233;mentaires par an contre 220 heures de maximum autoris&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37 % &lt;i&gt;&#171; seulement &#187;&lt;/i&gt; ! Et qui ne font que 55 heures suppl&#233;mentaires ! Excusez du peu. Pour TF1, les heures suppl&#233;mentaires sont un dispositif qu'il convient d'exploiter &#224; fond : 55 heures par an, c'est 165 heures de pas assez ! En attendant mieux... Mais au fait, parle-t-on d'heures suppl&#233;mentaires r&#233;elles ou d&#233;clar&#233;es ? Peu importe, ce qu'on retiendra est que le manque &#224; gagner pour le patron est &#233;norme. Heureusement, TF1 est l&#224; pour &#171; inciter les fran&#231;ais &#224; travailler un peu plus longtemps &#187;. Bien s&#251;r, toutes les personnes interview&#233;es lors du reportage (un technicien et une directrice g&#233;n&#233;rale) vont dans le m&#234;me sens. Quand il s'agit de chasser la cigale, on ne m&#233;nage pas sa peine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me &#233;pisode : la Fourmi Norv&#233;gienne. Comme beaucoup de m&#233;dias, TF1 affectionne particuli&#232;rement le &#171; mod&#232;le scandinave &#187;. Nous partons cette fois-ci pour la Norv&#232;ge o&#249;, nous explique PPDA, &#171; &lt;i&gt;le march&#233; de l'&#233;nergie repr&#233;sente une formidable manne financi&#232;re, et gr&#226;ce &#224; cela, ce pays s'est construit un mod&#232;le social unique au monde &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette phrase aurait pu s'appliquer mot &#224; mot &#224; un autre pays : le Venezuela. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le reportage de Delphine Kluzek commence par nous all&#233;cher : 15 jours de travail puis 4 semaines de repos, salaires de 8000 euros par mois... Un v&#233;ritable paradis sur terre... Si l'on peut dire, car il s'agit en fait des conditions tr&#232;s particuli&#232;res des techniciens de plates-formes p&#233;troli&#232;res (ou gazi&#232;res, on ne comprend pas tr&#232;s bien) off-shore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage laisse pourtant entendre que c'est le lot quotidien de tous les Norv&#233;giens : &lt;i&gt;&#171; Depuis 30 ans, l'exploitation des hydrocarbures a fait des Norv&#233;giens des citoyens parmi les plus riches du monde. Le Produit National Brut, c'est-&#224;-dire la richesse par habitant, d&#233;passe aujourd'hui les 32 000 euros, c'est quasiment 50% de plus qu'en France. A Stavenger o&#249; sont install&#233;es toutes les compagnies p&#233;troli&#232;res, le ch&#244;mage, &#231;a n'existe pas &#187;&lt;/i&gt;. Delphine Kluzek nous d&#233;voile alors le secret d'une telle r&#233;ussite : &lt;i&gt;&#171; A la diff&#233;rence des &#233;mirs du golfe, ceux qu'on appelle les cheiks aux yeux bleus ne flambent pas leur pactole. Depuis 10 ans, le gouvernement place toutes les recettes fiscales tir&#233;es de l'or noir dans un fonds destin&#233; &#224; financer les retraites du futur : 250 milliards d'euros investis en actions dans 3500 soci&#233;t&#233;s sur toutes les places boursi&#232;res du monde &#187;. &lt;/i&gt;Autrement dit, les retraites des Norv&#233;giens sont financ&#233;es par des fonds de pension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphine Kluzek conclut, tout sourire : &lt;i&gt;&#171; D&#232;s l'an prochain, les richesses de ce fonds de pension pourraient d&#233;passer le revenu national brut de la Norv&#232;ge, c'est-&#224;-dire la totalit&#233; de ses ressources annuelles. Et gr&#226;ce &#224; &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la gestion prudente&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; de cette formidable cagnotte p&#233;troli&#232;re, le mod&#232;le social norv&#233;gien est sans doute pour longtemps un 5 &#233;toiles compar&#233; &#224; la plupart des syst&#232;mes europ&#233;ens &#187;&lt;/i&gt;. Comme celui des fran&#231;ais, qui ont flamb&#233; leur pactole dans un syst&#232;me de retraite par r&#233;partition ? Moralit&#233; : Cigale Fran&#231;aise, tu sais ce qu'il te reste &#224; faire : suis l'exemple de la Fourmi Norv&#233;gienne, va travailler, et place ton argent dans des fonds de pension &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'air du temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travailler plus, donc, et m&#234;me (surtout) le dimanche. Comme sa jumelle priv&#233;e (vraie ou fausse, c'est l&#224;, semble-t-il, la seule incertitude qui demeure), France 2 fait &#339;uvre de p&#233;dagogie aupr&#232;s des t&#233;l&#233;spectateurs. &lt;i&gt;&#171; L'ouverture dominicale des magasins, on en reparle aujourd'hui, &lt;/i&gt;se r&#233;jouit ainsi Olivier Galzi (France 2, 13h, le 19 juillet 2007) &lt;i&gt;avec une situation particuli&#232;rement complexe &#224; Plan de Campagne dans les Bouches-du-Rh&#244;ne.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;C'est la plus grande zone commerciale de France, et elle est en passe de devenir un symbole de la lutte contre le travail le dimanche &#187;&lt;/i&gt;. En fait, la situation n'a rien de complexe : un centre commercial viole la loi en ouvrant ses magasins le dimanche, et France 2, farouche d&#233;fenseur du shopping dominical, vole &#224; son secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage de St&#233;phane Depinoy tient lieu d'argumentaire en faveur de l'ouverture dominicale. Et surtout contre les syndicats : &#171; &lt;i&gt;En ligne de mire, les syndicats qui bataillent pour la fermeture dominicale. (...) Pour les salari&#233;s, la bataille judiciaire est donc comme une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s !&lt;/i&gt; &#187;. Des salari&#233;s, tous favorables au travail le dimanche, sont donc interview&#233;s, ainsi qu'un commer&#231;ant accusant les syndicats de vouloir &#171; &lt;i&gt;faire fermer des enseignes 2 par 2, 3 par 3&lt;/i&gt; &#187;, et une cliente (dont St&#233;phane Depinoy nous assure que &#171; &lt;i&gt;la plupart soutiennent l'ouverture des magasins le dimanche&lt;/i&gt; &#187;, sans qu'on sache d'o&#249; il tient cette information) qui r&#233;sume : &#171; &lt;i&gt;Je trouve que les syndicats, &#224; ce niveau-l&#224;, ils devraient pas trop s'en m&#234;ler !&lt;/i&gt; &#187;. Ils ne se seront en tout cas pas m&#234;l&#233;s du reportage, puisqu'une fois de plus France 2 n'a pas jug&#233; utile de leur donner la parole, pas plus qu'&#224; aucun opposant &#224; l'ouverture dominicale des commerces&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En g&#233;n&#233;ral, dans les m&#233;dias dominants, &#171; n'&#233;merge que trop rarement une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que l'heure est grave : &#171; &lt;i&gt;Quatre grandes enseignes viennent d'&#234;tre condamn&#233;es &#224; respecter le repos du dimanche sous peine d'astreinte : 5 000 &#8364; par salari&#233;&lt;/i&gt; &#187;, s'indigne St&#233;phane Depinoy. Condamn&#233;es &#224; respecter la loi, quelle injustice ! Comme l'annon&#231;ait Olivier Galzi en introduction du sujet, &#171; &lt;i&gt;pour l'heure, les syndicats ont gagn&#233; la premi&#232;re manche, judiciaire&lt;/i&gt; &#187;. &#171; Pour l'heure &#187; seulement, comme si on attendait une revanche. Car quand la loi est mauvaise, il n'y a qu'&#224; la changer. St&#233;phane Depinoy se r&#233;jouit ainsi : &#171; &lt;i&gt;De nouvelles d&#233;rogations ne seraient pas impossibles, en attendant le futur texte de loi sur le travail dominical pr&#233;vu fin 2007&lt;/i&gt; &#187;. Chic, une r&#233;forme, aurait-il pu ajouter. Et pour que celle-ci soit &#224; la hauteur de leurs plus folles esp&#233;rances, les m&#233;dias ne se doivent-ils pas de sensibiliser l'opinion ? France 2 ne m&#233;nage pas sa peine en la mati&#232;re, elle qui a d&#233;j&#224; consacr&#233; plusieurs reportages tout aussi impartiaux sur le sujet (avec d&#233;j&#224; le bon soldat St&#233;phane Depinoy)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, ici m&#234;me, &#171; Repos dominical : trois t&#233;l&#233;visions pour une m&#234;me copie &#187;.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duire un probl&#232;me social g&#233;n&#233;ral, comme celui que soul&#232;ve le travail du dimanche, aux int&#233;r&#234;ts (compr&#233;hensibles) des clients&#8230; ou c&#233;l&#233;brer le &#171; bonheur inesp&#233;r&#233; &#187; de quelques b&#233;n&#233;ficiaires de l'assouplissement de la carte scolaire, comme si le probl&#232;me pouvait &#234;tre trait&#233; &#224; partir de leur (compr&#233;hensible) satisfaction : c'est la m&#234;me logique de d&#233;politisation qui est &#224; l'&#339;uvre dans les JT de France 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cha&#238;ne, en effet, n'a pas attendu le mois de septembre pour pr&#233;parer la rentr&#233;e. Le 24 juillet, au journal de 13h, Olivier Galzi annonce : &#171; &lt;i&gt;Cons&#233;quence de l'assouplissement de la carte scolaire, il y a eu cette ann&#233;e 25 % de demandes en plus pour changer son enfant d'&#233;tablissement. Les chiffres seront communiqu&#233;s demain mais nous nous les sommes procur&#233;s et, premi&#232;re &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;bonne nouvelle&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; : les demandes de changement pour la prochaine rentr&#233;e en 6&#232;me ou en seconde seront satisfaites &#224; 80%&lt;/i&gt; &#187;. L'&#171; assouplissement &#187; de la carte scolaire, loin d'&#234;tre une mesure discutable donnant lieu &#224; d&#233;bat, est donc d'abord pour France 2 une &#171; bonne nouvelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage qui suit s'efforce de nous en convaincre. &#171; &lt;i&gt;Madame Fran&#231;oise Anne est une m&#232;re combl&#233;e : son fils Nicolas changera bien d'&#233;tablissement &#224; la rentr&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, nous explique le journaliste qui s'est pench&#233; pour l'occasion sur le cas particulier d'une famille demandeuse. Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Un bonheur inesp&#233;r&#233;. Il y a un mois, c'est une famille au bord de la crise de nerfs qu'avait rencontr&#233;e l'inspecteur d'acad&#233;mie&lt;/i&gt; &#187;. &#171; M&#232;re combl&#233;e &#187;, &#171; bonheur inesp&#233;r&#233; &#187;, &#171; crise de nerfs &#187;, le tout sur fond d'images alternant la joie de la famille et la dispute avec l'inspecteur d'acad&#233;mie : tout est fait pour jouer sur l'&#233;motionnel et pour &#233;vacuer le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent enfin quelques chiffres. Qu'en est-il des 80 % de demandes satisfaites &#233;voqu&#233;es par Olivier Galzi ? &#171; &lt;i&gt;Sur l'ensemble de la France, 68500 demandes ont ainsi &#233;t&#233; enregistr&#233;es, dont 13500 rentrant dans les nouveaux crit&#232;res fix&#233;s pour la rentr&#233;e 2007. 80% des demandes ont pu &#234;tre satisfaites &lt;/i&gt; &#187;. Ce sont donc 80 % des demandes &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;rentrant dans les nouveaux crit&#232;res&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; uniquement qui ont &#233;t&#233; satisfaites, crit&#232;res dont on ne saura rien par ce reportage. Tout juste celui-ci avoue-t-il que &#171; &lt;i&gt;selon le minist&#232;re de l'&#233;ducation nationale, les &#233;tablissements les plus boud&#233;s n'ont perdu que 30 &#224; 40 &#233;l&#232;ves, mais il s'agit souvent de leurs meilleurs &#233;l&#233;ments&lt;/i&gt; &#187;. C'est dit bien tard et bien rapidement (c'est sur ces mots que se termine le sujet). Mais qu'importe : l'assouplissement de la carte scolaire n'est-il pas &#171; un bonheur inesp&#233;r&#233; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les JT du service public sont au service non de l'information de tous les publics, mais de la satisfaction partag&#233;e avec certains d'entre eux. Une t&#233;l&#233;vision de consommateurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 juillet, l'un des commer&#231;ants de Plan de Campagne, en guise d'argument, d&#233;clarait plein d'espoir : &#171; &lt;i&gt;On est dans l'air du temps&lt;/i&gt; &#187;. En effet... Et on dit merci qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin et Jamel Lakhal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NB &lt;/strong&gt; : Ces quelques &#233;l&#233;ments de comparaison entre les JT des deux cha&#238;nes ne sont qu'indicatifs. Certes, l'&#233;tude comparative des temps de parole politiques, publi&#233;e ici m&#234;me (&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2647.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La politique et le pluralisme &#224; la t&#233;l&#233;vision &#224; l'&#233;preuve des chiffres du CSA &#187;&lt;/a&gt;), met en &#233;vidence une diff&#233;rence quantitative notable entre les cha&#238;nes publiques et les cha&#238;nes priv&#233;es. Ainsi, sur la p&#233;riode 2001-2005, nous notions que &#171; &lt;i&gt;les deux principales cha&#238;nes publiques (France 2 et France 3) concourent pour plus de 70% &#224; la parole politique, tandis que la contribution des trois cha&#238;nes priv&#233;es hertziennes (TF1, Canal+ et M6) ne d&#233;passe pas les 30%. &#187; &lt;/i&gt;Mais qu'enseigne une approche &#224; la fois quantitative et qualitative, non seulement des JT et des &#233;missions politiques, mais de l'ensemble des programmes ? Nous en reparlerons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2318.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La tambouille de Jean-Pierre Pernaut sur TF1 (20 et 21 mars) &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour se faire une id&#233;e sur la fa&#231;on dont il tra&#238;te les sujets politiques, lors des rares occasions o&#249; il se sent oblig&#233; de le faire, lire :&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2598.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Journalisme politique ? Le questionnaire de Jean-Pierre Pernaut aux candidats &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En g&#233;n&#233;ral, les JT font une place &#224; la culture quand des personnalit&#233;s de la culture d&#233;c&#232;dent&#8230; ou, en fin de journal, pour des exercices de promotion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette phrase aurait pu s'appliquer mot &#224; mot &#224; un autre pays : le Venezuela. Mais aux yeux des tenanciers des m&#233;dias, pour ce pays, l'usage de la &#171; formidable manne financi&#232;re &#187; pour le financement d'un certain nombre de programmes sociaux (&#233;ducation, sant&#233;, &#8230;) ne cr&#233;e pas &#171; un mod&#232;le social unique au monde &#187; mais un populisme irresponsable et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En g&#233;n&#233;ral, dans les m&#233;dias dominants, &lt;i&gt;&#171; n'&#233;merge que trop rarement une parole vive, claire et pourvue d'arguments &#187; &lt;/i&gt;du c&#244;t&#233; des mobilisations sociales. Sur ce point, on peut se reporter &#224; Henri Maler et Mathias Reymond, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2570.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;M&#233;dias et mobilisations sociales &#8211; La morgue et le m&#233;pris &lt;/i&gt; ?&lt;/a&gt;, Syllepse, 2007, p. 103 et le reste du chapitre III, &#171; Les grognements du peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, ici m&#234;me, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article2646.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Repos dominical : trois t&#233;l&#233;visions pour une m&#234;me copie &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Universit&#233;s d'&#233;t&#233; : Gastronomie politique et d&#233;pendance des estomacs</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Universites-d-ete-Gastronomie-politique-et-dependance-des-estomacs</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Universites-d-ete-Gastronomie-politique-et-dependance-des-estomacs</guid>
		<dc:date>2006-09-26T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Ind&#233;pendance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Des ateliers de formation au copinage&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalistes-et-politiques-" rel="directory"&gt;Journalistes et politiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-Inter-+" rel="tag"&gt;France Inter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Independance-+" rel="tag"&gt;Ind&#233;pendance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'on en croit les sondages (mais il ne faut pas les croire aveugl&#233;ment...), &#171; les Fran&#231;ais &#187; ne sont gu&#232;re convaincus de l'ind&#233;pendance des journalistes. Du coup, m&#234;me les journalistes les plus dociles sont tent&#233;s de lever le voile sur certaines de leurs pratiques. En prenant soin bien s&#251;r de ne pas remettre en cause l'ordre m&#233;diatique &#233;tabli.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ici, dans l'&#233;mission &#171; Service Public &#187; du vendredi 22 septembre 2006 (&#233;mission diffus&#233;e chaque jour de 9h30 &#224; 10h30 sur France Inter), les animateurs, Isabelle Giordano et Yves Decaens, reviennent sur des reportages diffus&#233;s dans leur &#233;mission les jours pr&#233;c&#233;dents et qui ont suscit&#233; des r&#233;actions d'auditeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Isabelle Giordano : - &#171; &lt;i&gt;Retour sur un autre sujet trait&#233; : la communication des politiques ; on en a parl&#233; il y a quelques jours, puisque c'est vrai qu'en tant que consommateurs d'informations politiques nous essayons d'&#234;tre le mieux inform&#233;s possible, de conna&#238;tre m&#234;me un peu mieux ce qui se passe dans les coulisses de la politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on va entendre par la suite, on le verra, en dit autant sur les coulisses du journalisme politique que sur les coulisses de la politique. Mais Isabelle Giordano pr&#233;f&#232;re pr&#233;senter le sujet comme traitant de la &#171; communication des politiques &#187;, et non des journalistes aux prises avec la politique de la communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appr&#233;ciera au passage, l'expression &#171; consommateurs d'informations politiques &#187;. Rappelons que l'&#233;mission s'appelle &#171; Service Public &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pi&#232;ges&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Isabelle Giordano : &#171; &lt;i&gt;Antoine Ly (...), vous &#234;tes notre journaliste et vous avez interview&#233; un photographe, on s'en souvient, qui &#233;tait aux universit&#233;s d'&#233;t&#233; de l'UMP. Et ce photographe nous faisait un certain nombre de confidences qui ont fait vraiment beaucoup r&#233;agir nos auditeurs. On va juste r&#233;agir apr&#232;s le passage diffus&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Que voici :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le photographe : - &lt;i&gt;C'est presque un bonheur, hein, h&#233; h&#233;, c'est presque un bonheur, surtout pour moi qui travaille la plupart du temps dans la rue. L&#224; on est... on est invit&#233;, on est, on est nourri-log&#233;, on est, heu...&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Antoine Ly : - &lt;i&gt;Vous ne payez rien ?&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le photographe : &lt;i&gt;Presque pas, non. Ha ha, presque pas, non. C'est l&#224; le pi&#232;ge. Ce type d'universit&#233;, y'a quelques temps, c'&#233;tait des universit&#233;s de d&#233;bats, des ateliers de r&#233;unions, pour &#233;laborer un nouveau programme, pour s&#233;duire les militants. Aujourd'hui on a presque l'impression que ce sont des &#233;v&#233;nements - m&#234;me les militants nous le font remarquer - que c'est des op&#233;rations de s&#233;duction pour les mass-m&#233;dia, parce que les mass-m&#233;dia touchent directement les m&#233;nages dans leur chaumi&#232;re. Donc voil&#224;, c'est pour &#231;a qu'on nous traite bien, qu'on nous gave comme, comme des oies et... et que voil&#224;...&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Antoine Ly : - &lt;i&gt;Vous avez bien mang&#233; ?&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Le photographe : - &lt;i&gt;Tr&#232;s bien, oui. Ha, ha !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage &#233;difiant. M&#234;me s'il ne semble pas vouloir tout &#224; fait y croire (comme l'atteste ce passage : &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;on a presque l'impression&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; que ce sont&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;des op&#233;rations de s&#233;duction&lt;/i&gt; &#187;), le photographe ne manque pas de lucidit&#233; en parlant de &#171; pi&#232;ge &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son ouvrage &#171; &lt;i&gt;Bien entendu... c'est off &lt;/i&gt; &#187;, le journaliste politique Daniel Carton d&#233;non&#231;ait lui aussi, avec force d&#233;tails, ces universit&#233;s d'&#233;t&#233; devenues &#171; &lt;i&gt;des ateliers de formation au copinage&lt;/i&gt; &#187;.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Universit&#233;s parce qu'il s'agissait de former les jeunes de ces partis &#224; la politique. D'&#233;t&#233; parce que la trouvaille &#233;tait de leur faire prolonger, &#224; prix cass&#233;s, leurs grandes vacances dans un endroit des plus agr&#233;ables [...] Le concept a vite d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;. Les jeunes ne devinrent plus que des figurants dans un d&#233;cor mont&#233; pour les premiers tours de chant de rentr&#233;e des t&#233;nors de l'&#233;curie. L'ambiance devint de moins en moins studieuse, de plus en plus estivale et disons familiale. Enfin, ces universit&#233;s d'&#233;t&#233; devinrent de formidables pi&#232;ges &#224; journalistes [...] Ces universit&#233;s d'&#233;t&#233; pourraient &#234;tre sponsoris&#233;es par le Club Med, Trigano ne se retournerait pas dans sa tombe. Tout y garantit du bon temps [...] Tr&#232;s tard, ces journ&#233;es de grandes r&#233;flexions s'ach&#232;vent en bo&#238;te sur des rythmes endiabl&#233;s ou langoureux, avec p&#233;nombre intime. Car pour &#234;tre politique ou journaliste, on n'en est pas moins homme ou femme.[...] On peut r&#233;sister bien s&#251;r. Demander &#224; loger &#224; l'ext&#233;rieur du club, s'en sortir par des pirouettes, mais les traquenards sont partout. [...] Progressivement, perfidement, ces lieux sont devenus des ateliers de formation au copinage, avec multiples s&#233;ances de rattrapages pendant l'ann&#233;e. Car les politiques ont compris quels avantages ils allaient en tirer et ils ne se sont pas arr&#234;t&#233;s. Le malheur des journalistes a &#233;t&#233; de ne pas r&#233;aliser quelle part d'eux-m&#234;mes ils allaient y laisser.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Carton, &#171; Bien entendu... c'est off &#187;, Albin Michel, Paris, 2003, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de &#171; Service public &#187; se garde bien d'aller aussi loin. Et plut&#244;t que de se risquer &#224; une analyse critique, elle s'empresse d'oublier les quelques propos compromettants tenus par le photographe et encha&#238;ne sur une pseudo-enqu&#234;te qui se borne &#224; proposer un guide de gastronomie compar&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#171; Enqu&#234;te &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Isabelle Giordano : - &lt;i&gt;Antoine Ly, un peu plus d'explications. Vous avez men&#233; votre enqu&#234;te, vous avez questionn&#233; notamment des journalistes de la r&#233;daction de France Inter. C'est vrai que quand on entend &#231;a, je comprends que les auditeurs r&#233;agissent : on a l'impression que les&lt;/i&gt; &lt;i&gt;journalistes et les photographes sont pay&#233;s, heu, voil&#224;, tous frais pay&#233;s aux universit&#233;s d'&#233;t&#233; de l'UMP. Comment &#231;a se passe pr&#233;cis&#233;ment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;Notons que pour&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Isabelle Giordano, il ne s'agit bien s&#251;r que d'une &#171; &lt;i&gt;impression&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Antoine Ly : - &lt;i&gt;Alors globalement, ce qu'on peut dire, c'est que les journalistes sont mieux re&#231;us par les partis de droite que par ceux de gauche. A l'universit&#233; d'&#233;t&#233; de l'UMP o&#249; j'&#233;tais donc au d&#233;but du mois, on a eu droit &#224; d'excellents petits fours et des boissons &#224; volont&#233;. Pour l'h&#233;bergement, le service de presse de l'UMP proposait un forfait dans un h&#244;tel de Marseille : 120 &#8364; pour deux nuits, au lieu de 200. Le parti de Nicolas Sarkozy ne paie pas la diff&#233;rence, il a au pr&#233;alable n&#233;goci&#233; un rabais sur les chambres. Une navette &#233;tait par ailleurs mise &#224; notre disposition pour nous emmener au Palais des Congr&#232;s, tout &#231;a pour que nous puissions travailler dans de meilleures conditions&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, il n'est plus question de &#171; pi&#232;ge &#187;. &#192; n'en pas douter, les &#171; excellents petits fours &#187; font partie de l'&#233;quipement indispensable pour que les journalistes travaillent dans les &#171; meilleures conditions &#187; : comme s'il s'agissait l&#224; de l'unique explication de l'accueil r&#233;serv&#233; aux journalistes par &#171; le parti de Sarkozy &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Antoine Ly : - &lt;i&gt;A l'UDF, lors des grandes occasions, des repas sont organis&#233;s avec la presse et certains cadres du parti, Fran&#231;ois Bayrou en t&#234;te. Mais sinon, la r&#232;gle pour les journalistes c'est de se d&#233;brouiller, tant pour les repas que pour les h&#244;tels. Du c&#244;t&#233; du Parti Socialiste, c'est la m&#234;me chose, chacun se prend en charge, sauf pendant l'universit&#233; d'&#233;t&#233; de La Rochelle : &#224; cette occasion, Fran&#231;ois Hollande invite des journalistes &#224; un d&#238;ner de travail, dans un restaurant sp&#233;cialis&#233; dans le poisson et les crustac&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tails culinaires recueillis au cours de l' &#171; &lt;i&gt;enqu&#234;te&lt;/i&gt; &#187; (sic), men&#233;e &#171; &lt;i&gt;notamment &lt;/i&gt; &#187; aupr&#232;s des journalistes de France Inter se pr&#233;cisent. A quelle fin ? C'est ce que permet d'entrevoir la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Antoine Ly : - &lt;i&gt;Je vais vous raconter une petite anecdote : samedi dernier, &#224; Lens, lors du grand oral des pr&#233;sidentiables du PS, seulement 2000 militants avaient fait le d&#233;placement, alors qu'on en attendait 1000 de plus. Pour ne pas faire de g&#226;chis, le PS a offert aux journalistes des plateaux-repas qui n'avaient pas &#233;t&#233; distribu&#233;s. Mais rien de tr&#232;s app&#233;tissant : les carottes r&#226;p&#233;es et la tranche de jambon &#233;taient para&#238;t-il immangeables !&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excellents petits fours et boissons &#224; volont&#233; &#224; l'UMP, carottes r&#226;p&#233;es et jambon immangeables au PS... De l&#224; &#224; affirmer que l'on conna&#238;t ainsi la raison pour laquelle les m&#233;dias pr&#233;f&#232;rent Sarkozy, il y a un pas qu'il vaut mieux ne pas franchir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Antoine Ly : - &lt;i&gt;Sinon pour les autres partis, que ce soit le Front National, le Mouvement pour la France de Philippe De Villiers, les Verts et les partis d'extr&#234;me gauche, l&#224;, ni repas ni aide &#224; l'h&#233;bergement ne sont propos&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Isabelle Giordano : - &lt;i&gt;Donc l&#224;, on doit tout payer&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, c'est la direction de France Inter qui doit tout payer, et non le journaliste. Mais ce dernier devra se d&#233;brouiller tout seul pour trouver son h&#244;tel, son restaurant, ses moyens de transport... et le tout sera certainement de moins bonne qualit&#233; qu'&#224; l'UMP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ind&#233;pendance ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces comparaisons gastronomiques et h&#244;teli&#232;res nous ont-elles assez &#233;gar&#233;s ? Pas si s&#251;r... Car soudain, Isabelle Giordano s'inqui&#232;te des conclusions que les auditeurs pourraient tout de m&#234;me tirer d'une telle &#171; enqu&#234;te &#187; :&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Isabelle Giordano : - &lt;i&gt;Bien s&#251;r, ce qu'il faut rappeler, Antoine, c'est que les journalistes politiques, et surtout ceux de la r&#233;daction de France Inter, sont libres ! M&#234;me si parfois ils sont invit&#233;s &#224; d&#233;jeuner. Voil&#224;, c'&#233;tait important de... de le rappeler !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cas o&#249; des esprits chagrins auraient pu en douter ! Comme si par la seule force de leur sens de l'humour, les journalistes pouvaient s'affranchir de tout conditionnement et d&#233;jouer tous les pi&#232;ges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;nonc&#233;s plus haut par le photographe.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Surtout ceux de la r&#233;daction de France Inter ! &lt;/i&gt; &#187;. Une telle marque de solidarit&#233; avec ses coll&#232;gues de Radio France fait sourire quand on sait qu'Isabelle Giordano a op&#233;r&#233; (et op&#232;re toujours) dans de nombreux autres m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yves Decaens tente alors de prendre apparemment un peu de distance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Yves Decaens : - &lt;i&gt;Enfin, la fa&#231;on dont ils &lt;/i&gt;[les journalistes]&lt;i&gt; sont re&#231;us peut &#233;ventuellement compter dans le choix de leur destination, hein.&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Isabelle Giordano, g&#234;n&#233;e : - &lt;i&gt;Oui ? peut-&#234;tre... Vous pensez ? ... qu'ils pr&#233;f&#232;rent aller &#224; l'UMP ou au PS ? Ha, ha !&lt;/ br&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Yves Decaens : - &lt;i&gt;Oh ben, &#233;coutez, apr&#232;s ce qu'on vient d'entendre...&lt;/i&gt;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Antoine Ly : - &lt;i&gt;Non, non, pas du tout, pas du tout !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Circulez, y a rien &#224; voir ! Ainsi, l'&#233;vocation propos&#233;e - &#171; l'enqu&#234;te &#187; ! - n'&#233;tait qu'un petit guide touristique. Comme si les modalit&#233;s de l'accueil lors des Universit&#233; d'&#233;t&#233; &#233;taient strictement anecdotiques, alors qu'elles ne sont qu'un aspect de l'ensemble des relations qui enserrent les journalistes politiques. C'est vrai : la d&#233;pendance de leurs estomacs ne suffit pas n&#233;cessairement &#224; compromettre l'ind&#233;pendance des journalistes. Mais pour savoir ce qui la mine, mieux vaut se r&#233;f&#233;rer &#224; l'ouvrage de Daniel Carton, &#171; &lt;i&gt;Bien entendu, c'est off&lt;/i&gt; &#187;, mentionn&#233; plus haut. On y apprendra en particulier que la bonne chair est loin d'&#234;tre le seul app&#226;t tendu aux journalistes par les politiques : tutoiement, parties de tennis, bronzage en commun... font partie de l'arsenal d&#233;ploy&#233; pour plaire aux m&#233;dias... qui ne s'en plaignent pas ! Pour en savoir plus, on pourra &#233;galement consulter quelques ouvrages de sociologie du journalisme. On y d&#233;couvrira pourquoi les journalistes politiques, pas plus que n'importe quel acteur social, ne sont ind&#233;pendants de la position sociale qu'ils occupent, des rapports de celle-ci avec les positions occup&#233;es par d'autres acteurs, ou, plus simplement, de l'ensemble des interactions, plus ou moins conflictuelles, dans lesquelles ils sont pris. Mais pour comprendre tout cela, il ne faudra manifestement pas compter sur les &#171; enqu&#234;tes &#187; de France Inter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin&lt;/ br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(avec Henri Maler)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Carton, &#171; &lt;i&gt;Bien entendu... c'est off &lt;/i&gt; &#187;, Albin Michel, Paris, 2003, p. 116-118.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D&#233;nonc&#233;s plus haut par le photographe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un portrait m&#233;diatique d'Olivier Besancenot en personnage m&#233;diatique</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Un-portrait-mediatique-d-Olivier-Besancenot-en-personnage-mediatique</link>
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		<dc:date>2006-06-22T06:34:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>Reportages / enqu&#234;tes</dc:subject>
		<dc:subject>Personnalisation</dc:subject>
		<dc:subject>&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Quels rapports aux m&#233;dias ?</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Besancenot</dc:subject>
		<dc:subject>LCR-NPA</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;... Un portrait soigneusement d&#233;politis&#233;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Election-presidentielle-de-2007-" rel="directory"&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle de 2007 &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Reportages-enquetes-+" rel="tag"&gt;Reportages / enqu&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Personnalisation-+" rel="tag"&gt;Personnalisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Envoye-special-1361-+" rel="tag"&gt;&#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Quels-rapports-aux-medias-+" rel="tag"&gt;Quels rapports aux m&#233;dias ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Olivier-Besancenot-+" rel="tag"&gt;Olivier Besancenot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-LCR-NPA-+" rel="tag"&gt;LCR-NPA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 12 janvier 2006, l'&#233;mission &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187;, sur France 2, pr&#233;sentait un reportage intitul&#233; : &#171; Portrait : Olivier Besancenot, la r&#233;volution &#224; la lettre &#187;. A la lettre ? Subtile allusion au m&#233;tier de facteur du personnage mis en sc&#232;ne dans un portrait soigneusement d&#233;politis&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une seule question-r&#233;ponse sous-tend ce portrait d'une dur&#233;e d'une demi-heure : Besancenot est-il ou non un produit marketing cr&#233;&#233; de toutes pi&#232;ces par la direction de la LCR pour &#234;tre plus populaire aupr&#232;s de l'&#233;lectorat, notamment des jeunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marketing pour plaire aux jeunes, voil&#224; un crime qu'une cha&#238;ne comme France 2 ne commettrait jamais, elle...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;mission &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; est pr&#233;sent&#233;e par deux femmes jeunes au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici, image par image ou presque, l'analyse minutieuse de ce document.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bonne question&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la diffusion du reportage, les deux pr&#233;sentatrices de l'&#233;mission annoncent la couleur : Olivier Besancenot est &#171; &lt;i&gt;un bon client, comme on dit dans le m&#233;tier&lt;/i&gt; &#187;. Il est &#171; &lt;i&gt;bien plus populaire que son organisation&lt;/i&gt; &#187;. Olivier Besancenot nous est encore pr&#233;sent&#233; comme &#171; &lt;i&gt;porte-voix du NON&lt;/i&gt; &#187; &#224; la constitution (un &#171; Non &#187; qui, rappelons-le, n'a pas vraiment eu besoin de porte-voix m&#233;diatiques pour l'emporter, et pour cause : ceux-ci avaient toutes les peines du monde &#224; se faire entendre) et &#171; &lt;i&gt;amateur de rap et proche du chanteur Joey Starr&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage commence par une s&#233;quence de nuit. Olivier Besancenot, dans sa voiture, se rend &#224; son travail. Voix &lt;i&gt;off &lt;/i&gt;de la journaliste, Alix Bouilhaguet : &#171; Ce&lt;i&gt;rtains en doutent encore, mais il est vraiment facteur&lt;/i&gt; &#187;. Un doute largement imaginaire... Mais nous apprendrons peu &#224; peu que si Besancenot est vraiment facteur, ce n'est pas un vrai facteur...&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment facteur. A l'entr&#233;e de la Poste, un simple panneau sur une porte (sans vigile, ni code) stipule : &#171; Entr&#233;e interdite &#224; toute personne &#233;trang&#232;re au service &#187;. Ce qu'Alix traduit par : &#171; &lt;i&gt;La Poste ne nous autorise pas &#224; entrer &#187;&lt;/i&gt;. Faisant sans doute allusion aux conditions de travail des postiers (mais nous n'en saurons rien...), Besancenot r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Il y a des choses qu'on ne veut pas vous montrer ici&lt;/i&gt; &#187;. Et Alix Bouilhaguet de commenter : &#171; &lt;i&gt;Olivier Besancenot d&#233;range jusque sur son lieu de travail&lt;/i&gt; &#187;. Besancenot ou les journalistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment facteur, donc. Mais pas un vrai facteur : un personnage. C'est ce que nous apprend aussit&#244;t (en l'absence de Besancenot parti travailler...), une question perspicace en voix &lt;i&gt;off &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Qui se cache derri&#232;re le personnage ?&lt;/i&gt; &#187; Un personnage que les m&#233;dias (et donc ce portrait) contribuent &#224; fabriquer. Mais s'il cache quelqu'un, comment les m&#233;dias qui le construisent pourraient-ils le d&#233;busquer ? Il faut alors que celui qui se cache derri&#232;re le personnage soit... un autre personnage, r&#233;sum&#233; par cette question-r&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Une cr&#233;ature fabriqu&#233;e de toutes pi&#232;ces par un parti en mal de publicit&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement de d&#233;cor : le reportage nous emm&#232;ne &#224; l'universit&#233; d'&#233;t&#233; de la LCR, dans &#171; &lt;i&gt;les coulisses de l'&#233;curie du jeune champion&lt;/i&gt; &#187;. M&#233;taphore sportive qui en dit long sur la vision de la politique par Alix Bouilhaguet. Celle-ci poursuit : &#171; &lt;i&gt;Alain Krivine, l'inusable patron de la LCR, veille sur son poulain&lt;/i&gt; &#187;. Ce terme &#171; &lt;i&gt;inusable &lt;/i&gt; &#187;, employ&#233; ici avec un certain m&#233;pris, n'a jamais &#233;t&#233; utilis&#233; sur France 2, &#224; notre connaissance, pour qualifier MM Chirac ou Giscard d'Estaing. Mais pour les m&#233;dias, si un leader d'extr&#234;me gauche a pass&#233; la cinquantaine, il est &#171; inusable &#187;, s'il est jeune, c'est &#171; &lt;i&gt;une cr&#233;ature fabriqu&#233;e de toutes pi&#232;ces par un parti en mal de publicit&#233; &lt;/i&gt; &#187; ! Et Alix Bouilhaguet enfonce le clou : &#171; &lt;i&gt;Entre les deux hommes [...], une m&#234;me obsession : ne jamais faire passer Olivier Besancenot pour une cr&#233;ation marketing&lt;/i&gt; &#187;. Inutile, les m&#233;dias s'en chargent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images suivantes : lors d'un meeting en faveur du &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum sur le Trait&#233; Constitutionnel Europ&#233;en. On y voit Jos&#233; Bov&#233; et Marie-Georges Buffet, qui ne seront pas interview&#233;s. L'&#233;quipe d'Envoy&#233; Sp&#233;cial a-t-elle soigneusement &#233;vit&#233; d'interroger ceux qui pourraient d&#233;fendre&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Olivier Besancenot ? Les seules personnes qui s'exprimeront lors du reportage, hormis des membres de la LCR et quelques rappeurs, seront en effet des journalistes de march&#233; et des membres du PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage se poursuit par un &#171; flash-back &#187; sur l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2002, au soir du premier tour, avec ce commentaire : &#171; &lt;i&gt;Alain Krivine peut &#234;tre satisfait, son pari est gagn&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Toujours cette image du grand manitou qui tire les ficelles du pantin Besancenot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Artifices&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste s'attarde alors sur l'engagement politique d'Olivier Besancenot : &#171; &lt;i&gt;Il n'a connu ni la pauvret&#233;, ni la privation&lt;/i&gt; &#187;, prend-elle soin de pr&#233;ciser. Pas plus que la plupart des journalistes de France 2. &#171; &lt;i&gt;A la maison, pas de r&#233;volutionnaire, il ira chercher son ma&#238;tre &#224; penser ailleurs. Ce p&#232;re en politique&lt;/i&gt; &#187;, c'est Pierre Vandewoorde, son ancien professeur d'Allemand. Un &#171; maitre &#224; penser &#187;, bien s&#251;r. Alix Bouilhaguet lui pose alors une question truculente : &#171; &lt;i&gt;En 4&#232;me, il &#233;tait comment : il &#233;tait d&#233;j&#224; grande gueule, r&#233;volutionnaire... p&#233;nible ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis : &#171; &lt;i&gt;C'est pas d&#233;licat aussi avec les parents, quand... ? Il a commenc&#233; jeune !&lt;/i&gt; &#187;. Face au silence qui suit ce morceau de phrase incompr&#233;hensible, charg&#233; d'insinuation, la journaliste triomphe : &#171; &lt;i&gt;La question&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;d&#233;range !&lt;/i&gt; &#187;. Finalement, quelqu'un se risque &#224; une r&#233;ponse. &#171; &lt;i&gt;G&#233;rard Pr&#233;vot, un autre militant, r&#233;pond &#224; sa place&lt;/i&gt; &#187;, remarque Alix Bouilhaguet. A la place de Besancenot ? Mais en disant &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;IL&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; a commenc&#233; jeune&lt;/i&gt; &#187;, la journaliste a clairement signifi&#233; que la question ne lui &#233;tait pas pos&#233;e directement. Rien de plus normal, donc, qu'Olivier Besancenot ne r&#233;ponde pas...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Vandewoorde d&#233;clare un peu plus loin : &#171; &lt;i&gt;Ce qui fait la diff&#233;rence entre nous et une secte, c'est qu'une secte c'est difficile &#224; quitter. Nous, on n'est pas difficile &#224; quitter &lt;/i&gt; &#187;. A quelle question r&#233;pond cette comparaison ? Nous ne le saurons pas. Mais le contexte sugg&#232;re que c'est Alix Bouilhaguet elle-m&#234;me qui l'a risqu&#233;e hors antenne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre question d&#233;cisive soulev&#233;e par notre &#171; enqu&#234;trice &#187; : &#171; &lt;i&gt;Ses parents ont-ils nourri des inqui&#233;tudes ? Impossible de leur demander&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Pourquoi est-ce impossible ? Et pourquoi ses parents auraient-ils nourri plus d'inqui&#233;tudes que s'il s'&#233;tait inscrit au Mouvement des Jeunes Socialistes ou chez les Jeunes Giscardiens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Alix Bouilhaguet, tout est marketing chez Besancenot. Quand il tape dans un ballon, comme des millions de jeunes de son &#226;ge, c'est du marketing : &#171; &lt;i&gt;Marketing ou pas, lui, quand il fait du sport, c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;forc&#233;ment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; un sport populaire &lt;/i&gt; &#187;. Et s'il refuse le marketing, c'est encore... du marketing ! &#171; &lt;i&gt;Rester en dehors du courant, c'est une marque de fabrique ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivant la biographie d'Olivier Besancenot, Alix Bouilhaguet nous apprend alors que pendant ses &#233;tudes, &#171; &lt;i&gt;sa priorit&#233;, c'&#233;tait SA r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187; (et non pas LA r&#233;volution). Puis elle nous emm&#232;ne au supermarch&#233; Shoppi de Levallois, o&#249; Besancenot a &#233;t&#233; employ&#233; pendant un temps. &#171; &lt;i&gt;Pas de chance pour le patron, le r&#233;volutionnaire en herbe lui impose l'&#233;lection d'un d&#233;l&#233;gu&#233; du personnel&lt;/i&gt; &#187;. A quel &#226;ge un r&#233;volutionnaire cesse-t-il d'&#234;tre &#171; en herbe &#187; ?&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Moi, &lt;/i&gt;t&#233;moigne alors le patron&lt;i&gt;, j'ai des relations plut&#244;t, on va dire, familiales avec mes employ&#233;s, n'importe qui peut venir me voir quand il veut. Lui il voulait &#234;tre beaucoup plus proc&#233;durier, il me parlait de syndicat !&lt;/i&gt; &#187;. Pas de chance pour le patron, en effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Besancenot explique que ce n'&#233;tait pas une vocation pour lui de devenir facteur, Alix Bouilhaguet rench&#233;rit : &#171; &lt;i&gt;C'est pourtant le m&#233;tier qu'il a choisi&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#224; 23 ans. Pour lui, ce sont les al&#233;as de la vie. Et si, au contraire, son histoire &#233;tait celle d'un destin totalement ma&#238;tris&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;. En l'absence d'une quelconque justification, cette question n'est qu'une insinuation... d&#233;nu&#233;e de sens : qui nous dira ce qu'est un destin, s'il est totalement ma&#238;tris&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Olivier Besancenot, un facteur comme les autres ? Pas tout &#224; fait&lt;/i&gt; &#187;, susurre Alix Bouilhaguet qui, pour &#233;tablir cette diff&#233;rence, a recueilli le t&#233;moignage d'un expert en &#171; vrais &#187; facteurs, Claude Askolovitch, journaliste au &lt;i&gt;Nouvel Observateur &lt;/i&gt;dont l'hostilit&#233; au mouvement altermondialiste est un gage d'impartialit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Culturellement, ce n'est pas vrai, parce que l'environnement dans lequel il &#233;volue est un environnement beaucoup plus &#233;volu&#233; que la France d'en bas&lt;/i&gt; &#187;. Comme chacun sait, les journalistes du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; sont des sp&#233;cialistes de la France d'en bas. &#171; &lt;i&gt;Non, il n'est &#233;videmment pas comme les autres : il vit avec quelqu'un qui travaille dans le monde de l'&#233;dition&lt;/i&gt; &#187;. Directrice ou secr&#233;taire, chef de service ou sous-fifre, on ne saura pas. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas le mode de vie habituel, commun de ses petits camarades facteurs&lt;/i&gt; &#187;. Quel argument choc ! Et quel m&#233;pris pour les facteurs ! Mais cela suffit &#224; notre &#171; enqu&#234;trice &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
Olivier Besancenot et les m&#233;dias &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; s'int&#233;resse aussi aux relations d'Olivier Besancenot avec les m&#233;dias. &#171; &lt;i&gt;En peu de temps, Olivier Besancenot est devenu la coqueluche des m&#233;dias&lt;/i&gt; &#187;. Qui croyait encore que c'&#233;tait Sarkozy ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit alors la &#171; coqueluche &#187; lors de son passage dans l'&#233;mission &#171; Les Grosses t&#234;tes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Question de Philippe Bouvard &#224; Besancenot : &#171; Est-ce que la possession d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour justifier ce passage, Olivier Besancenot tente une explication : &#171; &lt;i&gt;Il y a une esp&#232;ce de jugement, de m&#233;pris m&#234;me un peu social pour une &#233;mission qui est &#233;cout&#233;e par les classes populaires&lt;/i&gt; &#187;. L'argument a de quoi surprendre. &#171; La Ferme C&#233;l&#233;brit&#233; &#187; aussi est une &#233;mission populaire...O&#249; s'arr&#234;tent les compromis, o&#249; commence la compromission ? Qu'y a-t-il de plus m&#233;prisant pour les classes populaires ? M&#233;priser une &#233;mission qui les m&#233;prise ou cautionner cette m&#234;me &#233;mission ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, pour Philippe Bouvard, Olivier Besancenot &#171; &lt;i&gt;est un bon client&lt;/i&gt; &#187;. Mais, prend soin de pr&#233;ciser l'animateur, sans crainte d'&#234;tre contredit : &#171; &lt;i&gt;on sait bien que derri&#232;re cette fa&#231;ade juv&#233;nile et joviale, il y a le monstre froid d'un certain totalitarisme !&lt;/i&gt; &#187;. Nous savons d&#233;sormais &#171; qui se cache derri&#232;re le personnage &#187;...&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre t&#233;moin &#224; charge, Jean-Michel Aphatie, journaliste &#224; RTL, intervient alors : &#171; &lt;i&gt;Sans doute par son discours, il identifie un petit peu les peurs du moment&lt;/i&gt; &#187;. Pour le journaliste de march&#233;, l'opposition au syst&#232;me lib&#233;ral ne peut pas &#234;tre r&#233;fl&#233;chie, elle repose donc forc&#233;ment sur la peur. &#171; &lt;i&gt;Pour autant, la complaisance parfois, dont font preuve beaucoup de journalistes &#224; son &#233;gard est assez incompr&#233;hensible&lt;/i&gt; &#187;. D'autant plus incompr&#233;hensible que Jean-Michel n'a jamais &#233;t&#233; complaisant, surtout pas avec les patrons, ni avec les partisans du OUI &#224; la constitution...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, est-ce pour donner un exemple d'entretien sans complaisance que s'intercale ici une br&#232;ve s&#233;quence d'un entretien. Or cette s&#233;quence r&#233;v&#232;le surtout l'arrogance de l'interviewer qui conclut &#224; la place de son interlocuteur et &#224; contresens de ce qu'il vient de dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Jean-Michel Aphatie : &#171; &lt;i&gt;Vous serez candidat en 2007, Olivier Besancenot ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Olivier Besancenot : &#171; &lt;i&gt;L&#224; pour l'instant, c'est pas &#224; l'ordre du jour, je pr&#233;f&#232;re discuter du contenu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/ br&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Jean-Michel Aphatie : &#171; &lt;i&gt;Olivier Besancenot, futur candidat en 2007, &#233;tait l'invit&#233; d'RTL ce matin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Complaisance m&#233;diatique, mais aussi politique&lt;/i&gt;, nous explique la voix off : &lt;i&gt;on ne s'adresse pas &#224; Olivier Besancenot comme &#224; Arlette Laguiller&lt;/i&gt; &#187;. Faut-il comprendre que pour Alix Bouilhaguet, il est normal de m&#233;priser la porte-parole de Lutte Ouvri&#232;re et qu'Olivier Besancenot m&#233;rite le m&#234;me traitement ? C'est &#224; Jean-Michel Aphatie, une fois de plus qu'elle laisse le soin de r&#233;pondre : &#171; &lt;i&gt;Je me souviens notamment d'un d&#233;bat o&#249; Dominique Strauss-Kahn parlait apr&#232;s Olivier Besancenot en disant chaque fois : &#171; vous avez raison, mais... &#187;. Du coup, la cr&#233;dibilisation de Besancenot est extraordinaire&lt;/i&gt; &#187;. Besancenot cr&#233;dibilis&#233; par DSK ? On en rit encore... Mais pour Apathie, peu importe que Besancenot ait eu effectivement raison ou non, le devoir d'un homme politique respectable est de le contredire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Jean-Michel Aphatie trouve incompr&#233;hensible m&#233;ritait une explication rationnelle. Seul un expert d'envergure pouvait la donner. Le politologue Dominique Reyni&#233; s'en charge : &#171; &lt;i&gt;Contester Olivier Besancenot quand on est &#224; gauche, c'est en tr&#232;s peu de temps se retrouver contre la jeunesse, et &#224; droite&lt;/i&gt; &#187;. Naturellement, les jeunes n'ont pas d'id&#233;es, ils votent pour les jeunes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Askolovitch revient alors &#224; la charge : &#171; &lt;i&gt;Le milieu, la bonne bourgeoisie, le syst&#232;me est pr&#234;t &#224; l'accueillir. Il r&#233;siste &#224; &#231;a. Il r&#233;siste &#224; &#231;a comment ? En se montrant encore plus dur, en niant le fait qu'il &#224; &#231;a en lui &lt;/i&gt;[&#231;a quoi ?], &lt;i&gt;en insistant sur le c&#244;t&#233; populo, et en se montrant plus m&#233;chant qu'il ne l'est. S'il insiste tellement l&#224;-dessus, c'est aussi pour &#233;chapper &#224; cette esp&#232;ce de tentation : &#171; Vade Retro Satanas ! Non, pas la bourgeoisie, non pas moi ! &#187; Mais si mon vieux, tu es dedans ! &lt;/i&gt; &#187;. Inconsciemment, Askolovitch nous retracerait-il son propre parcours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Images suivantes, dans une manifestation &#224; Paris. Voix off : &#171; &lt;i&gt;Olivier Besancenot n'a peut-&#234;tre pas la t&#234;te d'un r&#233;volutionnaire...&lt;/i&gt; &#187;. Ah bon ? Et c'est quoi, la t&#234;te d'un r&#233;volutionnaire ? &#171; &lt;i&gt;Combien, parmi ceux qui lui demandent des autographes, connaissent vraiment son programme ?&lt;/i&gt; &#187;, se demande Alix Bouilhaguet, soudain soucieuse des positions d&#233;fendues par son personnage. Les auditeurs passionn&#233;s par les &#171; Grosses T&#234;tes &#187; &#233;tant rares dans les manifestations, on peut penser que ceux qui viennent saluer Besancenot sont au moins des &#233;lecteurs de la LCR, sinon des militants actifs du parti. Ceux-ci doivent sans doute &#234;tre des abrutis illettr&#233;s, pour ne m&#234;me pas conna&#238;tre le programme de leur candidat...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, pour conna&#238;tre ce programme, ce n'est pas le reportage qui nous &#233;clairera beaucoup. Sur une demi-heure de jacasseries inutiles, les id&#233;es de la LCR sont r&#233;sum&#233;es en quelques phrases archi-r&#233;ductrices. G&#233;rard Filoche, un des fondateurs de la LCR, aujourd'hui membre du PS, ne nous en dira pas plus. De ses propos, il ne sera retenu que l'affirmation selon laquelle il trouve au parti &#171; &lt;i&gt;un petit c&#244;t&#233; sectaire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de d&#233;battre sur les id&#233;es, &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; pr&#233;f&#232;re nous parler des go&#251;ts musicaux d'Olivier Besancenot. Nous savions d&#233;j&#224; que &#171; &lt;i&gt;Marketing ou pas, lui, quand il fait du sport, c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;forc&#233;ment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; un sport populaire &#187;. &lt;/i&gt;Nous apprenons d&#233;sormais que quand il &#233;coute de la musique : &#171; &lt;i&gt;Son registre, c'est &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;forc&#233;ment&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; la chanson engag&#233;e, le rap&lt;/i&gt; &#187;. ... &#171; Forc&#233;ment &#187;, le &#171; portrait &#187; dessin&#233; par Alix Bouilhaguet doit mettre en lumi&#232;re - sans artifice, &#233;videmment... - les artifices du personnage qu'il construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hormis les membres de la LCR, ces rappeurs seront les seuls d&#233;fenseurs de Besancenot. Pas un seul ouvrier, syndicaliste, militant associatif ou m&#234;me simple &#233;lecteur n'aura &#233;t&#233; interrog&#233;. Aucun risque par cons&#233;quent qu'il soit question des positions du porte-parole de la LCR. Il ne doit &#234;tre question que de son image. Des propos tenus par les rappeurs, on ne retiendra donc que ceux qui la concernent : Monsieur R. : &#171; &lt;i&gt;Ce qui me pla&#238;t en lui, c'est que [...] c'est simple et c'est compr&#233;hensible&lt;/i&gt; &#187;. Joey Starr : &#171; &lt;i&gt;Le petit personnel, moi, j'en fais partie&lt;/i&gt; &#187; (sic ).&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une construction m&#233;diatique d'un personnage m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se pr&#234;tant &#224; ce &#171; portrait &#187;, quel &#233;tait l'objectif d'Olivier Besancenot ? Faire conna&#238;tre les id&#233;es de la formation politique dont il est le porte-parole ? D&#233;faire la construction m&#233;diatique d'une Am&#233;lie Poulain de la contestation ? L'&#233;chec &#233;tait pr&#233;visible. En r&#233;pondant &#224; sa place, Alix Bouilhaguet referme le pi&#232;ge que, volontairement ou pas, elle a tendu &#224; son &#171; personnage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reportage, en effet, touche &#224; sa fin. Alix Bouilhaguet, &#233;nigmatique, s'interroge : &#171; &#171; &lt;i&gt;Que doit-il faire pour ne pas d&#233;choir ? Peut-&#234;tre une vie sans politique ?&lt;/i&gt; &#187;. De quelle &#171; d&#233;ch&#233;ance &#187; s'agit-il ? Myst&#232;re... Une vie sans politique ? Comme si tout activit&#233; politique &#233;tait artificielle... &#171; &lt;i&gt;Un homme normal, sans artifice, sans manipulation, tout au long de ces semaines&lt;/i&gt; [oui, vous lisez bien : plusieurs semaines pour une demi-heure de reportage vide et creux], &lt;i&gt;c'est le visage qu'Olivier Besancenot a voulu nous montrer &lt;/i&gt; &#187;. Pendant une demi-heure, Alix Bouilhaguet a voulu nous montrer le contraire. Au prix de fumeuses all&#233;gations, jamais v&#233;rifi&#233;es, frisant parfois le ridicule. Et les derni&#232;res paroles du reportage ne sont pas les moins dr&#244;les : &#171; &lt;i&gt;Parce qu'un jour il ne sera plus &#224; la mode, en coulisse, la LCR pr&#233;pare d&#233;j&#224; la rel&#232;ve du porte-parole : une femme, jeune, salari&#233;e. Un nouveau casting pour que la lutte continue&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Vous avez dit &#171; casting &#187; ? D'un bout &#224; l'autre du reportage, une m&#234;me question : Olivier Besancenot est-il une produit &#171; marketing &#187; ? La r&#233;ponse &#233;tait dans la question et dans le principe m&#234;me de ce &#171; portrait &#187; qui, par un &#233;trange jeu de miroir, se rend coupable, comme tant d'autres &#171; enqu&#234;tes &#187; journalistiques, de ce que l'enqu&#234;trice reproche &#224; Olivier Besancenot : marketing, culte de l'image, complaisance, distance culturelle avec les couches populaires...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s'en convaincre, amusons-nous &#224; appliquer &#224; France 2 la conclusion d'Alix Bouilhaguet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que doit faire France 2 pour ne pas d&#233;choir ? Peut-&#234;tre une cha&#238;ne sans politique ? Une &#233;mission normale, sans artifice, sans manipulation : tout au long de ces semaines c'est le visage qu'Envoy&#233; Sp&#233;cial a voulu nous montrer. Et parce qu'un jour elle ne sera plus &#224; la mode, en coulisse, France 2 pr&#233;pare d&#233;j&#224; la rel&#232;ve : une &#233;mission pour les femmes, jeunes, salari&#233;es. Avec un nouveau casting pour que le marketing continue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;mission &#171; Envoy&#233; Sp&#233;cial &#187; est pr&#233;sent&#233;e par deux femmes jeunes au physique plut&#244;t agr&#233;able qui ont, il y a quelques ann&#233;es, remplac&#233; deux animateurs masculins &#224; la cinquantaine bien engag&#233;e ; mais, bien s&#251;r, il ne s'agit absolument pas d'une op&#233;ration marketing destin&#233;e &#224; faire plus d'audience.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Question de Philippe Bouvard &#224; Besancenot : &#171; &lt;i&gt;Est-ce que la possession d'une voiture et la propri&#233;t&#233; d'un petit appartement ne vous font pas entrer un peu dans le syst&#232;me que vous d&#233;noncez ?&lt;/i&gt; &#187; R&#233;pondre &#224; de telles questions permet certainement de faire mieux conna&#238;tre les postions de la LCR...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le Fou du roi &#187; et sa cour d&#233;fendent leur statut de courtisans</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-Fou-du-roi-et-sa-cour-defendent-leur-statut-de-courtisans</link>
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		<dc:date>2006-04-28T13:25:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Colin</dc:creator>


		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Th&#233;ories du complot&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>&#034;Le Fou du Roi&#034;</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phane Bern</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De l'art de d&#233;fendre complaisances et connivences&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Independance-Pressions-censures-et-collusions-" rel="directory"&gt;&#171; Ind&#233;pendance &#187; ? Pressions, censures et collusions&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'&#233;mission &#171; Le Fou du Roi &#187;, anim&#233;e par St&#233;phane Bern, tous les jours entre 11h et 12h30 sur France Inter, un &#171; Courrier des Auditeurs &#187; permet &#224; ceux-ci de donner leur avis. Mais sous couvert de leur donner la parole, le courrier est surtout l'occasion de justifier la complaisance des entretiens conduits par l'animateur et servir de faire-valoir &#224; l'&#233;quipe du &#171; Fou du Roi &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lundi 3 avril, &#171; Le Fou du Roi &#187; recevait Franz-Olivier Giesbert, directeur du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt;, propri&#233;t&#233; de Fran&#231;ois Pinault, grand ami de St&#233;phane Bern. Giesbert, dont la tourn&#233;e de promotion de son livre sur Chirac bat tous les records du genre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 5 avril, Charlotte Bouteloup lit le courrier des auditeurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup : &#171; &lt;i&gt;Toujours sur le m&#234;me sujet, Fr&#233;d&#233;ric : &#034; Voil&#224; plusieurs &#233;missions que vous invitez des personnes pol&#233;miques traitant de sujets &#233;pineux. Dernier exemple en date, M. Giesbert pour son livre sur notre pr&#233;sident. Est-ce le r&#244;le d'une &#233;mission de divertissement de traiter de sujets lourds sur un ton plaisantin ?&#034; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette question sur le m&#233;lange des genres, la r&#233;ponse de St&#233;phane Bern est pour le moins embarrass&#233;e. Mais il est imm&#233;diatement soutenu par ses comparses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Enfin, sujet lourd, sujet lourd, c'est quand-m&#234;me une biographie du Pr&#233;sident, &#231;a va, c'est... c'est pas non plus, heu, l'extermination heu, des, des, des voil&#224;, des Tutsis ou des... au Rwanda, faut, faut... faut remettre les choses &#224; leur juste place, hein. Il s'agit du Pr&#233;sident de la R&#233;publique, on, on a le droit de... &lt;/i&gt;[S'adressant &#224; sa cour :]&lt;i&gt; Je ne sais pas. Qu'est-ce que vous en pensez, les uns les autres ? Martin ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Martin : &lt;i&gt;Ben, moi, j'ai lu ce livre, puisque je devais &#234;tre l&#224;. Euh, c'est un livre absolument jubilatoire, c'est un livre de parti pris, c'est un livre de journaliste. Y a pas de r&#233;v&#233;lation insens&#233;e, mais il a une plume, c'est un pol&#233;miste&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, sous pr&#233;texte que le livre de Giesbert serait jubilatoire, il m&#233;riterait qu'on en parle dans une &#233;mission de divertissement. Et cela serait d'autant plus justifi&#233; que ce livre n'apprendrait rien d'important. C'est l'auteur qui va &#234;tre content...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais St&#233;phane Bern n'est pas compl&#232;tement satisfait et rassur&#233; par la r&#233;ponse de Martin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Y'a pas de quoi faire une pol&#233;mique sur le fait de l'inviter ou de pas l'inviter ? C'est pas...&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Martin : &lt;i&gt;Mais pas du tout, il essaye de d&#233;cortiquer de son point de vue l'histoire du d&#233;clin de la France, bon ben il le fait, on est d'accord ou pas d'accord, c'est tout&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce propos, digne d'une &#233;mission litt&#233;raire anim&#233;e par Franz-Olivier Giesbert, n'a plus aucun rapport avec la question initiale. L'intervention suivante, moins docile que les pr&#233;c&#233;dentes, non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Un autre chroniqueur, : &lt;i&gt;Non, la seule pol&#233;mique qu'on aurait pu faire, c'est demander &#224; Giesbert pourquoi il avait mis son bouquin en couv' de son propre canard...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Je lui ai demand&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Le chroniqueur indisciplin&#233; : &lt;i&gt;... en mettant son nom aussi...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;&#231;a y est, on lui a demand&#233;, on lui a demand&#233;, absolument !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce rappel &#224; l'ordre, un troisi&#232;me chroniqueur ferme le ban par une boutade sarcastique qui dissimule &#224; peine le m&#233;pris qu'elle affecte au second degr&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane [probablement St&#233;phane Guillon] : &lt;i&gt;Si les auditeurs en disent du mal, c'est que c'est certainement un tr&#232;s bon livre !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup : &lt;i&gt;Voil&#224;, bien dit !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Merci St&#233;phane.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
[Rires d'autosatisfaction]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque l&#224;, rien que de tr&#232;s banal. Un auditeur est m&#233;content de l'invitation d'un journaliste politique, auteur d'un livre politique dans une &#233;mission de divertissement. St&#233;phane Bern et sa suite se justifient par un &#233;loge de cet invit&#233; et de son livre. Mais la lettre de l'auditeur n'est pas finie. Et en lisant la suite, Charlotte Bouteloup rompt le charme des r&#233;ponses d&#233;sinvoltes et complaisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup : &lt;i&gt;Et alors toujours concernant le choix des invit&#233;s, Fr&#233;d&#233;ric conclut : &#034; Le choix des invit&#233;s est-il vraiment libre ou y a-t-il des obligations relationnelles ...&#034;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Aucune !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup : &lt;i&gt;&#034; ... dues aux amiti&#233;s de Monsieur Bern et de Monsieur Pinault notamment ? &#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute les &#171; obligations relationnelles &#187; ne d&#233;pendent pas toujours des &#171; relations personnelles &#187;. Et celles-ci ne suffisent pas &#224; expliquer l'existence d'un univers de connivences. Mais en &#233;voquant des &#171; amiti&#233;s personnelles &#187;, l'auditeur s'est livr&#233; &#224; une intrusion impardonnable pour St&#233;phane Bern qui d&#233;raille alors compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phan Bern : &lt;i&gt;Oh, &#231;a y est, alors &#231;a, c'est le complot, oui !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Charlotte Bouteloup [essayant de faire de l'humour] : &lt;i&gt;Vous avez des prix chez La Redoute ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;Oui oui oui... c'est m&#234;me un complot jud&#233;o-ma&#231;onnique, hein. &#199;a... les gens, les gens qui &#233;crivent &#231;a sont vraiment attach&#233;s &#224; toute l'id&#233;e du complot jud&#233;o-ma&#231;onnique... heu, c'est, c'est des, des vieilles...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Une chroniqueuse qu'on n'avait pas encore entendue (mais combien sont-ils ?) : &lt;i&gt;...parano&#239;as super malsaines !&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- St&#233;phane Bern : &lt;i&gt;oui, c'est tr&#232;s malsain comme climat. On invite Giesbert parce que c'est un grand journaliste !&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La fin de la s&#233;quence, sans int&#233;r&#234;t, donne lieu &#224; un nouvel encensement du &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons : Giesbert est invit&#233; chez Bern qui est l'ami de Pinault qui est le patron de Giesbert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'interroger... Et si ces relations personnelles n'expliquent pas la pr&#233;sence de Giesbert dans une &#233;mission de divertissement, pourquoi s'emporter au point d'attribuer la question d'un auditeur &#224; une &lt;i&gt;&#171; parano&#239;a super malsaine &#187;&lt;/i&gt; ? Parce que St&#233;phane Bern serait lui-m&#234;me pers&#233;cut&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et St&#233;phane Bern de surench&#233;rir sur l'usage infamant d'un terme psychiatrique, en accusant ceux qui, &#224; l'instar de l'auditeur, lui soumettent une question indiscr&#232;te d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;attach&#233;s &#224; toute l'id&#233;e du complot jud&#233;o-ma&#231;onnique&lt;/i&gt; &#187;. En clair : d'&#234;tre des antis&#233;mites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce crachat en dit plus long que de longs discours sur les proc&#232;s en &#171; th&#233;orie du complot &#187;. Ceux-ci permettent de dissimuler les connivences qui se nourrissent de l'appartenance au m&#234;me microcosme social : une commune appartenance qui, confort&#233;e ou non par des relations personnelles, explique pourquoi, aux yeux de St&#233;phane Bern, Giesbert est forc&#233;ment un grand journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Colin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La fin de la s&#233;quence, sans int&#233;r&#234;t, donne lieu &#224; un nouvel encensement du &#171; grand journaliste &#187; Giesbert. Mais qu'on se rassure, les brosses &#224; reluire n'ont pas fini de s'activer au &#171; Fou du Roi &#187; : quelques jours plus tard, St&#233;phane Bern avait invit&#233; Bernard-Henri L&#233;vy, autre grand ami de Fran&#231;ois Pinault...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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