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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>L'information vaudou. Information en continu, journalisme introuvable</title>
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		<dc:date>2014-04-18T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hassina Mecha&#239;</dc:creator>


		<dc:subject>Les pratiques du journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Le num&#233;rique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le d&#233;p&#233;rissement de l'information en ligne, happ&#233;e par le &#171; temps r&#233;el &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Internet-et-information-" rel="directory"&gt;Internet et information&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Les-pratiques-du-journalisme-+" rel="tag"&gt;Les pratiques du journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Le-numerique-+" rel="tag"&gt;Le num&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un texte qu'une correspondante nous a fait parvenir. L'auteure y fait part de ses observations (qui offrent amplement mati&#232;re &#224; discussion) devant une information d&#233;figur&#233;e par les logiques de production et de diffusion pour et par internet. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ici, des ordinateurs aux multi-&#233;crans sagement align&#233;s. Pas de livres, peu de journaux, sinon les incontournables &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt;, br&#233;viaires du capitalisme moins lus qu'arbor&#233;s en bandouli&#232;re. Sur les &#233;crans, se d&#233;versent les chiffres bien ordonn&#233;s de la sp&#233;culation, ordres d'achats ou de ventes se faisant sur des productions dont on ne sait rien si ce n'est la valeur au moment choisi pour les &#233;changer. La mise en circulation comme seule valeur ajout&#233;e, rien de produit concr&#232;tement, la finance faussement rationnelle pour une &#233;conomie rendue folle. Des traders aux points nodaux de la plan&#232;te finance immat&#233;rielle, l'&#233;conomie virtuelle au bout du clic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, des ordinateurs aux multi-&#233;crans sagement align&#233;s. Peu de livres, peu de journaux, ou alors seulement ceux qui comptent parmi les &#171; faiseurs (ou faisandeurs) d'opinion &#187;. Et, dans un coin, toujours une t&#233;l&#233;vision allum&#233;e sur la chaine d'information continue du moment. Sur les &#233;crans, se d&#233;versent les informations pr&#233;-format&#233;es de l'actualit&#233; du jour : d&#233;p&#234;ches pr&#234;tes &#224; l'assemblage et autre &#171; b&#226;tonnages &#187;, mais aussi sites d'actualit&#233; en temps r&#233;el, et plus r&#233;cemment encore tweets et r&#233;seaux sociaux. La mise ou remise en circulation d'&#171; informations &#187; produites par d'autres, avec comme seule valeur ajout&#233;e leur mise &#224; disposition, au bout du clic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des journalistes zombies&lt;/p&gt;
&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;tier de journaliste, &#224; l'heure d'internet, voit ses r&#232;gles de base lentement se perdre : l'information n'a plus &#224; &#234;tre cherch&#233;e, v&#233;rifi&#233;e, recoup&#233;e. Elle a simplement &#224; &#234;tre reprise et int&#233;gr&#233;e sur des interfaces. Le syst&#232;me de production de l'information avec ses livraisons de d&#233;p&#234;ches sous vide s'apparente de plus en plus &#224; un fastfood o&#249; l'on ne demande pas ou peu de cuisiner mais d'assembler le plus rapidement possible les ingr&#233;dients, en mille-feuilles indigestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me avec certains sites d'information, ce n'est pas tant que les journalistes soient couch&#233;s devant les pouvoirs, mais qu'ils sont tout simplement assis, physiquement assis, constamment assis. On assiste ainsi &#224; la naissance d'un nouveau m&#233;tier qui serait moins celui de journaliste que technicien de l'information. Car les sites internet d'information se contentent le plus souvent de publier une d&#233;p&#234;che, l'accompagnant du titre et de la photo les plus accrocheurs possible. Et si cela ne suffit pas &#224; remplir l'espace, on pourra toujours ajouter des lignes enti&#232;res de r&#233;actions sur twitter, des tendances de r&#233;seaux sociaux, comme si la r&#233;action sur l'information &#233;tait en soi n&#233;cessairement une information, dans une mise en ab&#238;me sans fin. Il s'agit tout simplement pour ces journalistes 2.0 d'int&#233;grer les liens hypertextes pioch&#233;s ici et l&#224; tout en donnant l'illusion d'avoir r&#233;alis&#233; un authentique travail journalistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;j&#224; l'AFP a cr&#233;&#233; un service sp&#233;cifique qui propose &#224; ses clients d'assurer eux-m&#234;mes le b&#226;tonnage (ou la r&#233;&#233;criture) des d&#233;p&#234;ches selon leur ligne &#233;ditoriale. C'est donc une sorte de service qui va prendre en compte les d&#233;sirs des clients sur les titres, l'iconographie, les liens ins&#233;r&#233;s. Une illusion de journalisme que le technicien de l'information du site en question se contentera, sans rien d'autre &#224; faire, d'int&#233;grer dans l'interface. Un seul lien &#224; recopier tout simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tourbillon du vide &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure d'internet, la circulation de l'information que Bourdieu qualifiait de circulaire, tant les m&#233;dias se nourrissent avant tout des autres m&#233;dias, s'est follement acc&#233;l&#233;r&#233;e. Elle se traduit par un mim&#233;tisme quasi universel des sites d'information en ligne qui reproduisent des informations identiques et interchangeables. Rien ne doit d&#233;passer et rien ne peut d&#233;passer. Nulle volont&#233; humaine d'uniformisation, seulement la logique d'un syst&#232;me qui veut que tous s'abreuvent &#224; la m&#234;me source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus encore, certaines r&#233;dactions web ach&#232;tent des solutions de d&#233;tection de tendance afin de figurer dans le nouveau temple sacr&#233; du journalisme qu'est devenu Google news. Cela revient tout simplement &#224; (tenter de) donner aux lecteurs ce qu'ils souhaitent lire en confiant &#224; des algorithmes le soin de le d&#233;couvrir et de cr&#233;er une ligne &#233;ditoriale en cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la ligne &#233;ditoriale, le journaliste se voit aussi disputer par ces algorithmes l'&#233;criture de certains articles, selon la derni&#232;re tendance venue de la presse anglo-saxonne. Ainsi le &lt;i&gt;Los Angeles Times&lt;/i&gt; utilise d&#233;j&#224; des formules math&#233;matiques &#233;labor&#233;es pour couvrir les faits divers. Selon le site du Monde Big Browser (18 mars 2014) : &lt;i&gt;&#171; Il arrive aussi au quotidien am&#233;ricain d'utiliser des algorithmes pour couvrir les faits divers. Ainsi les journalistes re&#231;oivent-ils quotidiennement un fichier recensant toutes les arrestations de la police de Los Angeles. Un algorithme est ensuite charg&#233; d'identifier les professions des personnes arr&#234;t&#233;es &#8212; y a-t-il des hommes politiques ou des c&#233;l&#233;brit&#233;s ? &#8212;, il peut regarder aussi qui a commis l'infraction la plus grave en fonction du montant de la caution et, sur cette base, d&#233;cider selon les r&#232;gles &#233;tablies par le programmeur d'en faire un article ou non. Les premi&#232;res lignes de l'article sont ainsi r&#233;dig&#233;es par un robot. Charge ensuite au journaliste de l'enrichir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La folle circulation circulaire de l'information renvoie aussi sur les bas-c&#244;t&#233;s de l'actualit&#233; toutes les informations qui ne remontent pas &#224; la surface de la toile &#8211; les condamnant de fait &#224; l'inexistence m&#233;diatique, autant dire &#224; l'inexistence publique et politique. D'o&#249; cette impression de lire constamment les m&#234;mes choses sur tous les sites d'actualit&#233; que l'on visite. Le journalisme zombie participera d&#232;s lors davantage d'un rituel d'entre-d&#233;voration, tous se nourrissant de tous, ce qui d&#233;bouche sur une vaste mais creuse actualit&#233; cooptative. La v&#233;rit&#233; de l'information n'est donc plus dans la v&#233;rification et le recoupement des faits mais dans la seule r&#233;p&#233;tition ou reprise de l'information&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;c&#233;dent le plus fameux est &#233;videmment la fameuse affaire des faux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Souvent le premier geste des journalistes de sites n'est pas de v&#233;rifier une information mais de s'assurer que le concurrent direct ou le m&#233;dia dominant prescripteur en a bien trait&#233;. La simple d&#233;ontologie n'existe plus, chaque m&#233;dia pouvant se d&#233;fausser sur l'autre, en cas d'erreur, en all&#233;guant que &#171; de toute fa&#231;on, l'information &#233;tait partout &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;alit&#233; m&#233;diatique et pr&#233;sent perp&#233;tuel &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'information vaudou, il y eu le concept de l'&#233;conomie vaudou, cette &#233;conomie folle qui pr&#233;tendait fa&#231;onner la r&#233;alit&#233; des &#233;changes humains. Avec l'&#233;conomie vaudou, le monde n'est r&#233;duit qu'&#224; &#234;tre financier, la finance &#233;tant l'&#233;conomie saisie par le virtuel et la sp&#233;culation. Selon les mots de Viviane Forrester dans son essai, &lt;i&gt;L'Horreur &#233;conomique&lt;/i&gt;, l'&#233;conomie vaudou aboutit &#224; une civilisation qui nie le monde r&#233;el et &#171; le fameux monde tel qu'il est &#187; ; c'est un artefact total qui impose son pourvoir d&#233;r&#233;alisant : &#171; Issu d'une id&#233;ologie, l'empire sp&#233;culatif domine, qui destitue l'&#233;conomie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;conomie est devenue sp&#233;culative sous le joug de la finance, l'information est quant &#224; elle devenue incantatoire, tirant sa r&#233;alit&#233; de la r&#233;p&#233;tition sans fin que permet la toile. Mais &#233;conomie et information ont en commun d'&#234;tre virtuelles et d'imposer &#224; la r&#233;alit&#233; leur pouvoir, de telle sorte qu'elles pr&#233;tendent toutes deux la fa&#231;onner. De fait, toutes deux cr&#233;&#233; par la parole magique, le &#171; abra ka dabra &#187; h&#233;bra&#239;que (je cr&#233;e en parlant), une autre r&#233;alit&#233;. Il s'agit l&#224; par les mots, par le verbe r&#233;p&#233;t&#233;, insistant, totalitaire, de transgresser, de changer, d'influer sur les lois de la r&#233;alit&#233;, donc de la v&#233;rit&#233;. Par la magie du dispositif m&#233;diatique viennent &#224; la vie des faits qui ne correspondent pourtant parfois pas tout &#224; fait &#224; la r&#233;alit&#233;. Tout comme le sorcier vaudou pr&#233;tend, &#224; coup d'incantations magiques, ma&#238;triser la r&#233;alit&#233; biologique, tout comme l'&#233;conomie vaudou pr&#233;tend, &#224; coup d'incantations &#233;conomiques, fa&#231;onner la r&#233;alit&#233; sociale, l'information vaudou pr&#233;tend, &#224; coup d'incantations m&#233;diatiques, fa&#231;onner la r&#233;alit&#233; tout court&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les exemples abondent dont le plus dramatique aura peut-&#234;tre &#233;t&#233; la seconde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au bout du compte, les m&#233;dias conf&#232;rent &#224; tout &#233;v&#232;nement &#8211; par le seul fait de le traiter &#8211; la qualit&#233; d'information. Les faits qui existent en tant que tels, hors de la conscience des gens de m&#233;dias, ne peuvent d&#232;s lors &#234;tre pris en compte que par leur mise au monde m&#233;diatique, qu'en devenant &#171; &#233;v&#233;nement &#187; m&#233;diatique. On n'est alors jamais loin de l'inversion qui poserait que la r&#233;alit&#233; se ram&#232;ne &#224; la r&#233;alit&#233; m&#233;diatique, c'est-&#224;-dire &#224; ce qu'en per&#231;oivent les grands m&#233;dias : l'actualit&#233; proc&#232;de-t-elle de la r&#233;alit&#233; ou la r&#233;alit&#233; proc&#232;de-t-elle de l'actualit&#233; servie par les m&#233;dias ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; peut-&#234;tre pourquoi ceux qui interrogent la v&#233;rit&#233; de cette r&#233;alit&#233; m&#233;diatique prennent aussit&#244;t le risque de se voir tax&#233;s de &#171; complotisme &#187; : en dehors du point de vue m&#233;diatique, qui pr&#233;tend &#233;puiser le r&#233;el, point de v&#233;rit&#233;. Et comme on a pu parler d' &#171; &#233;conomie r&#233;elle &#187; par opposition &#224; la finance ou &#224; l'&#233;conomie sp&#233;culative, pourra-ton un jour parler de &#171; r&#233;alit&#233; r&#233;elle &#187; par rapport &#224; la &#171; r&#233;alit&#233; m&#233;diatique &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif m&#233;diatique impose &#233;galement un aplanissement des faits, tout se valant dans une information m&#233;diatique qui nie toute profondeur historique et toute temporalit&#233; exc&#233;dant celle du &#171; scoop &#187; et de l'actualit&#233; imm&#233;diate. Tout se valant, plus rien n'a donc d'importance. Une bimbo mimant une interaction t&#233;l&#233;phonique pouvant ais&#233;ment d&#233;tr&#244;ner la crise en Syrie ou une lutte de milliers de salari&#233;s contre un plan de licenciement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; m&#233;diatique puise sa force dans la quasi-imm&#233;diatet&#233; qu'impose l'information en continu, qui efface toute fronti&#232;re, tout retour r&#233;flexif, toute remise en cause, toute historicit&#233;. Apr&#232;s n'existe pas, avant n'existe plus, seul compte le pr&#233;sent imm&#233;diat tel qu'il est per&#231;u par l'&#339;il m&#233;diatique, qui segmente le temps en s&#233;quences autonomes, sans m&#233;moire et sans lien. Car si hier n'a jamais exist&#233;, ce syst&#232;me m&#233;diatique est sans responsabilit&#233; et a toujours raison, dans ce pr&#233;sent perp&#233;tuel. Et si demain n'existe pas, tout est permis&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hassina Mecha&#239;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pr&#233;c&#233;dent le plus fameux est &#233;videmment la fameuse affaire des faux charniers de Timisoara. Un journaliste fran&#231;ais envoy&#233; sp&#233;cial en Roumanie qui opposera &#224; son r&#233;dacteur en chef &#224; Paris qu'il n'avait vu aucun de ces charniers &#224; Bucarest, se verra r&#233;pondre de mieux chercher puisque tous les m&#233;dias fran&#231;ais en avaient parl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les exemples abondent dont le plus dramatique aura peut-&#234;tre &#233;t&#233; la seconde guerre d'Irak, &#224; coup d'armes de destructions massives introuvables et de pr&#233;tendue implication de Saddam Hussein dans les attentats du 11 septembre. 11 ans apr&#232;s, bilan d'une irresponsabilit&#233; m&#233;diatique collective : 700 000 &#224; 1 500 000 morts, exode de 2 millions d'Irakiens et un pays en proie aux tensions religieuses et ethniques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'information Glamour, l'actualit&#233; soap-opera et le sourire de Laurence Ferrari</title>
		<link>https://www.acrimed.org/L-information-Glamour-l-actualite-soap-opera-et-le-sourire-de-Laurence-Ferrari</link>
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		<dc:date>2008-10-14T08:12:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hassina Mecha&#239;</dc:creator>


		<dc:subject>Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Laurence Ferrari</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le ton et la mise en sc&#232;ne de l'information-prozac.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Journaux-televises-114-+" rel="tag"&gt;Journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Laurence-Ferrari-+" rel="tag"&gt;Laurence Ferrari&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une contribution &#224; l'analyse de la pr&#233;sentation des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Laurence Ferrari est blonde, bronz&#233;e et souriante. Elle est le sympt&#244;me, &#224; l'instar de ses coll&#232;gues Drucker (Marie), Lapix, Delahousse et autre Roselmack, d'un genre nouveau dans la pr&#233;sentation des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, que l'on pourrait appeler &#171; l'info glamour &#187; ou le &#171; Glam'news &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'info glamour&#8230; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'info glamour &#187; suppose que pour annoncer les heurts et les malheurs du monde, un physique avenant est toujours un avantage. Ainsi, pour d&#233;crire les ravages des typhons sur l'Asie, un frais minois fera merveille. Pour d&#233;crire les soubresauts de l'&#233;conomie mondialis&#233;e, de grands yeux bien soulign&#233;s nous convaincront d'en avoir vu toutes les subtilit&#233;s.... Des cheveux soyeux, des v&#234;tements bien ajust&#233;s, des dents ultra-brit&#233;es &#233;claireront ainsi au mieux de leur lumi&#232;re bl&#234;me l'actualit&#233; sombre et dantesque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I-T&#233;l&#233; et LCI sont &#224; la pointe de ce genre, et fr&#244;lent m&#234;me le ridicule... Parfois, devant leurs JT, on se demande, un peu &#233;berlu&#233;, si la r&#233;daction ne s'adresse pas plus &#224; la libido du spectateur qu'&#224; son &#171; cogito &#187;..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le physique des journalistes a bien chang&#233;. Il n'y a pas si longtemps, deux sortes d' &#171; arch&#233;types &#187; se partageaient l'affiche m&#233;diatique : d'abord celui du journaliste de terrain, baroudeur, en veste kaki pleine de poches utiles, les joues bleues d'une barbe n&#233;glig&#233;e. Dor&#233;navant, observez les envoy&#233;s sp&#233;ciaux des grandes cha&#238;nes : m&#234;me au plus fort des grandes catastrophes, ils ont le cheveu lustr&#233;, disciplin&#233;, l'habit comme pass&#233; &#224; l'amidon, et sont &#233;ditorialement corrects ; ils semblent souvent d&#233;plac&#233;s, v&#234;tus comme au sortir d'une r&#233;union de jeunes cadres dynamiques, alors m&#234;me qu'ils se trouveraient au plus fort de l'&#339;il du cyclone m&#233;diatique. La silhouette du journaliste en r&#233;daction &#233;tait tout autant &#171; arch&#233;typ&#233;e &#187; : une veste en velours c&#244;tel&#233;, des cigarettes grill&#233;es l'une sur l'autre, le genre &#171; intellectuel-n&#233;glig&#233;-mais-non-n&#233;gligeant &#187;, au plus pr&#232;s des r&#233;alit&#233;s sociales car &#171; voyez mon absence de parure &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, que voit-on dans la lucarne magique ? Des ersatz d'acteurs, comme tout droit sortis d'un soap-op&#233;ra, images de papier glac&#233; qui s'animent sur l'&#233;cran br&#251;lant d'actualit&#233; ; sauf que ce ne sont pas les aventures de Kelly et Dylan qu'ils commentent, mais celles de Condy et Nicolas ou de Silvio et Vladimir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la fa&#231;on de parler de ces pr&#233;sentateurs a chang&#233;. On peut dire que chaque cha&#238;ne a son empreinte vocale. Le ton sur TF1 est rassurant, maternant et les mots quasi susurr&#233;s par PPDA (jusqu'&#224; son licenciement&#8230;) et Chazal. Tout cela comme si on ne voulait pas trop effrayer la m&#233;m&#233;-nag&#232;re de 50 ans qui pourrait fuir avec son cerveau disponible sous le bras si les informations de TF1 devenaient trop anxiog&#232;nes. M&#234;me la m&#233;t&#233;o sur Bouygues-tv est rassurante, toute d'azur serein, au plus fort d'un temps ex&#233;crable. D&#233;cid&#233;ment, Il n'y a pas qu'au sein de la commission Cop&#233; que Bouygues faisait la pluie et le beau temps...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur TF1, c'est l'info-prozac, qui ensommeille au lieu de r&#233;veiller et pr&#233;pare doucement &#224; l'apathie sociale devant les longs tunnels de pub, lesquels sont parfois interrompus par une s&#233;rie am&#233;ricaine rassurante o&#249; le Bien &#224; la m&#226;choire carr&#233;e gagne toujours &#224; la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ton sur France 2 copie h&#233;las de plus en plus celui de TF1, Pujadas oblige. On se prend presque &#224; regretter les S&#233;rillon, Masure et autres neiges journalistiques d'antan qui d'un sourire, d'un coup d'&#339;il plus appuy&#233;s soulignaient, stabylosaient presque, une information. Reste alors France 3, o&#249; le ton reste volontairement professionnel, mesur&#233;, et o&#249; le pr&#233;sentateur (du moins quand il s'agit d'Audrey Pulvar) s'efface, encore, devant l'actualit&#233; pour mieux en souligner les enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est donc le ton adopt&#233; dans le &#171; Glam'news &#187; caract&#233;ristique des cha&#238;nes nouvelles d'information en continu ? Celui justement d'un acteur ou actrice... Les mots sont hach&#233;s, martel&#233;s, d&#233;clam&#233;s... Et plus l'information donn&#233;e est anodine, plus le ton est pos&#233; haut, articul&#233; &#224; s'en d&#233;crocher la m&#226;choire. Le regard des glam' pr&#233;sentateurs est &#233;galement souvent fixe, les yeux &#233;carquill&#233;s comme ceux de l'hypnotique Kaa du &lt;i&gt;Livre de la jungle&lt;/i&gt; : ce qui ne peut laisser d'inqui&#233;ter jusqu'&#224; ce qu'on se rende compte que ce regard immobile n'est d&#251; qu'&#224; la lecture intense du prompteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est en cela que se d&#233;gage l'impression tenace d'&#234;tre en face d'un soap-op&#233;ra : m&#234;me facticit&#233; dans le ton, m&#234;me fixit&#233; dans l'image, m&#234;me pesanteur d'&#233;nonciation pour de vaines choses, et surtout m&#234;me dramaturgie dans la construction de l'actualit&#233;, m&#234;me esth&#233;tique de l'image magique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'information-cosm&#233;tique, laquelle est tout autant tourn&#233;e vers l'apathie sociale que l'information-prozac de TF1, plus &lt;i&gt;old-school&lt;/i&gt; d&#233;sormais. Ce type d'information reste en surface des choses, elle est &#233;pidermique tant dans son peu de profondeur que dans les r&#233;actions qu'elle suscite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230;&#224; l'info soap op&#233;ra&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, la construction dramaturgique de cette information fait appel &#233;galement aux codes des soap-op&#233;ras. En effet, l'information-cosm&#233;tique nous inscrit dans un flot continu d'informations non pas objectiv&#233;es par le travail journalistique mais continuellement ramen&#233;es &#224; des &#233;changes tout empreints des passions et errances humaines. Au lieu de transformer le monde en objet d'&#233;tude, ce qui am&#232;ne &#224; la distanciation et &#224; la compr&#233;hension, l'information soap-op&#233;ra nous plonge directement dans ses affres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle confond cause et cons&#233;quence, raison et sentiment, personnalise tout probl&#232;me puisque toujours elle aborde les reportages par le biais d'un regard particulier, donc r&#233;ducteur. Elle est ainsi incapable de conceptualiser puisque le concept peut difficilement avoir une empreinte cathodique mais n&#233;cessite la trace &#233;crite pour &#234;tre, au mieux, saisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque, toujours dans cette logique de &#171; soap-operasitation &#187; (horrible barbarisme), il n'y a jamais de fin &#224; l'actualit&#233; : celle-ci est envisag&#233;e comme un flot continu, sans tenant ni aboutissant. D'o&#249; parfois les mots emprunt&#233;s au vocabulaire de la mise en sc&#232;ne : &#171; rebondissement dans l'affaire X &#187;, &#171; les protagonistes du conflit Y &#187;, &#171; la trag&#233;die de W &#187;, &#171; le th&#233;&#226;tre du drame &#187;, &#171; le coup de th&#233;&#226;tre &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement une information sans m&#233;moire, qui nous inscrit dans un pr&#233;sent perp&#233;tuel, perp&#233;tu&#233;. Un pr&#233;sent coup&#233; du pass&#233; originel et sans cons&#233;quences apparentes sur le futur. L'information nous d&#233;connecte d&#232;s lors de la m&#233;moire et de la prospective : l'actualit&#233; est ainsi mono-temporelle, perp&#233;tuellement dans un pr&#233;sent d&#233;r&#233;alis&#233; car coup&#233; de ses causes et sans cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'information-cosm&#233;tique scrute le monde comme une vaste sc&#232;ne dans laquelle le pr&#233;sentateur aurait un r&#244;le de coryph&#233;e, faisant le lien entre nous et les protagonistes. Et par la construction dramaturgique du JT, l'audience (dans les deux sens du terme), c'est-&#224;-dire vous et moi, est invit&#233;e &#224; monter sur sc&#232;ne et &#224; jouer le r&#244;le du ch&#339;ur qui scande l'action au lieu de garder la neutralit&#233; objective du spectateur, la place qui permet pourtant au mieux la compr&#233;hension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce genre d'information, c'est toujours &#171; suite au prochain &#233;pisode &#187;, sauf qu'il n'y aura jamais de fin, &#224; l'instar de ces soap-operas qui durent depuis 25 ans aux Etats-Unis. Et c'est justement cette narration hach&#233;e qui nous emp&#234;che de nous poser, de r&#233;fl&#233;chir, de prendre le recul n&#233;cessaire. Et d'ailleurs pourquoi le faire puisque la fin est sans cesse report&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exactement comme chez Hom&#232;re qui narrait les turpitudes des dieux immortels et tout comme les &lt;i&gt;soap&lt;/i&gt; qui sc&#233;narisent &#224; l'infini les atermoiements &#224; rallonge des favoris&#233;s, il ne faut pas qu'il y ait de fin &#224; ce genre d'information... Nicolas Sarkozy, qui se vit justement comme un personnage de soap-opera, est celui qui a le mieux profit&#233; de cette information-cosm&#233;tique, tant les codes lui en sont familiers. Il nous donne ainsi sa vie de festin permanent &#224; contempler en esp&#233;rant que les miettes cathodiques qui en tombent nous rassasieront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, si l'info-prozac nous calme, l'info soap-opera nous maintient dans un suspense fi&#233;vreux, une attente toujours diff&#233;r&#233;e. Mais toutes deux sont aussi st&#233;riles l'une que l'autre car elles &#233;puisent efficacement toute action individuelle, souvent &#233;teinte, consum&#233;e par la r&#233;action devant son poste de TV. R&#233;action n'est pas action h&#233;las.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'information t&#233;l&#233;vis&#233;e &#233;claire ainsi le monde pour parfois mieux nous le cacher. Eclairage ch&#233;tif, tremblotant, &#224; la lampe de poche pour l'info-prozac, et &#233;clairage au spot-light, aveuglant pour l'information soap-op&#233;ra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi a pu se finir un soir le JT de PPDA, lequel, avec sa voix pro&#034;z&#034;a&#239;que, a conclu : &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; ce que vous deviez savoir sur l'actualit&#233; de ce jeudi... &#187;&lt;/i&gt;. Et que ne devions-nous pas savoir au juste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi pouvait se conclure l'&#233;mission politique de Laurence Ferrari qui nous invitait &#224; retrouver les &#171; confidences &#187; de ses invit&#233;s du jour sur le site Canal-plus. &#171; Confidences &#187; ? Le mot laisse r&#234;veur. D&#233;sormais, &lt;i&gt;l'homo politicus&lt;/i&gt; se confie, il ne d&#233;clare pas ; pas plus qu'il ne gouverne d'ailleurs, puisque maintenant il &#171; g&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, justement, Laurence Ferrari...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sourire de Laurence Ferrari&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission politique qu'elle pr&#233;sentait il y a peu de temps encore - &#171; Dimanche + &#187; - &#233;tait un mod&#232;le du genre de l'information &#171; soap-opera &#187;. En effet, souvent, lors des interviews, Laurence Ferrari laissait errer sur ses l&#232;vres un sourire un tantinet moqueur. Plus l'homme ou la femme politique semble s'&#234;tre mis sur des rails lubrifi&#233;s par la langue de bois, plus l'&#339;il de Laurence Ferrari frisait, &#233;tincelait, et plus son sourire s'&#233;tirait. On se disait alors qu'elle nous envoyait des signaux, qu'elle d&#233;jouait par ce seul sourire toute la machine communicationnelle. H&#233;las non, cela aurait &#233;t&#233; trop simple ! Car, si d'apparence ce sourire nous &#233;tait complice, si on pensait, na&#239;vement, qu'il nous invitait au d&#233;voilement et &#224; la v&#233;rit&#233;. il &#233;tait, de fait, partie prenante de la com&#233;die qui se jouait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son sourire nous &#233;tait facticement adress&#233;. Car toute la construction sc&#233;naris&#233;e de son &#233;mission montrait que ce sourire &#233;tait de fait pour l'interview&#233;, sourire de connivence qui les liait et nous laissait, nous spectateurs, hors cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, Laurence Ferrari gagnait sur les deux tableaux, car tout en donnant l'illusion de t&#233;m&#233;rit&#233; et de controverse, ce sourire rassurait de fait l'invit&#233;, semblant lui rappeler que tout cela n'&#233;tait que mascarade et mise en sc&#232;ne. Tout le monde en sortait gagnant : le public qui refl&#233;tait ce sourire, flatt&#233; dans son illusion de ne pas &#234;tre dup&#233; ; l'invit&#233; qui se donnait &#224; peu de frais le d&#233;licieux frisson d'avoir &#233;t&#233; interrog&#233; avec pugnacit&#233; ; et enfin la journaliste qui, dans un r&#244;le m&#233;dian, flattait &#224; la fois le public et l'invit&#233;, gagnant ais&#233;ment une r&#233;putation d'intervieweuse de choc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est justement l&#224; que le probl&#232;me se pose : toute la construction de son &#233;mission &#233;tait celle d'un soap-opera. La s&#233;quence &#171; Le ch&#226;teau &#187; n'avait ainsi rien de kafka&#239;en : les hommes politiques &#233;taient appel&#233;s par leurs pr&#233;noms et une voix &lt;i&gt;off&lt;/i&gt; &#233;grenait, sur le mode r&#233;capitulatif, les anciens &#233;pisodes, o&#249; comment Nicolas en voulait &#224; Fran&#231;ois, comment S&#233;go a tacl&#233; Martine ou comment Dominique attendrait patiemment son heure. Le titre m&#234;me &#8211; &#171; Le ch&#226;teau &#187; - nous plongeait dans le monde olympien des &lt;i&gt;happy few&lt;/i&gt; de la politique, &#224; l'instar des soap-operas souvent tourn&#233;s sociologiquement vers l'&lt;i&gt;upper &lt;/i&gt;classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reportages mettaient en sc&#232;ne des journalistes tenaces certes mais qui posaient souvent des questions personnalis&#233;es portant plus sur les coulisses de la politique, parfois m&#234;me sur sa basse-cuisine peu rago&#251;tante sans l'excuse d'une mise en perspective plus large....Gossip' (ragots) news donc !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique Voynet, invit&#233;e il y a quelque temps sur Canal Plus, avait eu l'imprudence de croire qu'elle pouvait s'y exprimer s&#233;rieusement : elle s'&#233;tait lanc&#233;e bien na&#239;vement dans l'explication des cons&#233;quences apocalyptiques des errances &#233;cologiques. Elle fut gracieusement interrompue par Laurence Ferrari, &#233;ternellement souriante, avec ces mots : &lt;i&gt;&#171; Revenons &#224; la politique...que pensez vous des guerres entre &#233;l&#233;phants au sein du PS &#187;&lt;/i&gt;... bigre, effectivement, revenons &#224; la politique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que Laurence Ferrari, pass&#233;e &#224; TF1, sait d&#233;sormais en parler au mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, encore faudrait-il que la greffe du style information-cosm&#233;tique prenne sur la cha&#238;ne de l'information-prozac. En effet, il semble que Laurence Ferrari fasse peur aux t&#233;l&#233;spectateurs. Il est d'ailleurs int&#233;ressant de noter que ce qui lui est reproch&#233; est justement un ton trop rapide, trop martel&#233;, loin du susurrement &#171; ppd&#233;esque &#187;. La Grande messe du 20h n'a pas besoin en effet d'impr&#233;cateur mais d'un consolateur ou d'une consolatrice qui promet, tout au long des informations, que l'enfer c'est pour les autres et que tout va au plus mal (pour eux) dans le meilleur des mondes (pour nous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste donc &#224; Laurence Ferrari d'adoucir son ton, de le rendre maternant, pour que tout aille au mieux pour elle dans le meilleur des mondes aseptis&#233; de TF1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hassina Mechai&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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