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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>La Belgique sous le choc : une syndicaliste froisse quelques v&#234;tements dans une grande surface</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-Belgique-sous-le-choc-une-syndicaliste-froisse-quelques-vetements-dans-une</link>
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		<dc:date>2014-12-23T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Zamora, Jean-Louis Siroux</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvements sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un peuple ignorant, alcoolique, violent et peu soucieux des libert&#233;s d'autrui&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-en-Europe-et-en-Amerique-du-Nord-2010-2012-et-au-dela-" rel="directory"&gt;Mobilisations en Europe et en Am&#233;rique du Nord : 2010-2012, et au-del&#224;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Belgique-+" rel="tag"&gt;Belgique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un texte r&#233;dig&#233; par les deux sociologues Daniel Zamora et Jean-Louis Siroux (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela fait maintenant un mois que la Belgique vit son plus grand et profond mouvement social depuis des d&#233;cennies. C'est une col&#232;re profonde qui anime de nombreux travailleurs face &#224; l'arsenal de r&#233;formes pr&#244;n&#233;es par le gouvernement en exercice. Ces mesures, tr&#232;s impopulaires et largement absentes des programmes &#233;lectoraux, font l'objet d'une vive contestation. La col&#232;re sociale s'est d'abord exprim&#233;e via une manifestation historique ayant r&#233;uni plus de 120 000 personnes et des gr&#232;ves tournantes, puis, le 15 d&#233;cembre dernier, via une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on peut regretter l'homog&#233;n&#233;it&#233; du traitement m&#233;diatique des gr&#232;ves et de la manifestation nationale, c'est aussi la repr&#233;sentation g&#233;n&#233;rale des gr&#233;vistes que diffusent les m&#233;dias qui interpelle. On ne compte plus en effet les articles donnant du gr&#233;viste l'image d'un paria, d'un bon &#224; rien nuisible au bon fonctionnement de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte particuli&#232;rement hostile que Raymonde Le Lepvrier, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale du SECTA Namur, et parfaite inconnue jusque l&#224; du grand public, s'est vue propuls&#233;e en moins de 24 heures au rang de vedette malheureuse des r&#233;seaux sociaux et d'ennemi public num&#233;ro un. En cause : une vid&#233;o de 54 secondes, dans laquelle on voit la syndicaliste entrer dans un magasin de pr&#234;t &#224; porter, jeter quelques v&#234;tements sur un pr&#233;sentoir (et d'autres &#224; terre laissent penser des photos publi&#233;es par apr&#232;s) et demander fermement &#224; la commer&#231;ante de fermer boutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action publique et m&#233;diatique fut quasi imm&#233;diate, aucun terme ne semblant assez fort pour d&#233;noncer le crime commis Raymonde le Lepvrier. &lt;a href=&#034;http://www.lalibre.be/actu/belgique/raymonde-le-lepvrier-vedette-du-jour-malgre-elle-548f0146357028b5e95b1036&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans &lt;i&gt;La Libre Belgique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, un journaliste &#233;crit : &lt;i&gt;&#171; un tel manque de respect pour les travailleurs qui d&#233;cident de ne pas suivre le mot d'ordre du front commun, quelles que soient leurs motivations, a de quoi choquer. Le droit de gr&#232;ve n'a de sens que s'il n'emp&#234;che pas les autres de travailler s'ils le souhaitent &#187;&lt;/i&gt;. Passons sur la m&#233;connaissance manifeste de la signification du concept de &#171; gr&#232;ve &#187; (qui vise pr&#233;cis&#233;ment &#224; emp&#234;cher le travail), et relevons que dans cet article, comme de nombreux autres, l'esclandre d'une syndicaliste dans un magasin de v&#234;tements interpelle bien davantage les commentateurs que les automobilistes fon&#231;ant (et blessant) des gr&#233;vistes ou les attaquant au moyen de barres de fer et de battes de base-ball.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus significatif encore, cette lettre ouverte &lt;a href=&#034;http://www.dhnet.be/actu/belgique/lettre-ouverte-a-raymonde-le-lepvrier-54902d0c3570e99724e32592&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publi&#233;e par un grand quotidien&lt;/a&gt;, dans laquelle la syndicaliste devient l'incarnation du mal, (&lt;i&gt;&#171; Vous avez aujourd'hui repr&#233;sent&#233; le pire qui sommeille en chacun de nous &#187;&lt;/i&gt;), l'inqui&#233;tante r&#233;miniscence de la figure du g&#233;nocidaire (&lt;i&gt;&#171; Nous nous posons ces questions depuis les diff&#233;rents g&#233;nocides qui ont parsem&#233; notre dernier si&#232;cle &#187;&lt;/i&gt;). Une p&#233;tition demandant sa d&#233;mission est g&#233;n&#233;reusement relay&#233;e dans les grands m&#233;dias. Sur les forums de la presse nationale, des lecteurs s'en prennent &#224; son physique, d'autres la comparent &#224; un singe, avec la complaisante bienveillance de journaux qui multiplient sans discontinuer les articles &#224; son sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons pourtant le toll&#233; qu'auraient suscit&#233; de tels propos si, plut&#244;t que de viser une repr&#233;sentante syndicale gr&#233;viste, ils &#233;taient dirig&#233;s contre un membre d'une communaut&#233; religieuse (musulmane, juive, catholique, etc.) ou d'une minorit&#233; sexuelle. Imagine-t-on un seul instant des attaques d'une telle virulence se d&#233;verser en flux continu dans les grands quotidiens du pays sans la moindre r&#233;action des &#233;ditorialistes ? Se serait-on permis de laisser comparer les uns &#224; un singe, les autres &#224; un nazi pour quelques v&#234;tements froiss&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, l'opposition de l'immense majorit&#233; des m&#233;dias du pays &#224; l'&#233;gard de la gr&#232;ve n'est-elle pas &#233;trang&#232;re &#224; la mansu&#233;tude avec laquelle furent relay&#233;es en boucle - ou presque - les images incriminant la syndicaliste. Entre la figure du gr&#233;viste preneur d'otage et celle de l'usager m&#233;content, nul besoin de couteux raccords au montage pour enchainer, sans transition, avec le r&#233;cit poignant du &#171; saccage &#187; d'un magasin par un leader syndical terrorisant les petits commer&#231;ants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les sources de cette escalade sont peut-&#234;tre aussi &#224; chercher ailleurs, du cot&#233; d'une certaine repr&#233;sentation du &#171; peuple &#187;. Une image ayant circul&#233; dans les r&#233;seaux sociaux, et comparant Raymonde Le Lepevrier &#224; un personnage du film &lt;i&gt;Dikkenek&lt;/i&gt;, est r&#233;v&#233;latrice. La comparaison transpose, de la fiction &#224; la r&#233;alit&#233;, l'imaginaire d'un peuple ignorant, alcoolique, violent et peu soucieux des libert&#233;s d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L460xH391/Unebiere-8acaa.jpg?1776741534' width='460' height='391' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment s'&#233;tonner que de telles repr&#233;sentations circulent sur les m&#233;dias sociaux d&#232;s lors qu'elles sont reprises en boucle dans le discours m&#233;diatique officiel ? &lt;i&gt;La Derni&#232;re Heure&lt;/i&gt;, experte en la mati&#232;re, publie ainsi un premier article ayant pour titre &lt;i&gt;&#171; Bi&#232;res, barbecue et baby-foot au menu de la gr&#232;ve &#187;&lt;/i&gt;. Le site d'informations 7 sur 7 enchaine avec cet autre sommet du journalisme d'investigation sobrement intitul&#233; : &lt;i&gt;&#171; Des gr&#233;vistes surpris devant une vitrine de prostitu&#233;es : la photo qui indigne &#187;&lt;/i&gt;. L'article interroge : &lt;i&gt;&#171; que faisaient ces Messieurs exactement devant la vitrine ? Sensibiliser les jeunes femmes &#224; l'enjeu du saut d'index ? Ou par le froid de canard qui court, avaient-ils plut&#244;t envie de se r&#233;chauffer ? &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7245 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH380/BieresBaby-0352d.jpg?1776741535' width='500' height='380' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il n'est ainsi plus rare de voir sur internet des vid&#233;os de personnes se filmant en passant &#224; cot&#233; de gr&#233;vistes et criant &#171; sale ch&#244;meurs &#187; ou &#171; sale fain&#233;ants &#187; &#224; des travailleurs parfois debout dans le froid depuis l'aube. &#192; l'image de ces travailleurs qui se l&#232;vent &#224; 4h30 du matin, avant les piquets de gr&#232;ve, afin de pouvoir aller travailler, ces insultes reposent sur le sentiment d'&#234;tre diff&#233;rent de ces &#171; assist&#233;s &#187; et de ces &#171; bons &#224; rien &#187;, certitude que ne peuvent que conforter les fantasmes v&#233;hicul&#233;s par le racisme de classe ambiant. Le succ&#232;s de la r&#233;sistance aux offensives n&#233;olib&#233;rales passe &#233;galement par une lutte contre les repr&#233;sentations culturelles qui, en r&#233;duisant le peuple &#224; une masse informe et d&#233;cadente, r&#233;activent le bon vieux fantasme assimilant &#171; classes laborieuses &#187; et &#171; classes dangereuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Zamora et Jean-Louis Siroux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas n&#233;cessairement toutes les positions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ve en Belgique : Haro sur les gr&#233;vistes et les syndicats</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Greve-en-Belgique-Haro-sur-les-grevistes-et-les-syndicats</link>
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		<dc:date>2012-01-03T02:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Zamora</dc:creator>


		<dc:subject>Belgique (m&#233;dias de)</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand les m&#233;dias secondent le gouvernement.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Mobilisations-en-Europe-et-en-Amerique-du-Nord-2010-2012-et-au-dela-" rel="directory"&gt;Mobilisations en Europe et en Am&#233;rique du Nord : 2010-2012, et au-del&#224;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Belgique-+" rel="tag"&gt;Belgique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 6 d&#233;cembre 2011, apr&#232;s 540 jours de n&#233;gociations, la Belgique disposait enfin d'un gouvernement. Mais d&#232;s le 2 d&#233;cembre, le mouvement syndical, qui n'avait gu&#232;re &#233;t&#233; enthousiasm&#233; par la publication de l'accord de gouvernement, les mesures concernant les pensions, le ch&#244;mage et les coupes dans les services publics, avait organis&#233; une manifestation contre l'aust&#233;rit&#233; ayant rassembl&#233; entre 60 000 et 80 000 personnes : la plus grande mobilisation sociale en Belgique depuis le &#171; pacte des g&#233;n&#233;rations &#187; (r&#233;forme du syst&#232;me de pensions) en 2005. Puis vint la gr&#232;ve du 22 d&#233;cembre&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s le 6 d&#233;cembre, des mesures concr&#232;tes sont annonc&#233;es et la premi&#232;re concerne &#224; nouveau le syst&#232;me des pensions. Il s'agit de retarder l'&#226;ge possible de la pr&#233;pension de 60 &#224; 62 ans. En r&#233;action &#224; cette mesure, un front commun syndical organise le jeudi 22 d&#233;cembre un mouvement de gr&#232;ve dans les services publics. Cette mobilisation d'ampleur, bloquant le pays, a d&#233;clench&#233; une r&#233;elle offensive m&#233;diatique contre les syndicats, soulignant &#171; &lt;i&gt;l'in&#233;vitabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; des r&#233;formes. Dans le quotidien &lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt; du 28 d&#233;cembre, Philippe Van Muylder, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la FGTB&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail de Belgique.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, signait une tribune titr&#233;e : &#171; &lt;i&gt;La chasse aux syndicalistes est ouverte&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire sur le site du Soir.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et pour cause !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;forme &#171; n&#233;cessaire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement et son accord ont &#233;t&#233; largement salu&#233;s par la plupart des grands m&#233;dias : les mesures d'aust&#233;rit&#233; seraient, disent-ils, &#171; &lt;i&gt;urgentes &lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;in&#233;vitables&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s la mise en place du gouvernement et apr&#232;s la premi&#232;re mobilisation sociale du 2 d&#233;cembre, le vice-premier ministre Johan Vande Lanotte lance un appel dans le journal &lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt; Avant m&#234;me d'avoir un gouvernement, on a d&#233;j&#224; manifest&#233; ! On est d&#233;j&#224; en train de pr&#233;parer la gr&#232;ve. Ce n'est pas comme &#231;a que marche, une d&#233;mocratie !&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;&#201;vitez de vous mettre hors-jeu ! Restez dans le jeu ! Deux millions d'affili&#233;s&#8230; Cela donne des responsabilit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; (6/12/2011). Le message est clair : la r&#233;forme est in&#233;vitable, ne manifestez pas. Les &#233;ditorialistes et journalistes des diff&#233;rents quotidiens francophones suivront religieusement l'avis du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 d&#233;cembre 2011, B&#233;atrice Delvaux, &#233;ditorialiste en chef du &lt;i&gt;Soir&lt;/i&gt; ne m&#226;che pas ses mots : &#171; &lt;i&gt;Les gr&#232;ves, compr&#233;hensibles, ne changeront rien &#224; la r&#233;alit&#233; et &#224; la cruaut&#233; de cette crise&lt;/i&gt; &#187;. Les r&#233;formes seraient n&#233;cessaires et in&#233;vitables ; il faudrait &#171; s'adapter &#187;. Les &#233;ditocrates font mine de s'attrister, mais le jugement est sans appel : &#171; &lt;i&gt;C'est ce qu'on appelle l'adaptation du mod&#232;le social, qui va de pair avec le recul social. Ces mesures nous &#233;taient annonc&#233;es comme in&#233;vitables depuis belle lurette&lt;/i&gt; &#187;. Deux jours plus tard, on peut encore lire : &#171; &lt;i&gt;Le mod&#232;le social doit s'adapter, nous n'avons plus les moyens de nos d&#233;penses, nous devons structurellement r&#233;former&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Elles &lt;/i&gt;[les r&#233;formes] &lt;i&gt;sont dures, h&#233;las in&#233;vitables, nous l'avons d&#233;j&#224; &#233;crit dans ces colonnes&lt;/i&gt; &#187;. Le 21 d&#233;cembre, &lt;i&gt;Moustique&lt;/i&gt; (ex-&lt;i&gt;T&#233;l&#233;moustique&lt;/i&gt;) se demande : &#171; &lt;i&gt;&#192; quoi bon ? Les causes semblent d&#233;sesp&#233;r&#233;es&lt;/i&gt;. &#187; Et la &lt;i&gt;Libre Belgique&lt;/i&gt;, deux jours plus tard, titre :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5795 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L248xH344/la_libre_1_-_Indispensable-79a1c.jpg?1776737414' width='248' height='344' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement syndical lui-m&#234;me, peut-on lire, doit se rendre &#224; l'&#233;vidence. D'ailleurs, il le fait d&#233;j&#224;&#8230; Selon &lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt; du 20 d&#233;cembre, &#171; &lt;i&gt;Les syndicats le reconnaissent &#224; demi-mots : la marge de man&#339;uvre du gouvernement Di Rupo est tr&#232;s &#233;troite&lt;/i&gt; &#187;. Et selon la &lt;i&gt;Libre Belgique&lt;/i&gt; du lendemain : &#171; &lt;i&gt;Il apparait aussi que le banc syndical ne sait pas encore exactement vers o&#249; l'on va, tent&#233; par le rejet total des mesures gouvernementales, mais aussi convaincu qu'on n'y coupera pas&#8230;&lt;/i&gt; &#187;. Il n'est donc &#171; &lt;i&gt;plus possible de reculer&lt;/i&gt; &#187;, affirme &lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt; du 20 d&#233;cembre. &#171; &lt;i&gt;Le gouvernement r&#233;sistera-t-il &#224; la pression de la rue ? &#187;&lt;/i&gt;, fait mine de s'interroger, deux jours plus tard, la&lt;i&gt; Libre Belgique&lt;/i&gt;. Et elle r&#233;pond : &#171; &lt;i&gt;Oui. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Il faudra ex&#233;cuter la r&#233;forme des pensions telle qu'elle a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;e &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a compris : avant m&#234;me qu'elle ne se d&#233;roule, la mobilisation est annonc&#233;e comme irrationnelle, inutile et contre-productive. Certes, l'expression des gr&#233;vistes est &#171; &lt;i&gt;l&#233;gitime &lt;/i&gt; &#187;. Mais elle est le reflet d'une &#171; &lt;i&gt;inqui&#233;tude&lt;/i&gt; &#187;, d'un &#171; &lt;i&gt;sentiment compr&#233;hensible&lt;/i&gt; &#187;, d'une &#171; &lt;i&gt;peur &lt;/i&gt; &#187;, et non d'une position raisonnable. Et selon l'&#233;ditorialiste de la &lt;i&gt;Libre Belgique &lt;/i&gt;du 22 d&#233;cembre, le respect du droit de gr&#232;ve ne rel&#232;ve que de la tol&#233;rance : &#171; &lt;i&gt;Nous pensons que les syndicats font fausse route en paralysant le pays. On peut n&#233;anmoins tol&#233;rer l'id&#233;e que ce droit de gr&#232;ve soit actionn&#233;, dans les formes, comme catalyseur du m&#233;contentement des travailleurs en ces temps de remise &#224; plat d'un des piliers de notre mod&#232;le social&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, il n'est gu&#232;re surprenant que les &#233;ditorialistes s'attardent, non sur le fond des mesures impos&#233;es par le gouvernement, mais sur la communication de ce dernier. Or, pontifie &lt;i&gt;Le Soir &lt;/i&gt;du 20 d&#233;cembre, &#171; &lt;i&gt;la communication du gouvernement a &#233;t&#233; nulle&lt;/i&gt; &#187;. Et de pr&#233;ciser : l'important est donc de &#171; &lt;i&gt;dialoguer, expliquer&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; Le parcours qui s'annonce est rude pour un citoyen qui, de plus, a &#233;t&#233; mis au frigo plus de 500 jours. Il faut l'accompagner &lt;/i&gt; &#187;. La&lt;i&gt; Libre Belgique&lt;/i&gt; en conclut deux jours plus tard que le gouvernement doit poursuivre &#171; &lt;i&gt;un long travail d'explication et de p&#233;dagogie&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;pour faire passer des mesures d&#233;licates voire impopulaires.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette campagne m&#233;diatique de soutien aux mesures ne peut donc qu'anticiper la d&#233;nonciation d'une gr&#232;ve &#171; &lt;i&gt;pour rien&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un &#171; jeudi noir &#187;, une &#171; gr&#232;ve pour rien &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re pr&#233;occupation des m&#233;diacrates a ainsi consist&#233; &#224; informer sur l'ampleur et les effets de la gr&#232;ve, bien davantage que sur les raisons de la col&#232;re qui s'y exprimait, en recourant &#224; un vocabulaire d'apocalypse : &#171; &lt;i&gt;Chaos en vue !&lt;/i&gt; &#187; annonce &lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt; du 21 d&#233;cembre. &#171; &lt;i&gt;L'enfer des voyageurs a commenc&#233;&lt;/i&gt; &#187;, confirme la&lt;i&gt; Libre Belgique&lt;/i&gt; du m&#234;me jour. &lt;i&gt;DH&lt;/i&gt;, les 20 et 22 d&#233;cembre, synth&#233;tise :&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5796 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L248xH344/La_DH_2_-_Paralysie-eb83b.jpg?1776737414' width='248' height='344' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et encore :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5797 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L248xH344/La_DH_1_-_Le_pays_a_l_arret-ab9dd.jpg?1776737414' width='248' height='344' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Libre Belgique du &lt;/i&gt;21 d&#233;cembre, &#224; la &#171; Une &#187;, porte le deuil&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5798 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L248xH339/La_libre_3_-_Jeudi_Noir-70ebe.jpg?1776737414' width='248' height='339' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Et en pages int&#233;rieures :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5799 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L421xH203/la_libre_4_-_L_enfer-3a9fd.jpg?1776737414' width='421' height='203' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt; Libre Belgique &lt;/i&gt;donne &#233;galement la parole aux &#171; &lt;i&gt; usagers&lt;/i&gt; &#187; et notamment &#224; un certain Gianni Tabbone. Auteur d'un site pour les navetteurs, il regrette le d&#233;but de la gr&#232;ve mercredi dans les trains : &#171; &lt;i&gt;L'action (sauvage) de trop pour les usagers. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;Cette action de mercredi est absolument d&#233;solante car les usagers du train, principalement wallons mais aussi flamands, se sont fait avoir une fois de plus&lt;/i&gt; &#187; (22/12/2011). Un entretien parmi les nombreux &#171; portraits &#187; de &#171; simples &#187; citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une simple &#171; contribution &#187; &#224; la cr&#233;ation d'une opposition entre le droit de ceux qui travaillent et la &#171; &lt;i&gt; gr&#233;viculture&lt;/i&gt; &#187; de ceux qui ne travaillent pas. &#171; &lt;i&gt;Bloquer une entreprise ou un service public, est-ce vraiment rendre service aux travailleurs ? Pourquoi emb&#234;ter les simples citoyens&lt;/i&gt; ? &#187; se demande de mani&#232;re faussement na&#239;ve le journaliste de &lt;i&gt;Moustique&lt;/i&gt; (21/12/2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'appel de la raison &#8211; &#171; &lt;i&gt;c'est in&#233;vitable&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, cet appui &#224; peine d&#233;guis&#233; au gouvernement le lendemain de la gr&#232;ve :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5800 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L248xH333/La_libre_2_-_Ne_pas_reculer-f6bfc.jpg?1776737414' width='248' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et, miracle du pluralisme :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5801 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L250xH224/le_soir_2_-_Tenir_bon-9ef0b.jpg?1776737414' width='250' height='224' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si le gouvernement n'a pas recul&#233;, c'est que la gr&#232;ve n'a servi &#224; rien. Le 23 d&#233;cembre, deux des principaux quotidiens francophones titrent :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5802 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L248xH220/le_soir_1_-_Une_greve_pour_rien-31a38.jpg?1776737414' width='248' height='220' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et, nouveau miracle du pluralisme :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5803 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L248xH333/la_DH_3_-_Une_greve_pour_rien-9fde8.jpg?1776737414' width='248' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; le 2 d&#233;cembre, l'&#233;ditorial du &lt;i&gt;Soir&lt;/i&gt; pr&#233;venait que les manifestations n'&#233;taient pas utiles si r&#233;p&#233;t&#233;es : &#171; &lt;i&gt;La col&#232;re et l'angoisse des citoyens face &#224; ce monde qui bascule, aux d&#233;rapages, doivent &#234;tre exprim&#233;es. Mais les manifestations tirent leur force de leur raret&#233; et des r&#233;sultats tangibles qu'elles provoquent. Faire descendre des militants dans la rue ne peut se limiter &#224; une op&#233;ration de communication&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois semaines plus tard, le 23 d&#233;cembre, la &lt;i&gt;Libre Belgique &lt;/i&gt;&#171; constate &#187; : la gr&#232;ve &#171; &lt;i&gt;tombe mal. Surtout si elle s'&#233;ternise&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, &#171; &lt;i&gt;parmi ses dommages collat&#233;raux, la gr&#232;ve sauvage (mardi et mercredi) et annonc&#233;e (jeudi) sur le rail belge va alourdir les comptes&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;de la SNCB Logistics&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Moustique&lt;/i&gt;, deux jours auparavant, avait &#171; &lt;i&gt;compris&lt;/i&gt; &#187; que la crise est justement une mauvaise raison de faire gr&#232;ve : l'activit&#233; &#233;conomique belge n'a &#171; &lt;i&gt;pas besoin de cela en ce moment &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condamnation m&#233;diatique de la gr&#232;ve s'est doubl&#233;e d'une offensive contre le droit de gr&#232;ve et le syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un droit de gr&#232;ve abusif, des syndicats nocifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 22 d&#233;cembre, la &lt;i&gt;Libre Belgique&lt;/i&gt; titre son &#233;ditorial : &#171; &lt;i&gt;Un droit, pas tous les droits&lt;/i&gt; &#187;. La suite confirme : &#171; &lt;i&gt;Le droit de gr&#232;ve est un droit fondamental mais qui ne donne pas tous les droits, n'autorise pas tous les exc&#232;s&lt;/i&gt; &#187;. La gr&#232;ve &#171; &lt;i&gt; sauvage&lt;/i&gt; &#187;, cette &#171; &lt;i&gt;mauvaise pratique&lt;/i&gt; &#187; du mercredi, n'est &#171; &lt;i&gt;pas acceptable&lt;/i&gt; &#187;, illustrant les Wallons &#171; &lt;i&gt;de la pire des mani&#232;res&lt;/i&gt; &#187; en &#171; &lt;i&gt;prenant en otage des milliers de navetteurs&lt;/i&gt; &#187;. Il faudrait ainsi que les gr&#233;vistes Wallons arr&#234;tent &#171; &lt;i&gt;de se tirer une balle dans le pied...&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Soir&lt;/i&gt; du 23 d&#233;cembre opte pour ce titre qui s'av&#232;re tout sauf anodin : &#171; &lt;i&gt;O&#249; s'arr&#234;te le droit de gr&#232;ve ?&lt;/i&gt; &#187;. Si Mat&#233;o Alaluf, sociologue du travail &#224; l'ULB, essaie d'en d&#233;fendre le principe, la question suivante du journaliste est claire : &#171; &lt;i&gt;Ce droit de gr&#232;ve donne donc tous les droits ?&lt;/i&gt; &#187;. Est-ce &#171; &lt;i&gt;encore raisonnable ?&lt;/i&gt; &#187;. Avec un sens aigu des nuances, Marc de Vos, membre d'un &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; influent, a quant &#224; lui compar&#233; les gr&#233;vistes au tueur qui a fait six morts &#224; Li&#232;ge en d&#233;cembre. &#171; &lt;i&gt;Ce qui s'est pass&#233; jeudi est inacceptable, parce qu'il faut respecter le droit de tous. On a le droit de faire la gr&#232;ve, mais on a pas le droit d'emp&#234;cher les gens d'aller travailler&lt;/i&gt; &#187;. Il va m&#234;me jusqu'&#224; comparer la gr&#232;ve &#224; une tuerie : &#171; &lt;i&gt;Si vous voulez capter beaucoup d'attention, faites comme ce tireur fou de Li&#232;ge&#8230; C'est une logique criminelle, &#231;a, o&#249; est la limite ? Apr&#232;s les blocages, les chantages, o&#249; cela va-t-il s'arr&#234;ter ? N'oublions pas que nous vivions dans un &#201;tat de droit tout de m&#234;me&lt;/i&gt; &#187;. Cette pr&#233;tendue remise en cause de l'&#201;tat de droit par les gr&#233;vistes offre une occasion de proposer de discuter d'une loi sur un &#171; &lt;i&gt;service minimum&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Et de mettre en cause, le r&#244;le des syndicats. La &#171; Une &#187; de &lt;i&gt;Moustique &lt;/i&gt;(17-23 d&#233;cembre 2011) donne le ton :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5804 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L249xH320/Moustique-96b46.jpg?1776737414' width='249' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; &lt;i&gt;dossier &lt;/i&gt; &#187; consacr&#233; aux syndicats par l'hebdomadaire &#171; &lt;i&gt;T&#233;l&#233; moustique&lt;/i&gt; &#187; est probablement le plus agressif de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le titre, &#171; &lt;i&gt;&#192; quoi servent les syndicats ?&lt;/i&gt; &#187;, on peut lire ce recueil de st&#233;r&#233;otypes &lt;strong&gt;&#171; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;Ils aiment manifester et faire la gr&#232;ve. Ils n'aiment pas les patrons ni le changement. Quelles r&#233;alit&#233;s se cachent derri&#232;re les clich&#233;s que charrient les syndicats ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire sur le site de Moustique.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'enqu&#234;te promet donc d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;objective &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En exergue, ces questions et assertions prometteuses : &#171; &lt;i&gt;Les syndicats sont des structures archa&#239;ques et d&#233;pass&#233;es&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Cr&#233;&#233;es au XIXe si&#232;cle, les organisations de d&#233;fense des travailleurs sont-elles encore adapt&#233;es au XXIe si&#232;cle ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Se syndiquer, c'est ringard et inutile&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;S'ils ne servent plus &#224; rien, pourquoi continuer &#224; payer des cotisations ? Un monde sans syndicat tournerait-il moins rond ?&lt;/i&gt; &#187;. Et l' &#171; enqu&#234;te &#187; tient toutes ces promesses.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Morceaux choisis&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Vendredi 2 d&#233;cembre. C'est avec une certaine appr&#233;hension que les navetteurs se rendent &#224; la gare. En ce jour de manifestation nationale contre l'aust&#233;rit&#233;, ils craignent de se frotter &#224; une nouvelle pagaille sur le rail. Mais c'est tout le contraire : la circulation n'a jamais sembl&#233; aussi fluide et les panneaux horaires n'indiquent aucun retard. Nulle part. Ben tiens, pense-t-on, quand il s'agit de convoyer les camarades syndiqu&#233;s vers une manif, les cheminots font bien les choses&#8230;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Sur les quais de la gare du Midi, les trains d&#233;versent des groupes v&#234;tus de rouge, de vert et de bleu. Des manifestants sont d&#233;j&#224; bien excit&#233;s. On entend des cris et des chants. Certains navetteurs sourient, d'autres affichent une moue de r&#233;probation. &lt;i&gt;&#034;Il y en a qui carburent pas qu'au caf&#233;&#034;&lt;/i&gt;, nous glisse un compagnon de voyage. En quelques minutes, nous vivons l'illustration de deux images qui collent &#224; la peau des syndicats : leur culture de la gr&#232;ve et celle du manifestant braillard et bourr&#233;, trop content d'&#233;chapper &#224; un jour de travail pour venir perturber l'activit&#233; des &#034;honn&#234;tes travailleurs&#034;.&lt;br class='manualbr' /&gt;- Se faire &#233;lire d&#233;l&#233;gu&#233;, c'est entrer dans la caste de ceux qui sont les plus difficiles &#224; virer. Est-ce la seule motivation &#224; se pr&#233;senter sur les listes ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &lt;i&gt;Moustique&lt;/i&gt; n'est pas le seul &#224; enfiler des perles anti-syndicales. Le &lt;i&gt;Soir&lt;/i&gt; du 23 d&#233;cembre offre ce bijou &#224; ses lecteurs : &#171; &lt;i&gt;Les barrages aux portes de Bruxelles ont &#233;t&#233; lev&#233;s vers 10h30. L'heure de l'ap&#233;ro ont m&#233;dit les vilains. De l'ap&#233;ro, du shopping de No&#235;l, ou du retour &#224; la maison jusqu'&#224; la prochaine fois. Un jour de gr&#232;ve c'est un jour de gr&#232;ve quoi !&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant la prochaine et probable gr&#232;ve du 30 janvier, nul doute que la campagne de propagande se poursuivra. Faire accepter la pilule de l'aust&#233;rit&#233;, &#231;a se travaille&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Zamora&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5823 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/246Gre_ve_en_Belgique_-_Haro_sur_les_gre_vistes_et_les_syndicats.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 350.2 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail de Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; lire &lt;a href=&#034;http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2011-12-28/la-chasse-aux-syndicalistes-est-ouverte-886795.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site du &lt;i&gt;Soir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; lire &lt;a href=&#034;http://www.moustique.be/le-magazine/les-archives/4481/60513/a-quoi-servent-encore-les-syndicats&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur le site de &lt;i&gt;Moustique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le journalisme subversif selon Jean Quatremer, de Lib&#233;ration</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-journalisme-subversif-selon-Jean-Quatremer-de-Liberation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Le-journalisme-subversif-selon-Jean-Quatremer-de-Liberation</guid>
		<dc:date>2011-08-24T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Zamora</dc:creator>


		<dc:subject>Lib&#233;ration</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Quatremer</dc:subject>
		<dc:subject>Dominique Strauss-Kahn</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un tr&#232;s conformiste&#8230; briseur de tabou.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Journalisme-sur-le-journalisme-et-les-medias-" rel="directory"&gt;Journalisme sur le journalisme et les m&#233;dias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Liberation-+" rel="tag"&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Jean-Quatremer-+" rel="tag"&gt;Jean Quatremer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Dominique-Strauss-Kahn-+" rel="tag"&gt;Dominique Strauss-Kahn&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean Quatremer, correspondant de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; en Belgique, tient un blog &#8211; &lt;a href=&#034;http://bruxelles.blogs.liberation.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Les coulisses de Bruxelles &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#8211; sur lequel il livre ses commentaires. Pour avoir &#233;voqu&#233; en 2007 le probl&#232;me pos&#233; par les rapports de Dominique Strauss-Kahn avec les femmes, il est devenu une figure de la contestation de certaines pratiques journalistiques. Une figure m&#233;diatique, bien s&#251;r, que l'on a vue, lue, entendue sur divers supports. On s'arr&#234;tera ici sur l'entretien qu'il a accord&#233; au quotidien belge &lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt; (16 et 17 juillet). Au menu : briser les tabous, subvertir le pouvoir, repenser le journalisme et sauver l'&#233;conomie grecque ! Rien de moins&#8230; Or notre contestataire est, somme toute, un tr&#232;s conformiste briseur de tabous&#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Jean Quatremer, briseur de tabous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque &#171; l'affaire DSK &#187; &#233;clate, en mai dernier, Jean Quatremer rappelle qu'il avait, quatre ans plus t&#244;t, mis le doigt sur le &#171; probl&#232;me &#187; que posait la relation de Dominique Strauss-Kahn avec les femmes, et qu'il avait d&#232;s lors &#233;t&#233;, &#224; l'&#233;poque, tr&#232;s critiqu&#233; : &lt;i&gt;&#171; Pour l'avoir &#233;crit en juillet 2007, sur ce blog, j'avais encouru les foudres de certains de mes coll&#232;gues et d'une partie de la classe politique, sans parler de quelques internautes, qui estimaient que j'empi&#233;tais sur la &#8220;vie priv&#233;e&#8221; d'un politique &#187;&lt;/i&gt;. En 2007, Quatremer d&#233;non&#231;ait en effet sur son blog le &lt;i&gt;&#171; seul vrai probl&#232;me de Strauss-Kahn &#187;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; son rapport aux femmes &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire du Sofitel est donc l'occasion, pour celui qui est davantage &#171; sp&#233;cialis&#233; &#187; dans les al&#233;as de la construction europ&#233;enne, d'&#234;tre sollicit&#233; pour de multiples interviews et dans de nombreuses &#233;missions de t&#233;l&#233;vision consacr&#233;es &#224; &#171; l'affaire DSK &#187; pour &#233;voquer le &#171; tabou &#187; que constitue, selon lui, la vie priv&#233;e des politiques. C'est ce qu'il explique dans l'interview au &lt;i&gt;Soir&lt;/i&gt;, au sujet de ses &#171; r&#233;v&#233;lations &#187; de 2007 : &lt;i&gt;&#171; J'avais &lt;strong&gt;bris&#233; un des tabous&lt;/strong&gt; selon lequel la presse ne parle pas de la &#8220;vie priv&#233;e&#8221; des politiques. &#187;&lt;/i&gt; Et, plus loin, qu'il &#233;tait alors &lt;i&gt;&#171; conscient&lt;/i&gt; [qu'il brisait] &lt;i&gt;un tabou &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un tabou, quel tabou ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de quel &#171; tabou &#187; s'agit-il ? De celui qui p&#232;se sur la &#171; vie priv&#233;e &#187; ? La &#171; peopolisation &#187; de la vie publique suffit &#224; d&#233;montrer que la &#171; vie priv&#233;e &#187; des politiques est loin d'&#234;tre assujettie &#224; la loi du silence. S'agit-il, plus pr&#233;cis&#233;ment, des aspects de cette &#171; vie priv&#233;e &#187; que ceux qui exercent des responsabilit&#233;s politiques ne souhaitent pas rendre publics et qui affectent l'exercice de leurs responsabilit&#233;s ? Il est vrai qu'il arrive que la discr&#233;tion des journalistes soit &#224; ce propos excessive. Mais l'h&#233;ro&#239;que Jean Quatremer est loin, tr&#232;s loin, d'&#234;tre le premier &#224; le d&#233;plorer. D'autres avant lui, m&#234;me si certains de leurs arguments pr&#234;tent &#224; discussion, s'&#233;taient vigoureusement insurg&#233;s contre un exc&#232;s de pudeur, imputable pour une large part &#224; un exc&#232;s de proximit&#233; entre journalistes et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en 1999, Sophie Coignard et Alexandre Wickam, dans &lt;i&gt;L'Omerta fran&#231;aise&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophie Coignard et Alexandre Wickam, L'Omerta fran&#231;aise, Editions Albin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'indignent du silence qui entoure ce que les journalistes savent de la vie priv&#233;e des responsables politiques quand elle affecte l'exercice de leurs responsabilit&#233;s et l'intervention de l'Etat. De m&#234;me, en 2003, Daniel Carton, dans &lt;i&gt;Bien entendu, c'est off&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Carton, Bien entendu, c'est off, Editions Albin Michel, 2003.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consacre un chapitre de son livre, sous le titre &lt;i&gt;&#171; Vie priv&#233;e, vie publique &#187;&lt;/i&gt;, &#224; d&#233;noncer ce qu'il appelle alors le &lt;i&gt;&#171; super-off &#187;&lt;/i&gt; . Enfin, le titre de l'ouvrage &lt;i&gt;Sexus Politicus&lt;/i&gt;, publi&#233; en 2006 par deux journalistes, Christophe Deloire et Christophe Dubois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christophe Deloire et Christophe Dubois, Sexus Politicus, &#233;ditions Albin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dit assez de quoi il parle. Et il suffit &#8211; une fois n'est pas coutume &#8211; de lire la pr&#233;sentation de l'&#233;diteur pour le comprendre : &lt;i&gt;&#171; La s&#233;duction est plus que jamais au c&#339;ur du syst&#232;me politique et de la course &#224; l'Elys&#233;e. Pour la premi&#232;re fois, d'anciens Premiers ministres, des ministres pass&#233;s ou en fonction, des conseillers et des hauts fonctionnaires &#233;voquent ce sujet d&#233;licat en toute franchise. Rien n'y manque : ballets roses, espionnage, vendettas, pi&#232;ges... &#187;&lt;/i&gt; La maison d'&#233;dition Albin Michel n'&#233;tant pas franchement confidentielle, force est de constater que le &#171; tabou &#187; bris&#233; par Quatremer avait d&#233;j&#224; subi quelques s&#233;rieux assauts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moins que le &#171; tabou &#187; en question ne concerne que le seul DSK ? Rat&#233; : l'un des chapitres de &lt;i&gt;Sexus Politicus&lt;/i&gt; s'intitule &lt;i&gt;&#171; L'affaire DSK &#187;&lt;/i&gt;. Et on peut y lire, entre autres, ceci : &lt;i&gt;&#171; Le d&#233;put&#233; de Sarcelles pr&#233;sente le profil type de Sexus politicus. Son art de la s&#233;duction, qui confine chez lui &#224; l'obsession, n'a d'&#233;gal que son habilet&#233; intellectuelle &#187;&lt;/i&gt;. Si l'on peut s'accorder &#224; dire, avec Quatremer et quelques autres, que les m&#233;dias fran&#231;ais se sont peu fait l'&#233;cho des informations circulant au sujet de DSK, il reste que la r&#233;putation de &#171; seul contre tous &#187; qu'entretient le correspondant de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; semble quelque peu usurp&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;DSK, quel probl&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais laissons de c&#244;t&#233; ce que Jean Quatremer entend exactement par vie priv&#233;e et le r&#244;le pr&#233;curseur qu'il s'attribue : il est exact qu'il a mentionn&#233; un aspect publiquement peu &#233;voqu&#233; de la vie personnelle de DSK et que cela lui a valu quelques reproches et d&#233;boires. Quelques questions demeurent pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelle mesure et en quel sens Quatremer brise-t-il un &#171; tabou &#187; lorsqu'il d&#233;clare, d&#232;s 2007, que &lt;i&gt;&#171; le seul vrai probl&#232;me de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes &#187;&lt;/i&gt; ? En v&#233;rit&#233;, &lt;a href=&#034;http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/07/fmi-sarkozy-pro.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le propos de Jean Quatremer en 2007&lt;/a&gt; est beaucoup moins audacieux qu'il le pr&#233;tend, puisque le &#171; probl&#232;me &#187; qu'il soul&#232;ve est celui qui risque de se poser&#8230; &#224; DSK lui-m&#234;me et &#224; la r&#233;putation de la France : &lt;i&gt;&#171; Le seul vrai probl&#232;me de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il fr&#244;le souvent le harc&#232;lement. Un travers connu des m&#233;dias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or le FMI est une institution internationale o&#249; les m&#339;urs sont anglo-saxonnes. Un geste d&#233;plac&#233;, une allusion trop pr&#233;cise, et c'est la cur&#233;e m&#233;diatique. Apr&#232;s Jacques Attali et ses go&#251;ts somptuaires qui lui ont co&#251;t&#233; la pr&#233;sidence de la Berd, la France ne peut pas se permettre un nouveau scandale. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Quatremer &#171; savait &#187;, comme il le sous-entend lourdement depuis les &#233;v&#233;nements de New York. Et il n'&#233;tait pas le seul &#224; &#171; savoir &#187;, comme il l'a &#233;crit sur son blog le 17 mai dernier : &lt;i&gt;&#171; Les m&#233;dias et les politiques connaissent depuis longtemps les app&#233;tits sexuels irr&#233;pressibles de DSK dont le comportement &#224; l'&#233;gard des femmes est &#224; tout le moins &#8220;inappropri&#233;&#8221; (en France, on pr&#233;f&#232;re dire qu'il est un &#8220;s&#233;ducteur inv&#233;t&#233;r&#233;&#8221;) &#187;&lt;/i&gt;. Des &#171; app&#233;tits sexuels irr&#233;pressibles &#187; ? On appr&#233;ciera le chemin parcouru depuis 2007 : il fallait manifestement &#171; l'affaire DSK &#187; pour que le briseur de tabou parach&#232;ve son oeuvre. Quoi qu'il en soit, ce &#171; comportement inappropri&#233; &#187; n'a visiblement que mod&#233;r&#233;ment troubl&#233; Quatremer qui, durant les quatre ann&#233;es pass&#233;es par DSK &#224; la t&#234;te du Fonds mon&#233;taire international, n'a pas tari d'&#233;loges sur celui qu'il consid&#232;re, ainsi qu'il le confirme dans son interview au &lt;i&gt;Soir&lt;/i&gt;, comme &lt;i&gt;&#171; l'un de nos meilleurs ministres des Finances &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Jean Quatremer, quelques lignes apr&#232;s avoir &#171; bris&#233; le tabou &#187;, &#233;crivait en juillet 2007 : &lt;i&gt;&#171; Que Sarkozy pr&#233;sente DSK n'est pas choquant : ce n'est pas du d&#233;bauchage, comme de nommer au gouvernement un socialiste, m&#234;me si, un bienfait n'&#233;tant jamais perdu, le PS risque de se voir priv&#233; de son principal r&#233;novateur. Il s'agit simplement d'un choix bipartisan : pourquoi ne pas d&#233;signer le plus comp&#233;tent ? &#187;&lt;/i&gt; &#171; Le seul vrai probl&#232;me &#187; est et reste celui qui est pos&#233; &#224; DSK, &#224; sa r&#233;putation et &#224; celle de la France. Sa &#171; comp&#233;tence &#187; pr&#233;vaut non seulement sur &#171; son probl&#232;me &#187;, mais sur le sens et les effets politiques de sa nomination. Et cette comp&#233;tence, qui lui est reconnue d'embl&#233;e, &#233;vacue toute prise en compte de la politique qu'il d&#233;fend et qu'il m&#232;ne. La conclusion du blog du 17 mai 2011, consacr&#233; &#224; l'arrestation de DSK, est &#224; cet &#233;gard &#233;loquente : &lt;i&gt;&#171; Reste que DSK quitte le jeu au pire moment pour la zone euro qui n'arrive pas &#224; se sortir de la crise de la dette souveraine. Or il l'a sans conteste g&#233;r&#233;, jusqu'ici, avec un grand talent, ce que tout le monde s'accorde &#224; reconna&#238;tre. Autant dire que son in&#233;luctable d&#233;part va laisser un grand vide &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut le voir, en ce qui concerne la politique du FMI, Jean Quatremer ne brise aucun tabou. Personne ne songerait &#224; lui contester la libert&#233; de commenter, quoi que l'on pense de ses commentaires. Mais son incontestable libert&#233; d'opinion se passe alors de toute investigation&#8230; sur la politique du FMI et de DSK au FMI. Un tabou ? Quatremer peut alors s'&#233;mouvoir du &#171; grand vide &#187; laiss&#233; par DSK. Un &#171; grand vide &#187; que ne regrette sans doute pas le personnel f&#233;minin du FMI, qui ne b&#233;n&#233;ficiera plus, si l'on en croit Quatremer, du &#171; grand talent &#187; de DSK en mati&#232;re de &#171; comportements inappropri&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Jean Quatremer, critique du journalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'affaire DSK &#187; aurait donc sonn&#233; l'alarme. Mais, briseur de tabous et journaliste d'avant-garde, Jean Quatremer n'est pas convaincu que ses conf&#232;res entendront cette alarme et entendront du m&#234;me coup Jean Quatremer : &lt;i&gt;&#171; Tout le monde dit qu'il y aura un avant et un apr&#232;s-DSK, je n'en suis pas certain. &#187;&lt;/i&gt; Il faudrait en effet enqu&#234;ter. Mais sur quoi et dans quel but ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enqu&#234;ter sur les rumeurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Et de donner des exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Un exemple r&#233;cent. Martine Aubry d&#233;nonce les rumeurs dont elle est l'objet sur son alcoolisme et sur le fait que son mari est soi-disant proche des islamistes. Toute la presse reprend l'information, mais ne prend pas la peine d'enqu&#234;ter pour savoir si ce sont ou non des rumeurs. Le politique l'affirme, le journaliste passe &#224; autre chose. Etonnant, non ? Or savoir si un candidat possible &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique a ou non un probl&#232;me avec l'alcool, cela int&#233;resse directement le citoyen. Rappelez-vous aussi de l'affaire de la liaison suppos&#233;e entre Carla Bruni, la femme de Nicolas Sarkozy, et le chanteur Benjamin Biolay et de celle du chef de l'Etat avec Chantal Jouanno, sa ministre des Sports. Le monde entier en parlait, mais pas la presse fran&#231;aise. Une omerta incroyable alors que la rumeur courait &#224; travers la France enti&#232;re, ce qui en soi &#233;tait d&#233;j&#224; un fait de soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Quatremer d&#233;fend une autre vision du journalisme : un vrai journalisme d'investigation : &lt;i&gt;&#171; En tant que journaliste, on ne peut pas s'interdire des domaines d'investigation. On doit pouvoir enqu&#234;ter sur tout, oui. &#187;&lt;/i&gt; Certes. Mais si toutes les rumeurs sur la vie personnelle des responsables politiques m&#233;ritaient une enqu&#234;te, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; risquerait de rivaliser avec &lt;i&gt;Gala&lt;/i&gt;, serait submerg&#233; de &#171; journalisme d'investigation &#187; et nous serions probablement priv&#233;s de merveilleuses enqu&#234;tes sociales&#8230; dont nous sommes d&#233;j&#224; trop souvent priv&#233;s. Mais apr&#232;s tout, &#224; chacun ses priorit&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Subvertir le pouvoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; penser que ce journalisme tr&#232;s investigateur s'&#233;mancipe ainsi du pouvoir et le subvertit, il n'y a qu'un pas que Quatremer franchit all&#232;grement : &lt;i&gt;&#171; Nous ne sommes pas l&#224; pour faire la communication des puissants, &lt;strong&gt;nous sommes l&#224; pour subvertir le pouvoir !&lt;/strong&gt; La question que l'on peut se poser, c'est pourquoi en France, ce journalisme-l&#224; n'est pas la r&#232;gle. &#187;&lt;/i&gt; Comme il le dit si bien : &lt;i&gt;&#171; nous ne sommes pas l&#224; pour &#234;tre invit&#233;s dans des salons &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette investigation courageuse et cette subversion audacieuse ne concernent gu&#232;re la politique du FMI et ses effets. Devant la porte du FMI, on doit s'arr&#234;ter et se borner &#224; regarder par le trou de la serrure pour surprendre les &#171; comportements inappropri&#233;s &#187;. Est-ce tout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi le journalisme subversif &#8211; m&#234;me contenu dans les limites que lui assigne Jean Quatremer &#8211; n'est-il pas la r&#232;gle ? Parce qu'il existe des liens trop &#233;troits entre les pouvoirs politique et m&#233;diatique. Mais d'o&#249; vient que ces liens soient si resserr&#233;s ? La r&#233;ponse de Quatremer m&#233;rite un temps d'arr&#234;t : en France, dit-il, les m&#233;dias &lt;i&gt;&#171; font encore largement partie de l'appareil &#233;tatique qui les soutient par ailleurs financi&#232;rement &#187;&lt;/i&gt;. De quelle &#171; appartenance &#233;tatique &#187; nous parle-t-on ? De celle de TF1 et de tous les m&#233;dias priv&#233;s ? Et de quel soutien financier ? Des aides publiques &#224; la presse&#8230; dont b&#233;n&#233;ficie notamment &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; ? Faut-il comprendre que les pouvoirs publics doivent ne jouer aucun r&#244;le dans le secteur des m&#233;dias ? Quatremer nous l'expliquera une autre fois. Comme il nous expliquera sans doute comment le groupe Murdoch a lib&#233;r&#233; le &#171; journalisme anglo-saxon &#187;, dont se r&#233;clame Quatremer quand il d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; Aux Etats-Unis, c'est tout &#224; fait diff&#233;rent. La presse est n&#233;e pour d&#233;fendre le peuple contre les abus du pouvoir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#233;fendre le peuple contre les abus de pouvoir &#187; : la devise est belle. Mais retrait&#233;e par Jean Quatremer, elle est d'un usage tr&#232;s limit&#233;. Celui-ci, &#224; quelques nuances pr&#232;s, n'a jamais manqu&#233; de relayer les discours tr&#232;s officiels des institutions internationales, m&#234;me lorsque, comme dans le cas de la crise de la dette grecque, le peuple s'y opposait. En t&#233;moigne ces morceaux de bravoure, extraits d'un article publi&#233; sur son blog le 9 juin dernier sous le titre &lt;i&gt;&#171; La Gr&#232;ce ou les &#233;curies d'Augias &#187;&lt;/i&gt; : &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les bailleurs de fonds de l'&#201;tat hell&#233;nique, Union europ&#233;enne et Fonds mon&#233;taire international (FMI), sont en train de prendre la mesure des r&#233;sistances de la soci&#233;t&#233; grecque au changement alors m&#234;me que leur pays a les plus grandes difficult&#233;s &#224; redresser ses comptes &#187;&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;&#171; Les trop nombreux fonctionnaires, souvent embauch&#233;s en r&#233;compense de leur affiliation au parti au pouvoir, ont entam&#233; une gr&#232;ve du z&#232;le, furieux de voir leur salaire et pension baiss&#233;s, au moment m&#234;me o&#249; ils devraient au contraire se mobiliser pour sauver leur pays &#187;&lt;/i&gt;. Des tra&#238;tres ? C'est une opinion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Jean Quatremer d'en appeler &#224; &lt;i&gt;&#171; une v&#233;ritable r&#233;volution destin&#233;e &#224; cr&#233;er un &#201;tat de droit, garant d'une v&#233;ritable justice sociale, qui seul pourra remettre le pays sur les rails, l'aust&#233;rit&#233; &#233;tant insuffisante. Si les &#233;curies d'Augias ne sont nettoy&#233;es rapidement, cette r&#233;volution pourrait venir de la rue avec tous les risques de d&#233;stabilisation que cela repr&#233;sente &#187;&lt;/i&gt;. Une r&#233;volution du pouvoir par le pouvoir ? C'est une opinion&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il du &#171; droit des peuples contre les abus de pouvoir &#187; ? Au moins ceci : le droit de savoir ce qu'il faut savoir sur la vie priv&#233;e des responsables politique&#8230; pour que vivent les entreprises de presse, car ce sont avant tout des entreprises en concurrence sur un march&#233;. Parmi les tr&#232;s libres opinions de Jean Quatremer, celle-ci qui, &#224; la diff&#233;rence des pr&#233;c&#233;dentes, int&#233;resse directement la critique des m&#233;dias. Evoquant &#171; l'omerta fran&#231;aise &#187; sur la &#171; vie priv&#233;e &#187; des politiques, Quatremer explique : &lt;i&gt;&#171; Cette attitude est suicidaire de la part des journaux. On ne peut pas n&#233;gliger un tel march&#233; parce qu'un journal, c'est avant tout une entreprise qui vise &#224; vendre des journaux. Comment notre lectorat peut-il admettre que, d&#233;lib&#233;r&#233;ment, on cache telle ou telle information ? &#187;&lt;/i&gt; Une vision d'un journalisme de march&#233; qui a au moins le m&#233;rite d'&#234;tre coh&#233;rent avec la d&#233;nonciation feutr&#233;e des aides publiques &#224; la presse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lutter contre les tabous et l'omerta, d&#233;cid&#233;ment tenaces, et parce qu'il ne s'agirait pas de &#171; n&#233;gliger un tel march&#233; &#187;, Jean Quatremer a heureusement pr&#233;vu d'&#233;crire un livre audacieux : &lt;i&gt;&#171; Le titre sera sans doute &#8220;Sexe, mensonges et m&#233;dias&#8221;. Il partira de cette exp&#233;rience, passionnante en tant que journaliste. Cela ne m'&#233;tait jamais arriv&#233; auparavant. Jamais ! L'affaire DSK devrait amener les m&#233;dias &#224; r&#233;fl&#233;chir sur leur m&#233;tier. Les journalistes fran&#231;ais sont-ils trop proches du pouvoir ? Que peut dire la presse ? Pourquoi une information est-elle &#233;touff&#233;e ? &#187;&lt;/i&gt; Le titre est racoleur &#224; souhait. Et son contenu, si l'on en juge par la d&#233;finition que Quatremer donne de la subversion, sera forc&#233;ment tr&#232;s subversif ! C'est pourquoi nous ne manquerons pas de le lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Epilogue : Des vacances pour sauver la Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Quatremer qui, lui, ne cache rien, nous parle de ses vacances. C'est l'occasion pour lui de montrer que la vie priv&#233;e est politique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;O&#249; partez-vous ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- &lt;i&gt;En Gr&#232;ce, &#233;videmment. Outre qu'il s'agit d'un pays que j'adore, c'est le moment ou jamais d'y aller pour soutenir l'&#233;conomie grecque. Le tourisme est leur principale ressource et tout euro d&#233;pens&#233; l&#224;-bas aide &#224; relancer l'&#233;conomie. J'esp&#232;re simplement ne pas &#234;tre pris dans une gr&#232;ve sauvage des transports &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout est dit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Zamora (avec Julien Salingue et Henri Maler)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5558 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/229Le_journalisme_subversif_selon_Jean_Quatremer_de_Liberation.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 464.2 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sophie Coignard et Alexandre Wickam, &lt;i&gt;L'Omerta fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Editions Albin Michel, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Daniel Carton, &lt;i&gt;Bien entendu, c'est off&lt;/i&gt;, Editions Albin Michel, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christophe Deloire et Christophe Dubois, &lt;i&gt;Sexus Politicus&lt;/i&gt;, &#233;ditions Albin Michel, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La crise belge vue par les m&#233;dias</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-crise-belge-vue-par-les-medias</link>
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		<dc:date>2011-05-04T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Zamora</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvements sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Pluralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Belgique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand l'information &#171; s'effrite &#187;&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Europe-si-pres-si-loin-" rel="directory"&gt;Europe, si pr&#232;s, si loin&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Mouvements-sociaux-+" rel="tag"&gt;Mouvements sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Pluralisme-+" rel="tag"&gt;Pluralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Belgique-+" rel="tag"&gt;Belgique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour le lecteur fran&#231;ais, la &#171; crise &#187; belge est un casse-t&#234;te dont le sens d&#233;passe largement les infos que l'on peut glaner dans la presse. Cependant, est-ce bien la complexit&#233; de la crise qui rend sa compr&#233;hension impossible ? Ou plut&#244;t la mani&#232;re dont en parlent les m&#233;dias ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article ne visera pas &#224; revenir sur les raisons de cette crise. Apr&#232;s plus de 300 jours sans gouvernement, et une crise qui d&#233;passe largement ce cadre (on pourrait remonter facilement &#224; 2007), il serait difficile d'en expliquer clairement les fondements en quelques lignes. Cependant, son traitement m&#233;diatique nous offre l'occasion de revenir sur certaines de ses caract&#233;ristiques fondamentales souvent mises de c&#244;t&#233; par les &#233;ditorialistes et les &#171; experts &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise ? Quelle crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la grande majorit&#233; des m&#233;dias et des analyses sur la situation belge parlent d'une &#171; &lt;i&gt;crise institutionnelle &lt;/i&gt; &#187;, d'une &#171; &lt;i&gt;crise communautaire&lt;/i&gt; &#187;, d'un &#171; &lt;i&gt;conflit entre flamands et francophones &lt;/i&gt; &#187;. On peut ainsi lire ces termes dans l'ensemble de la presse belge, mais &#233;galement fran&#231;aise et internationale. L'immense majorit&#233; des m&#233;dias traduisent cette crise comme un conflit linguistique et institutionnel (autour d'une r&#233;forme de l'&#201;tat) entre flamands et francophones. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lecture de la presse, il existerait deux &#171; Belgiques &#187; : celle du Nord et celle du Sud. Ces deux &#171; Belgiques &#187;, n'ayant rien en commun, c'est dans leur diff&#233;rences qu'il convient de chercher l'origine du conflit.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet, m&#234;me le suppl&#233;ment au Monde Diplomatique de d&#233;cembre 2010 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette vision renforce ainsi l'interpr&#233;tation communautaris&#233;e du probl&#232;me au d&#233;triment de ses aspects sociaux et &#233;conomiques largement occult&#233;s dans l'ensemble du d&#233;bat public. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, si cette d&#233;nomination pour la situation belge n'est pas totalement fausse, elle est cependant largement incompl&#232;te car elle masque les conflits sociaux sous-jacents et notamment une opposition entre le patronat et l'ensemble du monde du travail belge. En effet, bien qu'en apparence bloqu&#233;e dans une crise d'une &#171; r&#233;forme institutionnelle &#187;, la Belgique est loin d'&#234;tre un &#238;lot isol&#233; des plans d'aust&#233;rit&#233; et de la crise &#233;conomique qui touche aujourd'hui toute l'Europe. Si l'on aime pr&#233;senter une Belgique &#171; divis&#233;e &#187; et se questionner sur ses identit&#233;s r&#233;gionales, aucun m&#233;dia n'a pourtant relev&#233; que les organisations syndicales, elles, sont bel et bien unitaires, et se sont largement mobilis&#233;es contre le nationalisme.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, loin d'expliquer aux citoyens les enjeux &#233;normes d'une telle scission, la r&#233;forme institutionnelle propos&#233;e est toujours pr&#233;sent&#233;e comme un dossier assez technique, ou les int&#233;r&#234;ts opposent &#171; &lt;i&gt;flamands et francophones&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; (29 mars 2011) parle de &#171; &lt;i&gt;discussions byzantines entre Flamands et francophones&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (25 f&#233;vrier 2011) de &#171; &lt;i&gt; fracture entre Francophones et N&#233;erlandophones&lt;/i&gt; &#187;, recopiant ainsi pieusement ce que disent les quotidiens belges. Les journaux belges parlent ainsi d'un accord qui devrait &#234;tre &#171; &lt;i&gt;acceptable pour les francophones&lt;/i&gt; &#187; [&lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Libre Belgique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Derni&#232;re Heure&lt;/i&gt;,&#8230;], ne franchissant pas la &#171; &lt;i&gt;ligne rouge pour les francophones&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Soir,&lt;/i&gt; 10 janvier 2011), ou &#171; &lt;i&gt;&#233;quilibr&#233; pour les flamands&lt;/i&gt; &#187; [&lt;i&gt;De Morgen, De Standaart, Het Nieuwsblad&lt;/i&gt;,&#8230;]&#8230; Nous pourrions ainsi &#233;tablir une liste sans fin du vocabulaire utilis&#233; afin de r&#233;duire cette crise au conflit de communaut&#233;s ayant des int&#233;r&#234;ts divergents. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fa&#231;on de transcrire ce qui se passe en Belgique est presque sans exception, aucun article dans la presse dominante n'a trouv&#233; pertinent d'expliquer que la r&#233;forme discut&#233;e allait &#224; l'encontre des travailleurs de l'ensemble du pays comme l'ont fait remarquer les syndicats. Tr&#232;s rares ont &#233;t&#233; les articles o&#249; l'on a pu lire les paroles du pr&#233;sident du syndicat FGTB [F&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail de Belgique] : &#171; &lt;i&gt;On nous chante sur tous les tons qu'une sixi&#232;me r&#233;forme de l'&#201;tat est absolument n&#233;cessaire. Que les r&#233;gions ont besoin d'autonomie fiscale. Mais quel est le v&#233;ritable agenda de Bart De Wever et consorts ? C'est le d&#233;mant&#232;lement de notre mod&#232;le social. &lt;/i&gt;[&#8230;]&lt;i&gt; Et cela, la FGTB ne peut l'accepter &lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, en reproduisant constamment une vision &#171; communautaris&#233;e &#187; du conflit, les m&#233;dias participent activement &#224; l'occultation de son aspect social et du mouvement qui se construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Flamands nationalistes contre Wallons socialistes ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste l'id&#233;e bien implant&#233;e selon laquelle le Nord est &#171; de droite &#187; et &#171; nationaliste &#187;, et le Sud est plut&#244;t &#171; de gauche &#187; et &#171; social &#187;&#8230; Les demandes s&#233;paratistes ne seraient que &#171; flamandes &#187;. On pouvait ainsi lire dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; que &#171; &lt;i&gt;cette d&#233;rive nationaliste et extr&#233;miste de la Flandre affole et h&#233;risse Bruxelles et la Wallonie, les deux r&#233;gions francophones o&#249; la gauche est majoritaire et l'extr&#234;me droite inexistante&lt;/i&gt; &#187; (25 f&#233;vrier 2011). Dans &lt;i&gt;le Monde&lt;/i&gt; du 27 janvier 2011, on parle de &#171; &lt;i&gt;radicalisation de l'opinion flamande&lt;/i&gt; &#187; et du &#171; &lt;i&gt;succ&#232;s du courant nationaliste ou ind&#233;pendantiste&lt;/i&gt;. &#187; Parall&#232;lement au refus de &#171; &lt;i&gt; la plupart des francophones &lt;/i&gt; &#187; concernant les grandes r&#233;formes de l'&#201;tat. &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (10 f&#233;vrier 2011) &#233;crit qu'&#171; &lt;i&gt;aucun accord de majorit&#233; n'a &#233;t&#233; trouv&#233; entre les N&#233;erlandophones (entre 55% et 60% de la population), travaill&#233;s par des vell&#233;it&#233;s ind&#233;pendantistes, et la minorit&#233; francophone, attach&#233;e &#224; l'unit&#233; belge.&lt;/i&gt; &#187; Idem pour &lt;i&gt;le Figaro&lt;/i&gt; (23 janvier 2011) qui fait dans l'originalit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les Flamands (60% des quelque 11 millions de Belges) r&#233;clament une autonomie nettement renforc&#233;e pour leur r&#233;gion septentrionale, notamment dans le domaine fiscal et social. Les francophones cherchent &#224; limiter cette d&#233;centralisation de crainte de perdre les transferts financiers qu'ils per&#231;oivent de la Flandre et parce qu'ils y voient le d&#233;but de l'&#233;clatement du pays&lt;/i&gt;. &#187; Cette mani&#232;re de d&#233;peindre les communaut&#233;s repose essentiellement sur des st&#233;r&#233;otypes et ne correspond pas vraiment &#224; la r&#233;alit&#233;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la presse, est souvent dans un discours qui semble r&#233;duire la crise Belge &#224; une crise communautaire et linguistique sans parler des conflits sociaux sortant totalement du cadre linguistique.. Jean Quatremer de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; (29 mars 2011) s'aventure ainsi &#224; poser une question sortant des sentiers battus : &#171; &lt;i&gt; Reste une question que personne n'ose poser : est-ce l'int&#233;r&#234;t des Francophones d'assister &#224; cette lente agonie de la Belgique ?&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, aucun m&#233;dia n'ose poser cette autre question : &lt;i&gt;La logique de division n'est-elle pas contre l'int&#233;r&#234;t de l'ensemble les travailleurs belges ? &lt;/i&gt;Contre l'int&#233;r&#234;t des travailleurs francophones, n&#233;erlandophones, germanophones,&#8230; Cette question, est totalement absente du traitement m&#233;diatique de la question communautaire en Belgique. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politologue Dave Sinardet de l'Universit&#233; d'Anvers avait ainsi r&#233;p&#233;t&#233; de nombreuses fois que &#171; &lt;i&gt;toutes les &#233;tudes sur le comportement &#233;lectoral des Flamands montrent que le communautaire est au bas de leurs priorit&#233;s. Et que les s&#233;paratistes ne repr&#233;sentent que 10 % de la population flamande. &lt;/i&gt; &#187; Ainsi, ni en Wallonie, ni en Flandre, la majorit&#233; de la population ne veut du sc&#233;nario s&#233;paratiste. Mais les &#233;ditorialistes aiment enfermer le d&#233;bat dans un cadre communautaire &#233;vacuant tout autre clivage permettant de poser d'autres questions, des questions qui f&#226;chent. &#171; L'opinion publique &#187; flamande ou francophone est de ce point de vue une construction m&#233;diatique permettant plus que jamais de probl&#233;matiser et de d&#233;finir les termes du d&#233;bat. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des mouvements &#171; belgicains &#187; ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le traitement m&#233;diatique et politique des nombreuses manifestations citoyennes unitaires contre le s&#233;paratisme est &#233;galement &#224; souligner. Ainsi, la grande manifestation &#171; SHAME &#187; du 23 janvier &#224; Bruxelles ayant mobilis&#233; entre 30.000 et 45.000 personnes (&#233;v&#232;nement assez rare en Belgique) est r&#233;v&#233;lateur d'un certain d&#233;ni du versant social et progressiste du mouvement. Le principal quotidien francophone (&lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt;) s'empressa de r&#233;aliser une enqu&#234;te pour conna&#238;tre la composition linguistique de la manifestation. Ainsi, on y apprenait assez naturellement qu'il y avait plus de francophones que de n&#233;erlandophones (r&#233;sultat logique puisque Bruxelles est une ville majoritairement francophone). Cependant, ce type de &#171; r&#233;sultats &#187; ne sert &#233;videmment que les partis nationalistes du nord du pays s'offrant une occasion unique de discr&#233;diter une forte mobilisation car &#233;tant &#171; &lt;i&gt; essentiellement francophone &lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette manifestation, comme tous les autres mouvements depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e (notamment &#233;tudiants), sont &#233;galement pr&#233;sent&#233;s comme apolitiques, &#171; pour &#187; la Belgique, c'est-&#224;-dire &#171; belgicains &#187;. Ainsi, le mouvement lanc&#233; par les &#233;tudiants de tout le pays est pr&#233;sent&#233; tr&#232;s platement par les m&#233;dias fran&#231;ais. &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; (29 mars 2011) - comme la plupart des autres m&#233;dias - s'extasie sur le surr&#233;alisme et les &#171; frites &#187; : &#171; &lt;i&gt;En Belgique, o&#249; le surr&#233;alisme fait toujours flor&#232;s, certains avaient &#034;c&#233;l&#233;br&#233;&#034; d&#232;s le 17 f&#233;vrier le franchissement de la barre symbolique des 249 jours en organisant une &#034;r&#233;volution de la frite&#034; au cours de laquelle des d&#233;gustations du c&#233;l&#232;bre plat national avaient rassembl&#233; plus de 5.000 personnes aux quatre coins du pays.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or loin de &#171; c&#233;l&#233;brer &#187; le record, des &#233;tudiants de tout le pays se sont mobilis&#233;s pour protester contre la situation actuelle et pour mettre en avant des revendications bien peu relay&#233;es par les m&#233;dias. Loin d'avoir fid&#232;lement expliqu&#233; le pourquoi des mobilisations, les m&#233;dias ont avant tout photographi&#233; les drapeaux belges et des &#233;tudiants mangeant des frites. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L419xH437/Belgique_Nouvelobs-com_30-04-2011-1ced7.jpg?1776741535' width='419' height='437' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;TF1 brille particuli&#232;rement en la mati&#232;re puisque &lt;a href=&#034;http://www.wat.tv/video/belgique-revolution-frites-3ea9l_2i0u7_.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;son reportage&lt;/a&gt; diffus&#233; dans le JT du 17 f&#233;vrier 2011, reproduit tous les lieux communs &#233;cul&#233;s sur les Belges sans m&#234;me dire un mot du fond politique des mouvements &#233;tudiants : &lt;i&gt;&#171; Surr&#233;alisme &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Frites &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Humour &#187;&lt;/i&gt;,&#8230; Mais o&#249; sont pass&#233;es les revendications ? Disparues &#233;videmment&#8230;. &#171; &lt;i&gt;Aucun vrai mouvement de fond&lt;/i&gt; &#187; d&#233;clare la &#171; reporter &#187; de TF1 tr&#232;s s&#251;re d'elle. Peut-&#234;tre aurait-elle du &#233;couter le discours des organisateurs, ou lire les grandes banderoles affichant clairement les revendications politiques&#8230; Mais il est &#233;videmment plus simple de conserver l'image du belge bon vivant d&#233;vorant ses frites plut&#244;t que mobilis&#233; et surtout politis&#233;. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le mouvement &#233;tait loin de se r&#233;sumer &#224; un cornet de frites. Les &#233;tudiants flamands et francophones r&#233;clamaient le maintien d'une s&#233;curit&#233; sociale f&#233;d&#233;rale, le refinancement de l'enseignement &#224; 7% du PIB, l'investissement s&#233;rieux dans le bilinguisme,&#8230; Cette &#171; voix &#187;, s'est faite entendre autant en Flandre qu'en Wallonie et &#224; Bruxelles, par des appels et actions du monde artistique, scientifique et syndical. Une &#171; voix &#187; manifestant une volont&#233; de d&#233;fendre les grands acquis sociaux du mouvement ouvrier belge&#8230; et peu relay&#233;e par les m&#233;dias.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement &#171; s'effrite &#187;&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la deuxi&#232;me grande mobilisation, un nouveau mot d'ordre s&#233;vit : le mouvement perd du terrain ! On peut ainsi lire dans &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; [29 mars 2011] : &#171; &lt;i&gt;De nouvelles distributions de frites et des concerts sont au programme, mais le c&#339;ur ne semble plus y &#234;tre, l'appel &#224; manifester ayant cette fois &#233;t&#233; peu relay&#233; par la presse et sur les r&#233;seaux sociaux.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Dans un climat morose que tenteront d'&#233;gayer des distributions gratuites de frites dans les villes universitaires &lt;/i&gt; &#187;. Ou dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; [17 f&#233;vrier 2011] : &#171; &lt;i&gt;Le pari a largement &#233;chou&#233; : seuls quelques centaines de jeunes se sont d&#233;plac&#233;s pour d&#233;noncer le nationalisme flamingant...&lt;/i&gt; &#187; Le correspondant de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, Jean Quatremer &#233;crivait d&#233;j&#224; lors de la premi&#232;re mobilisation &#171; &lt;i&gt; Une r&#233;volution de la frite qui fait pschiiiiiiiiittttttttt &lt;/i&gt; &#187;. La presse belge ne fait &#233;videmment pas exception &#224; la r&#232;gle. &lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt; titrant &#171; &lt;i&gt;les frites font moins recette&lt;/i&gt; &#187; expliquant la perte de vitesse par rapport au d&#233;but du mouvement. Le journal t&#233;l&#233;vis&#233; belge de la RTBF [29 mars 2011] &#233;tait &#233;galement tr&#232;s dou&#233; en la mati&#232;re puisqu'il parle de &#171; &lt;i&gt;succ&#232;s mitig&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;le mouvement &#224; l'air de s'effriter&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;il y a moins de monde qu'attendu &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;r&#233;sultat moyen&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;plut&#244;t clairsem&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Le reporter se permet de conclure ainsi : &#171; &lt;i&gt;les &#233;tudiants ont promis de continuer le combat apr&#232;s les vacances de P&#226;ques. Avec quel succ&#232;s ? &#199;a, on verra !&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant le mouvement est assez exceptionnel et plut&#244;t &#233;tonnant dans les universit&#233;s belges. Loin de tout pessimisme, du c&#244;t&#233; de la plate-forme &#233;tudiante le mouvement est plut&#244;t vu comme une r&#233;ussite. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, un rapide passage en revue des journaux pr&#233;c&#233;dents nous indique que ce pessimisme m&#233;diatique n'est pas vraiment nouveau. Ainsi, d&#233;but janvier au d&#233;but de la constitution de la plate-forme &#233;tudiante, des &#171; sp&#233;cialistes &#187; analysaient qu'ils &#171; &lt;i&gt;ne croyaient pas &#224; la naissance d'un mouvement social durable &lt;/i&gt; &#187;, que &#171; &lt;i&gt;personnellement j'ai des doutes sur leurs succ&#232;s car je ne vois pas en quoi ces mouvements parviendraient &#224; capter l'attention de la population &lt;/i&gt; &#187;. Ou encore &#171; &lt;i&gt;ce n'est&lt;/i&gt; &lt;i&gt;pas encore suffisamment dramatique pour descendre dans la rue &lt;/i&gt; &#187; [&lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt;, 12 janvier 2011]. Dix jours apr&#232;s, plus de 40.000 personnes, y &#233;taient, dans la rue !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ces commentaires d&#233;faitistes, on n'oubliera pas les nombreux qualificatifs pour caract&#233;riser les citoyens mobilis&#233;s de &#171; &lt;i&gt;simplistes&lt;/i&gt; &#187;, ou de &#171; &lt;i&gt;r&#233;cup&#233;ration populiste&lt;/i&gt; &#187;, &#8230; Bref, les experts belges font aussi bien que leurs confr&#232;res fran&#231;ais pour d&#233;l&#233;gitimer toute implication de la &#171; pl&#232;be &#187; dans la politique. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Zamora&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet, m&#234;me le suppl&#233;ment au &lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt; de d&#233;cembre 2010 d&#233;peint l'image d'une Flandre &#224; l'identit&#233; &#171; flamingante &#187; et plut&#244;t nationaliste et une Wallonie plut&#244;t &#171; socialiste &#187; laissant transpara&#238;tre l'id&#233;e d'un conflit de communaut&#233;s, d'identit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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