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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>La presse d'&#201;tat en &#201;gypte : comment assurer l'apr&#232;s-Moubarak ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-presse-d-Etat-en-Egypte-comment-assurer-l-apres-Moubarak</link>
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		<dc:date>2011-03-29T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Mayault</dc:creator>


		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte (m&#233;dias d')</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Enqu&#234;te sur une difficile transition.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-2010-2011-Revolutions-arabes-guerre-de-Libye-" rel="directory"&gt;Depuis 2010-2011 : R&#233;volutions arabes, guerre de Libye, guerre en Syrie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Egypte-+" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Egypte-mediasd-+" rel="tag"&gt;Egypte (m&#233;dias d')&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, sous forme de &#171; tribune &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#034;tribunes&#034; que nous publions n'engagent pas la responsabilit&#233; collective (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, une enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e le 10 mars 2011 (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la r&#233;volution, Yahia Ghanem est un homme occup&#233;. Dans le hall des locaux d'&lt;i&gt;Al Ahram&lt;/i&gt;, journal pour lequel il travaille depuis deux d&#233;cennies, le journaliste raccompagne avec satisfaction vers la sortie un confr&#232;re du &lt;i&gt;Guardian&lt;/i&gt; venu l'interviewer. C&#233;l&#232;bre pour avoir &#233;t&#233; pendant le long r&#233;gime de Moubarak le quotidien le plus institutionnel et pro-gouvernemental des m&#233;dias publics du pays, &lt;i&gt;Al Ahram&lt;/i&gt; cherche aujourd'hui une sortie de secours pour survivre dans l'&#201;gypte de l'apr&#232;s-r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ghanem se fait le porte-parole de la m&#233;tamorphose en cours. &#171; Al Ahram &lt;i&gt;n'est pas un simple journal, c'est un symbole culturel du pays, explique celui qui a r&#233;cemment &#233;t&#233; promu r&#233;dacteur en chef adjoint. C'est 150 ans d'histoire, l'un des journaux les plus anciens du monde. &#199;a ne peut pas s'arr&#234;ter comme &#231;a&lt;/i&gt; &#187;. Une fa&#231;on de rappeler qu'&lt;i&gt;Al Ahram&lt;/i&gt; ne s'est pas seulement illustr&#233; par sa fid&#233;lit&#233; au r&#233;gime de Moubarak puisque le journal existait d&#233;j&#224; depuis plus d'un si&#232;cle quand le dictateur aujourd'hui d&#233;chu est arriv&#233; au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le ton peu convaincant d'un homme politique en campagne pour une &#233;lection prochaine, Ghanem fait la liste des r&#233;formes au programme : &#171; &lt;i&gt;Nous allons entreprendre des changements radicaux dans la Charte. Notre but, aujourd'hui, est de produire une nouvelle vision pour le pays. On est dans un processus de r&#233;formes radicales&lt;/i&gt; &#187;. De fait, les tentatives se succ&#232;dent pour donner un nouveau visage au monument de la presse &#233;gyptienne (&lt;i&gt;Al Ahram&lt;/i&gt; signifie &#171; pyramides &#187;). Au moment de la visite des locaux, mi-mars, la r&#233;daction organisait des &#233;lections pour un nouveau r&#233;dacteur en chef. &#171; &lt;i&gt;Organiser des &#233;lections est encore &#224; ce jour ill&#233;gal, mais on s'en moque&lt;/i&gt; &#187;, annonce Ghanem, rebelle auto-proclam&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constitution alors encore en vigueur est claire : seule la chambre haute du parlement &#233;gyptien (&lt;i&gt;Choura&lt;/i&gt;) peut nommer les responsables hi&#233;rarchiques des m&#233;dias d'&#201;tat. Un parfum d'&#233;cole buissonni&#232;re flotte sur le bureau de vote improvis&#233; dans les locaux d'&lt;i&gt;Al Ahram&lt;/i&gt;, o&#249; les journalistes se succ&#232;dent pour voter. &#171; &lt;i&gt;L'ancien r&#233;dacteur en chef esp&#233;rait pouvoir rester en poste apr&#232;s le d&#233;part de Moubarak&lt;/i&gt; &#187;, commente Ghanem. &#171; &lt;i&gt;On ne va pas aller jusqu'&#224; le jeter dehors physiquement, mais il faut mettre fin au r&#232;gne de la corruption dont il est devenu le symbole&lt;/i&gt; &#187;. Sonnerie de t&#233;l&#233;phone, justement, c'est le r&#233;dacteur en chef qui appelle Ghanem. &#171; &lt;i&gt;Omar, habibi&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che celui-ci, soudain beaucoup moins virulent. &#171; &lt;i&gt;Il veut que j'aille voir le ministre de l'Int&#233;rieur demain&lt;/i&gt; &#187; explique Ghanem &#224; la fin de sa conversation, avant de reprendre, imperturbable : &#171; &lt;i&gt;On va rendre &lt;/i&gt;Al Ahram &lt;i&gt;au public&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;bellion, oui, mais dans le respect du protocole. Les trois noms arriv&#233;s en t&#234;te &#224; l'issue du vote seront soumis au bon vouloir du Conseil Sup&#233;rieur Militaire, qui assure la transition de l'ex&#233;cutif jusqu'aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de septembre. Ultimement, ce sont les membres de ce conseil qui choisiront le candidat qu'ils pr&#233;f&#232;rent pour ce poste. Pour limiter de nouvelles d&#233;rives, en revanche, la r&#233;daction a &#233;tabli des r&#232;gles strictes pour leur futur r&#233;dacteur en chef : un mandat d'un an qui ne peut &#234;tre renouvel&#233; qu'apr&#232;s un bilan collectif des performances de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours avant ces &#233;lections internes, un petit groupe de coll&#232;gues de Ghanem ont organis&#233; une conf&#233;rence de presse pour pr&#233;senter des excuses publiques &#224; leurs lecteurs, officiellement pour la couverture des &#233;v&#233;nements de Tahrir, mais dans la foul&#233;e, aussi, pour les deux derni&#232;res d&#233;cennies. Une man&#339;uvre qui n'a pas du tout plus &#224; Yahia Ghanem : &#171; Al Ahram &lt;i&gt;&#233;tait victime du syst&#232;me. La plupart des journalistes de la r&#233;daction n'avait rien &#224; voir avec le choix de la ligne &#233;ditoriale. En quoi est-ce que &#231;a peut faire changer les choses de s'excuser au nom de ces gens l&#224; ? J'&#233;tais en faveur d'une explication en une du journal, mais pas comme &#231;a, &#224; une conf&#233;rence de presse. Ceux qui s'excusent sont ceux qui se sentent coupables. Dans ce cas, il vaut mieux partir&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre initiative, celle-l&#224; plus fructueuse : la publication d'un suppl&#233;ment quotidien de quatre pages, nomm&#233; &lt;i&gt;Chebeb el Tahrir&lt;/i&gt; (Les jeunes de Tahrir), tenu depuis janvier par la frange jeune de la r&#233;daction d'&lt;i&gt;Al Ahram&lt;/i&gt; en r&#233;action &#224; la propagande faite par leur journal contre les manifestations. &#171; &lt;i&gt;C'est une joie de lire la presse &#233;gyptienne aujourd'hui, s'enthousiasmait r&#233;cemment l'historien Rachid Khalidi lors d'une conf&#233;rence &#224; l'Universit&#233; Am&#233;ricaine de Beyrouth. Et pas seulement la presse ind&#233;pendante. Le suppl&#233;ment d'&lt;/i&gt;Al Ahram, Chebeb el Tahrir&lt;i&gt;, c'est l'anti-&lt;/i&gt;Al Ahram&lt;i&gt;. Et m&#234;me le vrai&lt;/i&gt; Al Ahram &lt;i&gt;a chang&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains observateurs sont plus sceptiques sur les capacit&#233;s de renouvellement d'institutions m&#233;diatiques dont l'image est encore plomb&#233;e par les d&#233;cennies de corruption pass&#233;es. Hisham Kassem, ancien r&#233;dacteur en chef du quotidien ind&#233;pendant &lt;i&gt;Al Masri Al Youm&lt;/i&gt;, analyse : &#171; &lt;i&gt;Les m&#233;dias d'&#201;tat vont faire face &#224; un &#233;norme probl&#232;me de confiance de la part du public pour la simple raison que ces m&#233;dias ont re&#231;u des sommes d'argent astronomiques de la part du pouvoir. Et malgr&#233; cela, quand ces m&#233;dias ont compris que le vent tournait et que Moubarak allait partir, ils ont tout d'un coup d&#233;fendu la r&#233;volution et chang&#233; de ligne &#233;ditoriale. C'est un manque d'&#233;thique total. S'ils avaient &#233;t&#233; coh&#233;rents, ils auraient soutenu Moubarak jusqu'au bout&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lectorat n'est pas dupe, les chiffres le prouvent : alors que les ventes d'&lt;i&gt;Al Ahram&lt;/i&gt; sont continuellement &#224; la baisse depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, celles de &lt;i&gt;Masri al Youm&lt;/i&gt; ont augment&#233; de 40%. &#171; &lt;i&gt;C'est impossible de changer &#224; 180&#176; de ligne &#233;ditoriale et de ne pas perdre sa cr&#233;dibilit&#233;. C'est comme si du jour au lendemain, &lt;/i&gt;The Guardian &lt;i&gt;devenait n&#233;o-lib&#233;ral. Vous arr&#234;teriez de le lire, non ?&lt;/i&gt; &#187; argumente Hisham Kassem. L'autre probl&#232;me qui se pose est celui du personnel. &lt;i&gt;Al Ahram&lt;/i&gt; emploie 2000 personnes. Bien que Ghanem d&#233;mente tout plan de licenciement &#224; venir, Kassem estime au contraire que &#171; &lt;i&gt;apr&#232;s restructuration, 500 personnes au mieux pourront garder leurs emplois&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Dans les ann&#233;es &#224; venir, d&#233;veloppe le journaliste ind&#233;pendant, il n'y aura peut-&#234;tre plus que un ou deux m&#233;dias d'&#201;tat. Les projets de nouveaux m&#233;dias bourgeonnent mais tous sont des initiatives priv&#233;es. Et je ne vois pas pourquoi le nouveau pr&#233;sident du pays irait donner des fonds &#224; des m&#233;dias comme &lt;/i&gt;Al Ahram &lt;i&gt;qui ont pendant si longtemps soutenu Moubarak&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle Mayault, Beyrouth, 23 mars 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#034;tribunes&#034; que nous publions n'engagent pas la responsabilit&#233; collective de l'association.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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