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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (3) : &#171; Exclusif : les sondages ne se sont pas tromp&#233;s. &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-3-Exclusif-les-sondages-ne-se-sont-pas</link>
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		<dc:date>2005-06-08T10:41:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Lehingue</dc:creator>


		<dc:subject>Sondages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A cette assurance retrouv&#233;e des instituts, on opposera volontiers quelques b&#233;mols&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Attention-Sondages-" rel="directory"&gt;Attention ! Sondages [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chacun depuis 1981 aura, au moins une fois, proc&#233;d&#233; &#224; cette exp&#233;rience ludique : tenter de deviner, au vu et au su des mines, r&#233;jouies ou d&#233;confites, des participants aux plateaux t&#233;l&#233;s, le r&#233;sultat d'une consultation avant l'heure fatidique (20h parfois 22) de divulgation des op&#233;rations estimations r&#233;alis&#233;es (ceci n'est pas un sondage...) &#224; partir des premiers d&#233;pouillements des bureaux provinciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;vision, vaguement teint&#233;e de morpho-psychologie, n'est certes pas exempte d'incertitudes et comme en toutes choses, l'interpr&#233;tation des &#171; donn&#233;es visagi&#232;res &#187; se doit d'&#234;tre prudente. Pour reprendre l'expression consacr&#233;e, elle n'est &#171; &lt;i&gt;qu'une photographie de l'&#233;tat de l'opinion &lt;/i&gt; &#187; ... de ceux qui, d&#233;j&#224; et avant les autres, savent et s'appr&#234;tent &#224; pr&#233;-dire - et assez souvent, ce dimanche 29 mai, &#224; (m&#233;)dire en toute (m&#233;)connaissance de cause-... bref &#224; dire - au nom et &#224; la place de ceux qui viennent de voter - ce que leurs voix, &#224; peine exprim&#233;es et additionn&#233;es, veulent v&#233;ritablement ... dire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rayonnement dont faisait montre Roland Cayrol, directeur de l'institut C.S.A. vers 21h30 sur FR3, ne devait donc pas abuser : il ne signalait pas une victoire du oui, mais plus prosa&#239;quement la certitude de pouvoir rendre, une demie heure plus tard, un verdict non &#233;quivoque (ce que le sondage sortie des urnes - SSU - r&#233;alis&#233; durant la journ&#233;e par le m&#234;me C.S.A. interdisait) et surtout (on con&#231;oit ais&#233;ment l'amplitude du soulagement), la &#171; confirmation &#187; survenant apr&#232;s une s&#233;rie noire de d&#233;convenues, d'une divine surprise : &lt;i&gt;&#171; les sondages pr&#233;-&#233;lectoraux ne s'&#233;taient pas tromp&#233;s &lt;/i&gt; &#187; (titre d'un encart du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt; publi&#233; d&#232;s le lendemain des r&#233;sultats). Le micro-univers des enqu&#234;tes d'opinions &#233;tant, lui aussi, soumis &#224; des imp&#233;ratifs de concurrence sauvage et imparfaite, et le sondage d'intention de vote demeurant la vitrine publique et le produit d'appel des instituts, l'IFOP par l'entremise d'un communiqu&#233; aussit&#244;t envoy&#233; &#224; l'AFP, s'empressait d'annoncer que ses derni&#232;res pr&#233;visions (56% pour le oui), annon&#231;aient, plus et mieux que les autres, le r&#233;sultat final, information reprise sept jours plus tard par son commanditaire, le &lt;i&gt;Journal du Dimanche&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette assurance retrouv&#233;e des instituts, on opposera volontiers ce triple b&#233;mol :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) La v&#233;racit&#233; des ultimes enqu&#234;tes n'a rien de stup&#233;fiante et n'est gage de rien sur l'ensemble de la p&#233;riode. &lt;br /&gt;
b) Elle n'est, du reste, pas si av&#233;r&#233;e que ces divers communiqu&#233;s de victoire ne le proclament.&lt;br /&gt;
c) Le probl&#232;me, si probl&#232;me on conc&#232;de qu'il puisse y avoir, ne r&#233;side que tr&#232;s marginalement dans l'&#233;cart qui s&#233;pare derni&#232;res pr&#233;visions et r&#233;sultat final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La moindre artificialit&#233; des ultimes enqu&#234;tes&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a presque honte de le rappeler : les enqu&#234;tes r&#233;alis&#233;es la derni&#232;re semaine pr&#233;c&#233;dant un scrutin, ont toutes chances d'&#234;tre plus fiables que celles publi&#233;es 4, 8, voire 16 semaines avant le scrutin. La proportion de votants -sond&#233;s d&#233;clarant n'avoir d&#233;cid&#233; de leur vote que lors du dernier mois de campagne aurait &#233;t&#233; de 38% pour Louis Harris, de 43% pour IPSOS, de 36% pour CSA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout d&#233;pend du mode de structuration et d'appropriation des enjeux que r&#233;alise et autorise une campagne &#233;lectorale mais g&#233;n&#233;ralement, (c'est l&#224; encore une lapalissade), l'int&#233;ressement &#224; la consultation, la cristallisation des choix, la moindre labilit&#233; des orientations &#233;lectorales croissent &#224; mesure qu'on s'approche de l'&#233;ch&#233;ance. Surtout, les opinions sollicit&#233;es par les enqu&#234;teurs, de simples professions de foi verbales n'engageant pas &#224; grand chose &#224; cinq ou trois semaines du vote, deviennent de plus en plus, pour ceux qui ont d&#233;cid&#233; d'y participer, la pr&#233;figuration d'une pratique dont on sait que l'on aura &#224; s'acquitter dans quelques jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artificialit&#233; des r&#233;ponses est encore r&#233;duite par la technique (utilis&#233;e par la SOFRES dans ces enqu&#234;tes en face &#224; face) des urnes fictives, au terme de laquelle on invite le sond&#233; &#224; simuler ce qui sera, dans quelques jours, &#171; son &#187; acte de vote. Pour peu que la participation &#233;lectorale soit forte (elle le f&#251;t, dissimulant toutefois de puissants ph&#233;nom&#232;nes d'abstention diff&#233;rentielle ), pour peu que les arbitrages de derni&#232;re heure soient relativement rares (pour les votants, 6% de prises de d&#233;cision le dernier jour selon le S.S.U. IPSOS, m&#234;me chiffre pour L. Harris, 9% pour C.SA.), pour peu que la gamme de choix soit institutionnellement peu dispers&#233;e (ici deux seules options, oui ou non ; quatre en int&#233;grant le vote blanc et l'abstention)... et les conditions d'une faible impr&#233;cision sont id&#233;alement r&#233;unies. A condition de se souvenir que ce dosage optimal ne vaut que pour les tous derniers jours, et que cette pr&#233;somption g&#233;n&#233;rale de fiabilit&#233; ne saurait &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e aux semaines ayant pr&#233;c&#233;d&#233; la campagne, quand le nombre de sond&#233;s v&#233;ritablement &#171; fiables &#187; oscillait entre 250 et 400 sur mille...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marges d'erreur sur les niveaux, erreurs &#224; la marge sur les pentes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fiabilit&#233; des ultimes enqu&#234;tes demeure toutefois relative et la marge d'erreur pourrait s'av&#233;rer ne pas &#234;tre aussi faible qu'on l'a pr&#233;tendu. Comme l'a rappel&#233; Lo&#239;c Blondiaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lo&#239;c Blondiaux, La fabrique de l'opinion, Seuil, 1998.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en 1936, G. Gallup avait assur&#233; sa fortune (symbolique puis commerciale) en pr&#233;disant, contre toute attente, une r&#233;&#233;lection de F.D. Roosevelt. La r&#233;&#233;criture enchant&#233;e de l'histoire (avec un petit h) a souvent omis que ce &#171; scoop &#187; s'&#233;tait pay&#233; d'une erreur proche de 7 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les deux instituts (CSA, SOFRES) ayant proc&#233;d&#233; &#224; des enqu&#234;tes jusqu'&#224; la derni&#232;re minute (avant-veille du scrutin), une m&#233;saventure similaire faillit se produire, les deux derniers sondages concluant &#224; un &#233;ni&#232;me resserrement des &#233;carts (le oui remontant &#224; 48%, +3 pour CSA, &#224; 49%, +4, pour la SOFRES). Cette remont&#233;e &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt; n'en f&#251;t probablement pas une, les S.S.U. nous apprenant par ailleurs qu'une forte majorit&#233; (pr&#232;s des deux tiers) de ceux qui se d&#233;cid&#232;rent au tout dernier moment le dimanche, soit apr&#232;s la r&#233;alisation de ces derniers sondages, avaient opt&#233; pour le oui qui e&#251;t donc d&#251;, en toute logique, l'emporter... Ev&#233;nement artificiellement cr&#233;e par l'instrument, cet ultime rebond (mais comme au rugby, non conclu) autorisera cependant quelques ultimes (mais vaines) mobilisations de papier : telle manchette d'un grand quotidien national (&lt;i&gt;Tout bouge, rien n'est jou&#233;&lt;/i&gt;, titre &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, la veille du scrutin), ou tel mail adress&#233; par un enseignement de Science Po Paris, &#224; ses coll&#232;gues qui, en terme de r&#233;v&#233;lations, n'en demandaient pas tous autant : (&#171; &lt;i&gt;Vendredi 27 mai : 52/48 pour le non selon CSA. Samedi 28 mai : 51/49 pour la Sofres. Tout est possible ! Votez et faites voter oui ! vive l'Europe ! &lt;/i&gt; &#187;, (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit exercice parfaitement gratuit et n&#233;cessairement vain de r&#233;tro-fiction : que se serait il pass&#233; si le oui l'avait emport&#233; ? A n'en pas douter, la m&#234;me chose que le 21 avril 2002 (en l'esp&#232;ce, comparaison est, un petit peu, raison ...). Les instituts auraient conc&#233;d&#233; s'&#234;tre tromp&#233;s en niveau, mais (et n'est ce pas l'essentiel ?) avoir vu juste en pente, argumentaire ayant d&#233;j&#224; servi pour rendre compte du score de J.M. Le Pen...Argument infalsifiable, ou si peu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si le probl&#232;me &#233;tait ailleurs...&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, focaliser l'attention sur la justesse (relative) des derniers barom&#232;tres, c'est reproduire la posture souvent d&#233;nonc&#233;e ici m&#234;me : se polariser sur un bin&#244;me chiffr&#233; (oui/non), en omettant que l'essentiel se joue peut &#234;tre ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs ? En premier lieu, et sous peine de d&#233;multiplier les pseudo-&#233;v&#233;nements (la p&#233;riodisation de la campagne au vu des croisements de courbe, par exemple), dans l'&#233;valuation, m&#234;me grossi&#232;re, des niveaux d'ind&#233;cision, d'abstention, d'int&#233;ressement des citoyens, &#233;rig&#233;s l'espace d'un jour (ce qui ne va jamais de soi) en juges-arbitres de questions qu'ils ne s'&#233;taient souvent pas pos&#233;es, au moins sous la forme sous laquelle on la leur pose. De ce point de vue, quelques progr&#232;s dans la lecture et l'interpr&#233;tation des r&#233;sultats, auront &#233;t&#233; enregistr&#233;s en fin de campagne, sans que l'hypoth&#232;se hardie et immodeste d'une lecture avide du site Acrimed par les ex&#233;g&#232;tes, puisse &#234;tre raisonnablement retenue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs ? Dans la restitution (m&#234;me fugitive et par bribes) de paroles d'&#233;lecteurs, que la raison chiffr&#233;e de fragiles pourcentages trop souvent ignore. Discours et raisons d'&#233;lecteurs, qui, parce que non exclusivement r&#233;gis par une logique juridique, auront &#233;t&#233; doctement not&#233;s et annot&#233;s comme nuls puisque que &#171; hors sujet &#187;, la victoire du non (sch&#232;me structural des commentaires d'apr&#232;s scrutin) n'ayant pu &#234;tre acquise qu'au prix d'un &#233;norme malentendu. Comme s'il &#233;tait scandaleux (en mati&#232;re de r&#233;f&#233;rendum comme de sondages) qu'une m&#234;me question puisse &#234;tre appropri&#233;e, re&#231;ue et d&#233;crypt&#233;e diff&#233;remment (mais jamais arbitrairement...) ce que toute la sociologie des biens symboliques nous a appris depuis longtemps en mesurant la distance s&#233;parant les desseins d'un auteur (romancier ou chef d'&#233;tat) des modes de r&#233;ception de ses lecteurs (&#233;lecteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs ? Dans la prise de conscience que les questions pos&#233;es dans les enqu&#234;tes d'opinion nous en apprennent souvent plus que les r&#233;ponses laborieusement collect&#233;es. Plus exactement, renseignent plus sur ce qui pose probl&#232;me aux concepteurs- commanditaires des sondages que ce &#224; quoi pensent r&#233;ellement ceux &#224; qui ces questions sont administr&#233;es et &#224; qui on demande d'opiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Champagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Champagne, Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique, Minuit, 1990.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et Pierre Bourdieu l'avaient sugg&#233;r&#233; d&#232;s les ann&#233;es 70 : la question pr&#233;judicielle pourrait bien souvent se r&#233;sumer &#224; ceci : &#171; &lt;i&gt;les questions pos&#233;es m&#233;ritent-elles, toutes, de l'&#234;tre ? et pour qui &lt;/i&gt; ? &#187;. De ce point de vue, l'avalanche, commune aux six instituts (concurrence oblige) de graves interrogations autour des vainqueurs putatifs du scrutin (X, Y, Z, F, ou D, S ou K ?) , les premi&#232;res simulations autour d'hypoth&#233;tiques duels pr&#233;sidentiels &#224; 90 semaines du scrutin, invitent &#224; reposer la question scolaire des &#171; hors sujets &#187; qui, au m&#234;me titre que les &#171; malentendants &#187;, ne sont peut &#234;tre pas toujours ceux que l'on croit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ne &#171; formatant &#187; le jeu politique que sous les traits d'une course (marathonienne) de &#171; petits chevaux &#187; in&#233;galement fougueux, les interrogations sondagi&#232;res contribuent &#224; d&#233;cr&#233;dibiliser des combats politiques qui n'ont quelque chance de r&#233;sonner et de faire raisonner, qu'articul&#233;s aux probl&#232;mes sociaux du moment, lesquels, sauf erreur, ne manquent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Lehingue, professeur de science politique &#224; l'Universit&#233; de Picardie, chercheur au C.U.R.A.P.P.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lo&#239;c Blondiaux, &lt;i&gt;La fabrique de l'opinion&lt;/i&gt;, Seuil, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Champagne, &lt;i&gt;Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique&lt;/i&gt;, Minuit, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (2) : &#171; tout bouge, rien ne bouge... &#187;</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-2-tout-bouge-rien-ne-bouge</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-2-tout-bouge-rien-ne-bouge</guid>
		<dc:date>2005-05-12T07:15:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Lehingue</dc:creator>


		<dc:subject>Sondages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des barom&#232;tres qui s'affolent. Des changements qui ne changent pas. Bref, en guise de r&#233;sultats, des artefacts&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretenant ce d&#233;licieux suspense qui avait tant fait d&#233;faut lors de la longue campagne pr&#233;sidentielle de 2002, les barom&#232;tres s'affolent...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout bouge...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pronostiqu&#233; un triomphe du &#171; oui &#187; (60% voire plus) jusqu'&#224; la fin du mois de mars, les instituts de sondage enregistrent une remont&#233;e spectaculaire du &#171; non &#187;, majoritaire pendant pr&#232;s de cinq semaines. Sous l'effet pr&#233;sum&#233; d'interventions suppos&#233;es d&#233;cisives (celle de L. Jospin, l'oral de rattrapage de J. Chirac..., sans que, notons le au passage, la repr&#233;sentation pour le moins d&#233;s&#233;quilibr&#233;e des argumentaires par les principaux m&#233;dias ne soit jamais consid&#233;r&#233;e comme variable potentiellement agissante), les intentions de vote en faveur du &#171; oui &#187; remontent fin avril jusqu'&#224; redevenir majoritaires pour plusieurs instituts et ... pour quelques jours. Aux derni&#232;res &#171; nouvelles &#187; (mi mai), la progression du &#171; oui &#187; serait enray&#233;e, et le &#171; oui &#187; et le &#171; non &#187; &#224; &#233;galit&#233; pratiquement (en dramaturgie : id&#233;alement ?) parfaite. Pour P. Giacometti, &#171; &lt;i&gt;un tel troisi&#232;me retournement de tendance n'a jamais &#233;t&#233; observ&#233; dans l'histoire des enqu&#234;tes pr&#233;&#233;lectorales en France.&lt;/i&gt; &#187; Et le directeur g&#233;n&#233;ral d'IPSOS d'&#233;voquer, antienne connue quand le barom&#232;tre peine &#224; fixer la pression atmosph&#233;rique, &#171; &lt;i&gt;l'extraordinaire instabilit&#233; de la structuration des choix&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout bouge... A quinze jours d'intervalle (entre les deuxi&#232;me et quatri&#232;me semaines d'avril, dates de r&#233;alisation des enqu&#234;tes que l'on va comparer), IPSOS croit pouvoir enregistrer un gain de huit points pour le &#171; oui &#187; (53%, +8) ; BVA d&#233;c&#232;le une progression moindre (+6) mais situe le &#171; oui &#187; &#224; seulement 48% ; Louis Harris ne rel&#232;ve que 2 points de progression avec un &#171; oui &#187; &#224; 49% ; la Sofres est &#224; respectivement +7 points et 52%, l'IFOP &#224; + 4 points et 48%. En bref, accord sur le niveau, mais pas sur l'intensit&#233; de la pente et r&#233;ciproquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin avril, le &#171; oui &#187; est point&#233; majoritaire chez les sympathisants du PS par tous les instituts, mais la marge de progression en quinze jours varie du simple au triple, entre + 5 (SOFRES, L. Harris) et + 15 points (BVA). Fin avril toujours, la proportion d'enqu&#234;t&#233;s d&#233;clarant souhaiter une victoire du &#171; oui &#187; &#233;tait de 35% pour BVA (moins un point en douze jours), mais de 46% pour IPSOS (+ neuf points en huit jours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hiatus et sur le niveau et sur la pente, pour des dates de r&#233;alisation - &#224; un ou deux jours pr&#232;s - identiques, des m&#233;thodes d'&#233;chantillonnage similaires, et un nombre d'&#233;lecteurs ayant accept&#233; de se pr&#234;ter au jeu de l'enqu&#234;te globalement proche (un petit millier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien ne bouge ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obnubil&#233;s par l'&#226;pret&#233; du match entre &#171; oui &#187; et &#171; non &#187;, fascin&#233;s par le d&#233;licat entrelacement de leurs courbes respectives, les organes de presse commanditaires de ces enqu&#234;tes persistent &#224; omettre l'essentiel, soit la cohorte, sociologiquement passionnante mais politiquement informe, des &#233;lecteurs d&#233;cid&#233;s &#224; s'abstenir, des &#233;lecteurs incertains quant &#224; leur participation, des &#233;lecteurs d&#233;cid&#233;s &#224; voter mais totalement ind&#233;cis, des &#233;lecteurs d&#233;cid&#233;s &#224; voter mais arm&#233;s d'une intention de vote encore fragile. Soit &#224; ce jour, la majorit&#233; - autour des trois cinqui&#232;mes - du corps &#233;lectoral et des enqu&#234;t&#233;s. Le d&#233;ni de prise en compte, voire d'existence, de cette majorit&#233; silencieuse se lit implicitement dans les strat&#233;gies de publications des r&#233;sultats. Les menus &#233;carts enregistr&#233;s quand il s'agit, en manchette, d'arbitrer entre oui et non, deviennent, dans ce cas, abyssaux et les chiffres incommensurables. Pour le &lt;i&gt;JDD&lt;/i&gt; (sondage IFOP, 28 avril), 10% du total des sond&#233;s ne se prononcent pas, et 30% peuvent encore changer d'avis. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, RTL et LCI (sondage TNS Sofres, publi&#233; le 28 du m&#234;me mois) trouvent 13% de sond&#233;s exprimant un vote (7 pour le &#171; oui &#187;, 6 pour le &#171; non &#187;) mais pouvant changer d'avis et 24% &#171; n'exprimant pas d'intention de vote &#187;. Sans plus de pr&#233;cision, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, associ&#233; &#224; I T&#233;l&#233; et &#224; Yahoo (sondage Louis Harris, 29-30 avril) se contente de nous informer que 18% des membres de l'&#233;chantillon &#171; ne sont pas surs de leur choix &#187;, quand &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; (sondage BVA, 27-30 avril), ne trouve que 28% de sond&#233;s &#171; n'ayant pas exprim&#233; d'intentions de vote &#187;. &lt;i&gt;Le Parisien -Aujourd'hui&lt;/i&gt;, associ&#233; &#224; France Info et &#224; FR3 (sondage CSA, 30 avril-2 mai) ne livre, lui aussi, qu'un seul pourcentage, mais celui des abstentions, &#233;valu&#233;es &#224; 44%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10 ? 30 ? 24 ? 18 ? 28 ? 44 ? Comprenne qui pourra...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout bouge apparemment, mais est ce si sur ? Si, pendant quelques instants, on accepte de s'abstraire de la partition oui/non sur la foi de laquelle toutes les gloses sont permises et toutes les anticipations fond&#233;es, &#171; l'extraordinaire instabilit&#233; &#171; &#233;voqu&#233;e plus haut n'est pas absolument d&#233;montr&#233;e. Reprenons en d&#233;tail le barom&#232;tre IPSOS-&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;- Europe 1 qui, on peut lui rendre cet hommage, est le seul &#224; d&#233;composer dans le d&#233;tail la population globale des sond&#233;s : on est frapp&#233;, sur trois mois, par la (relativement) faible progression des enqu&#234;t&#233;s t&#233;moignant d'un avis tranch&#233; et d&#233;finitif, et partant par l'&#233;troitesse persistante des &#233;chantillons servant de base de calcul aux quelques 40 pr&#233;dictions &#233;nonc&#233;es durant la p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un niveau de mobilisation peut &#234;tre sommairement calcul&#233; en effectuant le produit entre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) le pourcentage d'enqu&#234;t&#233;s certains d'aller voter (48% fin mars pour IPSOS, 61% d&#233;but mai &#224; trois semaines de l'&#233;ch&#233;ance) &lt;br /&gt;
b) au sein de ceux ci le % d'enqu&#234;t&#233;s d&#233;clarant une intention de vote (69% fin mars, 80% d&#233;but mai). &lt;br /&gt;
c) et parmi ces derniers, le % d'enqu&#234;t&#233;s d&#233;clarant d&#233;finitive cette intention de vote (71% fin mars, 82% d&#233;but mai).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels calculs sugg&#232;rent un taux de r&#233;pondants effectifs et suppos&#233;s certains, d'&#224; peine 24% fin mars, 34% mi avril, et 40% d&#233;but mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout bouge, rien ne bouge...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces proportions, il est possible, &#224; moins de trois semaines du scrutin, d'inf&#233;rer deux hypoth&#232;ses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) La campagne &#233;lectorale, telle qu'elle est men&#233;e par les politiques et (surtout ?) repr&#233;sent&#233;e par les m&#233;dias, n'aurait que m&#233;diocrement d&#233;cant&#233; les pr&#233;f&#233;rences. D&#233;but mai, le pourcentage d'intentions de vote certaines aurait m&#234;me cess&#233; de progresser (IPSOS), quand la proportion de sond&#233;s ne r&#233;pondant pas &#224; la question des souhaits de victoire augmentait (+7 pour BVA), et celle des enqu&#234;tes trouvant tr&#232;s ou plut&#244;t int&#233;ressante la consultation, diminuait (-3 pour la Sofres), toutes indications qui, &#224; ce stade terminal de campagne, sont assez &#233;tonnantes. On pourra juger (cette explication en valant d'autres) que ramener l'issue de la consultation &#224; la d&#233;signation d'un vainqueur (Le Pen si le &#171; non &#187; l'emporte, Chirac si c'est le &#171; oui &#187;), principal &#171; enseignement &#187; du sondage IFOP-JDD du 8 mai) est peu susceptible d'int&#233;resser une majorit&#233; d'agents sociaux, qui peinent &#224; d&#233;couvrir dans ce probl&#232;me ou dans d'autres de m&#234;me nature (le successeur &#224; droite, du premier ministre par exemple, autre sujet de pr&#233;dilection des enqu&#234;tes), l'expression de leurs int&#233;r&#234;ts, mat&#233;riels ou symboliques, imm&#233;diats ou lointains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) 24% d'enqu&#234;t&#233;s &#171; mobilis&#233;s &#187; sur la question pos&#233;e fin mars, 40% actuellement : rapport&#233; &#224; des &#233;chantillons d'un millier de personnes, le nombre de r&#233;pondants &#171; solides &#187; sur lesquels on peut faire reposer une estimation fiable oscille donc entre 240 et 400, ce qui m&#233;nage une confortable fourchette d'incertitude... Il se pourrait alors qu'au principe des folles oscillations qui affectent les pourcentages d'intentions de vote en faveur du &#171; oui &#187; ou du &#171; non &#187;, se glisse ce simple fait : les mouvements que l'on analyse, scrute et soup&#232;se savamment seraient tout bonnement compris dans la marge d'erreur. Ils traduiraient moins les r&#233;els mouvements d'une &#171; Opinion &#187; fort peu mobilis&#233;e qu'ils ne trahiraient une banale incertitude probabiliste : le &#171; oui &#187; (ou le non) &#224; x (= 50% ?) des exprim&#233;s, avec un intervalle de confiance de plus ou moins cinq &#224; sept points selon la date de passation des questionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A prendre au s&#233;rieux cette conjecture, l'instabilit&#233; affecterait moins la structuration des pr&#233;f&#233;rences que les outils utilis&#233;s pour (d)&#233;valuer cette derni&#232;re. Ainsi peut-on faire tenir dans un m&#234;me mouvement, ces deux propositions triviales : tout bouge, rien ne bouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos, comment nomme-t-on les pseudo faits artificiellement cr&#233;es par un instrument de mesure et sans lequel ils n'auraient aucune existence av&#233;r&#233;e ? Sauf erreur, des art&#233;facts. Sous ce rapport, la campagne r&#233;f&#233;rendaire telle que refl&#233;t&#233;e et pour partie structur&#233;e par l'outil sondagier, pourrait bien n'&#234;tre que pure et simple succession d'art&#233;facts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Lehingue&lt;/i&gt;, &lt;br /&gt;
Professeur de science politique &#224; l'Universit&#233; de Picardie&lt;br /&gt;
Chercheur au CURAPP&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_291 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/38Europe_Coups_de_sondes_2_.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 120.1 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lire, du m&#234;me auteur, &lt;a href='https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-1' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (1)&lt;/a&gt; et notre rubrique &lt;a href='https://www.acrimed.org/-Sondologie-et-sondomanie-Sondages-et-elections-' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sondologie et sondomanie : Sondages et &#233;lections&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les co&#251;ts cach&#233;s des coups de sonde (1)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Les-couts-caches-des-coups-de-sonde-1</guid>
		<dc:date>2005-04-07T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Lehingue</dc:creator>


		<dc:subject>Sondages</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Des intentions de vote fr&#233;n&#233;tiquement collect&#233;es et avidement comment&#233;es. Mais que valent de telles informations ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Attention-Sondages-" rel="directory"&gt;Attention ! Sondages [R&#233;f&#233;rendum de 2005]&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Sondages-+" rel="tag"&gt;Sondages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les sondages d'intention de vote ont une tr&#232;s faible valeur scientifique. Comment peut-on leur accorder une r&#233;elle port&#233;e d&#233;mocratique quand leurs r&#233;sultats douteux alimentent l'essentiel des commentaires, souvent en lieu et place de la discussion sur le fond ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'o&#249; le &#171; non &#187; au projet de constitution europ&#233;enne se hissera-t-il dans les intentions de vote fr&#233;n&#233;tiquement collect&#233;es et avidement comment&#233;es en France depuis quelques semaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti d'&#224; peine 40% d&#233;but mars, le voil&#224; caracolant &#224; 53... 54... 55%, les chiffres variant (assez peu) selon les instituts. Et les commentateurs de r&#233;activer les m&#233;taphores, passablement us&#233;es depuis le 21 avril 2002, du s&#233;isme, du tremblement de terre ou de la bombe, ce qui, au passage, g&#233;n&#232;re implicitement de troubles &#233;quivalences (s&#233;isme 2002 = qualification de Le Pen = victoire redout&#233;e du &#171; non &#187; en 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques calculs simples&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour entretenir le suspense et maintenir le minimum d'effervescence qui sied aux rendez-vous &#233;lectoraux, on peut, sans imagination aucune, pr&#233;dire pour les semaines &#224; venir, soit un resserrement de l'&#233;cart (et pourquoi pas son inversion) soit encore un resserrement des pr&#233;dictions offertes : non plus 54 %, mais d&#233;sormais 54,5 % ou, mieux encore 53,55 %. Pour reprendre la boutade fameuse de Bachelard, nous serons alors certains du dernier chiffre apr&#232;s la virgule, tout en conservant un s&#233;rieux doute sur le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au juste, de quoi parle-t-on ou sur quoi s'appuie-t-on quand complaisamment sont exhib&#233;s et cent fois instrumentalis&#233;s de tels pourcentages ? Op&#233;rateur simple et banal de mise en &#233;quivalence, un pourcentage a souvent pour effet (c'est sa vertu mais &#233;galement son vice) d'occulter les chiffres bruts &#224; partir desquels il est calcul&#233;. Et de fait, il faut avoir quelques m&#233;rites (et parfois d'assez bons yeux) pour recomposer ces &#171; donn&#233;es &#187;...qui ne le sont gu&#232;re. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exercice &#233;l&#233;mentaire de calcul mental : soit par exemple la derni&#232;re enqu&#234;te IPSOS (on aurait pu choisir un autre institut, le raisonnement serait malheureusement le m&#234;me) r&#233;alis&#233;e les 25 et 26 mars dernier et publi&#233;e par &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; le 29. D&#233;laissons la &#171; une &#187; de pr&#233;sentation synth&#233;tisant l'information suppos&#233;e d&#233;cisive (&#171; &lt;i&gt;Le non progresse encore et devient majoritaire au P.S. &#187;&lt;/i&gt;) et le tableau central (titr&#233; : &#171; &lt;i&gt;54 % pour le non, 46% pour le oui &#187;&lt;/i&gt;) et, en nous munissant de bonnes lunettes, consid&#233;rons la &#171; fiche technique &#187; reproduite en petits caract&#232;res et rendue obligatoire par la loi de juillet 1977 sur la publication des sondages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y apprend qu'ont &#233;t&#233; interrog&#233;es (en fait, &#171; ont bien voulu r&#233;pondre &#187;) 944 personnes constituant, selon la formule consacr&#233;e, &#171; &lt;i&gt;un &#233;chantillon national repr&#233;sentatif de la population fran&#231;aise inscrite sur les listes &#233;lectorales&lt;/i&gt; &#187;. Ce que l'on veut bien croire, tout en sachant que, de l'aveu m&#234;me des sondeurs, les &#233;chantillons pr&#233;lev&#233;s sont de moins en moins repr&#233;sentatifs de la population m&#232;re (f&#251;t-elle &#233;lectorale) sous le rapport de l'&#226;ge, du dipl&#244;me ou du niveau de revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre information, nullement marginale malgr&#233; la taille des caract&#232;res utilis&#233;e, la proportion des &#171; personnes se d&#233;clarant certaines d'aller voter &#187; s'&#233;l&#232;verait (chiffre probablement sur&#233;valu&#233;) &#224; 48 %. Notre base d'&#233;chantillonnage se r&#233;duit ainsi &#224; 453 enqu&#234;t&#233;s, pour &#234;tre formellement pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En italique, petites lettres, et notules de bas de tableau, on apprend incidemment que 31% &#171; &lt;i&gt;des personnes interrog&#233;es certaines d'aller voter, n'ont pas exprim&#233; d'intention de vote &lt;/i&gt; &#187;. Exit &#224; nouveau un lot de 140 enqu&#234;t&#233;s, ce qui, si l'on compte bien, ne laisse plus subsister que 313 personnes dont 54 % (n= 169) ont d&#233;clar&#233; &#171; pouvoir &#187; voter non et 46 % (n= 144) &#171; pouvoir &#187; voter oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la formule restrictive : &#171; d&#233;clar&#233; pouvoir &#187; ? Parce qu'incidemment toujours, une lecture non obnubil&#233;e par le seul effet d'affichage r&#233;v&#232;le que 29 % des personnes qui se sont prononc&#233;es, &#171; &lt;i&gt;affirment qu'elles peuvent encore changer d'avis &lt;/i&gt; &#187;, ce qui, rapport&#233; aux 313 personnes composant encore notre &#233;chantillon, fait encore appara&#238;tre une &#171; fuite &#187; de 91 individus (ne subsistent plus d&#232;s lors que 222 intentions de vote fermes).&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre enseignements&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette cascade de calculs simples, on pourra tirer quatre enseignements, qui, en plus-value cognitive, rivalisent avantageusement avec les proph&#233;ties d'un &#171; non &#187; &#224; 54 % (du reste, les m&#234;mes le&#231;ons vaudraient si le &#171; oui &#187; avait capitalis&#233; le m&#234;me pourcentage.) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) Dans un &#233;chantillon standard d'un millier de personnes interrog&#233;es deux mois avant le scrutin r&#233;f&#233;rendaire, &#224; peine un tiers (ici 34%) entre dans les termes de l'&#233;change sondagier en acceptant de r&#233;pondre &#224; la question pos&#233;e et &#224; peine un sur quatre (un peu moins de 24 %, ou encore ici 222 individus sur 944) exprime une intention de vote que l'on peut pr&#233;sumer &#171; ferme &#187;, sinon certaine. L'information principale, ou dans une autre logique, le &lt;i&gt;scoop&lt;/i&gt;, si &lt;i&gt;scoop&lt;/i&gt; il doit y avoir, r&#233;siderait plut&#244;t dans ces proportions qui, en consid&#233;ration de la complexit&#233; de l'enjeu et de la mani&#232;re dont il est actuellement (re)pr&#233;sent&#233; politiquement et m&#233;diatiquement, n'ont rien de sociologiquement aberrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) En supposant les &#233;chantillons constitu&#233;s de mani&#232;re al&#233;atoire (ce qu'ils ne sont pas, les chiffres qui suivent ne peuvent donc &#234;tre qu'indicatifs, mais probablement pas exag&#233;r&#233;s), les marges d'erreur sont, dans le cas le plus favorable (n= 313 r&#233;pondants) sup&#233;rieures &#224; plus ou moins sept points. Traduction simple : la &#171; bande de fluctuations &#187; &#224; l'int&#233;rieur de laquelle oscilleraient actuellement les intentions de vote &#171; non &#187; serait de 15%, comprise (rapport&#233;s aux seuls suffrages exprim&#233;s) entre 46,5 et 61,5 % (c'est-&#224;-dire 54 + ou - 7,5). On r&#233;alise mieux &#224; quel point les coups de sonde, tels qu'ils sont actuellement r&#233;alis&#233;s et, pire encore, comment&#233;s supportent un co&#251;t d'impr&#233;cision exorbitant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) Le caract&#232;re artificiel de la mesure (et partant, de l'&#233;moi que sa divulgation suscite) devient vertigineux quand on travaille sur des sous-&#233;chantillons. En &#233;valuant g&#233;n&#233;reusement &#224; un quart la proportion d'enqu&#234;t&#233;s &#171; sympathisants socialistes &#187;, et en supposant globalement &#233;quivalente chez ces derniers, la proportion d'abstentionnistes d&#233;clar&#233;s et d'ind&#233;cis trouv&#233;e pour l'ensemble des individus interrog&#233;s, le nombre d'enqu&#234;t&#233;s socialistes certains &#224; l'heure actuelle de voter &#171; non &#187;, ne peut gu&#232;re dans notre &#233;chantillon t&#233;moin de 944 personnes, exc&#233;der la trentaine (57 % de 25 % de 222...), et monte (!) &#224; 45 si l'on y int&#232;gre ceux qui, d&#233;clarant pouvoir voter non, peuvent encore changer d'avis. Dans de telles conditions, pr&#233;senter comme &#171; &#233;v&#233;nement &#187;, le fait que &#171; &lt;i&gt;le non devient majoritaire au PS &lt;/i&gt; &#187; rel&#232;ve du d&#233;lire quantophr&#233;nique, la boutade de Bachelard se transformant en &#233;norme farce...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Le quatri&#232;me enseignement de ces proph&#233;ties que leurs grands pr&#234;tres et ex&#233;g&#232;tes souhaitent probablement n'&#234;tre pas auto-r&#233;alisatrices est sans doute le plus s&#233;rieux. En renversant la charge de la preuve, il faudrait presque s'&#233;tonner qu'un enqu&#234;t&#233; sur quatre ait &#224; la fois l'intention de voter, puisse indiquer une intention de vote et d&#233;clare vouloir s'y tenir. L'un des co&#251;ts pervers et cach&#233;s de la publication obsessionnelle de sondages pr&#233;-&#233;lectoraux r&#233;side, en fait, dans une r&#233;duction des &lt;i&gt;issues&lt;/i&gt; (en anglais, des enjeux) &#224; la seule et unique &lt;i&gt;issue&lt;/i&gt; (en fran&#231;ais, le d&#233;nouement). En focalisant le d&#233;bat sur des pronostics pour le moins fragiles quand ils ne sont pas irr&#233;alistes, on op&#232;re, plus ou moins sciemment, une r&#233;duction des attentions et des intentions aux seuls r&#233;sultats (sur le mode : qui va gagner ?) quand au contraire, il faudrait, pour assurer une mobilisation minimale, d&#233;canter, &#233;claircir et politiquement probl&#233;matiser un texte dont chacun s'accorde &#224; reconna&#238;tre le caract&#232;re opaque voire illisible. Et ce n'est sans doute pas en s'en tenant &#224; de vagues exordes (&#171; oui &#187; &#224; la paix, au d&#233;veloppement ou au bien-&#234;tre) ou &#224; de v&#233;ritables disqualifications (les tenants du &#171; non &#187; sont stigmatis&#233;s comme r&#233;trogrades, &#233;troits, born&#233;s, irr&#233;fl&#233;chis...) que ce texte recouvrera plus de lisibilit&#233;. Le texte est complexe ? Mais n'est-ce pas pr&#233;cis&#233;ment la raison d'&#234;tre sociale des acteurs du champ politique que de le d&#233;coder, de le traduire et, par un v&#233;ritable travail p&#233;dagogique, de convaincre chacun des implications pratiques qu il rec&#232;le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, que nous est-il donn&#233; &#224; voir et &#224; savoir ? Deux ou trois pourcentages cens&#233;s condenser une information qui, pr&#233;sent&#233;e sous forme de &#171; news &#187; imm&#233;diatement d&#233;pass&#233;es, est totalement d&#233;pourvue de fondements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
Patrick Lehingue,&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur de science politique &#224; l'Universit&#233; de Picardie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Voir notre rubrique : &lt;a href='https://www.acrimed.org/spip.php?page=rubrique&amp;id_rubrique=40'&gt;rubrique 40&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
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&lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/pdf/34Europe_Coups_de_sonde.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 91.9 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1776673245' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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