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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>R&#233;tr&#233;cir l'audiovisuel public pour le sauver ?</title>
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		<dc:date>2019-12-26T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fernando Malverde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;T&#233;l&#233; publique en danger, triomphe d'une &#233;troite vision comptable.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Sous-le-regne-d-Emmanuel-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques : Sous le r&#232;gne d'Emmanuel Macron&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L144xH150/arton6070-b9259.jpg?1776751952' class='spip_logo spip_logo_right' width='144' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions, sous forme de tribune&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et avec son accord, une version l&#233;g&#232;rement retravaill&#233;e du texte de Fernando Malverde paru le 9 d&#233;cembre &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/fernando-malverde/blog/091219/retrecir-l-audiovisuel-public-pour-le-sauver&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son blog&lt;/a&gt;. (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Annonc&#233;e depuis longtemps, la future loi sur l'audiovisuel promet une r&#233;organisation qui va surtout se traduire par un r&#233;tr&#233;cissement du secteur public. La loi va permettre de nouveaux cadeaux aux cha&#238;nes priv&#233;es sur la publicit&#233; et la diffusion du cin&#233;ma. Un nouvel organisme de contr&#244;le et de r&#233;gulation va fusionner le CSA et Hadopi et tentera d'imposer des obligations de production fran&#231;aise suppl&#233;mentaires aux plateformes g&#233;antes type Netflix. Dans l'audiovisuel public, la mise en place d'une holding chapeautant France T&#233;l&#233;visions, Radio France, l'INA et France M&#233;dias Monde permettra de g&#233;rer la p&#233;nurie et risque de renforcer la tutelle politique. C&#244;t&#233; financement il faudra encore attendre. Seule certitude : les &#233;conomies vont continuer alors que l'audiovisuel public affronte une concurrence qui met son avenir en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques jours des salari&#233;s de Radio France, mobilis&#233;s contre un s&#233;v&#232;re plan d'aust&#233;rit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Radio France, qui a aujourd'hui un effectif de 4 800 salari&#233;s et un budget (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, publiaient une tribune frapp&#233;e au coin du bon sens : &#171; &lt;i&gt;Faire plus avec moins ne marche ni &#224; l'h&#244;pital, ni &#224; l'&#233;cole, ni dans les transports, ni &#224; l'universit&#233;, ni dans les lieux d'art, etc. Pourquoi cela marcherait-il &#224; la radio ?&lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/28/faire-plus-avec-moins-ne-marche-nulle-part-l-appel-de-80-collaborateurs-de-radio-france_6020905_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 28 novembre). R&#233;ponse du Premier ministre, &#201;douard Philippe, sur l'antenne de France Inter : &#171; &lt;i&gt;Nous demandons &#224; tous ceux qui g&#232;rent de l'argent public de faire des &#233;conomies. Radio France a d'excellents r&#233;sultats, mais &#231;a ne l'exon&#232;re pas de cet effort de ma&#238;trise&lt;/i&gt; &#187; (&#171; 7/9 &#187; de France Inter, 21 novembre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dialogue de sourds caricatural. Que peuvent les arguments rationnels de ceux qui d&#233;fendent le bien commun face au fanatisme lib&#233;ral, qui, de Bruxelles, &#224; Bercy, en passant par l'&#201;lys&#233;e et Matignon impose les m&#234;mes orientations depuis au moins trois d&#233;cennies ? Des contraintes budg&#233;taires inflexibles qui &#233;crasent et appauvrissent les secteurs publics de la sant&#233;, de l'&#233;ducation&#8230; ou de l'audiovisuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le trait&#233; de Maastricht sign&#233; en 1992 impose que le d&#233;ficit public ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En prenant ses fonctions, l'actuel Premier ministre n'a-t-il pas d&#233;taill&#233; son Plan d'Action Publique 2022 qui pr&#233;voit de r&#233;duire la d&#233;pense publique d'environ 60 milliards d'euros et de supprimer 120 000 emplois publics d'ici la fin du quinquennat ? Un effort d'&#233;conomies que chaque minist&#232;re doit d&#233;cliner dans son secteur, y compris par &#171; &lt;i&gt;des transferts au secteur priv&#233;, voire des abandons de missions&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;R&#233;duire l'emploi tout en s'adaptant aux d&#233;fis ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;De fait, comme c'est le cas ailleurs, l'&#201;tat a renonc&#233; &#224; jouer tout r&#244;le de strat&#232;ge voire de r&#233;gulateur du secteur de l'audiovisuel. Seule domine une &#233;troite vision comptable. &#192; France T&#233;l&#233;visions ce sont 900 emplois qui seront supprim&#233;s et 400 millions d'euros d'&#233;conomies qui sont attendus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le budget actuel de France TV est d'environ 3,8 milliards d'euros et son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une saign&#233;e qui s'ajoute &#224; une succession de plans et de d&#233;cisions qui ont d&#233;j&#224; profond&#233;ment fragilis&#233; l'audiovisuel public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2008, suppression de la publicit&#233; avant 20h sous Sarkozy. En 2012, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au total, en dix ans, ce sont plus de 2 000 emplois, soit 20 % des effectifs de France T&#233;l&#233;visions, qui seront supprim&#233;s ! Pour faire face il ne reste qu'&#224; aller vers des mod&#232;les &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt; et r&#233;tr&#233;cir le p&#233;rim&#232;tre et les missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France T&#233;l&#233;visions a taill&#233; dans ses programmes, supprim&#233; &#171; Thalassa &#187;, &#171; Soir 3 &#187; et fusionn&#233; ses r&#233;dactions nationales. C'est sans moyens suppl&#233;mentaires que France TV et Radio France ont lanc&#233; ensemble la cha&#238;ne d'information en continu (web, t&#233;l&#233;, radio) France Info : la mutualisation des programmes r&#233;gionaux avec les locales de France bleu et de la radio film&#233;e permet &#224; France 3 d'afficher son objectif de &#171; &lt;i&gt;triplement des volumes de diffusion&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte de tr&#232;s fortes contraintes que France TV doit pourtant r&#233;pondre &#224; des d&#233;fis majeurs : un public vieillissant, de nouveaux modes de consommation et la concurrence des g&#233;ants de l'Internet. Aujourd'hui, on ne regarde plus la t&#233;l&#233;vision &#224; heures fixes mais &#224; la demande, quand on veut, o&#249; on veut, et sur n'importe quel support (tv, tablettes, smartphones). Il est donc plus important d'avoir des catalogues de programmes que des canaux de diffusion. Comment faire face aux plateformes comme Netflix, Amazon ou Disney qui disposent de milliers d'heures de programmes si la t&#233;l&#233;vision publique n'est pas propri&#233;taire des siens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le co&#251;t des programmes de France T&#233;l&#233;visions est d'environ 1 milliard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'enjeu strat&#233;gique des programmes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;On se rappelle le rachat de Newen, le producteur de &#171; Plus belle la vie &#187;, par TF1. Avec cette op&#233;ration, la cha&#238;ne priv&#233;e devenait propri&#233;taire de centaines d'heures d'un feuilleton que France TV avait enti&#232;rement financ&#233; ! L'&#233;lectrochoc a contraint les producteurs &#224; accepter un l&#233;ger assouplissement des d&#233;crets Tasca. France T&#233;l&#233;visions qui ne pouvait fabriquer que 5 % de ses programmes en interne peut d&#233;sormais aller, en th&#233;orie, jusqu'&#224; 17,5 %. C'est ce qui a permis depuis 2018, que l'autre feuilleton grand public, &#171; Un si grand soleil &#187;, soit enti&#232;rement fabriqu&#233; dans ses propres studios par France T&#233;l&#233;visions qui en poss&#232;de tous les droits. Mais on est tr&#232;s loin du compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est un enjeu strat&#233;gique, tous les acteurs priv&#233;s du secteur construisent de grands groupes int&#233;gr&#233;s pour &#234;tre &#224; la fois diffuseurs et producteurs/propri&#233;taires de contenus. C'est le cas du groupe TF1 avec Newen ou de Vivendi/Bollor&#233; (Canal +, CNews) qui poss&#232;de les studios d'Eurom&#233;dias (l'ex entreprise publique S.F.P. brad&#233;e par l'&#201;tat pour une bouch&#233;e de pain) et est un actionnaire important du leader mondial de la production Banijay/Endemol. Ce producteur, qui fait beaucoup de t&#233;l&#233; poubelle, est pr&#233;sent dans 23 pays avec 200 filiales et peut commercialiser un catalogue de 100 000 heures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233;, le secteur public fait triste figure. Pour faire face &#224; la force de frappe de Netflix&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mod&#232;le &#233;conomique de Netflix n'est pas stabilis&#233;. Le g&#233;ant californien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, France TV a essay&#233; de construire des alliances en Europe avec d'autres t&#233;l&#233;visions publiques mais, pour l'instant, c'est un &#233;chec. Les ressources insuffisantes et les contraintes l&#233;gales qui &#233;tranglent France TV ont refroidi les partenaires europ&#233;ens. R&#233;sultat, France T&#233;l&#233;visions produit beaucoup moins que ses voisins de taille comparable, prend peu de risques et manque d'audace dans ses fictions. La vente de ses programmes ne rapporte &#224; France TV que moins de 100 millions d'euros alors que les recettes de la BBC, par exemple, sont plus de dix fois sup&#233;rieures (1,2 milliard d'euros) et qu'elle fabrique les trois quarts de ses contenus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;beeb&lt;/i&gt; (surnom de la BBC) est pr&#233;sent&#233;e comme le mod&#232;le de la future holding publique. La comparaison est douteuse. M&#234;me si l'audiovisuel public britannique a d&#251;, lui aussi, se serrer la ceinture, il a tout de m&#234;me un budget deux fois plus important que l'audiovisuel public fran&#231;ais et a eu, pendant des ann&#233;es, des financements sp&#233;cifiques pour r&#233;ussir le virage num&#233;rique. En France ces investissements ne se sont faits que par des red&#233;ploiements et des &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en partageant leurs moyens que les m&#233;dias audiovisuels publics ont lanc&#233; des plateformes et des sites comme Culture box, Lumni (&#233;ducation) ou Okoo (enfants). Parfois m&#234;me en association avec TF1 et M6 comme dans le projet de &lt;i&gt;replay&lt;/i&gt; et de VOD Salto. Mais le volontarisme et les mutualisations ont des limites et l'heure est tout de m&#234;me &#224; l'atrophie.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;L'avenir de l'audiovisuel public est-il garanti ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;France &#212; et France 4&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La suppression de France 4, regard&#233;e quotidiennement par plus d'un million (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; seront supprim&#233;es avant fin 2020. D&#233;but 2023 la holding France M&#233;dias regroupera France T&#233;l&#233;visions, Radio France, l'INA et France M&#233;dias Monde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;France M&#233;dias Monde, qui regroupe France 24, RFI et la radio en arabe Monte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle a un double but : acc&#233;l&#233;rer les &#233;conomies de structures et garantir un plus grand contr&#244;le du pouvoir. Sous-financ&#233; et n'ayant aucune autonomie &#233;conomique, l'audiovisuel public avec sa gouvernance centralis&#233;e sera encore plus &#224; la merci de l'ex&#233;cutif. Un vaste plan de r&#233;tr&#233;cissement qui fait partie des grands projets du quinquennat de Macron et avait d'ailleurs &#233;t&#233; expos&#233; dans le programme du candidat en 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s &#224; pr&#233;sent les entreprises sont confront&#233;es aux baisses d'effectifs, aux r&#233;organisations permanentes, aux changements de m&#233;tiers. Tout en m&#234;me temps et au pas de charge. Cela g&#233;n&#232;re du stress, de la perte de sens et des souffrances au travail g&#233;n&#233;ralis&#233;es. Une situation qui pourrait devenir inqui&#233;tante pour le personnel et que les syndicats, aux limites du &lt;i&gt;burn out&lt;/i&gt;, ont du mal &#224; g&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut saluer la remarquable mobilisation du personnel de Radio France, pendant plusieurs semaines. Elle a peut-&#234;tre &#233;clair&#233; une partie du public sur le fait que l'audiovisuel public concerne tout le monde. Mais c'est encore tr&#232;s insuffisant. Dans le meilleur des cas, t&#233;l&#233;s et radios publiques ne sont vues, avec fatalisme, que comme un des nombreux services publics attaqu&#233;s par ce gouvernement. Au pire ils font l'objet d'une d&#233;fiance et d'une col&#232;re souvent l&#233;gitimes. Des &#233;missions comme &#171; Cash investigation &#187; (et beaucoup d'autres programmes) sauvent l'honneur et montrent la place indispensable du service public mais l'absence de pluralisme chez les &#233;ditorialistes, des classes populaires rendues invisibles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une &#233;tude du CSA les cadres s'expriment quinze fois plus &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le r&#233;flexe de coller trop souvent &#224; la communication gouvernementale dans les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s ne sont malheureusement plus &#224; d&#233;montrer. Tout cela a cr&#233;&#233; un d&#233;samour aujourd'hui dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment, ce n'est pas du sommet des entreprises publiques qu'une contestation des politiques gouvernementales est possible. Sibyle Veil, la PDG de Radio France, est issue de la m&#234;me promotion de l'ENA qu'Emmanuel Macron. Elle est proche de lui et partage sa vision ultra lib&#233;rale. Pour sa part, la patronne de France T&#233;l&#233;visions, Delphine Ernotte, n'est plus la tweeteuse indocile qui r&#233;clamait &#171; &lt;i&gt;fromage et dessert&lt;/i&gt; &#187; (&#224; la fois une augmentation de la redevance et celle de la publicit&#233;). Apr&#232;s la col&#232;re d'Emmanuel Macron sur &#171; &lt;i&gt;la honte de la R&#233;publique&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout le monde l'a oubli&#233; mais la phrase compl&#232;te est un reproche direct fait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle a compris la le&#231;on. Aujourd'hui, la patronne de la t&#233;l&#233; publique trouve m&#234;me certaines vertus &#224; la cure d'aust&#233;rit&#233; qui lui est impos&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'avantage, c'est qu'apr&#232;s, on ne pensera plus que France t&#233;l&#233;visions est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle ne se bat plus que pour m&#233;riter un demi-mandat suppl&#233;mentaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mandat de Delphine Ernotte s'ach&#232;ve en ao&#251;t 2020. Des consultations pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en pr&#233;parant le r&#233;tr&#233;cissement de France TV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience l'a montr&#233;, la recherche d'&#233;conomies et la baisse de la d&#233;pense publique ne s'arr&#234;tent jamais dans l'esprit des lib&#233;raux. L'existence d'un audiovisuel public vu comme un bien commun et un marqueur de la d&#233;mocratie est loin d'&#234;tre garantie. La future holding sera-t-elle autre chose qu'une machine &#224; r&#233;duire le secteur ? Que se passera-t-il apr&#232;s la disparition de la taxe d'habitation &#224; laquelle est adoss&#233;e la redevance ? Taxe universelle ? Ligne budg&#233;taire variant chaque ann&#233;e ? Pour l'instant c'est l'inconnue mais il y a fort &#224; craindre que l'audiovisuel public devienne une variable d'ajustement et que le processus destructeur ne s'acc&#233;l&#232;re. Certains en r&#234;vent d'ailleurs tout haut comme Jean-Philippe Delsol, pr&#233;sident de l'IREF (Institut de recherches &#233;conomiques et fiscales) qui, dans une tribune r&#233;cente, dit les choses avec clart&#233; : &#171; &lt;i&gt;Il est audible qu'un gouvernement se r&#233;serve un canal sp&#233;cifique, une cha&#238;ne, une radio pour pouvoir s'exprimer librement en cas de besoin. Mais pourquoi en avoir dix, vingt ? Est-ce le r&#244;le de l'&#201;tat d'exploiter de tels m&#233;dias ? Il n'a pas de journaux et s'en passe tr&#232;s bien.&lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/faire-maigrir-laudiovisuel-public-pour-soulager-le-contribuable-1149934&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 22/11/2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des outrances ultra-lib&#233;rales volontairement caricaturales ? Ou une feuille de route en train d'&#234;tre appliqu&#233;e avec m&#233;thode ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Fernando Malverde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les articles publi&#233;s sous forme de &#171; tribune &#187; n'engagent pas collectivement l'association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas n&#233;cessairement toutes les positions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Radio France, qui a aujourd'hui un effectif de 4 800 salari&#233;s et un budget d'environ 600 millions d'euros est confront&#233;e &#224; une baisse de dotation budg&#233;taire de 20 millions d'euros d'ici 2022. La PDG, Sibyle Veil, envisage au moins 300 suppressions d'emplois et 60 millions d'euros d'&#233;conomies. La radio publique avait d&#233;j&#224; supprim&#233; environ 150 emplois alors qu'elle d&#233;veloppait la cha&#238;ne France Info avec France TV. Elle a d'ores et d&#233;j&#224; annonc&#233; des fermetures de bureaux r&#233;gionaux, elle va r&#233;duire drastiquement la production de fictions et sabrer dans les effectifs des documentalistes, du ch&#339;ur, des retransmissions, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le trait&#233; de Maastricht sign&#233; en 1992 impose que le d&#233;ficit public ne d&#233;passe pas les 3% du PIB. Depuis 2013, le TSCG (Trait&#233; sur la Stabilit&#233;, la Coordination et la Gouvernance) n&#233;goci&#233; par Nicolas Sarkozy et sign&#233; sans la moindre modification par un Fran&#231;ois Hollande tout juste &#233;lu est un carcan qui exige de tous les pays europ&#233;ens des &#233;conomies budg&#233;taires gr&#226;ce &#224; des &#171; &lt;i&gt;dispositions contraignantes et permanentes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le budget actuel de France TV est d'environ 3,8 milliards d'euros et son effectif total de 9 800 ETP (&#201;quivalents Temps Plein). 2 000 d&#233;parts sont en cours gr&#226;ce aux incitations d'un PDV (Plan de D&#233;parts Volontaires)&#8230; mais il n'y aura ensuite qu'un maximum de 1 100 embauches. L'objectif est de faire baisser la masse salariale tout en favorisant le virage technologique gr&#226;ce aux nouvelles recrues, &#171; enfants du num&#233;rique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2008, suppression de la publicit&#233; avant 20h sous Sarkozy. En 2012, le gouvernement Hollande impose &#224; Pflimlin 200 millions d'euros d'&#233;conomies ce qui conduit &#224; un PDV avec 650 suppressions d'emplois. Aur&#233;lie Filipetti, alors ministre de la Culture, explique qu'il faut bien que France T&#233;l&#233;visions participe &#171; &lt;i&gt;&#224; l'effort commun pour redresser les finances publiques&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 03/07/2013). &#192; son arriv&#233;e en 2015, Delphine Ernotte annonce encore 500 suppressions d'emplois suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le co&#251;t des programmes de France T&#233;l&#233;visions est d'environ 1 milliard d'euros chaque ann&#233;e. Par obligation, elle doit en commander 420 millions d'euros aux producteurs priv&#233;s et sans droits de commercialisation. France T&#233;l&#233;visions finance environ la moiti&#233; de la production audiovisuelle fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mod&#232;le &#233;conomique de Netflix n'est pas stabilis&#233;. Le g&#233;ant californien perd de l'argent mais, avec ses 120 millions d'abonn&#233;s dans le monde et ses 8 milliards de dollars d'investissements annuels, Netflix est aujourd'hui capable d'annoncer 700 productions originales par an !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La suppression de France 4, regard&#233;e quotidiennement par plus d'un million d'enfants, va d&#233;stabiliser tout le secteur de l'animation. Les programmes jeunesse seront diffus&#233;s en ligne sur la nouvelle plateforme Okoo. Mais on passera de 6 400 h &#224; 3 750 h selon le Centre national du cin&#233;ma et de l'image anim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;France M&#233;dias Monde, qui regroupe France 24, RFI et la radio en arabe Monte Carlo Doualiya, vient d'annoncer la suppression de 30 postes de journaliste et 8 millions d'euros d'&#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon une &#233;tude du CSA les cadres s'expriment quinze fois plus &#224; la t&#233;l&#233;vision que les ouvriers et cela &#171; &lt;i&gt;construit une image d&#233;form&#233;e de la r&#233;alit&#233;, largement plus favoris&#233;e que la r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Delphine Ernotte l'a reconnu elle-m&#234;me devant les parlementaires : &#171; &lt;i&gt;Comme tout le monde, on a &#233;t&#233; surpris par l'irruption du mouvement des gilets jaunes&lt;/i&gt; &#187;. France TV a pourtant une pr&#233;cieuse pr&#233;sence sur tout le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tout le monde l'a oubli&#233; mais la phrase compl&#232;te est un reproche direct fait &#224; Delphine Ernotte : &#171; &lt;i&gt;Je n'accepterai jamais qu'une entreprise publique, quand on lui demande un effort (&#8230;) consid&#232;re que la seule r&#233;ponse serait d'augmenter la redevance, ou d'aller faire du lobbying en commission.&lt;/i&gt; &#187; Emmanuel Macron le 5 d&#233;cembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;L'avantage, c'est qu'apr&#232;s, on ne pensera plus que France t&#233;l&#233;visions est un mammouth. On aura alors la certitude que l'argent est bien d&#233;pens&#233;.&lt;/i&gt; &#187; 7 novembre 2019 &#224; Dijon lors des rencontres de la soci&#233;t&#233; des Auteurs R&#233;alisateurs et Producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mandat de Delphine Ernotte s'ach&#232;ve en ao&#251;t 2020. Des consultations pour un court mandat qui irait jusqu'&#224; la mise en place de la future holding (fin 2022) sont pr&#233;vues par le CSA d&#232;s f&#233;vrier 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La situation &#224; France T&#233;l&#233;visions : en attendant l'apocalypse ? (entretien avec F. Malverde)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/La-situation-a-France-Televisions-en-attendant-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/La-situation-a-France-Televisions-en-attendant-l</guid>
		<dc:date>2017-12-26T11:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Dastillung, Fernando Malverde</dc:creator>


		<dc:subject>SNJ-CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Emmanuel Macron</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le point de vue inquiet d'un journaliste &#224; France 3, syndicaliste SNJ-CGT et adh&#233;rent d'Acrimed.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Sous-le-regne-d-Emmanuel-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques : Sous le r&#232;gne d'Emmanuel Macron&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-SNJ-CGT-+" rel="tag"&gt;SNJ-CGT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Emmanuel-Macron-+" rel="tag"&gt;Emmanuel Macron&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L144xH150/arton5647-3e5b2.jpg?1776751952' class='spip_logo spip_logo_right' width='144' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'audiovisuel public est dans le collimateur du gouvernement. &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Le-gouvernement-s-attaque-a-l-audiovisuel-public?var_mode=calcul&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fuites du minist&#232;re de la culture&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Des-medias-soutiennent-Complement-d-enquete-et?var_mode=calcul&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;annonce de bouleversements internes&lt;/a&gt; par la direction de France T&#233;l&#233;visions qui subit en retour une motion de d&#233;fiance, &#171; petite phrase &#187; provocatrice d'Emmanuel Macron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon T&#233;l&#233;rama le 5 d&#233;cembre dernier, le pr&#233;sident de la R&#233;publique aurait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tout est fait pour pr&#233;parer l'opinion &#8211; et les personnels de l'audiovisuel public &#8211; &#224; une purge suppl&#233;mentaire, apr&#232;s des ann&#233;es de rigueur budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de nous fier &#224; ce qui filtre dans la presse de ces petites et grandes man&#339;uvres, nous avons pr&#233;f&#233;r&#233; faire le point sur la situation avec un acteur et un t&#233;moin direct de ce qui se trame &#224; l'int&#233;rieur du groupe public en nous entretenant avec Fernando Malverde, journaliste &#224; France 3, syndiqu&#233; au SNJ-CGT, &#233;lu CGT au CCE de France T&#233;l&#233;visions, et &lt;i&gt;last but not least&lt;/i&gt;, adh&#233;rent d'Acrimed. Il ne s'exprime pas ici dans le cadre de son mandat et l'analyse qu'il livre refl&#232;te son point de vue et ses opinions personnelles, lesquelles n'engagent aucune des deux formations syndicales sus nomm&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;- &lt;strong&gt;Rumeurs et d&#233;mentis courent depuis plusieurs semaines &#224; propos de licenciements &#224; venir &#224; France T&#233;l&#233;visions. Est-ce que vous avez des informations suppl&#233;mentaires en interne sur les exigences du gouvernement ou sur les intentions de la direction, et est-ce que vous anticipez et/ou craignez que certains services soient plus touch&#233;s que d'autres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que la crise que l'on vient de traverser avec la motion de d&#233;fiance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mardi 12 d&#233;cembre, les journalistes des r&#233;dactions nationales ont vot&#233; une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est un peu l'arbre qui cache la for&#234;t. Nous &#8211; les gens les plus inform&#233;s, les syndicats, et la CGT en particulier &#8211;, on sait que ce qui se pr&#233;pare est beaucoup plus grave. Ce qui se pr&#233;pare, c'est ce que M. Macron a formul&#233; en partie en &#171; off &#187; mais aussi dans son programme &#8211; il suffisait de le lire : restructurer tout l'audiovisuel public et diminuer le nombre de salari&#233;s de fa&#231;on consid&#233;rable. La crise est donc actuelle, mais plus encore &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont ses objectifs ? Appliquer &#224; l'audiovisuel public ce qui est appliqu&#233; &#224; l'ensemble des services publics, soit ce qui est inscrit dans le &#171; Plan d'Action Publique &#187; qui pr&#233;voit la r&#233;duction de la d&#233;pense publique de trois points de PIB d'ici &#224; 2022 (i.e. 60 milliards d'euros). C'est un projet ultra-lib&#233;ral qui touchera &#233;videmment notre secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;duction contient un double danger : d'abord, une r&#233;duction du p&#233;rim&#232;tre de l'audiovisuel public dans son ensemble c'est &#224; dire toutes les soci&#233;t&#233;s qui le composent (France T&#233;l&#233;visions, Radio France, France M&#233;dias Monde [France 24 / RFI], INA, Arte). Il y a une volont&#233; de r&#233;duire le nombre de cha&#238;nes et le nombre d'emplois qui d&#233;pendent du service public : l&#224; est leur seule obsession...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se faire une id&#233;e du projet, il suffit de regarder qui pilote : l'un des principaux conseillers de M. Macron, est l'inspecteur des finances Marc Schwartz. Il a &#233;crit la partie audiovisuelle du programme du candidat Macron et est l'actuel directeur de cabinet de Fran&#231;oise Nyssen, ministre de la Culture, tutelle de France T&#233;l&#233;visions. C'est un ancien directeur financier de France T&#233;l&#233;visions et surtout, l'auteur d'un rapport sur l'avenir de l'audiovisuel public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notre article &#171; Les projets du pr&#233;sident Macron pour l'audiovisuel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est un peu la feuille de route de l'&#201;tat, feuille de route dont la mise en &#339;uvre a d&#233;j&#224; commenc&#233; depuis des ann&#233;es sous la pr&#233;sidence Hollande et qui se poursuit sous celle de M. Macron. Ses grands axes de questionnement sont les suivants : Que faut-il garder du service public ? Jusqu'&#224; quel niveau le r&#233;duire ? Ce questionnement a des cons&#233;quences concr&#232;tes en termes de d&#233;pense publique et de diminution d'emplois, dans l'audiovisuel comme dans les autres secteurs. Le traitement qui nous est r&#233;serv&#233; n'a, en cela, rien de particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire des &#233;conomies est l'unique obsession en ce qu'elle r&#233;pond &#233;galement aux injonctions europ&#233;ennes ciblant la d&#233;pense publique et le p&#233;rim&#232;tre de l'action publique. M. Macron suit cette feuille de route, dont l'objectif principal est de faire plaisir &#224; Mme Merkel et &#224; l'Eurogroupe, c'est &#224; dire aux lib&#233;raux qui commandent aujourd'hui la marche de l'Europe. Avec ses 18 000 emplois, l'audiovisuel public fran&#231;ais est en ce sens une cible de choix. Cette strat&#233;gie met en p&#233;ril nos missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Tu parlais d'un deuxi&#232;me danger, quel est-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est li&#233; &#224; l'exercice &#171; bonapartiste &#187; du pouvoir par M. Macron : il ne d&#233;sire rien de moins qu'une v&#233;ritable reprise en main de l'audiovisuel. Il n'a pas support&#233; de constater que certains de nos patrons, Delphine Ernotte en particulier, se soient battus pour d&#233;fendre le budget de leur entreprise. Il veut des patrons le doigt sur la couture du pantalon, terroris&#233;s et ob&#233;issants. Il ne supporte pas toutes les formes de r&#233;sistance qui se sont fait jour pour d&#233;fendre le p&#233;rim&#232;tre de l'entreprise et les missions du service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, je pense que Delphine Ernotte, paie &#8211; et paiera &#8211; la premi&#232;re prise de position publique qu'elle a exprim&#233;e quand elle est arriv&#233;e &#224; la t&#234;te de cette entreprise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Delphine Ernotte a &#233;t&#233; nomm&#233;e par le CSA en 2015 apr&#232;s examen de plusieurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur Twitter : &lt;i&gt;&#171; Je veux fromage et dessert &#187;&lt;/i&gt;. C'est &#224; dire : &#171; Je veux &#224; la fois la publicit&#233; et une revalorisation de la redevance &#187;. Des revendications totalement insupportables aux yeux de quelqu'un d'assez autoritaire comme M. Macron, d&#233;sirant des patrons d'entreprises publiques aux ordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux aspects des mesures &#224; venir sont donc : une r&#233;duction du p&#233;rim&#232;tre, des missions et du nombre d'emplois du service public audiovisuel mais &#233;galement une reprise en main par le pouvoir politique. Le tout sera bien entendu accompagn&#233; de discours l&#233;nifiants du type &#171; Recentrer l'audiovisuel public sur ses missions uniquement culturelles &#187;, comme indiqu&#233; dans le document pr&#233;paratoire &#233;manant du Minist&#232;re de la Culture et transmis au CAP 2022, document qui a fait l'objet d'une &#171; fuite &#187;, notamment aupr&#232;s du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, M. Macron et son entourage proche fonctionnent sur un mode extr&#234;mement cloisonn&#233;, dans le plus grand secret et m&#234;me sans contact r&#233;el avec les directions des entreprises. Apr&#232;s l'annonce des 50 millions d'euros d'&#233;conomies (en fait 80 pour l'ensemble de l'audiovisuel public), le gouvernement exige des directions qu'elles d&#233;terminent elles-m&#234;mes les pistes d'&#233;conomies &#224; r&#233;aliser alors que quoi qu'il en soit, il sera question de restructurer les entreprises concern&#233;es afin d'amputer davantage leurs missions et leurs budgets !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Tu penses donc que les restructurations &#224; venir iront encore plus loin que celles annonc&#233;es dans le document de travail du minist&#232;re ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument. &#192; l'heure actuelle, apr&#232;s l'adoption du projet de loi de finance pour 2018, les directions, quelque peu t&#233;tanis&#233;es, ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de r&#233;agir et de pr&#233;ciser o&#249; les &#233;conomies seraient r&#233;alis&#233;es, secteur apr&#232;s secteur. Mais &#231;a, c'est juste pour avoir un budget 2018 &#224; l'&#233;quilibre ! Il restera encore &#224; encaisser les restructurations que pr&#233;voira M. Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 50 millions d'&#233;conomies qu'exige aujourd'hui M. Macron doivent se faire en plus de celles &#233;voqu&#233;es pr&#233;c&#233;demment ! Il s'agit en fait de 70 millions, une fois inclus les 20 millions d'euros li&#233;s au glissement m&#233;canique de la masse salariale et &#224; l'inflation. Se pose alors la question de suppressions d'emplois en sus de celles d&#233;j&#224; pr&#233;vues. Mme Ernotte a d&#233;clar&#233; qu'elle s'en tiendrait &#224; ce que pr&#233;voyait son Contrat d'Objectifs et de Moyens [Soit 180 ETP &#224; supprimer en 2018, 500 &#224; l'horizon 2020, fin de de son mandat, NdlR] via le non-remplacement d'un d&#233;part &#224; la retraite sur deux et qu'elle ferait donc porter les &#233;conomies sur d'autres leviers : ren&#233;gociation des contrats avec les producteurs, droits sportifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est notamment question de renoncer &#224; l'acquisition des droits portant sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, augmentation des rediffusions, etc. En somme, ponctionner sur la grille de programmes mais &#233;galement sur les moyens techniques. Il est cependant &#233;vident que si un budget du m&#234;me acabit (contenant de nouvelles coupes) lui est impos&#233; pour 2019, elle sera forc&#233;e de passer par un plan social. Le seul probl&#232;me, c'est que l'entreprise n'a m&#234;me pas les moyens de le payer et qu'il reviendrait &#224; l'&#201;tat de le financer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon moi, et on devrait le voir assez vite en d&#233;but d'ann&#233;e prochaine, le gouvernement pr&#233;voit une r&#233;organisation de l'audiovisuel avec des &#171; mariages &#187;, des rapprochements forc&#233;s entre France Bleu et France 3, des suppressions de cha&#238;nes (France &#212;, passage de France 4 en diffusion exclusivement num&#233;rique [et du Mouv', ainsi que la suppression d'un des deux orchestres de Radio France&#8230; NdlR]), des suppressions d'&#233;dition (celle du week-end du &#171; Soir 3 &#187;), des fusions de r&#233;dactions locales, et des regroupements r&#233;gionaux, probablement selon la nouvelle carte administrative. Par exemple, le passage de 22 &#233;ditions de journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s de France 3 &#224; une quinzaine. Clairement, l'objectif tient en un mot : r&#233;duire. R&#233;duire le p&#233;rim&#232;tre de nos missions, r&#233;duire le maillage territorial, r&#233;duire la quantit&#233; de programmes et d'&#233;missions produites ; tous les secteurs de l'audiovisuel seront concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier la reprise en main politique. Une information a par exemple un peu &#233;chapp&#233; &#224; la presse : Andr&#233; Gattolin, [S&#233;nateur des Hauts-de-Seine, NdlR] ex-EELV pass&#233; &#224; En Marche ! &#8211; a fait voter l'an dernier la suppression de la publicit&#233; dans les &#233;missions destin&#233;es &#224; la jeunesse en l'appliquant uniquement&#8230; &#224; la t&#233;l&#233;vision publique ! Une mesure relativement grotesque qui n'est rien d'autre qu'un moyen de priver France T&#233;l&#233;visions de 20 millions d'euros de ressources suppl&#233;mentaires d&#232;s le 1er janvier 2018. Il propose maintenant de modifier le mode de d&#233;signation des P.-D.G. de l'audiovisuel public dans le but probable de se d&#233;barrasser de Mme Ernotte afin de la remplacer par une personne totalement aux ordres. Je ne doute pas un instant du fait que cette id&#233;e ne soit pas venue toute seule au s&#233;nateur Gattolin : un &#171; t&#233;l&#233;guidage &#187; de l'&#201;lys&#233;e est assez probable. Sa proposition de loi pourrait &#234;tre vot&#233;e d&#232;s le printemps et s'appliquer imm&#233;diatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Est-ce que, selon toi, cette politique d'&#233;conomies &#224; tous les &#233;tages, ne risque pas de d&#233;grader plus avant la qualit&#233; du service public ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment. Cela va d&#233;grader la qualit&#233; de l'antenne, celle des contenus et notre capacit&#233; &#224; concevoir et &#224; r&#233;aliser des programmes attractifs, ce qui comporte un risque net de perte d'audience. Perte d'audience qui pourra nous &#234;tre reproch&#233;e par la suite et justifier de nouveaux plans d'&#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;En sais-tu un peu plus sur les &#233;ch&#233;ances et l'agenda de cette asphyxie programm&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils vont tr&#232;s certainement commencer par modifier la gouvernance et amorcer une r&#233;organisation g&#233;n&#233;rale de tous les secteurs par une loi au printemps ou aux alentours de juin, puis r&#233;viser le financement de la t&#233;l&#233;vision publique par une seconde loi &#224; l'automne. &#192; ce moment-l&#224;, on saura ce qu'il en est v&#233;ritablement de la redevance. M. Macron a d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; qu'il n'y aurait pas de r&#233;vision &#224; la hausse de la redevance pour 2018 ni les ann&#233;es suivantes. La p&#233;riode qui s'ouvre, au moins pour les deux ann&#233;es &#224; venir (2018-2019), va &#234;tre une p&#233;riode d&#233;vastatrice pour l'audiovisuel public. L&#224; comme ailleurs, M. Macron d&#233;sire imprimer sa marque, ce qui implique de revoir de fond en comble l'organisation et le financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Peux-tu nous expliquer comment s'est pass&#233; le vote de la motion de d&#233;fiance envers la pr&#233;sidente de France T&#233;l&#233;visions ? Et pourquoi les d&#233;clarations de M. Macron et les exigences budg&#233;taires du gouvernement (issues du &#171; Comit&#233; action publique 2022 &#187;) n'ont pas &#233;t&#233; cibl&#233;es dans cette motion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu beaucoup de d&#233;sinformation autour de cette motion des journalistes. Tout d'abord il faut remettre les choses &#224; leur niveau. On a pu lire que la motion de d&#233;fiance avait recueilli 84 % des voix alors qu'il n'y a eu que 860 votants sur 2680 journalistes et plus de 9800 salari&#233;s dans l'entreprise. Au final ce sont moins de 6 % des salari&#233;s qui ont vot&#233; la d&#233;fiance ! Il y a eu un effet &#171; loupe &#187; du fait de la visibilit&#233; des r&#233;dactions nationales et de la capacit&#233; qu'elles ont eue &#224; mettre en &#339;uvre un lobbying efficace (appel &#224; des &#171; vedettes &#187;, r&#233;seaux sociaux). Cela y compris au prix de petits arrangements avec la r&#233;alit&#233;... Par exemple, dire qu'il s'agissait pour la direction de censurer des &#233;missions embl&#233;matiques comme &#171; Cash Investigation &#187; est absolument faux : la ligne &#233;ditoriale de cette &#233;mission, qui fait honneur au service public, est soutenue et n'est pas remise en question par l'actuelle direction. Par contre, il y a clairement une volont&#233; d'&#233;conomiser des effectifs et de la d&#233;pense : pour ce faire, le principal levier de la direction est l'externalisation de la production (d&#233;j&#224; fort avanc&#233;e au sein de France T&#233;l&#233;visions) puisque les emplois externalis&#233;s ne sont plus compt&#233;s comme publics. C'est quasiment l'unique cheval de bataille du minist&#232;re des Finances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les &#233;conomies &#233;taient d&#233;j&#224; pr&#233;vues par le Contrat d'objectifs et de moyens sign&#233; par Delphine Ernotte au moment de son arriv&#233;e &#224; France T&#233;l&#233;visions (en 2015, sous la pr&#233;sidence de Fran&#231;ois Hollande). La trajectoire pr&#233;voyait d'ores et d&#233;j&#224; la suppression de 180 &#233;quivalents temps plein (ETP) en 2018. Ces suppressions sont bien &#233;videmment maintenues. Ce qui a fait r&#233;agir les SDJ des r&#233;dactions nationales et les magazines, c'est le fait qu'elles commencent &#224; les impacter directement alors que jusqu'&#224; pr&#233;sent, les &#233;conomies touchaient principalement le r&#233;seau d&#233;centralis&#233; (les r&#233;dactions r&#233;gionales et locales de France 3, la r&#233;daction de France &#212; et les Outre-Mer Premi&#232;res). Les r&#233;dactions r&#233;gionales &#233;tant d&#233;j&#224; &#171; &#224; l'os &#187;, les &#233;conomies commencent &#224; se faire sentir au niveau des r&#233;dactions nationales et &#224; toucher les mieux lotis : c'est ce que j'appelle le &#171; ruissellement &#224; l'envers &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, la s&#233;quence &#233;lectorale a permis de faire illusion, notamment avec un rel&#226;chement du contr&#244;le des autorisations de d&#233;passement de budget (embauche de CDD) dans les r&#233;dactions nationales. La fin de cette s&#233;quence marque le retour &#224; des conditions de fonctionnement plus &#171; normales &#187; et la direction fait ainsi peser des &#233;conomies dans tous les secteurs, y compris dans les r&#233;dactions nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action de la SDJ, y compris la motion de d&#233;fiance, est donc en partie une r&#233;action purement &#233;go&#239;ste sur le mode : &#171; Des &#233;conomies d'accord, mais pas chez nous ! &#187; ou plus d&#233;magogique encore : &#171; Les &#233;conomies sont un pr&#233;texte, le vrai probl&#232;me c'est Delphine Ernotte &#187;. Car il faut bien comprendre que certains membres de la SDJ ont un agenda politique : certains ont un int&#233;r&#234;t &#8211; qui les fait cons&#233;quemment agir en sous-main &#8211; &#224; favoriser le d&#233;part de la P.-D.G. parce que beaucoup de ces journalistes ne cachent pas leurs affinit&#233;s vis-&#224;-vis du pouvoir en place. Le lib&#233;ralisme revendiqu&#233; par M. Macron ne leur pose ainsi aucun probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Comment fonctionne les SDJ ? Quelles relations entretient-elle avec les syndicats de journalistes ? &#192; quoi ressemble le paysage syndical &#224; FTV aujourd'hui ? Quel r&#244;le jouent les vedettes des r&#233;dactions (L&#233;a Salam&#233;, Fran&#231;ois Lenglet, Nathalie Saint-Cricq, etc.) dans cette &#171; crise &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne connais pas le fonctionnement d&#233;taill&#233; des SDJ, un bureau, plus ou moins actif, des &#233;changes de mails, mais l'instance n'a pas de caract&#232;re vraiment permanent ou m&#234;me d&#233;lib&#233;ratif, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales (AG) sont rares. Elle fonctionne au cas par cas. Dans le cas d'esp&#232;ce, les AG qui ont eu lieu et qui ont d&#233;bouch&#233; sur cette motion de d&#233;fiance avaient un caract&#232;re tout &#224; fait exceptionnel. &#192; l'inverse, pendant les gr&#232;ves contre les coupes budg&#233;taires, les AG des SDJ (de France 2, de France 3 national et de France Info) avaient soigneusement &#233;vit&#233; de se m&#233;langer &#224; celles des syndicats ! Il est int&#233;ressant de noter que la majorit&#233; de ceux qui ont sign&#233; cette motion de d&#233;fiance n'ont pas fait gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple illustre assez bien son fonctionnement cependant ; lorsque M. Macron a attaqu&#233; l'audiovisuel public, les SDJ n'ont pas fait de communiqu&#233;. Par contre, suite aux attaques de M. M&#233;lenchon &#224; l'encontre de L&#233;a Salam&#233;, Fran&#231;ois Lenglet et Nathalie Saint-Cricq, la r&#233;ponse fut imm&#233;diate ! Des chefs de service, Mme Saint-Cricq et d'autres &#233;ditorialistes de bon ton et bon teint, assistent bien &#233;videment aux AG de la SDJ, illusion d'une opinion partag&#233;e entre les aristocrates et les soutiers de l'information !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, je pense que les SDJ sont des sortes de &#171; feuilles de vigne &#187;, de cache-sexe destin&#233;s &#224; couvrir le manque de courage de certains, habituellement peu enclins &#224; combattre les orientations impos&#233;es par la direction &#224; la demande du pouvoir politique. On en profite, sous couvert de &#171; consensus professionnel &#187;, pour se donner de faux airs de courage. La r&#233;action des SDJ doit &#234;tre prise pour ce qu'elle est : une r&#233;action corporatiste dont les responsables n'ont, pour la plupart, aucune conscience des probl&#233;matiques affectant l'ensemble de l'entreprise. Ses responsables ne font d'ailleurs jamais preuve de la moindre solidarit&#233; envers le reste des personnels. J'irais m&#234;me jusqu'&#224; dire que les SDJ sont plus corporatistes que les syndicats corporatistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Lesquels ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SNJ Autonome, qui lui reste conscient des probl&#233;matiques de l'entreprise, voire du secteur. Pour poursuivre mon propos sur les r&#233;actions entendues au sein de la SDJ (&#171; des &#233;conomies oui, mais pas chez nous ! &#187;, &#171; le seul probl&#232;me c'est Delphine Ernotte &#187;), je persiste &#224; penser que le courage aurait consist&#233; &#224; soumettre une question plus pertinente aux journalistes : &#171; Pensez-vous qu'Emmanuel Macron veut d&#233;fendre l'audiovisuel public ? &#187; L&#224; est la vraie question. C'est pour cela que j'ai toujours affirm&#233; que les SDJ, de par leur fonctionnement, leur apolitisme revendiqu&#233;, leur recherche du consensus &#224; tout prix &#8211; tout &#224; fait pipeau ! &#8211; n'&#233;taient pas les instances les plus qualifi&#233;es pour comprendre les enjeux strat&#233;giques de l'entreprise. Dans le cas de celle de France T&#233;l&#233;visions, c'est presque caricatural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier les men&#233;es de certains syndicats (la CGC en particulier, tr&#232;s droiti&#232;re au sein de l'entreprise) qui utilisent les SDJ pour camoufler leur propre agenda politique, qui jouent leur propre carte pour mettre en &#339;uvre leur strat&#233;gie. Un th&#233;oricien c&#233;l&#232;bre, dont vous retrouverez le nom, a parl&#233; d'&#171; idiots utiles &#187;. Dans le cas pr&#233;sent, M. Macron a d&#251; particuli&#232;rement savourer la motion de d&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, je tiens &#224; le dire ici, le prochain P.-D.G. de France T&#233;l&#233;visions en finira tr&#232;s certainement avec &#171; Cash Investigation &#187;. Une &#233;mission qui a autant de moyens pour mener des investigations longues et approfondies sur les multinationales et les milliardaires n'est clairement pas la &#171; tasse de th&#233; &#187; de M. Macron. Au bout du compte, les &#233;conomies se feront aussi aux d&#233;pends de l'investigation et de l'ind&#233;pendance du m&#233;dia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Plus largement, quel est le rapport de forces entre les cat&#233;gories de journalistes ? Entre les pr&#233;caires et autres intermittents et les titulaires ? Entre les personnels de France 3 (particuli&#232;rement cibl&#233;s dans les documents ayant fuit&#233;) et ceux de France 2 ? Entre les syndicats ? Entre les plus mobilis&#233;s et ceux qui sont plus circonspects ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CDD ont &#233;t&#233; les premi&#232;res victimes du recul de l'emploi et des restrictions et beaucoup d'entre eux ont &#233;t&#233; oblig&#233;s de recourir aux tribunaux pour faire valoir leurs droits l&#233;gitimes. Nombre d'entre eux (souvent aid&#233;s par la CGT) ont ainsi obtenu leur int&#233;gration et &#233;galement des dommages et int&#233;r&#234;ts. Un ph&#233;nom&#232;ne tellement massif que la direction provisionne m&#234;me des sommes consid&#233;rables en raison de ces litiges. Ces derni&#232;res ann&#233;es, le taux de pr&#233;carit&#233; au sein des r&#233;dactions a fortement recul&#233;, en particulier au sein du r&#233;seau des r&#233;dactions d&#233;centralis&#233;es. En effet, les CDD, qui permettaient auparavant de remplacer un salari&#233; malade ou en formation, repr&#233;sentent aujourd'hui de l'ordre de 10 % des effectifs. Ce serrage de vis sur les effectifs cr&#233;e des tensions et une usure des personnels qui devient dramatique. Dans les r&#233;dactions nationales, le chiffre tourne encore autour de 20 %. La gestion est donc encore relativement plus souple dans les r&#233;dactions nationales mais les mesures d'&#233;conomies ont pour objectif, entre autres, de r&#233;duire le recours au CDD au maximum. France T&#233;l&#233;visions n'est cependant pas une exception, elle suit, en cela, le m&#234;me mod&#232;le que TF1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Plus sp&#233;cifiquement, y a-t-il une opposition entre les pr&#233;caires et les titulaires au sein des r&#233;dactions ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, mais il existe une forme de d&#233;fiance entre les salari&#233;s des r&#233;dactions locales et ceux des r&#233;dactions nationales ; les premiers voient les seconds comme des privil&#233;gi&#233;s, puisque, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ils &#233;taient soumis moins durement aux mesures d'&#233;conomies. Apr&#232;s, il ne s'agit pas pour moi de diviser les gens, je pense que notre v&#233;ritable adversaire et le v&#233;ritable responsable, c'est le pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une nouvelle fois, cette politique n'est pas nouvelle puisqu'elle a cours depuis au moins 10 ans. Trois chocs ont marqu&#233; l'histoire r&#233;cente de France T&#233;l&#233;visions et ont gravement d&#233;stabilis&#233; la structure de l'entreprise : la fin de la publicit&#233; annonc&#233;e par Nicolas Sarkozy [en 2008, NdlR] qui a totalement fait vaciller le mod&#232;le de financement, lequel n'a jamais &#233;t&#233; r&#233;ellement remis &#224; flot, l'annonce d'&#233;conomies correspondant &#224; la suppressions de 650 ETP sous la pr&#233;sidence Hollande, pilot&#233;e &#224; l'origine par Aur&#233;lie Filippetti puis par Fleur Pellerin et, enfin, avec l'arriv&#233;e de Mme Ernotte, un Contrat d'objectifs et de moyens qui pr&#233;voit la suppression de 500 ETP suppl&#233;mentaires [d'ici &#224; 2020, NdlR]. Derni&#232;re &#233;tape : l'agression contre France T&#233;l&#233;visions, avec l'arriv&#233;e de M. Macron. Tout cela n'ayant qu'un but : pr&#233;parer un v&#233;ritable d&#233;mant&#232;lement du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gouvernement qui se donnerait des objectifs plus constructifs et serait &#224; l'inverse attach&#233; &#224; garantir l'existence d'un service public de l'information et de la culture enfin digne de ses missions aurait de nombreuses questions &#224; d&#233;nouer. Par exemple, que fait-on de l'audiovisuel public &#224; l'heure de la concurrence avec les plateformes am&#233;ricaines [Netflix, Amazon, NdlR] qui n'ont pas besoin de diffuseurs nationaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Quid de la &#171; d&#233;lin&#233;arisation &#187; des contenus ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un enjeu majeur. Aujourd'hui, on ne regarde plus la t&#233;l&#233;vision en allumant son poste, on la regarde quand on en a envie et on va chercher des contenus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le ph&#233;nom&#232;ne est &#233;voqu&#233; dans le document de travail transmis au CAP 2022, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, l'&#201;tat doit clarifier la mission de la t&#233;l&#233;vision de service public. Est-on en mesure de produire des programmes au niveau national voire europ&#233;en qui seraient des programmes de qualit&#233;, exportables, visibles par les jeunes, etc. Aujourd'hui, les jeunes ne regardent plus la t&#233;l&#233;vision mais ils acc&#232;dent &#224; des contenus produits par la t&#233;l&#233;vision sur Internet. La question des contenus est donc fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un corolaire important de cette question est celle de la restitution des droits de diffusion aux entit&#233;s du service public. Est-ce que la t&#233;l&#233;vision qui finance des productions peut les r&#233;exploiter ? Aujourd'hui, ce n'est pas le cas : les d&#233;crets Tasca obligent la t&#233;l&#233;vision publique &#224; n'&#234;tre qu'une simple banque de financement des producteurs priv&#233;s, qui disposent ensuite &#224; leur guise des droits des programmes produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Bruno Dastillung&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Annexe : Les donn&#233;es de l'&#233;quation&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Motion de d&#233;fiance&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; Faites-vous confiance &#224; Delphine Ernotte pour pr&#233;server la qualit&#233; et les moyens de l'information &#224; France T&#233;l&#233;visions ? &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Journalistes : 709 ; Votants : 607 (69%)&lt;br class='manualbr' /&gt;- Non : 83,77 % ; Oui : 8,95 % ; NSPP : 7,28 %&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Delphine Ernotte, P.-D. G. France T&#233;l&#233;visions&lt;/strong&gt; : &#171; Je prends au s&#233;rieux la mise au vote d'une motion de d&#233;fiance. Elle t&#233;moigne d'une inqui&#233;tude r&#233;elle et d'une demande d'&#233;quit&#233; dans la r&#233;partition des efforts. Nous y serons vigilants et attentifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Cl&#233;ment Le Goff, pr&#233;sident de la SDJ de France 2&lt;/strong&gt; : &#171; Nous ne sommes pas contre le fait de faire des &#233;conomies. On veut continuer &#224; d&#233;livrer une information de service public de qualit&#233;. Informer, plut&#244;t que distraire, devrait rester une priorit&#233; du service public. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Plan d'&#233;conomies 2018&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- 50 M&#8364; pour 2018 (sur 2,57 Mds) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;-180 ETP via non-remplacements et d&#233;parts &#224; la retraite (30 dans l'information)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;Objectifs CAP 2022&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Gel dotation (@ 3,8 Mds &#8364;) ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; Rapprochement &#187; entre France T&#233;l&#233;visions et Radio France ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Fusion de France 3/France Bleu ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Suppression de France &#212; ;&lt;br class='manualbr' /&gt;- Passage de France 4 et du Mouv' &#224; une diffusion 100 % num&#233;rique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;- &lt;strong&gt;D&#233;clarations d'Emmanuel Macron &lt;/strong&gt;(T&#233;l&#233;rama.fr)&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; &lt;i&gt;L'audiovisuel public, c'est une honte pour nos concitoyens, c'est une honte en termes de gouvernance, c'est une honte en ce que j'ai pu voir ces derni&#232;res semaines de l'attitude des dirigeants&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; &lt;i&gt;Parce que c'est tr&#232;s cher, pour une absence de r&#233;forme compl&#232;te depuis que l'entreprise unique [&#224; France T&#233;l&#233;visions, NdlR] existe ; pour une synergie quasi-inexistante entre les diff&#233;rents piliers des entreprises publiques ; pour une production de contenus de qualit&#233; variable&lt;/i&gt;. &#187; &lt;br class='manualbr' /&gt;- &#171; &lt;i&gt;Je n'accepterai jamais qu'une entreprise publique, quand on lui demande un effort (...) consid&#232;re que la seule r&#233;ponse serait d'augmenter la redevance, ou d'aller faire du lobbying en commission&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon &lt;a href=&#034;http://www.telerama.fr/medias/audiovisuel-public,-une-honte-pour-la-republique-voici-ce-que-macron-a-vraiment-dit,n5386453.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; le 5 d&#233;cembre dernier, le pr&#233;sident de la R&#233;publique aurait d&#233;clar&#233; devant les d&#233;put&#233;s de la commission des Affaires culturelles : &#171; &lt;i&gt;L'audiovisuel public, c'est une honte pour nos concitoyens, c'est une honte en termes de gouvernance, c'est une honte en ce que j'ai pu voir ces derni&#232;res semaines de l'attitude des dirigeants&lt;/i&gt;. &#187; Voir la suite de ses propos en annexe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mardi 12 d&#233;cembre, les journalistes des r&#233;dactions nationales ont vot&#233; une motion de d&#233;fiance contre Delphine Ernotte, pr&#233;sidente de France T&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notre article &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Les-projets-du-President-Macron-pour-les-medias&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les projets du pr&#233;sident Macron pour l'audiovisuel public &#187;&lt;/a&gt;, o&#249; il est longuement question de M. Schwartz et de son rapport.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Delphine Ernotte a &#233;t&#233; nomm&#233;e par le CSA en 2015 apr&#232;s examen de plusieurs candidatures.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est notamment question de renoncer &#224; l'acquisition des droits portant sur la retransmissions des Jeux Olympiques de 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne est &#233;voqu&#233; dans le document de travail transmis au CAP 2022, qui fait le lien avec l'arr&#234;t total de la diffusion hertzienne en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une refondation de l'audiovisuel public : histoire, diagnostic et propositions</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Pour-une-refondation-de-l-audiovisuel-public</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Pour-une-refondation-de-l-audiovisuel-public</guid>
		<dc:date>2017-03-07T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fernando Malverde</dc:creator>


		<dc:subject>Soci&#233;t&#233; de production audiovisuelle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Du secteur public au service public.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-572-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Societe-de-production-audiovisuelle-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233; de production audiovisuelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L144xH150/arton5473-34961.jpg?1776736803' class='spip_logo spip_logo_right' width='144' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour que le secteur public devienne un v&#233;ritable service public, pour que les programmes (information, culture, divertissement) soient conformes &#224; sa vocation, la question des ressources, m&#234;me si elle ne recouvre pas tous les probl&#232;mes, est tout sauf secondaire. Il faut doter l'audiovisuel public de moyens comparables &#224; nos voisins allemands ou anglais pour produire des &#233;missions d'information, des programmes, des fictions, des s&#233;ries et des documentaires, affranchis de la seule logique du march&#233;. On s'int&#233;ressera surtout ici &#224; France T&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis leur arriv&#233;e dans la vie quotidienne, t&#233;l&#233;visions et radios ont eu un impact fondamental sur la vie des gens. On commence &#224; consommer la t&#233;l&#233;vision d&#232;s la petite enfance et on le fait toute sa vie. La moyenne de consommation de la TV est aujourd'hui de pr&#232;s de 3 h 40 quotidiennes &#224; quoi il faut ajouter un temps &#233;quivalent, voire sup&#233;rieur devant les ordinateurs, tablettes ou Smartphones ! En temps cumul&#233; sur une vie, le temps pass&#233; devant un &#233;cran est la deuxi&#232;me activit&#233; humaine juste derri&#232;re le sommeil !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mauvaises raisons d'abandonner la t&#233;l&#233;vision &#224; son sort ne manquent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les transformations technologiques r&#233;centes sont en train de changer profond&#233;ment les usages de la t&#233;l&#233;vision. La consommation lin&#233;aire est progressivement remplac&#233;e par une consommation &#171; d&#233;lin&#233;aris&#233;e &#187;, c'est-&#224;-dire affranchie de la programmation impos&#233;e. Les t&#233;l&#233;spectateurs sont en mesure de faire leur propre menu, mais cela n'implique pas la fin de la t&#233;l&#233;vision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La concurrence entre les cha&#238;nes publiques et les cha&#238;nes priv&#233;es, arbitr&#233;e par la recherche d'une audience commerciale homog&#233;n&#233;ise les programmes, notamment quand il s'agit des &#233;missions d'information, &#224; l'exception des documentaires et des &#233;missions d'enqu&#234;te ou d'investigation. Mais il est inexact d'affirmer qu'il n'existe aucune diff&#233;rence entre les cha&#238;nes et parmi tous les genres de programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Les publics r&#233;fractaires &#224; la t&#233;l&#233;vision sont de plus en plus nombreux et s'adressent &#224; d'autres sources d'information, de culture et de divertissement, notamment du c&#244;t&#233; des m&#233;dias ind&#233;pendants et des cha&#238;nes de vid&#233;os. Pourtant, si Facebook est devenu la premi&#232;re source d'information pour les adolescents, une grande partie des contenus qui circulent sur les r&#233;seaux sociaux proviennent des journaux ou des entreprises audiovisuelles. Surtout, des millions de t&#233;l&#233;spectateurs restent fid&#232;les &#224; la t&#233;l&#233;vision : nous refusons de ne leur offrir comme seule alternative que les m&#233;dias alternatifs, qui sont eux-m&#234;mes une composante du service public de l'information et de la culture que nous appelons de nos v&#339;ux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; les questions suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Doit-on laisser le &#171; &lt;i&gt;temps de cerveau humain disponible &lt;/i&gt; &#187; totalement sous l'emprise du seul march&#233; et de la loi du profit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Quel projet politique peut-il se dispenser de poser la question de l'audiovisuel public ? &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;I. Du monopole &#233;tatique &#224; la d&#233;r&#233;gulation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;r&#233; au d&#233;part comme un monopole &#233;tatique, l'audiovisuel public a presque partout &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; au d&#233;part comme un monopole public qui devait &#171; distraire, &#233;duquer, informer &#187;. En France, il a d'abord fait l'objet d'un fort contr&#244;le gouvernemental, mais il b&#233;n&#233;ficiait d'investissements massifs. &#192; partir de l'&#233;clatement de l'ORTF et de la victoire du lib&#233;ralisme dans les ann&#233;es 1970-1980, il a &#233;t&#233; confront&#233; au d&#233;veloppement du secteur priv&#233;, &#224; la course &#224; l'audience et &#224; un continuel d&#233;sengagement de la puissance publique. Structurellement mal financ&#233;, l'audiovisuel public n'a aujourd'hui pas les moyens de r&#233;pondre aux d&#233;fis de la r&#233;volution num&#233;rique, aux nouvelles circulations des contenus export&#233;s par des g&#233;ants am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pratiquement qu'aux &#201;tats Unis et dans leur zone d'influence, en particulier en Am&#233;rique latine, que les m&#233;dias audiovisuels ont toujours &#233;t&#233; des entreprises priv&#233;es. Dans la plupart des autres pays, la t&#233;l&#233;vision et la radio se sont d&#233;velopp&#233;es comme des monopoles d'&#201;tat financ&#233;s par des ressources publiques et, partiellement, par la publicit&#233;. En France, dans les ann&#233;es 1960, l'&#201;tat a fait des investissements massifs et rapides. Outre le financement des cha&#238;nes nationales, ces investissements ont permis un maillage exemplaire de la m&#233;tropole et des outremers avec les stations de France 3 et de RFO. Mais l'audiovisuel &#233;tait aussi consid&#233;r&#233; comme un outil r&#233;galien et faisait l'objet d'un insupportable contr&#244;le politique, en particulier dans le secteur de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la contre-r&#233;volution lib&#233;rale des ann&#233;es 1970-1980 tout a &#233;t&#233; boulevers&#233;. Un processus ininterrompu de d&#233;r&#233;gulation et de marchandisation de l'audiovisuel s'est engag&#233;. M&#234;me si une certaine tutelle politique est maintenue, l'&#201;tat n'investit plus et se d&#233;sengage, quelles que soient les alternances entre la gauche et la droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans refaire toute l'histoire quelques &#233;tapes cl&#233;s m&#233;ritent d'&#234;tre rappel&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;clatement de l'ORTF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1974 Giscard d'Estaing est &#233;lu de justesse face &#224; la gauche et &#224; son programme commun. Sa premi&#232;re grande r&#233;forme est l'&#233;clatement de l'ORTF en sept soci&#233;t&#233;s. Si tout le monde a en m&#233;moire la censure sur &#171; &lt;i&gt;la voix de la France &lt;/i&gt; &#187;, on a oubli&#233; ce qu'&#233;tait l'ORTF. C'&#233;tait une grande entreprise avec trois cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision et plusieurs cha&#238;nes de radio, TDF pour la gestion des &#233;metteurs, l'INA pour la conservation des images, et, surtout, un puissant outil de production : la SFP, ses 2500 salari&#233;s, ses studios et ses cars vid&#233;o, capable de faire de grandes captations en direct et de tourner des &#233;missions, des feuilletons et des fictions de qualit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ses initiateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Xavier Gouyou Beauchamps, ancien pr&#233;fet et conseiller de Val&#233;ry Giscard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'&#233;clatement de l'ORTF doit mettre en concurrence les soci&#233;t&#233;s qui en sont issues et pr&#233;parer d'&#233;ventuelles privatisations plus faciles &#224; r&#233;aliser avec des soci&#233;t&#233;s s&#233;par&#233;es. Accessoirement, ils veulent aussi en finir avec la &#171; &lt;i&gt;forteresse syndicale&lt;/i&gt; &#187; de l'ORTF et la forte influence qu'avaient alors des r&#233;alisateurs, souvent communistes, dans les programmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les t&#233;l&#233;spectateurs les plus anciens se souviennent de cette fameuse &#171; &#233;cole (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Privatisation des fr&#233;quences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en 1981, la lib&#233;ralisation &#171; politique &#187; des ondes va rapidement co&#239;ncider avec leur marchandisation. On passe ainsi de la mainmise du pouvoir politique &#224; la loi du profit. Alors que l'espace hertzien est un bien public rare, il est c&#233;d&#233; gratuitement &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, pratiquement sans contrepartie et flanqu&#233; d'autorit&#233;s de r&#233;gulation et de &#171; contr&#244;le &#187; &#8211; le CSA et l'ARCEP (l'Autorit&#233; de r&#233;gulation des communications &#233;lectroniques et des postes) aux pouvoirs avant tout symboliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Canal +, la Cinq et M6 se cr&#233;ent sous l'&#233;gide de la gauche, la privatisation de TF1 et celle de TDF, en 1986, se font sous un gouvernement de droite. En c&#233;dant TF1 (le navire amiral de la t&#233;l&#233;vision publique) &#224; Bouygues, au nom du &#171; &lt;i&gt;mieux disant culturel&lt;/i&gt; &#187;, la France a fait ce que m&#234;me l'Angleterre de Margaret Thatcher n'avait pas os&#233; faire ! La BBC &#224; laquelle les Anglais sont si attach&#233;s est toujours sanctuaris&#233;e et, au Royaume Uni, le priv&#233; s'est d&#233;velopp&#233; sans r&#233;tr&#233;cissement du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Privatisation des programmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la publication des d&#233;crets Tasca en 1990&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces d&#233;crets imposaient &#224; France T&#233;l&#233;visions d'externaliser 95 % de sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sous le gouvernement Rocard, les cha&#238;nes publiques sont devenues de simples diffuseurs et des guichets de financement de la production priv&#233;e. V&#233;ritables &#171; vaches &#224; lait &#187;, elles ont l'obligation de commander l'essentiel de leurs programmes &#224; des producteurs ind&#233;pendants. Les d&#233;crets ne devaient concerner que les programmes de stock (fictions, documentaires) mais, de fait, m&#234;me les &#233;missions de flux, r&#233;currentes, comme les programmes de divertissement sont massivement achet&#233;es &#224; l'ext&#233;rieur&#8230; pour le plus grand bonheur des fameux &#171; animateurs-producteurs &#187;. La loi impose un minimum de 420 millions d'euros de commandes annuelles mais le total des achats de programmes repr&#233;sente pr&#232;s de 900 Millions d'euros ! Les sommes en jeu sont consid&#233;rables et ceux qui b&#233;n&#233;ficient des bons r&#233;seaux s'enrichissent parfois sans contr&#244;le. Ces producteurs ont d&#233;velopp&#233; un puissant lobby qui se moque des alternances politiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'entre soi &#187; et la pens&#233;e unique des &#233;lites est une des plaies qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pur scandale : m&#234;me quand elles les ont financ&#233;s &#224; 100 %, les cha&#238;nes publiques ne sont pas propri&#233;taires de leurs programmes et doivent parfois les racheter pour pouvoir les rediffuser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'exemple &#233;difiant de Newen. En octobre 2015 ce producteur dont les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, le gouvernement Jospin finit par privatiser la Soci&#233;t&#233; Fran&#231;aise de Production (SFP) qui &#233;tait en difficult&#233; depuis qu'elle ne b&#233;n&#233;ficiait plus de la redevance et des commandes obligatoires des cha&#238;nes publiques. La SFP et ses studios de Bry sur Marne sont c&#233;d&#233;s pour une somme symbolique &#224; Vincent Bollor&#233;. C'&#233;tait la premi&#232;re pierre de son empire m&#233;diatique, avant qu'il ne devienne le propri&#233;taire de Vivendi et de Canal +. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;II. Des alternances, mais toujours la contrainte lib&#233;rale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelle coh&#233;rence d&#233;gager des politiques publiques dans le domaine de l'audiovisuel depuis le tournant lib&#233;ral des ann&#233;es 80 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier regard, l'action de l'&#201;tat semble erratique. C'est un empilement de d&#233;cisions et de lois dont on cherche parfois la coh&#233;rence. Il y a pourtant des constantes, quelles ques soient les majorit&#233;s : l'&#201;tat se d&#233;sengage et n'investit pas. Son seul horizon strat&#233;gique est la recherche d'&#233;conomies. Les salari&#233;s de ces entreprises doivent sans cesse convaincre leur tutelle de leur utilit&#233; sociale. Comme dans les autres secteurs publics, l'&#201;tat actionnaire ne leur adresse plus qu'une sorte de message : &#171; V&lt;i&gt;ous co&#251;tez trop cher, vous devez faire plus d'&#233;conomies, &#234;tes-vous bien n&#233;cessaires ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un souci de rationalisation, la soci&#233;t&#233; France T&#233;l&#233;visions, avec une pr&#233;sidence unique pour les cha&#238;nes France 2 et France 3, est cr&#233;&#233;e en 1992 sous le gouvernement Rocard. Et face aux pertes cumul&#233;es, Herv&#233; Bourges, le premier PDG, engage tr&#232;s vite un plan social drastique : plus de 900 licenciements soit 18 % des effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999, Marc Tessier, &#233;narque et inspecteur des finances nomm&#233; sous le gouvernement Jospin s'&#233;tait pr&#233;sent&#233; &#224; la t&#234;te de France T&#233;l&#233;visions comme &#171; &lt;i&gt;un d&#233;veloppeur &lt;/i&gt; &#187;. Il se proposait, &#224; l'arriv&#233;e de la TNT (T&#233;l&#233;vision Num&#233;rique Terrestre) de lancer une cha&#238;ne pour enfants, une cha&#238;ne info (d&#233;j&#224; !) et des cha&#238;nes r&#233;gionales de plein exercice. Tous ces projets seront balay&#233;s par la droite arriv&#233;e au pouvoir en 2002. L'offre nouvelle sur la TNT sera exclusivement celle du priv&#233; avec des cha&#238;nes souvent de pi&#232;tre qualit&#233;. La ressource publicitaire de France T&#233;l&#233;visions sera m&#234;me diminu&#233;e avec une premi&#232;re r&#233;duction de la pub qui passera de 12 &#224; 8 minutes par heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre de Bush contre l'Irak, Jacques Chirac est furieux de la mani&#232;re dont les cha&#238;nes d'information am&#233;ricaines et anglosaxonnes type CNN ont rendu compte de la position de la France. Il montre que &lt;i&gt;&#171; quand l'&#201;tat veut, il peut &#187;&lt;/i&gt; et impose la cr&#233;ation d'une cha&#238;ne fran&#231;aise internationale. France 24, une cha&#238;ne d'info en continu &#171; low cost &#187; en trois langues (fran&#231;ais, anglais et arabe) voit le jour en 2006. Dans un premier temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis, France 24 a totalement r&#233;int&#233;gr&#233; l'audiovisuel public. La cha&#238;ne qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle est d&#233;tenue &#224; part &#233;gale par TF1 et France T&#233;l&#233;visions et mise sous la tutelle du Quai d'Orsay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le choc de 2008 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2008, France T&#233;l&#233;visions va connaitre un v&#233;ritable s&#233;isme. Sur une id&#233;e qui lui a &#233;t&#233; souffl&#233;e par Alain Minc, le pr&#233;sident Nicolas Sarkozy annonce au cours d'une conf&#233;rence de presse l'arr&#234;t total de la publicit&#233; sur France T&#233;l&#233;visions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me notre prise de position d'alors : &#171; Sarkozy contre la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le PDG, Patrick de Carolis, l'apprend en direct. La publicit&#233; ne sera finalement interdite qu'apr&#232;s 20 h et la taxe dite &#171; Cop&#233; &#187; de 0,9 % sur le chiffre d'affaire des fournisseurs d'acc&#232;s Internet ne compensera que tr&#232;s partiellement la perte de recettes. En 2009, la premi&#232;re ann&#233;e de la suppression de la pub, le manque &#224; gagner &#233;tait estim&#233; &#224; 450 millions d'euros. Dans le budget 2017 de France T&#233;l&#233;visions, la taxe n'est estim&#233;e qu'&#224; 166 millions d'euros&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La TOCE (Taxe sur les Op&#233;rateurs de Communications Electroniques) atteint (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En fait, depuis la suppression de la publicit&#233;, c'est tout le mod&#232;le &#233;conomique de France T&#233;l&#233;visions qui vacille dangereusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un s&#233;rieux probl&#232;me de financement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 80, le l&#233;gislateur et l'&#201;tat n'ont jamais r&#233;ellement choisi un mode de financement qui garantisse &#224; la t&#233;l&#233;vision publique son &#233;quilibre, sa place et sa capacit&#233; d'investissement. France T&#233;l&#233;visions est ballot&#233; entre la publicit&#233; (qui a repr&#233;sent&#233; jusqu'&#224; 50 % du budget de France 2) et la redevance. Alors qu'il s'agit, en principe, d'une taxe d&#233;di&#233;e, elle fait l'objet d'exon&#233;rations non compens&#233;es ou sert de variable d'ajustement en &#233;tant partiellement revers&#233;e dans le budget g&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison avec les pays voisins de taille comparable est &#233;difiante. C'est l'une des plus basses d'Europe. Elle co&#251;te 216 &#8364; en Allemagne, 175 &#8364; au Royaume Uni et 137 &#8364; en France. Cette redevance rapporte aujourd'hui 3,7 milliards d'euros qui financent France T&#233;l&#233;visions (80 % de son chiffre d'affaire), mais aussi Radio France (90 % de son C.A.), France M&#233;dia Monde, l'INA et la moiti&#233; d'Arte. Avec la redevance et les recettes commerciales et publicitaires, le budget global de l'audiovisuel public en France (t&#233;l&#233;s et radios) atteint 4,3 milliards d'&#8364;. Un total &#224; comparer avec les ressources de l'audiovisuel public de nos voisins : 8,4 milliards d'&#8364; en Allemagne et 6,1 milliards d'&#8364; au Royaume Uni&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres de 2013, cit&#233;s dans le &#171; rapport Schwartz &#187; sur l'avenir de France (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et sous l'&#232;re Fran&#231;ois Hollande ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fragilisation du secteur public de l'audiovisuel s'est malheureusement encore aggrav&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant son &#233;lection Fran&#231;ois Hollande avait fait plusieurs promesses dans le domaine des m&#233;dias : une loi anti concentration, la fin de la fusion RFI/France 24, une cha&#238;ne pour enfants, et, surtout, l'&#233;largissement de l'assiette de la redevance. On l'aura compris : &lt;strong&gt;aucune &lt;/strong&gt;n'a &#233;t&#233; tenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2012, R&#233;my Pflimlin, &#224; qui on a impos&#233; une baisse du budget, a d&#251; annoncer 200 millions d'euros d'&#233;conomies, la fusion des r&#233;dactions nationales de France 2 et France 3 et un plan de d&#233;part volontaire de 750 personnes. Comme l'a dit alors Aur&#233;lie Filippetti, ministre de la culture, il faut bien que France T&#233;l&#233;visions participe &lt;i&gt;&#171; &#224; l'effort commun pour redresser les finances publiques &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien paru dans Le Monde, le 03.07.2013&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En aout 2015, &#224; peine nomm&#233;e, la nouvelle PDG, Delphine Ernotte, ne semble pas prendre tout de suite l'enti&#232;re mesure des contraintes qu'impose Bercy. Pleine d'ambition (ou d'illusions ?), elle a alors r&#233;clam&#233; &#171; &lt;i&gt;fromage et dessert&lt;/i&gt; &#187; pour France T&#233;l&#233;visions : un &#233;largissement de la redevance et le retour de la pub apr&#232;s 20 h. Ce sera pain sec&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; France T&#233;l&#233;visions : un management qui pr&#233;tend faire mieux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la direction de l'entreprise s'enorgueillit de la cr&#233;ation de la cha&#238;ne France info, le premier projet de d&#233;veloppement depuis des ann&#233;es. Mais cette cha&#238;ne hertzienne et pour Smartphones, mutualis&#233;e avec Radio France, France 24 et l'INA, a &#233;t&#233; lanc&#233;e sans financement sp&#233;cifique, presque uniquement gr&#226;ce &#224; des &#233;conomies. La situation financi&#232;re de France T&#233;l&#233;visions est d'ailleurs telle que 90 millions d'euros d'&#233;conomies et 500 nouvelles suppressions d'emplois sont pr&#233;vues d'ici 2020 ! De son c&#244;t&#233;, Radio France qui conna&#238;t &#233;galement des difficult&#233;s financi&#232;res, a annonc&#233; la suppression de 270 emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les difficult&#233;s que connaissent ces entreprises, la derni&#232;re loi de finance du quinquennat Hollande vot&#233;e en d&#233;cembre 2016 va encore aggraver leurs difficult&#233;s. Alors qu'il &#233;tait question d'augmenter la redevance de 2 &#8364; (soit un de plus que l'inflation)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle n'a augment&#233; que d'un euro passant ainsi &#224; 137 &#8364; en 2017. Chaque euro (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette proposition a &#233;t&#233; rejet&#233;e &#224; la demande d'une d&#233;put&#233;e socialiste. Quelques jours apr&#232;s, sur proposition d'un &#233;lu EELV, une loi a supprim&#233; la publicit&#233; dans les programmes pour enfants&#8230; mais uniquement sur la t&#233;l&#233;vision publique ! Cette id&#233;e qui serait bonne si elle pr&#233;voyait des ressources de substitution et si elle s'appliquait aux cha&#238;nes priv&#233;es repr&#233;sentera 20 millions d'euros de recettes en moins pour France T&#233;l&#233;visions d&#232;s 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppressions d'emplois, &#233;conomies dans l'audiovisuel public comme dans d'autres domaines, le bilan du gouvernement de Fran&#231;ois Hollande laissera un go&#251;t amer. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;III. D&#233;fis et enjeux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fis ne manquent pas. Il serait temps de leur faire face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volution num&#233;rique et concentrations capitalistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement l'audiovisuel public subit les choix politiques li&#233;s &#224; la lib&#233;ralisation et au d&#233;sengagement continu de l'&#201;tat mais il est aussi confront&#233; &#224; d'incroyables d&#233;fis technologiques et aux strat&#233;gies du capitalisme financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e du satellitaire et du num&#233;rique, les modes de diffusion et de r&#233;ception ont connu un v&#233;ritable big bang. Les fronti&#232;res entre les pays ont disparu. Les mani&#232;res de recevoir du texte de l'image et du son sur toutes les sortes de supports (TV, ordinateurs, tablettes, Smartphones) ont &#233;t&#233; totalement boulevers&#233;es. Avec l'explosion de l'offre, jamais la t&#233;l&#233;vision n'occupa une telle place, mais ses audiences se sont fragment&#233;es. La consommation lin&#233;aire &#224; heure fixe c&#232;de la place &#224; du &#171; sur mesure &#187; individualis&#233;, &#224; la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convergence num&#233;rique s'accompagne dans le m&#234;me mouvement d'un bouleversement de tout l'&#233;cosyst&#232;me des m&#233;dias. Avec des puissances financi&#232;res in&#233;gal&#233;es, les multinationales de l'Internet, les fameux GAFA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les agr&#233;gateurs de contenus Google (et sa filiale Youtube), Apple, Facebook, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont devenus de redoutables producteurs de programmes. Ces soci&#233;t&#233;s qui sont connues pour &#234;tre des championnes de l'optimisation et de l'&#233;vasion fiscales font aussi des b&#233;n&#233;fices consid&#233;rables avec des contenus qu'elles agr&#232;gent sans les avoir financ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, &#224; la demande des &#233;diteurs de journaux, une taxe a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;e avec Google&#8230; et sign&#233;e &#224; l'&#201;lys&#233;e avec Fran&#231;ois Hollande qui a parl&#233; d'un &#171; &lt;i&gt; &#233;v&#233;nement mondial &lt;/i&gt; &#187; ! Cette taxe forfaitaire et unique, limit&#233;e &#224; 60 millions d'euros, a &#233;t&#233; vers&#233;e en trois fois &#224; la discr&#233;tion de la multinationale pour aider les journaux de son choix dans leur modernisation num&#233;rique. L'ann&#233;e de cet accord, selon certaines &#233;tudes, les revenus publicitaires de Google en France &#233;taient d'1,4 milliard d'euros alors que l'entreprise n'a d&#233;clar&#233; que 193 millions d'euros de chiffre d'affaire et n'a pay&#233; que 6,5 millions d'euros d'imp&#244;ts sur les soci&#233;t&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : Le Figaro du 07.01.2017.&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, ce sont les g&#233;ants des t&#233;l&#233;coms, les propri&#233;taires des tuyaux, qui d&#233;veloppent aujourd'hui des strat&#233;gies de convergence pour devenir des &lt;i&gt;&#171; distributeurs de contenus &#187;.&lt;/i&gt; Patrick Drahi est &#224; la fois le propri&#233;taire de SFR qui dispose de 18 millions d'abonn&#233;s, de BFM TV, de RMC, de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et du groupe l'Express. Il vient aussi d'acheter les droits de la Champions League et de s'allier avec les studios am&#233;ricains Discovery et NBC Universal pour d&#233;velopper des bouquets multim&#233;dias. De son c&#244;t&#233; Orange (dont l'&#201;tat poss&#232;de encore 23 % du capital) aimerait racheter Canal + mais son propri&#233;taire, Vincent Bollor&#233;, &#224; la t&#234;te de Vivendi, pr&#233;f&#232;rerait une alliance strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu pour ces joueurs de Monopoly &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire est l'&#233;conomie du flux avec des millions d'abonn&#233;s, cibles de la publicit&#233;. &#192; l'heure o&#249; la t&#233;l&#233;vision se regarde n'importe o&#249;, n'importe quand et sur tous les supports, l'enjeu strat&#233;gique n'est plus d'avoir des canaux de diffusion mais d'&#234;tre propri&#233;taire de catalogues de contenus avec des milliers d'heures de programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Netflix, lanc&#233;e en France en 2014 et pr&#233;sente dans 190 pays a &#233;t&#233; capable d'investir plus de 6 milliards de dollars dans des programmes originaux en 2016. Pour faire face, la t&#233;l&#233;vision publique essaie de mettre en place une plate-forme SVOD (vid&#233;o &#224; la demande) qui correspond aux nouveaux modes de consommation, mais ses handicaps sont &#233;normes. Elle ne dispose pas de catalogue digne de ce nom dans les fictions, s&#233;ries et documentaires dont sont friands les t&#233;l&#233;spectateurs et elle ne dispose m&#234;me pas des droits sur ses propres productions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ne disposant ni d'argent suppl&#233;mentaire, ni des droits commerciaux sur ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enjeu des programmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit : chez nos voisins, il y a un lien direct entre le niveau de la redevance et celui de la production audiovisuelle. L&#224; o&#249; la France produit bon an mal an environ 700 heures de fictions (public et priv&#233; confondus), l'Allemagne et le Royaume Uni en produisent environ 2000 en moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette faiblesse de la production fran&#231;aise est un paradoxe alors que les audiences sont au rendez-vous&#8230; et pourtant, le ph&#233;nom&#232;ne s'acc&#233;l&#232;re. En 2015 les s&#233;ries am&#233;ricaines repr&#233;sentaient 36 des 100 meilleures audiences des chaines hertziennes. En 2016, elles n'occupaient plus que 2 places du top 100 selon les chiffres de M&#233;diam&#233;trie. D'une part le public de la t&#233;l&#233;vision aime les fictions qui lui permettent de s'identifier, d'autre part, &#224; la suite de Canal+ qui a ouvert la voie, l'audace des cr&#233;ateurs de s&#233;ries fran&#231;aises a tendance &#224; augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'en France, 90 % de la production audiovisuelle est externalis&#233;e, en Allemagne et au Royaume Uni, les cha&#238;nes publiques disposent des moyens d'industrialiser leur processus de fabrication de s&#233;ries et elles le font majoritairement en interne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jusqu'en 2014, la BBC produisait en interne 56 % de ses programmes et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'elles sont propri&#233;taires des productions qu'elles ont financ&#233;es, les t&#233;l&#233;visions publiques de nos voisins europ&#233;ens les exportent. C'est m&#234;me une ressource consid&#233;rable. Les Anglais ont sans doute un avantage linguistique, mais pour la BBC, la vente de programmes repr&#233;sente 1,5 milliards d'euros de recettes, soit 26 % de son chiffre d'affaire, alors que pour France T&#233;l&#233;visions, les ventes de programmes sont marginales et ne lui rapportent que 76 millions d'euros, soit 3 % de son chiffre d'affaires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'audiovisuel public &#224; la crois&#233;e des chemins&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2015, l'inspecteur des finances Marc Schwartz a remis un &#233;ni&#232;me rapport aux divers minist&#232;res de tutelle sur l'avenir de France T&#233;l&#233;visions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; France T&#233;l&#233;visions 2020 : Le chemin de l'ambition &#187;.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s avoir analys&#233; le contexte technologique, concurrentiel et &#233;conomique, il concluait &#224; raison que l'entreprise publique &#233;tait &#171; &lt;i&gt;&#224; la crois&#233;e des chemins &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport rappelait avec justesse des &#233;vidences souvent oubli&#233;es sur la place singuli&#232;re de cette t&#233;l&#233;vision qui nous appartient &#224; tous :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Parce qu'elle p&#233;n&#232;tre dans tous les foyers, &#233;claire les premiers &#226;ges, forme le regard sur le monde et les choses, la t&#233;l&#233;vision publique, doit &#234;tre, plus que jamais, la t&#233;l&#233;vision de tous : une t&#233;l&#233;vision unique, une t&#233;l&#233;vision citoyenne, une t&#233;l&#233;vision qui rassemble, qui donne envie de comprendre et d'agir, qui cr&#233;e du sens. Cette mission-l&#224; est irrempla&#231;able. (&#8230;) Si la t&#233;l&#233;vision publique n'&#233;tait pas l&#224;, il manquerait quelque chose d'essentiel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si cette description du r&#244;le irrempla&#231;able de l'audiovisuel public ne peut que susciter l'adh&#233;sion, la suite est moins enthousiasmante. Dans le style neutre propre &#224; la prose des hauts fonctionnaires, le rapport Schwartz rappelle que la France s'est engag&#233;e &#224; respecter ses engagements europ&#233;ens &#171; &lt;i&gt;d'ajustements structurels&lt;/i&gt; &#187; et de baisse de ses d&#233;penses. Les ressources de France T&#233;l&#233;visions dans les ann&#233;es &#224; venir seront donc stables &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;sans que l'on puisse exclure&lt;/i&gt;, &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;en raison des contraintes financi&#232;res de l'&#201;tat,&lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;un al&#233;a &#224; la baisse&lt;/i&gt;, &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&#224; un rythme proche de celui constat&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; les injonctions contradictoires auxquelles se confronte la t&#233;l&#233; publique. L'affichage politique d'un fort niveau d'exigence et le carcan du lib&#233;ralisme qui l'&#233;touffe ! C'est ce cadre qu'il faut faire exploser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel avenir pour l'audiovisuel public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fragile, l'audiovisuel public a portant d'extraordinaires potentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France T&#233;l&#233;visions, ce sont cinq cha&#238;nes nationales et, depuis peu, une cha&#238;ne d'information en continu. Elle a un r&#244;le fondamental dans l'am&#233;nagement du territoire avec plus de 120 implantations et une trentaine de journaux r&#233;gionaux en m&#233;tropole et dans les outremers. Ce sont des milliers d'heures de programme produites chaque ann&#233;e. La t&#233;l&#233;vision publique finance 50 % de la cr&#233;ation audiovisuelle en France (60 % des fictions et des documentaires, mais aussi les &#233;missions de flux du cin&#233;ma et des films d'animation)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; titre de comparaison, l'ensemble des cha&#238;nes de la TNT ne financent que 4 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audiovisuel public, c'est aussi Radio France (6 cha&#238;nes nationales, 44 radios locales, 2 orchestres, 2 Ch&#339;urs), France M&#233;dias Monde, TV5 (cha&#238;ne internationale francophone mutualis&#233;e avec des cha&#238;nes publiques de Belgique, de Suisse, du Canada et du Qu&#233;bec), l'INA, la cha&#238;ne franco-allemande Arte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audiovisuel public emploie plus de 17 000 salari&#233;s directs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; titre de comparaison, la BBC emploie directement 21 000 personnes et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais, avec le syst&#232;me de l'intermittence, il fait vivre un secteur de 100 000 personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les plus fanatiques des lib&#233;raux, l'existence des entreprises publiques est un scandale. &#171; &lt;i&gt;Le secteur public ne doit intervenir que lorsque cela s'impose v&#233;ritablement &lt;/i&gt; &#187; rappelait il y a peu la &lt;a href=&#034;http://2016.fondapol.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Fondation pour l'innovation politique&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt; un organisme li&#233; au MEDEF qui a pr&#233;par&#233; un &#171; argumentaire &#187; au titre provocateur : &#171; Refonder l'audiovisuel public &#187; en vue de la pr&#233;sidentielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me : &#171; Grande braderie lib&#233;rale de l'audiovisuel public (par la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ses id&#233;es ? Suppression de France 3, France 4, France &#212; et de la plupart des cha&#238;nes de Radio France, privatiser France 2 et ne maintenir dans le secteur public que France Culture, Arte et France 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Id&#233;e caricaturale que le secteur public ne doit exister que dans les domaines et &#224; destination des publics qui n'int&#233;ressent pas le priv&#233; et sa recherche de profits ! En clair l'audiovisuel public devrait disparaitre ou, du moins, se recentrer sur une mission culturelle et purement &#233;litiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision trouve aujourd'hui un &#233;cho dans les programmes sur l'audiovisuel des candidats &#224; la pr&#233;sidentielle Fran&#231;ois Fillon et Emmanuel Macron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons Fran&#231;ois Fillon est toujours candidat. Mais ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils partagent les id&#233;es de rapprochement entre France T&#233;l&#233;visions et Radio France, dans le seul but de faire des &#233;conomies par une &#171; &lt;i&gt; r&#233;duction du p&#233;rim&#232;tre&lt;/i&gt; &#187;. Il s'agit pour eux de fermer ou de privatiser une des cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision importantes. L'id&#233;e revient &#233;galement de supprimer enti&#232;rement la publicit&#233; sans compensation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une tribune d'Eric Woerth et de Jean-Pierre Leleu (respectivement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur l'audiovisuel, Emmanuel Macron est m&#234;me celui qui va ouvertement le plus loin dans le lib&#233;ralisme. Il ne voit d'avenir que dans le d&#233;veloppement du priv&#233; pour qui il veut &#171; &lt;i&gt;lever les freins &#224; la croissance de la production et de la diffusion audiovisuelles &lt;/i&gt; &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ce que pr&#233;voient les candidats &#224; la pr&#233;sidentielle pour les m&#233;dias &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est tout le contraire pour l'audiovisuel public : il faut non seulement lui redonner toute sa place, mais le d&#233;velopper. Il faut lui permettre de r&#233;pondre &#224; tous les d&#233;fis qui sont les siens dans un pays de 66 millions d'habitants.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;IV. Refonder et d&#233;mocratiser l'audiovisuel public&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui il ne faut pas s'en &#233;tonner, les tensions sont fortes dans l'audiovisuel public. Souvent &#233;puis&#233; et d&#233;sorient&#233;, le personnel a le sentiment d'&#234;tre mal aim&#233; par son actionnaire. Les patrons qui se succ&#232;dent depuis des ann&#233;es ne semblent avoir pour seule vision strat&#233;gique que des plans d'&#233;conomies. Les salari&#233;s ne demandent pourtant pas autre chose que de pouvoir remplir le mieux possible la mission &#224; laquelle ils croient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, ces derni&#232;res ann&#233;es, un d&#233;samour s'est parfois install&#233; entre le public et France T&#233;l&#233;visions. Similitudes avec le secteur priv&#233;, course &#224; l'audience, appauvrissement des programmes, pens&#233;e unique des chefferies &#233;ditoriales&#8230; Il faut donc refaire du lien &#224; la fois en donnant &#224; France T&#233;l&#233;visions les moyens d'am&#233;liorer ses contenus et en d&#233;mocratisant le fonctionnement de cette entreprise qui appartient &#224; tous les fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre une r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re d'information et de pluralisme, diffuser les grands moments de la vie d&#233;mocratique de la nation mais aussi divertir, assurer la couverture des grands &#233;v&#233;nements sportifs et du spectacle vivant, financer la cr&#233;ation et la fiction, refl&#233;ter la diversit&#233; de nos concitoyens, s'engager dans la lutte contre les discriminations et les pr&#233;jug&#233;s, sont quelques-unes des missions irrempla&#231;ables d'un audiovisuel public consid&#233;r&#233; comme un bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques propositions &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons, de longue date, avanc&#233; quelques propositions, offertes &#224; la discussion publique et au sein m&#234;me de notre association, que nous r&#233;sumons et compl&#233;tons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Inscrire la refondation de l'audiovisuel public dans la perspective d'un service public de l'information et de la culture ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Doter l'audiovisuel public d'un financement p&#233;renne &#224; la hauteur des enjeux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire ici m&#234;me les propositions que nous avancions d&#232;s 2008 : &#171; Pour une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de nouveaux projets et d'une nouvelle organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des euros, il en faut et des projets aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des euros, il en faut&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Inscrire dans la constitution l'existence et le financement de l'audiovisuel public avec un budget pluriannuel. Parvenir &#224; terme &#224; un doublement de sa ressource en envisageant plusieurs pistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;largir l'assiette de la redevance &#224; tous les foyers quels que soient les modes de r&#233;ception ou mettre en place une taxe forfaitaire universelle. L'augmenter progressivement et proportionnellement aux revenus. Compenser les exon&#233;rations par le budget de l'&#201;tat. Justifier cette augmentation par une offre accrue de programmes de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pr&#233;parer la suppression totale de la publicit&#233; en mettant en &#339;uvre un financement de substitution, m&#234;me si l'urgence commande de maintenir un financement mixte, voire d'ouvrir imm&#233;diatement une nouvelle fen&#234;tre de publicit&#233; entre 20 h et 21 h (100 &#224; 200 millions d'&#8364; de ressources pr&#233;visibles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Augmenter sensiblement la &#171; taxe Cop&#233; &#187; sur les FAI. Pour m&#233;moire, cette taxe, instaur&#233;e en 2009, est per&#231;ue sur les op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;phonie mobile et les fournisseurs d'acc&#232;s &#224; Internet (FAI) &#224; hauteur de 1,3 % de leurs chiffres d'affaires quand ils sont sup&#233;rieurs &#224; 5 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mettre en place une v&#233;ritable taxe sur les agr&#233;gateurs de contenus comme Google, Youtube, Apple, Facebook, Amazon, Netflix (GAFAN), index&#233;e sur leur v&#233;ritable chiffre d'affaire fran&#231;ais et sanctionner l'optimisation fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mettre en place un GIE voire, apr&#232;s un processus de n&#233;gociations, une entreprise commune sur le mod&#232;le de la BBC avec la m&#234;me convention collective. Elle regrouperait France T&#233;l&#233;visions, Radio France, France M&#233;dias Monde, TV 5, l'INA et serait dot&#233;e d'un v&#233;ritable outil de production interne ayant des studios en r&#233;gion parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Revoir les d&#233;crets Tasca. Augmenter fortement la part de production d&#233;pendante et la fabrication des programmes en interne. Donner la maitrise de ses droits &#224; France T&#233;l&#233;visions d&#232;s qu'elle a majoritairement financ&#233; une production et d&#233;velopper ainsi ses ressources commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; Des projets aussi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faire de France T&#233;l&#233;visions (ou de la future grande soci&#233;t&#233; de l'audiovisuel public) un acteur majeur du num&#233;rique avec un investissement sp&#233;cifique lui permettant, par exemple, de former son personnel et de d&#233;velopper une plate-forme de vid&#233;os &#224; la demande par abonnement (SVOD) en alliance avec les autres audiovisuels publics europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;velopper des projets de grandes chaines r&#233;gionales de plein exercice en m&#233;tropole et dans les outremers. Sur le mod&#232;le de l'ARD en Allemagne, inverser le mod&#232;le de France 3 et d&#233;velopper des programmes r&#233;gionaux mutualis&#233;s sur de larges bassins de population avec des d&#233;crochages de journaux locaux et de programmes nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D&#233;velopper une offre nationale nouvelle avec une cha&#238;ne pour enfants sans publicit&#233;. &#201;tendre l'interdiction de la publicit&#233; dans les programmes pour enfants &#233;galement aux cha&#238;nes priv&#233;es et sur les plate-formes num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Soumettre la d&#233;signation des PDG de l'audiovisuel public &#224; leur &#233;lection par un Conseil national des m&#233;dias d&#233;mocratique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ici m&#234;me : &#171; En finir avec le CSA ! Pour un Conseil national des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Refonder la composition du Conseil d'administration de France T&#233;l&#233;visions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sa composition actuelle sur le site de France T&#233;l&#233;visions.&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notamment en renfor&#231;ant notablement la repr&#233;sentation des salari&#233;s et en l'ouvrant au monde associatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces conditions ne seront pas r&#233;unies, les discussions sur les programmes resteront sans effet significatif. Mais rien n'interdit de les aborder. &#192; suivre, donc.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernando Malverde&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;galement membre du SNJ-CGT et &#233;lu au CCE de France T&#233;l&#233;visions, il n'engage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Xavier Gouyou Beauchamps, ancien pr&#233;fet et conseiller de Val&#233;ry Giscard d'Estaing, sera &#233;galement &#224; la manoeuvre aupr&#232;s de Philippe L&#233;otard, au moment de la privatisation de TF1 en 1986, avant de devenir Directeur G&#233;n&#233;ral de France 3 en 1994 puis le PDG de France T&#233;l&#233;visions en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les t&#233;l&#233;spectateurs les plus anciens se souviennent de cette fameuse &#171; &#233;cole des Buttes Chaumont &#187; et de cette t&#233;l&#233;vision d'&#233;ducation populaire que faisaient les Lorenzi, Bluwal, Santelli, Failevic.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces d&#233;crets imposaient &#224; France T&#233;l&#233;visions d'externaliser 95 % de sa production de programme et de ne produire en interne qu'un maximum de 5 % de ses fictions et documentaires ! Un &#171; assouplissement &#187; r&#233;cent des d&#233;crets, n&#233;goci&#233; par Delphine Ernotte, permet d&#233;sormais d'augmenter la production dite &#171; d&#233;pendante &#187; &#224; 25 %, mais, pour des raisons r&#232;glementaires et techniques, c'est plut&#244;t 12,5 % des programmes qui pourront &#234;tre fabriqu&#233;s en interne. L'argument des d&#233;crets Tasca &#233;tait, au d&#233;part, de favoriser la &#171; cr&#233;ativit&#233; &#187; et de d&#233;velopper un secteur ind&#233;pendant. En r&#233;alit&#233;, ce secteur vit quasi enti&#232;rement gr&#226;ce &#224; l'argent public et au d&#233;voiement du syst&#232;me de l'intermittence. Quelques gros producteurs profitent de l'essentiel des commandes et une myriade de petites structures ramasse les miettes. Le sous financement chronique de l'audiovisuel public n'a jamais permis de d&#233;velopper en France une v&#233;ritable industrie des programmes digne de ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'entre soi &#187; et la pens&#233;e unique des &#233;lites est une des plaies qui paralyse l'audiovisuel. Hauts fonctionnaires, hi&#233;rarques de France T&#233;l&#233;visions, producteurs priv&#233;s li&#233;s par des int&#233;r&#234;ts crois&#233;s s'adonnent &#224; un jeu de chaises musicales permanent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'exemple &#233;difiant de Newen. En octobre 2015 ce producteur dont les trois quarts du chiffre d'affaire d&#233;pendait de France T&#233;l&#233;visions gr&#226;ce &#224; la s&#233;rie &#171; Plus belle la vie &#187; a &#233;t&#233; rachet&#233; et est devenu une filiale de TF1. La cha&#238;ne priv&#233;e devenait ainsi potentiellement propri&#233;taire de la s&#233;rie embl&#233;matique de France 3 ! France T&#233;l&#233;visions a d&#251; n&#233;gocier un accord sp&#233;cifique pour garder des droits sur une s&#233;rie qu'elle avait enti&#232;rement financ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Depuis, France 24 a totalement r&#233;int&#233;gr&#233; l'audiovisuel public. La cha&#238;ne qui va lancer une &#233;dition en espagnol fait aujourd'hui partie de France M&#233;dia Monde avec RFI et Monte Carlo Doualiya (l'ex RMC Moyen Orient).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me notre prise de position d'alors : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Sarkozy-contre-la-publicite-sur-la-television-publique-Tiens-donc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Sarkozy contre la publicit&#233; sur la t&#233;l&#233;vision publique ? Tiens donc&#8230; &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La TOCE (Taxe sur les Op&#233;rateurs de Communications Electroniques) atteint aujourd'hui 1,3 % du chiffre d'affaire des FAI (Fournisseurs d'Acc&#232;s Internet).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chiffres de 2013, cit&#233;s dans le &#171; rapport Schwartz &#187; sur l'avenir de France T&#233;l&#233;visions, f&#233;vrier 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien paru dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, le 03.07.2013&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/France-Televisions-un-management-qui-pretend-faire-mieux-avec-moins&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; France T&#233;l&#233;visions : un management qui pr&#233;tend faire mieux avec moins &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elle n'a augment&#233; que d'un euro passant ainsi &#224; 137 &#8364; en 2017. Chaque euro suppl&#233;mentaire repr&#233;sente 25 millions d'euros dans le budget de France T&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les agr&#233;gateurs de contenus Google (et sa filiale Youtube), Apple, Facebook, Amazon&#8230; auxquels il faut ajouter Netflix et modifier l'acronyme en GAFAN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; du 07.01.2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ne disposant ni d'argent suppl&#233;mentaire, ni des droits commerciaux sur ses propres programmes, France T&#233;l&#233;visions vient de trouver une &#171; solution &#187; : lancer une plate-forme SVOD en s'associant avec les producteurs qu'elle engraisse ! M&#234;me si France T&#233;l&#233;visions vient d'annoncer qu'un deuxi&#232;me feuilleton s'ajoutera &#224; &#171; Plus belle la vie &#187;, les programmes n'augmenteront qu'&#224; la marge. Seuls ceux d&#233;j&#224; financ&#233;s et diffus&#233;s auront ainsi une deuxi&#232;me vie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jusqu'en 2014, la BBC produisait en interne 56 % de ses programmes et en achetait &#224; l'ext&#233;rieur 44 %. Depuis la r&#233;forme de BBC Studios sa part de production interne a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;e &#224; une filiale &#224; 100 % qui travaille aussi pour d'autres diffuseurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionmultimedia.fr/wp-content/uploads/2015/04/Rapport-Schwartz-sur-lavenir-2020-de-France-T%C3%A9l%C3%A9visions-04-03-15.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; France T&#233;l&#233;visions 2020 : Le chemin de l'ambition &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; titre de comparaison, l'ensemble des cha&#238;nes de la TNT ne financent que 4 % de la creation, alors que leur audience et leurs recettes publicitaires ne cessent de progresser. Chiffres 2015 du CNC.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; titre de comparaison, la BBC emploie directement 21 000 personnes et l'ARD-ZDF 41 000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Grande-braderie-liberale-de-l-audiovisuel-public&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Grande braderie lib&#233;rale de l'audiovisuel public (par la Fondapol)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons Fran&#231;ois Fillon est toujours candidat. Mais ses propositions sur l'audiovisuel seront certainement reprises par tout autre candidat de la droite si elle change de candidat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon une tribune d'Eric Woerth et de Jean-Pierre Leleu (respectivement d&#233;put&#233; et s&#233;nateur LR) qui ont conseill&#233; Fran&#231;ois Fillon (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 31/12/2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Ce que pr&#233;voient les candidats &#224; la pr&#233;sidentielle pour les m&#233;dias &#187;, &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; 02/03/2017.].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire ici m&#234;me les propositions que nous avancions d&#232;s 2008 : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Pour-une-refondation-de-l-audiovisuel-public-La-question-du-financement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pour une refondation de l'audiovisuel public - La question du financement &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir ici m&#234;me : &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/En-finir-avec-le-CSA-Pour-un-Conseil-national-des-medias-de-tous-les-medias&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; En finir avec le CSA ! Pour un Conseil national des m&#233;dias&#8230; de tous les m&#233;dias &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sa &lt;a href=&#034;http://www.francetelevisions.fr/conseil_administration&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;composition actuelle&lt;/a&gt; sur le site de France T&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;galement membre du SNJ-CGT et &#233;lu au CCE de France T&#233;l&#233;visions, il n'engage pas ici cette organisation et cette instance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France T&#233;l&#233;visions : un management qui pr&#233;tend faire mieux avec moins</title>
		<link>https://www.acrimed.org/France-Televisions-un-management-qui-pretend</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/France-Televisions-un-management-qui-pretend</guid>
		<dc:date>2015-11-18T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin Lagues, Fernando Malverde, Henri Maler</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>France 3</dc:subject>
		<dc:subject>France 5</dc:subject>
		<dc:subject>Dephine Ernotte-Cunci </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sous la houlette de sa nouvelle directrice, des projets et des actes sous contraintes.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Sous-le-regne-de-Francois-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques : Sous le r&#232;gne de Fran&#231;ois Hollande&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-3-+" rel="tag"&gt;France 3&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-5-22-+" rel="tag"&gt;France 5&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Dephine-Ernotte-Cunci-+" rel="tag"&gt;Dephine Ernotte-Cunci &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L130xH150/arton4798-7dd8f.png?1776732158' class='spip_logo spip_logo_right' width='130' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'article qui suit est le premier que nous publions depuis les attentats du vendredi 13 novembre. Il ne concerne pas directement ces tragiques &#233;v&#233;nements ni leur couverture m&#233;diatique, sur laquelle nous sommes actuellement en train de travailler. Il ne s'agit donc &#233;videmment pas pour nous de faire &#171; comme si de rien n'&#233;tait &#187;, ni de reprendre le &#171; cours normal &#187; des choses. Il s'agit toutefois de ne pas nous interdire de continuer &#224; exercer notre critique et &#224; publier des articles sur notre site, m&#234;me si nous reviendrons bien &#233;videmment dans les prochains jours sur le traitement m&#233;diatique des attentats. Nous profitons en outre de ce premier article pour manifester toute notre solidarit&#233; envers les victimes des tueries, et envers leurs proches (Acrimed).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin avril 2015, Delphine Ernotte-Cunci a &#233;t&#233; nomm&#233;e &#224; la direction de France T&#233;l&#233;visions dans des conditions dont l'opacit&#233; a &#233;t&#233; maximale et dont la r&#233;gularit&#233; est des plus douteuses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur Mediapart les articles (payants) de Laurent Mauduit : &#171; France (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#233;sormais aux commandes, elle est, en principe, en mesure de mettre en application son &#171; &lt;a href=&#034;http://www.csa.fr/content/download/204055/540801/file/Projet%20strat%C3%A9gique%20DEC.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Projet strat&#233;gique pour France T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt; : un projet qui s'&#233;value en fonction des objectifs qu'il propose et des moyens dont il dispose.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;1. En guise de pr&#233;ambule : Des contraintes &#233;touffantes
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; projet &#187; de Delphine Ernotte est un projet sous contraintes. Le contr&#244;le du CSA et la double tutelle du minist&#232;re de la Culture et du minist&#232;re des Finances (le second l'emportant sur le premier) sont assum&#233;s sans discussion. Malgr&#233; les critiques et les interventions publiques de la Pr&#233;sidente, le sous-financement du groupe est de facto ent&#233;rin&#233;. Sa fragilisation en raison de la prolif&#233;ration des cha&#238;nes de la TNT, lib&#233;ralement attribu&#233;es au secteur priv&#233; sans concession nouvelle au secteur public (et au secteur associatif) n'est pas mis en cause. La soumission des programmes aux producteurs priv&#233;s est toujours de mise. On ne devient pas pr&#233;sidente de France T&#233;l&#233;visions sans accepter de se soumettre &#224; ces contraintes &#233;touffantes&#8230; en tentant, au mieux, de les am&#233;nager. On ne retiendra ici que quelques aspects de ces am&#233;nagements, parmi les plus saillants (en renvoyant en annexe &#224; quelques remarques sur le contenu de l'information et des programmes)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; structurellement sous financ&#233;e, la t&#233;l&#233;vision publique est d&#233;stabilis&#233;e, fragilis&#233;e et constamment d&#233;ficitaire depuis l'arr&#234;t de la publicit&#233; apr&#232;s 20h d&#233;cid&#233;e en 2008 par Sarkozy. Supprimer la publicit&#233; ? Oui. Mais pas dans ces conditions, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Sarkozy-contre-la-publicite-sur-la-television-publique-Tiens-donc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disions-nous alors&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant son interdiction, la ressource publicitaire repr&#233;sentait pr&#232;s de 800 millions d'&#8364; sur un budget d'environ 2,8 milliards d'&#8364; ! La promesse d'une pr&#233;tendue compensation budg&#233;taire &#171; &#224; l'euro pr&#232;s &#187; n'&#233;tait qu'un leurre. Venue du budget de l'&#201;tat, la &#171; taxe Cop&#233; &#187; sur les fournisseurs d'acc&#232;s &#224; internet (FAI) qui devait atteindre 450 millions d'&#8364; n'a jamais &#233;t&#233; int&#233;gralement vers&#233;e. M&#234;me si une l&#233;g&#232;re augmentation de 0,9 % &#224; 1,3 % vient d'&#234;tre vot&#233;e par le parlement, cette taxe ne repr&#233;sentera probablement que 140 millions d'&#8364; dans le budget de France T&#233;l&#233;visions en 2016. Et sa disparition en 2017 est toujours pr&#233;vue par la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me l'arriv&#233; de Delphine Ernotte, la recherche des &#233;conomies &#233;tait devenue l'obsession de France T&#233;l&#233;visions. Ces &#233;conomies affectent les programmes, les achats de droits, l'emploi, les mani&#232;res de travailler. Ces derni&#232;res ann&#233;es, les suppressions de plus de 700 emplois intermittents et permanents ont provoqu&#233;s des d&#233;g&#226;ts consid&#233;rables et aggrav&#233;s les risques psycho-sociaux parmi les salari&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un &#171; plan de d&#233;parts volontaires &#187; de 340 postes a connu un certain succ&#232;s&#8230; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Malgr&#233; tous ces &#171; efforts &#187;, France T&#233;l&#233;visions va pourtant terminer l'ann&#233;e 2015 avec 15 millions d'&#8364; de pertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courageusement, apr&#232;s quelques tergiversations, Fran&#231;ois Hollande a d&#233;cid&#233;&#8230; de ne rien d&#233;cider ou si peu ! Pour ne pas d&#233;plaire au secteur priv&#233;, il a refus&#233; la nouvelle fen&#234;tre de publicit&#233; r&#233;clam&#233;e par la t&#233;l&#233;vision publique entre 20 h et 21 h. Pour ne pas d&#233;plaire aux contribuables, il n'a augment&#233; la redevance que d' 1 &#8364;, au rythme de l'inflation, alors qu'elle reste une des plus faibles d'Europe. Son &#233;largissement aux ordinateurs et tablettes (sur le mod&#232;le allemand) est toujours &#233;cart&#233; alors que les modes de consommations de la t&#233;l&#233;vision &#233;voluent &#224; grande vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or d&#232;s sa prise de fonction, Delphine Ernotte avait publiquement d&#233;fendu l'id&#233;e d'un retour partiel de la publicit&#233; apr&#232;s 20 h et d'une augmentation de la redevance. Le gouvernement a arbitr&#233; de la pire des mani&#232;res. Comme Delphine Ernotte l'a comment&#233; dans un tweet :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7807 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH170/capture_d_ecran_2015-11-17_a_14.30.58-2d9bd.png?1776732158' width='500' height='170' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment faire face &#224; ce sous-financement ? Pour &#233;viter un d&#233;ficit pr&#233;visible estim&#233; par la direction &#224; 120 millions d'&#8364; d'ici 2020, la recherche d'&#233;conomies continuera d'&#234;tre le &#171; projet strat&#233;gique &#187; majeur de France T&#233;l&#233;visions. Delphine Ernotte avait d&#233;j&#224; annonc&#233; la couleur dans son &#171; plan strat&#233;gique &#187; : &lt;i&gt;&#171; Il est indispensable d'agir sur trois leviers : le non-remplacement des d&#233;parts, une politique de mobilit&#233; et de formation et la mod&#233;ration salariale &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepartie de la tr&#232;s l&#233;g&#232;re hausse de moyens de France T&#233;l&#233;visions vot&#233;e par les d&#233;put&#233;s (et pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233;e), Delphine Ernotte s'est engag&#233;e le 28 octobre sur un &#171; d&#233;ficit z&#233;ro en 2016 &#187; et de d&#233;clarer : &lt;i&gt;&#171; Comment va-t-on faire ce d&#233;ficit z&#233;ro ? Pour 2016, ce ne sera pas des r&#233;formes structurelles mais conjoncturelles : on am&#233;nage nos grilles, on ren&#233;gocie certains contrats, on utilise mieux la multi-diffusion pour aller chercher ce compl&#233;ment et &#234;tre &#224; l'&#233;quilibre en 2016. Donc, je ne l&#226;cherai rien sur le plan des &#233;conomies. &#187;&lt;/i&gt; Cons&#233;quences pr&#233;visibles : les ambitions affich&#233;es sur la qualit&#233; des programmes seront r&#233;duites &#224; pas grand chose et les conditions de travail des salari&#233;s de France T&#233;l&#233;visions continueront &#224; se d&#233;grader.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;2. Des productions priv&#233;es pour un service public
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une des premi&#232;res d&#233;cisions de Delphine Ernotte a &#233;t&#233; de doter France T&#233;l&#233;visions d'une direction unique pour la production, la publicit&#233; et la distribution pour favoriser la commercialisation des &#339;uvres, comme le fait la BBC. Seulement voil&#224;, le &#171; d&#233;cret Tasca &#187;, adopt&#233; en 1990, au nom de la tr&#232;s lib&#233;rale d&#233;fense des producteurs priv&#233;s, oblige les cha&#238;nes &#224; externaliser l'essentiel de leurs productions. Si les diffuseurs priv&#233;s peuvent produire en interne 25 % de leurs fictions, cette part dite &#171; d&#233;pendante &#187; est limit&#233;e&#8230; &#224; 5 % pour France T&#233;l&#233;visions ! Autrement dit, la t&#233;l&#233;vision publique a l'obligation de commander &#224; des producteurs ind&#233;pendants et souvent &#224; des co&#251;ts exorbitants 95 % de ce qu'elle diffuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions d&#233;j&#224; alert&#233; sur cet enjeu, notamment &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Entretien-avec-Fernando-Malverde-journaliste-a-France-3-sur-la-situation-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans un entretien avec l'un d'entre nous publi&#233; en octobre2012&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Si la t&#233;l&#233;vision publique se contente d'&#234;tre un diffuseur et un financeur, &#224; l'heure de la t&#233;l&#233; connect&#233;e, elle pourrait tr&#232;s vite perdre toute substance et devenir une coquille vide. Avec la diffusion par Internet, ce ne sont pas les tuyaux ou les fr&#233;quences qui vont compter mais les contenus ! Demain les g&#233;ants de la t&#233;l&#233; seront les studios am&#233;ricains producteurs de s&#233;ries ou de films associ&#233;s &#224; des agr&#233;gateurs tels que Google, YouTube ou Apple. France T&#233;l&#233;visions doit donc retrouver la pleine ma&#238;trise de ses droits et de ses capacit&#233;s de production c&#233;d&#233;s aux producteurs par la volont&#233; du l&#233;gislateur. C'est un enjeu absolument strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le rachat de la soci&#233;t&#233; Newem par TF1 est devenu le symbole d'un syst&#232;me proprement scandaleux qu'il est urgent de revoir. Newem, troisi&#232;me producteur fran&#231;ais, r&#233;alisait les deux tiers de son chiffre d'affaire avec France t&#233;l&#233;visions (&#171; Plus belle la vie &#187; sur France 3, &#171; Candice Renoir &#187; sur France 2, &#171; Les Maternelles &#187; ou &#171; Le magazine de la sant&#233; &#187; sur France 5&#8230;). En achetant cette soci&#233;t&#233;, la cha&#238;ne priv&#233;e TF1 met la main sur un catalogue de fictions et d'&#233;missions enti&#232;rement financ&#233;es par la t&#233;l&#233;vision publique qu'elle pourra rediffuser et commercialiser &#224; sa guise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'elle finance la moiti&#233; de la production audiovisuelle fran&#231;aise (400 millions d'&#8364; par an) la t&#233;l&#233;vision publique ne dispose pratiquement d'aucun droit ! On comprend les d&#233;clarations de Delphine Ernotte lors d'un r&#233;cent colloque. Pour elle, l'affaire Newem est l'occasion &lt;i&gt;&#171; de repenser un mod&#232;le &#233;conomique &#224; bout de souffle &#187;&lt;/i&gt;, la redevance ne devant pas &lt;i&gt;&#171; servir de rente &#224; un groupe priv&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Au final, si la volont&#233; de d&#233;velopper des fictions et des s&#233;ries en productions internes ou en coproductions avec d'autres TV publiques est proclam&#233;e, rien ne sera possible sans faire sauter le verrou des d&#233;crets Tasca.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;3. Du management avant toute chose
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Premier objectif du &#171; projet strat&#233;gique &#187; de Delphine Ernotte : &#171; Restaurer la confiance &#187;. Traduction : &#171; Du management avant toute chose &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme le soulignaient d&#232;s juin 2015 le SNJ-CGT et le SNRT-CGT, &#171; le projet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout y passe : des directions paritaires, certes, mais resserr&#233;es, une refonte des ressources humaines, la d&#233;signation de cinq patrons de chaines aux pouvoirs renforc&#233;s, mais plus ou moins subordonn&#233;s &#224; deux directions transversales (strat&#233;gie et programmes/information). &#192; ces chefferies, reviendra donc la mission de &#171; restaurer la confiance &#187;. Autrement dit, le plus souvent, &#224; faire avaler des couleuvres aux salari&#233;s du groupe, &#224; commencer par les cons&#233;quences du sous-financement sur l'emploi et les conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;4. Des r&#233;dactions fusionn&#233;e et centralis&#233;es &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui concerne les r&#233;dactions de France t&#233;l&#233;visions, Delphine Ernotte entend poursuivre le plan &#171; Info 2015 &#187; lanc&#233; avant son arriv&#233;e. Il pr&#233;voit la fusion des r&#233;dactions nationales de France 2 et de France 3 plac&#233;es sous la responsabilit&#233; d'un directeur unique de l'information : &lt;i&gt;&#171; La direction de l'information (&#8230;) poursuivra la d&#233;marche f&#233;d&#233;ratrice autour d'une &#233;quipe unique de journalistes, int&#233;grant y compris les &#233;quipes du num&#233;rique. Son directeur(trice) sera donc responsable de l'ensemble des ressources humaines pour produire l'information et notamment celle des journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s sur l'ensemble des cha&#238;nes et celle de la plate-forme num&#233;rique FranceTV info. Il contribuera &#233;galement, avec ses &#233;quipes, &#224; la qualit&#233; des magazines et &#233;missions d'information int&#233;gr&#233;es dans les grilles des programmes. France T&#233;l&#233;visions doit disposer ainsi d'une force de frappe hors du commun pour remplir une mission essentielle du service public. &#187;&lt;/i&gt; (p. 9 et 10)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; direction unique de l'information &#187; ? Celle-ci, non seulement menace de priver les p&#244;vres directeurs de cha&#238;ne de tout r&#244;le dans la production de l'information, mais surtout proc&#232;de &#224; une redoutable centralisation qui ouvre la voie &#224; des d&#233;cisions arbitraires (y compris politiquement), laisse mal augurer de l'ind&#233;pendance des r&#233;dactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une &#233;quipe unique de journalistes &#187; ? Une telle &#171; f&#233;d&#233;ration &#187; sera-t-elle une force de frappe positive pour la production de l'information&#8230; ou un cache-mis&#232;re ? Produire mieux, produire plus&#8230; ou produire &#224; moindre co&#251;t ? Comment une telle fusion peut-elle garantir la sp&#233;cificit&#233; des diff&#233;rentes cha&#238;nes, l'ind&#233;pendance des &#233;quipes r&#233;dactionnelles (qu'il s'agisse des JT ou des magazines) et les d&#233;lib&#233;rations d&#233;mocratiques des r&#233;dactions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet &#171; Info 2015 &#187;, pr&#233;par&#233; par &lt;i&gt;&#171; un lent et r&#233;fl&#233;chi travail de sape &#187;&lt;/i&gt;, a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par les salari&#233;s de France 3 &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/France-3-l-appel-au-secours-d-une-redaction&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#232;s janvier 2015&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/270415/l-information-nationale-de-france-3-en-voie-de-disparition&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par la Soci&#233;t&#233; des journalistes de France 3 en avril 2015&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peut croire que cette fusion ne pr&#233;pare pas une r&#233;duction des effectifs, une aggravation des conditions de travail des journalistes, et, du m&#234;me coup, un appauvrissement de la qualit&#233; de l'information, surtout &#8211; voir plus loin &#8211; si une cha&#238;ne d'information en continu doit voir le jour ? C'est cette aggravation des conditions de travail qui a r&#233;cemment conduit les Journalistes Reporters d'Images de France 2, &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Greve-des-Journalistes-reporters-d-images-a-France-2-communiques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; se mettre en gr&#232;ve&lt;/a&gt;, entre le 3 et le 6 novembre 2015, non sans &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Fin-de-greve-des-Journalistes-reporters-d-images-de-France-2-la-mobilisation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;succ&#232;s&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les exemples connus, en particulier dans les cha&#238;nes d'information en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, en particulier, ne pas s'interroger sur la finalit&#233; d'une telle fusion, lorsqu'on sait que France 3 et ses r&#233;dactions sont menac&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;5. France 3, marginalis&#233;e, voire menac&#233;e &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Delphine Ernotte se propose de renforcer l'identit&#233; des cha&#238;nes. En substance : France 2, &#171; cha&#238;ne du flux &#187; ; France 3, &#171; cha&#238;ne du patrimoine et des territoires &#187; ; France 4, &#171; la r&#233;f&#233;rence pour la jeunesse &#187;. France 5 &#171; la cha&#238;ne des savoirs, de la connaissance, de l'&#233;ducation &#187;. France &#212;, &#171; la cha&#238;ne des ultra-marins &#187;. Chaque &#171; identit&#233; &#187; est probl&#233;matique. Mais celle qui est la plus fragile, est celle de France 3, cha&#238;ne toujours menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel avenir sera r&#233;serv&#233; &#224; France 3, cha&#238;ne aux 110 implantations, qui emploie 3500 des 9800 salari&#233;s du groupe ? Le &#171; projet &#187; souligne que la r&#233;forme territoriale est une &lt;i&gt;&#171; opportunit&#233; pour red&#233;finir la structure de la cha&#238;ne &#187;&lt;/i&gt;. C'est-&#224;-dire ? Quel impact aura le passage de 22 &#224; 13 r&#233;gions administratives sur l'organisation territoriale et &#233;ditoriale de la cha&#238;ne qui diffuse actuellement 24 journaux quotidiens ? Les 22 antennes r&#233;gionales seront-elles r&#233;duites &#224; 13 ? L'information de proximit&#233; sera-t-elle absorb&#233;e par des programmes r&#233;gionaux ? La tentation des &#233;conomies fait craindre le pire pour les arbitrages &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphine Ernotte propose en outre &lt;i&gt;&#171; qu'une place beaucoup plus importante doit &#234;tre donn&#233;e &#224; l'actualit&#233; locale &#187;&lt;/i&gt; et que, pour cela, &lt;i&gt;&#171; France 3 et France 3 R&#233;gions soient enfin assembl&#233;s au sein d'une m&#234;me cha&#238;ne. &#187;&lt;/i&gt; (p. 17). Un tel &#171; assemblage &#187; fait craindre disparition progressive des sp&#233;cificit&#233;s de France 3 r&#233;gions (et une r&#233;duction &#233;ventuelle du nombre de salari&#233;s), l'ensemble &lt;i&gt;&#171; privil&#233;giant les programmes de proximit&#233; r&#233;pondant aux attentes des t&#233;l&#233;spectateurs &#187;&lt;/i&gt; et l'antenne nationale &#233;tant charg&#233;e d'&lt;i&gt;&#171; affirmer sa couleur patrimoniale, au travers de l'ensemble de ses genres de programmes, depuis les jeux &#224; vocation culturelle jusqu'aux documentaires &#224; caract&#232;re historique. &#187;&lt;/i&gt; (p. 17). Ainsi, &#224; France 3 serait r&#233;serv&#233;e &#224; la &#171; culture de proximit&#233; et populaire &#187; alors que France 2 serait la cha&#238;ne &#171; des nouveaut&#233;s et de l'audace &#187;. Inqui&#233;tante distinction !&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;6. Une &#171; cha&#238;ne de la compr&#233;hension &#187; en continu
&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une cha&#238;ne d'information en continu pour tablettes et smartphones - une plateforme num&#233;rique en partenariat avec d'autres entreprises publiques comme Radio France, l'INA ou France 24 - est annonc&#233;e pour septembre 2016. Si le projet d'une cha&#238;ne d'information publique depuis longtemps dans les cartons n'est pas contest&#233;, les choix &#233;ditoriaux et la question des moyens sont beaucoup plus probl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'enjeu est de passer d'une logique d'information continue &#224; un objectif d'information permanente. (&#8230;) &#192; partir d'une exigence de haute qualit&#233; de l'information, il est possible de donner toute sa place &#224; une cha&#238;ne de la compr&#233;hension. Cette cha&#238;ne ne sera pas similaire &#224; l'offre existante, car elle visera autant l'information que sa mise en perspective. Le projet d'information par le num&#233;rique est l'opportunit&#233; de faire &#233;merger une cha&#238;ne de compr&#233;hension pour d&#233;passer l'&#233;motion. &#187;&lt;/i&gt; (p. 27)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saluons ce souci de d&#233;marcation. Mais quelles garanties de ne pas voir reconduites les tares de l'information &#171; en continu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'exemple de BFM-TV et le &#171; dossier &#187; d'Arr&#234;t sur images sur les &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Qu'on l'appelle ainsi ou &#171; information permanente &#187; ne change rien &#224; l'affaire. Va-t-on vers une autre cha&#238;ne d'information de flux low cost avec la pens&#233;e unique en boucle dont le paysage m&#233;diatique est d&#233;j&#224; satur&#233; ? Qui peut croire qu'avec des effectifs constants, les journalistes ne voient pas s'accentuer la d&#233;t&#233;rioration des conditions de travail que nous avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;e ? Mais surtout on a toutes les raisons de craindre que cette cha&#238;ne n'en soit pas vraiment une : &lt;i&gt;&#171; La question de sa diffusion &#224; l'antenne, &#233;crit Delphine Ernotte, se posera en &#233;tudiant plusieurs possibilit&#233;s : r&#233;orientation d'un canal existant, priorit&#233; donn&#233;e &#224; l'information dans la programmation d'une cha&#238;ne actuelle ou maintien d'un tout-num&#233;rique. &#187;&lt;/i&gt; (p. 27). Seule &#233;ventualit&#233; qui n'est pas envisag&#233;e : la lib&#233;ration de l'un des canaux attribu&#233;s &#224; des chaines priv&#233;es. Il est vrai qu'elle d&#233;pend du CSA et non de la direction de France T&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;j&#224; soumise &#224; la concurrence mortif&#232;re de TF1 (et des autres t&#233;l&#233;visions g&#233;n&#233;reusement attribu&#233;es &#224; des acteurs priv&#233;s), la t&#233;l&#233;vision publique est pourtant confront&#233;e &#224; de nouveaux d&#233;fis. Les g&#233;ants am&#233;ricains comme Apple, Netflix voire Amazon sont &#224; l'offensive dans une bataille plan&#233;taire sur les contenus. Des cha&#238;nes th&#233;matiques comme BeIn Sports raflent tous les droits sportifs avec l'argent du Qatar. Les concentrations capitalistes s'acc&#233;l&#232;rent, Bollor&#233;, majoritaire &#224; Vivendi et &#224; Canal +, construit des synergies et vise le march&#233; international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de France T&#233;l&#233;visions semble consciente des enjeux et annonce sa mobilisation sur les contenus. Mais, sous financ&#233;e, priv&#233;e des droits sur ses propres productions, assujettie au pouvoir public, la t&#233;l&#233;vision publique est condamn&#233;e &#224; rechercher des recettes pour survivre, sans disposer des moyens de se d&#233;ployer comme une composante d'un v&#233;ritable service public de l'information et de la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Press&#233;e de mettre en &#339;uvre ses choix et de connaitre les moyens dont elle disposera, la nouvelle patronne de France T&#233;l&#233;visions r&#234;ve de clore avec l'&#201;tat la n&#233;gociation du Contrat d'Objectifs et de Moyens 2016/2020 d'ici janvier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; suivre&#8230; sans illusions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Benjamin Lagues&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Henri Maler&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Fernando Malverde&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&#171; Annexe &#187; : Et sur les &#233;crans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu d'indications dans le projet, mais quelques interrogations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une information &#171; de haute qualit&#233; &#187; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations d'intention, ponctu&#233;es de motifs de satisfaction peu regardants sur les contenus, ne manquent pas : &lt;i&gt;&#171; Le traitement de l'info doit assurer une pleine et enti&#232;re libert&#233;, &#234;tre le lieu de l'esprit critique alli&#233; &#224; une volont&#233; de haute qualit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; (p. 22) Fort bien, mais encore ? Qu'on se le dise : &lt;i&gt;&#171; Au-del&#224; du succ&#232;s du Journal T&#233;l&#233;vis&#233;, c'est l'information qui doit elle aussi trouver des formes nouvelles, sur le mod&#232;le de pr&#233;sentation et en cr&#233;ant de nouveaux types de rendez-vous. Un succ&#232;s, comme celui de Des Paroles et des Actes, appelle &#224; en inventer d'autres. &#187;&lt;/i&gt; (p. 16) Faut-il se satisfaire des succ&#232;s d'audience du JT de France 2, sans s'interroger sur son contenu ? Suffit-il d'invoquer de nouveaux rendez-vous quand on prend pour mod&#232;le d'innovation d'un des plus controvers&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De &#171; nouveaux types de rendez-vous &#187; ? Soit ! Sur le mod&#232;le de &#171; Des paroles et des actes &#187; ? Ce serait oublier un peu vite les travers de cette &#233;mission, malgr&#233; son &#171; succ&#232;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un seul exemple (pour ne rien dire du record d'invitations de Marine Le Pen) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trange omission : le magazine d'enqu&#234;te &#171; Cash investigation &#187;, une des rares innovations de qualit&#233; de France T&#233;l&#233;visions n'est pas mentionn&#233;. Quant &#224; la garantie du pluralisme sous toutes ses formes et en particulier du &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Pluralisme-l-expression-de-la-pluralite-des-opinions-dans-l-audiovisuel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pluralisme des opinions qu'elles soient partisanes ou &#233;ditoriales&lt;/a&gt;, on attendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Un &#171; acteur du r&#233;cit fran&#231;ais &#187; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premi&#232;res lignes du &#171; projet &#187;, on apprenait que la t&#233;l&#233;vision publique &#171; peut &#187; (doit ?) &lt;i&gt;&#171; contribuer &#224; cr&#233;er un sentiment et une fiert&#233; d'appartenance &#224; l'unit&#233; nationale. En t&#233;moignent &#224; titre d'exemple les grandes comp&#233;titions sportives (&#8230;) &#187;&lt;/i&gt;. Et quelques pages plus loin : &lt;i&gt;&#171; L'entreprise France T&#233;l&#233;visions n'est pas seulement un groupe audiovisuel : elle est un relais de notre pays. C'est cette identit&#233; forte qui doit &#234;tre mise au c&#339;ur de la mission de service public. Ni la n&#233;cessaire ma&#238;trise des co&#251;ts, ni la comp&#233;tition internationale, ne peuvent empi&#233;ter sur ce r&#244;le de premier plan. (&#8230;) Il s'agit d'&#234;tre un acteur du r&#233;cit fran&#231;ais. &#187;&lt;/i&gt; (p. 22)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un relais de notre pays &#187; ? L'expression semble anodine et sympathique. &#171; Un acteur du r&#233;cit fran&#231;ais &#187; ? L'expression est beaucoup plus troublante. Quel est ce r&#233;cit mis au singulier, comme s'il devait &#234;tre unique ? Et qui en est l'auteur ? L'exemple propos&#233; ne manque pas d'inqui&#233;ter : la nouvelle directrice souhaite en effet que &lt;i&gt;&#171; France T&#233;l&#233;visions [soit] un levier au service de grands desseins du pays comme par exemple une candidature &#224; l'organisation des Jeux Olympiques &#187;&lt;/i&gt;. Cela tombe bien, la France vient d'&#234;tre accept&#233;e par le Comit&#233; international olympique (CIO) comme pays candidat aux JO de 2024 (le 16 septembre 2015). Durant la campagne qui pr&#233;c&#233;dera le choix du CIO, que choisira France T&#233;l&#233;visions : enqu&#234;ter sur les conditions politiques, &#233;conomiques, sociales, environnementales, etc. de la candidature fran&#231;aise ou soutenir le &#171; r&#233;cit fran&#231;ais &#187; ? Ce grand dessein est d'abord celui de responsables politiques. Ce &#171; grand dessein &#187; est controvers&#233;. Faut-il comprendre que France T&#233;l&#233;visions doive se mettre ainsi au service d'un projet sportif qui est aussi un projet politique ? Et pourquoi pas d'autres &#171; desseins &#187; ? Quelle distance peut-on esp&#233;rer de la part des journalistes quand ces desseins prennent la forme, par exemple, d'interventions militaires ? Journalisme d'information ou journalisme d'accompagnement[&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Guerre-au-Mali-les-JT-de-TF1-en-premiere-semaine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comme nous l'avions soulign&#233; pour la guerre au Mali en janvier 2013&lt;/a&gt;.]] ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En lutte contre les discriminations ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La t&#233;l&#233;vision publique doit &#234;tre en pointe dans la lutte contre les discriminations li&#233;es au genre, &#224; l'origine, &#224; l'orientation sexuelle, &#224; l'&#226;ge ou au handicap. Des pans entiers de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise se trouvent aujourd'hui exclus de la t&#233;l&#233;vision, soit par leur repr&#233;sentation &#224; l'&#233;cran, soit par les st&#233;r&#233;otypes v&#233;hicul&#233;s. Cela passe, bien entendu, par une plus juste repr&#233;sentation &#224; l'&#233;cran mais aussi par une plus grande lutte contre les st&#233;r&#233;otypes dans l'ensemble des programmes. Il faut transformer les images v&#233;hicul&#233;es par les fictions, les &#233;missions. &#187;&lt;/i&gt; (Page 25)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une proclamation bienvenue, mais beaucoup moins audacieuse qu'il n'y para&#238;t. Rendre les &#171; minorit&#233;s &#187; plus &#171; visibles &#187; et d&#233;faire des st&#233;r&#233;otypes n'est pas une simple question d'images : cela ne va pas sans de v&#233;ritables enqu&#234;tes qui contrarient les pr&#233;jug&#233;s sociaux qui peuvent &#234;tre ceux des journalistes et des auteurs de fictions. D'autant qu'il manque dans la liste quelques discriminations qui ne sont pas totalement inactuelles : les discriminations li&#233;es &#224; l'origine sociale, nationale et religieuse. Pis : cette d&#233;claration d'intention semble &#233;luder le probl&#232;me du traitement m&#233;diatique des classes populaires sur France T&#233;l&#233;visions. Et sur ce point, France t&#233;l&#233;visions a du pain sur la planche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment en mati&#232;re d'information, qu'il s'agisse, par exemple, du JT de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir sur Mediapart les articles (payants) de Laurent Mauduit : &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/france/160515/france-televisions-la-designation-de-la-pdg-entachee-d-irregularites&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; France T&#233;l&#233;visions : la d&#233;signation de la PDG entach&#233;e d'irr&#233;gularit&#233;s &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/france/240715/france-televisions-le-parquet-classe-sans-suite-laffaire-ernotte&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; France T&#233;l&#233;visions : le Parquet classe sans suite l'affaire Ernotte &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/medias/2014/06/24/20004-20140624ARTFIG00412-france-televisions-le-plan-de-departs-volontaires-devrait-faire-le-plein.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; plan de d&#233;parts volontaires &#187; de 340 postes&lt;/a&gt; a connu un certain succ&#232;s&#8230; en raison de la d&#233;gradation des conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Comme le soulignaient d&#232;s juin 2015 le SNJ-CGT et le SNRT-CGT, &lt;i&gt;&#171; le projet met l'accent sur le management, l'organisation et la ma&#238;trise des co&#251;ts, et pas sur les contenus, les programmes ou l'information &#187;&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/020615/projet-ernotte-pour-france-televisions-decryptage-et-questions-de-la-cgt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Projet Ernotte pour France T&#233;l&#233;visions : d&#233;cryptage et questions de la CGT &#187;&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tous les exemples connus, en particulier dans les cha&#238;nes d'information en continu montrent &#224; quel point les conditions de travail sont lamentables dans le secteur priv&#233;. Voir &lt;a href=&#034;http://www.sante-et-travail.fr/quand-les-journalistes-travaillent-a-la-chaine_fr_art_1205_63311.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Quand les journalistes travaillent &#224; la cha&#238;ne&lt;/a&gt;, ainsi que &lt;a href=&#034;http://www.telerama.fr/monde/les-os-de-l-info,38997.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les OS de l'info &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/mot1320.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exemple de BFM-TV&lt;/a&gt; et le &#171; dossier &#187; d'Arr&#234;t sur images &lt;a href=&#034;http://www.arretsurimages.net/dossier.php?id=359&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur les &#171; d&#233;rives de l'info en continu &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un seul exemple (pour ne rien dire du record d'invitations de Marine Le Pen) &#171; Des paroles et des actes &#187; du 22 mai 2014 consacrait son num&#233;ro aux &#233;lections europ&#233;ennes. Tr&#232;s bon choix, d'autant plus que le sujet est rarement discut&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision. Malheureusement, David Pujadas &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Des-paroles-et-des-actes-sur-les-europeennes-Pujadas-tend-la-perche-a-Marine-Le&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;choisit d'ouvrir sur&#8230; l'immigration&lt;/a&gt;. Un sujet qui accaparera la moiti&#233; du temps de d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notamment en mati&#232;re d'information, qu'il s'agisse, par exemple, du JT de France 2, qui c&#232;de aux &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/Lire-La-banlieue-du-20-heures-de-Jerome-Berthaut&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;caricatures grossi&#232;res lorsqu'il s'agit de parler des quartiers populaires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Menaces d'asphyxie confirm&#233;es pour le groupe France T&#233;l&#233;visions</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Menaces-d-asphyxie-confirmees-pour-le-groupe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Menaces-d-asphyxie-confirmees-pour-le-groupe</guid>
		<dc:date>2013-10-31T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fernando Malverde, Fr&#233;d&#233;ric Lemaire, Henri Maler</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Un plan de licenciement. En attendant pire encore ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Sous-le-regne-de-Francois-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques : Sous le r&#232;gne de Fran&#231;ois Hollande&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec l'annonce par la direction de France T&#233;l&#233;visions d'un plan de licenciement d'ampleur, les menaces d'asphyxie de France T&#233;l&#233;visions, que nous d&#233;noncions dans un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4099.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;c&#233;dent article&lt;/a&gt;, se confirment. Le &lt;i&gt;&#171; mod&#232;le de financement stable et qui garantisse l'ind&#233;pendance des groupes publics &#187;&lt;/i&gt; promis par le candidat Hollande, semble de plus en plus clairement se fonder sur des coupes massives dans les dotations publiques et dans les emplois. Avec &#224; la cl&#233; des cons&#233;quences d&#233;sastreuses pour l'audiovisuel public&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un plan de licenciement&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 15 octobre, la direction de France T&#233;l&#233;visions a pr&#233;sent&#233; devant le Comit&#233; central d'entreprise du groupe un plan de licenciements portant sur 361 postes de techniciens, administratifs et journalistes permanents. Manifestement, ce plan a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; dans l'urgence : il fallait de toute h&#226;te inscrire ces &#233;conomies dans le Com (Contrat d'objectifs et de moyens) dont la signature, pr&#233;vue initialement en f&#233;vrier 2013, n'avait que trop tard&#233;. Ce plan repr&#233;sente une intensification d'une politique d'&#233;conomies d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre&#8230; et n'est sans doute qu'un commencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux suppressions d'emploi pr&#233;vues dans le cadre du plan de licenciement s'ajoutent plusieurs centaines de postes d&#233;j&#224; gel&#233;s, ainsi qu'un &#171; plan social bis &#187; concernant les non-permanents (CDD, intermittents&#8230;) qui constituent environ 20 % des effectifs. L'objectif : la disparition de 500 &#233;quivalents temps-plein, qui devront accepter, en &#233;change d'un ch&#232;que, une forme d'interdiction professionnelle : mani&#232;re pour France T&#233;l&#233;visions de diminuer l'emploi tout en se prot&#233;geant des proc&#233;dures prud'homales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chiffrage des syndicats permet de donner un aper&#231;u de l'ampleur de la saign&#233;e impos&#233;e par la direction : sur les 10000 salari&#233;s &#224; temps plein que compte le groupe, les suppressions d'emploi repr&#233;sentent environ pr&#232;s de 10 % des effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Un avenir encore plus sombre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais le pire est peut-&#234;tre &#224; venir. &#171; La tutelle &#187;, comme on dit (c'est-&#224;-dire le gouvernement), a d&#233;cid&#233; de soustraire 320 millions d'euros de subventions publiques sur la dur&#233;e du Contrat d'objectifs et de moyens 2013/2015, soit l'&#233;quivalent de 10 % du budget ! Comme le dit la pr&#233;sentation officielle du plan, le secteur audiovisuel apporte ainsi sa &#171; &lt;i&gt;contribution &#224; la r&#233;duction des d&#233;ficits publics&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que le plan en question n'est sans doute qu'une premi&#232;re salve dont la justification, somme toute, n'est ni vraiment strat&#233;gique, ni pas purement &#233;conomique, mais politique, puisqu'elle s'inscrit dans le pacte d'aust&#233;rit&#233; n&#233;goci&#233; par Nicolas Sarkozy et sign&#233; par Fran&#231;ois Hollande avec Angela Merkel. Dans ces conditions, la direction de France T&#233;l&#233;visions explique qu'il n'y a pas d'alternative aux coupes dans la masse salariale pour combler le d&#233;ficit et mart&#232;le que &#171; &lt;i&gt;le plan est incontournable&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces premi&#232;res &#233;conomies risquent de ne pas suffire, et l'&#233;tape l&#233;gislative qui s'annonce sera cruciale. La &#171; grande loi audiovisuelle &#187; pr&#233;vue pour le printemps 2014 doit, en effet, d&#233;finir le p&#233;rim&#232;tre, la strat&#233;gie &#224; long terme, et surtout le financement de la t&#233;l&#233;vision publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi sera pr&#233;par&#233;e par la mission d'&#233;lus et d'experts, charg&#233;e, d'ici fin d&#233;cembre, de d&#233;finir l'avenir de France 3 qui, il faut le rappeler, repr&#233;sente environ la moiti&#233; des effectifs de France T&#233;l&#233;visions. Trop sans doute quand l'aust&#233;rit&#233; impose des &#233;conomies. Plus g&#233;n&#233;ralement, dans un contexte de crise, de reflux des recettes publicitaires et de baisse de la d&#233;pense publique, le gouvernement cherche &#224; r&#233;aliser avant tout des &#233;conomies de structure et de masse salariale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Des &#233;conomies qui restent pour l'instant &#224; g&#233;om&#233;trie variable : dans le plan social actuel, aucun poste n'est supprim&#233; &#224; la r&#233;daction nationale de France 3 et &#224; la r&#233;daction de France 2, m&#234;me si ce n'est sans doute que partie remise. La fusion des r&#233;dactions nationales, en principe pr&#233;vue &#224; l'horizon 2015, s'accompagnera surement de licenciements. Aujourd'hui ce sont surtout les r&#233;gions de France 3 et France &#212; qui sont vis&#233;s. La future loi pr&#233;voit de revoir le cahier des charges, les missions de France 3 et France &#212;. Et tout semble indiquer que le maillage du pays, l'information et les programmes de proximit&#233; sur l'ensemble du territoire seront remis en cause.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class='article_intertitres'&gt;Une politique schizophr&#232;ne &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avec ce plan de licenciements, impos&#233; au m&#233;pris de toute concertation avec les syndicats de France T&#233;l&#233;visions, la direction fait montre de toute la schizophr&#233;nie de la politique du gouvernement en mati&#232;re d'audiovisuel public. D'un c&#244;t&#233;, r&#233;duire brutalement les effectifs et les moyens, de l'autre conserver des objectifs ambitieux de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces objectifs, France T&#233;l&#233;visions doit d&#233;velopper le tout num&#233;rique. Le groupe participe &#224; 15 % de l'organisme en charge de la mise en place de la t&#233;l&#233;vision num&#233;rique terrestre, qui finance des dossiers d'aide aux collectivit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France T&#233;l&#233;visions doit assurer les programmes et l'information en r&#233;gion et permettre le d&#233;veloppement des cha&#238;nes premi&#232;res d'outremer, alors m&#234;me que le plan de licenciement y affecte directement les capacit&#233;s de fabrication du groupe et contribue &#224; r&#233;duire encore la dimension r&#233;gionale de France 3, en poussant davantage la logique des mutualisations des antennes r&#233;gionales et la r&#233;duction du temps d'antenne qui leur est d&#233;di&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, comme nous l'indiquions dans notre pr&#233;c&#233;dent article, France T&#233;l&#233;visions doit faire des &#233;conomies suppl&#233;mentaires, tout en contribuant &#224; la production audiovisuelle dont 60 % provient de la commande publique en France. Mais France T&#233;l&#233;visions, sous-financ&#233;e, n'arrive pas &#224; alimenter une industrie audiovisuelle digne de ce nom. R&#233;sultat : toutes cha&#238;nes confondues (publiques et priv&#233;es), le volume de production des fictions est l'un des plus faibles d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6412 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L402xH160/Volume_des_fictions-738d8.jpg?1776751952' width='402' height='160' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sous-financ&#233;e, France T&#233;l&#233;visions souffre d'une faiblesse structurelle. Les &#171; d&#233;crets Tasca &#187; lui interdisent de produire en interne plus de 5 % de ses programmes. Dans le m&#234;me temps, elle est tenue de consacrer 400 millions d'euros (dans le nouveau COM, il y a 20 millions d'euros d'obligations en moins) &#224; des achats de programmes audiovisuels que se partagent une quarantaine de producteurs. Une externalisation de la production financ&#233;e par le r&#233;gime de l'intermittence qui garantit des profits ind&#233;cents &#224; quelques producteurs tout en d&#233;poss&#233;dant France T&#233;l&#233;visions de son propre patrimoine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; Une situation telle que des d&#233;put&#233;s du PS s'en alarment&#8230; un peu :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L440xH163/Decrets_Tasca-e92bb.jpg?1776751952' width='440' height='163' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme le pire n'est pas certain, il est encore possible que la future &#171; grande loi &#187; audiovisuelle, pr&#233;vue pour le printemps prochain, redonne un peu d'oxyg&#232;ne aux cha&#238;nes &#171; premium &#187; nationales. Avec &#224; la cl&#233; une r&#233;&#233;criture des d&#233;crets Tasca pour que ces cha&#238;nes puissent disposer de droits patrimoniaux sur les fictions et les documentaires qu'elles financent. Une urgence vu l'arriv&#233;e de la t&#233;l&#233; connect&#233;e et l'impossibilit&#233; pour les cha&#238;nes publiques de disposer d'un catalogue r&#233;-exploitable sur tous les modes de diffusion...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette modification de la loi semble aujourd'hui faire consensus malgr&#233; les cris d'orfraie du lobby des producteurs. Si le gouvernement fait le choix d'une certaine audace, la modification des d&#233;crets pourrait m&#234;me entrainer une r&#233;-internalisation partielle de la production et un maintien, voire un certain d&#233;veloppement de l'outil de production (cars de production lourde, studios...). Mais l'audace du gouvernement n'&#233;tant pas sa principale vertu&#8230; la vigilance s'impose.&lt;br / &gt;
&lt;br / &gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;***&lt;/center&gt;&lt;br / &gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'ampleur du plan de licenciement et l'absurdit&#233; de cette politique, les syndicats se mobilisent : un pr&#233;avis de gr&#232;ve pour le 7 novembre 2013 a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; le 16 octobre par toutes les organisations syndicales repr&#233;sentatives de France T&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain du d&#233;p&#244;t du pr&#233;avis de gr&#232;ve, la direction a re&#231;u les repr&#233;sentants des diff&#233;rentes organisations &#224; l'occasion d'une r&#233;union de &#171; dialogue social &#187;&#8230; au terme duquel elle a r&#233;affirm&#233; sa volont&#233; d'imposer tel quel le plan de licenciement. Le pr&#233;avis de gr&#232;ve a &#233;t&#233; maintenu, et les &#233;lus cesseront de si&#233;ger aux futures r&#233;unions tant que la direction refusera de retirer son plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'audiovisuel public, le &#171; changement &#187; annonc&#233; par le candidat Hollande prendra donc la forme d'une continuit&#233; d'avec les politiques men&#233;es par Nicolas Sarkozy : asphyxie progressive des moyens financiers de France T&#233;l&#233;visions (d&#233;j&#224; largement entam&#233;e avec la suppression sans contrepartie de la publicit&#233; apr&#232;s 20h) et soutien &#224; une politique salariale brutale qui va r&#233;duire encore davantage les moyens du service public audiovisuel &#8211; une mani&#232;re pratique, sans doute, de contribuer &#224; &#171; &lt;i&gt;inverser la courbe du ch&#244;mage&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est indispensable de remettre les choses &#224; leur place dans l'audiovisuel public : les int&#233;r&#234;ts du public avant ceux des producteurs priv&#233;s, la logique de service public avant les logiques financi&#232;res, surtout quand celles-ci sont la cons&#233;quence d'une volont&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;e de r&#233;duire les financements publics au plus grand b&#233;n&#233;fice des cha&#238;nes priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi Acrimed s'engage aux c&#244;t&#233;s de ceux qui se battent contre le plan de licenciement qui menace France T&#233;l&#233;visions. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lemaire, Henri Maler et Fernando Malverde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France T&#233;l&#233;visions : d&#233;programmations d'&#171; inservice public &#187; </title>
		<link>https://www.acrimed.org/France-Televisions-deprogrammations-d-inservice-public</link>
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		<dc:date>2013-07-12T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Blaise Magnin, Fernando Malverde</dc:creator>


		<dc:subject>France 2</dc:subject>
		<dc:subject>France 3</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'information, le divertissement et la culture au rabais.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-572-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-2-+" rel="tag"&gt;France 2&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-3-+" rel="tag"&gt;France 3&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La suppression de la publicit&#233; apr&#232;s 20h d&#233;cid&#233;e par le pr&#233;c&#233;dent gouvernement, et mal compens&#233;e, ainsi que la baisse de la dotation voulue par le gouvernement actuel dans le cadre de sa politique d'aust&#233;rit&#233;, mettent France T&#233;l&#233;visions dans une situation financi&#232;re inextricable, comme nous l'expliquions notamment dans un pr&#233;c&#233;dent article (&lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article4099.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le groupe France T&#233;l&#233;visions menac&#233; d'asphyxie ? &#187;&lt;/a&gt;). Cette situation compromet un peu plus, si besoin en &#233;tait, la capacit&#233; du groupe public &#224; remplir ses missions de service public.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de la suppression &#224; la rentr&#233;e de plusieurs programmes et du JT de la nuit de France 2, dont on ne sait par qui et pourquoi elles ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;es, illustre comment des &#233;conomies d&#233;risoires se font au d&#233;triment du divertissement, de la culture et de l'information qui devraient justement distinguer l'audiovisuel public des cha&#238;nes commerciales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'ici deux ans, France T&#233;l&#233;visions va supprimer 650 emplois et doit &#233;conomiser 325 millions d'euros, soit environ 10 % de son chiffre d'affaire... l'&#233;quivalent de la redevance grecque ! Et si la taxe pay&#233;e par les op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;phonie pour compenser la suppression de la pub a &#233;t&#233; valid&#233;e par la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne, cette ressource reste fragile : non affect&#233;e, comme la redevance, elle est vers&#233;e au budget de l'&#201;tat... qui en fait ce qu'il veut ! En 2013, Bercy a d&#233;cid&#233; de n'en reverser que 250 millions d'euros &#224; France t&#233;l&#233;visions, alors qu'en 2012 la compensation pr&#233;vue s'&#233;levait &#224; 450 millions d'euros&#8230; Pourtant, les obligations de France T&#233;l&#233;visions n'ont pas &#233;t&#233; adapt&#233;es &#224; cette nouvelle donne budg&#233;taire : principal financeur de l'audiovisuel en France, elle doit toujours consacrer 420 millions d'euros chaque ann&#233;e &#224; l'achat de programmes &#171; de stock &#171; (fictions, documentaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, et alors que le Contrat d'objectifs et de moyens qui devait &#234;tre sign&#233; avec l'&#201;tat avant la fin 2012 est toujours en n&#233;gociations, autant dire que les d&#233;clarations d'Aur&#233;lie Filippetti affirmant que cette signature &lt;i&gt;&#171; ne peut &#234;tre subordonn&#233;e &#224; la question budg&#233;taire &#187;&lt;/i&gt;, sonnent comme une provocation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une information au rabais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2012, Thierry Thuillier, directeur de l'information de France T&#233;l&#233;visions, avait d&#233;j&#224; atteint un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3851.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;record de d&#233;fiance&lt;/a&gt;. En septembre, il annon&#231;ait la fusion des r&#233;dactions de France 2 et de France 3, tout en promettant qu'aucune des &#233;ditions ne serait supprim&#233;e. Fin avril 2013, revenant sur sa parole, il d&#233;cidait de la suppression prochaine du JT de la nuit de France 2 &#8211; qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; transform&#233; en un &#171; tout en images &#187; en 2008. Outre ce vil proc&#233;d&#233;, cette d&#233;cision qui aboutit &#224; la d&#233;programmation de plus de 150 heures d'information re&#231;oit des justifications irrecevables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thierry Thuillier argue d'abord que le JT de la nuit ferait doublon avec le &#171; Grand soir 3 &#187; diffus&#233; &#224; partir de 22h20 du lundi au jeudi, et qui dure une heure. Or le JT de la nuit de France 2 est diffus&#233; tous les jours &#224; des horaires variables, entre 23h30 et 1h30&#8230; Si doublon il y a, c'est donc seulement dans l'esprit du directeur de la r&#233;daction, les deux journaux aux formats si diff&#233;rents ne se chevauchant jamais. L'autre argument avanc&#233;, &#233;conomique, ne tient pas davantage : les journalistes qui r&#233;alisent, en interne, ce JT &#171; tout en images &#187;, et qui constituent la plus grande partie du co&#251;t de cette &#233;dition tr&#232;s pauvre en moyens, ne seront &#233;videmment pas licenci&#233;s et seront &#171; revers&#233;s &#187; &#224; d'autres &#233;missions. Sans compter qu'il faudra bien entendu produire ou acheter les 150 heures de programmes manquantes &#8211; &#224; moins que ne soient pr&#233;vues des rediffusions qui appauvriraient encore les deuxi&#232;me et troisi&#232;me parties de soir&#233;e sur l'audiovisuel public, d&#233;j&#224; affaiblies par la suppression de celles de France 3, soi-disant compens&#233;e par l'allongement du &#171; Soir 3 &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus vraisemblablement, cette d&#233;cision absurde et unilat&#233;rale rel&#232;ve, autant que de la b&#234;tise ou de la l&#233;g&#232;ret&#233;, d'une volont&#233; de mise au pas de la r&#233;daction de France T&#233;l&#233;visions en vue d'imposer, avec de seuls objectifs gestionnaires, une &#171; rationalisation &#187; toujours plus pouss&#233;e de la production de l'information. Ce qui n'augure rien de bon tant pour les conditions de travail des journalistes, que pour la qualit&#233; et le pluralisme d'une information ainsi standardis&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, l'information constituant &#233;videmment une des premi&#232;res et des plus ardentes obligations du groupe public, avec cette d&#233;cision c'est la mission de service public de France 2 qui passe par pertes et profits. Au-del&#224; de la suppression d'une &#171; case &#187; d'information, choquante en elle-m&#234;me, ce sont notamment les t&#233;l&#233;spectateurs de la zone pacifique qui seront p&#233;nalis&#233;s par la disparition d'une &#233;dition qui leur permet, compte tenu du d&#233;calage horaire, d'avoir acc&#232;s &#224; l'essentiel de l'actualit&#233; internationale et en m&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une offre culturelle sinistr&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;vidence, construire une grille des programmes ambitieuse dans le marasme financier que conna&#238;t France T&#233;l&#233;visions n'est pas chose ais&#233;e. Pour autant, le choix de la direction du groupe de d&#233;programmer &#224; la rentr&#233;e les &#233;missions musicales &#171; Taratata &#187;, &#171; Chabada &#187; et &#171; CD'Aujourd'hui &#187;, ainsi que l'&#233;mission litt&#233;raire &#171; Des mots de minuit &#187; est injustifiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces suppressions bafouent la raison d'&#234;tre d'un service public qui doit permettre, selon &lt;a href=&#034;http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020788471&amp;fastPos=5&amp;fastReqId=730447472&amp;categorieLien=cid&amp;oldAction=rechTexte&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le cahier des charges de la soci&#233;t&#233; nationale de programmes France T&#233;l&#233;visions&lt;/a&gt;, &#171; &lt;i&gt;de rendre compte des diff&#233;rentes formes d'expression culturelle et artistique &lt;/i&gt; &#187;. Pour ce qui est de la litt&#233;rature, ce cahier des charges pr&#233;voit que &lt;i&gt;&#171; France T&#233;l&#233;visions programme des &#233;missions exclusivement litt&#233;raires &#224; des heures de large audience, notamment en premi&#232;re ou en deuxi&#232;me partie de soir&#233;e sur ses cha&#238;nes nationales.&lt;/i&gt; &#187; Il est en outre pr&#233;cis&#233; que&lt;i&gt; &#171; France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;doit permettre de faire conna&#238;tre aux t&#233;l&#233;spectateurs les diverses formes de musique, de rendre compte de l'actualit&#233; musicale et de promouvoir les nouveaux talents &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, le cas de &#171; Taratata &#187; est sans doute le plus embl&#233;matique. L'&#233;mission qui existe depuis 20 ans invitait chaque vendredi, en troisi&#232;me partie de soir&#233;e, des artistes (essentiellement &#171; rock &#187;) &#224; jouer un de leur titre et/ou une reprise en direct, seuls ou avec un autre artiste. Prim&#233;e par de nombreuses r&#233;compenses, int&#233;ressant tout particuli&#232;rement un public &#171; jeune &#187;, elle &#233;tait reconnue pour la qualit&#233; et la diversit&#233; de sa programmation. Pour justifier la suppression de &#171; Taratata &#187;, la direction &#233;voque le co&#251;t du direct, mais aussi la pr&#233;tendue faiblesse de son audience (200 000 t&#233;l&#233;spectateurs en moyenne) &#8211; et ce, non sans mauvaise foi puisque c'est cette m&#234;me direction qui s'est ent&#234;t&#233;e pendant des ann&#233;es &#224; rel&#233;guer l'&#233;mission au milieu de la nuit, entre 00h25 et 1h55&#8230; Des &#171; arguments &#187; qui sont de toute fa&#231;on contraires aux obligations du groupe public dont c'est justement la vocation de faire en sorte qu'aient acc&#232;s &#224; une diffusion large et gratuite des formes d'expression culturelle destin&#233;es &#224; un public limit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une p&#233;tition a m&#234;me &#233;t&#233; lanc&#233;e pour inciter les dirigeants de France (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi que l'on pense de la qualit&#233; de ce programme, la suppression de &#171; Chabada &#187;, diffus&#233;e le dimanche &#224; 17h sur France 3, toujours trop ch&#232;re et trop peu suivie, selon la direction, prive quant &#224; elle un public sans doute plus familial et plus &#226;g&#233; d'une &#233;mission consacr&#233;e &#224; la chanson de vari&#233;t&#233;. Quant au programme court &#171; CD'Aujourd'hui &#187;, diffus&#233; depuis 2001 sur France 2 du lundi au vendredi &#224; 17h50 et apr&#232;s le journal de la nuit, ainsi que le samedi &#224; 18h55 et 22h50, il avait permis &#224; plus de 2400 artistes de pr&#233;senter leur album&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, face aux protestations, la direction de France T&#233;l&#233;visions a fait savoir qu'elle pr&#233;parait une offre musicale renouvel&#233;e pour la rentr&#233;e. Mais l'opacit&#233; la plus compl&#232;te r&#232;gne sur la nature et les modalit&#233;s d'&#233;laboration de cette offre. Voil&#224; en tout cas un service public qui fait bien peu de cas du public&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les raisons budg&#233;taires encore avanc&#233;es pour expliquer la suppression &#171; Des mots de minuit &#187;, seule &#233;mission exclusivement consacr&#233;e &#224; la litt&#233;rature sur l'audiovisuel public, et qui existait depuis 14 ans, confinent au ridicule pour une &#233;mission de plateau ! Et l&#224; encore, ce sont les missions de service public qui sont subordonn&#233;es &#224; des consid&#233;rations budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des d&#233;cisions arbitraires, prises par une chefferie incontr&#244;l&#233;e, sans aucun d&#233;bat public : comment le secteur public de l'audiovisuel serait-il un service public dans de telles conditions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blaise Magnin, Fernando Malverde&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une &lt;a href=&#034;http://www.change.org/taratata&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;p&#233;tition&lt;/a&gt; a m&#234;me &#233;t&#233; lanc&#233;e pour inciter les dirigeants de France T&#233;l&#233;visions &#224; revenir sur leur d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le groupe France T&#233;l&#233;visions menac&#233; d'asphyxie ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Le-groupe-France-Televisions-menace-d-asphyxie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Le-groupe-France-Televisions-menace-d-asphyxie</guid>
		<dc:date>2013-06-28T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fernando Malverde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Entre immobilisme et d&#233;robades, le gouvernement laisse pourrir la situation de l'audiovisuel public.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Sous-le-regne-de-Francois-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques : Sous le r&#232;gne de Fran&#231;ois Hollande&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que se passe-t-il &#224; France T&#233;l&#233;visions ? Les modifications autoritaires de programmes et, particuli&#232;rement, la d&#233;programmation du JT de la nuit de France 2 (ainsi que celles d'&#233;missions de divertissement comme &lt;i&gt;Tararata&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Chabada&lt;/i&gt;) se multiplient. Qui d&#233;cide ? Comment ? Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de consacrer un prochain article sur ces d&#233;programmations d'&#171; inservice public &#187;, il n'est pas inutile de revenir sur leur contexte, d&#233;j&#224; abord&#233; ici m&#234;me le 5 octobre 2012 dans un &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3903.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;entretien&lt;/a&gt;. Nous le faisons en publiant ci-dessous (m&#234;me si certaines donn&#233;es m&#233;riteraient d'&#234;tre actualis&#233;es) un article publi&#233; en janvier 2013 dans le &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3964.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;6 de &lt;i&gt;M&#233;diacritique&lt;/i&gt;(s)&lt;/a&gt;, le &lt;a href=&#034;http://boutique.acrimed.org/1-mediacriques.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;magazine trimestriel imprim&#233; d'Acrimed&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour des raisons juridiques et financi&#232;res, il parait difficilement envisageable de revenir sur la privatisation de TF1 et sur la dur&#233;e de la concession qui lui a &#233;t&#233; octroy&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, nous d&#233;clarait Aur&#233;lie Filipetti, alors porte-parole du candidat Fran&#231;ois Hollande. Il n'&#233;tait pas question non plus de revenir sur l'attribution des fr&#233;quences de la t&#233;l&#233;vision num&#233;rique terrestre. C'&#233;tait mutiler d'embl&#233;e toute refondation d'un service public de l'audiovisuel. Pourtant, plusieurs engagements &#233;taient pris. D'abord, &lt;i&gt;&#171; la mise en place d'un mod&#232;le de financement stable et qui garantisse l'ind&#233;pendance des groupes publics &#187;&lt;/i&gt;. Ensuite, &lt;i&gt;&#171; une clarification durable du p&#233;rim&#232;tre, de l'organisation et de l'identit&#233; des diff&#233;rentes composantes de l'audiovisuel public &#187;&lt;/i&gt;. Cette clarification, nous disait-on, pourrait se traduire, apr&#232;s concertation et d&#233;bats parlementaires, par trois d&#233;cisions : &lt;i&gt;&#171; la cr&#233;ation d'une cha&#238;ne jeunesse sans publicit&#233; sur le canal de France 4 (enfants et ados en journ&#233;e, jeunes adultes en soir&#233;e) &#187;&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;&#171; cr&#233;ation d'un portail &#8220;information&#8221; aliment&#233; par l'ensemble des op&#233;rateurs publics &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; la remise &#224; plat du syst&#232;me de l'AEF pour s&#233;curiser RFI et TV5 monde et r&#233;fl&#233;chir &#224; l'avenir de France 24 &#187;&lt;/i&gt;. C'&#233;tait peu. Mais o&#249; en sommes-nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Diminuer les ressources et les effectifs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le redressement cr&#233;atif de France T&#233;l&#233;visions, ce n'est pas pour maintenant. Comment cela serait-il possible quand on commence par rar&#233;fier les ressources et par tailler dans les effectifs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise financi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France T&#233;l&#233;visions est structurellement une entreprise sous-financ&#233;e. &#192; l'instar de tous les secteurs publics, l'audiovisuel a subi en France, depuis plusieurs d&#233;cennies, tous les effets nocifs du lib&#233;ralisme &#233;conomique et du d&#233;sengagement de l'&#201;tat. Aujourd'hui, &#224; population comparable, la redevance est l'une des plus faibles d'Europe. Mais la crise s'est surtout acc&#233;l&#233;r&#233;e apr&#232;s la d&#233;cision de Nicolas Sarkozy, inspir&#233;e par Alain Minc, de supprimer la publicit&#233; apr&#232;s 20 heures sur France T&#233;l&#233;visions. Une id&#233;e pernicieuse, pr&#233;sent&#233;e comme une mani&#232;re de recentrer France T&#233;l&#233;visions sur ses missions et des exigences de qualit&#233;&#8230; tout en l'asphyxiant ! Supprimer la publicit&#233; ? Nous y sommes favorables, mais pas &#224; n'importe quelles conditions. En l'absence d'un r&#233;el financement de compensation, l'op&#233;ration de 2008 ne pouvait avoir qu'un seul objectif : fragiliser la t&#233;l&#233;vision publique au profit des groupes priv&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'on n'aille pas croire qu'il s'agissait de critiquer la publicit&#233; pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cet &#233;lectrochoc, le financement de la t&#233;l&#233;vision publique provient de trois sources :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- La redevance : c'est la ressource historique et la plus fiable parce qu'elle est int&#233;gralement affect&#233;e. &lt;br class='manualbr' /&gt;- La publicit&#233; avant 20h : c'est une ressource qui fluctue en fonction de l'&#233;tat de ce march&#233;, des audiences et du dumping des concurrents sur ces tranches horaires. &lt;br class='manualbr' /&gt;- La partie issue du budget et des taxes : c'est la ressource la plus fragile. Le budget est soumis aux &#233;conomies et les taxes sur les t&#233;l&#233;coms et les nouvelles recettes publicitaires du priv&#233; sont contest&#233;es. Heureusement (pr&#233;cision du 27 juin 2013), la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne a valid&#233; la taxe sur les op&#233;rateurs de communication &#233;lectronique, qu'acquittent les fournisseurs d'acc&#232;s &#224; Internet et qui vise &#224; financer le service public t&#233;l&#233;visuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Contrat d'objectifs et de moyens (COM)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#171; Contrats d'objectifs et de moyens &#187; sont des contrats pluriannuels (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sign&#233; avec le pr&#233;c&#233;dent gouvernement pour la p&#233;riode 2011-2015 pr&#233;voyait une hausse garantie de la ressource publique de 2,2 % par an. L'encre du contrat n'&#233;tait pas encore s&#232;che que le gouvernement Fillon a r&#233;duit la dotation de 27 millions d'euros. En outre, le budget 2012 avait &#233;t&#233; b&#226;ti sur une pr&#233;vision de recette publicitaire de 425 millions d'euros d&#233;nonc&#233;e d&#232;s le d&#233;part comme trop optimiste. &#192; l'arriv&#233;e, les recettes de la pub avant 20h seront inf&#233;rieures de 90 millions d'euros par rapport aux pr&#233;visions ! France T&#233;l&#233;visions va donc finir l'ann&#233;e 2012 avec un d&#233;ficit sup&#233;rieur &#224; 100 millions d'euros. Une telle crise financi&#232;re est d'ores et d&#233;j&#224; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or que fait le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ? Au lieu de donner de l'oxyg&#232;ne, il serre la vis et r&#233;duit la dotation budg&#233;taire de France T&#233;l&#233;visions. Il augmente la redevance de 4 &#8364; pour atteindre 129 &#8364;. Une augmentation suppl&#233;mentaire de 2 &#8364; (&#233;quivalant &#224; 50 millions d'euros de recettes suppl&#233;mentaires) a &#233;t&#233; vot&#233;e au S&#233;nat. Sera-t-elle confirm&#233;e ? En revanche, pas question d'adopter d'autres propositions, comme l'&#233;largissement de l'assiette avec une demi-redevance pour les r&#233;sidences secondaires (proposition de certains d&#233;put&#233;s socialistes) ou augmentation de 17 &#8364; &#233;tal&#233;e sur quatre ans (SCAM), ou encore une augmentation nette mais progressive d'une redevance rendue proportionnelle aux revenus (telle que nous la d&#233;fendons).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des pr&#233;visions publicitaires &#233;galement en recul, le chiffre d'affaires de France t&#233;l&#233;visions pourrait baisser en tout de 5 &#224; 7 % et de 150 &#224; 200 millions d'euros en 2013 ! Plus grave encore : la taxe de 0,9 % sur le chiffre d'affaires des op&#233;rateurs priv&#233;s des t&#233;l&#233;coms (SFR, Orange, Free et Bouygues T&#233;l&#233;com) mise en place par Nicolas Sarkozy pour compenser partiellement la fin de la pub apr&#232;s 20h pourrait &#234;tre retoqu&#233;e par Bruxelles &#224; la suite de la plainte des op&#233;rateurs et l'&#201;tat fran&#231;ais &#234;tre condamn&#233; d&#232;s le printemps 2013 &#224; leur rembourser 1,3 milliards d'euros ! Bercy aurait provisionn&#233; cette somme mais refuse de dire si France T&#233;l&#233;visions continuera &#224; percevoir les 250 millions d'euros annuels que cette taxe lui rapportait. Au total ce ne sont pas 200 millions, mais au moins 450 millions d'euros qui pourraient manquer dans les caisses de France T&#233;l&#233;visions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comme toujours en pareil cas on commence par r&#233;duire les effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plan social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrice Papet, directeur des ressources humaines de France T&#233;l&#233;visions l'a avou&#233; lui-m&#234;me lors d'un Comit&#233; central d'entreprise : &lt;i&gt;&#171; De fait, nous sommes d&#233;j&#224; en plan social &#224; France T&#233;l&#233;visions &#187;&lt;/i&gt;... Ce plan social silencieux est celui qui touche les milliers de pr&#233;caires qui ne travaillent plus sans avoir re&#231;u de lettre de licenciement. Certains de ces journalistes ou techniciens, ont parfois cumul&#233; des centaines de contrats sur plus d'une d&#233;cennie. France T&#233;l&#233;visions &#233;tant quasiment leur seul employeur ils se retrouvent, du jour au lendemain, sans emploi et sans la moindre indemnit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rentes antennes de France T&#233;l&#233;visions (France 2, France 3, France 4, France 5 et France &#212;) emploient environ 10 400 &#233;quivalents temps pleins (ETP), parmi lesquels 8400 permanents et 2000 non-permanents (dont 450 journalistes). Mais l'arithm&#233;tique ne rend pas compte de la r&#233;alit&#233; humaine. Si les non-permanents repr&#233;sentent pr&#232;s de 20 % des effectifs de l'entreprise, il faut savoir qu'un ETP est le plus souvent morcel&#233; entre 3 ou 4 salari&#233;s en CDD. De fait il y a pr&#232;s de 7500 salari&#233;s occasionnels &#224; FTV... et ce sont les premi&#232;res victimes du plan de restructuration en cours.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6411 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L402xH351/TV_europeennes-499c9.jpg?1776751952' width='402' height='351' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Contrat d'objectif et de moyens (COM) sign&#233; par France T&#233;l&#233;visions avec le pr&#233;c&#233;dent gouvernement pr&#233;voyait d&#233;j&#224; la suppression d'au moins 500 emplois d'ici &#224; 2015, principalement par des d&#233;parts &#224; la retraite non remplac&#233;s. De fait il y a bien eu de nombreux d&#233;parts volontaires mais, dans le m&#234;me temps, des recrutements sur des secteurs en d&#233;veloppement tel le num&#233;rique, et une r&#233;organisation mal ma&#238;tris&#233;e ont paradoxalement conduit &#224; une l&#233;g&#232;re augmentation de la masse salariale de 2,74 % entre 2011 et 2012. Depuis, la situation &#233;conomique de France T&#233;l&#233;vision s'est tellement aggrav&#233;e que l'inqui&#233;tude est maximale et il est tr&#232;s difficile de dire aujourd'hui combien d'emplois seront supprim&#233;s au final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, tailler dans les effectifs ne suffira pas. Un nouveau COM est en n&#233;gociation et tout laisse penser, comme l'a dit le PDG R&#233;my Pflimlin lors de son audition devant le S&#233;nat, le 24 octobre dernier, que France T&#233;l&#233;visions va &#234;tre confront&#233;e au &lt;i&gt;&#171; plus grand plan d'&#233;conomie &#187;&lt;/i&gt; de son histoire. Premi&#232;res mesures annonc&#233;es au moment o&#249; nous &#233;crivons : une coupe 30 millions d'euros dans le financement des programmes de France 2 et une politique de rediffusions syst&#233;matiques apr&#232;s &#171; Soir 3 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment songer un seul instant que ces &#233;conomies sont compatibles avec le d&#233;veloppement d'une t&#233;l&#233;vision de service public. Et ce n'est pas tout&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. R&#233;duire le p&#233;rim&#232;tre et amaigrir les programmes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Secteur public n'est pas synonyme de service public. Or aucun service public de l'information et de la culture ne peut exister quand, soumis &#224; la concurrence des cha&#238;nes priv&#233;es, il n'est pas en mesure de garantir le pluralisme de l'information et la diversit&#233; des go&#251;ts. C'est le cas, cela s'aggrave, et le gouvernement est pratiquement aux abonn&#233;s absents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;rim&#232;tre r&#233;duit ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de la T&#233;l&#233;vision num&#233;rique terrestre (TNT) a &#233;t&#233; l'occasion de multiplier les canaux et de faire des cadeaux aux groupes priv&#233;s alors que France T&#233;l&#233;visions a &#233;t&#233; interdit de tout projet nouveau (sports, enfants, r&#233;gions, rediffusions...). Avec les premi&#232;res attributions et les six nouvelles qui d&#233;marrent en d&#233;cembre, ce sont en tout 25 cha&#238;nes gratuites qui sont accessibles &#224; tous. Il est indispensable de revenir sur le scandale des attributions des cha&#238;nes sur la TNT. Or le nouveau gouvernement n'entend pas intervenir. Sans doute au nom de &#171; la concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;. Malgr&#233; des programmes parfois indignes, les cha&#238;nes de la TNT captent environ 20 % de l'audience et aspirent 20 % de la pub. Ces cha&#238;nes ne co&#251;tent pratiquement rien et n'ont quasi aucune obligation de production. Une cha&#238;ne de la TNT peut &#234;tre rentable avec 3 % d'audience gr&#226;ce &#224; des catalogues de programmes achet&#233;s &#224; bas co&#251;t. Pour mesurer le danger et la l&#233;g&#232;ret&#233; du l&#233;gislateur, il faut savoir qu'une fiction d'une heure que la t&#233;l&#233;vision publique a autrefois financ&#233; plus d'un million d'euros n'en co&#251;te plus que 3000 &#224; une cha&#238;ne de la TNT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Canal Plus, dont les programmes ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; financ&#233;s par les abonn&#233;s, se lance &#224; son tour dans la t&#233;l&#233;vision gratuite avec la rediffusion en clair de ses programmes gr&#226;ce au rachat des cha&#238;nes de Bollor&#233;. Les g&#233;ants de la t&#233;l&#233; connect&#233;e d&#233;barquent, et des r&#233;organisations et des concentrations sont pr&#233;visibles. Quelle place pourrait avoir la t&#233;l&#233;vision publique dans un secteur totalement d&#233;r&#233;gul&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;France 3 sacrifi&#233;e ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de crise, les dirigeants de FTV et les hauts fonctionnaires sont aujourd'hui confront&#233;s &#224; des choix politiques et strat&#233;giques, et s'interrogent : &#171; Y a-t-il une cha&#238;ne de trop ? Que faut-il sacrifier ? &#187; Le premier projet qui risque d'&#234;tre abandonn&#233; concerne France 4. Cette cha&#238;ne, qui cible les 13/35 ans et qui est en progression constante, &#233;nerve beaucoup le patron de M6 qui aimerait la voir dispara&#238;tre. Dans ses promesses de campagne, Fran&#231;ois Hollande la voyait en matrice d'une cha&#238;ne pour enfants et ados sans publicit&#233;. De son c&#244;t&#233;, la direction de FTV pr&#233;f&#233;rerait racheter les parts de Lagard&#232;re dans la cha&#238;ne &#224; capital mixte Gulli dont elle est actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans un contexte de baisse des moyens et de projets mutil&#233;s, c'est France 3 qui est la plus menac&#233;e. Forte de 4500 salari&#233;s implant&#233;s dans une centaine de sites, elle dispose encore d'une fili&#232;re de production (moyens lourds de retransmissions, fictions et documentaires) et &#233;met chaque jour 24 journaux r&#233;gionaux et 44 &#233;ditions locales en simultan&#233; (23 000 heures de programmes annuels contre 8700 pour une cha&#238;ne nationale). Avec son maillage serr&#233; dans toute la m&#233;tropole, France 3 comme France &#212; (ex RFO) dans les outre mers, a &#233;t&#233; pens&#233;e historiquement comme un &#233;l&#233;ment d'am&#233;nagement du territoire. Or c'est l&#224; que la Direction esp&#232;re tailler dans le vif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle mission France 3 devrait-elle abandonner ? Devrait-elle en finir avec des programmes r&#233;gionaux moribonds ou liquider la fili&#232;re production ? Va-t-on fermer d&#233;finitivement des locales, comme c'est d&#233;j&#224; le cas pendant certaines p&#233;riodes, ou bien r&#233;duire le nombre de journaux et regrouper des r&#233;gions ? Va-t-on sous-traiter l'information avec des alliances avec la PQR ? Fermer des stations outremer &#224; France &#212; (Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna) ? Toutes ces hypoth&#232;ses sont envisag&#233;es, parfois en m&#234;me temps. Le principal probl&#232;me des &#171; d&#233;cideurs &#187; est la gestion politique plus ou moins compliqu&#233;e de ces choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Information standardis&#233;e ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des chantiers d&#233;j&#224; annonc&#233; est celui de la fusion des r&#233;dactions nationales de France 2, France 3 et France &#212; d'ici 2015. La cr&#233;ation d'une usine de l'info, en quelque sorte. Six cent journalistes concourent actuellement &#224; la fabrication des diff&#233;rents journaux (T&#233;l&#233;matin, 13h, 20h, 12/14, 19/20, Soir 3, etc.) des magazines de reportages et de sports. D'o&#249; l'id&#233;e de mettre en place, sur un lieu unique, une &#171; news factory &#187;, sur le mod&#232;le de la BBC, o&#249; une seule r&#233;daction produirait de l'information 24 heures sur 24. Cette grande r&#233;daction fournirait des reportages pour tous les supports (en particulier pour Internet), toutes les &#233;ditions et toutes les cha&#238;nes. L'objectif avou&#233; : tailler s&#233;v&#232;rement dans les effectifs gr&#226;ce &#224; une bonne dose de taylorisme. Face aux critiques qui craignent la standardisation, Thierry Thuillier, le directeur de l'information de France T&#233;l&#233;visions, a une solution : personnaliser chaque &#233;dition gr&#226;ce &#224; la visibilit&#233; de quelques pr&#233;sentateurs et journalistes de plateau. Mais le danger est l&#224; : la fragmentation des t&#226;ches envisag&#233;e va conduire &#224; une sorte de rabaissement journalistique, de &#171; BFMisation &#187; acc&#233;l&#233;r&#233;e. Les journalistes sur le terrain vont perdre la ma&#238;trise de leurs reportages fournis &#224; un desk charg&#233; de retravailler une mati&#232;re brute d'images et d'interviews pour tous les supports... Et le risque est que tous les reportages &#224; haute valeur ajout&#233;e tels que les enqu&#234;tes et les magazines un peu pointus soient tous externalis&#233;s, comme c'est le cas depuis longtemps d&#233;j&#224; pour les documentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Programmes an&#233;mi&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;France T&#233;l&#233;visions qui n'a pas le droit de produire en interne plus de 5 % de ses programmes est tenue de consacrer 60 millions d'euros par an &#224; la production cin&#233;matographique et, surtout, 420 millions d'euros &#224; des programmes audiovisuels que se partagent une quarantaine de producteurs, sans qu'un v&#233;ritable audit de leurs devis ne soit jamais fait. Le PDG R&#233;my Pflimlin r&#233;p&#232;te &#224; qui veut l'entendre qu'il ne pourra respecter les montants obligatoires de commandes aux producteurs priv&#233;s qui sont pourtant inscrits dans la loi, quelle que soit la situation de l'entreprise. Pour l'instant, Aur&#233;lie Filippetti, le ministre de tutelle, n'envisage pas de changement : France T&#233;l&#233;visions doit faire des &#233;conomies, tout en faisant des programmes de qualit&#233;... et en pr&#233;servant les int&#233;r&#234;ts des producteurs priv&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'externalisation et les scandaleux profits des producteurs priv&#233;s n'est qu'un aspect du probl&#232;me. Dans toute l'Europe, la taille et la sant&#233; du secteur audiovisuel d&#233;pendent du bon financement des cha&#238;nes publiques. En France, si 60 % de la production provient de la commande publique, France T&#233;l&#233;visions, sous financ&#233;e, n'arrive pas &#224; alimenter une industrie audiovisuelle digne de ce nom. R&#233;sultat : toutes cha&#238;nes confondues (publiques et priv&#233;es), le volume de production des fictions est l'un des plus faibles d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6412 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L402xH160/Volume_des_fictions-738d8.jpg?1776751952' width='402' height='160' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce probl&#232;me des contenus est un enjeu crucial. Les &#171; d&#233;crets Tasca &#187;, pr&#233;vus au d&#233;part pour favoriser une production ind&#233;pendante, en imposant des quotas obligatoires de commandes publiques ont conduit &#224; toutes les d&#233;rives : interdiction de produire en interne, externalisation de la production financ&#233;e par le r&#233;gime de l'intermittence, profits ind&#233;cents de quelques producteurs et, surtout, d&#233;possession de France T&#233;l&#233;visions de ses propres droits.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L440xH163/Decrets_Tasca-e92bb.jpg?1776751952' width='440' height='163' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; l'heure de la t&#233;l&#233; connect&#233;e, un simple diffuseur est une coquille vide. Avec la diffusion par Internet, ce ne sont pas les tuyaux ou les fr&#233;quences qui comptent mais les catalogues de programmes ! Demain les g&#233;ants de la t&#233;l&#233; seront les studios am&#233;ricains producteurs de s&#233;ries ou de films associ&#233;s &#224; des agr&#233;gateurs ou des distributeurs de contenus tels que Google, Apple ou Netflix. YouTube France ne vient-il pas d'annoncer qu'il mettait d'ores et d&#233;j&#224; en ligne plusieurs cha&#238;nes en association avec des producteurs ? France T&#233;l&#233;visions doit donc retrouver la pleine ma&#238;trise de ses droits et de ses capacit&#233;s de production c&#233;d&#233;s aux producteurs par la volont&#233; du l&#233;gislateur. C'est un enjeu absolument strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* * *&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement qui a promis une nouvelle loi sur l'audiovisuel a semble-t-il l'intention de la repousser &#224; 2014 ? Donnera-t-il les moyens &#224; la t&#233;l&#233;vision publique de se d&#233;velopper... plut&#244;t que de lui administrer le coup de gr&#226;ce ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fernando Malverde (avec Henri Maler)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Qu'on n'aille pas croire qu'il s'agissait de critiquer la publicit&#233; pour elle-m&#234;me. Un seul exemple : interdite le soir, la publicit&#233;, &#224; la diff&#233;rence de ce qui se passe dans les pays scandinaves, est autoris&#233;e dans les programmes r&#233;serv&#233;s aux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les &#171; Contrats d'objectifs et de moyens &#187; sont des contrats pluriannuels conclus entre l'&#201;tat et les entreprises publiques. Ils portent sur les engagements budg&#233;taires et strat&#233;giques pris par ces organismes, en contrepartie des engagements pris par l'&#201;tat en mati&#232;re de ressources.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Fernando Malverde, journaliste &#224; France 3, sur la situation de France T&#233;l&#233;visions</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Entretien-avec-Fernando-Malverde-journaliste-a-France-3-sur-la-situation-de</link>
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		<dc:date>2012-10-05T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fernando Malverde</dc:creator>


		<dc:subject>France 3</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Menace d'asphyxie financi&#232;re et projets tr&#232;s inqui&#233;tants.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Sous-le-regne-de-Francois-" rel="directory"&gt;T&#233;l&#233;visions publiques : Sous le r&#232;gne de Fran&#231;ois Hollande&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-France-3-+" rel="tag"&gt;France 3&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous l'avions dit : le projet du PS pour les m&#233;dias, et particuli&#232;rement pour l'audiovisuel public est &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3571.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un projet minimaliste&lt;/a&gt;. Le programme de Fran&#231;ois Hollande &#233;tait &lt;a href=&#034;http://www.acrimed.org/article3762.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;encore plus r&#233;duit&lt;/a&gt;. Les r&#233;ponses &#224; Acrimed de Fran&#231;ois Hollande (ou de son/sa porte-parole) &#8211; que nous avons publi&#233;es dans &lt;i&gt;M&#233;diacritique(s)&lt;/i&gt;, notre magazine trimestriel &#8211;, un peu plus d&#233;taill&#233;es, &#233;taient tr&#232;s limit&#233;es. Or les &#233;volutions r&#233;centes &#224; France T&#233;l&#233;visions &#8211; et en particulier la r&#233;duction de son budget &#8211; sont, si rien ne vient les contrecarrer, particuli&#232;rement inqui&#233;tantes et les syndicats des salari&#233;s du groupe, d&#233;j&#224; mobilis&#233;s, se pr&#233;parent &#224; d'&#226;pres conflits. C'est pourquoi nous avons demand&#233; &#224; Fernando Malverde, journaliste &#224; France 3, syndicaliste SNJ-CGT et adh&#233;rent d'Acrimed, de faire le point pour nous en nous livrant son point de vue. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;. France T&#233;l&#233;visions semble menac&#233;e d'asphyxie financi&#232;re. La r&#233;duction de la publicit&#233; n'est pas compens&#233;e, en raison des diktats de Bruxelles et du gel des dotations budg&#233;taires de l'&#201;tat. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en effet face &#224; un carrefour dans l'histoire de la t&#233;l&#233;vision publique et ce moment pourrait s'av&#233;rer tr&#232;s dangereux pour elle. Dans le cadre de la mise en place du TSCG, le pacte europ&#233;en d'aust&#233;rit&#233;, le gouvernement vient d'annoncer une baisse de 3 &#224; 4 % (entre 75 et 100 millions d'euros) du budget de France T&#233;l&#233;visions. Comme tout le secteur public, la t&#233;l&#233;vision est somm&#233;e de participer &#224; &#171; l'effort commun &#187;. Il faut tout de m&#234;me rappeler en quelques mots quel est le contexte. En 2008 Nicolas Sarkozy a annonc&#233; la suppression de la publicit&#233; sur France T&#233;l&#233;visions apr&#232;s 20 heures pour, soi-disant, favoriser son recentrage &#233;ditorial. En fait l'ami de tous les patrons des groupes audiovisuels priv&#233;s voulait surtout qu'ils puissent se partager la manne publicitaire ainsi lib&#233;r&#233;e. D&#233;j&#224; chroniquement sous financ&#233;e depuis une vingtaine d'ann&#233;e, France T&#233;l&#233;visions ne s'est jamais remise de ce choc. Son mod&#232;le &#233;conomique bas&#233; sur la redevance &lt;strong&gt;et &lt;/strong&gt;sur la publicit&#233; a &#233;t&#233; totalement d&#233;stabilis&#233;. Nous avons toujours dit que la compensation promise (environ 450 millions d'euros par an en partie gr&#226;ce &#224; une taxe sur les FAI) &#233;tait fragile parce que sujette au bon vouloir de Bercy&#8230; eh bien elle est aujourd'hui contest&#233;e par Bruxelles qui pourrait r&#233;clamer au printemps prochain le remboursement par l'&#201;tat de plus d'un milliard d'euros aux op&#233;rateurs priv&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a encore d'autres facteurs qui expliquent l'asphyxie financi&#232;re actuelle. Les recettes attendues de la pub avant 20 heures ont &#233;t&#233; largement sur&#233;valu&#233;es par la direction du groupe dans un contexte de r&#233;cession &#233;conomique. Ce manque &#224; gagner s'ajoute aux &#233;conomies qu'avait d&#233;j&#224; impos&#233;es le gouvernement Fillon sur la dotation budg&#233;taire d&#232;s le mois d'avril. Nous terminerons donc l'ann&#233;e 2012 avec un d&#233;ficit de 75 &#224; 80 millions d'euros. C'est dans ce contexte qu'interviennent les annonces de rigueur de J&#233;r&#244;me Cahuzac, le nouveau ministre du Budget. Pour m&#233;moire, le dernier Contrat d'objectifs et de moyens sign&#233; avec l'&#201;tat garantissait portant une progression du budget de 2 % par an !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; une l&#233;g&#232;re augmentation de la redevance de 4 euros, ce sont donc pr&#232;s de 160 millions d'euros qui vont manquer l'an prochain au budget de France T&#233;l&#233;visions ! On comprend, dans ces conditions, que le pr&#233;sident de France T&#233;l&#233;visions, si polic&#233; et si prudent d'habitude, ait cru n&#233;cessaire de pr&#233;parer les esprits &#224; un prochain plan social et &#224; une r&#233;duction des missions et des objectifs de la t&#233;l&#233;vision publique. Si l'on analyse les chiffres, on pourrait s'approcher de 1 500 suppressions d'emplois sur les 10 500 permanents que comptent les chaines de France T&#233;l&#233;visions. Et je ne parle m&#234;me pas de ce plan social silencieux en &#339;uvre depuis des mois qui consiste &#224; ne plus faire travailler des centaines de pr&#233;caires et d'intermittents et dont le t&#233;l&#233;phone ne sonne plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; O&#249; en sont les projets de fusion des r&#233;dactions de France 2 et de Frances 3 ? S'agit-il de favoriser des &#171; synergies &#187;, comme on dit ? Et dans ce cas lesquelles ? Ou plus simplement d'un plan d'&#233;conomies drastiques et de r&#233;duction des effectifs ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde savait depuis longtemps que la fusion des r&#233;dactions nationales &#233;tait &#171; dans les tuyaux &#187;. Depuis la mise en place de l'entreprise unique nous sommes dans un processus permanent de restructuration et tout est bon pour rechercher les &#171; synergies &#187;, les &#171; gains de productivit&#233; &#187; ou, plus cr&#251;ment, les &#171; &#233;conomies &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le plan &#171; info 2015 &#187; vient d'&#234;tre annonc&#233;. Il a un double avantage : cela correspond aux v&#339;ux de longue date de la tutelle et de Bercy et cela pourrait permettre &#224; l'actuelle direction de se maintenir aux affaires jusqu'&#224; la fin du mandat de R&#233;my Pflimlin&#8230; justement pr&#233;vu en 2015 ! Mais faisons un pari : m&#234;me si le PDG change &#224; l'occasion d'une nouvelle loi sur l'audiovisuel la fusion des r&#233;dactions restera d'actualit&#233; ! Il y actuellement environ 600 journalistes qui concourent &#224; la fabrication des magazines de reportages et de sport et des journaux des cha&#238;nes France 2, France 3, France &#212; (T&#233;l&#233;matin matin, 13h, 20h, 12/14, 19/20, Soir 3, etc.) Tout le monde sait que les organisations cloisonn&#233;es g&#233;n&#232;rent des &#233;critures diff&#233;rentes... mais aussi des doublons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'id&#233;e de mettre en place, sur un lieu unique, une &#171; news factory &#187;, sur le mod&#232;le de la BBC, o&#249; une seule r&#233;daction produirait de l'information 24 heures sur 24. Cette grande r&#233;daction fournirait des reportages pour tous les supports (en particulier pour Internet), toutes les &#233;ditions et toutes les cha&#238;nes. Thierry Thuillier, le directeur de l'information de France T&#233;l&#233;visions assure qu'il entend pr&#233;server toutes les &#233;ditions (on est pri&#233; de le croire) et leur identit&#233; propre. Comment ? Gr&#226;ce aux pr&#233;sentateurs et &#224; quelques journalistes &#171; de plateaux &#187; qui &#171; personnifieront &#187; chaque &#171; marque &#187;... L'avenir des soutiers de la &#171; factory &#187; est plus vague... mais pas besoin d'&#234;tre devin pour imaginer les enjeux &#233;conomiques et les risques &#233;ditoriaux. Partout ou ce type d'organisation a &#233;t&#233; mis en place cela a conduit, &#224; la fois &#224; une uniformisation de l'&#233;criture journalistique et, bien sur, &#224; des suppressions d'emplois. La r&#233;forme et l'organisation de BBC News qui inspire aujourd'hui l'&#233;quipe Thuillier a entra&#238;n&#233; 2000 suppressions d'emplois dont 800 &#224; la r&#233;daction. Difficile &#224; chiffrer mais ce sont sans doute des centaines de postes de journalistes qui seront supprim&#233;s dans les r&#233;dactions nationales de France T&#233;l&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, c'est le contenu m&#234;me de l'info qui va en prendre un coup. La fragmentation des t&#226;ches envisag&#233;e va conduire &#224; une sorte de BFMisation acc&#233;l&#233;r&#233;e. Les journalistes sur le terrain vont perdre la ma&#238;trise de leur reportages fournis &#224; un &lt;i&gt;desk&lt;/i&gt; charg&#233; de retravailler une mati&#232;re brute d'images et d'interviews pour tous les supports... Et le risque est que tous les reportages &#224; haute valeur ajout&#233;e tels que les enqu&#234;tes et les magazines un peu pointus soient tous externalis&#233;s comme c'est le cas depuis longtemps d&#233;j&#224; pour les documentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Un &#233;pais brouillard enveloppe, semble-t-il, les projets concernant l'avenir de France 3. Qu'est-ce qui semble se dessiner ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement l'absence d'horizon strat&#233;gique pour France 3 est une constante depuis une quinzaine d'ann&#233;es. Pas un seul Contrat d'objectifs et de moyens avec l'&#201;tat n'est all&#233; &#224; son terme ! Parfois, l'encre d'un COM longuement n&#233;goci&#233; est &#224; peine s&#232;che que tout est remis en cause en raison d'un changement de PDG ou d'une alternance politique, comme c'est le cas actuellement. Au fil des ans, les injonctions de la tutelle sont changeantes et contradictoires : Proximit&#233; ? Cha&#238;nes th&#233;matiques ? Tout info ? Programmes culturels ? Portail internet ?&#8230; Une seule chose est constante, quelles que soient les alternances : il faut faire une t&#233;l&#233;vision qui co&#251;te moins cher. Il faut dire que France 3 ce sont 24 journaux r&#233;gionaux et 44 &#233;ditions locales simultan&#233;es, 4500 salari&#233;s soit pr&#232;s de la moiti&#233; de France T&#233;l&#233;visions, implant&#233;s dans une centaine de sites. C'est, &#224; la fois, la cha&#238;ne la moins bien dot&#233;e... et la plus ch&#232;re ! La grille de France 3 co&#251;te 850 millions d'euros (contre 820 millions d'euros pour celle de France 2)... mais elle produit 23 000 heures de programmes annuels contre 8700 pour une cha&#238;ne nationale. On comprend la tentation, malgr&#233; les difficult&#233;s politiques, de changer les missions de France 3 et de revoir au rabais sa mission historique d'am&#233;nagement du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ses premi&#232;res prises de positions Aur&#233;lie Filippetti ne vient-elle pas d'annoncer l'abandon pur et simple d'un projet de r&#233;gionalisation... avant m&#234;me qu'il ne lui ai &#233;t&#233; expos&#233; ! Le projet, rejet&#233; par la ministre, sous pr&#233;texte qu'il co&#251;tait trop cher, est pourtant un vieux serpent de mer conforme &#224; la notion de service public : lancer des cha&#238;nes r&#233;gionales de plein exercice (comme &#171; ViaStella &#187; en Corse) dans plusieurs r&#233;gions m&#233;tropolitaines (dont l'&#206;le-de-France) et les Outre-mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de la situation que traverse France T&#233;l&#233;visions, la fusion des r&#233;dactions nationales est engag&#233;e mais la fabrication de programmes r&#233;gionaux et la production lourde sont &#233;galement menac&#233;es (500 salari&#233;s concourent encore en r&#233;gion &#224; la fabrication de fictions ou de retransmissions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, l'heure est &#224; la r&#233;duction drastique du nombre d'&#233;missions et aux rediffusions. La plupart des r&#233;gions viennent de d&#233;cider la fermeture des &#233;ditions d'informations locales pendant p&#233;riodes de vacances scolaires au risque de brouiller encore un peu plus l'identit&#233; de la cha&#238;ne. L'obsession des &#233;conomies est devenue une seconde nature &#224; France 3. Les cadres n'y sont plus jug&#233;s prioritairement sur des enjeux &#233;ditoriaux ou de qualit&#233; des contenus mais sur l'aptitude &#224; r&#233;duire les co&#251;ts, &#224; tenir compte des contraintes, &#224; respecter la consigne z&#233;ro CDD. Comme le hamster qui tourne dans sa roue sans but &#171; &lt;i&gt;on fait des &#233;conomies pour faire des &#233;conomies&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le flou strat&#233;gique, les menaces sur l'avenir, la r&#233;organisation des services, un travail qui se d&#233;grade, une ren&#233;gociation des conventions collectives sous la pression, tout cela g&#233;n&#232;re chez de nombreux salari&#233;s de France 3 une souffrance et un profond mal &#234;tre qui n'a parfois rien &#224; envier &#224; des entreprises comme France T&#233;l&#233;com.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; France T&#233;l&#233;visions est plac&#233;e sous la double tutelle du minist&#232;re de l'Information et de la Communication et du minist&#232;re des Finances. Comment se manifeste cette double commande ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peux-t-on r&#233;ellement parler d'une double commande ? M&#234;me s'il connait tr&#232;s bien l'entreprise publique et les enjeux culturels et soci&#233;taux de la t&#233;l&#233;vision, le minist&#232;re de la Communication exerce-t-il sa mission avec une r&#233;elle autonomie ? Ne fait-il pas autre chose que de mettre en place de mani&#232;re technique les contraintes que lui impose le minist&#232;re des Finances ? Qui a la main sur le niveau de la redevance ? Ou sur la compensation budg&#233;taire li&#233;e &#224; la suppression de la pub apr&#232;s 20 heures ? Cette pression de Bercy est la r&#232;gle dans tous les minist&#232;res, mais il y a aussi un autre aspect moins connu : le puissant lobbying des producteurs. Il y a un haut degr&#233; de connivence, parfois aux limites du conflit d'int&#233;r&#234;ts, entre les hauts fonctionnaires des deux minist&#232;res, le monde de la production priv&#233;e et les cadres dirigeants de l'audiovisuel. Dans le contexte de crise actuelle, les gros producteurs ont d'ores et d&#233;j&#224; fait passer le message : si des &#233;conomies sont &#224; trouver, ce n'est pas en baissant leur chiffre d'affaire, mais en r&#233;duisant les missions et les effectifs de France T&#233;l&#233;visions. Que se passera-t-il ? On peut prendre des paris, quelles que soient les difficult&#233;s, les obligations de commandes ne baisseront pas et les sacrifices seront du c&#244;t&#233; de l'entreprise publique. Il faut dire que les carri&#232;res alternent entre public et priv&#233; et que les r&#233;seaux de gauche (mod&#233;r&#233;e) et de droite s'entrem&#234;lent. Il faudrait le talent d'un Balzac pour d&#233;crire ce petit monde parisien des 200 petits marquis qui r&#232;gnent sur la culture et l'audiovisuel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; France T&#233;l&#233;visions n'a plus r&#233;ellement la ma&#238;trise de la production des programmes, externalis&#233;e depuis l'adoption des &#171; d&#233;crets Tasca &#187;. Conna&#238;t-on les intentions du gouvernement dans ce domaine ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;velopper une industrie des programmes digne de ce nom pourrait &#234;tre une belle ambition pour un gouvernement qui se pique de &#171; redressement productif &#187;. La France, dont la politique de r&#233;gulation dans le cin&#233;ma est une vraie r&#233;ussite avec un syst&#232;me de financement qui permet de produire plus de 250 longs m&#233;trages par an, a &#233;t&#233; incapable de faire la m&#234;me chose pour son industrie audiovisuelle. C'est pourtant une industrie culturelle difficile &#224; d&#233;localiser...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, le volume de production des fictions, s&#233;ries et documentaires pour le petit &#233;cran est deux &#224; trois fois moindre que celui de l'Allemagne ou du Royaume-Uni ! Pour favoriser la production priv&#233;e, les d&#233;crets Tasca ont pourtant impos&#233; l'obligation de commandes et la cession des droits. De m&#234;me, l'outil de production public a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; avec le bradage de la d&#233;funte SFP &#224; Bollor&#233;. Aujourd'hui, les producteurs priv&#233;s sont nombreux, concentr&#233;s, et parfois tr&#232;s riches... mais on a oubli&#233; de financer le financeur, c'est-&#224;-dire France T&#233;l&#233;visions !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors qu'ils vivent gr&#226;ce &#224; l'intermittence et &#224; la manne de France T&#233;l&#233;visions, les gros producteurs menacent : pas question de revenir sur l'obligation des 470 millions d'euros (cin&#233;ma et programmes) de commandes ! Pour eux c'est seulement &#224; France T&#233;l&#233;visions de se serrer la ceinture. Et il semblerait qu'Aur&#233;lie Filippetti les &#233;coute favorablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, la CGT de France T&#233;l&#233;vision a beaucoup combattu la nocivit&#233; des d&#233;crets Tasca qui ont conduit &#224; l'externalisation de la production mais il y a aujourd'hui un argument nouveau qui pourrait faire bouger les lignes. Si la t&#233;l&#233;vision publique se contente d'&#234;tre un diffuseur et un financeur, &#224; l'heure de la t&#233;l&#233; connect&#233;e, elle pourrait tr&#232;s vite perdre toute substance et devenir une coquille vide. Avec la diffusion par Internet, ce ne sont pas les tuyaux ou les fr&#233;quences qui vont compter mais les contenus ! Demain les g&#233;ants de la t&#233;l&#233; seront les studios am&#233;ricains producteurs de s&#233;ries ou de films associ&#233;s &#224; des agr&#233;gateurs tels que Google, YouTube ou Apple. France T&#233;l&#233;visions doit donc retrouver la pleine ma&#238;trise de ses droits et de ses capacit&#233;s de production c&#233;d&#233;s aux producteurs par la volont&#233; du l&#233;gislateur. C'est un enjeu absolument strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Dans sa r&#233;ponse &#224; Acrimed, Fran&#231;ois Hollande (ou son/sa porte-parole) promettait&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une clarification durable du p&#233;rim&#232;tre, de l'organisation et de l'identit&#233; des diff&#233;rentes composantes de l'audiovisuel public. Sans pr&#233;juger les n&#233;cessaires concertations pr&#233;alables et les d&#233;bats parlementaires, je peux d'ores et d&#233;j&#224; &#233;voquer les directions suivantes : la cr&#233;ation d'une cha&#238;ne jeunesse sans publicit&#233; sur le canal de France 4 (enfants et ados en journ&#233;e, jeunes adultes en soir&#233;e) ; la cr&#233;ation d'un portail &#171; information &#187; aliment&#233; par l'ensemble des op&#233;rateurs publics ; la remise &#224; plat du syst&#232;me de l'AEF pour s&#233;curiser RFI et TV5 Monde et r&#233;fl&#233;chir &#224; l'avenir de France 24. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;O&#249; en sont ces divers projets ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le candidat Hollande a &#233;t&#233; interrog&#233;, il parlait de &#171; clarifier &#187; le p&#233;rim&#232;tre de l'audiovisuel public. Au vu de ce que j'exposais plus haut sur la crise que nous connaissons, il est &#224; craindre que le pr&#233;sident &#233;lu et son gouvernement ne se servent du pr&#233;texte d'une red&#233;finition du p&#233;rim&#232;tre de France T&#233;l&#233;visions pour seulement le r&#233;duire en vue d'&#233;conomies. Ce gouvernement s'inscrirait ainsi dans dans la lign&#233;e de ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; et qui ont tous &#339;uvr&#233; depuis plus de 25 ans au d&#233;sengagement de l'&#201;tat au profit du secteur priv&#233; : privatisation de TF1 en 1984, d&#233;crets Tasca en 1990, SFP brad&#233;e &#224; Bollor&#233; en 2001, refus de tout d&#233;veloppement de France T&#233;l&#233;visions lors du lancement de la TNT en 2005, remise en cause des recettes de la pub en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'une cha&#238;ne enfant et jeunesse est une tr&#232;s bonne id&#233;e. Elle &#233;tait d'ailleurs dans les tiroirs lors du lancement de la TNT et a alors &#233;t&#233; refus&#233;e par le gouvernement Raffarin. Faut-il pour cela transformer France 4 qui marche bien qui a le don d'&#233;nerver le patron de M 6 qui pr&#244;ne sa disparition ? Ou faut-il, comme le pr&#233;conise la direction de France T&#233;l&#233;vision, racheter les parts de Lagard&#232;re dans la cha&#238;ne &#224; capital mixte Gulli ? C'est &#224; d&#233;battre mais ce que l'on peut esp&#233;rer de l'&#201;tat r&#233;gulateur c'est qu'il d&#233;veloppe les missions du secteur public plut&#244;t que de les amenuiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'audiovisuel ext&#233;rieur et l'information en continu on ne peut qu'&#234;tre profond&#233;ment d&#233;&#231;u par les premiers signaux de ce nouveau gouvernement. Alors que le candidat Hollande s'&#233;tait clairement exprim&#233; contre la fusion RFI/France 24, cette aberration se poursuit dans les faits sur la base du rapport Cluzel (appuy&#233; par la CFDT). Si l'heure est &#224; la red&#233;finition des p&#233;rim&#232;tres c'est le moment de laisser RFI dans celui de Radio France et d'int&#233;grer France 24 &#224; France T&#233;l&#233;visions comme le r&#233;clament les salari&#233;s ! Qu'il s'agisse de la radio, de la t&#233;l&#233;vision, voire de l'AFP, la puissance de feu du secteur public en mati&#232;re d'images, de sons ou d'information est consid&#233;rable... et, en m&#234;me temps, cloisonn&#233;e et &#233;clat&#233;e. &#192; mon avis, les r&#233;ticences &#224; mettre en place un puissant p&#244;le public de l'audiovisuel et de l'information ne tiennent qu'&#224; de mauvaises raisons : la peur d'avoir &#224; r&#233;aliser une harmonisation sociale et la peur des places fortes syndicales...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Fran&#231;ois Hollande a abord&#233; ces questions du p&#233;rim&#232;tre de la t&#233;l&#233;vision publique, il aurait pu revenir sur les attributions de cha&#238;nes sur la TNT. L'interdiction faite &#224; France T&#233;l&#233;visions de pr&#233;senter tout projet de nouvelle cha&#238;ne (sports, enfants, r&#233;gions, rediffusions...) est-elle normale ? &#192; l'arriv&#233;e de la TNT, le l&#233;gislateur n'a pas cherch&#233; &#224; prot&#233;ger le secteur public face &#224; une concurrence sans r&#232;gles. Aujourd'hui, les d&#233;g&#226;ts sont consid&#233;rables : les cha&#238;nes de la TNT ont &#233;miett&#233; l'audience et aspir&#233; les recettes publicitaires alors qu'elles n'ont pratiquement aucune obligation de production originale ! Aujourd'hui les cha&#238;nes de la TNT captent environ 20 % de l'audience et 20 % de la pub. Et il faut savoir qu'une cha&#238;ne de la TNT peut &#234;tre rentable avec 3 % d'audience gr&#226;ce &#224; des catalogues de programmes achet&#233;s &#224; bas co&#251;t. Un programme d'une heure que la t&#233;l&#233;vision publique a autrefois financ&#233; plus d'un million d'euros ne co&#251;te plus que 3000 euros &#224; une cha&#238;ne de la TNT !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit nouvelles cha&#238;nes TNT en HD arrivent en d&#233;cembre 2012. Canal Plus se lance &#224; son tour dans la t&#233;l&#233;vision gratuite avec la rediffusion en clair de ses programmes gr&#226;ce au rachat des cha&#238;nes de Bollor&#233;. Les g&#233;ants de la t&#233;l&#233; connect&#233;e d&#233;barquent, des r&#233;organisations et des concentrations sont pr&#233;visibles mais on sait d&#233;j&#224; que dans ce secteur totalement d&#233;r&#233;gul&#233; la t&#233;l&#233; publique a du souci &#224; se faire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fernando Malverde&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;l&#233; du futur : quel avenir pour France t&#233;l&#233;visions ?</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Tele-du-futur-quel-avenir-pour-France-televisions</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Tele-du-futur-quel-avenir-pour-France-televisions</guid>
		<dc:date>2007-02-26T06:51:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fernando Malverde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'organisation m&#233;thodique du d&#233;clin du secteur public&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Televisions-publiques-Projets-et-menaces-1997-2007-" rel="directory"&gt;T&#233;levisions publiques : Projets et menaces (1997-2007)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, avec l'autorisation de son auteur, un article &#224; para&#238;tre dans le prochain num&#233;ro de &lt;i&gt;T&#233;moins&lt;/i&gt;, la revue du &lt;a href=&#034;http://www.snj.cgt.fr/index1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SNJ-CGT&lt;/a&gt; (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
La loi sur la t&#233;l&#233;vision du futur en cours d'adoption devait pr&#233;parer le basculement de la diffusion analogique hertzienne vers le tout num&#233;rique, la Haute D&#233;finition et la t&#233;l&#233;vision accessible depuis les portables. N&#233;cessaire face aux mutations technologiques et aux nouveaux modes de consommation de la t&#233;l&#233;vision, elle n'&#233;carte malheureusement aucune des menaces qui p&#232;sent sur la t&#233;l&#233;vision publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'&#233;laboration de la Loi sur la t&#233;l&#233;vision du futur s'inscrit dans la logique permanente d'un Etat lib&#233;ral qui organise m&#233;thodiquement le d&#233;clin de son secteur public. D&#233;j&#224;, en mars 2005, le lancement de la T&#233;l&#233;vision Num&#233;rique Terrestre s'est pratiquement fait sans France t&#233;l&#233;visions et a totalement exclu le monde associatif des cha&#238;nes locales ind&#233;pendantes. Sur les 18 cha&#238;nes gratuites accessibles en qualit&#233; num&#233;rique, la t&#233;l&#233;vision publique qui, au d&#233;part, devait disposer de sept &#224; huit canaux suppl&#233;mentaires pour diversifier son offre de programme (cha&#238;nes r&#233;gionales de plein exercice, cha&#238;nes pour les enfants, cha&#238;ne de sport, cha&#238;ne de retransmission du spectacle vivant...), n'a eut droit, &#224; l'arriv&#233;e, qu'a une seule cha&#238;ne nouvelle : la cha&#238;ne France 4, en partie aliment&#233;e gr&#226;ce &#224; des rediffusions. Petits lots de consolation pour le secteur public : le passage en diffusion toute la journ&#233;e d'Arte, de RFO (par satellite) et de France 5 et le partage d'un canal de diffusion pour les deux cha&#238;nes parlementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur priv&#233; disposait d&#233;j&#224; des cha&#238;nes &#171; premiums &#187; TF1, M6, Canal + et de leurs diff&#233;rents bouquets num&#233;riques payants (une dizaine de cha&#238;nes &#233;galement commercialis&#233;s sur le num&#233;rique). Cela ne suffisait pas : la TNT a &#233;t&#233; l'occasion de cr&#233;er &lt;strong&gt;neuf nouvelles cha&#238;nes&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;priv&#233;es&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;suppl&#233;mentaires&lt;/strong&gt;, ce qui a encore renforc&#233; le d&#233;s&#233;quilibre dont souffre le secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une loi taill&#233;e sur mesure pour le priv&#233;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle loi dite &#171; &lt;i&gt;de la t&#233;l&#233;vision du futur &lt;/i&gt; &#187; est un texte qui organise le passage au tout num&#233;rique &#224; partir de 2008 avec l'abandon de la diffusion en analogique hertzien pr&#233;vue pour 2011. Les constructeurs de postes de t&#233;l&#233;vision ont d&#233;sormais l'obligation de les &#233;quiper d'un d&#233;codeur num&#233;rique int&#233;gr&#233;. Les propri&#233;taires de mod&#232;les anciens devront s'&#233;quiper de d&#233;codeurs (des aides sont pr&#233;vues pour les foyers les plus modestes). Les t&#233;l&#233;spectateurs habitants dans des zones d'ombres (environ 5 % de la population) pourront b&#233;n&#233;ficier d'une aide &#224; l'&#233;quipement pour recevoir le bouquet satellitaire gratuit. La loi pr&#233;pare &#233;galement la t&#233;l&#233;vision haute d&#233;finition (TVHD), o&#249; la France a d&#233;j&#224; pris beaucoup de retard, et la r&#233;ception sur les portables ou autres Ipod (TMP, t&#233;l&#233;vision mobile personnelle) gr&#226;ce &#224; la r&#233;affectation d'une partie des fr&#233;quences hertziennes lib&#233;r&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les fr&#233;quences analogiques hertziennes lib&#233;r&#233;es pourraient &#233;galement servir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un amendement, plut&#244;t bienvenu, envisage par ailleurs que les fournisseurs d'acc&#232;s &#224; Internet tels que Free ou France T&#233;l&#233;com, contribuent au COSIP (Compte de Soutien des Industries de Programmes). On ne peut qu'approuver. Il est temps, en effet, que les op&#233;rateurs qui proposent des abonnements triples (t&#233;l&#233;phone, internet haut d&#233;bit et... t&#233;l&#233;vision) participent au financement des contenus qui contribuent &#224; leurs b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, au pr&#233;texte de favoriser les mutations technologiques, le texte pr&#233;voit &#233;galement un inadmissible cadeau qui favorise, si besoin &#233;tait, les grands op&#233;rateurs priv&#233;s et leur concentration. En m&#234;me temps qu'une nouvelle prorogation de leur autorisation d'&#233;mettre -qui passe ainsi &#171; en douce &#187; et sans contrepartie- TF1, Canal + et M6 disposeront chacun d'une &#171; cha&#238;ne bonus &#187; suppl&#233;mentaire ! L'ensemble des groupes parlementaires de gauche ont protest&#233; et se sont engag&#233;s &#224; revoir cette disposition en cas de changement de majorit&#233;. Le club des nouveaux entrants dans la TNT s'est insurg&#233; face cette &#171; concurrence d&#233;loyale &#187; et m&#234;me l'UDF a touss&#233;, mais rien n'y a fait. Le gouvernement s'est empress&#233;, en pleine p&#233;riode &#233;lectorale, de faire passer cette disposition en urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des d&#233;fis...et peu d'argent pour la t&#233;l&#233;vision publique&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;videmment la t&#233;l&#233;vision publique ne b&#233;n&#233;ficie, elle, d'aucun cadeau. Pas de cha&#238;ne suppl&#233;mentaire et aucun financement d&#233;di&#233; face au surco&#251;t consid&#233;rable que repr&#233;sente la double diffusion num&#233;rique et analogique pendant les ann&#233;es &#224; venir. De la m&#234;me fa&#231;on, si un engagement est pris pour garantir &#224; France 3 la diffusion de ses 24 programmes r&#233;gionaux par satellite les d&#233;tails techniques de ce projet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De tr&#232;s nombreux t&#233;l&#233;spectateurs ne re&#231;oivent pas le bon d&#233;crochage de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et son financement restent dans le flou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'affectation &#224; la t&#233;l&#233;vision publique d'un des trois ou quatre canaux de diffusion en Haute D&#233;finition est pr&#233;vue par la loi. Mais, &#224; la diff&#233;rence de ce qui s'est pass&#233; en Grande Bretagne, o&#249; la BBC pr&#233;pare d&#233;j&#224; depuis des ann&#233;es sa modernisation &lt;strong&gt;avec des budgets sp&#233;cifiques&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;suppl&#233;mentaires&lt;/strong&gt;, rien de tel n'est pr&#233;vu pour France t&#233;l&#233;visions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Significativement, le Contrat d'Objectifs et de Moyens pour la p&#233;riode 2006/2010 n'est toujours pas sign&#233; et la demande, bien modeste, d'augmentation de 3% du budget r&#233;clam&#233; par le PDG de France t&#233;l&#233;visions Patrick de Carolis n'a toujours re&#231;u aucune r&#233;ponse. Les mutations technologiques et le renouvellement du mat&#233;riel imposent &#224; France t&#233;l&#233;visions des investissements consid&#233;rables. Dans le m&#234;me temps, l'inflation des co&#251;ts pour l'achat de droits et les besoins en programmes nouveaux n'a jamais &#233;t&#233; aussi importante. Pourtant, la seule source de financement pr&#233;vue par la tutelle passe par des plans d'&#233;conomie. La Direction de la t&#233;l&#233;vision publique pr&#233;pare m&#234;me une sorte de plan social &#171; soft &#187; avec des d&#233;parts en retraite non remplac&#233;s et des menaces tr&#232;s s&#233;rieuses sur le p&#244;le production de France 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obligation pour la t&#233;l&#233;vision de respecter le pluralisme fait naturellement partie du d&#233;bat public. En cette p&#233;riode &#233;minemment politique, la question des moyens et de l'avenir de la t&#233;l&#233;vision publique doit &#233;galement en faire partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fernando Malverde&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Article &#224; para&#238;tre dans le prochain num&#233;ro de &lt;i&gt;T&#233;moins&lt;/i&gt;, la revue du &lt;a href=&#034;http://www.snj.cgt.fr/index1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;SNJ-CGT&lt;/a&gt; (Acrimed)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les fr&#233;quences analogiques hertziennes lib&#233;r&#233;es pourraient &#233;galement servir au d&#233;veloppement des t&#233;l&#233;visions locales et associatives mais la loi ne pr&#233;voit aucun dispositif d'aide &#224; ce propos.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De tr&#232;s nombreux t&#233;l&#233;spectateurs ne re&#231;oivent pas le bon d&#233;crochage de France 3 sur la TNT &#224; cause du nombre limit&#233; d'&#233;metteurs (115 &#224; terme contre pr&#232;s de 3000 en analogique). La solution est une deuxi&#232;me fr&#233;quence TNT sur la zone d'&#233;mission ou le satellite qui, effectivement, r&#232;gle ce probl&#232;me et permet &#224; n'importe quel t&#233;l&#233;spectateur en France de recevoir n'importe quel d&#233;crochage r&#233;gional sans pour autant r&#233;gler le d&#233;crochage des locales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Venezuela : Des m&#233;dias qui r&#234;vent d'un putsch (2002-2004)</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Venezuela-Des-medias-qui-revent-d-un-putsch-2002-2004</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.acrimed.org/Venezuela-Des-medias-qui-revent-d-un-putsch-2002-2004</guid>
		<dc:date>2005-01-27T12:04:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fernando Malverde</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;De la pr&#233;paration du Coup d'Etat d'avril 2002 au r&#233;f&#233;rendum d'ao&#251;t 2004 : une guerre m&#233;diatique embl&#233;matique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Medias-au-Venezuela-" rel="directory"&gt;M&#233;dias au Venezuela&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ici sous forme de tribune et avec l'autorisation de son auteur un article paru dans la revue &lt;i&gt;T&#233;moins, &lt;/i&gt;num&#233;ro 19 de novembre 2004,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;publi&#233;e par le SNJ-CGT. R&#233;dig&#233; &#224; la suite d'une mission d'observation des m&#233;dias v&#233;n&#233;zu&#233;liens pr&#233;sente &#224; Caracas fin juillet 2004&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;l&#233;gation, pour la France, comprenait Renaud Lambert (OFM), Henri Maler (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette contribution propose des le&#231;ons qui sont toujours actuelles. (&lt;i&gt;Acrimed&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Depuis l'&#233;lection d'Hugo Ch&#224;vez en 1998, le Venezuela s'est engag&#233; dans un projet politique progressiste et antilib&#233;ral sous le parrainage symbolique de Simon Bolivar. Apr&#232;s avoir d&#233;jou&#233; une tentative de coup d'Etat et une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale foment&#233;es avec la complicit&#233; des patrons de la presse priv&#233;e, le pr&#233;sident Ch&#224;vez vient aujourd'hui de gagner haut la main l'&#233;lection r&#233;clam&#233;e par l'opposition. Pour quiconque n'aurait fait que regarder la t&#233;l&#233;vision, &#233;couter la radio et lire les journaux v&#233;n&#233;zu&#233;liens, cette &#233;crasante victoire est totalement incompr&#233;hensible. Pourtant, la plupart des m&#233;dias dans le monde ne font que s'aligner sur la d&#233;sinformation de la presse v&#233;n&#233;zuelienne. Une presse qui a perdu toute mesure et toute dignit&#233;. Enqu&#234;te sur une guerre m&#233;diatique comparable &#224; celle qu'a subie le Chili de Salvador Allende.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;L'entr&#233;e de la t&#233;l&#233;vision priv&#233;e RCTV (Radio Caracas TV) porte encore les traces d'une manifestation avec quelques slogans maculant les murs : &#171; Assez de mensonges ! &#187; ou &#171; M&#233;dias putschistes ! &#187;. La plupart des journalistes de cette cha&#238;ne comme ceux de tous les m&#233;dias priv&#233;s se plaignent aujourd'hui de l'hostilit&#233; qu'ils ressentent dans les quartiers populaires. Un journaliste crois&#233; dans les couloirs nous dit d'une formule le d&#233;sarroi de toute une profession &#171; &lt;i&gt;Avant nous n'&#233;tions pas bien pay&#233;s&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le salaire d'un journaliste de base ne d&#233;passe pas deux fois le smic local (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt; mais au moins nous &#233;tions respect&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que s'est-il pass&#233; au Venezuela ? Pourquoi, dans certains cas, certains confr&#232;res ont-ils m&#234;me eut &#224; subir d'inacceptables agressions physiques lors de la couverture de manifestations de partisans du pr&#233;sident Ch&#224;vez ? Lorsque nous interrogeons Soraya Castellanos une des r&#233;dactrices en chef de RCTV sur les raisons de cette hostilit&#233;, elle ne l'explique que par l'agressivit&#233; d'activistes manipul&#233;s par le gouvernement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est &#233;galement l'unique explication de l'association corporatiste Reporters (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le contenu des &#233;missions d'informations diffus&#233;es par sa cha&#238;ne ? Le parti pris militant syst&#233;matique ? Rien, selon elle, ne d&#233;roge aux r&#232;gles de l'objectivit&#233; ou de l'&#233;thique professionnelle. Lorsque nous l'interrogeons sur les circonstances du coup d'&#233;tat rat&#233; d'avril 2002 et sur l'implication des m&#233;dias, sa r&#233;ponse montre l'incroyable d&#233;calage et l'aveuglement id&#233;ologique d'une grande partie de la profession : &#171; &lt;i&gt;Mais&lt;/i&gt;-nous dit-elle-&lt;i&gt; je ne suis m&#234;me pas s&#251;re qu'il y ait vraiment eu un coup d'&#233;tat...&lt;/i&gt; &#187; (Voir ci-dessous : &#171; Un coup d'Etat m&#233;diatique &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans l'univers d'Orwell l'opposition et ses serviteurs r&#233;&#233;crivent le pass&#233;... de la m&#234;me mani&#232;re qu'ils truquent la r&#233;alit&#233; au pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;Un coup d'Etat m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2002, &#224; la suite de provocations lors de manifestations de l'opposition chauff&#233;e &#224; blanc par les m&#233;dias, le pr&#233;sident d&#233;mocratiquement &#233;lu Hugo Ch&#224;vez a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; et mis au secret pendant 48h, l'assembl&#233;e nationale et la cour supr&#234;me ont &#233;t&#233; dissoutes, la constitution suspendue. Une vingtaine de morts sont &#224; d&#233;plorer pendant cette tentative de coup d'&#233;tat dirig&#233; par le Medef local et des secteurs militaires d'extr&#234;me droite. On sait aujourd'hui que les pr&#233;paratifs eurent lieu dans les locaux de la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision Venevision et que plusieurs patrons de presse se trouvaient dans le palais pr&#233;sidentiel pour c&#233;l&#233;brer leur &#233;ph&#233;m&#232;re succ&#232;s. V&#233;ritable c&#339;ur battant du putsch, les cha&#238;nes inventent la d&#233;mission d'Hugo Chavez qui est en &#233;tat d'arrestation. Elles se r&#233;jouissent en direct du &#171; &lt;i&gt;golpe&lt;/i&gt; &#187; et des arrestations de ministres et de militants Bolivariens. Alors qu'aucune censure n'a jamais &#233;t&#233; exerc&#233;e par Hugo Ch&#224;vez, les putschistes ferment la t&#233;l&#233; publique, arr&#234;tent des journalistes de m&#233;dias communautaires et organisent le black out de l'information quand le putsch a rat&#233;. Le jour du retour du pr&#233;sident d&#233;mocratiquement &#233;lu, le d&#233;pit des m&#233;dias est tel qu'aucun journal ne para&#238;t et que des documentaires animaliers ont remplac&#233; les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s ! C'est l&#224; qu'est n&#233;e la v&#233;ritable fracture entre les m&#233;dias priv&#233;es et le petit peuple du V&#233;n&#233;zuela&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'informations sur ces faits qui ne furent jamais condamn&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propagande &#224; la une&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les semaines qui pr&#233;c&#232;dent le r&#233;f&#233;rendum du 15 ao&#251;t 2004, les spots politiques au style caricatural s'encha&#238;nent sur les cha&#238;nes de TV. Ils sont parfois difficiles &#224; distinguer des clips d'auto promotion. Sur RCTV le sigle de la cha&#238;ne et un appel &#224; voter oui se m&#233;langent (la question pos&#233;e lors du r&#233;f&#233;rendum d'ao&#251;t &#233;tait : souhaitez-vous le d&#233;part d'Hugo Chavez ?). Sur Globovision la promotion du documentaire &#171; &lt;i&gt;Quelle r&#233;volution ?&lt;/i&gt; &#187; passe &#224; toute heure. Musique dramatique, coup de feu ou flaques de sang en boucle associ&#233;es &#224; des images de Ch&#224;vez ou &#224; des fragments de ses discours sortis de tout contexte. Ce clip utilise grossi&#232;rement les techniques audiovisuelles pour assimiler l'image du pr&#233;sident &#224; celle de la violence. Diffus&#233; jusqu'&#224; plus soif il n'est pas produit par un parti d'opposition mais fait partie des programmes &#171; normaux &#187; d'une cha&#238;ne priv&#233;e. Le ton de Globovision est tellement stressant que les v&#233;n&#233;zu&#233;liens l'appellent &#171; Globoterror &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reportages des Journaux T&#233;l&#233;vis&#233;s sont construits sur des mod&#232;les r&#233;p&#233;titifs. Dans chaque sujet trois &#224; quatre personnes d&#233;clinent sans contre partie la m&#234;me opinion. Les d&#233;fenseurs de l'action gouvernementale ou ses portes paroles ne sont quasiment jamais sollicit&#233;s. L'objectivit&#233;, m&#234;me simul&#233;e, est le dernier des soucis. Le d&#233;s&#233;quilibre m&#233;diatique est total. La majorit&#233; est ultra minoritaire dans les journaux et le petit &#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse &#233;crite n'est pas en reste dans ce journalisme de combat. Figure du journalisme v&#233;n&#233;zuelien, Miguel Enrique Otero, le Directeur d' &lt;i&gt;El Nacional&lt;/i&gt; le dit nettement lors du discours prononc&#233; le 3 ao&#251;t dernier &#224; l'occasion du 61&#232;me anniversaire de son journal : &#034; &lt;i&gt;face &#224; ce gouvernement, que les choses soient claires, nous ne pouvons pas &#234;tre impartiaux&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#232;gles d&#233;ontologiques sont bafou&#233;es &#224; longueur de pages : suppositions, rumeurs et all&#233;gations sans preuve remplissent les colonnes. Quand par exemple une accusation de corruption est port&#233;e contre un fonctionnaire du gouvernement, les sources sont toujours anonymes, le journaliste se devant de les prot&#233;ger... &#171; &lt;i&gt;par crainte des repr&#233;sailles de la dictature&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les accusations contre le gouvernement d'Hugo Ch&#224;vez, la plus absurde est l'affirmation que la presse est musel&#233;e ou que la libert&#233; d'expression est menac&#233;e au V&#233;n&#233;zuela&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lobby de l'opposition est tr&#232;s puissant. En juin 2004, le Conseil (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe, au contraire, est la libert&#233; de ton proche de l'invective et le sentiment d'impunit&#233; et de toute puissance des patrons de presse. Traiter Hugo Ch&#224;vez de &#034;&lt;i&gt;d&#233;ment&lt;/i&gt;&#034;, se moquer de lui avec des allusions racistes, sont des choses banales. Ecrire comme Enrique Landera que le chef de l'Etat est un &#034;&lt;i&gt;fasciste, putschiste et terroriste&lt;/i&gt;&#034; dont la gestion pr&#233;sidentielle est &#171; &lt;i&gt;la plus insolente, obsc&#232;ne, corrompue et antipatriotique que nous n'avons jamais imagin&#233;e&lt;/i&gt; &#187; est chose courante (&lt;i&gt;El Universal&lt;/i&gt; du 24 juillet 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 juillet dernier le journal &lt;i&gt;El Nacional&lt;/i&gt;, un des plus importants quotidiens du pays reproduit les propos de Carlos Andres Perez recueillis depuis Miami. L'ancien chef de l'&#233;tat social d&#233;mocrate, tr&#232;s impopulaire pour avoir appliqu&#233; les mesures dict&#233;es par le FMI et qui fut ensuite destitu&#233; par ses amis et incarc&#233;r&#233; pour corruption. Il pr&#244;ne aujourd'hui la violence et une dictature. &lt;i&gt;&#034;Je travaille &#224; chasser Ch&#225;vez du pouvoir. La violence va nous le permettre. C'est le seul chemin que nous avons&#034;&lt;/i&gt; d&#233;clare celui qui fut vice pr&#233;sident de l'internationale socialiste. Selon lui, &#171; &lt;i&gt;... Nous avons besoin d'une p&#233;riode de transition de deux ou trois ans... Une junte doit gouverner durant cette transition &lt;/i&gt; &#187;.Quant &#224; Ch&#224;vez, il doit, selon lui, &#171; &lt;i&gt;mourir comme un chien, car il le m&#233;rite &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dias et oligarchie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est le cas sur tout le continent latino-am&#233;ricain, au Venezuela les grands m&#233;dias appartiennent aux familles de l'oligarchie. Sur dix grands journaux nationaux neuf sont violemment antichavistes. Dans l'audiovisuel ce sont 95% des fr&#233;quences radios et t&#233;l&#233; qui appartiennent &#224; des groupes priv&#233;s et sont hostiles au gouvernement !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le paysage audiovisuel est largement domin&#233; par les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;visions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quarante ans le syst&#232;me politique v&#233;n&#233;zu&#233;lien a fonctionn&#233; sur une alternance entre deux partis : le COPEI (D&#233;mocrate Chr&#233;tien) et Action D&#233;mocratique (Social D&#233;mocrate). L'argent du p&#233;trole a d&#233;velopp&#233; une corruption devenue l&#233;gendaire. Un capitalisme structurellement li&#233; &#224; l'Etat et &#224; une distribution de privil&#232;ges, de contrats, de march&#233;s publics et de publicit&#233;s dont les propri&#233;taires des m&#233;dias ont toujours b&#233;n&#233;fici&#233;s. Les adjudications de fr&#233;quences de radios et de t&#233;l&#233;vision &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme des &#171; &lt;i&gt;faveurs&lt;/i&gt; &#187; faites &#171; &lt;i&gt;aux amis des partis traditionnels&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le rappelle Maryclen Stelling Coordinatrice de l'Observatoire des M&#233;dias V&#233;n&#233;zueliens : &#171; &lt;i&gt;Les propri&#233;taires des moyens de communication et leurs dirigeants &#233;taient &#233;lus d&#233;put&#233;s, s&#233;nateurs ou responsables des partis traditionnels.Ils ont l&#233;gif&#233;r&#233; pour d&#233;fendre leurs pr&#233;bendes et leurs int&#233;r&#234;ts. Ils ont fait parti du pouvoir, l'ont partag&#233; et l'ont utilis&#233; pour accro&#238;tre leurs gains. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le syst&#232;me d'alternance et les dirigeants traditionnels ont &#233;t&#233; balay&#233;s par la crise qui a amen&#233; Chavez au pouvoir, les propri&#233;taires des m&#233;dias ont pens&#233; que c'&#233;tait &#224; eux de remplir le vide politique. Intimement li&#233; &#224; l'oligarchie, le &#171; parti de la presse &#187; s'est mu&#233; en opposition &#224; Ch&#224;vez. Selon Alejandro Boscan, sociologue qui analyse les m&#233;dias, ceux-ci &#171; &lt;i&gt;ne se contentent pas d'exprimer les id&#233;es de l'opposition, ils en sont l'avant garde et participent &#224; &#233;laborer son projet politique &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une situation embl&#233;matique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer une telle mobilisation et une campagne m&#233;diatique d'une telle violence contre un pr&#233;sident d&#233;mocratiquement &#233;lu et plusieurs fois largement confort&#233; par les &#233;lecteurs ? En quoi la politique de Ch&#224;vez s'inspire-t-elle du &#171; &lt;i&gt;totalitarisme castro-communiste&lt;/i&gt; &#187; comme le pense David Natera Febres, le pr&#233;sident du BPV, le syndicat des patrons de la presse v&#233;n&#233;zu&#233;lienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le crime de Ch&#224;vez est d'affirmer sa volont&#233; d'en finir avec l'apartheid politique et social que subit la majorit&#233; de son peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays ou 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvret&#233; l'actuel gouvernement a choisi de rompre avec l'orthodoxie ultra lib&#233;rale. Il s'est engag&#233; &#224; redistribuer les ressources du p&#233;trole qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, n'ont b&#233;n&#233;fici&#233; qu'aux classes sup&#233;rieures. Une vaste r&#233;forme agraire a &#233;t&#233; engag&#233;e, une politique de micro cr&#233;dit a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e, l'alphab&#233;tisation a touch&#233; plus d'un million de personnes, la gratuit&#233; de l'&#233;cole est d&#233;sormais inscrite dans la loi. Pour la premi&#232;re fois, gr&#226;ce &#224; 10 000 volontaires cubains, la m&#233;decine acc&#232;de au c&#339;ur des bidonvilles. La nouvelle constitution met la participation populaire au c&#339;ur de tous les processus politiques. Ceux qui ont toujours &#233;t&#233; marginalis&#233;s retrouvent une dignit&#233;,ils ont aujourd'hui droit &#224; la parole et peuvent r&#234;ver d'une vie meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa situation caricaturale d'extr&#234;me polarisation politique et de concentration de la propri&#233;t&#233; des m&#233;dias, le Venezuela est le laboratoire de tous les exc&#232;s. Dans ce pays, une partie de la presse s'est d&#233;voy&#233;e et a oubli&#233; que sa fonction sociale et sa mission d&#233;passaient les seuls int&#233;r&#234;ts des patrons de journaux. De tous points de vue, la situation du Venezuela interpelle les journalistes que nous sommes sur les responsabilit&#233;s de notre profession. Elle nous rappelle que la libert&#233; d'expression de quelques uns ne garantit pas &#224; elle seule le droit &#224; l'information pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fernando Malverde&lt;br /&gt;
Novembre 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La d&#233;l&#233;gation, pour la France, comprenait Renaud Lambert (OFM), Henri Maler (Acrimed) et Fernando Malverde (SNJ-CGT).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le salaire d'un journaliste de base ne d&#233;passe pas deux fois le smic local mais, bien entendu, les disparit&#233;s avec les vedettes des m&#233;dias sont les m&#234;mes qu'en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est &#233;galement l'unique explication de l'association corporatiste Reporters Sans Fronti&#232;res qui relaie au niveau international toutes les positions et la propagande de la presse priv&#233;e v&#233;n&#233;zu&#233;lienne a qui il est m&#234;me arriv&#233; d'inventer certaines &#171; agressions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus d'informations sur ces faits qui ne furent jamais condamn&#233;s par RSF, voir les articles de Maurice Lemoine dans &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; : &#171; Hugo Ch&#224;vez sauv&#233; par le peuple &#187; (mai 2002 ), et &#171; Dans les laboratoires du mensonge au Venezuela &#187; (ao&#251;t 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le lobby de l'opposition est tr&#232;s puissant. En juin 2004, le Conseil d'Administration de l'AMJ (l'Association Mondiale des Journaux, le lobby des propri&#233;taires) qui se r&#233;unissait &#224; Istanbul publiait un communiqu&#233; pour condamner violemment &lt;i&gt;&#034;la r&#233;pression de la libert&#233; d'expression et de la libert&#233; de la presse au Venezuela&lt;/i&gt;&#034;. L'association Reporters Sans Fronti&#232;res et l'Organisation des Etats Am&#233;ricains sont &#233;galement coutumiers de ce genre de d&#233;clarations sans discernement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le paysage audiovisuel est largement domin&#233; par les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;visions priv&#233;es nationales (Venevision, RCTV, Globovision, Televen,CMT... ). Il n'existe qu'une seule cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision publique VTV (canal 8) qui ne couvre m&#234;me pas l'ensemble du pays. Le secteur associatif &#233;merge de fa&#231;on dynamique. Depuis novembre 2003, le gouvernement a lanc&#233; &#171; Vive TV &#187; une nouvelle cha&#238;ne communautaire avec de l'argent public. Le courant chaviste s'exprime &#233;galement &#224; travers deux radios publiques pour... 400 priv&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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