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	<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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	<description>Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est un Observatoire des m&#233;dias. Acrimed intervient publiquement pour mettre en question la marchandisation de l'information, de la culture et du divertissement. Acrimed rel&#232;ve &#233;galement les d&#233;rives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il v&#233;hicule le pr&#234;t-&#224;-penser de la soci&#233;t&#233; de march&#233;.</description>
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		<title>Acrimed | Action Critique M&#233;dias</title>
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		<title>&#192; bas la presse bourgeoise ! Deux si&#232;cles de critique anticapitaliste des m&#233;dias : un extrait du livre de Dominique Pinsolle</title>
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		<dc:date>2022-11-07T07:57:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Pinsolle</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Agone, 2022.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Des-livres-presentations-et-extraits-" rel="directory"&gt;Des livres : pr&#233;sentations et extraits&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L93xH150/arton6552-64d11.jpg?1776678564' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'historien Dominique Pinsolle vient de faire para&#238;tre chez Agone &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/a-bas-la-presse-bourgeoise&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; bas la presse bourgeoise ! Deux si&#232;cles de critique anticapitaliste des m&#233;dias. De 1836 &#224; nos jours&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Pour l'occasion, nous organisons le 24/11 un Jeudi d'Acrimed avec l'auteur (19h, Bourse du travail de Paris, entr&#233;e libre et gratuite). Et, en attendant, nous publions ci-dessous le chapitre XI : &#171; Renoncement des socialistes, triomphe du capitalisme m&#233;diatique (du d&#233;but des ann&#233;es 1980 au milieu des ann&#233;es 1990) &#187; (p. 173-188).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si la question des m&#233;dias n'a rien d'anecdotique au moment o&#249; Fran&#231;ois Mitterrand prend ses fonctions &#224; l'&#201;lys&#233;e, les mesures pr&#233;vues par les socialistes ne brillent pas par leur pr&#233;cision. En mati&#232;re de presse, aucune nouvelle loi anti-concentration n'est pr&#233;vue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite, l'&#233;chec de la loi anticoncentration (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Concernant la radio et la t&#233;l&#233;vision, le PS, contrairement au PCF, n'a jamais &#233;labor&#233; de plan coh&#233;rent de r&#233;organisation du secteur apr&#232;s Mai 68&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Pierre Filiu, Mai 68 &#224; l'ORTF. Une radio-t&#233;l&#233;vision en r&#233;sistance, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'action qui sera men&#233;e dans l'audiovisuel suit surtout un principe &#233;nonc&#233; par le chef du gouvernement, Pierre Mauroy, en Conseil des ministres : &#171; Il n'est pas normal que tous les &#233;ditorialistes soient de droite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Bourdon, Haute fid&#233;lit&#233; : pouvoir et t&#233;l&#233;vision, 1935-1994, Seuil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position des socialistes au pouvoir s'av&#232;re finalement tr&#232;s floue, tant pour la t&#233;l&#233;vision que pour la radio. Dans l'urgence, le gouvernement doit clarifier la situation des stations clandestines. En novembre 1981, une loi provisoire pr&#233;cise les conditions permettant aux centaines de radios locales priv&#233;es d'&#233;mettre l&#233;galement : &#234;tre associatives, sans but lucratif, ind&#233;pendantes, sans publicit&#233; et respecter un rayon d'&#233;mission de 30 km&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agn&#232;s Chauveau, &#171; La politique de l'audiovisuel &#187;, in Serge Berstein, Pierre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais la question du financement publicitaire, qui divisait d&#233;j&#224; les radios libres, cr&#233;e des clivages au sein du pouvoir. Plusieurs conseillers &#224; l'&#201;lys&#233;e (comme Jacques Attali) y sont favorables, tout comme le ministre de la Communication Georges Fillioud (qui s'y r&#233;sout avec prudence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-No&#235;l Jeanneney, Une histoire des m&#233;dias. Des origines &#224; nos jours, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), tandis que le Premier ministre (Pierre Mauroy) et le ministre de l'Int&#233;rieur (Gaston Defferre, par ailleurs patron du journal &lt;i&gt;Le Proven&#231;al&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anne-Laure Ollivier, &#171; Notabilit&#233; et modernit&#233; politique. Le cas de Gaston (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) y restent hostiles. Le 21 septembre 1981, Mauroy r&#233;it&#232;re son rejet des &#171; radios fric &#187; sur France Inter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; in Agn&#232;s Chauveau, &#171; La politique de l'audiovisuel &#187;, art. cit&#233;, p. 921.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ligne dure semble encore &#234;tre &#224; l'ordre du jour pour l'audiovisuel, du moins dans les discours, au cours de la premi&#232;re ann&#233;e d'exercice du pouvoir des socialistes. Le 26 avril 1982, Georges Fillioud assure, en s'adressant aux d&#233;put&#233;s de l'opposition, que rien n'est plus &#233;tranger au gouvernement qu'une lib&#233;ralisation marchande de la t&#233;l&#233;vision :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un lieu de d&#233;saccord fondamental [&#8230;] entre les orientations fermement choisies par le gouvernement et les th&#232;ses profess&#233;es par certains d'entre vous qui, hier, lorsqu'ils &#233;taient au pouvoir, voulaient garder la ma&#238;trise compl&#232;te de tous les syst&#232;mes audiovisuels, [&#8230;] qu'ils proposent aujourd'hui de livrer au march&#233;. Eh bien, non ! il n'y aura pas de mise &#224; l'encan, pas de coupe r&#233;gl&#233;e dans le domaine des ondes. T&#233;l&#233;-fric et Satellite Coca-Cola ne sont pas au programme. D&#233;chantez, marchands d'images et marchands d'espaces ! Ou bien allez chanter ailleurs, et sur un autre ton !&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Journal officiel de la R&#233;publique fran&#231;aise. D&#233;bats parlementaires, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces envol&#233;es lyriques, dans les trois domaines d'information (presse &#233;crite, radio et t&#233;l&#233;vision), les principes anticapitalistes cens&#233;s guider l'action des socialistes s'&#233;vaporent rapidement. Apr&#232;s avoir remplac&#233; les responsables de la radio-t&#233;l&#233;vision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monique Sauvage et Isabelle Veyrat-Masson, Histoire de la t&#233;l&#233;vision (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le gouvernement renonce en quelques mois &#224; maintenir le monopole d'&#201;tat. La loi du 29 juillet 1982, en &#233;cho &#224; celle du 29 juillet 1881 sur la presse, &#233;tablit que &#171; la communication audiovisuelle est libre &#187;. La radio et la t&#233;l&#233;vision demeurent soumises &#224; un r&#233;gime d'autorisation pr&#233;alable et de concession de service public. Mais la porte est ouverte &#224; l'instauration d'un double secteur, en partie public et en partie priv&#233;. Son ind&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du gouvernement repose sur une Haute autorit&#233; de la communication audiovisuelle (HACA), dont les membres (choisis par les pr&#233;sidents de la R&#233;publique, de l'Assembl&#233;e et du S&#233;nat) nomment les responsables des soci&#233;t&#233;s h&#233;rit&#233;es de la suppression de l'ORTF en 1974&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 163-164.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi du 29 juillet 1982, suivie de la cr&#233;ation de la HACA, ent&#233;rine la l&#233;galit&#233; des radios locales priv&#233;es (tout en interdisant toujours leur financement par la publicit&#233;), et pr&#233;pare l'arriv&#233;e de nouveaux investisseurs dans le secteur t&#233;l&#233;visuel, qui promet d'immenses profits. Alors qu'une &#233;crasante majorit&#233; de foyers s'&#233;quipe de t&#233;l&#233;viseurs dans les ann&#233;es 1980 (le taux d'&#233;quipement atteint 85 % en 1989), les recettes publicitaires de la t&#233;l&#233;vision d&#233;passent celles de la presse magazine d&#232;s 1983 &#8211; deux ans apr&#232;s la mise au point des premiers bo&#238;tiers permettant de mesurer l'audimat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Cusset, La D&#233;cennie. Le grand cauchemar des ann&#233;es 1980, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La proximit&#233; avec les socialistes au pouvoir facilite l'obtention d'une part de ce march&#233; en pleine expansion : Andr&#233; Rousselet, directeur de cabinet de Mitterrand avant d'acc&#233;der &#224; la t&#234;te de Havas, peut ainsi lancer la premi&#232;re cha&#238;ne priv&#233;e (payante), Canal +, qui commence &#224; &#233;mettre en novembre 1984&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monique Sauvage et Isabelle Veyrat-Masson, Histoire de la t&#233;l&#233;vision (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; vient ensuite le tour de J&#233;r&#244;me Seydoux (PDG de la compagnie de navigation Chargeurs R&#233;unis) et Silvio Berlusconi (magnat de la t&#233;l&#233;vision en Italie), qui lancent La Cinq &#224; grand renfort de paillettes et de s&#233;ries am&#233;ricaines en f&#233;vrier 1986. Le chef de l'&#201;tat y aurait vu (aveuglement ou cynisme ?) un moyen d'assurer ses arri&#232;res au moment o&#249; la droite remettrait la main sur l'audiovisuel public. Au m&#234;me moment, une cha&#238;ne priv&#233;e musicale, TV6, est attribu&#233;e &#224; un consortium comprenant Publicis et NRJ (Nouvelle Radio des jeunes), tandis que commencent &#224; se d&#233;velopper les r&#233;seaux du c&#226;ble et du satellite (Paris Premi&#232;re, Canal J, etc.). La Sept, cha&#238;ne pr&#233;figurant Arte, fera office de lot de consolation pour les aficionados d'une t&#233;l&#233;vision culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce renoncement &#224; pr&#233;server un monopole constituant la base d'un service public de l'audiovisuel, l'opposition de centre droit (Union pour la d&#233;mocratie fran&#231;aise, UDF) et de droite (Rassemblement pour la R&#233;publique, RPR) se rallie au principe d'une domination du secteur priv&#233;. La d&#233;fense de la mainmise &#233;tatique est-elle moins tentante lorsqu'on n'exerce plus le pouvoir ? Il faut dire que le vent tourne partout en Europe en faveur d'une t&#233;l&#233;vision commerciale, dont l'orientation divertissante et la nature publicitaire peuvent s'av&#233;rer pr&#233;cieuses lorsque la situation &#233;conomique s'assombrit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#244;me Bourdon, Haute fid&#233;lit&#233;&#8230;, op. cit., p. 261.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une fois revenue au pouvoir apr&#232;s les &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1986, la droite qui &#171; cohabite &#187; avec le pr&#233;sident socialiste ent&#233;rine ainsi le double secteur audiovisuel. Et elle permet &#224; Hersant de mettre la main sur La Cinq et &#224; M6 de se constituer avec des capitaux provenant, entre autres, de la Lyonnaise des eaux. Mais le gouvernement dirig&#233; par Jacques Chirac va plus loin encore en d&#233;cidant de privatiser une des anciennes cha&#238;nes de l'ORTF. C'est un coup brutal (et sans &#233;quivalent &#224; l'&#233;tranger) port&#233; au service public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-No&#235;l Jeanneney, Une histoire des m&#233;dias&#8230;, op. cit., p. 337.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. TF1 est confi&#233;e en f&#233;vrier 1987 &#224; l'entrepreneur des travaux publics Francis Bouygues. Coiff&#233; au poteau, Jean-Luc Lagard&#232;re, patron du groupe Hachette, sera consol&#233; avec La Cinq, bient&#244;t abandonn&#233;e par Hersant. Avec TF1 privatis&#233;e, un g&#233;ant m&#233;diatique vient de na&#238;tre, qui n'h&#233;sitera pas &#224; servir les int&#233;r&#234;ts du groupe de BTP dont il d&#233;pend, soit en favorisant l'obtention de march&#233;s publics, soit en promouvant tel ou tel candidat politique conforme aux vis&#233;es de son patron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre P&#233;an et Christophe Nick, TF1, un pouvoir, Fayard, 1997.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'extension du capitalisme m&#233;diatique dans la presse et la radio, les socialistes ont &#233;chou&#233; ou capitul&#233; avant m&#234;me de commencer. Afin de pr&#233;server un semblant de pluralisme, les aides attribu&#233;es aux quotidiens (comme &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;) qui profitent moins de la manne publicitaire que d'autres sont certes augment&#233;es entre 1981 et 1984&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite&#8230; &#187;, art. cit&#233;, p. 901.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais au bout de deux ans de gouvernement, la fameuse application des ordonnances de 1944, &#224; laquelle le PS appelait si fermement dans son programme, n'est toujours pas d'actualit&#233;. Quant &#224; Hersant, dont la presse n'&#233;pargne pas Mitterrand, son cas n'&#233;tait toujours pas r&#233;gl&#233; depuis son inculpation en 1978. L'annonce, en mars 1983, d'un changement radical de politique &#233;conomique, le &#171; tournant de la rigueur &#187; qui m&#233;contente la base socialiste, remet la r&#233;forme de la presse &#224; l'agenda. Accus&#233; de renoncer &#224; un programme &#233;conomique et social de gauche, le gouvernement mise sur la lutte contre Hersant pour tenter de compenser son impopularit&#233;. Constatant l'insuffisance de l'ordonnance du 26 ao&#251;t 1944, affaiblie par l'absence de d&#233;crets d'application pr&#233;cis, Georges Fillioud (ministre de la Communication) et Pierre Mauroy (Premier ministre) d&#233;cident d'&#233;laborer un projet de loi anti-concentration, dirig&#233; de mani&#232;re &#224; peine implicite contre Hersant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick et Philippe Chastenet, Citizen Hersant. De P&#233;tain &#224; Mitterrand, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lors du congr&#232;s socialiste de Bourg-en-Bresse, en octobre 1983, Mauroy fait applaudir cette offensive :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'exercice de la d&#233;mocratie exige le pluralisme et la clart&#233;. Il faut donner un coup d'arr&#234;t &#224; la constitution des monopoles de presse toujours plus puissants et monolithiques. (&lt;i&gt;Applaudissements.&lt;/i&gt;) Il faut savoir qui poss&#232;de r&#233;ellement le capital des entreprises de presse. (&lt;i&gt;Tr&#232;s vifs applaudissements&#8230;&lt;/i&gt;) Je n'ai pas fini&#8230; Les r&#233;sistants l'avaient bien compris. Une ordonnance a &#233;t&#233; prise, dans ce but, en 1944, sous l'autorit&#233; du g&#233;n&#233;ral de Gaulle. Elle n'a jamais &#233;t&#233; appliqu&#233;e. Il faut lui rendre force de loi&#8230; (&lt;i&gt;applaudissements&lt;/i&gt;) en l'adaptant aux r&#233;alit&#233;s de la presse contemporaine.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite&#8230; &#187;, art. cit&#233;, p. 903.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le projet de loi &#171; visant &#224; limiter la concentration et &#224; assurer la transparence financi&#232;re et le pluralisme des entreprises de presse &#187; est enregistr&#233; par la pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e nationale le 24 novembre 1983. Le jour m&#234;me, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; fait sonner le tocsin de la libert&#233; en titrant &#171; Presse : le b&#226;illon &#187;, tandis que l'&#233;ditorial, sign&#233; Hersant, ne craint pas d'appeler &#224; la r&#233;sistance contre la &#171; vocation totalitaire &#187; du gouvernement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 904.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le texte des socialistes est pourtant bien terne compar&#233; aux projets de transformation radicale de la presse &#233;labor&#233;s depuis les ann&#233;es 1930. L'id&#233;e d'un statut particulier pour les entreprises publiant des journaux d'information n'y figure m&#234;me pas. Ne sont instaur&#233;s que des seuils de concentration &#224; ne pas d&#233;passer : 15 % des tirages des quotidiens nationaux ou r&#233;gionaux, et 10 % du tirage total des quotidiens. Dans la continuit&#233; de l'ordonnance du 26 ao&#251;t 1944, des mesures doivent assurer la transparence des soci&#233;t&#233;s &#233;ditrices, le tout sous le contr&#244;le d'une commission veillant au respect de ces nouvelles r&#232;gles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'Assembl&#233;e nationale, puis au S&#233;nat, l'opposition du centre et de la droite se mobilise contre ce projet de loi &#171; liberticide &#187;. Un texte finalement moins restrictif est adopt&#233; en septembre 1984. Un mois plus tard, le Conseil constitutionnel vide la loi de sa substance en r&#233;affirmant le principe de non-r&#233;troactivit&#233; : l'empire Hersant, constitu&#233; avant le vote n'est pas concern&#233; par ces mesures anti-concentration. L'op&#233;ration, qui se solde par un &#233;chec total, s'av&#232;re m&#234;me contre-productive : Hersant est renforc&#233; par un texte susceptible d'emp&#234;cher la constitution de groupes concurrents aussi puissants. Arriv&#233; &#224; la t&#234;te du gouvernement en 1986, Jacques Chirac profite de cette d&#233;faite humiliante pour enterrer une loi qui n'aura jamais &#233;t&#233; appliqu&#233;e. Une nouvelle l&#233;gislation est adopt&#233;e, qui instaure un seuil suffisamment &#233;lev&#233; pour ne pas freiner la concentration dans la presse quotidienne tout en laissant un boulevard aux investisseurs dans la presse magazine, dont le dynamisme aiguise les app&#233;tits. Au passage, les mythiques ordonnances de 1944 sont abrog&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ordonnance du 26 ao&#251;t 1944 sur l'organisation de la presse fran&#231;aise &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Hersant peut pousser un soupir de soulagement. Le spectre d'une presse prot&#233;g&#233;e des app&#233;tits du capital semble pour longtemps &#233;cart&#233;. Et les voix d&#233;fendant, comme &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, un statut de soci&#233;t&#233; &#224; but non lucratif pour les entreprises d'information se font de plus en plus rares&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Julien, &#171; Deux pas vers le goulag &#187;, Le Monde diplomatique, octobre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renon&#231;ant &#224; un grand service public de t&#233;l&#233;vision non marchande, incapable de faire plier le &#171; Papivore &#187;, la gauche au pouvoir, pourtant h&#233;riti&#232;re de d&#233;cennies de combat pour la libert&#233; de l'information, capitule &#233;galement devant les radios marchandes. La question du financement par la publicit&#233;, d'abord tranch&#233;e en faveur des partisans des stations associatives non lucratives, est &#224; nouveau d&#233;battue au cours de l'&#233;t&#233; 1984. Cette fois, le mod&#232;le d'une radiodiffusion commerciale sort vainqueur &#224; l'issue du vote de la loi du 1er ao&#251;t 1984. La publicit&#233;, d&#233;sormais autoris&#233;e pour les radios priv&#233;es, transforme le secteur en un vaste march&#233; que se disputeront bient&#244;t les stations n&#233;es de la lib&#233;ralisation &#8211; telles que NRJ, Fun Radio et Skyrock, respectivement n&#233;es en 1981, 1985 et 1986. Comme pour la t&#233;l&#233;vision, l'introduction d'une logique capitaliste dans ce qui devait &#234;tre une sorte de triple secteur public/associatif/priv&#233; fait aussit&#244;t pencher la balance du c&#244;t&#233; de l'argent. La Haute autorit&#233; n'est pas en situation de force face &#224; ces entreprises en plein d&#233;veloppement. En d&#233;cembre 1984, elle menace de suspension de NRJ, qui ne respecte pas les r&#232;gles en mati&#232;re de puissance d'&#233;mission &#8211; ce qui perturbe la fr&#233;quence des stations concurrentes et des services publics. Le 8 d&#233;cembre 1984, NRJ organise une manifestation &#224; Paris avec le soutien de c&#233;l&#233;brit&#233;s (dont Johnny Halliday et Dalida) : des dizaines, voire des centaines de milliers de jeunes d&#233;filent pour protester contre une suspension qui n'aura finalement pas lieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-No&#235;l Jeanneney, Une histoire des m&#233;dias&#8230;, op. cit., p. 282-283.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1984, marqu&#233;e par l'&#233;chec de la loi anti-concentration dirig&#233;e contre Hersant (en octobre) et les premi&#232;res &#233;missions de Canal + (en novembre), se termine par la victoire &#233;clatante des radios commerciales, convertissant en esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes les aspirations libertaires des stations clandestines des ann&#233;es 1977-1981. Malgr&#233; le maintien d'un secteur public, les m&#233;dias sont domin&#233;s par des entrepreneurs priv&#233;s qui s'affranchissent des r&#232;gles du jeu. Apr&#232;s 1986, comme dans l'affaire NRJ, la Commission nationale de communication et des libert&#233;s (qui remplace la Haute autorit&#233;) ne parvient pas &#224; faire respecter le cahier des charges conditionnant l'autorisation d'&#233;mission des cha&#238;nes priv&#233;es, par exemple pour les quotas de films fran&#231;ais et le volume publicitaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ivan Chupin, Nicolas Hub&#233; et Nicolas Kaciaf, Histoire politique et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps d'une l&#233;gislature, entre 1981 et 1986, le pouvoir socialiste rompt avec tous les projets de transformation des m&#233;dias historiquement port&#233;s par la gauche, dont il restait encore quelques traces dans le programme du candidat Mitterrand. Ces d&#233;cisions accompagnent simplement la &#171; rigueur &#187; &#233;conomique &#224; laquelle se sont convertis les socialistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ludivine Bantigny, La France contemporaine. X. La France &#224; l'heure du monde. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La grande vague de n&#233;olib&#233;ralisme qui vient de balayer les pays occidentaux &#8211; Margaret Thatcher devient Premi&#232;re ministre du Royaume-Uni en 1979 et Ronald Reagan pr&#233;sident des &#201;tats-Unis en 1981 &#8211;, n'a rien laiss&#233; du consensus keyn&#233;sien. En mati&#232;re d'&#233;conomie comme d'information, l'&#201;tat doit laisser libre cours aux &#233;nergies entrepreneuriales. Restructurer la presse sur des bases anticapitalistes, b&#226;tir un service public de l'audiovisuel pr&#233;serv&#233; des logiques mercantiles, voil&#224; des projets qui supposent un volontarisme &#233;tatique en total d&#233;calage avec la reconfiguration des rapports de force id&#233;ologiques et politiques internationaux des ann&#233;es 1980. L'int&#233;gration de la France dans la mondialisation &#171; heureuse &#187; et le march&#233; commun europ&#233;en frappe d'obsolescence toute volont&#233; d'affranchir les m&#233;dias des logiques &#233;conomiques qui s'imposent dans tous les pays capitalistes. D'autant que le secteur m&#233;diatique s'est d&#233;j&#224; internationalis&#233; &#8211; le groupe allemand Prisma s'implante en France en 1978. Et que la concentration capitalistique a pr&#233;c&#233;d&#233; l'arriv&#233;e des socialistes au pouvoir : rachet&#233; en 1980 par Matra (dirig&#233; par Jean-Luc Lagard&#232;re), Hachette &#233;tend son emprise dans l'&#233;dition, la distribution de journaux, la presse quotidienne et magazine, la radio (Europe 1), la t&#233;l&#233;vision (La Cinq), la production audiovisuelle, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fabrice d'Almeida et Christian Delporte, Histoire des m&#233;dias en France, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces mouvements de capitaux remodelant le paysage m&#233;diatique fran&#231;ais, plus aucune force de gauche ne consid&#232;re comme prioritaire la lutte pour des m&#233;dias affranchis de l'argent. La technophilie ambiante assimile la multiplication des r&#233;seaux et des flux de communication au progr&#232;s, et &#224; la promesse d'un avenir radieux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Cusset, La D&#233;cennie&#8230;, op. cit., p. 58-65.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le triomphe de la t&#233;l&#233;vision commerciale, qui impose son rythme, ses normes et ses codes &#224; une grande partie de l'univers m&#233;diatique mais aussi politique, fait douter d'une strat&#233;gie reposant sur la confrontation. Le combat semble perdu d'avance, et personne ne tient &#224; &#234;tre associ&#233; aux conservateurs d&#233;plorant, comme au XIXe si&#232;cle, la destruction de la &#171; Culture &#187; par les m&#233;dias de masse. Alors que les effectifs syndicaux fondent et que les forces anticapitalistes s'amenuisent, ces nouveaux canaux d'information ne pourraient-ils pas &#234;tre utilis&#233;s pour compenser cet affaiblissement et mobiliser le grand public &#8211; comme le fait &#171; SOS racisme &#187; &#224; partir de 1984 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle, un tel raisonnement &#233;tait peu envisageable &#224; propos des quotidiens &#224; grands tirages. Identifi&#233;s comme des armes de propagande aux mains de l'ennemi de classe, il fallait les affronter, et non les s&#233;duire ou s'adapter &#224; leurs attentes. Et m&#234;me si la lutte &#233;tait financi&#232;rement in&#233;gale, il &#233;tait encore imaginable d'opposer &#224; ces journaux une presse authentiquement populaire, issue de la classe ouvri&#232;re et financ&#233;e par elle. Dans les ann&#233;es 1980, aucun r&#233;seau de t&#233;l&#233;vision n'&#233;chappe aux d&#233;tenteurs de capitaux. Le syst&#232;me d'information n&#233; de la lib&#233;ralisation et les innovations techniques qui fleurissent (c&#226;ble, satellite, t&#233;l&#233;matique, informatique, etc.) privent les forces se r&#233;clamant de l'anticapitalisme d'un acc&#232;s autonome aux grands canaux de diffusion. Quant aux ondes radiophoniques, elles sont satur&#233;es par les programmes musicaux et de divertissement des stations publicitaires. Certes, nombre de radios associatives continuent de vivoter, et la presse militante ou marqu&#233;e &#224; gauche ne dispara&#238;t pas. Mais le march&#233; des &lt;i&gt;newsmagazines&lt;/i&gt; d&#233;pend d'annonceurs recherchant une client&#232;le ais&#233;e, tandis que la presse politique quotidienne poursuit son d&#233;clin. Tout concourt &#224; marginaliser l'expression des groupes et organisations persistant &#224; lutter &#224; contre-courant du joyeux n&#233;olib&#233;ralisme qui envahit &#224; peu pr&#232;s tous les grands moyens de communication. Une alternative semble alors s'imposer : s'adapter &#224; ces m&#233;dias (m&#234;me s'ils sont domin&#233;s par l'argent), ou pr&#234;cher dans le d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gauche baisse d'autant plus les armes que, dans le ciel des id&#233;es, la tendance est &#224; valoriser l'autonomie face aux messages m&#233;diatiques, que le grand public se r&#233;approprie, r&#233;interpr&#232;te : face aux tentatives de manipulations par les marques, l'id&#233;ologie postmoderne valorise les d&#233;tournements perp&#233;tuels des libres consommateurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Armand Mattelart et &#201;rik Neveu, Introduction aux cultural studies, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les th&#233;ories critiques n'ont pas disparu (dans la filiation de l'&#201;cole de Francfort ou m&#234;me encore du marxisme), mais elles sont en perte de vitesse. Et leur force de contestation est inversement proportionnelle &#224; la puissance des entreprises de communication et &#224; l'aura dont jouissent les grands m&#233;dias. &#192; partir du moment o&#249; la lutte des classes et les organisations de masse &#8211; comme la CGT ou le PCF &#8211; qui la relayaient ont &#233;t&#233; effac&#233;es du paysage politique, rang&#233;es au rayon des vieilleries d'avant la &#171; fin de l'histoire &#187;, le b&#233;b&#233; de la question m&#233;diatique a &#233;t&#233; jet&#233; avec l'eau du bain anticapitaliste. Journaux, radios et t&#233;l&#233;visions, eux-m&#234;mes parties prenantes de l'internationalisation du capitalisme, jouent un r&#244;le actif dans ce processus, par leur autoc&#233;l&#233;bration et leur identification &#224; la modernit&#233;, &#224; la d&#233;mocratie et au progr&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, Le Grand Bond en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce discours est distill&#233; par des journalistes de plus en plus nombreux, que la position sociale ne rapproche ni des milieux populaires ni de la contestation de l'ordre dominant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Accardo, &#171; Pour une sociolanalyse des pratiques journalistiques &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces mouvements de fond, la marginalisation de la critique anticapitaliste des grands moyens d'information s'explique aussi par le patient travail r&#233;alis&#233; par de tr&#232;s m&#233;diatis&#233;s groupes intellectuels qui contribuent &#224; enraciner dans le paysage id&#233;ologique des couples de concepts fonctionnant comme des pr&#234;ts-&#224;-penser tout-terrain : d&#233;mocratie et m&#233;dias, libert&#233; et march&#233;, communication et progr&#232;s, etc. ; oppos&#233;s &#224; totalitarisme et propagande, dictature et communisme, &#233;tatisme et immobilisme, etc. Les &#171; nouveaux philosophes &#187;, dont l'in&#233;narrable Bernard-Henri L&#233;vy, se partagent le chantier avec la Fondation Saint-Simon, qui relaie, de 1982 &#224; 1999, les efforts m&#233;ritants de tout propagandiste de l'&#232;re nouvelle, de tout pourfendeur vigoureux des vieilles lunes marxistes et keyn&#233;siennes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Cusset, La D&#233;cennie&#8230;, op. cit., p. 70.&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On y retrouve les historiens Fran&#231;ois Furet et Pierre Rosanvallon, l'essayiste et consultant Alain Minc, rejoints plus tard par des vedettes du journalisme comme Anne Sinclair (pr&#233;sentatrice de l'&#233;mission &#171; 7 sur 7 &#187; sur TF1), Christine Ockrent (pass&#233;e d'Antenne 2 &#224; RTL puis &#224; TF1) et Serge July (directeur d'un &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; converti aux vertus de la publicit&#233; et aux joies du marchandage de son capital)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Rimbert, Lib&#233;ration. De Sartre &#224; Rothschild, Raisons d'agir, 2005, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce nouvel univers id&#233;ologique et m&#233;diatique, les espaces ouverts &#224; une critique anticapitaliste des m&#233;dias sont aussi minces que marginaux. Au milieu des ann&#233;es 1980, le militant homosexuel et &#233;crivain Guy Hocquenghem parvient tout de m&#234;me &#224; faire entendre une voix dissidente en brocardant les anciens soixante-huitards (comme July) acquis &#224; une doctrine culturellement libertaire et &#233;conomiquement lib&#233;rale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Hocquenghem, Lettre &#224; ceux qui sont pass&#233;s du col Mao au Rotary, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais &#224; la fin de cette d&#233;cennie, plus rien, ou presque, ne subsiste des projets d'&#233;mancipation de l'information port&#233;s par la gauche depuis plus d'un demi-si&#232;cle. Une nouvelle table rase qui, &#224; l'inverse de celle de 1944, profite cette fois aux magnats de la communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au tournant des ann&#233;es 1990, si le capitalisme m&#233;diatique triomphant n'est plus menac&#233; par aucune tentative de transformation radicale des moyens de communication, ceux-ci font l'objet d'une multitude d'analyses et de discussions. Cependant, c'est moins la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens d'information qui est questionn&#233;e que les &#171; d&#233;rives &#187; et les &#171; d&#233;rapages &#187; entra&#238;n&#233;s par la concurrence, pas toujours aussi libre et non fauss&#233;e qu'on dit. Une fois le cadre (lib&#233;ral) d&#233;finitivement pos&#233;, il suffirait d&#233;sormais d'ajuster le syst&#232;me &#224; la marge. On interroge l'&#233;thique des journalistes &#224; la suite des fausses informations sur la r&#233;volution roumaine de 1989. Intellectuels polic&#233;s et professionnels mod&#233;r&#233;s dissertent sur l'avenir du journalisme et les limites du &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Quels contre-pouvoirs au quatri&#232;me pouvoir ? &#187;, Le D&#233;bat, 1990, n&#176; 60, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La red&#233;couverte des m&#233;canismes de propagande de guerre &#8211; &#224; l'occasion de l'intervention am&#233;ricaine en Irak en 1991 &#8211; nourrit de longs d&#233;veloppements sur le discr&#233;dit des grands m&#233;dias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reporters sans fronti&#232;res, Les Mensonges du Golfe, Arl&#233;a-Reporters sans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des travaux plus tranchants continuent de d&#233;noncer la mainmise du grand patronat sur les principaux organes d'information et les effets d'une lib&#233;ralisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des m&#233;dias. Quelques francs-tireurs posent les bases d'une critique sans concession dans les colonnes du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; ou, loin de Paris, comme dans la revue &lt;i&gt;Agone&lt;/i&gt; ou dans un documentaire sur le traitement m&#233;diatique des &#233;lections municipales &#224; Bordeaux, en 1995&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, &#171; Des m&#233;dias en tenue camoufl&#233;e &#187; et &#171; Un journalisme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un nouveau vent critique vient aussi de l'universit&#233;. Dans le sillage des travaux de Pierre Bourdieu et de ses analyses de l'opinion publique, du r&#244;le des intellectuels et des m&#233;dias depuis les ann&#233;es 1970&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Bourdieu, Interventions, 1961-2001. Science sociale et action (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le sociologue Patrick Champagne consacre en 1990 une &#233;tude &#224; l'importance croissante accord&#233;e aux sondages, et &#224; ses effets politiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patrick Champagne, Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique, Minuit, 1990.&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cinq ans plus tard, Alain Accardo publie un livre collectif pionnier, analysant les conditions concr&#232;tes du travail des journalistes &#224; partir de t&#233;moignages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Accardo (dir.), Journalistes au quotidien. Outils pour une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de la d&#233;cennie 1990, l'outillage intellectuel pour s'attaquer &#224; la d&#233;pendance de l'information &#224; l'&#233;gard de l'argent est disponible, mais aucune force sociale ou politique d'envergure n'est encore en mesure de s'en emparer. La critique des m&#233;dias demeure, sur le terrain militant, groupusculaire &#8211; au sein, par exemple, du R&#233;seau pour l'abolition de la t&#233;l&#233;vision (RAT) fond&#233; en 1991 dans les milieux libertaires et, un an plus tard, du groupe R&#233;sistance &#224; l'agression publicitaire (RAP). Dans un monde d&#233;barrass&#233; de l'Union sovi&#233;tique et au sein d'une Europe &#233;pousant la dynamique de la mondialisation lib&#233;rale (avec le soutien fr&#233;n&#233;tique au trait&#233; de Maastricht des &#233;ditorialistes les plus en vue lors du r&#233;f&#233;rendum de 1992&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Halimi, Les Nouveaux Chiens de garde, Raisons d'agir, 1997, p. 27-31.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), rien ne semble plus pouvoir contrarier les grands groupes se partageant le march&#233; de la communication, en France comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute du mur de Berlin et l'effondrement de l'URSS semblent donner raison aux th&#233;oriciens de la &#171; fin de l'histoire &#187;, proph&#233;tie soutenue sans retenue par des m&#233;dias vecteurs d'une version int&#233;ress&#233;e de la libert&#233; et de la d&#233;mocratie. Pourtant, les puissantes gr&#232;ves de novembre-d&#233;cembre 1995 ouvrent en France un nouvel espace contestataire dans lequel la question de l'information retrouve l'importance qu'elle avait perdue &#224; gauche. En quelques ann&#233;es, un mouvement de critique des m&#233;dias se structure dans un contexte marqu&#233; par la remise en cause de la mondialisation lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Dominique Pinsolle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/br&gt;&lt;strong&gt;Extrait du livre &lt;i&gt;&#192; bas la presse bourgeoise ! Deux si&#232;cles de critique anticapitaliste des m&#233;dias. De 1836 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Agone, 2022.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/br&gt;
&lt;div class='spip_document_13538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.acrimed.org/IMG/jpg/pinsolle.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.acrimed.org/local/cache-vignettes/L500xH803/pinsolle-173dd.jpg?1776678564' width='500' height='803' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite, l'&#233;chec de la loi anticoncentration de 1984 &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Serge Berstein, Pierre Milza et Jean-Louis&lt;br class='autobr' /&gt;
Bianco (dir.), &lt;i&gt;Fran&#231;ois Mitterrand. Les ann&#233;es du changement, 1981-1984&lt;/i&gt;, Perrin, 2001, p. 898-909, p. 901.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Pierre Filiu, &lt;i&gt;Mai 68 &#224; l'ORTF. Une radio-t&#233;l&#233;vision en r&#233;sistance&lt;/i&gt;, Nouveau Monde, 2008, p. 270-307.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Bourdon, &lt;i&gt;Haute fid&#233;lit&#233; : pouvoir et t&#233;l&#233;vision, 1935-1994&lt;/i&gt;, Seuil, 1994, p. 230.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agn&#232;s Chauveau, &#171; La politique de l'audiovisuel &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Serge Berstein, Pierre Milza et Jean-Louis Bianco (dir.), &lt;i&gt;Fran&#231;ois Mitterrand. Les ann&#233;es du changement, 1981-1984&lt;/i&gt;, Perrin, 2001, p. 920-923.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-No&#235;l Jeanneney, &lt;i&gt;Une histoire des m&#233;dias. Des origines &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2011, p. 281.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anne-Laure Ollivier, &#171; Notabilit&#233; et modernit&#233; politique. Le cas de Gaston Defferre, 1944-1986 &#187;, &lt;i&gt;Histoire@Politique&lt;/i&gt;, 2015, no 25, p. 103-119.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Agn&#232;s Chauveau, &#171; La politique de l'audiovisuel &#187;, art. cit&#233;, p. 921.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Journal officiel de la R&#233;publique fran&#231;aise. D&#233;bats parlementaires&lt;/i&gt;, Assembl&#233;e nationale, 27 avril 1982, p. 1305.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Monique Sauvage et Isabelle Veyrat-Masson, &lt;i&gt;Histoire de la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Nouveau Monde, 2012, p. 159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 163-164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Cusset, &lt;i&gt;La D&#233;cennie. Le grand cauchemar des ann&#233;es 1980&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2008, p. 200.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Monique Sauvage et Isabelle Veyrat-Masson, &lt;i&gt;Histoire de la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 185.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J&#233;r&#244;me Bourdon, &lt;i&gt;Haute fid&#233;lit&#233;&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 261.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-No&#235;l Jeanneney, &lt;i&gt;Une histoire des m&#233;dias&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 337.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre P&#233;an et Christophe Nick, &lt;i&gt;TF1, un pouvoir&lt;/i&gt;, Fayard, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite&#8230; &#187;, art. cit&#233;, p. 901.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick et Philippe Chastenet, &lt;i&gt;Citizen Hersant. De P&#233;tain &#224; Mitterrand, histoire d'un empereur de la presse&lt;/i&gt;, Seuil, 1998, p. 374-376.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; par Christian Delporte, &#171; La presse &#233;crite&#8230; &#187;, art. cit&#233;, p. 903.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 904.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006070728/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ordonnance du 26 ao&#251;t 1944 sur l'organisation de la presse fran&#231;aise&lt;/a&gt; &#187;, LegiFrance.gouv.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Julien, &#171; Deux pas vers le goulag &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, octobre 1984, p. 1, 18-20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-No&#235;l Jeanneney, &lt;i&gt;Une histoire des m&#233;dias&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 282-283.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ivan Chupin, Nicolas Hub&#233; et Nicolas Kaciaf, &lt;i&gt;Histoire politique et &#233;conomique des m&#233;dias en France&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2012, p. 83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ludivine Bantigny, &lt;i&gt;La France contemporaine. X. La France &#224; l'heure du monde. De 1981 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Seuil, 2019, p. 34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fabrice d'Almeida et Christian Delporte, &lt;i&gt;Histoire des m&#233;dias en France, de la Grande Guerre &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Flammarion-&#171; Champs &#187;, 2010, p. 276-277 ; sur l'arri&#232;re-plan politique de l'acquisition de Hachette par Lagard&#232;re, lire Thierry Discepolo, &lt;i&gt;La Trahison des &#233;diteurs&lt;/i&gt;, Agone, 2011, p. 62 et suiv.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Cusset, &lt;i&gt;La D&#233;cennie&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 58-65.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Armand Mattelart et &#201;rik Neveu, &lt;i&gt;Introduction aux&lt;/i&gt; cultural studies, La D&#233;couverte, 2018, p. 49-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/le-grand-bond-en-arriere&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Grand Bond en arri&#232;re. Comment l'ordre lib&#233;ral s'est impos&#233; au monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Marseille, Agone [2004], 2006, p. 306-331 ; Fran&#231;ois Cusset, &lt;i&gt;La D&#233;cennie&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 58-67 et 125-135.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Accardo, &#171; Pour une sociolanalyse des pratiques journalistiques &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Alain Accardo (dir.), &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/journalistesprecairesjournalistesauquotidien&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Journalistes pr&#233;caires, journalistes au quotidien&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Marseille, Agone, [1995-1998] 2007, p. 15-81, p. 52-53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Cusset, &lt;i&gt;La D&#233;cennie&#8230;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Rimbert, &lt;i&gt;Lib&#233;ration. De Sartre &#224; Rothschild&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 2005, p. 39-46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Guy Hocquenghem, &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/lettreouverteaceuxquisontpassesducolmaoaurotary-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lettre &#224; ceux qui sont pass&#233;s du col Mao au Rotary&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Marseille, Agone [1986, 2003], 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Quels contre-pouvoirs au quatri&#232;me pouvoir ? &#187;, &lt;i&gt;Le D&#233;bat&lt;/i&gt;, 1990, n&#176; 60, p. 114-134 ; &#171; O&#249; va le journalisme ? &#187;, &lt;i&gt;Esprit&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 1990, n&#176; 167, p. 5-94.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Reporters sans fronti&#232;res, &lt;i&gt;Les Mensonges du Golfe&lt;/i&gt;, Arl&#233;a-Reporters sans fronti&#232;res-T&#233;l&#233;rama-Radio France-&#171; L'Arche de la fraternit&#233; &#187;, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/1991/03/HALIMI/43331&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des m&#233;dias en tenue camoufl&#233;e&lt;/a&gt; &#187; et &#171; &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/1995/02/HALIMI/6107&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Un journalisme de r&#233;v&#233;rence&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, mars 1991 et f&#233;vrier 1995 ; Thierry Discepolo, &#171; Remarques sur le journalisme. &#192; propos de la couverture par la presse fran&#231;aise de la r&#233;volution roumaine &#187;, &lt;i&gt;Agone&lt;/i&gt;, 1991, n&#176; 2-3, p. 83 et suiv. ; Pierre Carles, &lt;i&gt;Jupp&#233;, forc&#233;ment&lt;/i&gt;, CP-Production, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Bourdieu, &lt;i&gt;Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique&lt;/i&gt;, Marseille, Agone, [2002] 2022, p. 472-476.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patrick Champagne, &lt;i&gt;Faire l'opinion. Le nouveau jeu politique&lt;/i&gt;, Minuit, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Accardo (dir.), &lt;i&gt;Journalistes au quotidien. Outils pour une socioanalyse des pratiques journalistiques&lt;/i&gt;, Bordeaux, Le Mascaret, 1995 &#8212; r&#233;&#233;d. &lt;a href=&#034;https://agone.org/livres/journalistesprecairesjournalistesauquotidien&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Journalistes pr&#233;caires, journalistes au quotidien&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Serge Halimi, &lt;i&gt;Les Nouveaux Chiens de garde&lt;/i&gt;, Raisons d'agir, 1997, p. 27-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les m&#233;dias et les Fran&#231;ais musulmans : ce ne sont pas des terroristes, mais...</title>
		<link>https://www.acrimed.org/Les-medias-et-les-Francais-musulmans-ce-ne-sont-pas-des-terroristes-mais</link>
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		<dc:date>2004-09-19T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Pinsolle</dc:creator>


		<dc:subject>Islam</dc:subject>
		<dc:subject>Editorial</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quand des &#233;ditorialistes octroient la nationalit&#233; fran&#231;aise... &#224; des Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.acrimed.org/-Racisme-antisemitisme-xenophobie-homophobie-" rel="directory"&gt;Racisme m&#233;diatique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Islam-+" rel="tag"&gt;Islam&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.acrimed.org/+-Editorial-+" rel="tag"&gt;Editorial&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Concernant l'islam (comme d'autres sujets), les grands m&#233;dias actuels ont la f&#226;cheuse tendance &#224; exprimer des opinions interchangeables tout en se faisant les champions du &#171; pluralisme &#187; et du &#171; d&#233;bat d&#233;mocratique &#187;. Des opinions qui a force d'&#234;tre rab&#226;ch&#233;es finissent par s'imposer comme relevant du sens commun. &lt;br /&gt;
En ce sens, la condamnation par de nombreux Fran&#231;ais musulmans de la prise en otage de deux journalistes fran&#231;ais en Irak a r&#233;v&#233;l&#233; la persistance d'une pens&#233;e m&#233;diatique unique &#224; propos de la seconde religion de France. De nombreux &#233;ditorialistes, &#233;tonn&#233;s et ravis d'une telle r&#233;action, sont pr&#234;ts &#224; ne plus soup&#231;onner leurs compatriotes musulmans, mais restent quand m&#234;me m&#233;fiants...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;le Point&lt;/i&gt; sont unanimes : si la prise d'otages reste un drame, elle aura au moins permis aux Fran&#231;ais musulmans de retrouver la raison. Comme l'explique &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; (02.09.04), dans un &#233;lan de sagesse populaire, &#171; &lt;i&gt;A toute chose malheur est bon&lt;/i&gt; &#187;. Bernard Guetta salue &#233;galement &#171; &lt;i&gt;L'acquis d'un drame&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 06.09.04), accompagn&#233; par Claude Askolovitch, qui contemple &#171; &lt;i&gt;la France apais&#233;e par la vertu d'un drame. Comme si on avait fr&#244;l&#233; le pire, et si l'on s'&#233;tait arr&#234;t&#233; juste &#224; temps&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 02.09.04).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse dans son ensemble pousse un cri de soulagement. Car comme chacun le sait, la France &#233;tait menac&#233;e par une invasion de terroristes barbus voilant leurs filles pour saper les fondements de l'&#233;cole la&#239;que. Et elle a r&#233;ussi, gr&#226;ce &#224; son intransigeance et &#224; l'interdiction du port du voile &#224; l'&#233;cole, &#224; remporter une grande victoire. Et quelle victoire ! : &#171; &lt;i&gt;En trois jours, les barbus de l'UOIF sont ostensiblement rentr&#233;s dans le rang r&#233;publicain&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 02.09.04). &lt;br /&gt;
Dans cette affaire, les Fran&#231;ais musulmans ont enfin pu recevoir leur certificat de &#8220;non-dangerosit&#233;&#8221; g&#233;n&#233;reusement d&#233;livr&#233; par un jury d'&#233;ditorialistes anti-terroristes. Ceux qui n'inspiraient que la m&#233;fiance &#171; &lt;i&gt;ont gagn&#233; ici avec &#233;clat leur brevet de r&#233;publicanisme, c'est-&#224;-dire, aussi, de la&#239;cit&#233;&lt;/i&gt; &#187; estime Jean Daniel (&lt;i&gt;le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 02.09.04), appuy&#233; par Bernard Guetta : &#171; &lt;i&gt;Devant ce chantage terroriste &#224; la loi sur le voile, les organisations islamiques fran&#231;aises ont connu leur moment de v&#233;rit&#233;. Elles l'ont superbement pass&#233;. Dans l'histoire des musulmans de France, il y aura un avant et un apr&#232;s-29 ao&#251;t&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 06.09.04). &lt;br /&gt;
{}&lt;br /&gt;{}&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La presse accorde la nationalit&#233; fran&#231;aise aux Fran&#231;ais musulmans...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
{}&lt;br /&gt;
La date semble &#234;tre historique pour de nombreux journaux : tout se passe comme si les Fran&#231;ais musulmans, jusqu'&#224; pr&#233;sent tent&#233;s par l'action arm&#233;e et les attentats suicides pour faire de la France une dictature islamique, auraient d&#233;cid&#233; de tourner le dos au terrorisme. Pour nos journaux, cela suffit &#224; ne plus les voir comme des agents d'Al-Qaida et &#224; en faire de vrais Fran&#231;ais. &lt;br /&gt;
Le &#171; &lt;i&gt;tournant&lt;/i&gt; &#187; est c&#233;l&#233;br&#233; collectivement. L'&#171; islam en France &#187; est devenu l'&#171; &lt;i&gt;islam de France&lt;/i&gt; &#187; (titre de l'&#233;ditorial du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, 06.09.04). &#171; &lt;i&gt;La crise des otages marquera la naissance de l'islam &#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;cr&#232;te &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, qui c&#233;l&#232;bre &#171; &lt;i&gt;les noces d'ao&#251;t&lt;/i&gt; &#187; entre &#171; &lt;i&gt;Islam et R&#233;publique&lt;/i&gt; &#187; (02.09.04). L'&#171; &lt;i&gt;islam &#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187; n'existait apparemment pas auparavant pour l'hebdomadaire de Jean Daniel...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il n'y avait, en r&#233;alit&#233;, pas de doute &#224; avoir&lt;/i&gt; &#187;, avoue Bernard Guetta (&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 06.09.04), qui reconna&#238;t malgr&#233; lui l'ineptie de ses propres propos : &#171; &lt;i&gt;le fait est que la question de la loyaut&#233; nationale des musulmans fran&#231;ais se posait - &#224; tort, mais c'est ainsi - &#224; beaucoup de leurs compatriotes.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Un tournant est pris&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ex-talibans en puissance que sont les Fran&#231;ais musulmans ont retrouv&#233; la raison, se f&#233;licitent les &#233;ditorialistes ; la loi interdisant le port du voile &#224; l'&#233;cole ne pose m&#234;me plus probl&#232;me. C'est l'&#171; &lt;i&gt;union sacr&#233;e&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 02.09.04), le &#171; &lt;i&gt;front du refus&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 30.08.04). Finie la contestation, finies les voix discordantes ; m&#234;me dans les prises de position de Tariq Ramadan, qui &#171; &lt;i&gt;compromettent &#233;videmment sa strat&#233;gie d'entrisme&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;la r&#232;gle r&#233;publicaine n'en est pas moins respect&#233;e&lt;/i&gt; &#187; (Jean Daniel, &lt;i&gt;le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 02.09.04). &lt;br /&gt;
Dans ce climat idyllique, les derniers &#224; gesticuler pour semer le d&#233;sordre sont &#233;videmment toujours les m&#234;mes : &#171; &lt;i&gt;Seule une petite frange gauchiste, autour du collectif Une &#233;cole pour tous, persiste &#224; d&#233;noncer une loi &#8220;islamophobe et raciste&#8221;, poursuivant un combat qu'Alaoui a abandonn&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 02.09.04). Les gauchistes, toujours les gauchistes...&lt;br /&gt;
{}&lt;br /&gt;{}&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;...mais un Fran&#231;ais musulman reste quand m&#234;me un musulman&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La France n'est plus au bord du gouffre, nous rassure-t-on, &#171; &lt;i&gt;la rentr&#233;e scolaire ne sera pas une guerre civile&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;le Nouvel Observateur&lt;/i&gt;, 02.09.04). Ouf ! Mais tout n'est pas r&#233;gl&#233;, car un musulman reste un islamiste en puissance, et donc un terroriste potentiel... Le &#171; &lt;i&gt;consensus reste fragile&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;les ambigu&#239;t&#233;s ne sont pas toutes lev&#233;es&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 02.09.04). &lt;br /&gt;
L'&#171; &lt;i&gt;islamisme est une maladie de l'islam&lt;/i&gt; &#187;, alerte Claude Imbert (&lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 02.09.04), &#171; &lt;i&gt;et pour les recruteurs z&#233;l&#233;s, le vivier reste, chez nous, abondant.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Il faut que leur r&#233;action salutaire ne soit pas un feu de paille. Qu'elle devienne un contre-feu &#224; l'incendie. Car, en Europe, le feu couve toujours...&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Le Nouvel Observateur&lt;/i&gt; s'interroge donc : &#171; &lt;i&gt;Armistice tactique ou paix des braves ?&lt;/i&gt; &#187; (02.09.04).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e, puisqu'il ne faut pas oublier que l'islamisme a remplac&#233; le communisme et le nazisme comme ennemi n&#176;1 de la d&#233;mocratie occidentale dans nos journaux. Apr&#232;s Staline et Hitler, Ben Laden semble reprendre le flambeau du totalitarisme. &#171; &lt;i&gt;L'Islam h&#233;site&lt;/i&gt; &#187;, explique doctement Bernard Guetta, qui s'aventure dans une analyse psychologique de l'&#171; &lt;i&gt;Islam&lt;/i&gt; &#187; avec un grand &#171; &lt;i&gt;I&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Il est hypnotis&#233;, c'est vrai, par une tentation de la violence que d'autres ont connue avant lui. A peine sortis du si&#232;cle du goulag et d'Auschwitz, nous ne savons que trop, nous autres Europ&#233;ens, ce que sont ces moments d'exaltation collective&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 06.09.04).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la situation est peut-&#234;tre encore plus grave qu'en 1939, s'alarme Claude Imbert, car c'est &#224; des primates fanatis&#233;s tout droit sortis des &#226;ges barbares que nous avons cette fois-ci &#224; faire. Dans une analyse qui se d&#233;marque par sa finesse et sa subtilit&#233;, l'&#233;ditorialiste &#171; &lt;i&gt;un peu islamophobe&lt;/i&gt; &#187; - comme il l'a lui-m&#234;me conc&#233;d&#233; (LCI, 24.10.03) - souligne les particularit&#233;s de ce nouvel ennemi venu &#171; &lt;i&gt;d'ailleurs&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Le nazisme, le communisme appartinrent au Mal occidental, n&#233;s qu'ils &#233;taient dans l'ab&#238;me d'un coma d&#233;mocratique. L'islamisme vient d'ailleurs. D'un ailleurs g&#233;ographique, et plus encore historique. C'est un bloc du pass&#233; de l'humanit&#233;, fig&#233; dans son &#226;ge th&#233;ocratique, dans son refus des temps modernes, commenc&#233;s chez nous, il y a quatre ou cinq si&#232;cles&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 02.09.04).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, totalement Fran&#231;ais ces musulmans ? Nos &#233;ditorialistes semblent exiger de nouvelles preuves...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi vont les commentaires de nos chers &#233;ditorialistes : ils sont libres parce qu'ils s'affranchissent autant que possible d'un contact effectif avec les faits ; ils sont pluralistes parce qu'ils disent &#224; plusieurs voix &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose ; ils satisfont la libert&#233; d'expression de quelques uns au d&#233;triment du droit &#224; l'information du plus grand nombre et du droit d'informer de ceux dont ils parlent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique Pinsolle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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