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Tunisie : mots et maux de l’information en continu

par Julien Salingue, Ugo Palheta, le 17 janvier 2011

Il est évidemment difficile d’informer sur un événement aussi imprévisible, dans son surgissement, que le soulèvement d’un peuple. Qui pouvait prévoir qu’en 2011 le peuple tunisien, au prix d’un mois de luttes et après avoir subi la répression de la police de Ben Ali, parviendrait à contraindre ce dernier à l’exil ? Le sens et la portée des événements ne sont pas immédiatement perceptibles. Au risque que le journalisme soit inévitablement pris en défaut. Mais…

Mais le traitement médiatique de la mobilisation populaire tunisienne, et de sa radicalisation depuis une dizaine de jours, révèle des défaillances qui ne sont pas seulement imputables aux difficultés du journalisme aux prises avec l’événement inédit. Parmi ces défaillances : les mécanismes de « circulation circulaire de l’information », les effets d’une réactivité sous-informée, l’usage irréfléchi d’expressions passe-partout, le recours à des « experts » se prenant pour des devins ou encore l’omniprésence d’éditocrates disant tout et n’importe quoi sur à peu près tous les sujets.

Si on ne peut guère reprocher aux grands médias de n’avoir pas prédit ce soulèvement et ses effets, le délaissement structurel de l’information internationale par nombre d’entre eux n’est sans doute pas pour rien dans les approximations que l’on a pu relever ici ou là et dans la pauvreté uniforme des descriptions proposées de cette révolte sociale. Il est vrai que ce traitement n’a pas été homogène, Libération n’ayant pas informé comme Le Figaro, ou Le Monde comme Le Point, et qu’il a par ailleurs évolué au fil des jours sous la pression du mouvement populaire. Contrairement, notamment, aux grandes chaînes de télévision, Libération et Le Monde n’ont pas découvert la nature du régime de Ben Ali au cours des dix derniers jours. Il reste qu’une observation qui n’est en rien exhaustive permet de repérer, notamment sur les sites d’information en ligne et les chaînes d’information en continu, des figures redondantes de la langue de plomb journalistique et des approximations dont les effets sont loin d’être anecdotiques quant à la compréhension de la révolte du peuple tunisien.

Des « émeutes meurtrières » ?

Il suffit parfois d’un simple qualificatif répété partout pour imposer l’interprétation d’un événement. Avant que Ben Ali ne soit forcé de quitter la Tunisie, on a ainsi vu fleurir – quoique inégalement – dans à peu près tous les grands médias français les expressions d’« émeutes meurtrières » ou d’« émeutes sanglantes ».

Comme on le verra plus loin, les journaux se sont également appliqués à dresser le « bilan des violences ». Or sont-ce les émeutes qui sont « meurtrières » ou la répression assurée par la police d’un président régulièrement réélu avec au moins 90 % des voix ? Les morts et les blessés, le « sang », sont-ils imputables aux manifestations de rue ou au régime qui les écrase ? S’agit-il du « bilan » du mouvement de révolte ou de celui de la répression policière ?

En usant et abusant d’expressions aussi automatiques qu’elles sont contestables, une bonne partie des grands médias français prononçaient leur jugement, minimisant la répression d’un peuple en révolte par un régime dictatorial. Or cet usage irréfléchi d’une expression impropre révèle, non pas (ou pas simplement) le conformisme des journalistes qui l’emploient, mais les mécanismes de production d’une information standardisée et les automatismes de pensée qu’ils induisent.

S’il est vain de chercher l’origine, c’est-à-dire le premier émetteur, de l’expression « émeutes meurtrières », on peut sans nul doute voir dans les dépêches de l’AFP un accélérateur de sa diffusion. La plupart des journaux imprimés ou télévisés, mais aussi des sites d’information sur Internet, ne font fréquemment que reprendre ces dépêches en les modifiant à la marge. Ainsi, le 9 janvier, l’AFP publie une dépêche qui débute ainsi : « La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes ».

L’ « information » se répand comme une traînée de poudre et, sans que personne ne se soit évidemment concerté, envahit la quasi-totalité des sites d’information. Quelques exemples…

– Sur le site du Parisien : « La révolte que connaît la Tunisie depuis le mois de décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes ».
– Sur celui de La Voix du Nord : « La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré en émeutes sanglantes ».
– Sur celui de TF1 : « Jour après jour, le mouvement semble se radicaliser. La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes ».

À être entonnée à l’unisson dans à peu près tous les grands médias, une idée n’en devient certainement pas plus vraie. Reste qu’elle acquiert par ce mouvement de diffusion généralisée une puissance qu’il est ensuite difficile de contester. En l’occurrence, parler d’ « émeutes meurtrières » revient à retourner les responsabilités, et en mettant ainsi la réalité cul par-dessus tête, les médias ne peuvent pas ne pas influer sur les jugements à l’égard de la mobilisation du peuple tunisien. Et si ce sont les émeutes qui sont « meurtrières », comment refuser à Ben Ali le droit de les réprimer ?

Libération et le Figaro : clarification et persévérations

La langue automatique persévère, même quand la clarté s’impose. Libération, le 11 janvier titre massivement et clairement : « Ben Ali réprime ».

Mais le court texte placé sous le titre reprend l’expression « émeutes meurtrières », et le site du quotidien parle quant à lui de « manifestations mortelles ». Autre exemple de cette fluctuation dans l’emploi des termes : dans un article, paru le 12 janvier, intitulé « Le régime Ben Ali réprime, la rue tunisienne continue d’y croire », sont évoquées les « victimes des émeutes ». Là encore, victimes des « émeutes » ou de la répression du régime ? Les fluctuations du vocabulaire ne traduisent sans doute pas une hésitation dans l’interprétation des événements, mais elles l’induisent.

Dans la même veine, Le Figaro titre, en citant un manifestant : « Tunisie : "la police a ouvert le feu sur les manifestants" », et sous-titre, en copiant la dépêche de l’AFP : « La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes ».

Les mêmes expressions toutes faites peuvent d’ailleurs resservir au mot près pour d’autres situations. Ainsi peut-on lire, sur le site de TF1, dans un article intitulé « Lent retour à la normale en Algérie après des violences meurtrières » : « Les Algériens ont commencé dimanche à reprendre une vie normale après un week-end d’émeutes meurtrières contre la vie chère ».

Le « bilan des violences »

Autre manière, sous couvert d’impartialité, d’effacer implicitement (et sans doute involontairement) la responsabilité de Ben Ali et des forces armées tunisiennes, de nombreux médias ont régulièrement proposé à leurs lecteurs ou auditeurs, durant la semaine précédent le départ de Ben Ali, un prétendu « bilan des violences ».

Là encore, c’est une dépêche de l’AFP qui est reprise par l’ensemble des grands médias. Intitulée « Tunisie : chaos à Kasserine, le bilan des violences s’alourdit », elle commence de la manière suivante : « Le bilan des troubles sociaux qui ébranlent la Tunisie depuis près d’un mois s’est alourdi à une cinquantaine de morts dans le centre du pays en trois jours, selon un responsable syndical qui a évoqué une situation de "chaos" mardi à Kasserine, principale ville du centre ». Plus loin seront évoquées des émeutes non plus « meurtrières » mais « sanglantes ». On retrouve ce thème du « bilan » sur de nombreux sites d’information :

– Sur le site du Nouvel Obs : « Les émeutes ont fait, selon les associations, plus de 50 tués ces trois derniers jours rien que dans cette ville du centre-ouest. [...] La situation était chaotique à Kasserine, chef lieu du centre-ouest de la Tunisie où des émeutes ont fait plus de 50 tués ces trois derniers jours ».

– Sur celui du Monde, dans un article intitulé « Le bilan des violences s’alourdit en Tunisie » : « Le bilan des émeutes dans tout le pays s’est encore alourdi. Après les violences du week-end dans des localités du centre-ouest du pays, le nombre de morts s’élève désormais à au moins trente-cinq ».

– Sur celui du Figaro, dans un article intitulé « Les violences en Tunisie ont fait au moins 35 morts » : « Ce bilan humain des émeutes durant le week-end est établi par la Fédération internationale des droits de l’homme à partir d’une liste nominative. Le bilan des violences en Tunisie ne cesse de s’alourdir. Pour l’heure, le nombre de morts dans les émeutes durant le week-end s’élève à au moins 35 ».

France soir interroge : « Êtes-vous inquiet… ? »

Plus indécent, France-Soir publie sur son site – à côté d’un article sur le chanteur juvénile Justin Bieber et d’un autre sur la Miss France 2010 – un sondage auquel les internautes peuvent répondre en ligne. La question posée est la suivante : « Êtes-vous inquiet de la situation en Tunisie ? »

Outre l’imposition de la problématique de l’« inquiétude » (on pourrait tout autant demander : « Êtes-vous révolté par la répression du peuple tunisien ? », ou « Êtes-vous heureux de voir un peuple se soulever contre une dictature ? », etc.), on notera la petite phrase à prétention « explicative » qui suit cette question : « Les émeutes se poursuivent en Tunisie, où le bilan officiel fait toujours état de quatorze morts ». Plus encore, les quatre réponses proposées en disent long sur l’opinion implicite de la rédaction de France-Soir à l’égard du mouvement populaire en cours en Tunisie :

Oui, il y a un risque d’embrasement ;
Oui, d’ailleurs je n’irai pas là-bas en vacances ;
Non, le gouvernement va reprendre les choses en main ;
Non, c’est loin, ça ne me concerne pas.

Face à cette mobilisation de la jeunesse et des travailleurs tunisiens, les internautes se voient donc imposer le « choix » entre la peur (d’une diffusion de la contestation sociale) et l’indifférence.

I-Télé : du « coup d’État » à la « révolution »

La roue médiatique finit par tourner avec le cours des événements en Tunisie. Vendredi 14 janvier à 18 h 45 : le premier ministre tunisien, Mohammad Ghanouchi, annonce que Ben Ali est dans l’incapacité d’assumer ses fonctions. Les observateurs comprennent que cette annonce sonne le glas de la dictature de Ben Ali, lequel avait tenté, quelques heures plus tôt, une dernière manœuvre en limogeant le gouvernement et en annonçant la tenue d’élections anticipées.

I-Télé, chaîne d’information en continu, réorganise ses programmes pour couvrir l’événement. « Edition spéciale », images en direct de Tunis, défilé de nombreux « spécialistes », commentaires « à chaud »… Un bandeau est, en outre, incrusté en haut à droite de l’écran :

« Tunisie : coup d’État ». Nous pourrions discuter ici de la pertinence du terme de « coup d’État » pour qualifier le départ d’un dictateur sous la pression de mobilisations populaires qui durent depuis des semaines… Mais nous ne le ferons pas. Car dès le lendemain matin, I-Télé a changé son fusil d’épaule :

Le « coup d’État » est devenu, en l’espace d’une nuit, une « révolution ». Comme quoi, à vouloir faire très vite, et quand on n’y comprend pas grand-chose, on fait souvent n’importe quoi.

Le « Grand Journal de Canal + » : dépassé par les événements

Vendredi 14 janvier, 19 h 10. Depuis près de 30 min, l’annonce du retrait de Ben Ali est officielle. Le « Grand journal de Canal + », émission diffusée apparemment en direct, débute.

Michel Denisot l’annonce, avec sa solennité habituelle : « Comme tous les vendredi nous allons commenter l’actualité de la semaine avec trois grands observateurs ». Alain Duhamel (RTL, entre autres), Christophe Barbier (L’Express, entre autres) et Sonia Mabrouk (Public Sénat) font leur entrée sur le plateau. Michel Denisot : « On va commencer par la Tunisie, et les images de ce matin. Eh bien, après le "je vous ai compris" de Ben Ali, eh bien, les Tunisiens n’ont pas tous compris puisqu’il y en avait plus de 5 000 dans les rues de Tunis ce matin pour demander la démission de Ben Ali ». Après cette introduction pleine de lucidité et d’empathie à l’égard des victimes du régime de Ben Ali, le débat commence. Florilège…

– Sonia Mabrouk : « Il y a une grande majorité de Tunisiens qui ont écouté [le discours de Ben Ali] hier, et qui se disent maintenant, bah écoutez, il faut des preuves, il faut des actes ». [...]
– Alain Duhamel : « Est-ce que [le discours de Ben Ali d’] hier soir débloquera les choses, je suis totalement incapable de le dire ». [...]
– Jean-Michel Aphatie : « [Ben Ali] reconnaît qu’il a laissé assassiner des Tunisiens, comment voulez-vous, mais comment voulez-vous que les gens le croient, que les gens pensent que, lui, il est la solution politique ? Mais il va sauter comme un bouchon de champagne… ». [...]
– Sonia Mabrouk : « Sauter comme un bouchon de champagne, je veux bien, mais… [...] Il faut un processus de transition. Est-ce qu’il faut couper les têtes tout de suite ? ». [...]
– Ali Baddou : « Il restera peut-être en place, on n’en sait rien, après tout il continue à absolument tout maîtriser, la police, l’armée, l’appareil d’État, l’administration… »

Etc.

On est obligé de se rendre à l’évidence : la nouvelle de la chute de Ben Ali n’a pas été communiquée à l’équipe du « Grand Journal », ni aux « trois grands observateurs » invités. Elle est pourtant reprise, à l’heure de ce « débat », sur la plupart des sites Internet des grands journaux (y compris L’Express), et sur les chaînes d’information en continu. Avant même qu’il débute, le débat était périmé.

Pourquoi ? Tout simplement parce que cette émission qui simule le « direct » est, le vendredi, enregistrée l’après-midi ! Tel est pris qui croyait prendre.

Le mot de la fin à Alain Duhamel : « Ce qui est frappant c’est, comme souvent dans ces cas-là, quand les choses tournent aussi mal, c’est-à-dire aussi violemment, euh, c’est le retard perpétuel sur l’événement. C’est… Ben Ali a toujours été en retard, de même que, d’ailleurs, le gouvernement français, de son côté, a été en retard sur sa réaction, et sur l’ampleur de sa réaction ». Un « retard perpétuel sur l’événement ». On ne saurait mieux dire.

Le Parisien : « ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent »

Deux « unes » du Parisien, à cinq jours d’intervalle, sont exemplaires du « retournement » de la presse face aux développements de la situation en Tunisie. Le 10 janvier, alors que le soulèvement tunisien s’étend depuis quatre semaines et que la police tire à balles réelles sur les manifestants (et les tue…) depuis le 24 décembre, Le Parisien évoque une « flambée de violences meurtrières en Tunisie ».

On connaît la suite. Le 14 janvier au soir, Ben Ali quitte la Tunisie. Un président au pouvoir depuis vingt-trois ans contraint à la fuite par ce qui n’était, quelques jours auparavant, qu’une « flambée de violences meurtrières » ? Que nenni !

Une lucidité de la dernière heure qui en rappellera une autre aux férus d’histoire. Elle remonte à juillet 1789 :

C’est une révolte ?
Non, Sire, c’est une révolution.


***

Une dernière remarque s’impose. La précipitation et l’incompréhension face aux événements en cours ont conduit nombre d’éditocrates à effectuer des déclarations et des dérapages plus ou moins contrôlés, tout autant révélateurs de leur vision du monde que de leur conception du journalisme. Les deux extraits qui suivent sont des retranscriptions de l’édition du « Grand journal » déjà citée plus haut, décidément riche en perles, malgré le dépassement de la date de péremption.

Alain Duhamel et Christophe Barbier pensent :

-  Alain Duhamel, d’un peu partout, connaît très bien la Tunisie, il s’y intéresse depuis dix jours : « Moi ce qui m’a frappé en écoutant, bon, j’ai fait comme nous tous, c’est-à-dire que j’ai écouté le maximum d’interviews, et en particulier d’opposants pendant, voilà, dix jours, ils sont tous d’une précaution, et d’une prudence… ». Le « grand observateur » a parlé.

-  Pour Christophe Barbier, de L’Express et d’ailleurs, la démocratie, c’est bien, mais quand même ça dépend. C’est lui qui le dit, dans l’émission que nous venons d’évoquer.

– Christophe Barbier : « Il y a à un moment donné un islamisme politique qui menace de prendre le pouvoir ».
– Ali Baddou : « Ah, bah oui, mais vous voulez la démocratie ou vous voulez la dictature ? C’est-à-dire qu’en l’occurrence, à un moment donné, il faut laisser les gens s’exprimer, voter, et l’islam politique existe en Tunisie, comme ailleurs… Vous parliez des Frères musulmans en Égypte, ils sont massacrés, ils sont tenus, euh, souvent torturés, arrêtés. Bon, en Tunisie, c’est le cas aussi, est-ce qu’il faut les laisser s’exprimer ou pas ? »
– Christophe Barbier : « Je veux la république. Si la république passe par la démocratie c’est tant mieux, mais s’il faut parfois combattre les mécaniques démocratiques pour sauver la république… »
– Jean-Michel Aphatie (l’interrompant, dommage…) : « Non, non… Les Frères musulmans ils pourrissent en prison en Égypte. Ils pourrissent en prison. Vous savez, on peut pas dire "je veux la république et des gens qui pourrissent en prison", ça va pas ».

Et plus tard dans l’émission…

– Christophe Barbier : « Tout faire pour que l’islamisme n’arrive pas au pouvoir dans ces pays-là, c’est pas rendre service à nous, c’est rendre service à nous, et à eux, et aux peuples concernés… Tout plutôt que de les voir tomber dans ce qu’est devenu l’Iran ou l’Afghanistan ».
– Jean-Michel Aphatie (l’interrompant, décidément…) : « Dans votre tout il y a des choses horribles. Dans votre tout il y a des choses horribles Christophe. Il faut que vous vous débrouilliez avec des choses horribles. »
– Christophe Barbier : « Y a la raison d’État et y a du cynisme, je suis d’accord, mais j’assume cette phrase : "Plutôt Ben Ali que les barbus" ».

« Tout » est dit.

Julien Salingue et Ugo Palheta

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