L’article signé par Sophie Divry dans La Décroissance de mai 2008 me met personnellement en cause et stigmatise le fonctionnement de L’âge de faire. En accord avec le conseil d’administration et l’équipe du journal je souhaite que la réalité des faits soit rétablie. Les salariés, des intervenants, des voisins ont chacun, pour leur part écrit à La Décroissance pour dire leur désaccord avec le ton et les termes de l’article. Leurs témoignages, joints à ce droit de réponse, sont à la disposition des lecteurs qui le souhaitent.
Deux mois sont passés, les blessures consécutives à cette violente attaque attentant à mon honneur restent vives et les séquelles demeureront. C’est aussi toute une équipe fière de porter notre beau projet que vous avez atteint. Votre responsabilité est en cause parce que rien, jamais, du vécu de notre entreprise n’a justifié le moindre article dans la presse. Il n’y a jamais eu hurlements, injures, menaces, harcèlement, heures supplémentaires non payées. Patron productiviste ? Pour produire quoi ? Nous avons sorti 5 n° dans l’année 2006 au lieu de 11. La plupart des salariés faisant strictement leur temps de travail. Les allées et venues pour fumer, téléphoner à titre personnel ou simplement se détendre étaient bien sûr courantes.
L’’âge de faire est publié par une association appuyée sur un millier de coopérateurs. Un groupe local ainsi qu’un bureau élargi de l’association se réunissent régulièrement. Des bénévoles viennent régulièrement aider. La réalisation des emplois aidés est placée sous le contrôle du Conseil Général et des Services de l’Emploi, un tuteur est à la disposition des signataires employeurs et salariés. Comment imaginer l’existence d’un lieu où règnerait « la terreur » dans l’indifférence générale ? Le tuteur d’une salariée, la plus virulente, est venu 2 fois faire le point en 4 mois sans faire d’observation. La tutrice de trois autres est venue en février 2007 sans suites... Il y a aussi nos documents comptables, feuilles de présence signées, et témoignages des salariés... que vous auriez pu consulter, si vous aviez eu la curiosité de le demander :
Marjorie, secrétaire comptable
« Je travaille à l’âge de faire depuis avril 2006. J’ai connu tous les auteurs des témoignages de l’article paru dans La Décroissance et je suis scandalisée par leurs mensonges. L’ambiance dans l’entreprise n’a rien à voir avec ce que veut faire croire ce texte. Alain Duez est un homme strict, certes, mais juste et il sait aussi reconnaître ses erreurs. Je ne l’ai jamais entendu hurler, vociférer, insulter ou humilier quiconque. Ce sont d’odieux mensonges. »
Bernadette gestion du fichier et envois
« Je suis outrée par les mots employés dans les témoignages repris dans l’article : ils ne correspondent pas du tout à ce que j’ai pu observer et vivre. « Vociférations, hurlements, humiliations, enfer, terreur, massacre » sont des termes qu’il ne me viendrait pas à l’idée d’employer concernant L’âge de faire. Je n’ai jamais rien senti ni vécu de cela ici. Alain est un patron exigeant ? Patron, oui. Et je sens bien que c’est une situation mal supportée par quelques-uns d’entre nous qui, pensant association souhaitent un autre fonctionnement. Mais quel que soit le statut, le journal doit sortir, en temps et en heure. Il a des abonnés à ne pas décevoir sur le fond, la forme et les délais... en bref les contraintes d’une entreprise normale. »
Didier, secrétaire de rédaction
« Les mots employés dans l’article du journal La Décroissance ne correspondent pas à mon vécu avec Alain Duez. Mes relations personnelles avec lui se sont toujours bien passées : pas d’éclats de voix, engueulade ou dispute, d’un côté comme de l’autre. J’estime avoir la confiance d’Alain Duez, et que celui-ci reconnaît à la fois mes compétences et mon professionnalisme. »
Alors pourquoi ces mensonges ? D’abord parce que, sans le sensationnel, vous n’auriez sans doute pas pris : quel intérêt auriez-vous eu de nous faire une page de publicité en relatant notre histoire somme toute assez classique ? Auriez-vous été intéressé par le récit de la création de toute pièce d’une petite entreprise militante pour produire un nouveau journal avec les difficultés propres à la création d’une équipe composée de salariés en retour à l’emploi. Mais ne noircissons pas le tableau, cette première année 2006 s’est globalement bien passée, la majorité des personnes employées ayant assuré. Il n’y a eu de rapport conflictuel qu’avec 2 personnes. Le cas d’une troisième étant à part, son départ volontaire pour un travail plus près de chez elle a été une chance pour nous, son employeur précédent et le suivant ayant été contraints, eux, de la licencier pour préserver leur entreprise...
Alors quelle erreur aurait été commise ? Début janvier 2007, notre comptable, sort le bilan et annonce un résultat sans rapport avec la réalité. Tenant compte des abonnements dus, nous n’avions qu’une trésorerie saine, ce qui n’était déjà pas si mal pour notre jeune projet. Réunion générale pour tempérer les ardeurs et d’abord pour rappeler que ce résultat s’explique en grande partie par mon bénévolat et la mise à disposition gratuite des 80 m2 de bureaux. Puis pour expliquer que cette réserve était essentielle à notre bon fonctionnement. Je souligne qu’une prime après confirmation des comptes a été attribuée en avril Mais cette annonce avait manifestement déjà fait souffler un vent de folie dans les têtes...
Votre article est publié en mai 2008 alors que la période de tension relative à ces débats a pris fin début 2007. L’apparente spontanéité des témoignages dont vous faites état fait partie d’une manœuvre montée de toute pièce par l’un de nos salariés aujourd’hui démissionnaire. Vengeance personnelle déguisée en croisade contre la souffrance au travail dont je serais grand pourvoyeur... Nous tenons à votre disposition sa prose attestant que vous avez eu affaire à un spécialiste de la manipulation.
Ce dérapage dans un journal alternatif tel que le votre se réclamant de l’humanisme est grave et met en lumière la vulnérabilité du journaliste. Comment en effet Sophie Divry, face à des accusations aussi graves, n’a-t-elle pas éprouvé le besoin de contrôler les sources et d’entendre d’autres voix ? Pire, elle continue à le refuser ! Fait-on un tel travail seulement par téléphone ? Il est regrettable que le sensationnel ait pris le pas sur la rigueur journalistique à laquelle, de son côté, L’âge de faire reste très attaché.
On ne fait pas le deuil d’un tel scandale sans que justice soit rendue, ou que les fauteurs reconnaissent leurs erreurs. C’est la proposition que je fais au journal la Décroissance dans un souci d’apaisement mais aussi d’économies de toutes sortes dont nos projets ont bien besoin.
Pour nous joindre : 04 92 61 24 97, ou nous écrire : La Treille, 04290 – SALIGNAC. »
Alain Duez br>
- 7 juillet 2008.