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Colombani perd son procès contre Botton

Publié le 5 novembre 2003

Depuis la parution de cet article, Pierre Botton et les éditions Flammarion ont été condamnés pour diffamation par un arrêt de la Cours d’appel du 30 juin 2005. Lire : Botton condamné en appel pour avoir diffamé Colombani. [Acrimed, le 20 juillet 2005]

Le tribunal de grande instance de Paris a débouté le 29 octobre 2003 Jean-Marie Colombani, le patron du Monde, de son action en diffamation contre Pierre Botton, apprend-on par une brève de Libération (4 nov.) [1]. Dans son livre Il y a toujours des complices, l’ancien homme d’affaires et financier de la carrière de Michel Noir (espoir de la droite dans les années 80-90) " écrivait qu’il avait payé un aller-retour en avion et un séjour à Cannes à Jean-Marie Colombani et à son épouse en mai 1991 afin qu’ils viennent au festival de Cannes ". Le tribunal a estimé que Pierre Botton avait " suffisamment d’éléments sérieux pour tenir de bonne foi ses propos. " : il a produit " la facture d’Air France sur laquelle figuraient les noms des bénéficiaires ".

Lire Journalistes ou formateurs en communication ?, Une autre face cachée ? Daniel Schneidermann, " contre soi-même ".

P.-S.

Dans Ma part du Monde [2], Alain Rollat, ancien " bras droit " de Jean-Marie Colombani, revient sur l’attitude de la direction du Monde face au livre de Pierre Péan et Philippe Cohen La Face cachée du Monde [3]. Il interpelle son ancien complice Edwy Plenel, directeur de la rédaction du journal : " Pourquoi as-tu refusé d’affronter en débat Péan et Cohen ? Je suis sûr que, sur beaucoup de points, tu l’aurais emporté. Mon avis est que, personnellement, tu souhaitais cette confrontation. Je suis certain que tu as déclaré forfait pour ne pas embarrasser davantage Notre Prince qui avait, lui, de bonnes raisons - si j’ose dire - de fuir certaines questions ". Quant au " Prince " en question (Colombani), Alain Rollat interroge sa " part d’opacité ". " D’où vient ce sentiment bizarre que tu préfères la brume à la clarté ? ". Evoquant " l’affaire Botton ", Rollat rappelle qu’en 1981, Claude Julien a été écarté de la succession à la direction du Monde sur la base de soupçons bien moins graves. " Imagine de ce qu’il serait advenu de notre vote sur ta candidature à notre trône, le 27 février 1994, si notre corps électoral avait alors eu vent de ton audition au palais de justice de Lyon le 12 novembre 1993... " (lire Les coulisses de la conquête du Monde).

Notes

[1] Pas d’autre mention dans la presse à notre connaissance...

[2] Les Editions de Paris, 2003.

[3] Voir notre rubrique "La face cachée du "Monde" ".

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