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Le Nouvel Obs et les journalistes (2) : Enquête ou pot-pourri de circonstance ?

par Henri Maler, le 2 novembre 2003

Après deux éditoriaux de mise en garde (Lire : Le Nouvel Obs et les journalistes (1) : désinformer pour informer ?), Le Nouvel Observateur promet de nous révéler « les secrets du journalismes ». A grand renfort d’exemples souvent très connus et parfois simplement recopiés [1], les auteurs du dossier (Sophie des Déserts, Airy Routier et Olivier Toscer) se proposent de répondre à dix questions. Résultat : un modèle de critique minimale qui caresse la surface des problèmes, quand elle ne les noie pas dans un onctueux mélange d’affirmations péremptoires et d’explications tronquées. Entre le répertoire des faits, souvent accablant, et la recherche des causes, réduite au minimum, le contraste est complet.

Un passage en revue des questions soulevées permet de mesurer la distance qui sépare une critique parfois sévère, mais minimale, d’une critique rigoureuse et radicale.


« I. Sont-ils puissants ? »

D’emblée, la question confond le pouvoir ou les pouvoirs qu’exercent les médias et les journalistes et la puissance de ces derniers. Passons... Vient alors la réponse :

« Face aux individus, c’est évident. On ne compte pas les citoyens ordinaires injustement accusés qui ne se remettront jamais d’avoir vu leur nom en lettres d’infamie dans le journal local, etc. La nouveauté, c’est que le pouvoir des journalistes peut désormais faire mal aux gros poissons (...) Même si au final le bilan est mitigé - devant les tribunaux, beaucoup de dossiers n’ont pas tenu leurs promesses médiatiques - toute la profession y a gagné en terme de capacité d’intimidation ». Que vaut cette prétendue capacité d’intimidation ? Quels en sont les effets ? Questions oubliées...

« De là à déduire que le pouvoir des médias dépasse tous les autres, il y a un fossé à ne pas franchir. (...) En réalité, les journalistes ne pèsent souvent que par la faiblesse des autres pouvoirs  ». Et l’article de donner deux exemples, du pouvoir médiatique bénéficiant de la faiblesse du pouvoir judiciaire ou du pouvoir politique.

« Puissants vis-à-vis des individus, les journalistes ne pèsent guère, en revanche, dans la bataille des idées ». C’est sans doute la raison pour laquelle nombre d’entre eux tentent de s’en arroger le monopole. Vient alors la « preuve » de l’impuissance des journalistes : « Proches de la gauche dans leur grande majorité (y compris dans les journaux classés à droite !), presque tous opposés au Front national, ils n’ont pas empêché le 21 avril 2002. Ils n’ont rien vu venir ». Ainsi parce qu’ils ne seraient pas tout-puissants (ils ne peuvent pas formater l’opinion à leur guise), les journalistes ne pèseraient guère... Ce tout ou rien (ou presque...) est une vertueuse protestation d’innocence...

Rien, pas un mot sur le pouvoir de consécration des intellectuels qui consacrent les "journalistes d’élite", sur le pouvoir d’intimidation des individus et des collectifs qui les contestent, sur le pourvoir de stigmatisation de certaines catégories sociales et des mouvements sociaux qui leurs déplaisent, sur le pouvoir de légitimation de la version médiatique des problèmes sociaux, sur le pouvoir de conforter leur puissance en laissant croire à leur puissance. Bref : une question pour rien. Passons à la suivante.

« II. Cachent-ils ce qu’ils savent ? »

Cette question, conditionnée par les ouvrages de Sophie Coignard et Daniel Carton, nous vaut une réponse souvent désinvolte. Mais surtout ce n’est pas la bonne qui plutôt celle-ci : s’efforcent-ils de savoir ce qui est caché ?

« La concurrence entre les journaux et la compétition entre journalistes laissent très peu de place à une pseudo omerta ». Mais encore ? L’article se borne alors, sans transition, à mentionner l’autocensure justifiée par le respect dû la vie privée, par la présomption d’innocence, par la crainte des « pluies de droits de réponse et de procès en diffamation ». Pourtant, au milieu de ces arguments destinés à justifier une certaine discrétion, on lit ceci :

« Mais la discrétion peut être aussi l’alibi de la paresse. Pendant longtemps, on ne s’est guère intéressé aux moyens dont bénéficient certains hommes politiques de premier plan, logeant experts et personnels dans de luxueux QG ? » A ce point d’interrogation audacieux, ne répond qu’un seule exemple (l’Association pour la Réforme, « l’ancienne machine de guerre d’Edouard Balladur avant 1993  » dont « les loyers étaient pris en charge par l’UAP et la Lyonnaise des Eaux, les salaires de certains collaborateurs par le groupe Thomson »). Avec ce commentaire : « De quoi nourrir un article du « Canard enchaîné ». Pas plus. L’intendance n’intéresse guère les journalistes politiques... Et les infos non reprises tombent rapidement dans l’oubli. »

On se demande bien pourquoi. Paresse et désintérêt ? L’explication est courte. Mais peut-être va-t-elle s’éclairer par la question suivante.

« III. Sont-ils les amis des puissants ? »

« Cela arrive, même si les grands de ce monde les voient aussi, parfois, comme hostiles, voire ennemis. L’amitié entre journalistes et hommes de pouvoir n’est pourtant pas considérée comme une faute déontologique dans toutes les rédactions. (...) Toute une catégorie de journalistes passe sa vie sous les lambris des palais nationaux, monte dans les avions officiels, fréquente les mêmes clubs que les gens de pouvoir. Ce qui crée des liens très forts. Et parfois alimente le carnet rose, officieux ou officiel. »

Et l’article de continuer par une succession d’exemples de proximités : Isabelle Juppé, Anne Sinclair, Christine Ockrent, Alain Duhamel, Eric Mardonnet, Pierre Billard, dont chacun des intéressés a tiré des conséquences diverses sur le plan professionnel : tantôt renonçant à une émission, tantôt poursuivant leur activité. A quoi succède l’évocation des passages du journalisme à l’engagement partisan, directement (Dominique Baudis, Noël Mamère) ou indirectement, en qualité de conseiller (Philippe Lapousterle, Philippe Cohen).

Et alors ? Alors, rien ! Si ce n’est cette conclusion qui ne conclut rien :

« Sur le terrain politique, chacun peut plaider la légitimité de ses convictions personnelles. Dans le domaine économique, les « pantouflages » de journalistes sont nécessairement un peu plus ambigus. Surtout si le choix entre information et communication devient une question de carrière plus qu’une affaire de vocation. » Suivent trois exemples, et le tour est joué...

Bilan de « l’enquête » : un survol du « carnet mondain » qui évoque quelques symptômes d’une proximité sociale dont on ne dit rien, en la réduisant aux contacts privés entre quelques épidermes ou à des relations et des trajectoires professionnelles ambiguës.

« IV. Sont-ils aux ordres des actionnaires de leur média ? »

« La collusion entre les grands intérêts financiers et les médias n’apparaît nulle part aussi criante qu’en France (sauf peut-être en Italie). » Et l’article de dresser la liste avant d’affirmer : « Ce n’est pas nouveau. » Avant d’évoquer plusieurs exemples dont celui de Marcel Dassaut qui « glissait des billets de 50000 anciens francs aux rédacteurs les plus méritants et censurait les photos selon son bon plaisir. Et consacrait une rubrique à la promotion de ses avions...  » [2]. Transition : « On n’en est plus là », immédiatement corrigée par cette réserve : « Il n’empêche que certains dirigeants du consortium aéronautique EADS, contrôlé par Lagardère, n’hésitent pas à demander des « services » à leurs « amis » journalistes du groupe Hachette-Filipacchi, autre filiale de Lagardère... » Bon et alors ?

Vient alors la question : « Faut-il en conclure que les journaux détenus par les groupes industriels sont muselés ? » Réponse : « Non. Car les rédactions ont une vie propre, une autonomie liée à leur culture, à leur histoire, et les propriétaires sont les premiers à s’en rendre compte. » Et de donner l’exemple de Jimmy Goldsmith échouant à transformer L’Express en « organe militant du libéralisme le plus échevelé » [3].

C’est tout ce que l’on apprendra sur les effets de la concentration et de la financiarisation des médias sur leur ligne éditoriale. Comme si l’analyse de l’assujettissement du journalisme et des journalistes dépendait de la réponse à cette seule question : « sont-ils aux ordres ou non ? » Comme si le choix des responsables de la direction de l’information (sur les chaînes de télévision et de radio) ou de direction de la rédaction (dans la presse écrite) ne dépendait en rien des choix des propriétaires. Comme si la confusion entre ligne éditoriale et options commerciales n’étaient pas de plus en plus fréquente. Comme si la sanction mercantile et boursicoteuse ne pesait pas directement sur les choix, parfois conflictuels, des rédactions. Comme si... Et puisque les ordres avérés semblent rares, on en conclura que les journalistes sont indépendants. A moins que ... Voir la question suivante.

« V. Qui les paie ? »

Pourquoi ne pas demander plus directement quelles sont la hiérarchie des salaires dans la profession et la source des revenus des stars du journalisme ? Quoi qu’il en soit, Le Nouvel Obs rappelle opportunément que les 35 000 journalistes détenteurs de la carte de presse perçoivent des revenus de 2600 euros par mois en moyenne, qui « ne permettent pas de les assimiler à la France d’en haut, comme le croit souvent l’opinion ». Et de préciser fort justement :

« C’est même une profession en voie de paupérisation, tant se multiplient les stages non payés, les CDD, l’utilisation systématique des pigistes, qui représentent 20% de la profession. La vision est déformée par la situation qui prévaut dans les grands journaux parisiens ainsi que du côté des présentateurs de télévision. Au sommet de la pyramide, trône un tout petit nombre de journalistes-stars, aux revenus de vedettes du show-biz, qui les privent parfois de carte de presse.  »

L’article rappelle alors, en citant quelques noms, les ressources annexes de ces stars : conférences, piges dans d’autres journaux, « ménages », conseils en communication, livres-interviews, avantages en nature. Le tableau est exact. Il complète opportunément les réponses à la question sur les « amitiés » avec les puissants. Notamment quand il souligne, à propos des cadeaux : « Bien sûr, quelques journaux ont édicté des règles claires susceptibles d’éviter les conflits d’intérêt. Partout ailleurs, ces douceurs entretiennent le sentiment délicieux de faire partie de la nomenklatura. »

Mais pourquoi ne pas dire clairement que le sommet de la profession fait partie de la nomenklatura, que la noblesse médiatique, la noblesse d’Etat et les chefs d’entreprises sont des « associés rivaux », plus souvent associés que rivaux ? Pourquoi ne pas dire que la paupérisation et la précarisation croissantes des journalismes ont des effets sur les pouvoirs exorbitants des sommets de la profession et sur la production de l’information ?

« VI. Sont-ils manipulés ? »

Question équivoque, si l’on ne précise pas ce que l’on entend par « manipulation » et si l’on ne se demande pas pourquoi les journalistes sont « manipulables ». Pourtant, la suite dresse un sombre constat :

- «  Le journaliste est un tuyau, il n’est rien sans ses sources. Et celles-ci sont rarement neutres. (...) »
- « Par ailleurs, en quelques années la communication est passée de simple technique d’influence à une véritable industrie de l’information orientée. Agences spécialisées ou départements internes disposent désormais d’effectifs et de moyens bien supérieurs à ceux des journalistes. »
- « La faiblesse relative de ces derniers explique aussi la facilité avec laquelle les puissants se sentent libres d’intervenir beaucoup plus directement. (...) »
- « Il y a aussi les bonnes vieilles ingérences, au nom des amitiés politiques. Ou de l’amitié tout court. » (...)
- « Notons que les pressions peuvent être aussi internes. La rédaction de « Capital » a dû renoncer à publier une enquête sur la situation réelle des finances du « Monde », sur ordre d’Axel Ganz, le patron. (...) »
- « Le nerf de la guerre : encore une contrainte qui pèse sur l’indépendance des journalistes. Les annonceurs savent jouer de la menace de retirer les budgets, qui est à la presse ce que la dissuasion nucléaire est à la défense nationale. (...) »

Ce répertoire de symptômes est sans doute inquiétant. Mais le lecteur est invité à tirer lui-même la conclusion. Quant aux remèdes, on n’a relevé que celui-ci : « D’où l’intérêt de travailler en équipe : dans les joutes politiques comme lors des grandes batailles économiques, chacun, dans une rédaction, a ses interlocuteurs privilégiés. (...) Il est alors capital de pouvoir croiser les sources et de confronter les informations, ce que les rivalités internes dans les rédactions empêchent souvent. »

Voilà sans doute un remède à la hauteur des enjeux...

« VII. Sont-ils compétents ? »

« Beaucoup les voient comme une bande d’imposteurs et d’ignorants. Ils s’irritent des approximations, des chiffres erronés, des erreurs de dates, des noms écorchés. (...) » Et l’article d’insister sur l’élévation du niveau de formation des journalistes, et de souligner l’impossibilité d’éliminer les « imposteurs », les « affabulateurs  », les « brebis galeuses », et « les têtes brûlées », avant de s’abriter derrière le propos du directeur de l’ESJ qui assure que « les journalistes ont plus d’exigence morale, plus de compétence et de savoir aujourd’hui (...) ».

Mais alors comment expliquer la médiocrité de la presse ? A cette question qu’il omet de poser clairement, Le Nouvel Obs répond :

« Les anciens critiquent la frilosité des jeunes, leur paresse, leur absence de pugnacité et d’esprit critique. Des gamins surdiplômés, formatés pour devenir des techniciens dociles, comme le dénonce François Ruffin ? C’est surtout le tourbillon actuel qui les empêche de donner le meilleur d’eux-mêmes. Ils doivent affronter une masse exponentielle d’informations, traiter de sujets souvent de plus en plus complexes (affaires financières, OGM, génétique, nucléaire...), en un temps de plus en plus court.  »

L’opposition entre la question posée à partir du livre François Ruffin et la réponse ne manque pas de surprendre : comme si le formatage des futurs journalistes n’avait pas pour fonction de leur permettre de faire face au « tourbillon  » (sic) « dans un temps de plus en plus court » - et comme si cette raréfaction du temps était sans rapport avec la réponse à la question suivante.


« VIII. Ont-ils les moyens d’enquêter ? »

« (...) Les rédactions, soumises à des exigences croissantes de rentabilité, travaillent de plus en plus en flux tendus. Combien d’entre elles peuvent aujourd’hui laisser un journaliste enquêter plusieurs semaines sans garantie de résultat.  » Et de multiplier, citations à l’appui, les exemples de la tyrannie des formats de 55 secondes, des micro-trottoirs ou des reportages (pour magazines) expédiés en quelques jours. Cela pour la télévision. Mais quelle est la raison de ces formats réduits et de ces reportages réalisés dans l’urgence, si ce n’est une logique de l’audience instantanée et de la rentabilité maximale d’entreprises assujetties à la Bourse et/ou à la publicité ?

La question ne sera pas posée. Le Nouvel Obs a déjà enchaîné : « Les journalistes de presse écrite ont souvent moins de contraintes. » Et d’expliquer, une fois encore, les mérites du travail d’équipe, comme si les « contraintes » elles-mêmes devaient être subies sans pouvoir être desserrées par d’autres moyens. Ne reste plus alors que l’appel à la volonté des journalistes : « Le manque de moyens est parfois l’alibi de la paresse (...) L’enquête demande un acharnement et une énergie considérables... »

On effleure à peine les raisons de fond avec ces propos rapportés et ce commentaire : « "Certains chefs disent qu’ils veulent des scoops, soupire un confrère. Mais ils ont peur de prendre des risques, de heurter les puissants, qui sont souvent les amis du journal... Ils préfèrent les gens qui ne font pas de vagues ". » Quelques-uns résistent, d’autres décrochent et décident, comme Denis Robert ou Pierre Péan, de publier des livres. La presse laisse ainsi peu à peu l’investigation s’échapper vers l’édition. »

Tout s’explique : c’est donc dans un livre d’investigation qu’il faudra chercher ce que l’enquête du Nouvel Obs n’a pas eu les moyens de nous livrer...

IX. Sont-ils moutonniers ?

« (...) Le monde des médias donne ainsi parfois l’impression de n’être qu’une vaste industrie de recyclage. (...) Les « marronniers » type immobilier, retraites ou salaires des cadres reviendraient ainsi plus souvent en couvertures que les sujets originaux ou engagés. D’où le reproche récurrent fait aux magazines de recourir aux mêmes recettes et de traiter les mêmes sujets en une. (...) Succès garanti dans tous les cas ! « Les gens ont beau dire qu’ils veulent de l’audace, de la réflexion et du sérieux, constate un rédacteur en chef, ils se ruent plus souvent sur le sensationnel et les sujets bateau. » C’est vrai, les lecteurs ont leurs incohérences, et un journal qui renonce à toute considération de vente est sans doute promis à un destin admirable... mais bref. »

Hors du commerce, point de salut ? C’est ce que la fin, pathétique et résignée, où Le Nouvel Observateur continue ici à parler de lui-même sans le dire, tend à confirmer :

« Vrai aussi que le poids de la pub et du marketing sur une presse à faible rentabilité renforce encore le conformisme. Partout, on lance des suppléments régionaux, des rubriques conso, des « spécial voyages », « montres », « multimédias » pour attirer les annonceurs... qui eux-mêmes préfèrent en général les sujets consensuels pour toucher le plus grand nombre. Les dirigeants de nombreux journaux, l’œil sur les logiciels fournissant les résultats de ventes en kiosque de tous les magazines, numéro par numéro, paient à prix d’or des études pour sonder leur lectorat. Ils reçoivent souvent les mêmes conseils : les gens sont de plus en plus influencés par la télé, ils décrochent vite. Ecrivez court. Privilégiez le visuel, les sujets pratiques, glamour, divertissants...! Comme si la réalité en 2003 devait être un produit séduisant et l’actualité enfin heureuse... »


« X. Sont-ils intouchables ? »


Substituons ici notre question et notre réponse à celles des journalistes du Nouvel Observateur : « Les journalistes se croient-ils au-dessus de toute critique ? » Apparemment pas, si l’on en juge par celles qu’ils se font eux-mêmes. Evidemment oui, si l’on en juge, par les seules critiques que certains d’entre eux jugent recevables : des critiques dont le réalisme et le moralisme servent d’alibi au maintien résigné du statu quo. Comment en sortir ? C’est une autre affaire. En tout cas, les journalistes du Nouvel Observateur (ou du moins certains d’entre eux) sont peut être insatisfaits de leur compilation. Peut être même trouvent-ils regrettables que Laurent Joffrin, secondé par Airy Routier, ait dressé autour de leur article et leur métier un cordon sanitaire destiné à les protéger de toute critique radicale. Lire alors « Le Nouvel Obs et les journalistes (1) : désinformer pour informer ? » et la boucle sera bouclée.

Il est vrai qu’une « enquête » sur le journalisme est un bon produit de circonstance...

Journaliste au Nouvel Observateur ? Dur métier.

Notes

[1] L’usage du copié/collé non signalé, déjà patent dans l’article d’Airy Routier (voir Le Nouvel Obs et les journalistes (1) : désinformer pour informer ?), sévit ici à nouveau, comme nous l’a signalé "Le Nonce", pseudonyme d’un de nos correspondants : qu’il soit remercié.

[2] En 2003, les journalistes de l’Obs écrivent : « Marcel, le père de Serge, qui s’était affublé du titre de « président-rédacteur en chef » de « Jours de France », glissait des billets de 50000 anciens francs aux rédacteurs les plus méritants et censurait les photos selon son bon plaisir. Et consacrait une rubrique à la promotion de ses avions... »

En 1999, ils écrivaient dans « Ces grands patrons qui tiennent les médias » : « C’était l’époque où Marcel, le père de Serge, qui s’était affublé du titre de « président rédacteur en chef » de « Jours de France », glissait des billets de 50 000 anciens francs aux rédacteurs les plus méritants et censurait les photos selon son bon plaisir. [...] Fabricant des Mirage et député de l’Oise, Marcel consacrait une rubrique à la promotion de ses avions ».

[3] En 2003, les journalistes de l’Obs écrivent : « L’exemple de Jimmy Goldsmith, un temps propriétaire de « l’Express », est à méditer. Le milliardaire anglo-français voulait en faire l’organe militant du libéralisme le plus échevelé. Cette tentative fut un fiasco. « "L’Express" est toujours resté un journal de centre », affirme un ancien directeur du journal. Paradoxe de l’histoire : avant de mourir, Jimmy Goldsmith traversera l’échiquier politique pour se faire le chantre du protectionnisme et du repli sur soi le plus frileux ! Alors que « l’Express », sur la durée, n’a jamais vraiment changé de ligne... »

En 1999, ils écrivaient dans « Ces grands patrons qui tiennent les médias » : « [...] Jimmy Goldsmith, alors propriétaire de « l’Express » : le milliardaire anglo-français s’était mis en tête d’en faire l’organe militant du libéralisme le plus échevelé. Cette tentative fut un fiasco. « "L’Express" est toujours resté un journal de centre-gauche malgré les tentatives de Goldsmith », s’amuse Françoise Sampermans. Paradoxe : avant de mourir prématurément Goldsmith traversera l’échiquier politique pour s’associer à Philippe de Villiers et se faire le chantre du protectionnisme ! C’est un symbole : les patrons valsent et se contredisent, « l’Express », sur la durée, ne change pas de ligne... »

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