Observatoire des media

ACRIMED

Témoignages de 91 auditeurs (2)

(août-septembre 2002)

Entre août et septembre 2002, 87 auditeurs ont répondu à une enquête du RACCF. A leurs réponses se sont ajoutés 4 témoignages spontanés. 86 de ces 91 témoignages ont été collectés après les nouveaux changements de grille intervenus en septembre 2002.

Ils répondaient à la question : " Etes vous content de la nouvelle formule introduite à France Culture depuis 1997 avec l’arrivée à la direction de la chaîne de Patrice Gélinet, puis de Laure Adler ? "

Chroniques à sens unique dans la tranche 7h30-9h. De plus en plus cela ressemble à un journal type France Inter.

Le créneau de 7h à 9h : bavard et présence d’idéologues réactionnaires (Slama...). Il y en a assez sur d’autres radios. O.P.A. d’Alexandre Adler sur la chaîne : certes on peut apprécier son érudition, mais il traîne avec lui un vieux " complexe " par rapport au marxisme, qui l’amène à être un chantre inconditionnel du libéralisme (ce qui amène Colombani à rectifier pour lui gauchir ses interventions !!). L’époque du Panorama et de ses intervenants cultivés et engagés dans leur citoyenneté semble bien révolue !

D.T. (75)


Nous avons apprécié les reprises de cet été : le procès Touvier, le trotskisme...

F.T.(75)


Je suis un auditeur récent de l’antenne. J’ai tout de même constaté une différence de qualité entre l’été, riche de rediffusions, et la grille de la rentrée. J’apprécie le traitement tout de même de l’info (Inter et Info me sont devenues insupportables). Il est dommage tout de même, que les auditeurs n’aient pas de possibilité réelle d’interagir avec les émissions.

F.H. (69)


J’ai été choqué de l’évolution des journaux de France Culture qui ont perdu leur ton neutre, objectif et leur documentation sérieuse, pour devenir un simili-France Inter, dont nous n’avons pas besoin. Je regrette l’éviction de Jean Lebrun du 7-8h du matin, qui était pertinent, allait au fond des choses. Quelle tristesse !

M.F.D. (14)


Ecoutais et n’écoute plus !

J.P.F.


FIP à Lille : Et ailleurs...Eclectic music qui adoucit les moeurs et ouvre sur l’ailleurs... Ma bulle, mon air, ma bouffée d’oxygène dans cette mondialisation abstraite et qui gangrène. FIP pour respirer : comme une nécessité !

M.C. (59)


La grille devient monolithique. L’abandon d’émissions comme Voix du Silence, l’appauvrissement de la tranche du midi (sauf pendant ce mois d’août), l’omniprésence d’A.G. Slama le matin, qui nous livre son " prêt à penser " libéral, c’est insupportable. Nous voilà contraints d’écouter RTL !! Un comble.

C.D. (13)


Bien que ne faisant pas partie de l’élite intellectuelle, je bénéficie de certaines interventions sur cette radio, qui m’enrichit et qui doit me rendre encore plus citoyenne.

S.E. (75)


Pour un retour à la qualité et pour des émissions comme Le Pays d’Ici et Espace Education. Pour une fois dans les media où il y a un peu de culture. SVP, gardez nous un peu de la richesse de la France avec un grand F.

C.V. (64)


Trop de talk-show, émissions pas assez structurées. Il faut du temps pour faire le tour des sujets. En plus pour parler dans l’air du temps. La culture n’est pas au service d’un programme de gouvernement, même s’il est soi-disant de gauche.

C.C. (93)


Trop de miettes. Je ne suis pas satisfaite de la disparition de la tranche horaire qui donnait la parole aux journalistes du Monde Diplomatique.

D.A. (92)


Le service public radio est en " déliquescence "... France Inter ressemble de plus en plus, par ses émissions à RTL, Europe 1 ou je ne sais quelle autre radio privée, dont le but premier est d’ " achalander " le public. France Musique(S) en fait de même. Une des rares stations de musique savante se fourvoie dans une programmation de plus en plus frileuse, oubliant sa mission de diffusion nationale. Enfin, France Culture est de plus en plus " politiquement correcte ". La musique classique a presque disparu de la grille. Où est l’esprit critique d’avant ? La plupart des émissions sont une transposition à la radio de programmes soi-disant culturels de la télé, où artistes, éditeurs et critiques s’autocongratulent... Où se trouve l’esprit critique ? Les programmes s’affadissent. Nul besoin de France Culture pour découvrir le dernier Goncourt ! A croire que " Galligrasseuil " a des actions à la Maison de la Radio... Les écrivains " hors-circuit " n’ont plus guère droit de cité.

M.K. (75)


Où est passé Assouline ? Il était mieux que ce qu’il y a depuis. Pourquoi nous impose-t-on Alexandre Adler à toutes les sauces, son ton péremptoire, ses vérités assénées, sa suffisance insupportable. Pourquoi la tranche matinale est-elle scandée par l’annonce de l’heure ? Si j’avais voulu être stressée avant d’aller travailler je serais restée sur France Inter, d’ailleurs maintenant il n’y a plus beaucoup de différence. France Culture doit-elle devenir aussi creuse et son niveau aussi bas que sur France Inter ? Quelle déception ! La radio est maintenant vide.

F.G. (92)


Slama A.G. le matin, à la limite du supportable. LA REACTION personnalisée, et qui se montre comme spécialiste de tout.

M.B.B. (51)


Je ne voudrais pas que le Service Public devienne TF1. J’imagine mal Ko Lanta sur France Culture. Ne nous sentons pas coupables d’être inoculés ; Kafka dans mon souvenir...

A.R. (93)


Pourquoi l’émission Première Edition fut supprimée. L’émission Les matins est médiocre. J’attends des programmes de bonne qualité.

Pourquoi faut-il attendre la nuit ou des heures de très faible écoute pour entendre des émissions qui ne traitent pas d’un événement à chaud mais d’un sujet sur le long terme ? (Exemple : la rediffusion en pleine nuit des débuts de la radio avec Roland Topor ou la lecture de la Montagne Magique à 1h du matin !! Quel dommage !). France Culture est-était la radio où l’on entend-ait des gens qui savaient de quoi ils parlaient et non pas des journalistes qui s’improvisent chaque semaine spécialistes du sujet dont ils parlent. Cf : Max Gallo et autres multi-casquettes, qui à chaque fois avouent humblement ne pas être spécialistes du sujet, mais que ça n’empêche pas de causer. Je veux que France Culture reste la radio capable d’intéresser ses auditeurs à n’importe quel sujet, parce qu’il est traité de manière sérieuse, ce qui ne veut pas dire de manière ennuyeuse. Ne sous-estimez pas les auditeurs ! P.S. : Rendez-nous Les Histoires du Pince-Oreille !

L.P. (78)


Nous supprimer un excellent moment d’écoute et de bonheur en famille avec Les Histoires du Pince-Oreille.

L.B. (93)


Auditeur de FC depuis vingt ans, je ne peux que constater la formidable régression depuis 1997 particulièrement : ce havre de liberté et de liberté d’expression est menacé par des logiques commerciales antinomiques à sa vocation de service public. In Memoriam Michel Bidlowski.


La réception de France Culture est parfois problématique sur le réseau hertzien (on habite à Vincennes). Très mécontent de la disparition de Pierre Assouline. En bref, il s’agit de cultiver le ton de France Culture tel qu’à l’époque des émissions créatives, intelligentes et qui faisaient l’honneur du service public de la diffusion radiophonique. Exemple : L’Atelier de Création Radiophonique où étaient diffusés des textes majeurs de la modernité littéraire/philosophique... et aussi donnait l’occasion de véritables créations sonores (découverte pour moi-même d’A. Artaud Pour en finir avec le jugement de Dieu, John Cage...) Autres émissions : Un Homme Une Ville, etc. Pas de France Intérisation de France Culture !

J.P.B (94)


France Culture me permet d’acquérir des connaissances ; c’est un excellent instrument de culture tout en se distrayant le jour comme la nuit.

N.S. (95)


Un matin ordinaire de septembre, vers les huit heures, un aréopage de " spécialistes " s’indignaient, comme des pharisiens, de la manière de penser des jeunes de banlieues : " après le 11 septembre, comment peut-on encore critiquer les Etats-Unis ? " et de gloser sur le " politiquement correct " de ceux-là !! France Culture / RTL même combat ? Où est Pierre Assouline ?

B.W.


Ras le bol des échanges Adler/Colombani/Monde Diplo/Alain Gérard Slama !!! Pas d’accord pour des reprises d’émissions cet été, qui sont mal annoncées ou anachroniques. Pourquoi une journaliste qui présente l’actualité culturelle est-elle obligée de se justifier lorsqu’elle cite souvent l’Huma et ses avis sur les lettres et les arts ? Les Chemins de la Connaissance existent encore, mais à 13h30. Les romans lus et dits à la radio sont de plus en plus rares. France Culture ne doit pas ressembler à Europe 1 ou RTL. Les émissions littéraires sont trop axées sur les éditeurs. Les émissions scientifiques pourraient parler plus des techniques et technologies. Il reste encore des émissions sur l’architecture qui restent un peu contestataires.

H.J. (78)


De la culture, de l’air. Du service public, du pluralisme. Les nouveaux choix éditoriaux privilégient davantage la culture de l’instantané et de l’événementiel. Notre société a besoin au contraire de réflexion.

G.P. (45)


De plus en plus de programmes consensuels, brillants mais sans pluralités et avec des optiques très douteuses quant à la démocratisation des programmes publics.

C.B. (75)


Une radio qui s’efforce à ressembler aux autres, à véhiculer la même pensée. Alain Gérard Slama et Alexandre Adler, tous les matins, merci...

G.D. (72)


J’aimerais retrouver la qualité et la diversité des débats (entre autres) et que l’on ne continue pas et n’aggrave pas les programmes calqués sur les autres radios, dites de grande audience. Pour l’avenir, retrouver l’originalité et la différence culturelle.

M.L. (50)


Où est passée la qualité ? Où sont passées les grandes voix qui m’ont aidée à réfléchir ? Pourquoi choisir de nous rendre moins intelligents ?

M.P. (91)


Où peut-on avoir des avis divers, ceux qu’on entend pas à la télé ni sur d’autres chaînes radio. Je cherche des émissions qui fouillent, approfondissent des thèmes variés de façon transversale et à ne pas tomber dans des consensus collectifs. Les émissions sur la psychanalyse existent de moins en moins, donc çà va dans le sens de cette politique actuelle.

H.F. (75)


Manque de débats contradictoires. Emissions liées aux media. Manque d’émissions de recherche.

C.D. (75)


Le manque d’unité et pour la tranche matinale : confusion, zapping des idées et des sujets. Les Chemins de la Connaissance rétrécis. Dommage. Bilan : une auditrice de plus pour France Inter le matin. Dommage. Dommage.

B.M. (75)


Je constate que de moins en moins d’émissions m’intéressent, et en particulier la pertinence et l’originalité des personnes entendues.

M.D.P. (75)


Je suis auditrice de FC depuis de nombreuses années et je suis atterrée par le 7h-9h, qui se transforme en discours pontifiant, consensuel, unilatéral, avec les participations de A.G. Slama et A. Adler ; il n’y a plus de débat. Les Chemins de la Connaissance, émission de qualité, repoussée dans la journée et raccourcie. Tout cela nuit à l’intérêt que j’avais porté jusqu’alors à FC.

C.S. (91)


Depuis la rentrée 2002, on note un changement de ton et d’orientation politique ; on a droit tous les jours à Alain Gérard Slama, qui témoigne d’une complaisance lourde vis à vis du pouvoir actuel. Je regrette tout particulièrement de ne plus entendre Julia Kristeva et Emmanuel Todd dans la tranche 7h/9h.

A.R. (75)


Casse des émissions, NON !

B.B.


Pour que les Belges, qui sont malheureusement bien moins lotis que la France, puissent continuer avec des émissions de qualité ! Evitez que vos ondes ressemblent aux notres !

N.P. (Belgique)


Sur le monde : une vision unique est de plus en plus développée, aux dépens de la diversité de la France.

Sur le Moyen-Orient : la parole est donnée à des " spécialistes " qui ne font que porter la parole officielle.

K.A. (75)


France Culture essaie d’imiter les radios généralistes et y perd un peu de son âme.

Trop de temps à une actualité trop " connue ".

Rentrant de congés, je ne retrouve plus les émissions débat que j’aimais, genre La Suite dans les Idées et autres le samedi. On a le sentiment d’aller à grands pas vers l’harmonisation de la culture vers la pensée unique. C’est navrant.

L.V. (60)


Les sujets ou thèmes débats à la radio sont souvent traités par des prétendus spécialistes en la matière.

Le niveau général des émissions a nettement diminué dans leur qualité. Beaucoup d’émissions de caractère scientifique grand public, mais de qualité ont disparu, remplacées par des programmes plus généralistes. J’aime assez l’émission de Jean Lebrun qui semble objective.

J.D.


Pourquoi écoutons nous France Culture ? Une simple raison :
Elle nous ouvre l’esprit par la richesse de la confrontation, par sa recherche de la diversité, de l’inédit, de l’utopie.
Avec elle nous construisons des liens avec les autres. Notre vie ne peut se concevoir sans cela.
Aujourd’hui France Culture a changé avec l’arrivée de la droite. Elle a endossé le manteau de la pensée unique. Exemple : la revue de presse politique du matin est triste, déplorable.
Que chaque journaliste se batte pour les deux premiers points que j’ai soulevés et je partagerai son combat. Merci.

F.V.


Où est passée la volonté de donner la qualité au public ?

P.K. (93)


Le niveau des programmes a considérablement baissé.

R.R.


La commercialisation de la culture est égal à la destruction de la culture.

A.B. (77)


Je suis très mécontent des programmes actuels. Beaucoup d’informations que je trouve débile.

J. P. (93)


Désolée d’écouter de moins en moins France Culture. A cause du parisiano-mondanisme, de l’éparpillement, de l’agressivité dans les interviews. J’écoute toujours (moins que RFI), mais France Culture devient un beau souvenir.

B.L.L. (75)


L’information y perd en qualité. Ce qui faisait l’identité et la différence de France Culture existe de moins en moins.

M.T.


Certaines émissions telles Les Nuits Magnétiques ont disparu. De plus, depuis janvier ou février, je n’arrive plus à capter France Culture (Les Lilas), je crois que c’est un problème d’émetteur et j’en suis désolée.

B.D.L. (93)

 
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Actualité des médias n°10 (novembre 2017)

Du côté des programmes, des informations et des entreprises médiatiques.