Observatoire des media

ACRIMED

Témoignages d’auditeurs de {France Culture} pour l’année 2004 (RACCF)

En 2004, des auditeurs ont répondu à une enquête du RACCFC (Rassemblement des auditeurs contre la casse de France Culture ). Ils répondaient à la question : « Etes vous content de la nouvelle formule introduite sur France Culture depuis 1997, avec l’arrivée à la direction de la chaîne de Patrice Gélinet puis de Laure Adler ? Oui / Non / Pourquoi ? » Ci-dessous ces témoignages.

« J’appréciais beaucoup l’émission matinale de Jean Lebrun. Actuellement, de 7h à 9h, on est soumis à un stress permanent, un stress qui demeure à la surface de thèmes effleurés. Au lieu d’étudier en profondeur certains problèmes, on saupoudre l’information en ‘saucissonnant’ l’émission. Cessez de changer de rubriques toutes les quinze minutes ! Ayez du respect pour l’invité en l’écoutant au moins 30 minutes ! Bref, vos émissions matinales sont devenues soit trop absconses pour le profane, soit trop superficielles pour le spécialiste. » G.S. (94)

« J’ai la chance de pouvoir écouter la radio une bonne partie de la journée par le fait que je suis beaucoup dans un véhicule. Or depuis quelques années, mon habitude d’être scotché en permanence sur F.C. me fait sentir la disparition progressive de cet indicible plaisir que j’éprouvais à la succession d’émissions qui s’égrenaient le long de la journée avec une variété et un intérêt jamais démentis, dans un espace sans pub et au ton sobre. Et voilà qu’en septembre de cette année : plus de décraqués, des musiques d’annonce façon supermarché, des gens qui parlent de tout et de rien. Ayant récemment consulté la liste des émissions disparues depuis 7-8 ans, je réalise le vide qui s’installe dans la coquille de ce qu’était F.C. et j’en ressens un profond dépit. On est en train de nous voler, de nous confisquer ce dernier îlot. Au nom de quoi ? Je m’en doute et j’ai peur. Déjà que FIP est moins présent sur la France. Que faire ? » Y.H. (49)

« De plus en plus : manque de diversité des chroniqueurs ‘politiques’. Omniprésence d’Alexandre Adler. » D.P. (94)

« Des commentaires oiseux de Slama et Adler. Slama : je change de radio lorsqu’il prend la parole ; ras le bol de ces platitudes. » C.J. (92)

« J’ai été dans le passé une ardente auditrice de France Culture et je déplore aujourd’hui le changement radical qui est intervenu lors de la nomination de Laure Adler à la direction de l’antenne. Après maints essais décevants, je ne l’écoute plus. » F.V. (75)

« J’appose mes déceptions et colères éprouvées ces derniers mois ; je vis seule à la campagne et j’écoute les mots ; c’est très important pour nous. Pour la Libre Liberté Libérante, tant menacée. » H.C. (89)

« Comme nous regrettons le ‘Panorama’ de Michel Bidlowski et même Antoine Spire, malgré son anticommunisme forcené. Dans notre ‘France d’en bas’ nous apprenions beaucoup de France Culture... les débats de 12h45-13h30 étaient très intéressants. Les Adler, Colombani, les animateurs à l’élocution incompréhensible ne remplacent pas le passé. Quelle déconfiture. On pourrait même mettre Sarko à la direction, serait-ce pire ? » G.G. (69)

« J’ai fait partie des nombreux auditeurs ayant réagi, en écrivant à Laure Adler, au renvoi de Miguel Benasayag au printemps dernier... Bien sûr, il ne s’agissait que de ‘la goutte d’eau qui a fait déborder le vase’, car j’étais révoltée, déjà depuis deux ans, mais surtout depuis la rentrée 2003, par l’évolution de la ligne éditoriale de la chaîne qui donnait de moins en moins de place à une pensée alternative face au discours dominant. » B.B. (03)

« Je découvre que je ne suis pas le seul à être consterné par le ‘formatage’ affligeant de France Culture !... » J.M. (23)

« Quelle joie de voir que certains auditeurs de France Culture n’acceptent pas plus la dégringolade de cette radio que nous aimions et que nous écoutions depuis moult années. » S.A. (13)

« Banalisation de la chaîne. De moins en moins d’émissions préparées avec la montée en puissance du direct et des débats. Participation croissante (et rémunérée !) d’intervenants extérieurs venus notamment de la presse. Licenciement de producteurs (y compris les tournants). Éditorialistes partiaux dans la tranche du matin avec Slama et Adler du ‘Figaro’, etc. Vu la nouvelle offensive de Laure Adler après son interview au ‘Monde’ contre la qualité, je pense qu’il faut intensifier la mobilisation. » J.P.L. (75)

« Auditrice assidue de France Culture, je suis très affectée par les réductions ou suppressions de mes émissions préférées. » F.H. (75)

« Chercheuse en relations internationales, plus précisément Proche Orient, je suis une fidèle auditrice des matins de F.C.. Je ne peux supporter un monopole institué (AG Slama, Adler) et sur ces sujets A. Finkelkraut, les commentaires et interrogations peu équilibrés des présentateurs de 7h10 à 9h. La France est une république et des voix différentes doivent s’exprimer. La démocratie est l’alternance, l’orchestration de points de vue divers, l’opposé de la soi-disant pensée unique. Les 9 minutes des Enjeux Internationaux sont une nécessité, le temps imparti trop bref, le débat ici seulement, ailleurs il est presque exclu. » M.J. (21)

« Trop d’actualité au détriment d’émissions par exemple littéraires : évocation de grands auteurs, lectures de textes, mises en scène de pièces, adaptations en feuilletons ou autres de grands textes. Trop d’importance donnée à la création contemporaine, dont on se demande sur quels critères est fait le choix de présenter les auteurs : copinage ? pression des grands groupes d’édition etc., car on ne peut pas dire que les œuvres présentées soient vraiment marquantes - sauf cas exceptionnels. De même pour ce qui concerne les grands artistes (musiciens, peintres, sculpteurs, etc.). Je suis en totale opposition avec ce qu’a déclaré Mme Adler au supplément du Monde des programmes télé et radiophoniques cet été : l’héritage culturel doit être transmis, en particulier par une radio qui s’appelle France Culture. Qu’on présente les auteurs contemporains, c’est normal, mais il ne faut pas que cela devienne majoritaire que tout le reste en soit écarté. Mme Adler fait partie des opportunistes modernistes qui ont la cote car ils font un sale travail, voire préparent la mise en condition de l’opinion. Autre problème pour moi tout aussi essentiel : l’idéologie de cette chaîne, très social démocrate au plus mauvais sens du terme, sans vraiment des conditions pour qu’il y ait débat d’idées, voire affrontement. À gauche, il y a d’autres courants que la défunte gauche plurielle. Cette idéologie qui triomphe à France Culture se nourrit aussi de la pensée réactionnaire qui a maintes occasions de se répandre sur la chaîne. J’en suis parfois écœurée. D’où ma condamnation de cette invasion d’émissions dites d’actualité, où la complaisance à la pensée unique, sous couvert d’innovation, s’étale de plus en plus. » A.M.P. (84)

« La réception de FC est très mauvaise en bien des endroits (et par exemple à Reims) comparativement à d’autres radios ‘boum-boum’ proches sur les fréquences. » R.R. (51)

« J’ai toujours refusé d’être possédé par un canon à électrons. Ma bibliothèque aiguise ma vue, ouvre et réjouit ma vie. J’ai longtemps écouté deux stations : France Musique et France Culture, et puis l’une comme l’autre de moins en moins. Sous prétexte de pédagogie et de proximité (deux concepts éminemment corruptibles) ces stations se sont peu à peu éloignées de ce qui faisait leur rareté, non qu’il n’y ait çà et là encore quelques émissions-caution de qualité (Ruth Stégassy par exemple sur le créneau de grande écoute 7h-8h le samedi matin !) mais que le ‘timing’ même détourne subtilement de l’écoute, assujetti qu’il est à la dictature de la vitesse (çà fait dynamique), à celle - ici absurde - du remplissage systématique (par phobie du temps ‘mort’, de ces silences où justement çà parle !), au truffage de bandes annonces auto-publicitaires ou des intermèdes martelés parfois pendant des semaines (il parait que c’est pour soutenir l’attention !)... accélération et succession rapide des séquences : c’est haletant ! C’est le monde contemporain ! Et puis il y a aussi la mise en désordre de la grille dès que possible : elle fait perdre ses repères à l’image des techniques d’organisation des linéaires des ‘grandes surfaces’. On bavarde beaucoup un peu partout. Les ‘matins’ sont inaudibles (Demorand content de lui, à la langue approximative, Véronique Nahoum-Grappe lancinante), ‘Tout arrive’ de même et Jean Lebrun qui soi-même s’y prend depuis que son émission passe en fin de journée... Bourmeau est au service de l’Art Contemporain-trade mark, Colombani place son Monde (avec et sans majuscule) et déplace le ‘Diplo’ sans doute trop ATTAC... ‘Quand le rouge s’allume’ la flamme s’éteint : ‘la culture est la loi, l’art est l’exception’ dit Godard. S’étonnera-t-on qu’en ces temps d’ordre moral montant, des gens soient payés cher partout (école publique, santé, services publics et ici médias) pour frapper d’alignement tout ce qui respire et tuer dans l’œuf tout germe inconvenant ? » J.M.H. (75)

« Les deux émissions que j’écoutais régulièrement, c’était ‘Les matins’ et Panorama. J’aimais aussi les Chemins de la connaissance. Je déteste le saucissonnage actuel des Matins, et cette façon d’annoncer ‘à tel moment on écoutera untel’, à tel autre untel, en 10 minutes il faut que ces journalistes déballent leur ‘marchandise’, on a envie de dire ‘stop’, attendez un peu, laissez les parler ! Quant à Panorama, c’était passionnant parce que le débat était contradictoire. Ce n’est plus le cas à l’heure actuelle, je préfère tourner le bouton et écouter de la musique. Parfois j’écoute ‘Du jour au lendemain’ d’Alain Veinstein, que j’aime beaucoup... Mais il faut être éveillée à minuit, ce qui n’est pas toujours mon cas... » D.G. (84)

« J’appréciais les débats contradictoires concernant la littérature, etc. J’aimais les ‘décraqués’, les pièces de théâtre. Je suis sorti de ma culture ‘branchouille’ et j’ai diversifié, approfondi mes pensées, mes connaissances. Je ne suis pas un auditeur très ancien mais j’ai toujours aimé la radio tout simplement, même si les commerciales sont omniprésentes (RTL, SKY, FUN, etc.). Aucuns commentaires sur les parasites d’antennes, ils me dégoûtent, c’est tout, je leur retourne leur mépris ! Regardez où en est arrivé ARTE, c’est aussi navrant ! Un cheminot victime du diktat commercial, mais combattant ! » P.B. (92)

« Avant, la station accompagnait mon travail par son univers sonore. Maintenant il n’y a le plus souvent qu’un ‘blabla’ discontinu à l’antenne. » I.L. (92)

« 1/ Assez des répétitions-matraquage, on se croirait à TF1 : journal du matin, des titres qu’on développe et on redonne les titres.
2/ Mois d’Août : bonnes émissions : Truffaut, Bachelard (assez plan-plan), les résistants ordinaires, le Procès Barbie, la guerre civile espagnole. Mais annonce de ces mêmes émissions 3 à 4 fois par jour ! Insupportable, style Pub.
3/ Bravo pour les émissions de nuit archives :
a/ On mesure la différence !
b/ Est-ce vraiment de la création ?
4/ Fictions, théâtre : épouvantable, mais vraiment épouvantable. Hier soir samedi : ‘Elle est nue dans son compartiment, mange de la choucroute et se frotte les hanches et le sexe avec des billets !’ Passionnant : je préfère Racine ou Shakespeare qui savent eux dire des choses fortes.
Enfin :
- pub peinture/photo/BD : laissez cela à ARTE.
- trop de journalistes style Le Monde qui devient de plus en plus mauvais. Pas assez de spécialistes.
- que devient l’émission ‘L’économie en question’ lundi 19h30 ? On en a bien besoin.
- Fatigantes vos musiquettes.
Puisque vous semblez collaborer si fort avec Le Monde : ne pouvez-vous pas y faire annoncer plus précisément vos programmes journaliers ? Ah que je ne vous félicite pas ! Ah que c’est pitié de perdre un instrument d’information et de réflexion qui était si merveilleux ! » M.A.L. (75)

« Pour plusieurs raisons et pour celle-ci principalement : le fait que France Culture est aujourd’hui exsangue, expurgée de ses meilleures émissions. Hier, on y entendait un discours différent, remuant, émancipateur, forçant à la réflexion, à la recherche, un discours intelligent et novateur. Maintenant, à quelques exceptions près, c’est au mieux insipide au pire ‘la voix de son maître’. Ce jour, nous sommes le 17 septembre, il est 22h30, le sujet de l’émission s’attache aux produits du marché et à l’importance des marques ‘... le produit est porteur d’un esprit...’ nous dit l’invité de l’émission. Pourquoi ne pas rebaptiser cette radio, France Misère de la Culture, FMC, çà me paraît porteur. » X.B. (22)

« Trop, c’est trop. Quelques remarques et encore ce n’est pas exhaustif.
- Pourquoi l’émission ‘Les vivants et les dieux’ de Michel Cazenave que l’on pouvait écouter le samedi matin à 8 heures a-t-elle été déplacée à 23 heures ?
- En quoi l’intitulé de celle de Victor Malka ‘Ecoute Israël’ était-il gênant ? Les auditeurs ont peut-être entendu parler du ‘Shema Israël’, leitmotiv de tout l’ancien testament. Encore cette émission garde-t-elle le même créneau horaire.
- Ce qui n’est plus le cas de celle d’O. Germain-Thomas, ‘For Intérieur’, avancée à 17h30 le dimanche, heure beaucoup moins commode que 19h30. L’émission ‘Culture d’Islam’ est peut-être intéressante... à condition que l’auditeur ne subisse pas, comme c’était le cas dimanche, une traduction simultanée, si bien que les deux voix se couvraient l’une l’autre et qu’on ne distinguait plus rien.
- Sans parler des émissions carrément supprimées dont nombre d’auditeurs ont déjà parlé et des différents bruitages souvent insupportables. C’est le changement pour le changement, l’acharnement à faire ‘mode’. Hélas... » D.L. (94)

« Parce que nous sommes :
- Écœurés par les équipes mises en place depuis quelques années avec des ‘journalistes’ prétentieux, ‘m’as-tu vu’ et impolis qui coupent la parole à leurs invités pour se mettre en valeur.
- Sommés d’entendre toujours et encore Alexandre Adler, Casanova, Slama et Finkielkraut, gens bien pensants (dans le sens libéral bien sûr), adorateurs béats de l’Amérique, saturés, même Jean Lebrun qui nous insupporte quand il fait sa coquette !
- Blessés aux oreilles par le français parlé par les chroniqueurs et les invités, souvent jargon infantile essayant de faire illusion par des mots alambiqués (parfois employés à tort !) sans parler des accords horribles tels que ‘les raisons pour lequel’, etc. (quand ils prennent la peine de finir leur phrase). Aucune différence entre les ‘o’ longs ou courts et les ‘e’ fermés ou ouverts ! Cela tourne au galimatias.
- Agacés par les musiquettes et les réclames pour ‘France-Quioultoure’.
- Tristes d’avoir perdu les ‘Décraqués’ qui étaient le rayon de soleil et le sourire quotidien et aussi la ‘Matinée des Autres’, ‘Le Panorama’ de M. Bidlowski, ‘Le Pays d’Ici’, ‘Archipel Médecine’, ‘Voix du Silence’, les ‘Histoires du pince-oreilles’, le ‘Gai Savoir’ et les fictions bien faites.
- Désolés de la piètre qualité des émissions sur le cinéma qui font appel à des minables sans profondeur et sans vocabulaire, etc.
J’allais oublier les infos, bien connotées elles aussi (tantôt Radio Chiraquie, tantôt radio CNN, tantôt Radio Tel Aviv). Où sont les contradicteurs et les avis divergents ?? Il ne reste plus grand-chose de notre radio préférée qui a perdu sa spécificité et qui ressemble de plus en plus aux autres radios à notre grand dam ! Restent seulement ‘Les Papous dans la tête’, les ‘Lundis de l’histoire’, ‘Tire ta langue’, ‘Concordance des temps’ de Jean-Noël Jeanneney et l’émission de Ruth Stegassy. Où est passée Aline Pailler ? Où est le temps où quand je devais sortir, j’enregistrais les émissions dont je ne voulais pas perdre la fin ? Maintenant nous écoutons de moins en moins cette fréquence qui, par certains côtés, nous devient tout à fait insupportable : nous sommes des amoureux déçus car nous y étions fidèles depuis 30 ans ! Que pourrons-nous écouter si cela continue. » S.A.G. (13)

« Fidèle auditrice de France Culture depuis 1970, je témoigne de tout ce que cette station m’a apporté. Grâce à elle j’ai eu l’impression de continuer à apprendre, à approfondir mes connaissances. Depuis quelques années, il me semble que certains programmes sont bien superficiels. Je ne me reconnais plus dans ‘ma’ chaîne préférée !!! » F.M. (94)

« Je voudrais qu’Arlette Farge garde son émission. » L.C.

« Pour le retour de l’émission d’Arlette Farge. » A.B. (78)

« L’aspect informatif généralement superficiel l’emporte sur les thèmes antérieurement développés dans un but véritablement culturel et d’assez large portée. » D.M.

« Ils méprisent les auditeurs et leur programmation est de plus en plus mauvaise. » N.L.

« Depuis 1997, on observe à France Culture une O.P.A. des journalistes sur les véritables artistes. Cela se traduit dans la prise de pouvoir à la Direction de la Radio avec Laure Adler et Jean-Marie Cavada, mais aussi des producteurs d’émission qui sont souvent des journalistes des divers hebdomadaires. En perdant son autonomie et sa liberté de critique, ces mêmes journalistes ne vont pas remettre en cause la ligne du journal à la radio et inversement. On voit également que la part de la création et de la fiction théâtrale diminue avec la constatation de plus en plus fréquente de rediffusions et de remplissage par l’appel d’émissions de l’I.N.A. M. Jean-Marie Cavada a voulu rationaliser et en a conclu que 1 à 2% de part de marché de France Culture ne mérite pas un budget compatible avec une grosse exigence de qualité : il faut rappeler que le service public et FC en particulier ne devrait se référer à aucun audimat, mais se préoccuper uniquement de la qualité de ses programmes. Tout cela a-t-il été orchestré par le C.S.A. qui on le sait est loin d’être indépendant du pouvoir politique puisqu’une partie est nommée par celui-ci. On peut se demander si le service public n’est pas lui-même influencé par les médias du secteur commercial. En tout cas le service public ne joue plus le rôle qui devrait être le sien. Redonner à France Culture, Direction et production, aux artistes pour qu’elle redevienne cette radio hors du temps et de tous les temps ; radio poétique, radio de l’éloge de la lenteur, radio de la douceur des voix où l’auditeur est considéré comme unique et non comme une masse. Or il se passe tout le contraire : voix arrogantes, jingles, temps fracassé, diversité disparue, bavardages journalistiques, faux artistes, consensus général, disparition de la critique, du recul nécessaire pour apprécier les événements du présent anesthésié de toutes paroles rebelles. Avec Mme Laure Adler, nous découvrons une radio moralisatrice où l’on nous rabat de devoir de mémoire comme si celui-ci pouvait être imposé, alors que nous savons tous et chacun que rien n’est plus important qu’un travail de mémoire personnel bien plus efficace si l’on veut que notre passé maléfique ne vienne perturber un présent déjà bien instable. La transmission, ce qui manque le plus à notre époque, ne pourra se faire que si l’on retrouve une cohésion sociale intergénérationnelle que tout dans notre temps veut distendre, diviser ou distraire. France Culture est passée dans le trop de réalité que nous inflige notre époque marchande et a perdu cette distance tellement importante pour apprécier au plus près la vraie réalité forcément cachée. Il n’est qu’à voir que littérature et théâtre sont devenus les parents pauvres de cette radio. On est de plein pied dans le présent et l’on promotionne le dernier film, le livre ou le CD du moment ; le temps des émissions est compressé ; on sent l’impréparation où les producteurs sont soumis à un facteur temps de plus en plus court, l’exigence a cédé à la rentabilité. Beaucoup de producteurs ont préféré renoncer, souvent les meilleurs et Mme Laure Adler a fait appel à son cercle d’amis pour combler les vides ; une radio de copinage ne fait pas une radio de culture et la Présidente de FC ne parle à qui veut bien l’entendre que sondage, alors que chaque auditeur est singulier et que cette bouillie sondagière n’a rien à voir avec la réalité où beaucoup de paysans, artisans, ouvriers, commerçants écoutent cette radio. Radio jacobine et parisienne, on aimerait tant retrouver « Le Pays d’Ici », cette civilisation paysanne qui disparaît mais qui a beaucoup encore à apporter à notre civilisation urbaine qui se délite par ses banlieues. D’une radio en liberté, on est passé à l’antinomie de la liberté qui est la censure. FC est allé à cet ostracisme où jamais on croyait qu’elle pouvait aller avec la censure du livre de Pierre Jourde, « La littérature sans estomac ». Ce livre d’une petite maison d’édition grenobloise (l’esprit des péninsules) remet en question la valeur littéraire d’un cercle hautement parisien. Mme Laure Adler a mis son veto, car ce livre critique avec arguments Christine Angot, Sollers, Frédéric Beigbeder, Alain Veinstein, Marie Darrieusecq, Camille Laurens, Pascale Roze, etc., qui semble-t-il sont de son clan. Pourtant ce livre remet les pendules à l’heure et replace au bon endroit la vraie littérature. Œuvre donc salutaire d’un livre indispensable qu’une radio se doit de faire connaître pour pouvoir apprécier avec justesse les vraies valeurs de notre littérature pour qu’elles ne restent pas l’apanage des seuls initiés. France Culture a encore failli à son rôle, mais nous voulons toujours espérer en cette radio que nous aimions tant, non pour qu’elle redevienne ce qu’elle était, mais qu’elle retrouve sa force poétique, artistique et critique, qui prend des risques, sans s’associer au tout culturel marchand ; une radio culturelle de résistance au rouleau compresseur d’une soi-disant culture libérale anglo-saxonne mondialisée. À noter : un Bravo à M Brice Couturier qui cet été a prouvé qu’un véritable débat est possible à France Culture. Le livre de Pierre Jourde a été censuré aussi à l’émission Campus de Guillaume Durand sur l’A2 car Mme Josiane Savigneau qui défend ces mêmes auteurs dans le Monde du Livre, n’admet aucune critique sur sa critique. » J.P.M. (82)

« Deux points principaux :
1/ La multiplication des intervenants dans l’émission ‘Les Matins’ avec une majorité d’intervenants venus d’autres médias, d’où un rétrécissement de l’offre public de radio et des médias en général (et quand la direction n’aime pas les opinions d’un d’entre eux - je pense à Michel Benasayag, pour une fois une voix indépendante - il est viré).
2/ Une attitude ‘artiste’ par rapport à ses auditeurs. Ceux-ci sont invités à écrire aux responsables des émissions. Mais il n’y a jamais de réponses à ces communications ; il n’y a jamais de comptes rendus de ces opinions lors des émissions (à l’exception récente du journal de 12h30).
3/ (J’avais presque oublié) L’inanité des ‘magazines cultures’ tels que ‘Travaux Publics’ et, surtout, ‘Tout Arrive’, mélange de ‘people magazine’ et publicité sans aucune réflexion critique. » C.P. (75)

« Titres de presse : pourquoi certains si présents et d’autres si absents. Nous avons déjà Ockrent sur FR3. Pourquoi la gauche ne sait pas reconnaître et inviter sa diversité. » E.T. (44)

« Problème en zone rurale (comme celle dans laquelle je vis) : problème pour capter sans antenne la seule source ‘d’information’ (lobotomisation ?) » V.V. (19)

« France Culture veut devenir Radio-Réflexe alors qu’elle était Radio-Réflexion. Et on l’aimait pour çà. » D.P. (92)

« Misère de la pensée. Tyrannie de l’idéologie dominante. Marchandisation de la culture. Surreprésentation des intellectuels de droite. Appauvrissement des programmes. Et la disparition des ‘Papous dans la tête’ !!! » T.G. (54)

« À mon âge je ne suis pas passéiste... je sais que radio... télévision sont de façon permanente soumises à la ‘dynamique’ dans un sens ou dans un autre de l’évolution de la société... Mais le rôle de notre France Culture est-il de plaire ou de susciter des réflexions porteuses de débats futurs. J’habite à la campagne ; France Culture était pour moi un énorme plaisir autrefois... L’orientation depuis plusieurs années me fait penser : on donne au bon peuple un semblant de culture... on élude volontairement tout débat de fond qui pourrait être repris dans la vie collective... on s’inscrit peu à peu dans une demande de reality-show, etc. de commentaires superficiels, etc.
Ça rentre volontairement dans une idéologie sournoise s’inscrivant dans le socio et néolibéralisme. Il est grand temps de réfléchir autrement. » C.J.

« Démantèlement total des principales émissions remarquables par leur contenu. Que cette radio redevienne MAJEURE et que la culture soit à toutes les heures une découverte pour l’esprit. » P.L. (13)

« Nous regrettons la disparition d’émissions non consensuelles comme Le Panorama qui donnait la parole à des interlocuteurs de tous horizons. Au lieu de cela nous sommes obligés d’écouter des émissions consensuelles, ô combien... les plus lisses possible. Oui à une culture de transmission non minimaliste. » C.F. (95)

« Je trouve que votre titre est un peu trop violent. Le mot casse ne me convient pas. J’adhère cependant, car peut-être il vaut mieux crier avant d’avoir vraiment mal. Ce qui m’alarme en ce qui concerne France Culture est la suppression des 8 minutes des Décraqués. Émission unique en son genre, pleine d’élégance, d’esprit, de jeu, de rire ou de sourire. Huit minutes quotidiennes uniques qui pouvaient par leur seule existence être un antidote à la morosité ambiante ! Je dois par ailleurs vous signaler que j’apprécie beaucoup d’émissions de FC, en particulier le matin avec Nicolas Demorand, le midi avec Marc Voinchet, le soir avec Jean Lebrun. J’aime beaucoup aussi les émissions d’histoire du lundi matin et la magnifique émission sur l’architecture du jeudi matin. Je me suis bien régalé aussi pendant l’été, avec les rediffusions et l’émission quotidienne de philosophie à 7 heures. J’ai été très reconnaissante aussi à France Culture d’avoir fait des émissions culturelles sur les pays arabes pendant (avant et après) la 2ème guerre du Golfe et j’ai trouvé particulièrement génial au 11 septembre 2003 d’avoir commémoré la chute d’Allende. Je suis d’accord avec votre 3ème paragraphe, mais il faut aussi reconnaître ce qui reste bon sur la chaîne. » A.D. (84)

« C’est inadmissible. Cette radio devient comme les autres radios, donc conforme à un modèle de société de consommation, sans aucune réflexion approfondie. C’est de la culture à bon marché, superficielle, consommable de suite, à jeter aussitôt, car rien ne reste. Aucune profondeur, pas le temps d’approfondir les sujets. Aussi, je suis très attristée que l’émission les Décraqués n’existe plus. Surtout étant donné que cette émission est remplacée par ‘Tout Arrive’ qui est nulle, nulle, nulle, lamentable, Marc Voinchet rampe devant ses invités, et c’est des invités à la mode, branchés, du spectacle, du livre, du film dont tout le monde parle, à la va-vite, pour ne rien dire. C’est la gauche-caviar superficielle. Aucune culture. » I.M. (94)

« L’on se dirait au supermarché où l’on ne vous vend au détail qu’un morceau d’émission préemballé, morceau que l’on coupe à un certain moment, pourquoi à ce moment-là ? Parce que c’est l’heure ! Et puis ce ne sont que des palabres qui se veulent intellectuelles mais qui ne sont qu’un salmigondis d’autocélébration ! Dorénavant pour avoir du plaisir à écouter France Culture, il faudra le faire la nuit ! » F.C. (Suisse)

« Parce que tout y est propagande et publicité pour des produits médiocres. D’après F.C., ‘Byzance est une culture musulmane’, ‘St Augustin un algérien (!)’ (Cultures d’Islam été 2003). Tout y est mensonge et mépris de l’auditeur cultivé ou qui souhaite se cultiver...Comme si cela ne suffisait pas à F.C., on est en train de changer l’histoire... ‘Nous devons prendre nos distances avec Athènes et Rome quant à nos racines... car celles-ci, il faut les chercher ailleurs...’ (citation d’une transmission récente). » A.M.P. (80)

« Depuis déjà le précédent changement de grille, les émissions qui m’intéressaient le plus ont disparu ou se sont rétrécies. À la dernière rentrée (septembre 2004), nouveau lessivage. Les émissions scientifiques, autrefois si passionnantes, se réduisent à un Continent sciences rogné (50 minutes) et à Sciences Frictions. L’émission d’archéologie, Salon Noir, après être passée de La nouvelle fabrique de l’histoire à Continent sciences lorsque celui-ci a cessé d’être un archipel, est revenue à l’histoire mais n’y fait guère qu’un quart d’heure. Je ne dis rien des nouveaux Chemins de la connaissance, leurs sujets ne m’intéressent pas, ce qui était tout le contraire auparavant. Poésie sur parole, après une première réduction (en 1997, je pense), en a subi une deuxième qui la ramène à une demi-heure et un seul invité. Plus d’apparition les autres jours de la semaine. Jean-Baptiste Para a été débarqué. La poésie ennuie les gens ? Non, elle leur éveille l’esprit - c’est sans douteceque l’onne veut pas. Il faut faire des économies ? Que n’en fait-on sur certains chroniqueurs, inamovibles ceux-là, qui encombrent les Matins de France-Culture ! Ces Matins ont souvent un invité intéressant, mais qui doit s’interrompre à plusieurs reprises, dans un découpage inspiré sans doute par la crainte que l’auditeur ne zappe. L’auditeur de France-Culture n’est pas un zappeur et enrage quand quelqu’un de la taille de Lorand Gaspar - ce fut le cas récemment - doit céder le micro à un Alexandre Adler ou un Gérard Slama. D’autres chroniqueurs disent des choses qui réveillent, mais ils ne restent jamais en place bien longtemps. Pour la même raison, sans doute, qui a fait disparaître le samedi la demi-heure accordée au Monde Diplomatique. Une autre bonne émission supprimée : Philambule. Quant à Tout arrive, cela ne remplace pas le Panorama. Là aussi, des collaborateurs compétents ont été remerciés. Le seul point positif dans les nouveaux programmes : avoir porté à une demi-heure les informations de 12 h 30 et 18 h. Il se passe assez de choses dans le monde pour remplir ces 30 minutes. Quand on a essayé de se tenir au courant sur d’autres chaînes, on revient à France-Culture. Une chose exaspérante : les jingles (je ne crois pas qu’il existe un mot français capable de traduire l’imbécillité navrante de ces machins-là - « petits couplets » serait encore bien trop). Qui croit-on attraper avec des âneries du genre : « Quand tu éclates de rire, j’ai envie de dire que tu es poète » ? Si on prend une émission une minute trop tôt, on doit subir musiquettes et sottises prétentieuses qui doivent bien coûter quelques droits, pourquoi ne pas en faire l’économie ? La chaîne ne perdrait pas un auditeur pour autant, bien au contraire. Pour ceux à qui les responsables s’imaginent que cela plaira, ils trouvent ailleurs ce qui leur convient, beaucoup mieux ajusté à leurs desiderata. Mais si le but poursuivi est d’abrutir l’ensemble de la population, il reste encore, par-ci par-là, quelques bonnes choses sur France-Culture, je me garderai bien de les signaler, de peur qu’on les mette au rancart. » F.H. (75)

« Je soutiens votre démarche. J’écoute peu France Culture mais j’ai besoin de cette chaîne de radio face à la casse des valeurs de l’Éducation, de la culture, de la solidarité inhérentes à l’existence de la République, casse que le gouvernement, la mondialisation libérale et technocrate et les intégrismes et fanatismes de tous poils aggravent un peu plus et pernicieusement chaque jour. Je veux RÉSISTER. Comme chaque citoyen, ou du moins comme un nombre croissant de citoyens, je souffre du totalitarisme du profit, de la consommation et d’une pensée de la précarité. Je suis un travailleur intermittent du spectacle... Je souffre de la vulgarité de la culture de l’argent, du rendement, de la violence publicitaire, télévisuelle et des chaînes de radio commerciales. C’est pourquoi je vous soutiens, même si je reconnais que n’écoutant pas pour ainsi dire France Culture, je peux difficilement faire le constat d’une dégradation des programmes. Mais je vous fais confiance. Et je crois en tout cas que face au raz-de-marée capitaliste, il faut se battre pour préserver et promouvoir une radio publique, sans pub, d’exception. » S.C. (13)

« Je n’écoute plus France Culture, devenue inécoutable :
-Disparition de tous les programmes d’intérêt général et non ciblés (histoire, philo, théâtre, etc. : politique, art...)
- On veut faire ‘jeune’ : alors en avant les ‘virgules’ musicales totalement hors de propos et qui couvrent la voix des interlocuteurs, car elles ne sont pas maîtrisées.
- Marre des interviewers qui ‘ramènent leur science’ (Voinchet ou Jean Lebrun) si bien que si l’on enlève leurs interruptions plus la musique, on a au bout d’une heure environ 30 minutes d’utile. S’ils invitent un spécialiste, quel qu’il soit, qu’ils le laissent parler bon sang ! Ou qu’ils interviennent uniquement comme modérateur ou pour demander des précisions : beaucoup d’intervenants ‘jargonnent’, parlent par sigles ou allusions et personne ne leur demande des éclaircissements...
- Pour terminer, je suis d’accord avec toutes les interventions lues dans le dossier remis, à part en ce qui concerne Jean Lebrun qui pose des questions tellement sibyllines que personne ne comprend plus la question. Par contre un bon point au journal de 18h de Frédéric Carbone : excellent, clair. » M.G. (75)

« Animateurs et journalistes à la mode, c’est-à-dire commerciaux qui parlent vite et haut, et en font trop ; sujets à la mode, musiques à la mode, génériques crispants, trop d’actualités et d’informations sans profondeur, des flots de bavardage et de badinage qui ne nous apprennent rien ; présence excessive des politiques ; des choses à vendre, des messages promotionnels pour France Culture elle-même, comme si elle avait à se vendre. Jean-Louis Ezine devenu kiosque à journaux, Miguel Benasayag brutalement évincé dans le plus grand silence, etc... Les choses se sont encore aggravées à la rentrée : les histoires de Fellag supprimées, Michel Cazenave relégué à onze heures du soir, un générique particulièrement agaçant pour ‘La nouvelle fabrique de l’histoire’, etc. Cependant, le nouveau PDG de Radio France affirme qu’il n’y a pas de problème sur France Culture. J’écoute de moins en moins France Culture. » M.D. (60)

 
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Présidentielle 2017 : Le Front national contre la liberté d’informer (communiqués)

Des sociétés et syndicats de journalistes protestent.

« Voici quelques euros : tuteur je suis, et tuteur je soutiens Acrimed » (Christophe Barbier)

Une tribune (presque) imaginaire de l’homme à l’écharpe rouge