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Scoop : écouter du metal ne serait pas dangereux pour la santé !

par Vincent Bollenot,

Le Hellfest, grand festival de musique metal qui se déroule tous les étés à Clisson (44), est souvent l’occasion de dossiers fouillés dans la presse spécialisée, voire même - et, saluons le, de plus en plus - de véritables reportages dans de grands journaux peu familiers de cette musique, mais forcés de reconnaître son succès. Mais c’est aussi encore et surtout l’occasion d’une production en chaîne d’articles mi-amusés mi-effrayés dans les grands médias sur la « culture metal ». « Spécialistes » (ou non) à l’appui, les métaleuses et les métaleux sont l’objet pour quelques jours des commentaires éclairés (et sans condescendance aucune) de journalistes, avant de redevenir de constants absents des rubriques « culture ».

Cette année, c’est une étude (dont nous ne préjugerons pas de la qualité) sur les fans de metal, relayée à outrance dans de grands médias, qui a donné lieu à une énième salve d’exotisme culturel à la sauce journalistique. Le propos en est ainsi résumé : peu importent les qualités musicales du metal, cette musique est un défouloir.

Dans 20 Minutes :

Dans MetroNews :

Dans La Dépêche :

Dans Le Monde, quotidien de référence :

Dans Libération :

Dans Marie-Claire :

Et la palme au « Plus » de L’Obs pour qui le metal est, grosso modo, un « défouloir » :

Concernant le metal, ces médias « sérieux » n’ont pas un contenu bien meilleur que des médias bien moins réputés tels que Buzzarena :

Néonmag :

Ou encore Top Santé :

(Cette revue de presse étant évidemment loin d’être exhaustive.)

On peut parier que rien d’aussi caricatural n’est écrit sur le jazz, la musique classique, ou encore la pop ou le rock. On peut aimer, ou détester, le metal : là n’est pas le problème. Mais la moindre des choses serait, lorsque pour une fois on en parle, de le faire autrement qu’en considérant ce genre musical comme un objet exotique, prétexte aux ricanements et à la course aux clics.

Vincent Bollenot

 
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