Observatoire des media

ACRIMED

Nouveaux témoignages d’auditeurs (2)

Au premier semestre 2003, 92 auditeurs ont répondu à une enquête du Rassemblement Contre la Casse de France Culture (RACCF). Ils répondaient à la question : « Etes vous content de la nouvelle formule introduite sur France Culture depuis 1997, avec l’arrivée à la direction de la chaîne de Patrice Gélinet puis de Laure Adler ? Oui/Non/Pourquoi ? »

Ci-dessous, la suite de ces témoignages. (Pour lire les 50 premiers : Nouveaux témoignages d’auditeurs (1)

- 51. « Certaines émissions spécialisées non à la portée de tous, sans vulgarisation, ont été amenées sans aucune raison, privant les auditeurs de thèmes de qualité. Dommage. » J.O.

- 52. « Assez de la culture au rabais. Permettre à tous le droit et l’éducation à la culture. » J.J.F. (77)

- 53. « Suppression de belles émissions, comme Le Bon Plaisir, les Histoires du Pince-Oreille, etc.
Les émissions intéressantes commencent tard maintenant dans la journée. C’est sur le modèle de France Inter en moins bien. Je n’écoute quasiment plus. » A.D. (93)

- 54. « Parce que je considère qu’au nom de la marchandisation générale de notre société, France Culture est bradée tout comme l’éducation, et nivelée par le bas de manière à produire des consommateurs et non des citoyens, incapables de critique et de discernement, téléguidés par les medias et la publicité, taraudés par la peur du lendemain, et qui surtout ne feront pas de vagues.
Tout ceci correspond aux directives du G8, et me parait délibéré politiquement, les armes de l’esprit étant les plus dangereuses pour les gouvernants du monde entier. » M.B. (75)

- 55. « Certes il ne faut pas être ’passéiste’. Ceci dit, j’ai l’impression qu’on cède à ’l’esprit du temps’. Trop de bavardages. Débats assommants. Emissions racoleuses. Esprit sciences po et donneurs de leçons. Esprit Colombani - chanoine honoraire. Manque de respiration : on attend toujours une voix qui parle au cœur et à l’esprit, de la fraternité, de la poésie ! Bravo à tous les sincères qui ne déméritent pas : ’Tire ta Langue’, ’Continent Sciences’, G. Gromer, ’Les Lundis de l’Histoire’ (le matin !) et Lebrun : 1000 bravos ! La poésie : TB et d’autres… Roger Dadoun me manque. » C.B. (75)
« Manif de 70 auditeurs de Panorama FC à Bordeaux le jour du suicide du producteur de Panorama : M. Biedlowsky, place de la Victoire à Bordeaux. (AFC). » S.D. (75)

- 56. « Disparition quasi complète des émissions scientifiques. » M.B. (77)

- 57. « Auditeur de France Culture de manière passagère, j’apprécie cette station par rapport à la plupart des autres pour la liberté de ton et une certaine qualité des informations.
N’étant qu’un auditeur ’récent’, je souhaiterais qu’elle conserve et/ou renforce ses qualités qui en font sa valeur et qu’elle ne recourre pas à certaines facilités auxquelles d’autres radios ont recouru avant elle.
Que France Culture reste une station exigeante avec, avant tout, le souci de la qualité et de son identité sans céder à certaines sirènes… » L.F. (75)

- 58. « Censure inadmissible de l’information concernant en particulier les problèmes en France. Je vais cesser d’écouter !!!! » S.K.

- 59. « FRANCE INTER : Pourquoi tant de désinformation ?? Pourquoi des entretiens de personnes qui n’ont rien à dire (ex : 2 minutes à 8h sur les habitants de telle ville sur la question de l’évacuation en raison de la présence d’une bombe de la 2ème guerre mondiale, etc.) » A.G. (75)

- 60. « De plus en plus de zapping sans fond (Finkielkraut, etc…) » G.A.

- 61. « Parmi d’autres raisons, les changements des émissions matinales. Le rythme rapide au lieu du temps de la réflexion. La vulgarité de plus en plus prononcée de style journalistique. La multiplication de chroniques (bien trop) issus de la droite bien pensante.
Je continue en revanche à aimer les journaux d’information qui sont d’une rare qualité parmi tout le paysage… France Culture est rare parce que l’on peut interrompre les émissions qui ne plaisent pas , elle ne peut jamais servir de simple fond sonore. » B.G. (13)

- 62. « Le niveau des émissions depuis le matin à France Inter + France Culture est devenu insupportable. Je change de chaîne pour ne plus entendre le nivellement par le bas ! » M.H. (75)

- 63. « J’en ai RAS le Bol de la pensée unique tourné vers le tout libéral. Casse du service public. Ajustement sur les critères de respect du déficit au niveau de l’EUROPE. » M.I.

- 64. « Quand près de 50% de la France regarde TF1 et écoute RTL, il est bon de relever un peu le niveau. » P.K. (75)

- 65. « Je regrette la disparition de certaines émissions. » F.L.M. (80)

- 66. « Je ne trouve plus sur France Culture les émissions de fond, suffisamment longues que je retrouvais auparavant avec un vif intérêt. Peu à peu, je me suis mise à écouter France Musiques, même si des modifications aussi, en particulier le matin m’ont déçue. » C.C. (16)

- 67. « En particulier l’émission de ce samedi 24 mai de M. Finkielkraut en entretien avec le ministre L. Ferry, le summum du conformisme allié au banal a été atteint. France Culture a touché le fond ce jour-là. France Culture mérite mieux. De plus, très difficile de capter à Lille. PS : Pourquoi accepter une mauvaise qualité quand France Culture commence à ressembler à France Inter. » D.P. (59)

- 68. « - Quasi omniprésence de discours néolibéraux : bravo la pensée unique, le dogmatisme au lieu du pluralisme, de la réflexion et de la culture (Slama, Adler…)

- Trop de zapping : vive la superficialité !

- Insupportable d’entendre un ’philosophe’ hystériser régulièrement sur ’l’idéologie’ des droits de l’homme (pardon le droit-de-l’hommisme’ comme dirait Le Pen) qui dominerait le monde actuel et serait cause majeure de ravages : M. Finkielkraut, il serait temps de prendre votre retraite ! » C.F.(75)

- 69. « - Emissions de qualité, de bon niveau intellectuel de + en + rares.

- Zapping généralisé (Matin, Midi, Soir…)

- Pensée unique : néolibérale (A. W. Adler, A. W. Finkielkraut, A.G. W. Slama, J.C. W. Casanova, etc…)

- Promotion de la culture marchande.

- Discours hostile aux droits de l’homme, appelé ’droits de l’hommisme’ (expression de l’extrême-droite). Aucun débat possible, ni critique constructive. » M.R. (60)

- 70. « Je trouve que depuis 15 ans, France Culture a considérablement régressé. Les émissions-fleuves s’amenuisent peu à peu. A la place un saupoudrage, un saucissonnage, au lieu de s’installer confortablement dans un thème qui durait toute la semaine.
Exit ’Euphonia’, ’Le Pays d’Ici’, ’Espace Education’, ’Coda’ et ’Le Jeu de l’Ouïe’, ceci pour les émissions à thèmes.
Balayées les émissions pour les enfants, ’Les Contes du Pince Oreilles’, ’L’Oreille en Colimaçon’ et toutes les fictions pour les plus grands. N’ayant pas la télé, j’ai nourri mon fils avec ce biberon. Heureusement que je les ai enregistrées pour en faire profiter mon petit-fils !
Et puis ’Le Temps de se Parler’ qui m’a permis de rencontrer tant d’auditeurs passionnés, d’échanger ce que j’avais loupé. Tant d’échanges fructueux où nous pouvions écrire en toute naïveté, sincérité et de s’envoyer des cassettes. Bonheur écrasé, oublié que la poste, aujourd’hui sous le couperet du libéralisme castrateur - sous couvert de rentabilité - assurait.
Quel bonheur de recevoir des K7 d’émissions que je n’avais pu écouter ou enregistrer et de converser avec le facteur qui me les remettait.
Tout fout l’camp, la radio, la poste, la fonction publique, isolant chacun devant son poste, tuant la solidarité radiophonique.
Exit la belle expérience de l’hebdo ’La Semaine de Radio France’ qui malgré quelques ratés me permettait de programmer les émissions que je choyais et pouvais réécouter en différé. Même que pour obtenir une réception optimum, j’avais installé une antenne radio sur mon toit.
Tant d’efforts et d’abnégation pour aujourd’hui m’asseoir en creux sur tant de renoncements à ce qui faisait de France Culture un phare de la curiosité, de la diversité et de la connaissance. Hélas, trois fois zélasse, heureusement que durant quinze ans j’ai programmé, enregistré. Ca me donne de la marge pour réécouter les belles heures du temps passé.
Parmi les disparitions constatées je déplore l’abandon d’’Opus’, du ’Bon Plaisir’, de ’La Matinée des Autres’ et le remplacement de Jean Lebrun aux ’Matins’ de France Culture me laisse sur ma faim. La place laissée à la musique et aux sciences est réduite à une peau de chagrin, hélas !
Bref, je suis déçu par les nouvelles orientations et mon temps d’écoute a bien été diminué par quatre. Je m’étonne toutefois du côté ’personnel’ des revendications de France Culture qui fait cavalier seul, alors qu’à côté, France Musique(s !) est en plein marasme par rapport à ce qui était véhiculé autrefois. Sur ce plan, j’ai encore plus de raisons d’être insatisfait, d’autant plus que j’appréciais grandement les émissions de Pierre Bouteiller (sur France Inter bien sûr). Du coup je ne l’entends plus et en plus il a sabordé la chaîne. Quelle misère ! Ne pourrait-il retourner à ses premiers amours ?
Pour terminer sur une note positive, voilà ce que j’écoute encore (tout dépend du sujet cependant) : ’Les Chemins de la Musique’ (bien que l’horaire soit mal choisi), ’Surpris par la Nuit’, ’Appel d’Air’, ’A Voix Nue’, ’Tire ta Langue’, ’Une Vie une Œuvre’, ’Black and Blue’, ’Des Papous dans la Tête’, ’De Bouche à Oreille’, ’Chanson-Boum !’, ’Les Chemins de la Connaissance’, ’La Fabrique de l’Histoire’, ’Equinoxe’, ’ACR’, ’Projection Privée’. En bref, des émissions qui ont fait leurs preuves, même si elles ont changé d’intitulés.
En attendant, je vous souhaite bonne chance pour renverser la vapeur… Un auditeur de plus en plus infidèle. » M.S. (77)

- 71. « Ca me plait toujours. Quand je suis absente de France pendant une longue période, en Italie par exemple, je suis contente comme tout que nous ayons cette radio là. Sans ’Les Papous’, je me serais déjà suicidée bien des fois et le ’Pot au Feu’ me plait beaucoup, vu que je ne lis plus du tout les journaux et que les journalistes me semblent de très peu de poids (sauf Jean Lebrun, allez). »

- 72. « France Culture perd de son originalité. Elle a rompu avec son exigence de la pensée pour rejoindre la masse des medias. Trop morcelée, trop consensuelle. Je regrette les émissions pour lesquelles je pouvais renoncer à sortir afin d’aller jusqu’au bout du sujet. Après la TV, faudra-t-il que je jette ma radio ? » C.M. (95)

- 73. « Avant, j’écoutais France Culture le matin en me levant et sur le trajet au travail. Maintenant, je ne l’écoute plus, c’est devenu trop souvent futile et creux. J’aimais aussi beaucoup ’Staccato’. » C.B. (95)

- 74. « Les jingles, émissions dramatiques parasitées par un fond musical. Baisse de la qualité des débats, moins de choix…. » C.G. (Bretagne)

- 75. « Emissions faibles. Diffusion de ’la bonne pensée’. Sujets de société filandreux. La fin du ’Panorama’. Assez entendus M. Adler, M. Casanova, etc. La liberté de penser : il ne faut plus l’attendre. Je n’écoute plus d’émissions, sauf ’Les Papous’. A ce train là, on pourra supprimer F. Culture. » L.R. (75)

- 76. « Scandalisé par la disparition du ’Panorama’. Outré par les ukases stupides et droitières de journalistes ou rédacteurs tel Alain Finkielkraut. » O.T.

- 77. « Programmes moins intéressants. Et en plus du brouillage en haut de la rue de Belleville. » M.V. (75019)

- 78. « Pour cause des changements de programmes. Conséquences : depuis 1997, je ne l’écoute plus. Souhaits : réinstauration des programmes d’avant 1997, pour cause de leurs qualités exceptionnelles. Un ex-fidèle auditeur. » D.B. (93)

- 79. « A l’heure où les ’services publiques’ sont dans le collimateur, merci de défendre France Culture, qui est (qui devrait être) notre éducation nationale tout au long de la vie. » J.C. (95)

- 80. « Moins de débats en face à face avec un intervenant trié sur le volet. Trop de musique le soir au lieu de magazine, donc rapprochement avec France Musique. Tranche horaire de l’après-midi un peu faible. » A.F. (75)

- 81. « Je les prend même pour des criminels ! J’ai découvert France Culture en 1990, à la suite de deux ans de congé longue maladie. J’avais 50 ans et n’étais pas une ’intellectuelle’. Je suis littéralement tombée sous le charme. La radio marchait de 8h à 14h et de 18h à tard le soir. J’ai acheté deux petits postes supplémentaires pour pouvoir suivre une émission en passant d’une pièce à l’autre. Je me suis munie d’un cahier et il m’arrivait souvent de prendre en notes une émission entière. J’avais le sentiment d’être respectée et prise pour quelqu’un d’intelligent. Pas de pub, pas de musique agressive mise pour boucher les trous ou pour déstabiliser l’esprit attentif, pas de manière artificielle de parler pour amuser de force l’auditeur ; aux informations, pas de chiens écrasés, de sport, de radio-trottoir (Mon mari a dû abandonner de force France Info !), par contre des approfondissements en soirée sur l’économie, la géopolitique, etc… Et puis des moments de détente dont je me souviens encore (les contes, au lit le samedi matin ; le théâtre le dimanche après-midi ; des émissions sur les troubadours, la poésie…). Où tout ce bonheur est-il passé ?... De temps à autre, je réessaie France Culture : le matin je risque de tomber sur un horrible chroniqueur parfois carrément facho (la fureur me fait zaper) ; un sujet m’intéresse-t-il, la musique ( !) joue en même temps que le discours commence ; la journaliste pose des questions aussi niaises qu’ailleurs ; alors j’arrête tout et lorsqu’il reste une émission de valeur (il y en a encore quelques-unes), j’oublie d’appuyer sur le bouton. Je soufre, je suis triste, je suis en manque. » O.B. (75)

- 82. « Fidèle auditeur du Panorama ; rediffusé durant l’été, j’ai été consterné par les grilles de remplacement. Merci de revenir à la grille précédente. » D.D. (77)

- 83. « Alex ADLER : ce type est un demi-fou (il connaît même le téléphone de Ben Laden [portable] mais refuse de le diffuser à l’antenne) et il déshonore FC. Heureusement à 7h00 le samedi, il y a Ruth Stégassy. » P.B.

- 84. « En tant que fille de juste dont le père est mort en camp, je trouve insupportable le ton de vos émissions vraiment trop orientées excessivement sionistes sous une apparente objectivité. Je demande que soient invités en parité pro-palestiniens et pro-israëliens et surtout qu’il y ait davantage d’universitaires, hommes de culture, etc… d’origine arabe qui manquent énormément sur votre chaîne. » A.L.

- 85. « C’est devenu inaudible pour un auditeur habituel de France Culture, et cela est devenu encore plus grave cette année. Je précise :

- d’abord ce qui domine dans ce changement c’est la promotion de produits à vendre. Or ce n’est pas cela la culture. Et ne parlons surtout pas du niveau intellectuel des produits à vendre (il s’agit souvent de sous-culture comme les livres de B.H.Lévy).

- une superficialité de multiples sujets abordés et jamais traités à fond (même de la musique mal traitée !!)

- un parti pris politique sous-jacent à tous ces choix réellement réactionnaires et tout ce que j’oublie maintenant et qui me choque à tout moment, de sorte que je ne peux plus écouter ma radio préférée (avant !) » M.M.

- 86. « Parce qu’on voit apparaître de plus en plus d’émissions de format magazine qui ne permettent pas de traiter les thèmes abordés de façon suffisamment approfondie. D’autre part, je suis lasse de voir (d’entendre) des émissions relais de magazines ou de quotidiens tels que les Inrockuptibles, Le Monde (véritable propagande sur les ondes. Cf l’émission du dimanche matin 11h00). Les émissions consacrées au cinéma sont d’une médiocrité jamais atteinte. Quelle différence entre les émissions de Serge Daney et celles de Cément ou Marc Voinchet, etc… Et la création sur France Culture, une création originale et ambitieuse, qu’en reste-t-il ? »

- 87. « Merci à la journaliste ce matin (tôt), le 10 juin 2003, qui a crédité les propos de Bernard Thibaud, en ricanant (je n’ose pas dire bêtement !) de ’dignes du temps de Staline’ » E.

- 88. « Bien sûr France Culture reste au-dessus des autres radios. Cela étant, certaines émissions programmées à des heures accessibles pour un citoyen actif n’ont plus à mes yeux la qualité intellectuelle de jadis : ainsi ’Tout Arrive’ dont les mondanités souvent creuses n’invitent guère à une pensée exigeante, ainsi ’Pot au Feu’ qui est la plupart du temps un collage plaisant de bavardages d’où quelques idées parfois surgissent diluées hélas dans cette pratique nouvelle à France Culture de ’radio-trottoir’. Même les infos, dont la teneur reste néanmoins supérieure à celle des autres chaînes, cèdent à cette manie de l’interview du terrain au détriment de l’analyse.
Certaines émissions ont ’tenu le coup’, dont ’Le Monde Contemporain’ et certainement ’Les Lundis de l’Histoire’ que je n’ai pas beaucoup le loisir d’écouter étant à cette heure dans ma classe.
Merci pour cette tribune. Puissions nous retrouver le France Culture du Panorama dont je garde la puissante nostalgie !! » M.L. (93)

- 89. « Je vous joins copie d’un courrier adressé à Mme Laure Adler qui résume mon écoeurement pour cette fréquence dite culturelle. Il y a des années que je ne l’écoute plus.
D’ailleurs, parlant avec le professeur Jacquard sur ce qui lui était arrivé sur la fréquence La Peste France Inter, à propos de la tenue mentale des medias qui coupent sans arrêt la parole ou imposent des plages musicales ou de la publicité, il me répondit que c’était pire sur France Culture. Ce qui trouble la concentration. Un adulte ne serait-il pas capable de suivre un débat, une conversation d’une heure ?
Dans le cas de France Inter (avril 2003) un lundi matin, la coupure était pour parler d’une histoire de fesses d’un musicien du XIXème siècle et le professeur Jacquard qui parlait d’intériorité, de spiritualité. Naturellement, on dira, çà n’intéresse pas le public. Alors pourquoi inviter le professeur ? Sans doute de la pub pour cacher l’indigence de la station.
[Ci-dessous la lettre adressée le 12/09/1999 à Mme Adler : ]
Madame,
Le coup de crayon sur ces trois faciès [allusion à un dessin paru dans Charlie Hebdo, représentant une émission TV de Jean-Marc Sylvestre interrogeant Laure Adler qui faisait l’apologie d’Antoine Riboud, le PDG de Danone] est terrifiant de vérité. Histoire sans parole qui fait entrevoir le manque de consistance et d’intériorité de ces individus vaniteux et avides : faciès tendus de rapaces.
’Il y a des âmes sales pétries de boue et d’ordure, éprises du gain et de l’intérêt, comme les belles âmes le sont de la gloire et de la vertu ; capables d’une seule volupté, qui est celle d’acquérir ou de ne point perdre, curieuses et avides du denier dix, uniquement occupées de leurs débiteurs, toujours inquiètes sur le rabais ou sur le décri des monnaies, enfoncées et comme abîmées dans les contrats, les titres et les parchemins. De telles gens, ne sont ni parents, ni amis, ni citoyens, ni chrétiens, ni peut-être des hommes : ils ont de l’argent.’ La Bruyère (17ème siècle)
Surveillée par une ’journaleuse’ mégalomane, morte-vivante, qui prend les nains pour des géants, qui confond culture et coutumes. Installée dans cette fonction plutôt par copinage, que l’envergure personnelle, qui va déballer sa médiocrité dans une émission de télévision, - confiée à un bonimenteur sans vergogne, réputé - pour son ignorance crasse d’où sa bêtise, - pour combler d’éloges un marchand de mauvaise soupe, summum de la vulgarité, qui a payé cher pour cette intervention, pour faire oublier qu’il est un escroc, prêt à dire, à vendre n’importe quoi. Ses produits sont frelatés, beurrés de chimie lourde : OGM, colorants, émulsifiants, stabilisants et autres additifs déformants de toutes sortes, qui détruisent le vrai, le naturel, pour toujours plus d’argent, pour emplir un gouffre intérieur. Ce trio reflète et véhicule l’inculture et l’absurdité.
Certains journaleux ne comprendront jamais que l’on ne se prostitue pas seulement avec son cul. ’Menippe’ est l’oiseau paré de divers plumages qui ne sont pas à lui. Il ne parle pas, il ne sent pas ; il répète des sentiments et des discours, se sert même si naturellement de l’esprit des autres qu’il y est le premier trompé, et qu’il croit souvent dire son goût ou expliquer sa pensée, lorsqu’il n’est que l’écho de quelqu’un qu’il vient de quitter… Lui seul ignore combien il est au-dessous du sublime et de l’héroïque ; incapable de savoir jusqu’où l’on peut avoir de l’esprit… Sa vanité l’a fait honnête homme, (homme du monde), l’a mis au-dessus de lui-même, l’a fait devenir ce qu’il n’était pas…
France Culture la tête dans le yaourt, produit également frelaté, qui vend son indigence culturelle aux gogos, du fait que la société est fondée sur la pauvreté psychologique des masses, représentées par les démunis qui ne comprennent pas, par manque d’éducation et aussi par facilité, et les nantis bornés-butés sur qui l’éducation ne prendra jamais. Dans cet état d’esprit les penseurs n’ont aucun droit de cité, entre autres, de nos jours, Bourdieu et Chomsky…etc. Qui font d’ailleurs peur aux cons, et je ne m’étonne pas que le machiavélique Mitterrand vous ai mis à ce poste pour saccager le patrimoine culturel français qui ne vous appartient pas, et le remplacer par ce qui se vend.
Pendant une semaine je me suis efforcée de suivre attentivement les programmes de cette fréquence dite culturelle, et ce que l’on y entend est souvent affligeant par le rien ou carrément le mensonge. Aucune réflexion ne se dégage de ces longues loghorrées prétentieuses, que du perroquetage ; une suite d’anecdotes inutiles. Plutôt propagande qu’information. A ce sujet, lire les Ecrits Politiques : La responsabilité des intellectuels. N. Chomsky.
Heureusement, il reste malgré tout une large quantité de moyens de s’informer, se cultiver, même se nourrir et se distraire sans passer par ceux proposés par la propagande des medias et de la publicité.
Essayons de vivre sans procuration, en balayant devant notre porte tous ces pervers représentants du néant » F.Z. (75)

- 90. « Certains intervenants ou animateurs sont d’une médiocrité sans nom, préférant confisquer une émission qui leur sert de tribune ou d’accélérateur de carrière que la culture ! Un exemple notoire et scandaleux : Mme Blandine Kriegel (et sa ’bande de copains’) ! » M. (75)

- 91. « Je viens de terminer la lecture du bulletin n°8 [du RACCFC], et je constate que tout le monde arrive aux mêmes conclusions. J’écoute France Culture depuis 1990, j’ai donc été témoin de la dégradation de cette radio. Je rapporterai deux faits, deux moments qui traduisent le niveau atteint par France Culture, qui disent dans quelle fange elle se trouve embourbée.
Le premier, à L’Esprit (a)-Public où étaient présents, M. Gallo, P. Meyer, Casanova et Mme de St Fulgent. Je ne me rappelle plus la date, environ deux, trois ans. Les braves gens glosaient sur la démocratie, les esprits commencent à s’échauffer quelque peu, quand Mme de St Fulgent dit, comme quelque chose qui lui échappe, que le problème en France, c’est les élections, un système à abolir. Blanc magistral pendant trois, quatre secondes, puis M. Gallo lui dit qu’elle exagère peut-être un petit peu, bref tout ce monde lui rappelle que ce n’est pas la peine de dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Je crois que la chouanne en question n’officie plus à la dite émission.
Deuxième moment, les conférences du Collège de France, de 6h à 7h, un monsieur, dont le nom m’échappe, parlant de la fonction publique sous Vichy. Donc, ce monsieur parlait de la manière la plus neutre qui soit, de la politique en ce domaine, comment était gérer la fonction publique et dit au détour d’une phrase, que le gouvernement (de l’époque !) avait permis un élargissement de l’accès à la fonction publique et que dorénavant tous les citoyens pouvaient prétendre à y entrer (1941). Je n’en croyais pas mes oreilles, le type disait cela avec un tel aplomb, j’ai aussitôt pris une feuille et un crayon pour exprimer mon indignation aux responsables de la radio. J’ai reçu une réponse quelques temps plus tard, me disant qu’il fallait que j’écrive à M. Machin, mais que de toute façon, France Culture n’était pas responsable de ce qu’il pouvait se dire lors de ces conférences.
Je ne sais pas si vous organisez toujours des conférences sur la casse à France Culture, je me rappelle avoir contacté A. Lubrina à ce sujet, afin d’organiser quelque chose sur St Brieuc ou Rennes, malheureusement cela n’avait pu se faire. Si cela vous intéresse, je suis disponible à partir du mois d’octobre prochain. » X.B. (22)

- 92. « Très modeste et occasionnelle auditrice de France Culture, j’ai senti le glissement de votre chaîne. On a perçu qu’insidieusement la pensée libérale dominante et dominatrice est présentée comme la seule voie possible. C’est pour moi une question de principe que de défendre la liberté d’expression de France Culture en ces temps de réaction. » F.G. (35)

Pour lire les 50 premiers témoignages : Nouveaux témoignages d’auditeurs (1)

 
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Actualité des médias n°10 (novembre 2017)

Du côté des programmes, des informations et des entreprises médiatiques.