Observatoire des media

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« Matinales » de France Inter : Humour de microcosme et connivences en direct

par Denis Souchon, Henri Maler,

En mars 2015, Pascale Clark, soudain rebelle, avait capturé, avec la complicité de Patrick Cohen, l’antenne à son profit pour s’insurger contre le non-renouvellement (réglementaire) de sa carte de presse. Nous avions alors protesté contre « une appropriation narcissique de l’antenne de France Inter par deux intouchables arrogants, solidaires… d’eux-mêmes » [1].

Deux chroniques récentes montrent que ce narcissisme n’a pas cessé depuis.

Charline Vanhoenacker au service de Patrick Cohen

Le vendredi 11 mars 2016, dans « Le 7/9 » de France Inter, à 7h55, Charline Vanhoenacker lit à l’antenne sa chronique humoristique (« Le billet de Charline »). Lors de sa mise en ligne sur le site de l’émission ce billet sera titré « Meluche, notre Sylvester Staline, tu nous manques... ».

Le lancement résume, sur le ton de la complicité, le thème de la chronique :
– Patrick Cohen : « Charline Vanhoenacker vous avez un message à faire passer à Jean-Luc Mélenchon. »
– Charline Vanhoenacker : « Oui Patrick, à France Inter nous n’avons plus de ses nouvelles depuis, ben depuis combien de temps au fait ? »
– Patrick Cohen : « Ça fait à peu près un an et demi. » [2]

On peut apprécier, ou non, l’humour de Charline Vanhoenacker : ce n’est pas notre propos. On peut même trouver très drôle la chronique du jour et il n’est pas exclu que des sympathisants de Jean-Luc Mélenchon, éventuellement agacés, s’en soient amusés : ce n’est pas notre propos non plus. Le droit à la satire n’est pas affaire de sympathie. Mais… Car il y a un « mais » : Charline Vanhoenacker intervient directement dans une controverse qui oppose Jean-Luc Mélenchon et Patrick Cohen et met ouvertement, qu’elle s’en rende compte ou pas, sa chronique au service de ce dernier et, plus généralement, de la petite bande de la « matinale ».

La chronique en question (dont la transcription intégrale figure en annexe), est construite de telle manière que les auditeurs pensent que si Jean-Luc Mélenchon n’a plus participé au 7/9 de France Inter depuis « à peu près un an et demi », c’est uniquement parce qu’il fait un caprice d’enfant (ou de héros américain à mobilité mentale réduite), vexé par les questions de Patrick Cohen :

– Charline Vanhoenacker : Oulalala. Bon alors, cher Jean-Luc Mélenchon, mon méluche. Je prends mon plus beau micro pour te dire ceci : je ne sais pas si France Inter te manque, mais toi tu nous manques follement, douloureusement. Avec ton côté sanguin tu nous en veux de vouloir te titiller. Je te vois encore, tes petits poings fermés, faire des moulinets avec tes bras, quand tu t’énerves comme ça tu as la détermination d’un Rocky Balboa, tu es un petit peu notre Sylvester Staline. Jean-Luc, tu dis, tu dis que tu vis mal les questions de Patrick, mais moi je sais pourquoi, je sais qu’elles te renvoient aux brimades de Madame Carpachou, ta maîtresse du CM2. […] Par pitié Jean-Luc, si ce n’est pas pour la France, fais-le au moins pour Patrick Cohen. [On entend une voix masculine (celle de Patrick Cohen ?) dire « Non ! »] Je le connais bien, il n’est qu’amour. Il est peut-être un petit peu insistant dans ses questions […] Si tu reviens on te posera pas de questions, enfin si, un peu quand même. Mon méluche, il n’y a pas d’un côté la France insoumise et de l’autre côté la France Inter. Allez Jean-Luc, viens à la maison de la radio, il y a le printemps qui chante l’Internationale.

Évidemment, Charline Vanhoenacker ne tient aucun compte des raisons (bonnes ou mauvaises) invoquées par Jean-Luc Mélenchon pour refuser de participer au « 7/9 » de France Inter. Satire oblige ? Peut-être… Sans doute… Mais du même coup, la chronique exonère Patrick Cohen et ses « partenaires » du matin. Et les dispense de répondre réellement aux propos tenus par Jean-Luc Mélenchon le 31 octobre 2014 sur les matinales radiophoniques et notamment sur celle de France Inter ainsi que sur son animateur… Patrick Cohen.

Extraits de ces propos [3]

Alors on nous raconte des histoires, on nous dit « oui mais France Inter c’est le service public, c’est différent ». Oui c’est différent parce que non seulement ils sont d’accord avec les autres mais en plus ils sont arrogants, parce qu’ils voudraient qu’on avale le potage sous prétexte qu’ils sont censés être de gauche.

Et Mélenchon de s’en prendre à l’orientation politique des matinales :

Donc ce n’est pas des matinales. C’est le début de la grand’ messe du libéralisme qui commence avec les émissions du matin. Et alors on nous dit « allez une petite cuiller pour tonton Sarkozy, une petite cuiller pour tata Merkel, une petite cuiller… » et on commence à absorber le catéchisme, mais même pas avec des nuances, quelque chose qui rendrait ça supportable.

Et de conclure, en nuançant quelque peu son propos, mais en ciblant directement Patrick Cohen de France Inter :

Ce n’est pas tous les mêmes hein. Bon par exemple aller discuter avec Achilli c’est quand même d’un niveau plus élevé que d’aller discuter avec Cohen. C’est moins la propagande quoi. Ça dépend des gens. Bon y’a des gens c’est plaisant, d’autres c’est très désagréable, et je n’hésite pas à leur dire. Je les déteste comme eux ils me détestent.

Que l’on partage ou pas les arguments du député européen, on ne peut que constater que l’humour de Charline Vanhoenacker n’a que fort peu à voir avec les critiques émises par Jean-Luc Mélenchon pour justifier son refus de participer au show animé par Patrick Cohen, qui est ainsi conforté dans sa position de maître de cérémonie au-dessus de toute contestation.

Cette souriante complicité, que les auditeurs sont invités à partager, n’est pas finie…


Donnant-donnant : Une pause de publicité

Charline Vanhoenacker achève sa chronique en tournant en dérision la décision (au demeurant discutable) de Jean-Luc Mélenchon de participer, non à la matinale de France Inter, mais à une émission de « mélange des genres », diffusée par TF1 et animée par Alexandra Sublet :

Quant à Patrick [Cohen], depuis qu’il sait que tu vas sur TF1 dans la nouvelle émission d’Alessandra Sublet, il a cessé de s’alimenter. Jean-Luc, mais qu’est-ce qui t’a pris d’accepter l’invitation de TF1 ? Rassure-nous, tu ne vas tout de même pas te présenter à la primaire à droite. Méluche ! Mon gros lapin, comment peux-tu participer à une émission qui s’appelle « Action ou vérité » ? Alors qu’en tant qu’homme de gauche tu es contre les actionnaires et en tant qu’homme politique tu es contre la vérité. Si c’est pour les charmes d’Alessandra Sublet, tu sais, Patrick est prêt à faire l’interview en résille.

La régie publicitaire de TF1 a dû se féliciter de cette publicité gratuite pour une émission dont la première diffusion a eu lieu le 18 mars.

Mais, pour savourer tout le sel de cette séquence, quelques rappels sont nécessaires. On se souviendra avec émotion qu’Alessandra Sublet a animé de 2009 à 2013 « C à vous » sur France 5 : une émission dont l’un des chroniqueurs depuis 2011 s’appelle … Patrick Cohen. On se souviendra également que Patrick Cohen anime depuis septembre 2010 « Le 7/9 » de France Inter, station dans laquelle Alessandra Sublet fut [une éphémère animatrice [4] de septembre 2010 à février 2011. Le monde (médiatique) est petit...

… Très petit : on ne sera donc pas surpris d’apprendre que Patrick Cohen n’a pas oublié, à la fin de cette chronique, de signaler que Charline Vanhoenacker co-anime aussi l’après-midi une émission sur France Inter, bouclant ainsi la boucle de l’entre-soi médiatique. Donnant-donnant…

L’humour de Charline Vanhoenacker, journaliste, mais qui fait des blagues [5] est suffisamment consensuel pour qu’elle ne connaisse pas le sort de deux de ses prédécesseurs humoristes sur France Inter, Didier Porte et Stéphane Guillon [6]. Aussi corrosif soit-il, son humour n’est en effet pas du genre à mettre en question les intérêts de la fraction du microcosme social auquel appartient la chefferie de France Inter, ce qui lui permet de se voir décerner des brevets de rebellitude par ses pairs, bien que nous soyons loin du jour où elle fera une chronique sur l’infatuation de certain animateur de matinale radiophonique avec le même ton et les mêmes biais que dans celle consacrée à Jean-Luc Mélenchon.


« Mélange des genres » : Patrick Cohen au service de Cohen Patrick

La chronique de Charline Vanhoenacker du 11 mars ne pouvait rester sans suites : ni la polémique contre Jean-Luc Mélenchon, ni l’étalage de complicités, ni la page de publicité offerte à l’émission d’Alessandra Sublet, ancienne patronne de Patrick Cohen dans l’émission « C à vous » sur France 5. Et c’est… Patrick Cohen qui s’en est chargé lors de sa chronique quotidienne du jeudi 17 mars 2016, dans le 7/9 de France Inter, intitulée « Le 7h43 » (et dont une transcription intégrale figure en annexe) :

– Patrick Cohen : Jean-Luc Mélenchon – qui n’a pas encore répondu à votre appel Charline [On entend Charline Vanhoenacker simuler un « Ooohhh » de dépit], mais on garde bon espoir de le retrouver à ce micro… –, Jean-Luc Mélenchon sera demain soir sur TF1 le tout premier invité de la nouvelle émission de divertissement d’Alessandra Sublet, « Action ou Vérité ».

En 2 minutes et 26 secondes, Patrick Cohen parvient à faire coup triple ou quadruple : poursuivre sa misérable polémique contre Jean-Luc Mélenchon, faire l’éloge des émissions de « mélange des genres » et de sa propre participation à l’animation de telles émissions, soutenir sa camarade et ex-patronne Alexandra Sublet et offrir une nouvelle page de publicité à sa nouvelle émission.

Quoi que l’on pense de la participation de Jean-Luc Mélenchon à une telle émission, ce n’est pas une première. Patrick Cohen semble amnésique car le 28 juin 2013, on pouvait voir dans « C à vous », une émission de divertissement sur France 5, Jean-Luc Mélenchon, Alessandra Sublet et… le chroniqueur Patrick Cohen. Après avoir fait la bise à Alessandra Sublet, Jean-Luc Mélenchon déclarera ce jour-là : « Je suis venu 9 fois ici. »

– Patrick Cohen : Mélenchon interviewé par Sublet, on entend déjà les lamentations contre la dérive « peopolitique » ou les comparaisons d’époque du style : non mais est-ce que vous imaginez Georges Marchais questionné par Denise Fabre ? Ou de Gaulle chez Guy Lux ? Ou Raymond Aron avec Danièle Gilbert ? Et là, stupeur, archive fatale, révélation renversante. Raymond Aron, professeur au Collège de France, sur le plateau de Midi Première, aux côtés de Danièle Gilbert, entre deux chansons de C. Jérôme… c’est arrivé – en voici la preuve – en mars 77.

Les critiques des émissions de « mélange des genres » et de la « peopolisation » ? De simples « lamentations », dont il suffit pour en venir à bout, d’évoquer, pour les tourner en dérision, un très ancien exemple [7].

Patrick Cohen diffuse alors des extraits des échanges entre Danièle Gilbert et Raymond Aron. C’est l’occasion pour lui et les personnes qui sont à ses côtés en studio (Emmanuelle Cosse, Léa Salamé et Charline Vanhoenacker, notamment), de rire, entre gens qui se croient très intelligents, à gorge déployée aux prises de parole d’une animatrice d’une époque révolue.

Et notre Monsieur Loyal de terminer avec la maestria d’un passeur de plats confirmé :

Et voilà le travail. Qui prouve que le mélange des genres n’a pas été inventé par la télévision commerciale. Et Alessandra Sublet sera l’invitée de Sonia Devillers tout à l’heure dans « L’instant M » à 9h40 sur Inter.

Du grand art au service de pauvres causes : exonérer la télévision commerciale d’un genre qui aurait été inventé par la télévision publique, clore le débat sur les émissions de « mélange des genres » (en faisant mine de l’ouvrir) et sur l’opportunité pour des responsables politiques ou des intellectuels de passer dans ce type d’émission, et surtout plaider indirectement sa propre cause puisqu’il participe et obtient des profits de ce type d’émission, en l’occurrence « C à vous » sur France 5. Et pour couronner le tout, Patrick Cohen signale enfin que son ancienne patronne Alessandra Sublet sera l’invitée d’une émission de France Inter le jour même (pour y parler de sa nouvelle émission), comme si l’un des objectifs de cette chronique était précisément d’assurer la promotion de la nouvelle émission d’Alessandra Sublet [8].

Vous avez dit « confiscation de l’antenne » ?


Henri Maler et Denis Souchon



Annexe 1 : Transcription de « Le billet de Charline » du 11 mars 2016.

- Patrick Cohen : « Charline Vanhoenacker vous avez un message à faire passer à Jean-Luc Mélenchon. »

- Charline Vanhoenacker : « Oui Patrick, à France Inter nous n’avons plus de ses nouvelles depuis, ben depuis combien de temps au fait ? »

- Patrick Cohen : « Ça fait à peu près un an et demi. »

- Charline Vanhoenacker : « Oulalala. Bon alors, cher Jean-Luc Mélenchon, mon méluche. Je prends mon plus beau micro pour te dire ceci : je ne sais pas si France Inter te manque, mais toi tu nous manques follement, douloureusement. Avec ton côté sanguin tu nous en veux de vouloir te titiller. Je te vois encore, tes petits poings fermés, faire des moulinets avec tes bras, quand tu t’énerves comme ça tu as la détermination d’un Rocky Balboa, tu es un petit peu notre Sylvester Staline. Jean-Luc, tu dis, tu dis que tu vis mal les questions de Patrick, mais moi je sais pourquoi, je sais qu’elles te renvoient aux brimades de Madame Carpachou, ta maîtresse du CM2. Mais mon méluche, je t’en prie, passe au dessus de ça et reviens. [Charline Vanhoenacker lance une musique de piano de centre commercial]. Depuis que tu es parti l’ambiance ici n’est plus la même, Thomas Legrand a recommencé à boire, je comprends encore moins bien ce qu’il dit. Quant à Patrick, depuis qu’il sait que tu vas sur TF1 dans la nouvelle émission d’Alessandra Sublet, il a cessé de s’alimenter. Jean-Luc, mais qu’est-ce qui t’a pris d’accepter l’invitation de TF1 ? Rassure nous, tune vas tout de même pas te présenter à la primaire à droite. Méluche ! Mon gros lapin, comment peux-tu participer à une émission qui s’appelle “Action ou vérité” ? Alors qu’en tant qu’homme de gauche tu es contre les actionnaires et en tant qu’homme politique tu es contre la vérité. Si c’est pour les charmes d’Alessandra Sublet, tu sais, Patrick est prêt à faire l’interview en résille. Et si c’est parce que c’est trop tôt la direction est prête à déclasser, à déplacer le 7/9 à 15 heures. On a même pensé à déplacer l’émission dans un mobile home stationné en face de L’Élysée pour te faire plaisir. Thomas a mis la vodka au frais et Bernard Guetta amène sa boîte de cigares cubains qu’il tient de Fidel. Par pitié Jean-Luc, si ce n’est pas pour la France, fais le au moins pour Patrick Cohen. [On entend une voix masculine (celle de Patrick Cohen ?) dire “Non !”] Je le connais bien, il n’est qu’amour. Il est peut-être un petit peu insistant dans ses questions mais regarde le le soir sur France 5 il lui arrive de ne rien dire de mordant. Ben si, quand il mange, la bouche pleine. [Charline Vanhoenacker fait un signe pour que la régie arrête la diffusion de la musique.] Jean-Luc, pour tout te dire, bon ben voilà, on est sacrément dans la merde quand on veut inviter un politique de gauche. Voilà, il n’y en a plus, si tu viens pas, il va nous rester qui à gauche ? Ah ben ouais, il nous reste NKM, elle est encore venue hier. Si tu reviens on te posera pas de questions, enfin si, un peu quand même. Mon méluche, il n’y a pas d’un côté la France insoumise et de l’autre côté la France Inter. Allez Jean-Luc, viens à la maison de la radio, il y a le printemps qui chante l’Internationale. [Les voix de Charline Vanhoenacker et Patrick Cohen se recouvrent] Tes amis t’attendent. Viens. Reviens ! »

- Patrick Cohen : « Charline Vanhoenacker. Et on vous retrouve à 17 heures avec Alex Vizorek, Si tu reviens j’annule tout. Merci à vous. »


Annexe 2 : Transcription du « 7h43 », la chronique de Patrick Cohen du 17 mars 2016

- Patrick Cohen : « Jean-Luc Mélenchon – qui n’a pas encore répondu à votre appel Charline [On entend Charline Vanhoenacker simuler un Ooohhh de dépit], mais on garde bon espoir de le retrouver à ce micro… – Jean-Luc Mélenchon sera demain soir sur TF1 le tout premier invité de la nouvelle émission de divertissement d’Alessandra Sublet, “Action ou Vérité”. Mélenchon interviewé par Sublet, on entend déjà les lamentations contre la dérive “peopolitique” ou les comparaisons d’époque du style : non mais est-ce que vous imaginez Georges Marchais questionné par Denise Fabre ? Ou de Gaulle chez Guy Lux ? Ou Raymond Aron avec Danièle Gilbert ? Et là, stupeur, archive fatale, révélation renversante. Raymond Aron, professeur au Collège de France, sur le plateau de Midi Première, aux côtés de Danièle Gilbert, entre deux chansons de C. Jérôme… c’est arrivé – en voici la preuve – en mars 77. »


Extrait
- Danièle Gilbert : « Aujourd’hui nous accueillons monsieur Raymond Aron auteur du livre Plaidoyer pour l’Europe décadente. Et on peut dire que ce livre semble très courageux. »
- Raymond Aron : « Écoutez, je voudrai corriger, je trouve qu’il n’y a aucun courage particulier dans un pays libre à dire ce que l’on pense. »
- Danièle Gilbert : « Bien sûr. [Charline Vanhoenacker se penche vers la table pour donner toute sa signification à l’expression “être plié en deux de rire” et Emmanuelle Cosse, la ministre du logement qui ce jour-là est l’invitée de Léa Salamé pour l’interview de 7h50, se redresse en riant de bon cœur et en échangeant un regard complice avec Charline Vanhoenacker] Alors vous écrivez, entre autre, “30 ans après la fin de la guerre, en dépit de la déclaration finale d’Helsinki [elle prononce Helzinki], les pays qui s’appellent eux-mêmes socialistes s’efforcent d’empêcher les hommes et les idées de franchir la ligne de démarcation.” »
- Raymond Aron : « Et bien écoutez, je pense que ce résumé d’une partie du livre est exact. »

- Patrick Cohen : « C’est exact, dit Raymond Aron, qui sourit gentiment à une animatrice qui semble ne rien comprendre aux questions qu’elle pose. [9] Mais il est temps de revenir à la variété. Écoutez bien comment Danièle Gilbert parvient à repasser de Raymond Aron à C. Jérôme. Du grand art. »


Extrait
- Danièle Gilbert : « Et bien si ce problème de l’Europe décadente vous intéresse, et je suis sûre qu’il vous intéresse, c’est un problème qui touche tout le monde, alors vous lirez Plaidoyer pour l’Europe décadente. Monsieur Raymond Aron, merci d’être venu nous présenter ce livre sur le plateau de “Midi Première”[applaudissements du public]. Entre autres, la liberté fait partie du charme français, mais le charme français c’est aussi le thème de la chanson de C Jérôme, encore une nouvelle chanson [applaudissements du public, on entend le début de la chanson “Il y a des cafés dans les gares”]. »

- Patrick Cohen : « Et voilà le travail. Qui prouve que le mélange des genres n’a pas été inventé par la télévision commerciale. Et Alessandra Sublet sera l’invitée de Sonia Devillers tout à l’heure dans « L’instant M » à 9h40 sur Inter. »

 
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Notes

[2De fait, le dernier passage de Jean-Luc Mélenchon dans le 7/9 de France Inter date du 9 octobre 2014.

[3Qui figurent intégralement dans un article que nous avions consacré à – c’est son titre – « Une arrogante réplique de Patrick Cohen à Jean-Luc Mélenchon… et ce qu’elle révèle ».

[5C’est du moins ainsi qu’elle se présente sur son compte Twitter : « Journaliste qui fait des blagues sur @franceinter Le billet de 7h55 & Si tu écoutes, j’annule tout 17h-18h ». Mais on a du mal à percevoir le versant « journalistique » de ses activités sur France Inter.

[6Rappelons en effet que « ces deux chroniqueurs ont été licenciés de France Inter en 2010, et [...] la station a été condamnée par les prud’hommes en 2012 pour le licenciement de Didier Porte, un licenciement jugé sans cause réelle et sérieuse. […] À l’époque, Laurence Bloch [l’actuelle directrice de France Inter] était directrice-adjointe et responsable de l’antenne de France Inter… ».

[7Patrick Cohen aurait pu se souvenir aussi que Jean-Luc Mélenchon n’est pas le premier responsable politique à participer à de telles émissions. Nous portons à sa connaissance le fait que déjà, en 1970, Valéry Giscard d’Estaing jouait de l’accordéon devant… Danièle Gilbert.

[8Easy listening : il arrive qu’on désigne ainsi la musique d’ambiance et, en particulier, la musique d’ambiance des centres commerciaux. On pourrait envisager de nommer « easy journalistes » les personnages qui le matin animent des sessions d’information avec des morceaux de divertissement et le soir participent à des émissions de divertissement avec des bribes d’informations.

[9Le jour même de cette chronique, à 8h20 « l’invité » de Patrick Cohen est l’écrivain Alain Mabanckou, qui doit le jour même prononcer sa leçon inaugurale au Collège de France. Il est évident que contrairement à Danièle Gilbert « qui semble ne rien comprendre aux questions qu’elle pose » Patrick Cohen, lui, comprend parfaitement les questions qu’il pose à Alain Mabanckou et a une réelle connaissance du Collège de France, ce qui lui permet de dire avec assurance à l’écrivain : « Vous serez le premier écrivain, premier romancier à tenir la chaire de création artistique qui était jusque là dévolue plutôt à des peintres, des architectes, des musiciens, il y a eu Pierre Boulez et puis vous en avez cités quelques autres. » Mais, à malin, malin et demi … Pierre Boulez n’a jamais été titulaire de la « chaire annuelle de création artistique », mais de la « chaire d’Invention, technique et langage en musique » de 1976 à 1995.

Jeudi d’Acrimed : mobilisations contre la Loi Travail, le retour des chiens de garde

Le 29 septembre 2016 à Paris, avec Sophie Binet (CGT) et Frédéric Lemaire (Acrimed).

Le médiateur de Radio France répond à Acrimed : mépris, condescendance et autosatisfaction

Son impartialité mise en cause, il réplique par une critique des auditeurs et un éloge de son propre travail.

Docteur Patrick et Mister Cohen

Déontologie journalistique à géométrie variable.