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Lire : Médias et conglomérats, aux éditions Liris

Médias et conglomérats, traduit de l’américain par Cécile Deniard, Editions Liris, 192 p., 10 euros.

L’édition originale de ce livre a été publiée en 1997 aux Etats-Unis par The New Press, une maison d’édition à but non lucratif, créée en 1990 et dirigée par André Schiffrin.

Après une introduction de Todd Gitlin, enseignant en culture et communication à l’Université de New York, l’ouvrage propose les contributions suivantes.

- « Un regard neuf sur l’histoire de la radio et de la télévision » : Eric Barnouw, auteur de A History of Broadcasting in the United States, montre comment les licences d’émission des premières radios furent peu à peu accaparées par des stations commerciales, avant que la télévision à son tour ne subisse la même emprise et que la publicité ne fasse payer à la société américaine, et notamment aux enfants et aux processus électoraux, le prix de la prospérité de l’audiovisuel américain.

- « La mainmise des financiers sur l’information ou comment désarmer les journalisme » : Richard Cohen, ancien producteur de CBS Evening News, analyse - met en évidence, exemples à l’appui, comment la recherche du profit, sous l’effet des concentrations et de la mainmise des financiers altère gravement l’information et les métiers du journalisme.

- « La presse écrite et les conglomérats » : Gene Roberts, directeur de la rédaction du New York Times, étudie les effets des mêmes processus sur la presse écrite : réduction des budgets des rédaction, baisse de la qualité et banalisation de l’information, que confirme l’analyse de l’évolution de la presse locale du Sud des Etats-Unis.

- « Le retour du système des studios à Hollywood » : Thomas Schatz, enseignant au département de radio, télévision, cinéma à l’Université du Texas, Austin — montre comment l’intégration réalisée par vaste conglomérats - conduit la Nouvelle Hollywood à privilégier les superproductions et le marché des produites dérivés et à favoriser la « fusion rapide et inquiétante de la publicité de l’information et du divertissement ».

- « L’industrie de l’édition » : Mark Crispin Miller, président des « writing seminars » à l’Université John Hopkins, illustre par des exemples précis la dégradation de la qualité de la production des maisons d’édition quand elles sont rachetées par des conglomérats.

- « Les télécommunications et l’intérêt du public » : Patricia Aufderheide, professeur de communication à l’American University, essaie d’évaluer, « à mi-chemin entre les discours apocalyptiques et utopique » quelle place peut occuper l’intérêt général dans les télécommunications.

- « Le marketing de la libération et le cartel de la culture » : Thomas Frank, rédacteur en chef de The Baffler, soutient que la publicité, en s’emparant de thèmes critiques, neutralise la contestation de la primauté de l’économie et entretient l’apathie politique.

Ces études parfois contestables mais toujours éclairantes, en partie datées mais toujours actuelles, mettent en question les conséquences de l’emprise croissante des conglomérats sur la création et la diffusion de l’information et de la culture. On a compris qu’elles ne concernent pas seulement les Etats-Unis.

H.M.

 
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