Observatoire des media

ACRIMED

Le magazine électronique n°169

par Acrimed,

Si vous ne parvenez pas à lire ce message correctement, cliquez ici.




SOMMAIRE

1. Édito : Élection présidentielle : misère du journalisme politique
2. Souscription : 60 000 euros pour que vive Acrimed !
3. Agenda
4. Sur le site d’Acrimed
5. Sur d’autres sites
6. Actualité des médias
7. Livres, revues, journaux sur les médias


La presse imprimée est-elle responsable de la déforestation de l’Amazonie ? On peut en douter. Les médias audiovisuels sont-ils coupables des abus de consommation d’électricité ? Ce n’est pas avéré. Mais ce qui est certain en revanche, c’est que des tonnes de papier et des centaines d’heures d’émissions audiovisuelles ont été (et sont encore) consommées pour évoquer les turpitudes et les misères de François Fillon, les « affaires » qui gangrènent les autres candidatures, les mésaventures et les divisions de la « droite et du centre », mais aussi des « socialistes », des « progressistes » et des « patriotes » (du FN), comme on nomme les uns et les autres.

Chacune de ces « affaires » et de ces mésaventures offre tous les ingrédients d’un feuilleton, avec ses héros et ses traîtres, ses rebondissements et son intrigue à tiroirs. De quoi nourrir abondamment les discussions de bistrots (il faudrait vérifier…) et les papotages dans les studios des chaînes en continu (vérification faite).

Informer et enquêter sur tout cela ? Évidemment ! Mais gloser sans cesse et à tout propos sur les positionnements et les entrechats tactiques, ausculter les entrailles de l’opinion publique à grand renfort de sondages et de micros-trottoirs, abandonner le journalisme de diagnostics pour un journalisme de pronostics ?
Tous les médias ne sont pas logés à la même enseigne. Mais un peu partout les éditocrates en tout genre et les journalistes politiques de toutes catégories, les sondologues, « synergologues » et autres communicants, les squatteurs interchangeables des micros et des chroniques sont massivement mobilisés pour commenter en flux tendu et à en perdre haleine, pour éditorialiser et spéculer sur claviers, pour anticiper sur le jour ou l’heure d’après. Manquent à l’appel les cartomanciennes et les rédacteurs d’horoscopes, mais leur tour viendra peut-être.
« C’est normal », dira-t-on : « l’actualité dicte sa loi ». Ou, comme le déclarait doctement Jean-Michel Aphatie dans un entretien diffusé le 1er septembre 2016 sur France Inter, « les journalistes ne choisissent pas l’actualité, les journalistes font avec l’actualité. Parfois l’actualité est intelligente, parfois elle est dramatique et parfois elle est bête. Et on fait avec. »

Mais l’actualité n’existe pas indépendamment de ceux qui la construisent. Le comble est donc atteint quand, au nom de cette actualité telle qu’ils la façonnent eux-mêmes, nos « grands » journalistes couinent sur l’effacement, plus ou moins prononcé selon les médias, du débat public sur les projets des candidats en campagne : un débat qui, pour une large part, dépend d’eux, même s’il existe en dehors d’eux.

Aveugles aux résultats de leur propre activité, ils se contemplent, mais ne parviennent pas à se reconnaître.

Quand le doigt montre la lune, d’immenses journalistes regardent le doigt !

Un grand et chaleureux merci tout d’abord aux donateurs et donatrices, nouveaux et nouvelles adhérent·e·s et abonné·e·s ayant participé à la souscription depuis son lancement !

L’objectif n’est pas encore atteint et nous poursuivons donc cet appel, essentiel pour l’existence de notre association ! Acrimed demeure en effet une créature fragile puisqu’elle repose sur une activité militante, pour l’essentiel bénévole, et ne dispose que de faibles ressources financières. Ces ressources ne sont constituées que par les cotisations des adhérent·e·s, les dons et la vente de notre délicieux magazine, Médiacritique(s). Nous ne recevons aucune subvention, notre site est intégralement gratuit et nous sommes réfractaires à toute forme de publicité.



Comme nous vous le disions précédemment, les 60 000 euros dont nous avons besoin aujourd’hui ne sont pas destinés à acheter des costumes de luxe, mais à poursuivre et développer notre activité multiforme — par nos publications, nos débats, nos actions — de critique des médias, pour une transformation démocratique des médias. Ces 60 000 euros nous sont indispensables notamment pour pérenniser l’emploi de nos trois salarié·e·s, hélas mal payé·e·s, mais dont le travail n’est pas fictif.


C’est pourquoi, une fois de plus, nous faisons appel à vous.
Que vous nous aimiez un peu, beaucoup ou passionnément.
Que vous nous approuviez un peu, beaucoup ou passionnément.
Nous avons besoin de vous !


Comment ? En donnant, bien sûr. Et mieux encore, car Acrimed est d’abord et avant tout une association, dont le combat — (re)faire de la question des médias une question politique — ne peut être qu’un combat collectif : en adhérant !

Comme nous, vous êtes partisan·e·s d’une appropriation démocratique des médias ? Vous pouvez commencer en vous appropriant un peu… Acrimed.


- Jeudi 18 mai, 19h00 à La Bourse du travail (3 rue du Château d’eau, 75010 Paris) : Jeudi d’Acrimed sur la presse jeux vidéo. Voir la présentation sur notre site.

- Samedi 20 mai à Rennes (Carrefour 18, 7 rue d’Espagne, 35200 Rennes) de 13h30 à 22h : 3e Journée de la critique des médias de l’antenne rennaise d’Acrimed. Au programme : des tables rondes, des ateliers participatifs et des expositions sur le traitement médiatique des mouvements sociaux, différentes questions autour des présidentielles, les médias africains et locaux. Plus de détails à venir sur notre site et la page facebook d’Acrimed Rennes.


4.1. Magazine, Acrimed Hebdo, Flux RSS

Nous vous proposons ci-dessous une sélection… sélective (puisque vous consultez le site régulièrement...) et un peu organisée.
De surcroît, Acrimed vous offre une liste qui complète celle-ci : Acrimed Hebdo. En vous inscrivant, vous recevrez la liste hebdomadaire des articles parus sur notre site. Pour s’inscrire, merci de contacter le secrétariat en écrivant ici, ou  !


4.2. Sélection d’articles publiés sur le site (avril 2016)

I. LES ÉLECTIONS VUES PAR LES ÉDITOCRATES

** Les éditocrates contre Jean-Luc Mélenchon (bis repetita) ?
Un cas d’école de journalisme de compétition (sondagière) et de prescription (des options (...)

** Présidentielle 2017 : Le « grand débat » à onze disséqué par l’éditocratie
Désorientés par le format du débat, les journalistes politiques ne renoncent pas à commenter… le spectacle (...)

** Avant le premier tour, Le Monde n’aurait pas roulé pour Macron ? La complainte du médiateur
En toute indépendance ou en toute mauvaise foi ?

II. SONDAGES ET PROGRAMMES PRÉSIDENTIELS

** Course aux sondages : la bêtise au coude à coude avec la vacuité
Journalisme politique ou délire sondomaniaque ?

** Présidentielle 2017 – Sur la question des médias, demandez les programmes !
Notre comparateur les a examinés et confrontés à nos propres propositions.

III. DANS LE RESTE DE L’ACTUALITÉ...

** Podemos « harcèle les journalistes » : les raccourcis de la presse française
Raccourcis, partis pris et manque de contextualisation : misère de l’information internationale (...)

** Le 20h de France 2 en campagne pour « réformer les retraites »
Quand le JT du service public se livre à une parodie d’information.

** L’oligarque des médias Vincent Bolloré contre Benoît Collombat, journaliste du service public
Trois plaintes et un acharnement constant.


- Christophe Barbier : « Se confronter au terrain pollue l’esprit de l’éditorialiste » (lejdd.fr, 14/04) - « Se confronter au terrain pollue l’esprit de l’éditorialiste. Son rôle est de donner son opinion, d’affirmer ses certitudes, par essence improuvables. »

- La banalisation de Marine Le Pen se banalise (Ma vie au poste, 02/05) - « Même acharnement de Laurent Delahousse dimanche au 20 heures de France 2. "Si vous aviez un mot pour qualifier les sept prochains jours ?" Et cette journée ? Ensoleillée, pluvieuse, ventée ? "Quel est l’enjeu pour vous ?" Devenir présidente ou profiter du 8 Mai pour partir en week-end prolongé ? »

- Présidentielle 2017 : Philippe Poutou (NPA) parodie « On n’est pas couché » dans son clip de campagne (20minutes.fr, 10/04) - « Le candidat (NPA) à la présidentielle est sans doute celui qui a le plus marqué les esprits. Car il n’a pas hésité dans ce clip à parodier l’émission On n’est pas couché avec qui il a eu maille à partir ces dernières semaines. »

- Philippe Poutou jugé « indigne » par les éditorialistes de BFMTV (BuzzFeed, 05/04) - « Anna Cabana, journaliste au JDD et éditorialiste sur BFMTV, a mené la charge la plus violente contre le candidat du NPA qu’elle a jugé indigne et irrespectueux. »

- Fusillade des Champs-Elysées : France 2 incite à la récup’ et diffuse des « fake news » (Ma vie au poste, 21/04) - « Ce jeudi soir, en deux phrases, David Pujadas a réussi à livrer trois fausses infos aux téléspectateurs… Léa Salamé a précisé : "Nous avons essayé d’être à la hauteur de ce qui se passait." Raté... »

- Quand Yann Barthès mène l’enquête… (la-bas.org, 01/05) - Une chronique de Didier Porte répondant à une séquence de l’émission « Quotidien » qui se moquait de lui.

- « Supprime. » (blog d’alphoenix, 28/04) - « Le plus simple serait quand même de supprimer le tweet en question, à partir du moment où il contient quelque chose de faux, ou s’il est mal interprété par un grand nombre de gens. Autrement, les fake news, c’est nous. »

- CNews : le CSA instruit un dossier après les propos d’Ivan Rioufol sur les musulmans (BuzzFeed, 22/04) - « Pour illustrer son inquiétude quant aux jeunes de banlieue, Ivan Rioufol lâche un sondage terrifiant : "Vous avez eu l’Institut Montaigne qui a fait un sondage qui voulait être rassurant et qui montrait que 27% des Français musulmans se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique, 27%. Et 50% des jeunes musulmans des cités, 50%, qui se réclamaient de cet État islamique. Donc ce chiffre ce n’est pas moi qui l’invente. Et 50% c’est presque majoritaire." »

- Au JT de France 2, un curieux reportage sur un camp catholique masculiniste (Libération.fr, 31/03) - « C’est même LE dossier du jour. On y apprend, entre autres, que le patriarcat, c’est fini depuis "les années 60" – ce qui ne manquera pas d’étonner toutes celles et ceux qui luttent contre les violences sexuelles, les inégalités salariales ou pour protéger le droit à l’avortement, celles et ceux qui ont battu le pavé le 21 janvier à la Marche des femmes ou le 8 mars… »

- La société des rédacteurs de Marianne réagit à l’affaire Macé-Scaron (Marianne.net, 19/04) - « Sur le fond, Joseph Macé-Scaron n’a pas contesté l’information sur sa contribution aux discours de François Fillon. Sur Twitter, il a balayé le sujet d’un "J’emmerde mes inquisiteurs". La rédaction de Marianne ne saurait se contenter d’une telle réponse. »


Retrouvez sur notre site le 4e épisode de notre nouvelle série « Actualité des médias ». Au sommaire ce mois-ci :

I. Du côté des programmes et des informations
- Public sénat veut virer Jean-Pierre Elkabbach, qui s’accroche
- Aymeric Caron a dû partir de “C l’hebdo” (France 5) parce que trop militant… du mauvais bord
- Joseph Macé-Scaron, journaliste à Marianne, devient "plume" de François Fillon

II. Du côté des entreprises médiatiques et de leurs propriétaires
- Arnaud Lagardère prend la présidence d’Europe 1
- Trop de Macron à Challenges pour ses propres journalistes
- Censure ordinaire au Figaro ?

III. Du côté des institutions
- Le SNJ reste le premier syndicat des journalistes
- Dossier synthétique de l’INA sur le programme médias et numérique des candidats à la présidentielle



De très bonnes, de bonnes et de moins bonnes lectures.

- Derieux (Emmanuel), Droit européen des médias, Bruylant / LGDJ, avril 2017, 1034 p., 95 euros.
- Lipani (Marie-Christine), Accès réservé - Le pouvoir au sein des quotidiens régionaux : une histoire de mâles, L’Harmattan, avril 2017, 180 p., 19 euros.
- Plenel (Edwy), Combat pour une presse libre, Galaade, avril 2017, 4,50 euros.
- De Rochegonde (Amaury) et Sénéjoux (Richard), Médias : les nouveaux empires, First, avril 2017, 288 p., 16,95 euros.



Prochain magazine : fin mai 2017

Le site d’Acrimed, observatoire des médias : http://www.acrimed.org/

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