Observatoire des media

ACRIMED

La représentation des catégories socioprofessionnelles à la télévision

Nous publions ci-dessous, avec son autorisation, un article repris du site de l’Observatoire des inégalités (Acrimed).

21 mars 2017 - Parmi les personnes que l’on peut entendre à la télévision, on compte 62 % de cadres supérieurs contre 3 % d’ouvriers. Cette représentation est en complet décalage avec la réalité sociale.

Les cadres supérieurs représentent près des deux tiers des personnes que l’on peut entendre dans les programmes de la télévision via la fiction, les divertissements et les programmes d’information, selon le « Baromètre de la diversité à la télévision pour l’année 2016 », publié par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) [1], alors qu’ils constituent 9 % de la population totale. Les ouvriers (12 % de la population totale toujours selon les données du CSA) ne représentent que 3 % des personnes entendues à la télévision. Les retraités forment 32 % de la population, mais seulement 2 % des personnages de la télévision.

Cette représentation des catégories socioprofessionnelles est en complet décalage avec la structure sociale réelle. Elle construit une image d’une société déformée, largement plus favorisée que ce qu’elle est en réalité. La télévision constituant d’abord un divertissement, on préfère toujours y observer une situation sous un jour plus favorable. Quant à ceux qui parlent à la télévision, mieux vaut qu’ils sachent maîtriser le discours en public. La parole est donnée, dans l’immense majorité des cas, à ceux qui manient le mieux la parole, c’est-à-dire aux plus diplômés.

De ce fait, l’écart est énorme entre les catégories sociales. Les cadres sont 21 fois plus présents que les ouvriers à la télévision et sept fois plus souvent qu’ils ne le devraient si le temps d’antenne était réparti en fonction de leur part dans la population. En soi, l’égalité de présence des catégories sociales à la télévision n’a pas grand sens, mais l’ampleur du déséquilibre est marquante. On peut difficilement penser que ce phénomène n’a pas de conséquences auprès de la population et des commentateurs sur la construction de l’image des catégories sociales et sur la représentation des intérêts de celles les moins favorisées. Enfin, il faut le noter, autant il existe un débat sur la présence des femmes et des minorités visibles à la télévision, autant la question de celle des différents milieux sociaux est totalement absente.

Source : « La représentation des catégories socioprofessionnelles à la télévision » sur le site de l’Observatoire des inégalités [2]

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Notes

[1Baromètre publié en janvier 2017. L’étude a été réalisée en observant les personnes intervenant oralement - sauf dans les publicités - sur les principales chaînes entre 17 h et 23 h entre mai et septembre 2016. Les programmes d’information de mi-journée de TF1, France 2, France 3, M6, Canal+, NT1, TMC et France Ô ont également été inclus.

[2[[On peut se reporter aussi « Baromètre de la diversité à la télévision pour l’année 2016 », publié par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA),téléchargeable en.pdf. On peut y lire (p.3-4) : « Le baromètre de la diversité 2016 a été réalisé à partir du visionnage de 2 semaines de programmes (du 9 au 15 mai et du 5 au 11 septembre 2016) sur 17 chaînes de la TNT gratuite (TF1, France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô, M6, W9, BFM TV, C8, CSTAR, Gulli, iTélé, NRJ 12, NT1, TMC, Numéro 23 ) ainsi que de Canal +. Le visionnage a été effectué sur les tranches horaires de 17h à 23h (toute émission dont au moins 50 % de la durée prend place après 23h ou avant 17h est indexée dans sa totalité), pour les programmes suivants :* fictions (cinéma, téléfilms, séries, animation…) ;* information (journaux, magazines, émissions de service…) ;* magazines / documentaires ;* divertissement (jeux, musique, vidéo, musiques…) ; * sport. Ont également été inclus dans le visionnage les programmes d’information de mi-journée des chaînes suivantes : TF1, France 2, France 3, M6, Canal+, NT1, TMC et France Ô. Les publicités et les bandes annonces sont exclues du périmètre du Baromètre. » (Note d’Acrimed)

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