Observatoire des media

ACRIMED

L’actualité des médias n°14 (19 nov.-1er déc. 2003)

par William Salama,

Lire nos éditions précédentes.

I.LES MEDIAS

- Presse quotidienne (1) : la situation. «  La situation de la presse n’est pas aussi catastrophique qu’on le dit » note Patrick Bartement de l’OJD (Office de justification de la diffusion) dans Le Monde du 26 novembre (« En France la presse écrite subit un recul limité en 2002-2003  »). Cependant, le même Bartement ajoute : «  pour la première fois de son histoire, depuis 1945, trois bases de la presse sont en crise en même temps : la diffusion, la publicité et les petites annonces ».

Alors que « l’offre progresse » chez les périodiques (44, 6 % des ventes) avec de « nouveaux projets » mais aussi des « suppléments TV » (16 % des ventes), c’est bien la presse quotidienne qui « souffre » [1] le plus avec des « évolutions (...) très contrastées entre les journaux  ».

Pourtant une étude de la FNPF, publiée à l’occasion du 14ème Congrès annuel de la presse française qui s’est tenu à Bordeaux [2], apprenait que « la presse quotidienne reste le média préféré des Français » (La Tribune, 20 novembre). Mais des Français de « 44 ans d’âge moyen » ! Et c’est là le problème. Les « jeunes » (15-24 ans) sont « fâchés » avec les quotidiens, déplore Libération (même date), d’où cette panique des annonceurs qui dans cette étude ont saucissonné les lecteurs potentiels en catégories pour se donner l’illusion de mieux les mâcher.

- Presse quotidienne (2) : Le Figaro s’en va . Yves de Chaisemartin, le patron du Figaro et plus largement du groupe Socpresse (ex-groupe Hersant), un des mastodontes de la presse française (une multitude de quotidiens régionaux, et, plus récemment dans la presse magazine, le groupe L’Express-L’Expansion) justifie et assume son coup d’éclat « irrévocable » du 18 novembre. Ce jour fatidique, Chaisemartin annonce en personne son départ du SPP (le Syndicat - historique - de la presse parisienne).

Diverses raisons expliquent ce « tremblement de terre » (Le Monde, 22 novembre). La première, celle que Chaisemartin avance, est structurelle et conjoncturelle : « en raison de la lourdeur de ses coûts de fonctionnement et de distribution, et de la baisse de diffusion des journaux et des ressources publicitaires, notamment des petites annonces. "La presse va mal, nos journaux coûtent trop cher, le prix de vente est très élevé, à un moment où la concurrence des gratuits est de plus en plus forte", confie un éditeur parisien de magazines. De fait, la baisse des coûts de diffusion et de fabrication de la presse, en raison notamment de coûts salariaux trop élevés, est un enjeu primordial aux yeux de la profession. ».

L’autre raison est évidemment politique : «  M. de Chaisemartin peut tenter de jouer sur la division du Syndicat du Livre, avec ses deux branches qui s’opposent, d’un côté, le Comité intersyndical du Livre parisien (CILP) de Gérard Letréguilly, de l’autre, le Syndicat général du Livre et de la communication écrite (SGLCE) de Laurent Jourdas. Bernard Thibault a demandé aux deux branches du Syndicat du Livre de se mettre d’accord  ».

Enfin, la dernière raison est stratégique : Socpresse pourrait avoir des difficultés à rembourser une dette contractée auprès de Dassault (déjà actionnaire de la Socpresse à 30 %), selon plusieurs banquiers. Par conséquent, la dette serait « convertie en actions, portant la part de Dassault dans le capital de la Socpresse de 30 % à 45 % environ » - ce que Chaisemartin conteste. A ce sujet, lire plus bas : "Serge Dassault réoriente la presse".

-  Presse quotidienne (3) : Riposte aux gratuits. Le Parisien (groupe Amaury) et Hachette (groupe Lagardère), via leurs journaux régionaux, envisagent (selon Le Monde, 22 novembre, repris par Les Echos, 24 novembre) de « constituer une fédération pour collecter de la publicité qui viendrait alimenter des journaux gratuits créés ». Les gratuits étant, aux dires d’un spécialiste « la seule nouveauté qui est apparue (...) sur ce marché  » (Libération, 20 novembre).

-  Presse quotidienne (4) : Diffusion. Diffusion de la presse quotidienne nationale en septembre 2003. Globalement +3,2% ; L’Equipe : +7,9% ; La Croix : +5% ; Le Figaro : -4,1% ; France Soir : -6,9% ; Le Monde : -10%.

Pour l’ensemble de la PQN (Presse quotidienne nationale) depuis le début de l’année : -4,8%, baisse sensiblement plus forte sur Paris et banlieue (source : Les Echos, 20 novembre 2003).

-  Presse écrite : Distribution. Il y a bien d’autres victimes dans cette économie cependant.

Les kiosquiers parisiens qui ne peuvent « refuser la marchandise » et c(r)oulent sous l’effet de la progression de l’offre qu’il ont de plus en plus de mal à refourguer. Description de cette spirale infernale dans Charlie Hebdo (26 novembre), qui fait référence à un « très bon article » de Marianne (17 juillet), déjà signalé à l’époque ici-même par ailleurs.

Et La Poste, en proie au virus de la privatisation (cf. son contrat-plan 2003-2007), qui se plaint d’une perte de 500 millions d’euros due aux tarifs préférentiels accordés à la presse par l’Etat : «  La Poste souhaite livrer la presse à coût réel » (La Tribune, 1er décembre) [3].

-  Le Monde et les Publications de la Vie Catholique (PVC). Comme sur des roulettes... En route vers la « fusion », suite à l’aval donné par le vote la Société des Rédacteurs du Monde (SRM) : « Le Monde doit voir sa participation dans les Publications de La Vie Catholique (...) passer de 56 à 73 % d’ici à la fin de l’année ». Ce qui ne se fera pas « sans une modification des statuts du groupe » comme l’explicite La Tribune (25 novembre). Le personnel des PVC est moins enthousiaste... (lire notre rubrique Le Groupe Le Monde).

-  Presse féminine. Suivant l’exemple lucratif de Prisma Presse (avec Shopping), Marie-Claire s’apprête à lancer à son tour un « magalogue » le 15 février (lettre de CB News, 28 novembre).

- AFP. Bertrand Eveno, récemment reconduit pour 3 ans à la présidence de l’AFP, donne son accord pour le « crédit-bail » et nomme Pierre Louette directeur général adjoint, tandis que les syndicats CGT SGLCE, CFDT, FO, SNJ et SUD, inquiets pour l’avenir de l’Agence, déclenchent un « droit d’alerte » (Les Echos , 27 novembre, page 3 du cahier 2 ; et p. 28, rubrique Communication).

-  Télévision par ADSL / Offres / Fonds d’investissement. Les « câblo-opérateurs  » enjoignent « l’ART [4] de réguler la TV sur ADSL  » mais cette dernière déclare qu’il « convient de laisser sa chance à ce nouveau service  » (Les Echos, 25 novembre). Le Fournisseur d’accès Internet (FAI) Free a saisi la sienne en lançant, le 2 décembre (et à grand renfort de publicité et communication - lire « une bonne dose d’agressivité marketing » La Tribune, 27 novembre) son « offre » de 100 chaînes et services par modem. Mais sans les chaînes hertziennes, cependant, et notamment TF1 (qui lui refuserait ce privilège, selon un Figaro Economie - 1er décembre - sceptique sur cette offre).
Un refus qui se ’’comprend’’ car Free a grillé d’une belle manière TF1 et France Télécom, qui comptaient lancer leur formule à Lyon en janvier (lire nos éditions précédentes).

N’oublions pas dans cette bataille Canal Plus qui arrive sur ce tapis d’euros en partenariat avec LDCom que l’on retrouve par ailleurs (Figaro Economie, 1er décembre) en éventuel partenaire du fonds d’investissement AXA Private Equity, lequel vient de proposer une « offre ferme » de rachat d’une partie de NC Numéricâble (câblo-opérateur), à ... Canal Plus.

-  TNT. Ce calendrier reste « indicatif » (Les Echos, 24 novembre) mais le CSA a décidé de transmettre aux opérateurs (qui, rappelons-le, ne sont plus très enthousiastes) la liste des « 13 villes (qui) recevront la future télévision (..) avant décembre 2004 ». En attendant les autres villes, jusqu’en 2005. AB, Bolloré et Energie lui demandent cependant « d’officialiser au plus vite » ce calendrier (Les Echos, 28 novembre).

-  Vente de M6 par Suez. Si le CSA a donné le « feu vert à Suez » pour la vente des 36,45 % qu’elle détient dans la chaîne (Les Echos, 24 novembre), rien n’est bouclé d’un point de vue juridique. A savoir que « le retrait soit précédé de la signature d’un avenant (...) réécrivant l’article de l’actuelle convention qui prévoit l’égalité des droits de vote entre deux actionnaires de référence, (maintenant) le principe de plafonnement à 34 % pour ’’tout actionnaire (...) agissant de concert’’ » (La Tribune, 24 novembre). Mais tout cela semblait bien officieux, car l’affaire était entendue (« Comment Bertelsmann s’est emparé de M6 », CB News, 1er décembre).
D’ailleurs, si, le 27 novembre, le CSA n’avait « pas encore reçu l’accord de RTL Group » (co-actionnaire de M6 à 48,34 %) (Les Echos, 28 novembre), Martin Bouygues (TF1), mieux informé, tonnait déjà l’avant-veille dans Le Monde (26 novembre), « choqué » que M6 passe « sous le contrôle d’un des premiers groupes audiovisuel mondiaux, Bertelsmann  » et agitant une crainte, certes boutiquière, mais pas si « infondée » (toujours selon CB News, 1er décembre) d’une « distorsion de concurrence ».

-  Canal Plus. Interview très offensive de Bertrand Méheut , président du directoire du groupe, dans Les Echos (24 novembre). Soutien de Vivendi, meilleurs résultats, audience, modèle économique, cinéma, concurrence... Un beau discours de gagnant optimiste. Car tout est bien et tout va bien - à l’exception de la « santé de Guillaume de Verges », auquel il a trouvé un remplaçant.

-  Radio/ Fréquence Unique. A son tour, sur Europe 1, le 20, le président du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) Dominique Baudis se prononce contre la fréquence unique (Libération et Le Figaro Economie, 21 novembre, lire aussi pour plus de détails l’Actualité des médias n°13).

-  Publicité télévisée de la presse. Cri d’alarme des professionnels (AACC - Association des annonceurs et des conseils en communication, SPMI - Syndicat de la presse de magazine et d’information). La presse est friande de "unes" qui vont à l’encontre des directives du CSA ou de la Loi Evin (femmes nues, propagande politique, fumeurs...)

Or, dès lors que le compte-à-rebours est enclenché pour l’ouverture de la publicité télévisée à la presse (2004), on sait déjà que France-Soir, avide d’accroître son audience, est sur les starting-blocks (Les Echos, 24 novembre). Tout comme le groupe de presse magazine Emap, ou Entrevue, lequel planche déjà sur un spot de 8 secondes (Stratégies, 27 novembre, qui en appelle à une « doctrine »). En perspective : le « casse-tête des unes pour le CSA ».

- Fonds d’investissement / Aprovia. Selon Challenges (20 novembre) Rothschild et Cie est le « conseil » de Carlyle pour « la vente du Moniteur ». Par ailleurs, signalons le site "Stop Carlyle" (site inactif et indisponible - novembre 2012) qui suit de très près et méthodiquement les agissements de ce fonds d’investissement dont « la recherche de profit passe bien avant toutes règles éthiques ou sociales. La raison d’être de ce site est de dénoncer les agissements du groupe Carlyle afin que chaque citoyen puisse les connaître. ».

-  Lagardère et VUP. Plus royaliste que le roi ou « bluffeur » ? (Libération 27 novembre). En première ligne pour reprendre l’activité édition de Vivendi (rebaptisée Editis), Lagardère (Hachette) a laissé entendre, dès réception des griefs de Bruxelles, et avant sa réponse officielle (prévue le 3 décembre), qu’il ferait des concessions (Le Figaro, Les Echos, La Tribune).

Mais doit-on appeler « concessions » un montage industriel forcé, destiné à garder l’outil de distribution ? « Si Lagardère conserve toute la distribution du livre en France, il aura réalisé une très belle affaire. Sinon, on peut vraiment s’interroger sur le pourquoi d’une telle opération » selon un« professionnel » (La Tribune, 26 novembre). Un son de cloche différent dans Les Echos : « quel que soit le dénouement du dossier, des dommages collatéraux sont inévitables. En Interne d’abord. (...) Si Bruxelles l’autorise à garder son précieux centre de distribution d’Editis en l’obligeant à vendre au moins 40 % de l’activité éditoriale en France, Lagardère se retrouvera avec un outil efficace mais surdimensionné qui l’obligera, tôt ou tard, à engager une réorganisation », prévient la journaliste le 28 novembre, s’inspirant certainement d’un communiqué de la CFDT relayé la veille dans les mêmes colonnes.

Concernant le rachat, Rizzoli Corriere della Sera (tout juste réorganisé : La Tribune, 1er décembre) est plutôt donné favori face à Médias Participations, et Albin Michel, de retour dans la course (mais en outsider), en équipe avec... Martin Bouygues (PDG du principal actionnaire de TF1) : « trois candidats au rachat » (Le Figaro Economie, 28 novembre).

Resources pour illustrer cette saga.
Sur l’utilisation par Lagardère de « ses » médias pour « promouvoir ses livres » ou sur ses contrats d’auteurs, lire : « Les secrets du groupe Lagardère » (Nouvel Observateur, 27 novembre). Et sur ses « ambitions espagnoles », La Tribune (1er décembre).

II. LES INFOS

-  Serge Dassault réoriente la presse. Serge Dassault en interview dans Entreprendre (décembre), à la question « c’est pour quand ? » (la prise de la majorité à la Socpresse), répond : « je ne sais pas. Ça ne dépend pas de moi ». Mais, selon Les Echos (21 novembre), il est « déterminé à prendre le contrôle du groupe, (..., il) aurait engagé des pourparlers avec la famille Hersant, avec l’ambition très claire de franchir la barre des 50 % » .

Retour à Entreprendre, où il s’explique : « ça me permettra en tout cas de mieux coordonner l’action (sic), et diffuser des idées que je considère comme saines (re-sic) ». Dassault, dèjà propriétaire de Valeurs actuelles, et, via la Socpresse, actionnaire à 30 % de L’Express et de L’Expansion, juge en effet qu’il n’y a « plus de presse d’opinion (...) l’argumentation est pauvre... on n’explique pas suffisamment aux français la réalité (...) ce n’est pas en travaillant 35 heures qu’on va embaucher (...) il faut dévoiler l’arrière du décor sans polémique et avec réalisme  ».

De quoi rigoler lors de la prochaine édition de la traditionnelle rengaine sur l’indépendance des médias...

-  Marketing éditorial et connivence médiatique. Sophie Coignard (journaliste au Point et auteur de La Vendetta française) peut ajouter Le Figaro Magazine à son tableau de chasse : « Livre-Enquête - du Rififi au sommet  » (22 novembre). Et Sylvestre, La Croix (1er décembre).

-  Marketing commercial dans la presse. Consommez ! Après la foire aux vins de cet automne, c’est dans cette période à peine festive, la foire aux cadeaux. Tout est bon pour se retrouver, en plus de sa presse, lesté de « catalogues » spécial Noël.

-  « Consommation médias des riches  ». C’est le titre d’un article de Stratégies (27 novembre) qui relaie une étude Ipsos. Car « le marché publicitaire ne jure maintenant plus que par les CSP ++ ». 24, 8 % des ces individus lisent Télérama, suivi du Figaro Magazine (24 %) et Madame Figaro (22%) (logique, ils sont vendus ensemble). Pour la PQN, trio de tête, Le Monde (26,5 %), Le Figaro (16,6%) et Les Echos (11,4 %). France-Inter et France Info plaisent à 28,3 et 26, 8 % des hauts-revenus ; LCI à 10,3 %. Enfin, la tranche du 20h00-20h45 en séduit 40,2 %. Le marché est prévenu.

-  Manipulation médiatique : sur l’ insécurité. A lire : « Histoire d’une émeute surmédiatisée » (Marianne, 24 novembre). A savoir, « l’échauffourée » entre policiers et revendeurs de cigarettes dans le quartier de la goutte d’Or (Paris), qui s’est transformée, dans Le Figaro puis en télévision, en « un début d’émeute » avec « 2000 à 3000 personnes  ».

-  Manipulation médiatique : sur le foulard (avec... Alain Bauer). Titre du Parisien (25 novembre) : « La France est-elle menacée d’une guerre des religions ?  », avec notamment l’interview d’Alain Bauer « universitaire et criminologue » et « ancien grand Maître du Grand Orient » (principale obédience maçonnique en France), mais également (non précisé) patron d’une société de conseil en sécurité, et, depuis peu, président de l’Observatoire de la délinquance mis en place par Nicolas Sarkozy. C’est tout ?

Lire plutôt : « Les effets pervers du débat médiatique sur le foulard » (L’Humanité, 28 novembre) par Vincent Geisser, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe.

- Communication financière : moralisation des informations comptables ? Certainement usé d’être pris pour un simple tuyau (mais dans le sens fonctionnel du terme), Investir, l’hebdomadaire boursier, se fâche contre la communication financière et a engagé une campagne sur trois semaines pour démont(r)er ses « pièges ». « Comment les résultats sont triturés » ? Pourquoi « les bilans cachent-ils de nombreux secrets » ? Et le 29 novembre, un débat sur « le communiqué de presse ».

- Edition et justice . Inquiets de l’ampleur des sanctions financières qui frappent certains livres, le SNE (Syndicat National de l’Edition) a publié un livre blanc (« Plaidoyer pour une justice adaptée ») destiné à sensibiliser les juges sur ce point « avec modestie, mais conviction » (Serge Eyrolles, son directeur, dans La Croix du 28 novembre ou Le Monde du 29-30 novembre) .

-  RSF et le droit de la presse. « Reporters sans frontières (RSF) réclame un toilettage du droit de la presse » (L’Humanité, 27 novembre).

III. LES JOURNALISMES

-  Nominations à France 3 . Nomination surprise d’Ulysse Gosset à la direction de la rédaction [5], de Roger Gicquel [6] comme directeur général adjoint, et « promotion » d’Hervé Brusini comme directeur délégué à l’information. Ce dernier « récuse l’idée d’avoir été mis au placard  » (L’Humanité, 24 novembre). Ce qui n’est pas l’avis de certains médias : « Brusini puni pour insolence ou promu par excellence ? » (Libération, 21 novembre : « Joy Banerjee, journaliste et représentant SNJ-CGT de France 3, est plus direct : "Je ne peux pas m’empêcher de penser que son départ est politique. TF1 et France 2 portent sans retenue la parole du gouvernement alors que la rédaction nationale de France 3 est dans le collimateur de l’actuelle majorité". » Lire "Brusini puni pour insolence ou promu pour excellence ?" - note d’Acrimed).

IV. LES RESSOURCES

- Information éthique. « Jeter les bases d’une information éthique » par Armand Mattelart (Le Monde Diplomatique, décembre 2003) [7].

-  Médias et l’invasion de l’Irak. Une parution : « Irak, les médias en guerre », Actes Sud, coll. L’Actuel, 21 euros. Et un article - « Médiatisation de la guerre en Irak » - , d’Olfa Lamloum qui a dirigé cet ouvrage collectif, dans L’Humanité du 24 novembre.

- Edition de livres : quels livres ? Sur les « documents d’actualité » qui pullulent dans nos librairies et encombrent les rubriques littérature des médias : « Le livre en quête de sujets brûlants » (Le Monde, 29-30 novembre). Sur un secteur méconnu mais prolifique : « Le livre financier courtise l’entreprise » (Les Echos, 1er décembre).

-  Neo colonialisme médiatique. « RFI, la voix brisée de la France » in Libération, 26 novembre : « la crise que traverse Radio France éclaire ses relations ambiguës avec le pouvoir notamment en Afrique ».

- Télé Réalité. Signalons le dossier affligé du Figaro Magazine sur les dangers, le poids et l’avenir (désolant) de la « télé réalité » (22 novembre). Ce qui lui vaut ce tacle du Canard Enchaîné, 26 novembre : « ce qui s’appelle parler de cordes dans la maison d’un pendu » en référence à ce dossier et à Robert Hersant, « fondateur du Fig-Mag, (qui) n’a pas peu contribué, au tournant des années 90, à l’enterrement de la télé d’antan et l’apparition de la télé actuelle ».

A lire particulièrement dans ce dossier : « Les écrans de l’imposture » de Gilles Meyer, « Notre entrée dans la civilisation de l’étouffement » et « L’implacable logique économique  ».

Sur le même sujet, mais d’un autre point de vue : le dossier et une de Télérama (26 novembre) : « le filon de la télé-psy » sur les ressorts de la marchandisation de l’intime ou l’exploitation de notre voyeurisme constitutif.

-  Presse écrite. A signaler : un cahier spécial, vendu avec France-Soir (20 novembre) : « Demain la presse ».

 
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Notes

[1La crise de la presse quotidienne n’est pas qu’hexagonale : en Allemagne, elle est carrément dans « la tourmente » (titre) cf. Le Figaro Economie du 26 novembre.

[2En fait il s’agit du congrès des patrons de presse, la FNPF (Fédération nationale de la presse française) regroupant l’essentiel des organisations patronales du secteur.

[3Tout en contraignant les entreprises publiques à une gestion strictement comptable où l’intérêt général n’a pas sa place, l’Etat accorde à leurs « clients » des exonérations, mais en se gardant bien de prendre en charge les manque-à-gagner ainsi générés. Si l’on voulait accroître les difficultés financières des entreprises publiques pour mieux « justifier » leur privatisation, on ne s’y prendrait pas autrement (note d’Acrimed).

[4Autorité de régulation des télécommunications, "autorité administrative" dite "indépendante".

[5Ayant effectué l’essentiel de sa carrière à l’étranger, notamment Moscou et Washington, selon L’Express (20 novembre), il venait d’être proposé par Patrick Le Lay pour « prendre les rênes » de CII, la fameuse chaîne d’information internationale.

[6Pas l’ancien présentateur de JT sur la première chaîne (« la France a peur ! »), mais un homonyme.

[7Armand Mattelart est président de l’Observatoire français des médias.
Egalement dans le Diplo de décembre : le "romanquête" de Bernard-Henri Lévy sur l’assassinat de Daniel Pearl, par William Dalrymple, et un encadré de Serge Halimi sur BHL : "Cela dure depuis vingt-cinq ans".
(note d’Acrimed).

La meute des éditocrates

Des professionnels du commentaire.

Jeudi d’Acrimed : la « vie au poste » de Samuel Gontier, journaliste de canapé (15 décembre)

Retour sur huit années de gardes à vue télévisuelles.