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« Jeudi d’Acrimed » : « Un autre journalisme scientifique est-il possible ? » (jeudi 8 décembre)

Les sciences exactes bénéficient de publications spécialisées plus ou moins exigeantes. Mais dans les médias généralistes ? D’où vient que les sciences dites dures (pour ne rien dire des sciences sociales) soient reléguées dans des rubriques secondaires et, trop souvent, maltraitées ? Un autre journalisme scientifique est-il possible ? Journalisme scientifique : n’est-ce pas une contradiction dans les termes ?

« Jeudi d’Acrimed »
jeudi 8 décembre 2011 à 19 heures
à la Bourse du travail de Paris
3, rue du Château-d’Eau, Paris 10e



Avec Sylvestre Huet, journaliste à Libération, et David Larousserie, journaliste au Monde.

- Sylvestre Huet, historien de formation, est journaliste spécialisé en sciences depuis 1986 et travaille à Libération depuis 1995. Il a publié : Sciences, les Français sont-il nuls ? (Jonas Editeur, 1989), Quel climat pour demain ? (Calmann-Lévy, 2000, Kungree Press, 2002) et Climax, un climat sous influence (éd. Adam Biro, 2003). Il anime le blog « Science2 ».
- David Larousserie, polytechnicien et docteur en physique, longtemps journaliste à Sciences et Avenir, l’est désormais au Monde. Il a publié Le point G existe-t-il ? et 59 autres énigmes de la science (éd. L’Archipel, 2010). Il anime le blog « À la source ».

En guise de présentation du débat

Force est de constater que rares sont les efforts de vulgarisation des mathématiques, de la physique, de la biologie, de la chimie et de leurs sous-disciplines. Pourtant, outre l’intérêt qu’elles présentent par elles-mêmes, de leur popularisation dépendent en partie leur dynamisme et, donc, leurs propres progrès et ceux de leurs éventuelles applications. Et la diffusion d’une authentique culture scientifique permet de résister aux croyances irrationnelles, et en particulier aux fausses sciences, favorisant ainsi et plus généralement un sens critique transposable et utile dans d’autres domaines.

D’où vient alors que les sciences dites dures (pour ne rien dire des sciences humaines et sociales) soient reléguées dans des rubriques secondaires ? Est-ce parce qu’il est impossible de les rendre accessibles à un large public et que les médias manquent de journalistes compétents ? Est-ce parce que les chercheurs méprisent ces journalistes et, préférant n’avoir affaire qu’à leurs pairs, estiment qu’ils prostitueraient leurs recherches en s’efforçant de partager leurs savoirs ? Quant aux journalistes, ne cèdent-ils pas trop facilement à la commodité qui consiste à toujours faire appel aux mêmes « spécialistes », négligeant peut-être des interlocuteurs moins connus mais plus légitimes ?

N’est-ce pas plutôt parce que les chefferies éditoriales considèrent a priori que ces sciences sont par elles-mêmes rebutantes et ennuyeuses ? Le journalisme scientifique est-il condamné à n’évoquer que les découvertes et les informations dont la portée est ou semble la plus immédiate (médecine et santé en général, d’un côté, nouvelles technologies et applications industrielles, de l’autre) ? Quand ce n’est pas à privilégier les aspects jugés comme les plus insolites ou sensationnels ? Ou à s’empresser de tirer des conséquences prématurées – et souvent spectaculaires – des découvertes scientifiques les plus récentes ?

Un autre journalisme scientifique est-il possible ? Journalisme scientifique : n’est-ce pas une contradiction dans les termes ?

 
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