Observatoire des media

ACRIMED

« Jeudi d’Acrimed » : Formation et déformation des journalistes (25 avril 2013)

Si la plupart des journalistes officiant dans les grands médias généralistes sont diplômés d’une des treize écoles reconnues par l’État, moins de 20 % des nouveaux titulaires de la carte de presse sont passés chaque année par une de ces formations. Ce nouveau Jeudi d’Acrimed se propose de s’intéresser à la formation des journalistes, à la manière dont les écoles spécialisées contribuent à apprendre leur métier à ceux qui nous informent, et le cas échéant, contribuent à formater le journalisme. Formation véritable ou déformation déplorable ?

« Jeudi d’Acrimed »
jeudi 25 avril 2013 à 19 heures
à la Bourse du travail de Paris
3, rue du Château-d’Eau, Paris 10e


Avec Jean Stern directeur pédagogique de l’EMI-CFD et Franz Durupt, journaliste, ancien élève de l’ESJ de Lille.

En guise de présentation du débat (par Acrimed)

Profession aux contours flous et mouvants, qui s’est longtemps apprise « sur le tas », le journalisme est aussi une profession éclatée entre journalistes d’infos générales, journalistes audiovisuels, localiers ou journalistes spécialisés, sans même parler des journalistes d’institutions, privées ou publiques, œuvrant aux frontières de la communication. Dès lors, il n’est guère surprenant de constater que les cursus qui y mènent, contrairement aux formations juridiques ou médicales, par exemple, ne reposent sur aucun programme d’études ou corpus de compétences garantis.

Quoi de commun entre un diplômé de l’IEP de Paris et du CFJ embauché dans une grande rédaction parisienne et un « fait-diversier », pigiste de la PQR, passé par l’IUT de Lannion immédiatement après le bac ? Sans doute pas grand-chose en dehors du fait qu’ils ont tous deux suivi une des formations reconnues par la Commission nationale paritaire de l’emploi des journalistes (CNPEJ)… Lesquelles apparaissent donc d’une extrême diversité, que ce soit en termes de statut (privé pour la première, public pour la seconde), de coût des études (7000 euros pour deux ans au CFJ…), de recrutement, ou de débouchés professionnels.

Comment dans ces conditions parler de « la » formation des journalistes et analyser une offre si contrastée ? Ce secteur de l’enseignement supérieur parvient-il à échapper au déterminisme qui exclut largement les classes populaires des formations les plus valorisées ? En quoi les procédures d’admission dans ces écoles participent-elles de cette sélection sociale ? Qui sont les enseignants intervenant dans ces formations ? En dehors des tâches de rédaction, les futurs journalistes sont-ils sensibilisés aux contraintes économiques qui pèsent sur le travail éditorial ? Quelles relations les écoles entretiennent-elles avec les médias, futurs employeurs de leurs élèves ? Quelle est la place de la culture générale et du savoir académique dans le cursus ? Quels sont les savoir-faire dispensés et considérés comme indispensables ? En quoi contribuent-ils à homogénéiser la profession et l’information ? À quelles conditions ces écoles pourraient-elles être intégrées au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche ?

 
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