Observatoire des media

ACRIMED

Interventions d’Acrimed : 2003-2007

par Henri Maler,

Née en 1996, Acrimed s’est d’abord consacrée à l’organisation de débats publics à Paris : les “ mardis ”, puis les “ jeudis ” d’Acrimed. En 1999, l’association se dote d’un site Internet et entreprend, à partir de cette année-là, ses premières interventions publiques. Lire : “ Interventions d’Acrimed : 1999-2002 ”.

De 2003 à 2008, Acrimed a participé à [plus d’une centaine de débats publics et continue d’organiser les “ Jeudis d’Acrimed ” à Paris. Mais l’activité de notre association ne se limite pas à l’animation de débats et à la rédaction d’analyses critiques. Rapide récapitulation (à réviser et compléter ici même…) de nos principales interventions [1]

2003-2004

L’année 2003 marque un premier tournant dans notre action.

L’invasion de l’Irak par l’armée de Etats-Unis, d’une part, et les mobilisations sociales du printemps 2003 sont l’occasion d’activités d’observation particulièrement intenses, dont témoignent les rubriques que nous leur avons consacrées : respectivement “ L’Irak et la guerre américaine ” et “ Contre-réformes et mobilisations de 2003 ”.

Mais c’est particulièrement le projet de faire à nouveau de la question des médias une question politique qui nous préoccupe. Pour cela, il est nécessaire de conforter le « pôle de la critique radicale », comme y contribue par exemple la rédaction par Acrimed et PLPL d’ Informer sur l’information. Petit manuel de l’observateur critique des médias qui paraîtra en février 2004 ou les actions solidaires avec les médias critiques. Mais cela ne suffit pas. C’est pourquoi, sans renoncer à l’indépendance de notre activité ni à la radicalité de notre critique, nous intensifions la recherche de partenariats multiples pour contribuer à la fédération des énergies disponibles. C’est cette ligne de conduite qui marquera nos rapport avec Attac, notre contribution au Forum social européen, notre participation à l’Observatoire français des médias, et surtout notre rôle dans les Etats généraux pour le pluralisme.

Participant à titre individuel au « Groupe Médias d’Attac », certains d’entre nous contribuent à l’élaboration et à l’adoption, non sans difficultés, à la fin de 2002 d’un document - « Médias, information et mondialisation libérale » – qui aurait dû servir de base à une prise en charge par Attac de la question des médias. Ce qui, nationalement, n’a jamais été le cas (et nous a conduit à suspendre notre adhésion à cette association… en 2008.)

En même temps, alors que nous avions seulement observé le traitement médiatique du Forum social européen qui s’est tenu du 31 janvier au 5 février 2002 à Florence (Voir : 2002 : Le Forum social européen de Florence), Acrimed s’investit dans la préparation du Forum Social européen qui doit se tenir du 12 au 15 novembre 2003 à Paris Saint Denis. Ainsi, Acrimed contribue au lancement d’une coordination souple “ Information et Culture ” destinée à permettre à tous les acteurs intéressés d’élaborer des propositions pour la définition des Assemblées plénières et l’ordre du jour des ateliers. Finalement une Assemblée plénière et 6 ateliers seront dédiés aux médias et à la culture. Aucun autre Forum social européen n’accordera autant d’importance à ces sujets…

C’est alors pour nous l’occasion de mettre la question des médias à l’ordre du jour du mouvement social, comme en témoigne notre intervention dans l’Assemblée générale plénière : “ D’autres médias pour un autre monde ” [2]

La même année à Porto Alegre, à l’occasion du troisième Forum social mondial (FSM), l’association internationale Media Watch Global (Observatoire international des médias) est officiellement lancée le 27 janvier. Quelques mois plus tard, le 24 septembre 2003, un Observatoire français des médias se constitue. En dépit de fortes critiques et réticences sur son mode de constitution, sur les illusions volontaristes sur son développement, sur le flou de ses ambitions, Acrimed décide de participer à l’observatoire et de contribuer à son élargissement. Quelques initiatives réussies ne permettront pas de surmonter les limites et illusions initiales. L’OFM, aujourd’hui, n’existe pratiquement plus. Mais sa constitution a accéléré les déclarations d’hostilités des protecteurs des chefferies éditoriales…

En février 2003, paraît La face cachée du "Monde", de Pierre Péan et Philippe Cohen. Au livre, à la polémique qu’il suscite, à ses suites visibles, nous dédions une rubrique détaillée, jusqu’au dénouement : la médiation qui met fin au conflit entre Le Monde et les auteurs du livre.

Ce conflit témoigne de la montée en puissance de la critique des médias et des contre-offensives qu’elle provoque. Elle s’était déjà déchaînée, depuis la parution de leurs livres, contre Pierre Bourdieu, Serge Halimi et quelques autres ; elle fait désormais flèche de tous bois un peu partout : 2003-2004 : Haro sur la critique des médias.

Or, en juillet 2004, alors que les sommités médiatiques s’emploient à défendre leur règne et le journalisme qui répond à leurs vœux, une agression antisémite, dont on apprendra assez rapidement qu’elle était totalement imaginée par sa prétendue victime, enflamme les rédactions [3]. Un exemple de journalisme de meute, parfaitement révélateur. Acrimed lui consacre un important dossier : “ La fausse agression du RER D ”

2005-2006

Le 29 mai 2005, à la question “ Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe ? ”, 54,68% des électeurs ont répondu “ non ”. Or rarement le pluralisme démocratique n’a été aussi ouvertement et cyniquement bafoué par les grands médias, publics ou privés, qu’il ne le fut à l’occasion de la campagne précédent le scrutin. C’est ce que notre dossier établit de façon précise et détaillée. Il servira de base au premier livre d’Acrimed – Médias en campagne. Retours sur le référendum de 2005 – qui paraît en novembre 2005.

Le 6 juin 2005, tirant le bilan de la compagne référendaire, Acrimed rédige une Lettre ouverte à la gauche de gauche (“ Les médias désavoués ? Et maintenant ?) destinée à l’interpeller sur sa passivité sur la question des médias. En effet : “ La question des médias et de leur avenir est une question trop sérieuse pour être abandonnée seulement à leurs responsables. C’est une question trop grave pour que seuls s’en préoccupent quelques syndicats et associations. C’est une question politique  : elle concerne toutes celles et tous ceux qui n’entendent pas que le marché pense pour eux et agisse à leur place. ”

Dans la foulée de cet appel, Acrimed contribue à l’impulsion des Etats généraux pour une information et des médias pluralistes. L’appel à ces Etats généraux est rendu public le 3 octobre 2005. Il sera suivi en 2006 d’une rencontre régionale à Grenoble et d’une rencontre nationale des médias du tiers secteur à Marseille. Acrimed participe activement à ces deux rencontres.

À Grenoble donc, les 21 et 22 avril, se tiennent des Etats généraux régionaux, suivis d’une rencontre des médias associatifs en Rhône-Alpes, au cours de laquelle Henri Maler, au nom d’Acrimed, intervient pour souligner les enjeux politiques du processus national des Etats généraux, du point de vue notamment des médias associatifs.

Extraits de l’intervention (et de l’archive sonore réalisée par PasserelleSud)

http://www.acrimed.org/IMG/mp3/Henri_Maler_Grenoble_2006.mp3

À Marseille, du 5 au 8 mai, la « Rencontres des médias associatifs et indépendant » élabore un Appel - L’appel de Marseille des médias du tiers secteur - qui synthétise leurs principales revendications.

Une première session des Etats généraux se tient le 30 septembre 2006 à Paris : une première étape qui - de l’appel de 2005 à la première session - se conclut par la déclaration finale adoptée le 30 septembre 2006 : “ Pour des médias soustraits à l’emprise des pouvoirs économiques et politiques ”.

Dans le même temps, Acrimed commence à rendre publiques des propositions de transformation de l’ordre médiatique existant

Mais l’année 2006 a d’abord été marquée en France des mobilisations dont nous avons observé avec attention le traitement médiatique : les mobilisations contre le CPE et la précarité. Ces observations venant compléter celles que nous avons recueillies depuis 1995 figurent dans le deuxième livre d’Acrimed - Médias et mobilisations sociales qui, rédigé pendant l’été 2006, paraît en mars 2007.

2006 marque également l’intensification de la campagne pour l’élection présidentielle de 2007 : une campagne qui, en vérité, a commencé… dès 2002.

2006-2007

C’est donc la campagne présidentielle qui constitue l’un des cibles principales de notre critique des médias du printemps 2006 au 6 mai 2007 et au delà. Les observations réunies dans la rubrique qui leur est consacrée serviront de base à la rédaction du troisième livre d’Acrimed - Tous les médias sont-ils de droite ? – publié en mars 2008.

Mais une campagne électorale est une occasion de faire de la question des médias une question politique et d’interpeller dans ce but les formations politiques. Dans ce but le samedi 10 février 2007 entre 13 et 18 heures, les Etats Généraux pour le Pluralisme organisés au Palais du Luxembourg procèdent à une audition, ouverte à la presse, de ces formations politiques et des candidats à l’élection présidentielle (ou de leurs représentants) [4]

L’élection de Nicolas Sarkozy marque un tournant dans les rapport entre le pouvoir politique et les médias et plus généralement (et plus exactement) dans le déploiement du libéralisme économique et de l’autoritarisme politique dans le domaine des médias.

Comprendre cette orientation et la combattre devient pour nous une préoccupation majeure…

2008…

… qui dicte notamment :
- le travail critique publié sur notre site, notamment dans la rubrique dédiée aux « Télévisions publiques sous le règne de Sarkozy » ;
- notre contribution à l’organisation de la deuxième session des Etats généraux pour le pluralisme le 17 mai 2008 à Paris qui adopte une déclaration finale, « L’information et le service public, c’est notre affaire »

A suivre….

MP3 - 4.6 Mo
 
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Notes

[1Cet article sera précisé ultérieurement.

[2Acteur du Forum, Acrimed agit aussi en observatoire de son traitement médiatique : “ 2003 : Le Forum Social Européen de Paris-Saint Denis ”.

[3Le vendredi 9 juillet 2004, Marie L., une jeune femme de 23 ans se présente pour porter plainte, au commissariat d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Elle affirme avoir été victime dans la matinée d’une agression à caractère antisémite, dans la ligne D du RER, entre Louvres et Sarcelles, alors qu’elle voyageait avec son bébé. Quelques jours plus tard, l’enquête policière permet d’établir qu’il s’agit d’une pure et simple affabulation.

[4Le film et les enregistrements de ces auditions seront rendus publics et mis en ligne très prochainement sur internet dans leur intégralité, ainsi que les vidéos des quelques auditions préparatoires que nous avons pu réaliser courant 2006.

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