Observatoire des media

ACRIMED

Elkabbacheries (1) : Les aboiements de trois chiens de garde aux basques de Cécile Duflot

par Un collectif d’Acrimed,

Le 15 mars 2015, Cécile Duflot était l’invitée du « Grand rendez-vous » d’Europe 1 avec Le Monde et i>Télé. Trois chiens de garde l’ont accueillie dans leur chenil : Jean-Pierre Elkabbach, Arnaud Leparmentier, Michaël Darmon. Une émission de référence qui mérite un patient décryptage (qui sera suivi dans un second article d’ une patiente mise en perspective de ses retombées).

Peu importe à notre critique ce que pense Cécile Duflot : seul nous intéresse l’interrogatoire auquel elle a été soumise. Ce qu’elle avait à dire importe d’autant moins à notre critique… qu’il lui fut presque impossible de le dire clairement.

Du début à la fin de l’émission, le parti-pris de la plupart des questions aboyées par nos grands journalistes politiques fut limpide : soutenir que Cécile Duflot divise la gauche sans raison, contribue à l’enterrement d’Europe Ecologie les Verts et fait le lit du Front National en préparant l’échec du PS en 2017. Qu’on puisse le penser est une chose, que l’on organise près d’une heure d’entretien autour de ces parti-pris en est une autre, qui apparente ce « rendez-vous » à un procès.

Mais le pire dans ce procès, c’est sa virulence, voire sa violence. Cécile Duflot est coupée sans cesse. Julien Bayou, porte-parole d’Europe-Ecologie-Les Verts (dans une lettre adressée au CSA sur laquelle nous reviendrons) a relevé – nous n’avons pas vérifié le chiffre – que Cécile Duflot a été coupée 140 fois, soit en moyenne toutes les vingt secondes. Cécile Duflot est confrontée à des affirmations péremptoires auxquelles elle n’a pas le loisir de répondre. Et, pour couronner le tout, elle doit faire face à des sarcasmes agressifs et à des mises en cause personnelles, dont le sexisme est à peine dissimulé. C’est ce que montre amplement l’audition de l’émission [1] et la transcription intégrale des questions que nous vous offrons généreusement en « Annexe ».

Mais d’abord, ambiance :


Ce « Grand rendez-vous », comme on va le vérifier, est exemplaire. Il constitue même, en trois leçons, un court traité d’interrogatoire à destination des apprentis chiens de garde et expose les principales règles du genre.

Leçons d’interrogatoire
à destination des apprentis chiens de garde

Règle de base : Répéter sans cesse les mêmes questions et ne tenir aucun compte des réponses.
- Règle n°1 : Poser des questions et empêcher de répondre
- Règle n°2 : Asséner des affirmations sans permettre de les contredire
- Règle n°3 : Afficher un méprisable mépris
- Règle n°4 : Cumuler les règles précédentes


I. Première partie de l’émission [2]

Version sonore abrégée ne retenant, pour l’essentiel, que les questions.

En guise d’introduction, Jean-Pierre Elkabbach s’offre un éditorial de près de deux minutes sur le nouveau monde qui s’ouvre devant nos yeux, les réformes bloquées et les divisions entre les écologistes. Puis vient l’interrogatoire dont nous avons retenu les meilleurs passages : ceux qui reprennent la règle de base de l’interrogatoire (répéter sans cesse les mêmes questions et ne tenir aucun compte des réponses), avec sa variante n°1 (poser des questions et empêcher de répondre).

Après l’éditorial de Jean-Pierre Elkabbach donc, première question qui sera reprise sous diverses formes une dizaine de fois au cours de « l’entretien » :

- Michaël Darmon : « Perdre ou faire perdre : n’êtes-vous pas en train de devenir simplement le génie de la défaite ? »
Cécile Duflot tente de répondre en prenant du recul. Première interruption.
- Arnaud Leparmentier : « La question c’est pourquoi vous vous alliez avec le front de gauche plutôt qu’avec les socialistes ? »
Cécile Duflot rétorque qu’elle essayait justement de répondre.
- Arnaud Leparmentier : « Oui mais là vous êtes dans les prolégomènes. On a une question toute simple : pourquoi vous êtes autant avec le front de gauche et est-ce que ça ne va pas conduire à l’élimination des candidats socialistes, donc de la gauche ? »
- Michaël Darmon enchaîne : « Est-ce que vous regardez la gauche couler, tout simplement ? »
- Cécile Duflot : « Je reprends votre question. »
- Jean-Pierre Elkabbach : « On comprend les questions. Si vous vouliez donner les réponses, ce serait peut-être mieux. »
- Cécile Duflot : « Je tente. Je vais tenter de répondre ». Et elle reprend son raisonnement.

- Cécile Duflot tente d’expliquer qu’en 2011 il y avait un accord sur un projet et que cet accord n’a pas été respecté.
- Jean-Pierre Elkabbach la coupe : « Vous vous rendez bien compte que les écologistes à la base des cantons ne peuvent pas gagner. Ce qu’ils peuvent faire, c’est affaiblir la gauche, c’est envoyer le PS à la casse. La question est : est-ce que vous préférez perdre avec Messieurs Laurent et Mélenchon que gagner avec Hollande et Valls ? »

- Deux interruptions plus loin, Cécile Duflot tente d’expliquer que ce qu’elle veut, c’est la victoire des idées écologiques avant la victoire d’un parti.
- Jean-Pierre Elkabbach : « La victoire de l’écologie, est-ce que ça doit être la victoire de l’ensemble de la gauche ? Est-ce que vous n’êtes en train de jouer votre meilleur rôle : diviseuse ? »
- Cécile Duflot : « Franchement vous n’oseriez pas poser cette question à quelqu’un d’autre de cette manière. »
- Jean-Pierre Elkabbach  : « Et pourquoi ? À des hommes et à des femmes. Mais pourquoi il faudrait vous protéger ? »

- En réponse à Arnaud Leparmentier, Cécile Duflot tente d’expliquer, en prenant l’exemple de la Seine-Maritime, qu’il existe des convergences sur le terrain. Sans attendre la fin de la réponse, Jean-Pierre Elkabbach, magistral, commente : « Mais avec ça on ne fait pas une majorité, soyons sérieux… »
- Cécile Duflot : « Vous dites de façon définitive. »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Moi, je connais le doute. Moi, je connais le doute. Je ne suis jamais péremptoire. »
Cécile Duflot tente de poursuivre son raisonnement en montrant que la victoire à Grenoble a été possible.
- Jean-Pierre Elkabbach : « On ne va pas revenir sur Grenoble tout le temps. »
- Cécile Duflot : « Et pourquoi pas ? […] »

- Cécile Duflot argumente en faveur d’une prise de conscience écologique en expliquant les dégâts provoqués par le réchauffement climatique. Elle termine par : « Il va falloir que vous le compreniez ».
- Jean-Pierre Elkabbach : « Mais pourquoi vous nous dites tout le temps "il faut que vous compreniez". Nous sommes aussi bouchés que ça, nous ? ». Et il poursuit sans attendre.

- Cécile Duflot soutient que le les écologistes peuvent participer au gouvernement « à condition que la politique globale qui soit menée aille dans le sens de la transition écologique. »
- Jean-Pierre Elkabbach : « […] François Hollande et Manuels Valls sont en train de verdir. Ils deviennent presque des écolos. Je ne sais pas si c’est une conversion tardive ou pas. Donc Ils vont dans le sens de l’écologie, tout en lui donnant sa place dans une vision économique plus globale. » Et d’enchainer, sans laisser à Cécile Duflot le temps de répliquer à l’affirmation péremptoire qui précède.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Mais d’où vient chez vous cette Vallsophobie ? »

- Et quelques instants plus tard :
- Jean-Pierre Elkabbach : « Je reviens à ma question : est-ce que votre obsession anti-Valls… »
- Cécile Duflot : « Vous n’avez pas écouté ma réponse »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Vous n’écoutez pas nos questions » Et en cascade, sans tenir compte des tentatives de répondre : « Est-ce que votre obsession anti-Valls, elle a une explication ? Est-ce ça a une explication rationnelle, personnelle, caractérielle ? Qu’est-ce que vous lui reprochez ? »
- Cécile Duflot : « Vous voulez que je vous réponde franchement : Sûrement ! Parce que vous savez je suis une femme, je suis gouvernée par mes émotions. Et donc j’ai forcément un problème personnel. »
- Michaël Darmon (sourire narquois) : « Ce n’est pas ce qu’il sous-entendait. Ça ce n’est pas la vieille réponse peut-être ! ».

Méprisable mépris…

II. Deuxième partie de l’émission [3]

Sélection des meilleurs passages qui reprennent les règles de l’interrogatoire.

Asséner des affirmations sans permettre de les contredire

- Jean-Pierre Elkabbach : « Invitée : Cécile Duflot. Merci d’être avec nous, je note que parmi les invités il n’y a ni Jean-Vincent Placé, ni Barbara Pompili, ni Emmanuelle Colle [pour Cosse], ni François de Rugy. […] ceux qui sont avec vous, les responsables qui ont créé le mouvement, ils ne sont pas là, est-ce que c’est déjà un signe de votre accord ? (sic) »
Cécile Duflot tente de répondre. Brouhaha, mais on entend :
- Jean-Pierre Elkabbach (péremptoire) : « C’est le symbole de la division […] C’est le symbole de la division. Donc les autres vous ne les avez pas invités parce que vous pensez qu’ils ne viendraient pas ou ils ne sont pas venus... Bon, peu importe, c’est le signe de la division, c’est pour ça que c’est un symbole.  »

- Quelques instants plus tard :
- Jean-Pierre Elkabbach : « […] les crédits de la défense... vous les baissez ? Vous les réduisez ? Qu’est-ce que vous en faites ? Les crédits de la défense ? »
- Cécile Duflot : « Ah ben les crédits de la Défense on peut utilement les réorienter, notamment en ce qui concerne la dissuasion, y compris d’anciens ministres de la Défense disent que si on supprime une des deux composantes, vous voyez, la position des écologistes c’est le désarmement nucléaire... »
- Jean-Pierre Elkabbach (expert) : « Mais que ce soit Paul Quilès qui a été un bon ministre, ou Hervé Morin, ne sont pas ceux qui ont marqué la Défense, c’est l’histoire de la Défense et de la Dissuasion... »
- Cécile Duflot : « Sauf qu’aujourd’hui on continue... »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Mais aujourd’hui, il y a des dangers, et il y a la menace du terrorisme ». Et sans laisser à Cécile Duflot le temps de répondre : « Michaël Darmon. »
- Cécile Duflot : « On continue - vous ne me laissez pas répondre - , à dépenser de l’argent pour entretenir deux composantes de la force de dissuasion nucléaire alors qu’il y a un certain nombre de nos militaires qui sont sur le terrain qui ont à peine de quoi avoir des pièces détachées pour remplacer leur matériel. »
- Jean-Pierre Elkabbach (expert péremptoire) : « Ça ce n’est pas vrai, à un moment c’était vrai. Excusez-moi ce n’est pas vrai, je connais assez les problèmes de Défense pour vous dire non . Il y a tout le travail de Jean-Yves Le Drian avec le soutien du Président de la République, sans vouloir les défendre, qui donnent les moyens aux militaires. Alors, Michaël Darmon. »
- Cécile Duflot : « Monsieur Elkabbach a dit : c’est comme ça ! » Brouhaha.
- Jean-Pierre Elkabbach (frappant dans ses mains) : « Michaël Darmon ! »

- Invitée à s’expliquer sur ses propositions, Cécile Duflot évoque la possibilité d’avoir une « nouvelle prospérité ».
- Jean-Pierre Elkabbach : « Et on peut avoir une meilleure prospérité avec un faible niveau de croissance ? »
- Cécile Duflot : « Exactement. »
- Jean-Pierre Elkabbach : « On va recommencer les histoires de la croissance nulle, de la décroissance, depuis Ivan Illitch [4], on va revenir à cette époque ? »
- Cécile Duflot soutient que l’on « peut vivre durablement avec un faible niveau de croissance du produit Intérieur brut […] ».
- Jean-Pierre Elkabbach : « Donc une paupérisation de la société française... » Et sans même avoir écouté la réponse : « Donc avec votre système, moins de croissance, on a plus de prospérité... »
- Cécile Duflot : « Non, ce n’est pas moins, la croissance elle est aujourd’hui quasiment atone... »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Non elle est à 0,9, ou elle sera à 0,9, c’est 1 %, c’est mieux que « atone ». Ça fait beaucoup de choses... Quel est le taux de chômage qui est acceptable pour vous ? Ou est_ -ce que vous croyez qu’avec votre système vous arrivez au plein emploi ? »

Afficher un méprisable mépris

- Michaël Darmon : « Pourquoi votre parti n’a-t-il pas réussi à, justement, influencer et faire infuser toutes ces idées que vous évoquez, au fond est-ce que, comme il a été dit il y a quelques jours, est-ce que EELV n’est pas en situation de décès ? »
Cécile Duflot tente de répondre. Elle est interrompue.
- Michaël Darmon : « Question de Monsieur François de Rugy hein, qui l’a posée sur la table. »
- Cécile Duflot : « Oui enfin... »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Ce matin on l’impression qu’Europe Ecologie, c’est cuit, elle est morte. »
- Cécile Duflot : « Vous avez cette impression ? »
- Jean -Pierre Elkabbach : « Ah oui oui. »

- Cécile Duflot évoque la création d’un climat favorable à l’économie collaborative.
- Arnaud Leparmentier : « C’est quoi le climat favorable ? »
- Cécile Duflot : « […] vous n’avez pas relevé quand j’ai parlé de la crise démocratique, je pense qu’il faut que nous changions notre modèle démocratique. La 5ème République est épuisée, d’ailleurs on voit bien... »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Très bien, vous l’avez dit, vous l’avez dit. »
- Cécile Duflot : « Non attendez... »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Très bien, vous l’avez dit, vous l’avez dit, le général Duflot va changer les institutions de la Vème » [sourire satisfait en direction des complices]

- Quelques instants plus tard :
- Jean-Pierre Elkabbach : « Comment se fait-il que vous soyez la seule à proposer ce qui convient aux Français ? Est-ce que de temps en temps vous n’êtes pas atteinte du doute ? Vous n’êtes pas fatiguée d’avoir toujours raison non ? »
Cécile Duflot dit ne pas « relever le caractère agressif de la question » et explique que ce sont les écologistes qui ont raison, pas seulement Cécile Duflot...
- Jean-Pierre Elkabbach : « Parce que vous avez toujours raison. »

Asséner des affirmations sans permettre de les contredire

- Jean-Pierre Elkabbach : « D’accord, la question de Michaël Darmon : est-ce que EELV est morte ? Parce que si un nouveau parti... »
Cécile Duflot tente de répondre. Elle est interrompue.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Mais là justement la dépouille... »
- Michaël Darmon : « C’est monsieur de Rugy qui l’a… » Brouhaha.
- Cécile Duflot : « Il y a des milliers de candidats qui font campagne ! »
- Jean-Pierre Elkabbach (péremptoire) : « Si vous voulez créer un nouveau parti, c’est que le parti précédent est inadapté, caduc, obsolète, pour ne pas dire : le cadavre est là. Le cadavre d’Europe Ecologie est là. »
Cécile déclare que ce n’est pas un nouveau parti qu’il faut créer, mais une nouvelle force politique… qu’elle n’a pas le temps de présenter.
- Jean-Pierre Elkabbach (sourire narquois aux lèvres) : « Avec qui ? Mais avec qui la force politique ? Dites-moi avec qui ? Avec qui la force politique ? »
Alors que Cécile Duflot vient de commencer à expliquer ce qu’est à ses yeux la force politique…
- Jean-Pierre Elkabbach : « C’est quoi la force politique ? De qui à qui ? De quoi à quoi ? La force politique c’est qui ? » Il ne laisse pas Cécile Duflot répondre

III. Troisième partie de l’émission [5]

Sélection des meilleurs passages qui reprennent les règles de l’interrogatoire.

Asséner des affirmations sans permettre de les contredire

- Jean-Pierre Elkabbach (avec un sourire suffisant) : « Michaël Darmon vous a traitée ou appelée tout à l’heure Cécile Tsipras. Il explique pourquoi. »
- Michaël Darmon : « C’est surtout en posant la question : est-ce que vous pensez… Est-ce que vous voulez créer une sorte de Syriza à la française. Est-ce que ce modèle est transposable ? »
Cécile Duflot commence à répondre d’abord qu’elle veut faire changer les choses. Elle est interrompue :
- Arnaud Leparmentier : « Mais ça n’a rien à voir avec Syriza tout ça. »
- Cécile Duflot : « Mais si, attendez, je finis ma phrase, juste. »
- Arnaud Leparmentier : « Est-ce qu’ils ne sont pas déjà allés à Canossa ? Est-ce que finalement ce n’est pas décevant le changement énorme que vous espériez en Europe ? »
Cécile Duflot répond qu’elle a « toujours été réaliste » sur ce qui se passe en Grèce, qu’il ne faut pas que le gouvernement Syriza soit seul et précise : « […] L’objectif c’est de faire bouger l’Europe et la commission qui mènent une politique qui est une politique déprimante et dépressive pour notre continent… »
Elle n’a pas le temps d’achever. Arnaud Leparmentier monte la garde : « 4% de déficit en France, c’est dépressif ? Ce que fait M. Draghi, c’est dépressif ? Ce que fait M. Draghi, c’est dépressif ? »
- Cécile Duflot : « Bien sûr… » Elle est interrompue.
- Arnaud Leparmentier : « Réinjecter des milliards dans l’économie, c’est dépressif ? »
Cécile Duflot tente de répondre. Elle est interrompue avant d’avoir terminé sa phrase.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Qu’est-ce que vous dites alors à la commission ? »
Cécile Duflot persiste, plusieurs fois interrompue.
- Cécile Duflot : «  […] je termine. Si au lieu d’être obsédés par le déficit public… »
- Arnaud Leparmentier (véhément) : « On n’est pas obsédés puisqu’on nous donne quatre ans de plus. Cessez de dire qu’on est obsédés. La commission n’est pas obsédée. »
- Cécile Duflot : « Je continue… » Elle est immédiatement interrompue.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Vous vous en fichez complètement, 3 ou 4% de déficit, on s’en fout ? »
- Cécile Duflot : « Non, je dis ayons un vrai plan d’investissement européen. »
Elle est interrompue.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Junker. Le plan Junker : 315 milliards. »
Cécile Duflot tente de répondre à propos du plan Junker, mais ne pourra pas achever.

- Quelques instants plus tard, Cécile Duflot affirme que le nucléaire est périmé et que l’avenir est aux énergies renouvelables. Elkabbach riposte : « Allez en Chine. Allez en Grande Bretagne. Il y a 2 petites EPR créés par mois en Chine. »
- Cécile Duflot : « Et combien d’éoliennes ? » Elle insiste malgré les tentatives d’interruption de Jean-Pierre Elkabbach sur l’importance prise par les éoliennes en Chine. Ç’en est trop !
- Jean-Pierre Elkabbach (il hurle) : « Michaël Darmon ! Michaël Darmon ! Michaël Darmon ! »

Afficher un méprisable mépris

- Michaël Darmon : « […] Je voudrais comprendre pourquoi vous pensez que vous avez un espace politique entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon. Ne faites-vous pas tout ça pour construire une candidature à l’élection présidentielle. »
Cécile Duflot répond qu’elle agit parce qu’elle a des convictions.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Ouiiiii… Mais c’est le baratin classique d’un homme politique ! On a tous des convictions ! »
- Cécile Duflot (excédée) : « Mais bon sang de bois ! C’est quoi les vôtres d’ailleurs ? »
- Michaël Darmon (indigné) : « Il est journaliste politique : il n’a pas à répondre […] Il n’est pas homme politique : il est journaliste. Il est fondé à poser des questions. »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Et je m’en sors très bien ! »

- Peu après, Cécile Duflot tente d’expliquer pourquoi Marine Le Pen est dangereuse. Jean-Pierre Elkabbach l’interrompt :
- « Vous n’existez pas . Vous êtes à 4 % en intention de vote quand vous êtes tous ensemble… Quand vous êtes seule, il y a 10% des français qui veulent que vous ayez un rôle important, y en a 90 % qui ne le demandent pas. Moi, ça me rendrait modeste . »

- Michaël Darmon : « Excusez-moi, c’était en 2014 dans une revue qui s’appelle Charles, vous répondiez "Aujourd’hui j’ai les épaules suffisamment large pour être candidate à l’élection présidentielle". Vous-même vous avez abordé ce sujet. Donc ce n’est pas un sujet tabou. »
Cécile Duflot tente de préciser quel sens elle donne à cette déclaration. Et (passage absent de la version en vidéo) :
- Jean-Pierre Elkabbach  : « Mieux vaut l’ego de Cécile Duflot qu’une éventuelle victoire de François Hollande.  »
Cécile Duflot a à peine le temps de dire qu’elle va répondre « parce que vous ne me laissez pas parler ».
- Jean-Pierre Elkabbach (avouant ainsi qu’il répond à la place de Cécile Duflot) : « Voilà la réponse ! »
Cécile Duflot reprend la question. Elle est immédiatement interrompue.
- Jean -Pierre Elkabbach : « Les narcisses n’ont jamais gagné tout seuls. »
Cécile Duflot s’indigne de la brutalité de la question.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Vous êtes directe avec tous. Alors on se permet aussi timidement d’être directs. »

- Cécile Duflot rappelle qu’il y a déjà eu des candidats écologistes. Elle est aussitôt interrompue.
- Jean -Pierre Elkabbach : « Oui ils ont fait perdre pas mal de fois. »
Cécile Duflot tente de poursuivre.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Et vous avez vu combien ça fait ? Et en même temps ça fait perdre, ça fait le Front national au deuxième tour. »
Cécile Duflot tente d’expliquer ce qui, à ses yeux, fait monter le Front national. Elle est aussitôt interrompue.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Donc il peut y avoir Cécile Duflot contre Front National, avec sa force politique ? »
- Cécile Duflot : « Vous savez le sarcasme… »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Non. C’est une question. »
- Cécile Duflot : « Ce n’est pas une question. »
- Jean-Pierre Elkabbach : « Si, c’est une question. »
- Michaël Darmon : « Ça n’a rien de personnel. On vous questionne. »

- Cécile Duflot déclare qu’elle ne sait pas s’il y aura un candidat et si elle sera candidate, qu’elle veut la victoire de l’écologie.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Donc mieux vaut la victoire de l’écologie que la victoire d’un candidat de gauche unie ? ». Et sans attendre la réponse « Soyons clairs ». Une fois encore sans attendre la réponse « Mais il peut être à l’intérieur d’une majorité, soutenir un candidat. »
Cécile Duflot tente de répondre en parlant de l’accord de 2011
- Jean-Pierre Elkabbach : « Je ne dis pas Manuel Valls, on comprendrait qu’avec vos relations que vous avez avec lui, vous disiez non ».
Cécile Duflot tente de répondre à la question initiale. Puis : « Arrêtez avec Manuel Valls. Je vous ai déjà répondu. Mais même quand on vous répond, vous n’entendez pas ce qu’on vous répond […] »
- Jean-Pierre Elkabbach : « J’ai entendu. Je ne suis pas sourd. »

- Cécile Duflot évoque une dynamique qui serait en marche dans la société.
- Jean-Pierre Elkabbach : « Où vous voyez la dynamique » ? » Cécile Duflot tente de répondre. Elle est interrompue Jean-Pierre Elkabbach qui poursuit : « La dynamique elle est Front national, malheureusement… ou pas. »

« Ou pas » : où l’on voit comment Elkabbach s’essaie à « l’objectivité » !

Fin de partie

Jean-Pierre Elkabbach : « […] Vous avez répondu à des questions directes adaptées à votre propre style. »

Ainsi s’achèvent les leçons d’interrogatoire dispensées par trois chiens de garde, sous la direction du meilleur d’entre eux : Jean-Pierre Elkabbach, surpris et révolté (comme on le lira dans un prochain article) qu’on envisage de lui limer les crocs.

Un collectif d’Acrimed (Benjamin Lagues et Sylvain à la transcription, Henri Maler et Julien Salingue à la rédaction et à la vidéo).

Cadeau : la transcription en PDF.

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Notes

[1Celles et ceux qui auront la patience de tout écouter peuvent le faire sur le site d’Europe 1. On peut aussi écouter et, surtout à voir (tant certaines expressions sont éloquentes) les trois parties de l’émission sur Dailymotion : nous en fournissons les références au fur et à mesure.

[4Penseur de l’écologie politique (1926-2002).

Pseudo-journalisme politique au Parisien : ça va durer encore longtemps ?

Personnalisation partout, politique nulle part.

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