Observatoire des media

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Ces médias qui ont besoin de notre soutien : Là-bas si j’y suis

par Acrimed,

À l’instar d’Acrimed, qui doit régulièrement faire appel à la générosité de ses lecteurs, lectrices et de ses sympathisant-e-s pour pouvoir assurer sa survie financière, plusieurs journaux et sites d’information traversent actuellement une crise de financement qui handicape leurs possibilités de développement, ou qui met parfois en péril leur existence même. Nous relayons ici l’appel de « Là-bas si j’y suis », qui fête son premier anniversaire et qui a besoin de notre, de votre, soutien (Acrimed).

Chers amis, chers AMG,

« Ils nous ont enterrés mais ils ne savaient pas que nous sommes des graines. » C’était il y a un an, une jolie phrase de poète, histoire de se consoler [1]. Sauf que c’est devenu vrai. Grâce à votre soutien, le nouveau Là-bas a pris racine en l’espace d’un an, c’est même déjà une bien belle plante.

Sans publicité, sans subvention, sans actionnaire, sans marchand de béton ou de canons, le nouveau LÀ-BAS est reparti de plus belle sur le net, en radio, en vidéo, en débat, en reportage, en musique.

Déjà 26 000 abonnés soutiennent et participent à ce nouveau LÀ-BAS [2]. Voilà ce qui garantit notre réelle indépendance et nous protège de toutes les pressions financières ou politiques. En France, la quasi totalité des médias sont entre les mains d’une poignée de milliardaires. Dans quel intérêt ? Leurs intérêts. Celui qui paie l’orchestre choisit la musique. Et souvent hélas, les médias publics perdent le sens de leur mission et se mettent dans leur sillage. Comme il y a une malbouffe, il y a une mal info. L’info industrielle pour gaver les poulets en batterie, leur faire peur, les passer à l’eau de javel, les rendre impuissants et résignés. Voilà pourquoi nous continuons le combat.

Notre équipe d’une dizaine d’équivalents temps plein a trouvé à s’installer depuis cet été au bord du bassin de la Villette à Paris, loin des beaux quartiers. Nous nous sommes équipés de matériel léger pour enregistrer et diffuser en radio partout en extérieur. Nous développons aussi la vidéo et surtout nous ne sommes pas peu fiers de notre super studio – conçu par l’équipe – et que nous venons d’inaugurer. Tout cela va nous permettre enfin de décrocher la lune.



Nous nous sommes embarqués sur la toile depuis un an, mais ce n’est ni un refuge ni une revanche

Là-bas si j’y suis a démarré il y a plus d’un quart de siècle sur France Inter. Avec des centaines de reportages à travers le monde et plus de cinq mille émissions, ceux qui ont fait LÀ-BAS ont toujours été précurseurs sur la forme et sur le fond avec un grand succès populaire et toujours d’excellents scores d’audience. Nous ne croyons pas au journalisme neutre qui neutralise, ni aux postures vertueuses qui dissimulent une soumission à l’ordre établi. Nos engagements ont toujours été le résultat de nos reportages et d’un travail journalistique rigoureux et respectueux des faits.

Mais il est vrai que nous avons toujours été plus près des jetables que des notables, plus près des routiers que des rentiers. Après bien des croche-pieds et des pressions, en juin 2014, Radio France a fini par supprimer brusquement cette « anomalie ». Mais aussitôt nous avons été poussés par une énorme vague de soutiens. Confrères, syndicats, auditeurs, pour tous il s’agissait bien là d’une atteinte au pluralisme des médias. Il fallait faire taire des voix dissidentes. Pour Christiane Taubira, ministre de la Justice, c’était une « pensée mutilée ». Voilà ce qui nous a poussés de la trappe à la toile, fidèles au grand principe : affliger les satisfaits et satisfaire les affligés.



Faites un tour sur notre site

En moins d’un an, nous avons produit des dizaines d’heures d’émissions et de reportages en radio et en images. Mais en novembre, en quelques jours, les temps ont changé.

Suite au drame du 13 novembre, nous vivons un coup d’état d’urgence qui cache un tas d’urgences. Pour déjouer la haine et le repli, c’est d’abord à cette peur d’État qu’il faut résister en recherchant les causes de la tragédie. Un autre journalisme est possible, indépendant, rigoureux, populaire, inventif, joyeux, engagé, modeste et génial.

Nous glissons dans des temps étranges moitié chien et moitié loup. Il faut d’autres contre feux, d’autres ripostes, le temps presse [3].



Daniel Mermet



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- Howard Zinn, une histoire populaire américaine, un film de Olivier Azam et Daniel Mermet
- Chomsky & Cie (coffret 2 DVD), un film de Olivier Azam et Daniel Mermet

 
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Notes

[1Ernesto Cardenal « Épitaphe pour la tombe d’Adolfo Baez ».

[230 000 visites chaque jour, un million par mois.

[3En moins de deux semaines, vous êtes déjà près de 100 000 à avoir suivi, sur notre site, la conférence d’Alain Badiou au sujet des tueries du 13 novembre que nous avons filmée, dans les jours qui ont suivi.

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