Observatoire des media

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Attac décerne un satisfecit aux médias dominants

par Laurent Daguerre,

Radio France Internationale (RFI), samedi 27 décembre 2003. « L’invité de la semaine », par Pierre Ganz. Ce samedi 27 décembre, l’invitée de la semaine est Susan George, vice présidente d’Attac, « à peu près » satisfaite de la façon dont les médias français traitent (ou maltraitent ?) le mouvement altermondialiste.

Pendant près de 20 minutes, Susan George répond aux questions de Pierre Ganz sur l’année 2003 vue par les altermondialistes (le G8 de Genève et le contre-sommet d’Annemasse, la conférence de Cancun, les Forums sociaux de Porto Alegre et de Saint-Denis) et sur l’avenir du mouvement. Seront ainsi évoqués les conséquences de Cancun, le taxe Tobin, le prétendu « anti-américanisme » des altermondialistes, réfuté par Susan Sontag, ou encore la situation du Brésil.

Puis Pierre Ganz demande  : « Quels sont les principaux écueils sur la route des altermondialistes dans les années qui viennent, sont-ils en leur sein ? ». Cette question en appelle d’autres qui permettent à Pierre Ganz de repérer lui-même les « écueils » qui, selon lui, menaceraient les altermondialistes : « la violence », le « sectarisme » et l’ « extrême gauche ». La formulation même des questions sollicite les réponses, quand les réponses ne figurent pas directement dans les questions.

Ainsi, après avoir insisté sur le thème de la violence (pas de rencontre avec le PS à Annemasse, « les propos très violents et les actes violents parfois qui sont adressés à des partis politiques de droite ou de gauche qui vont dans votre sens ») - ce qui donne l’occasion à Susan George d’expliquer que la violence contre les personnes et les biens est « tactiquement idiote pour le mouvement et ne lui attire pas de sympathie » - Pierre Ganz enchaîne sur « la violence dans le comportement », le « sectarisme, immédiatement assimilés à la critique (caricaturée) des médias. Cela donne lieu à l’échange suivant :

- Pierre Ganz : « Est-ce qu’il n’y a pas aussi quand même une violence je dirais dans le comportement, Susan George, peut-être un risque de sectarisme. Certains de vos amis par exemple dénoncent les médias et les journalistes comme partie prenante de ce qu’ils combattent et vont jusqu’à théoriser leur refus d’avoir des contacts avec la presse. Là, vous n’êtes pas en train de prendre le risque de vous refermer sur vous-mêmes ? »

- Susan George : « Je crois que ceux qui refusent les contacts avec la presse sont très minoritaires et nous reconnaissons que la presse a aussi des contraintes mais jusqu’ici, je trouve qu’au moins en France, euh, nous continuons à être couverts, enfin je veux dire le mouvement, de façon à peu près objective ».

- Pierre Ganz : « A peu près ... »

- Susan George : « A peu près objective ».

- Pierre Ganz : « Il vaut mieux un à peu près que rien du tout ? »

- Susan George : « Il vaut mieux un à peu près que rien du tout. Et nous essayons de procéder par persuasion. Il y a évidemment des journalistes dont on connaît les partis pris et avec lesquels on n’acceptera pas, en tout cas moi, de parler, parce qu’on sait que les propos seraient déformés, etc. On sait que le New York Times va faire des reportages malheureusement complètement biaisés et ne tenir aucun compte du mouvement, dire qu’un carreau a été cassé, mais ne rien dire de 100.000 personnes qui étaient dans la rue, mais je crois que dans l’ensemble, les journalistes c’est comme tout le monde, ils essaient de faire honnêtement leur métier, et nous respectons leur métier et leur objectivité ».

- Pierre Ganz : : « En un mot, le risque de sectarisme ne menace pas votre mouvement ? »

- Susan George : « Sectarisme, je ne crois pas. (...) ».

- Pierre Ganz passera ensuite à la menace de « l’extrême gauche » avant de conclure sur les « rendez-vous électoraux en 2004 ».

Susan George, il faut l’admettre, s’est bornée à répéter à sa façon ce que l’on pouvait déjà lire dans Lignes d’Attac, n°31, novembre 2003 :
« Enfin, ce FSE a eu un grand écho. D’une façon générale , la presse a bien couvert l’événement et rendu compte convenablement des débats, à quelques exceptions près . Attac, en ce qui la concerne, est apparue comme l’une des forces motrices de cette initiative. ». [souligné par nous]

Une telle méconnaissance et d’un telle complaisance ne se commentent pas !

Il suffit de lire notre dossier : « Les médias et le Forum social de 2003 » et ... le texte du groupe « Médias » paru dans Lignes d’Attac : « Les médias, l’information et la mondialisation libérale

 
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