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Amaury, Sarkozy : Le Parisien Magazine soigne ses amis

par Jérémie Fabre,

Dans son édition du 17 juillet dernier, Le Parisien Magazine se livre à un usage remarquable de la brosse à reluire.

Un sacré coup de brosse à Nicolas Sarkozy dont la communication avance avec la légèreté de l’éléphant : « Moi, je suis un grimpeur [1] ».

Le Parisien Magazine joue alors totalement le jeu, affirmant que l’ancien président de la République est « en selle pour 2017 », et rapportant servilement ses performances sportives incroyables : « En vacances je fais cinq sorties par semaine, à raison de 3 000 km dans l’année. J’essaie d’être discret, je n’ai pas envie qu’on me voie monter les montagnes du haut Var à 12 ou 13 km/h ! ». Nicolas Sarkozy ajoute qu’il brûle « 1 700 à 1 800 calories par sortie », et précise que ses gardes du corps, qui le « rejoignent en août s’entraînent en juillet. Sinon, même sportifs, ils auraient du mal à grimper. Et je ne les attendrais pas, ce n’est pas dans mon tempérament. »

Dans un tweet, L’Humour de Droite a entrepris de vérifier ces chiffres. Conclusion : « il est soit dopé, soit mytho. »

Au Parisien Magazine, on était visiblement trop occupé pour vérifier ces chiffres. Mais occupé à quoi ? Probablement à retoucher les photos de Nicolas Sarkozy pour y effacer toute trace d’un garde du corps visiblement pas assez fatigué pour coller aux déclarations fantaisistes de Sarkozy Nicolas, comme l’a montré l’hebdomadaire Marianne :

Dans son interview, Nicolas Sarkozy clame à loisir son amour du Tour de France : « Un mois de juillet sans Tour, ce n’est pas un mois de juillet… (…) J’aime le vélo et les coureurs. Je ne comprends pas pourquoi on s’acharne sur eux avec une telle méchanceté, une telle cruauté. Ce sont des gens simples, issus souvent d’un milieu modeste. » Et le dopage alors, le Tour est-il propre cette année ? « Je veux le croire. Je ne connais pas un sport qu’on contrôle davantage que le cyclisme. »

C’est là où le simple coup de brosse à reluire au candidat du Parisien Magazine pour 2017 vire au génie. Car ce coup de pub pour un Tour « propre », plein de coureurs « simples » et victime d’attaques « méchantes » et « cruelles » fait le bonheur du Groupe Amaury, propriétaire du Tour de France, de L’Équipe et… du Parisien !

D’une pierre deux coups, Le Parisien Magazine démontre sa conception douteuse de la déontologie journalistique. Nul doute qu’il s’adaptera sans mal aux désidératas du groupe LVMH, son futur propriétaire.

Jérémie Fabre

 
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Notes

[1Une expression qui, pour un professionnel de la politique affublant partout son principal adversaire du sobriquet de « moi je », est assez malheureuse.

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